Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

03 juillet 2011

Au-delà de Saint-Guilhem-le-Désert

 

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 Si Dieu est au Ciel, le Pont du Diable aux Bénédictins, "Saint-Guilhem-le-Désert", cet espace de silence est habité par la présence du Père Christian Cortinovis, ermite depuis 2008 qui a eu le coup de foudre pour ce village médieval où il est venu se retirer du monde.

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Statue de l'ermitage "Notre-Dâme-de-Belle-Grâce"

Il se situe dans la vallée dite "au bout du monde", endroit propice au recueillement par l'absence de l'homme et non de la végétation.

 

Expression"Pour vivre à Saint-Guilhem, il faut échine d'âne, dent de loup et jambe de chien" 

Proverbe

A quelques encablures de l'abbaye de Gellone tant connue, il s'installa à l'ermitage "Notre-Dame-du-Lieu-Plaisant" également connue sous le nom de "Notre-Dame-de-Belle-Grâce", pour prendre retraite dans cette combe et prier l'invisible.

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Ermitage

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Cette vallée de Gellone est un "désert" de roches dures, calcaire établi sur une barrière de corail formée il y a quelques 145 millions d'années, d'eau pure où les drailles ancestrales sont maintenues.

Il s'agit d'une antique voie de transhumance appelée "grande draille d'Aubrac" qui relie l'arrière pays Montpelliérain au plateau volcanique de l'Aubrac. Elle sera fréquentée jusqu'à la fin du XVIIème siècle, puis abandonnée au profit des nouvelles routes royales carrossables qui sont aménagées au moment de la guerre des camisards (1685-1710). Ce "Camin Romieu" emprunte quatre départements dont la Lozère, l'Aveyron, le Gard et l'Hérault. C'est l'un des trois chemins français du pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

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Calade

Tandis qu'en bas, le village épouse le méandre abandonné du Verdus, au pied de ces montagnes de part et d'autres qui forment le cirque et dont le coeur abrite ce haut lieu de tourisme, sur la rive droite de l'Hérault. Nous quittons le village pour explorer les alentours.  carte itinéraire

Pour accéder à ce circuit, prendre la rue du "Bout-du-Monde" en direction du cirque de l'Infernet. C'est le GR 74 balisé rouge, blanc, jaune qui vous fait passer d'un décor de garrigue à un massif plus accidenté où, sur des terrasses escarpées, poussent des pins Salzman, espèce endémique de taille petite, facilement reconnaissable par ses branches tortueuses. Il doit son nom a un botaniste allemand qui le découvra  au XIXème siècle, lors de ses recherches à Montpellier. Il pousse sur plus de 3000 hectares de terrain appelé "Cap Ginestet". Cet espace offre ses vallons capricieux aux rochers dolomitiques qui forment un curieux musée de chandelles dolomitiques aux formes bombées parsemés de falaises rongées par l'érosion. En dehors de la vue, nous passerons devant des chapelets de grottes, scialets et autres cavités naturelles.

Par delà, le chemin de randonnée serpente en direction de la ferme des Lavagnes (plaine de Lacan, 593m) qui permet de voir un menhir contre une lavagne (mare qui sert d'abreuvoir aux moutons). Ce menhir fut transplanté par le curé en 1865 et christianisé. L'histoire rapporte qu'il fait partie d'un ensemble situé au Lacam mais cela semble inexact par le fait qu'il est taillé dans une roche différente, dolomie pour l'un et pierre calcaire "froide" pour l'autre.

Vous pouvez continuer la visite jusqu'au menhir de Lacam, situé 500 mètres après les Lavagnes en continuant jusqu'au Mas d'Aubert. En face, un chemin de terre vous y amène en bifurquant sur la droite sur 250 mètres. A l'origine, il mesurait 6m50 de haut, actuellement il est d'une hauteur de 4,5 mètres pour une largeur de 1,60 m et une épaisseur de 0,45 m. Il fut brisé en quatre morceaux. Il fut restaurer par la DRAC, il y a une trentaine d'années. Il a le pouvoir de lutter contre la stérilité.

