Impasse des Pas Perdus

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01 juin 2014

Klimt fait carrière

 

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 La Grande audace de Klimt !

Klimt continue à décorer les murs et les plafonds ! C'est dans les carrières des Baux-de-Provence que j'ai pu découvrir son oeuvre, conseillée par une blogueuse du Sud "Anemomili". Cet édifice consacré aux arts transforme le lieu, le détourne de sa fonction première comme Klimt le fit par rapport à l'art officiel. C'est la représentation qui amplifie ce phénomène.

Bref, je fus aspirée par cette présentation. Le bonheur, la souffrance, l'apaisement.

Le début de carrière de Gustave Klimt s'exprime dès 1880 par des décorations qui s'intéressent aux symbolismes. Le cycle "Or" dès 1902, l'accomplit. C'est de l'art byzanthin qu'il retire l'or qui marque sa période dite "du style doré".

Au coeur des Alpilles, les carrières de Lumière accueillent des spectacles uniques au monde. Une autre façon de découvrir l'art pictural avec "Klimt ou Vienne", projeté sur les immenses parois qui s'élèvent à plus de 14 mètres de hauteur. Les parois de calcaire blanc remplacent l'écran blanc d'avant ! Les murs et le sol s'illuminent, inspirés par Klimt et ses contemporains Egon Schiele (1890-1918) et Friedensreich Hundertwasser (1928-2000).

L'attrait qui me paraît intéressant à vous déclarer, c'est l'impression d'être dans l'oeuvre, une immersion qui vous happe, vous enveloppe au même titre que les fonds de tableau de Klimt qui mettent le modèle sur un écrin. Mes pas sont devenus très vite, des pas de danse. Le mouvement me fit corps et j'avais l'impression de me mouvoir au rythme des images qui défilaient.

 

Exposition

 

 

Salle des carrières - Exposition

Carrières de Lumière Exposition

Mur de calcaire blanc Carrières des Lumières Exposition

Sol et mur Exposition

 

Ce décor est réalisé par Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi. Il est constitué de milliers d'images d'oeuvres d'art qui sont numérisées et projetées sur l'ensemble des surfaces de ces anciennes carrières. Le mouvement est rythmé par la musique de Wagner avec Tannhäuser.

Peintre autrichien (1862-1918), il répand l'Art Nouveau avec des lignes ondulées sur des fresques murales, puis les courbes légères et légendaires qui fondent le corps gracile des femmes. Il fréquente l'école des arts décoratifs de Vienne (1876-1883) et se caractèrise par l'asymétrie des corps, un style qui s'apparente aux estampes japonaises. Il aboutit à des figures érotiques dont les corps sublimés seront détruits par les nazis en 1945, au même titre que les humains.

 

Emilie Flöge - Klimt 1897 Exposition Klimt ou Vienne

Emilie Flöge 1897


Sa compagne Emilie Louise Flöge (née le 30 août 1874 à Vienne et décédée le 26 mai 1952) qui restera fidèle jusqu'à la fin de ses jours. Son père est Hermann Flöge (1837-1897), industriel juif. Elle est le quatrième enfant de Hermann Flöge. Elle a un frère nommé Hermann et deux soeurs Pauline et Hélène.

Sa soeur cadette, Hélène se marie en 1891 avec Ernst Klimt, frère de Gustav Klimt. Mais son époux Ernst décède en décembre 1892, Gustav Klimt devient tuteur de leur fille. Gustav Klimt vient fréquemment chez les Flögge, Emilie a alors 18 ans. Ils passent les étés ensemble dans la maison familiale Flöge, au lac Attersee.

En 1895, sa soeur Pauline ouvre une école de haute couture.

Elle a une entreprise de haute-couture et dirige 80 employés. En 1904, avec ses soeurs Hélène qui est veuve et âgée de 34 ans et son autre soeur Pauline qui compte 39 ans, elle ouvre un salon de haute couture nommé "Aux soeurs Flöge", en plein centre de Vienne à Mariahilfer Strasse 1b, dans le 6ème arrondissement. Elle a alors 31 ans. Elle est visionnaire et femme d'affaires. La décoration intérieure est conçue par Josef Hoffmann et Koloman Moser. Leur style prime le confort, de fines bretelles sur les épaules tiennent le vêtement, le corps est libéré du corset. C'est une première étape dans l'émancipation des femmes qui plus tard, clâmeront leur liberté sexuelle avant de s'émanciper avec la dépendance financière et la tutelle de l'homme. Ses voyages à Londres l'amènent à aimer les tendances de Coco Chanel ou de Dior.

Alma Schindler est classée la plus belle femme de Vienne. Elle prendra la place d'Emilie Flöge et deviendra sa muse. De tempérament nerveux, elle perd son enthousiasme devant ces frasque et Emilie tentera de se suicider en prenant une douzaine de somnifères. Elle est phase de guérison et prend conseil auprès de Freud qui classa Klimt comme un névrosé à la recherche d'Oedipe. Il classe son état comme un mal culturel qui l'entraîne dans des choix amoureux allant de la mère à la putain comme dans ses tableaux où le style peut être virginal ou audacieux. C'est dans la série "Le Cycle de la Vie" qu'apparaît seulement la mère. Le thème du saphisme (homosexualité de la femme) et de l'onanisme se retrouvent dans ses dessins. Il lui conseille de garder son indépendance.

Klimt télégraphie à Emilie son retour de Venise suite à une dispute avec Alma Schindler qui deviendra par la suite Mme Alma Mahler-Werfel. Il s'en excusera auprès du beau-père d'Alma, nommé Carl Moll. C'est à cette époque que deux de ses modèles vont donnés naissance à sa progéniture.

Ils entretiennent une correspondance journalière, parfois plusieurs fois par jour lors de ses déplacements à l'étranger. Dans ses courriers, il est un homme du quotidien et fait apparaître l'envers du décor. Il se plaint de manger au restaurant, de s'épaissir ce qui est une gêne pour peindre.

Elle était membre du cercle la "Bohème de Vienne".

Emilie acquièrent une voiture de sport jaune. Deux fois par an, elle se rend à Paris pour évaluer les nouveautés et faire ses choix au niveau des tissus.

Emilie et Klimt portent des robes amples de style "réformateur" qui libère le corps. Dans sa conception, l'on retrouve l'influence du foklore slave, des broderies roumaines et les colliers proviennent de la "Wiener Werkstätte". Par Klimt, les robes prenaient la forme tunique, voire de kimono. Les magazines de mode présentaient des photos de Klimt qui avait appris la photo en tant que professionnel.

En 1918 elle perd Klimt mais continue à vivre 34 autres années, jusqu'à ses 77 ans. C'est une femme secrète et elle enterre avec Klimt, leurs secrets.