Il y a également le dolmen de la Rigoule au Mas d'Aubert. Il tient son nom d'une source qui niche au abord. Il domine le défilé des Lavagnes et sa situation est dans la partie Sud des montagnes de la Séranne. Ce mégalithe est un dolmen à couloir et il se prolonge sur 4,50 mètres. Il est couvert par une dalle de 3,70 mètres de long sur 1,70 mètres de large, pour une épaisseur qui varie de 0,24 à 0,40m. Au fond se situe la dalle de chevet.

Si vous êtes à sec d'idées, vous pouvez aller admirer un puits en prenant la Combe Bugadière qui vous amène aux ruines du Mas d'Agre. Auparavant, vous ferez un arrêt au Mas de l'Estagnol pour son côté "pagnolesque" assuré à la vue des cyprès, des grandes bâtisses entourées de bergeries... Mais revenons à ce puits non loin des maisons désertées, habillées de lierres.

Ces chemins pastorals étaient ponctués de menhirs, de dolmens, de tumuli dans les Causses, mais comme atteste la lavogne décrite ci-dessus, ils étaient conçus pour que les troupeaux puissent s'abreuver.

D'un pas, deux pas, voici le "chemin des provençaux" qui conduisait les pèlerins à Saint-Jacques de Compostelle vers Gévaudan, sur les traces de l'abbé Saint-Guilhem.

Mais pour y accéder, il faut tout d'abord traverser le lit du "Verdus, petit affluent, qui longe le grand parc devenu parking ou se situait le monastère féminin proche de l'église "Saint-Barthélémy". Laisser sur la gauche, le cirque de l'Infernet avec ses vastes falaises (rocher de la Bissonne, 515 m) dont l'accès se fait par le GR 674 qui passe au dessus de la source du bout du monde. On y accède, par le sentier des "Fenestrettes" où se trouve le pont de pierres dit "l'escaliou".

C'est à cet endroit que le Verdus ressurgit après s'être infiltré dans le calcaire fissuré du causse au-dessus. Nous sommes 300 mètres en amont du village. Il naît sous un éboulis de pente à l'entrée du cirque. Souvent d'apparence sage, il peut devenir capricieux, voire "dévastateur" quand il est gonflé par ses affluents aériens de la Combe d'Arnaud. 

Un chemin pavé commence. Mon regard fait le tour des lacets, pour mesurer la distance qui nous sépare à la crête. En bas les champs d'oliviers cultivés en restanques appelées "Faisses" brillent au gré du soleil. Nous accédons à une ancienne porte de la forteresse après avoir quitter les dernières maisons du village pour se rapprocher du sommet. La végétation change pour faire place aux yeuses et autres chênes.

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Oliveraie

Nous prenons juste après le GR jaune qui monte aux ruines du château du Géant (Castrum Verduni) et sur la crête la garrigue est plantée d'étranges rochers ruiniformes.

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Tour & ruines du château du Géant

C'est l'érable de Montpellier qui est présent dans ce lieu. Nous bifurquons sur la gauche pour laisser sur la droite, les ruines du château "Porte du Désert" et pour longer le flanc de la montagne afin d'atteindre cette échancrure aux allures italiennes. Avant d'entamer ce versant, nous allons jusqu'au belvédère des ruines pour admirer la vue aérienne sur le village.

>> Légende du château du Géant

Un Géant avait élu domicile dans  les ruines du château en compagnie d'une pie. Il terrorisait les populations villageoises. La peur dévorait les habitants et Guilhem décida de se déguiser en servante qui transporte de l'eau au château pour le combattre. "Joyeuse" son épée de tous les combats l'accompagna à la forteresse, épié par la pie qui reconnu Guilhem et s'en alla avertir le Géant.