La "Wiener Werkstätte" fabrique des objets artisanaux avec des dessins artistiques élaborés par les membres de la Guilde. C'est une coopérative d'artistes qui regroupe plusieurs ateliers d'artistes d'Art Nouveau viennois. Cette coopérative vit le jour en 1910 et avait pour membre en tant qu'architecte Josef Hoffman, mais aussi des artistes décoratifs comme Dagobert Pêche et Koloman Moser qui influençairent le domaine de la Haute Couture. Cette production est vendue chez les artiste comme Paul Poiret à Paris qui rend visite à Vienne pour faire ces choix.

Parmi les clientes étaient Sonia Knips et Friedricke Bière, fille du propriétaire du bar célèbre "Kaiser".

Une des employées fidèles est Herta Wanke.

Jusqu'à la fin de la première guerre mondiale, le magasin fut prospère. Puis, la clientèle s'éloigna. Après cette période austère, les habits prennent des couleurs vives. Les artistes sont attirés par le japonisme. Les pochoirs évoluent car l'intérêt dans l'impression est de faire ressortir la clarté comme dans les modèles japonais.

En 1938, les évènements entraînent la fermeture de sa boutique de la Casa Piccola, par manque de fournisseurs. Le salon était un lieu de rassemblement pour la bourgeoisie de Vienne. Elle travaille uniquement chez elle et à la fin de la guerre, un incendie dévaste son appartement et détruit ses cahiers dont les dessins de Gustav Klimt pour les modèles de ses commandes. Cet incendie semble provenir des Nazis.

Leur relation semble plutôt platonique, un lien étroit les unie qui semble être la sensibilité. Klimt est de douze ans son aîné. Ils ne se marièrent pas. Il est rapporté qu'elle était lesbienne, émancipée et designer. Emilie était sa muse.

 

Emilie Flöge - Klimt Exposition

Sur ce portrait d'Emilie, elle est alors âgé de 28 ans.

Son cou est lassé de tissu, comme si c'était un objet érotique qui nous amène à réfléchir si le comportement de l'artiste n'était pas un peu sadique. La coupe de la robe ne permet pas de deviner les lignes de la morphologie comme une armure de tissu. La trame du tissu offre de longue torsade serpentiforme, impression renforcée par les points blancs qui évoquent la peau des reptiles. Seuls les mains et le visage apparaîssent dans cet ensemble ornementé. Est-ce une métaphore pour faire remarquer cet impossible amour ?

Le visage ovale est encadrée d'une masse de boucles, seuls les yeux bleus brillent, les joues font ressortir des pommettes accentuées par la poudre.

Le bleu et le vert rappellent le mystique des couleurs byzantines. L'inspiration semble venir du style de la danseuse Isadora Luncan dont les vêtements lâches permettaient le mouvement libéré

 

La Sécession Viennoise marque la rupture du ban. C'est un groupement d'architectes et de plasticiens dont le mouvement apparaît dès 1892, sous l'instigation de Josef Olbrich, de Josef Hoffmann et de Gustave Klimt qui en est le Président. Ce mouvement s'affiche contre l'ordre moral et bouscule les conventions. Gustave Klimt illustrera cette séduction en peinture, mais le premier terrains d'expression est l'architecture. Les façades des immeubles prennent des formes organiques, composées de fleurs et de motifs végétaux où le vert et l'or prédominent. Des devises s'affichent sur les façades telle que "A chaque temps son art, à l'art sa liberté".

Hans Makart devint le  "Chef Décorateur" de cet art moderne. Son expérience influencera Alfons Mucha. Son oeuvre naîtra de son amour pour les peintres vénitiens dont il reprendra les teintes brunes pour les tons chauds et les teintes bleues pour les tons froids, dans ses natures mortes. Il fut également inspiré par Eugène Lacroix par son sens du mouvement.

Il en est le fondateur avec son frère Ernst. Dans la première exposition en 1898, le tableau "Pallas Athénée" en est l'affiche. C'est la fin d'un siècle et les conservateurs, moralistes refusent cette vision. Ces tableaux sont contestés car ce genre de peinture est contradictoire à l'image du peuple autrichien et sont de ce fait, un délit. Lâchée par les siens, en 1905, il se tourne vers l'Allemagne. Ce mouvement sera repris en Europe.

 

Le baiser - 1905 Klimt Exposition

 

Le baiser 1905
Der Kuss (en allemand)
Musée du Belvédère à Vienne (Autriche)

Cette oeuvre marque son génie et sera reproduite dans le thème "L'accomplissement" de Adolphe Stoclet. Elle fut cependant précédée de deux autres versions de Rodin et de Munch.
C'est un carré parfait qui représente un couple enlacé sur un parterre de fleur dans une prairie. Leur robe est de style "Art Nouveau" et détache l'homme et la femme par la complexité de chaque vêtement. Pour l'homme, les formes sont géométriques polychrome et pour la femme des arabesques et des fleurs colorées. Seules les têtes et les mains se détachent comme dans les vierges pour montrer la divinité de ce moment ou la passion de l'amour. La force du tableau provient de l'unité car les amants sont enlacés qui lui confère ce côté spirituel. L'homme porte la femme. Le visage de l'homme ne se distingue pas. Ses mains enserrent le visage dans un geste de tendresse. Par la pose de sa tête, elle semble se détourner et esquive le baiser pour laisser place à sa joue qu'il embrasse. Par la pose de sa main, elle semble le repousser. L'homme cherche désespérèment l'amour de la femme. Pour certains, elle évoque une forme phallique par ces flots d'ornements qui s'écoulent sur le coin droit et qui semblent la représentation des spermatozoïdes et donnent la dimension de l'extase après l'acte. Produite à l'huile classique, elle est accompagnée d'appliques de feuille d'or.

Ce tableau pourrait être l'aveu de Klimt pour l'amour d'Alma Maria Schindler, alors âgée de 17 ans.

 

Cette période est la symbolique.

Il peint la baronne Sonja Knips (1873-1950), née Freifrau Potier des Echelles. Elle épouse en 1896, un industriel du nom de . Son portrait de 1898 dépeind les femmes de la société viennoise.

Chez elle, chaque mur accueille un tableau. Elle est de nature nerveuse avec des tendances suicidaires car dans ce monde, elle se meurt comme une valse infinie. Elle retrouve goût à la vie en se réfugiant dans l'art.

Ce tableau fait partie des sept oeuvres qu'il présenta à la deuxième exposition de la Sécession.

   

   Frise

 

 

1902-1903 - Le cycle d'or

Les ondines (Sylver fish)

Les ondines filent sous l'eau, elles se déplacent par banc, se frôlent au courant qui emmêlent leur longue chevelure fleurie. Elles aiment frotter leur ventre nu dans la vase. Elles sont aussi appelées "Serpent d'eau" ou "Serpentine".

Les fillettes sont solitaires et rêveuses et sont initiées à leurs jeux.

C'est l'image érotique de la femme, l'homme est caché et la femme apparaît. Ces poissons d'argent représentent les sirènes douées d'un pouvoir de séduction.

Ce sont des muses ambivalentes qui associent la femme et l'eau. Cette image est empreintée de la mythologie féminine ou Aphrodite et les nymphes prennent naissance dans l'écume de la mer.

L'oeuvre "Sang de poisson" fut publiée en 1898 dans une revue autrichienne.

 

 

Les ondines dans les eaux mouvementées Klimt

 "Aspiration au bonheur" par le mouvement berçant des vagues, synonyme de plaisir. L'absence des pieds rend la réalité corporelle fragile. Le rêve se substitut au pouvoir direct de la réalité. La position des personnages rappelle l'envol de Mélusine dans les Manuscrits du Moyen-Age. C'est la métamorphose par l'identification de la femme à la couleuvre d'eau. C'est aussi l'image de la sensualité qui se vit sans les hommes et devient un fantasme pour le spectateur qu'est l'homme.

 

Neuvième symphonie Exposition

Frise Beethowen

En 1902, Klimt a terminé la frise Beethoven qui représente la Neuvième Symphonie, pour la 14ème Exposition Vienne Sécessionniste qui était destinée à célébrer le compositeur. Elle est destinée à illustrer un décor pour l'architecte Josef Hoffmann qui est chargé de réaliser un monument en mémoire du musicien. Gustav Mahler l'encourage dans cette représentation du bonheur de la part de l'humanité qui souffrent et cherchent l'apaisement dans les arts. Elle fait l'objet de critiques violentes au nom de la morale. Elle est appréciée par Auguste Rodin.

La célèbre "Frise Beethoven" fut acquise en 1903 par le collectionneur d'art juif "August Lederer" (-1936). Elle avait été présentée à l'exposition de la Sécession en 1902. Elle est constituée de 7 tableaux qui offrent 35 mètres de frise. Cette collection fut confisquée à sa veuve Serena Lederer, née Pulitzer, par les Nazis en 1940 lorsqu'elle fuit à Budapest où elle décède trois années après, en 1943.

En 1943, le Troisième Reich avait d’ailleurs parrainé une exposition des œuvres de Klimt à Vienne. Si les nazis haïssaient l’art moderne en général qu’ils qualifiaient d’art «dégénéré», il y avait cependant des nuances dans leur position : en Autriche, Gustav Klimt était même célébré comme un symbole national.

Le 8 mai 1945, certaines oeuvres furent détruites. C'est le jour de la capitulation du Troisième Reich. Hitler se suicide une semaine avant et pour les unités SS, c'est la dernière nuit de la guerre. Ils quittent le lendemain le château d'Immendorf situé dans un hameau de la Basse-Autriche, non loin de la frontière tchèque. Après avoir mis le feu aux treize peintures à l'huile, oeuvres d'art entreposées, ils s'enfuirent.

Klimt avait peint Serena en 1899, sa mère "Charlotte Pulitzer" en 1915 et sa fille Elizabeth Bachofen-Echt en 1916. Comme leur origine était juive, lors de l'exposition, il n'avait pas donné de nom à ces oeuvres. Elles furent donc considérées comme moins importantes et ne furent pas mises à l'abri dans le château. Deux de ces oeuvres furent retrouvées après la guerre, celles de Serena et sa fille lors d'une vente aux enchères et furent restituées au fils Erich, de Lederer jusqu'à sa mort en 1985 à Genève. Ces deux portraits sont maintenant au Musée à New-York.

Lorsqu'il peint le tableau de Serena, c'est le début d'une relation affective. Pour éviter la déportation, Elizabeth prétendra être la fille illégitime de Klimt.

Klimt peint les juifs, son art est de laisser la trace de ces personnes disparues.

Klimt avait présenté à son meilleur client "August Lederer", Egon Schiele. Schiele avait peint le portrait du fils de Lederer, Erich et lui donna des cours d'art.

 

Cycle d'or "Les Ondines"

composé des "Serpents d'eau", du portrait d'Adèle Bloch-Bauer et de "Danaé".

Les ondines de Klimt

Frise Beethowen

Les ondines sont des symboles phalliques. Elles baignent dans le mouvement et épousent les courbes du courant.

 

 

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Frise Beethowen

L'homme enlace une femme, sa nudité cache celle de sa compagne. Les hommes sont rares dans les toiles de Klimt. Ils sont toujours de dos, ils n'occupent qu'une place secondaire. Ils sont là qu'en tant que voyeurs ou partenaires physiques dans l'acte sexuel.

 

 

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  Frise

 

Tragédie grecque

 

La mythologie grecque évoque le côté sombre. Il est influencé par Frédérich Nietzsche. Elle est née de la musique, le plus pur des arts car il est puisé dans les parties les plus profondes, les plus primitives de la psyché. Il fait référence à Wagner.

La vision de cette période est un espace vide parsemé d'étoiles et qui exprime une vue pessimiste du monde.

 

  Frise

 

1898-1901 - Culture et mythologie

Les peintres donnent une signification profonde à cette culture antique.

Klimt ou Vienne

 

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Pallas Athéna - 1898 Klimt - Expoisiton

Pallas Athéna - 1898 Klimt
Musée d'histoire à Vienne

L'utilisation de la feuille d'or date de l'époque de "Pallas Athéna" (1898). Klimt voyage à cette époque à Venise et Ravenne. Il détourne la représentation traditionnelle du sujet, sur un mode ironique il dépeind sous le visage d'une déesse, les traits d'une femme fatale, dite gorgone à la langue tirée. Elle fut l'affiche de la première exposition "Sécession" en 1898.

 

Dans les années 1900, il présente sa toile "La Philosophie" qui fait partie d'une trilogie avec "Médecine" et "La Jurisprudence" lors de la septième exposition de "Sécession". Ces peintures lui avaient été commandées en 1896, pour illustrer les voûtes du plafond de l'Aula Magna, hall d'accueil de l'Université de Vienne.

 

"La Philosophie" est représentée sous la forme d'une sphinge dont les contours sont flous, la tête perdue dans les étoiles avec le cycle de la vie autour, de la naissance jusqu'à la vieillesse en passant par la phase de l'amour. Sur sa gauche, "La connaissance" est représentée sous les traits d'une femme fatale, aux yeux sombres et froids qui fixent le spectateur. Cette représentation indigne les autorités universitaires et considèrent cette allégorie comme une provocation au libertinage et de nuire aux bonnes moeurs. Les journaux s'enflamment et portent cet outrage contre l'enseignement par la pervertion de ses peintures trop érotiques. D'artiste, il devient un personnage peu recommandable car de santé mentale peu stable par ses crises de dépression.