"Géant, ce n'est pas ta servante qui vient t'apporter de l'eau, c'est Guilhem qui s'en vient pour te tuer"

Mais sûr de son fait et de sa supériorité, le Géant fit fi à la mise en garde et ouvrit la porte de la forteresse.

Il s'ensuivit un âpre combat qui rendit vainqueur Guilhem en projetant son adversaire en bas des falaises du château. La pie s'enfuit.

Depuis ce jour, les habitants de la vallée de Gellone cohabitent avec de nombreuses espèces d'oiseaux.

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Ruines "Châeau du Géant"

Nous rejoignons la piste pour ne plus la quitter. Le plateau offre une vue magnifique sur les plaines alentours. Nous marchons dans une végétation basse ponctuée de cairns qui laisse rentrer les rayons de soleil qui s'imposent à notre peau blanche. Arrivés à un croisement, nous laissons sur notre gauche le chemin qui ramène sur le cirque de l'Infernet qui fait le sujet d'une autre balade pour aller visiter les monolithes.

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Pins Salzman

Nous passons dans la combe du ruisseau du Tras de Castel.

A ce point, la végétation devient plus dense. Nous rentrons sous le couvert de la forêt domaniale de Saint-Guilhem-le-Désert et le spectacle des pins Salzman et des pins Lariçois est saisissant par sa découpe. Si la brume se rajoutait à ce cadre, dans l'espace temps, notre étonnement nous transporterait en Asie tant l'aspect est mystérieux. On jouit d'un panorama unique sur l'ensemble du massif et de la région des garrigues.

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Pins Salzman

De nos jours, on distingue bien les randonneurs des pèlerins qui viennent se recueillir à l'abbaye de Gellone. Cette abbaye qui protège les reliques et trésors tels que les restes de la croix de Jésus-Christ donnait par Charlemagne à Guilhem, mais aussi le souvenir du livre liturgique qui était réservé aux Prêtres pour la célébration des Saints Mystères. Il est daté de l'époque 790-800.

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Pavement

Ce Sacrementaire de Gellone, chef d'oeuvre de l'enluminure carolingiènne aurait été écrit par quatre mains différentes, appartenant au même scriptorium, sous la direction d'un seul chef d'atelier, un scribe nommé "David" de Meaux ou Cambrai. Il était également rubricateur, c.à.d. responsable de l'écriture en rouge vermillon, des rubriques, des titres, sous-titres. L'une de ces quatre mains semble être celle d'une none du nom de "Madalberta" de Cambrai qui fait penser que la collaboration proviendrait d'un cloître double. Ce scriptorium aurait été retrouvé dans le Nord de la France, sans doute à Cambrai c'est pour cette raison que l'origine est incertaine. A l'intérieur, nous découvrons des représentations de la vierge Marie portant une croix et un encensoir, puis la Crucifixion du Christ, Sainte Agathe et les apôtres Matthieu, Jean et Luc. Chaque début de page est décoré d'une majuscule rehaussée en couleur et soulignée de pointillés rouge. Les initiales font apparaître des dessins du monde animal. La reliure est en maroquin brun à décor doré aux armes de la monarchie de Juillet, signé Duplanil 1835 avec inscrustation sur le dos de cette annotation "Missale Gellonenses" qui a aussi le surnom de "Missale de Gillone". On relève des rehauts de couleurs verte, jaune, bleue, orangée. On retrouve ses traces en 1638 dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Près. Il est aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale de France (BNF) à Paris et ceux depuis 1796.

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Galerie cloître

Les pèlerins portent de simples habits et s'accrochent à leur canne de châtaigniers pour gravir le sentier. Sur leur dos, un baluchon qui vrille au gré de leur pas sur le chemin empierré. Accroché à leur coup, on remarque la fameuse coquille St Jacques et autour de la ceinture, suspendu d'une corde, la bourse en cuir sombre. A chaque pas, j'associe également Witizia, nommé Saint Benoît, fils du Comte de Maguelonne qui prit en main ce lieu pour intégrer la religion catholique. Il fonda également l'abbaye de Notre Dame de la Grasse, Saint-Thibéry ainsi que celle de Saint Chinian. 