 

A la suite, "La Médecine" et "La Jurisprudence" amplifient ce mouvement car "La Médecine" représente une femme qui offre son corps et à ses côtés sont la souffrance et la mort.

 

"La Jurisprudence" est l'image d'un criminel en proie à ses instincts face une justice figée dans une mosaïque d'inspiration byzantine.

L'ensemble de son décor est refusé pour décorer l'Aula Magna. 80 professeurs signent une pétition pour boycotter le peintre.

 

 

 

Expression"Je refus toute aide étatique, je renonce à tout"
Déclaration de Gustave Klimt dans un interview en 1900

 

 

 

 

Sa première toile "La Philosophie" fut couronné de la médaille d'or de l'exposition universelle de Paris en 1900.

Ces trois oeuvres furent détruites par les Nazis en 1945.

 


1903

Il fait un voyage en Italie et admire les mosaïques de Ravenne. Il peint les paysage de Toscane avec les cyprès, par petite touche il module les couleurs

 

Eglise Cassone - 1913 Klimt Exposition Klimt ou Vienne

 

 

Frise

 

1904 - Mosaïque Stoclet

Un riche banquier belge du nom de Adophe Stoclet lui passe commande de mosaïques murales pour la salle à manger de son luxueux palais qu'il construit à Bruxelles sur les plans de l'architecte Hoffmann. Adolphe et Suzanne stoclet

"L'attente" et "L'accomplissement" sont d'une richesse décorative.

 

 

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Frise de Stoclet - Klimt Exposition

 Frise de Stoclet

 

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  Frise

 

 

1905 - La nature

Le jardin aux tournesols 1905-1908 Klimt Exposition

 

Exposition

 

Exposition

 

Eglise de Unterach à Attersee - Klimt Exposition

  Frise

 

1907 - Espoir

La maternité est l'apport de la femme à la société. C'est la seule vertue de la femme.

En 1903, il prend pour modèle "Herma" pour le tableau "Espoir", il fait des nues quand elle est au terme de sa grossesse. Elle n'a rien de maternel si ce n'est son ventre distendu, elle est le fruit de l'acte amoureux, grande et mince avec ses cheveux.

En 1907-1908, il compose "Espoir II", la tête est inclinée. C'est l'image du dernier grand espoir de l'humanité porté par ces autres  femmes.

 

Les trois âges de la femme - 1905 Klimt Exposition

Les Trois Ages de la femme
L'Art Klimtien est le cycle de la vie comme Gustav Vigiland,  dans le Parc Vigiland à Oslo en Norvège. Le style est régressif, entre la vie et la mort qui sont annoncés par des effets chromatiques.

La représentation de la jeune femme à l'enfant semble être une madone accompagnée de son enfant et vue de profil une vieille femme affligée, repliée sur elle-même.

 

Expression"Quiconque désire me connaître comme artiste -et c'est tout ce qui compte vraiement- doit regarder attentivement mes tableaux et tenter d'y glaner ce que je suis et ce que je veux" Gustave Klimt.

 

 

 

 Frise

 

1908 - Fin de la Sécession

Il quitte la "Sécession" avec un groupe d'amis comme Carl Moll, Koloman Moser, Otto Wagner et d'autres car il ne s'y retrouve plus. Depuis 1905, il est en désaccord avec les membres.

Il se consacre à la peinture de paysages aux couleurs vives  qui expriment l'allégorie. Il se rapproche du pointillisme de Seurat, Van Gogh et Bonnard.
 

 

1909 - 1910


Il se retire du style byzantin par l'abandon de l'or et de l'argent appliqué. Il étudie la peinture française et laisse place au volume. Il utilise de nouvelles sources d'inspiration comme Toulouse-Lautrec. C'est l'époque de l'art de l'affiche avec des dessins.

Comme Kees Van Dongen, il se rapproche de la peinture intimiste en effectuant des portraits dans des grandes dimensions pour clamer la beauté des femmes. Par ces compositions aux grandes dimensions, la décoration flatte sa clientèle bourgeoise.

Cette oeuvre n'est pas une commande, il se permet des libertés avec son modèle.

La dame au boa de plumes - 1909 Klimt Exposition

 

Cette oeuvre "La Dame au boa de plumes" avait été extorquée à son propriétaire juif par les nazis, elle fut restituée aux héritiers en 1998.

Les traits sont bien décrits. Un chapeau noir, un boa de plumes, des cheveux roux, des pommettes fardées, des cils et sourcils soulignés, un regard de biais et des lèvres rouges vifs qui ressortent sur ce teint blanc immaculé.

Le chapeau prend des proportions. Jusqu'en 1910, la mode est au chapeau. Puis sous l'influence du couturier, Paul Poiret, la coiffure est mise en avant avec des rubans et le chapeau est délaissé.

Ce tableau est unique en son genre car le peintre n'a pas décoré le fond d'arabesques qui caractérisent son travail. L'arrière-plan est vide comme celui des jeunes peintres contemporains Schielle et Kokaschka.

 

Exposition

 

 

Exposition

 

Portrait d'Amalie Zuckerandl - 1912-1913 Klimt Exposition

Portrait d'Amalie Zuckerandl    de 1912-1913 (inachevé)

 

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Il réalise des nues aux formes érotiques dans des tenues des plus extravagantes. Les couleurs sont chatoyantes et nous envahissent, nous énivrent.

 Frise

 

1910

Son art entre la figuration et l'abstraction figure comme un principe, un nouveau langage qui s'affirme comme l'Art décoratif. Ses traits reprennent une symétrie rigoureuse et c'est dans la couleur qu'il nuance et donne une facture impressionniste.

Portrait d'Adèle Bloch-Bauer - 1907 Klimt Exposition

 

Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer 1907

 

Adèle lui commande un second portrait en 1912. La technique est différente, plus picturale avec des touches brisées. Les couleurs sont plus vives et fraîches, suite à une étude sur la peinture française. L'arrière-plan est oriental, avec toujours l'influence des estampes japonaises. Il utilise souvent les sérigraphies de ces céramiques orientales qu'il a acheté et posées dans son atelier et pour ce tableau, la décoration est inspirée de ces céramiques.

Le tableau d'Adèle fut inspiré des 6 mosaïques du siècle de l'Impératrice Théodora qu'il vit en l'église "San Vitale" de Ravenne. C'est un monument à la gloire de la beauté féminine. La feuille d'or est combinée pour créer l'aura qui définit l'Art Nouveau (Jugendstil) de Vienne. Le visage est détaillé et finement tracé ce qui empêche l'anonymat derrière l'universalité de l'image.


Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer fut commandé par Ferdinand Bloch-Bauer. Ferdinand Bloch-Bauer était propriétaire de la plus grande raffinerie de sucre et à ce titre, il devint mécène et grand collectionneur d'art. Adèle était la fille d'un banquier de Vienne

En 1926, Adèle meurt et dans son testament, elle demande à son époux de léguer les deux chefs-d'oeuvre à leur beau pays. La guerre le fait quitter son pays pour la Suisse et les tableaux lui sont retirés et restitués à l'Etat autrichien.

 

 Frise


1912

Klimt remplace par un fond bleu, le fond d'or. C'est l'interprétation à la "Mâtisse".

Klimt ou Vienne

Frise

 

1910 - 1915

Les artistes aiment les thèmes universels. La vie et la mort sont d'usage académique.

 

L'arbre de vie - 1905-1909 Klimt Exposition

Projet pour la frise Stoclet

En 2008, dans le monde de la haute couture, John Galliano reprend ce motif pour sa collection. Jean-Paul Gaultier reprend cette spirale qui orne les robes en aplat sur les corsages féminins. Cet effet visuel est puissant et simule le relief de la poitrine.

 

 

L'impressionnisme s'efface dans sa dernière période pour laisser place à l'expressionnisme. Des pièces magistrales et tragiques.

La jeune fille (1912-1913)

Portrait de Margaret Stonborough-Wittgenstein - 1905 Klimt Expo

Margareth Stonborough-Wittgenstein était la soeur du philosophe Ludwig Wittgenstein et du pianiste Paul Wittgenstein. Elle a épousé le 7 janvier 1905, un riche américain nommé Jérôme Stonborough (1873-juin 1938) qui se suicida. Il avait changé son nom d'origine juive allemande en 1900 car il s'appelait précédemment Jérôme Herman Steinberger. Ils eurent deux fils avant leur divorce. Thomas Stonborough épousa Elizabeth Churchill mais divorça également. Et Major John Jérôme Stonborough, le deuxième fils, est connu comme un officier du renseignement et interprète. Il a épousé la fille Northumberland.

Margareth Stonborough-Wittgenstein a cotoyé Sigmund Freud et s'est faite analyser pendant deux ans. Devenus proches, ils sont restés en contact jusqu'au décès de celui-ci.

Ce tableau réalisé en 1905 est unique et célèbre. Son fils Thomas Stonborough en fut l'héritier et le vendit en 1960 à la Galerie Neue Pinakothek de Munich.

 

Vue de Malcescine - 1913 Klimt Exposition

 

Malcesine est sur le lac de Garde

 

En 1912, il peint Mäda Primavesi, alors âgée de neuf ans. C'est la fille d'Eugénia Primavesi est née Butschek. Elle est l'épouse d'Otto Primavesi, banquier.  Son épouse était dans la fleur de l'âge, 35 ans, ancienne actrice viennoise.

Il est proche de la famille qui vit en Moravie. Cette famille fait partie de l'élite viennoise juive par sa culture et sa richesse.

Ces portraits montrent un regard confiant, réservé et défiant d'une adolescente. C'est l'époque des théories de Freud sur la sexualité des enfants et des adolescents. Il essaye dans cette série de représenter la profondeur psychologique de ses modèles en insérant des symboles ou des élèments symboliques.

Des lignes diagonales convergent vers le sexe de la jeune fille, visibles ou quasiment inexistantes au final.

Mada Primavesi - 1912 Klimt Exposition
Mada Primavesi - 1912

 

 

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Portrait de Der Maria Munk - 1917-1918 Klimt Exposition

Portrait de Der Ria Munk III    1917-1918  (inachevé)
Frauenbildnis

Maria Munk est née le 6 novembre 1887. C'est la fille d'Alexandre et d'Aranka Munk Pulitzer. Alexandre Munk, riche industriel polonais épousa Aranka en 1882. Ils eurent trois filles dont Lili, Maria (Ria) et Lola. Aranka Munk était la nièce de Joseph Pulitzer et la soeur de Serena Lereder.  Maria Munk se suicida le 28 décembre 1911, à l'âge de 24 ans, lorsque son amant, devenu fiancé, Hanns Heinz Ewers la quitta. Elle prit un pistolet et se tira une balle dans le coeur. Il avait pour vocation d'être libertin.

Ce portrait fut fait à titre posthume, il est le support de la mémoire. Il se nomme Ria Munk III car auparavant, il l'avait peint sur son lit de mort (Cf. Ria Munk I). Pour sa mère, il évoquait trop de mauvais souvenir et elle lui commanda un nouveau qui devait intégrer sa beauté et sa joie de vivre (Cf. Ria Munk II, daté de 1916). Il fut rejeté car il était la représentation de sa fille à demi-nue. Klimt reprit ce tableau et lui changea la tête en lui donnant l'apparence d'une danseuse de l'opéra Holofer de Vienne, nommée Johanna Jusl et l'offrit à Aranka Munk. Sur ce tableau, il allie son inspiration orientale avec le kimono.

La troisième commande est celui de "Frauenbildnis" appelé Ria Munk III, il semble le plus complet de ces travaux mais reste inachevé car il meurt en février 1918. Elle a les joues roses et les yeux foncés, elle pose de biais et se tourne vers nous, spectateurs. Elle tient sa robe fermée. La jeune dame est confiante, avec un sourire doucement rêveur. L'arrière plan est très coloré par une multitude de fleurs, roses et tulipes s'entremêlent à des arabesques de style oriental. Le bas de sa robe et le premier plan sont incomplets, l'on remarque des esquisse de dessin faits au charbon de bois.

Le tableau fut remis à Aranka Munk après le décès de August Klimt. Elle avait divorcée en 1913 de son mari et vivait l'été à Bad Aussee où elle installa le tableau. Elle y resta jusqu'en 1941.

Lorsque Aranka Munch fut déportée en octobre 1941 dans les camps de concentration, les nazis récupérérent ce tableau. Elle fut fusillée le 26 novembre 1941, un jour avant son 79ème anniversaire.

Lola, sa troisième fille fut également envoyée dans un camp de concentration en Pologne, à Chelmno où elle mourut en septembre 1942.

 

 

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Expo Klimt et Vienne

 Frise

 

 

Nuda Veritas 1889

 

Nuda Veritas - 1889 Klimt Exposition

 

 L'image de la luxure avec les cheveux dénoués et abandonnés. Cette femme nue tient le miroir de la vérité et l'on peut lire au dessus, la citation de Schiller, dans des lettres stylisées.

Au dessus du tableau, cette citation :

 

 

 

Expression

 "Si tu ne peux plaire à tous par tes actes et ton art, plais à peu. Plaire à beaucoup est mal"
Friedrich Von Schiller.

Citatio
n figurant sur l'oeuvre de Klimt  "Athéna Pallas"

 

 

 

 

 Frise

 

 

 

1916-1918 Les amies

Il aborde le thème de la sexualité féminine.

 

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 Frise 

Jeunes-filles

 

La vierge ou Jeune Fille - 1912-1913 Klimt Exposition

 Galerie Narodni - Prague (République Tchèque)

Frise

 

1918 - Décès

1918, ses oeuvres restent inachevées par son départ subit. Il meurt d'apoplexie. Son départ semble ce même principe qui le rend un génie.

 

Adam et Eve - 1917 1918 Klimt Expo

 

 

Frise

 

Puis, avant d'aller voir le film de Jean Cocteau, nous traversons une partie des carrières à ciel ouvert qui relie l'espace dédié à Jean Cocteau.

 

Carrières de Lumières Exposition

Les carrières de calcaire blanc des "Grands-Fonds" furent utiliser depuis des siècles pour bâtir les maisons, le château et les monuments du village des Baux-de-Provence. Ces blocs rectangulaires aux parois impressionnantes étaient extraits en enfonçant des pieux de bois ou de fer dans les fissures des strates de calcaire, pour en détacher les blocs. Les Baux signifient en provençal : le Baou, soit l'escarpement rocheux.

4000 m2 de salles où se déroulent depuis 1975 des spectacles audio-visuels car les carrières d'extraction sont devenues des carrières de Lumières.

Elles se situent dans le Val d'Enfer, nom donné à ce lieu dont les grottes inspirées la peur. Les formes bizarres des roches alentours sont dues à l'érosion par l'eau car la pierre contient du carbonate de calcium que l'eau chargée en gaz carbonique dissout.

Les carrières sont la propriété de la commune des Baux-de-Provence.

 

 

Carrières de Lumières - Exposition

Carrières de Lumières - Percée dans la pierre Exposition

Carrières de Lumières - Les Baux-de-Provence

 

 

Jean Cocteau

 Hommage à Jean Cocteau avec la projection "Le Testament d'Orphée".

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Exposition

 

Influence de Schiele - Cité

 A la suite de la traversée de 100 ans de peinture, un autre spectacle est joint nommé "Les villes invisibles". Elles sont proches du rêve de l'homme car c'est la recherche de la ville idéale. Concoctées par l'imagination et des fragments de réalité, elles forgent l'avenir par l'utopie du présent.

 

Klimt ou Vienne

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Portrait de Eugenia Primavesi (1913)

 

Judith 
Dans l'ancien testament, Judith est une femme veuve et vertueuse. Elle est séduite par Holopherme qui donne une fête en son honneur. Enivré, il s'endort et elle lui tranche la tête. Elle symbolise l'héroisme.

Elle expose ses seins dans sa robe d'or, elle se pâme d'extase comme si la mort n'était pas un acte vertueux mais un plaisir sensuel. Judith est une héroïne juive.


 

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 à gauche : Judith (1901) et à droite : Judith II (1909)

 

 Idylle

 

Klimt ou Vienne

 

Klimt ou Vienne

 

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"Danae" (1907-1908)
Elle fut aimée par Zeus et aurait pris l'apparence d'une pluie d'or

 

Bibliographie Klimt

Né  le 14 juillet 1862 à Baumgarten à Vienne (Autriche), son père Ernest Klimt est orfèvre ciseleur et sa mère Anna Finster est chanteuse lyrique méconnue. Il est le deuxième enfant d'une famille de sept qui comprend trois garçons et quatre filles. Deux des soeurs se nomment Klara et Hermione.

Dès le début, les trois fils affichaient des talents artistiques. L'enfance se déroule dans la pauvreté. Ils déménagent souvent par la situation instable du travail de son père. Ils habitent dans des baraquements où l'argent manque mais pas la vie, lorsque les affaires de son père sont absentes.

C'est donc tout naturellement qu'il poursuit cette voie et rentre à l'école des arts décoratifs de Vienne, après avoir obtenu une bourse en 1876 où il suit une formation de peintre architecte, jusqu'en 1883. Dans ces dessins, il a une précision photographique.

1877, il réalise des portraits d'après photographie.

En 1880, alors âgé de 15 ans, il crée la compagnie des artistes avec son frère Ernst âgé de 16 ans et Matsch (18 ans) qui s'installe avec lui dans cet atelier.

1885, il exécute avec ses compagnons la décoration de la villa Hermès à Lainz. C'est la retraite favorite de l'impératrice Elizabeth.

En 1886, il décroche le premier contrat pour peindre le plafond du "Burg Théâtre" par un concours de circonstance car Hans Makart décède subitement et l'ensemble de ce corps de métier n'ont plus de possibilité au niveau des commandes. Soit dix plafonds du théâtre à réaliser dont la rétribution est au delà des attendus.

Il peint le musée des Beaux-Arts à Vienne. Son style évolue et s'éloigne de celui de son frère et de Franz Matsch. Avec ces motifs de l'Egypte ancienne et de l'Antiquité Gréco-Romaine, il représente l'Art Nouveau Viennois.

1888, il est décoré de la croix d'or du mérite artistique.

En 1890, il rencontre Emilie Flöge. Elle s'engage entièrement dans cette relation, mais lui est incapable de se consacrer entièrement à elle. En ces débuts des années 1890, il se lie d'amitié avec des écrivains dont Arthur Schniltzer, Hofmaansthal et Hermann Bahr. Il s'intéresse au symbolisme, ainsi qu'à l'impressionnisme français.

1890, il remporte le premier prix de l'Empereur, pour sa gouache "Salle de l'ancien Burgtheather".

1891, il a une commande pour les fresques du grand amphithéâtre de Vienne "Aula Magna".

En 1892, il dessine deux billets pour la banque nationale d'Autriche. Franz Match a la charge d'un autre. Leurs motifs ne sont pas retenus et Gustav Klimt s'en plaint à l'imprimerie.

Son père meurt d'apoplexie et son frère Ernst décèdent cette même année, en 1892 et il doit assumer la responsabilité financière de son frère et de sa mère.

Il dissout l'association.

En 1893, il voyage en Hongrie. Le Duc Esterhazy lui passe commande pour la peinture de l'auditorium du théâtre du château Esterhazy à Totis.

En 1894, il a une commande pour créer trois peintures afin d'orner le plafond de la grande salle de l'Université de Vienne : "La Philosophie, la Médecine et la Jurisprudence" qui furent classées pornographiques, suite aux protestations du public. Ces tableaux furent détruits en 1945.

En 1895, lors d'une exposition à Vienne, il découvre les oeuvres de Liebermann, de Félicien Rops, mais aussi de Klinger, Böcklin et Rodin. C'est le début de la période symbolisme.

Il rentre dans une crise profonde et en 1897, il s'arrache de son expression stylisée pour se surfaire sur le thème de l'amour, puis de l'érostisme. Le corps humain est transcendé dans sa fragilité.


Il est en rupture avec la société, il participe à la fondation le 3 avril 1897 de l'Union des Artistes Figuratifs qui est appelé "Sécession" composée de dix neufs autres artistes de la Küntlerhaus de Vienne. Président, il a pour objectif de réformer la vie artistique de cette époque. Il veut élever l'art "Autrichien" à une reconnaissance internationale en prenant la source sur les arts dits "mineurs", c'est-à-dire de joindre l'utilitaire à l'art afin de transformer la vision de l'art. La conscience prime et met au deuxième rang l'art académique. Cette ère nouvelle sera la réponse au mouvement "Art Nouveau" en France et au "Jugendstil" en Allemagne.

Il crée en 1897, le journal "Ver Sacrum" ou "Le printemps sacré" avec ses amis Moser, Josepht M. Olbrich et Carl Moll. Cette revue se consacrera aux Arts et sera le moyen d'expression de la fondation "Sécession".

Joseph M. Olbrich crée un édifice dédié aux arts pour donner libre cour aux jeunes artistes figuratifs dans un lieu d'exposition permanente de leurs oeuvres.

A partir de 1897, il passe tous ses étés à Attersee, avec la famille Flöge.

De nature timide, il vit malgré sa relation avec Emilie Flöge, avec sa mère et ses deux soeurs jusqu'à sa mort. Un homme effacé derrière son oeuvre. Voilà l'ambivalence car il est donc réservé et précurseur du mouvement qui amène l'Art Nouveau.

De sa vie, il n'achètera un appartement.

1897, il entretient une relation avec sa belle-soeur Hermine Klimt, veuve de son frère Ernst Klimt.

1899, il eut une aventure avec Alma Mahler-Werfel (1879-1964). Il l'a rencontre lorsqu'elle a à peine dix-sept ans et elle avait un pouvoir de séduction extraordinaire. Elle est la fille du renommé paysagiste Emil Jakob Schindler et de la chanteuse Anna Berger. Elle grandit dans un environnement bohème et évolue au milieu des artistes révolutionnaires. Elle a une éducation libre et exprime ses opinions. Elle peut échanger avec les principaux artistes de la gotha de la vie intellectuelle de l'époque. A cette époque, son père décède subitement, alors qu'elle est très jeune. Il devient son image de l'homme. Sa mère se remarie avec Carl Moll, devenu son beau-père. Elle ne lui accorde aucune attention. Malgré son jeune âge, elle est autorisée à participer aux diners qui rassemblent les plus grands esprits créatifs de cette époque. Alma fait tourner la tête par l'insolence de son jeune âge et la passion exaltée qui la caractérisa tout au long de sa vie. Dangereuse séductrice, Alma est attirée par la célébrité de cet homme qu'est Klimt, connu comme un séducteur. Leur premier baiser est à Venise. Elle l'écrit dans son journal intime qu'elle tient comme tant d'autres jeunes filles. Elle a une plume libérée et une insolence impudique. Sa mère y découvre cette passion. Sa mère demande à Carl Moll d'intervenir. Carl Mohl  l'accompagne avec un cercle d'amis à Venise et rentre dans une colère noire car l'artiste et ami est bien plus âgé. Il lui interdit de fréquenter sa belle-fille. Leur liaison n'est que querelle, il s'en exprime dans un courrier adressé à Carl Moll. Cette passion sera inachevée comme nombreux des tableaux de Klimt. Le tableau "Le baiser" de Klimt semble figer cet instant. Alma fait ses premières expériences érotiques avec son professeur de piano, Alexander Von Zemlinsky. Le suivant sera Gustav Mahler, compositeur, qui devint son premier époux. Elle le trompe avec Walter Gropuis, il consulte Freud qui est en vacances en Hollande, à Lieden. Elle se maria trois fois, le second mari fut l'architecte Walter Gropuis, le dernier est le poète praguois Franz Werfel. Avec Oskar Kokoschka, elle eut une folle histoire d'amour, mais elle décrit son amour pour Gustav Klimt comme un grand accord et plein de passion. Elle est appelée "La veuve aux quatre arts" car elle a composé avec 4 artistes dont un compositeur, un peintre, un architecte et un poète.

 

Expression"le seul homme que j’ai et que j’aurai sans doute véritablement aimé "
Journal intime d'Alma Margaretha Maria Schindler, en parlant de Gustave Klimt.

 

 

 

Parallèlement à cette nouvelle relation avec Alma, il a deux mois plus tard un premier fils Gustav Hoshitski et deux mois après un nouveau fils encore appelé Gustav mais Zimmerman. C'est cette situation qui entraîne que sa relation avec Alma devient caduque et s'achève à Venise.

De sa correspondance avec sa compagne Emilie Flöge, il ressort qu'il n'aimait pas les mots. Peu et insignifiant.

Il entreprend des voyages à travers toute l'Europe.

1902, il rencontre à Vienne, le sculpteur Rodin.

Il avait des relations sexuelles avec tous ses modèles. Il croque leur pose. La nudité est couverte de ses ornements et laisse entrevoir que partiellement pour donner la tentation. Malgré les nombreux croquis, il gagne sa vie avec la peinture. Par le biais de la perspective, il attire l'attention sur leur sexe ou leur poitrine. Il est taxé de pornographique, ce qui le met dans une colère noire.

Il refuse que les visiteurs viennent à l'improviste à son atelier. Pour ce faire, il affiche sur l'entrée "Inutile de frapper, on ne vous ouvrira pas". Sa peinture est intime et bouscule les conventions, les valeurs morales, jusqu'à entraîner des polémiques.

Les salons d'exposition sont interdits aux femmes de moins de 18 ans.

Il adorait les chats. Les chats vivaient avec lui dans son atelier et avaient pour jeu de détruire ces croquis qui étaient un processus préliminaire pour sa peinture. Comme les chats croquent ses croquis, lui croque les femmes dans ses croquis. Il est attiré par le sexe et la poitrine. Il a un penchant pour saisir les femmes entrain de se masturber, la visage légèrement détourné, absorbée dans leur propre plaisir, les yeux clos.

Klimt peint en sandale avec une blouse pour unique vêtement.

1909, il voyage à Paris et à Munich.

1910, il participe à la Biennale de Venise.

1916, il expose avec les peintres Schiele et Kokoschka.

Quatorzes enfants naîtront de ses amours. Deux garçons de Marie Zimmerman dont un se nomme Gustav Zimmerman et un de Maria Ucicky furent reconnus, les autres sont des enfants naturels. Le fils de Maria Ucicky prit le prénom de Gustav en l'hommage de son père, il devint réalisateur de films. Deux de ses fils meurent dans la petite enfance. Il fut désespéré à la mort de son fils Otto. Avec Marie Zimmerman surnommée "Mizzi", il eut trois enfants et elle fut sa dernière liaison qui dura dix-huit années. Sa relation fut très différente car ils ne partirent jamais en vacances ensemble et ne se présenta à aucune soirée mondaine avec elle. Ce rôle était dévolu uniquement à Emilie. Il ne pourvut pas à l'éducation de ses enfants. De temps en temps, seulement, il leurs donnait de l'argent de poche.

 

Expression"On ne désire pas ce qu'on aime, on n'aime pas ce que l'on désire."
disait Freud en parlant de Gustave Klimt.

 

 

 

1894, l'Université de Vienne lui commande une série de tableaux avec un thème imposé "La philosophie". Son inspiration fait scandale.

1897, il fonde le mouvement "Sécession".
1898, première exposition qui obtient un succès.

 

 

Expression"Je ne connais moi-même pas vraiment mon caractère et je ne souhaite même pas être au clair là-dessus. La seule chose que je sais avec certitude, c'est que je suis un pauvre fou..."
disait Gustave Klimt à Carl Moll dans sa correspondance en 1899.

 

 

 

 

1904 - Avec d'autres artistes, il contribue à la décoration du Palais Stoclet. Mr Stoclet est un riche industriel belge.


1905 - Prix Romana à Berlin
           Il peint cinq femmes enveloppées de fourrure.


1906 - Membre honoraire de l'Académie royale bavaroise de Munich
1908 - Médaille d'or pour les trois âges de la femme lors de l'expostion d'art à Vienne1911 - Premier prix lors de l'expositon à Rome.

1915 - Sa mère Anna décède.

1918 - Il a une attaque cérébrale qui entraîne une paralysie partielle. Il est mis dans un sanatorium, puis à l'hôpital pour être soignés d'escares. Le 11 janvier 1918, il a une attaque d'apoplexie. Sur son lit de mort, il réclame Emilie Flöge. Décés de Klimt, le 6 février 1918, des suites d'une pneunomie développée avec la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière de Hietzing à Vienne.

Il est rasé pour les funérailles, seule une moustache encadre sa tête. Egon Schiele fait son portrait sur son lit de mort.

Son oeuvre comprend 230 tableaux, composés de 54 paysages ; mais aussi 3700 dessins.

           Hitler s'intéresse à la peinture de Klimt, sans connaître l'existence de ces modèles. Lorsqu'il découvre cette alliance avec les juifs, il contribue à ce que ces oeuvres disparaissent.

Emilie Flöge a hérité de la moitié de la succession et l'autre moitié est revenue à la famille du peintre.

 

 

Expression"Le salut de l'homme passe par l'Art"
Gustave Klimt.

 

 

 

 

Bibliographie Egon Schiele

Né le 12 juin 1890 à Tulln an Der Donau, près de Vienne. Dès son plus jeune âge, il maîtrise le dessin et rentre à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1906. En désaccord avec le conservatisme qui y règne, il quitte l'Académie pour fonder avec d'autres dissidents un groupe d'Art Nouveau, appelé "Neukunstgruppe".

A 17 ans, il rencontre Gustave Klimt qui a alors 45 ans qui devient son maître spirituel. Leurs idées fusionnent et il rentre dans le cercle d'amis de Klimt. L'attrait de la Sécession Viennoise ne dure pas malgré qu'il refuse les normes, car ses peintures donnent corps à des portraits de style plutôt dépouillé. C'est dans la physionomie qu'il se fait remarquer car les corps sont décharnés et les portraits torturés.

Il traite les modèles en plongée pour donner de la perspective et les contorsionne. Il utilise la technique de Rodin, c'est-à-dire qu'il dessine en regardant son modèle et non sa feuille.

Il décède à Vienne le 31 octobre 1918, la même année que Klimt.

 

Bibliographie de Freidenreich Hundertwasser

Né en 1928 à Vienne, il est un peintre-architecte qui s'est fait connaître pour ses écrits engagés notamment sur le respect de l'environnement et la paix dans le monde. Ses réalisations sont signées par l'asymétrie, le foisonnement organique des formes et des couleurs. Ecologiste convaincu, il met au centre de ses oeuvres, la Nature. L'eau est une source d'inspiration au même titre que Klimt.

Ces motifs itératifs et hynoptisants comme les spirales sont de véritables obsessions. Il puisent ses connaissances de par ses voyages dans le monde où il arrive à s'acquérir notoriété.

 


Exposition en mouvement "Klimt ou Vienne", un siècle d'or et de couleurs
Carrières des Lumières
Baux-de-Provence

jusqu'en janvier 2015

Carrières de Lumières 
Route de Maillane - Val d'Enfer
13520 Les Baux de Provence 
Tél. : 04 90 54 55 56

Coordonnées GPS :
Latitude 43°44'56.27"N
Longitude 4°47'48.94"E

www.klimt-vienne.com/

Horaires & Tarifs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lecture associée

Livre "Klimt" par Gerbert Frodl
Livre  "Gustav Klimt et Emilie Floge : un artiste et sa muse" de Wolfgang Georg Fischer
Livre "Flöge et Klimt - une affaire de famille" de Paul Simpson
Livre "Klimt et la mode" - édition Assouline

Livre "Alma Mahler" journal intime - édition allemande - 750 pages
         (traduction française de la moitié par Alexis Tautou - Bibliothèque Rivage)

Exposition

"Klimt en personne" Musée Léopold à Vienne en 2012
"Klimt ou Vienne" en 2014 - Les Baux-de-Provence

 

Bibliographie

Visite du 1er juin 2014

 

Klimt sur le lac Attersee - Klimt Exposition

 

Promenade en barque sur le lac Attersee. Klimt est en villégiature à Attersee (région de Salzkammergut) de 1900 à 1916. Il loue la villa Paulick.
En blouse de peintre, il se promène. Ce lac l'inspire par sa couleur bleue turquoise, ces forêtes environnantes et les prairies. Il prend souvent les lunettes d'opéra ou le téléscope pour visualiser les futures mises en scène.
Gertrude, la nièce d'Emilie les accompagne souvent. Richard Teschner, artiste "Art Nouveau" et ami, les accompagne pendant les vacances. En 1916, la première guerre mondiale interromp le choix de cette villégiature. Il semble que de cette période, il s'est consacrée aux femmes énumérées au nombre de 12. De ces nombreuses conquêtes, naîtront quatorze enfants.

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Samedi 1er juin 2014
Mise à jour  :  1er juin 2014
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