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  Cloître

Expression"Cette vallée de Gellone est un lieu si retiré que quiconque aime la solitude doit nécessairement s'y trouver. On s'y voit de toute part environnée de trés hautes montagnes et ce n'est peut-être que pour se livrer à la prière et à la méditation que l'on va chercher une pareille retraite" Ardon, disciple de Saint Benoît d'Aniane

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Architecture

Au retour, une halte s'impose sur la place du village où trône le vieux platane de la Liberté qui ombrage les alentours. Il fut planté comme son nom l'indique le jour de la Liberté.

La fontaine reste une énigme car on ne connaît pas l'origine de son eau. Les moines de l'abbaye de Gellone, auteurs de cette installation du XIIème siècle, emportèrent le secret de la source de la place. On ignore d'où proviennent les canalisations qui conduisent à cette fontaine.

Expression"Le paysage s'égaie. La montagne devient plus accidentée ; en bas, des vallons capricieux ; en haut, des escarpements fantastiques et partout, des pins verdoyants, vigoureux, éparpillés sur les pentes, nombreux et serrés sur les terrasses. Le chemin contourne un mamelon. Nous entendons une clochette. Un pas de plus, voici le Lieu Plaisant." François Dezeuze, l'Escoutaïre 1927

A l'entrée de l'église, le gimel (porche) est du XIIème siècle. Il est occidental.

Au dessus, le clocher en forme de tour est de 1449. Il fut construit pour assurer la défense de l'abbaye.

L'abbaye fut édifiée en l'an 804 par le Seigneur Guillaume Guilhem, conte de Toulouse qui a la mort de sa seconde épouse (Guibor-la-belle) décida de se retirer dans un monastère et laissa ses armes. Mais cette première expérience se passe mal car les moines se plaignent de sa dureté. Il le quitte pour créer son propre monastère.

Potager_Abbaye_Gellone

Potager -Abbaye de Gellone-

ll fit donation d'un morceau de la croix de Jésus-Christ à l'abbaye bénédictine de Gellone qu'il avait reçu de l'empereur Charlemagne qui le détenait du patriarche de Jérusalem. Par la suite, il retrouve son ancien ami d'enfance Witiza qui prit le nom de Benoît St Benoît (mort en 821) à l'abbaye d'Aniane. Saint Benoît est le fil d'Aigulf, comte de Maguelone,  seigneur de Maguelonne dont les terres s'étendent jusqu'à Aniane. Il y construisit son monastère.

Guilhem fonda une "cella" monastique à Gellone, sur le diocèse de Lodève, en 804. La Septimanie s'étend alors sur les 7 diocèses qui dépendent de l'Archevêché de Narbonne. Il demanda des moines à ami d'enfance Witiza d'Aniane. Il rentre comme moine dans cette congrégation pour s'y retirer jusqu'à la fin de sa vie. 

Gillaume, Comte de Toulouse et Duc d'Aquitaine (titres de fonction), fut chargé de l'éducation de Louis, enfant roi, durant son adolescence. Je rappelle que "Comte" qui vient du mot "Comes" qui veut dire compagnon du roi ou en d'autres termes son représentant local et "Duc" du mot "Dux" signifie "conducteur" dans l'armée qui veut dire "Général en Chef". Il était marié à Cunégonde en première noce, ils eurent 6 enfants. Sa deuxième épouse est une princesse païenne d'Orange, nommée Orable,  fille du sarrazin "Desramé" qui se convertit au christianisme pour l'épouser et prend le nom de "Guibroug", ils eurent 4 enfants.  Le père d'Orable avait décidé de lui donner pour époux Thibault et pour honorer ce lien, il devait offrir à son futur gendre un cheval nommer Beaucent qu'il s'emparera pour en faire sa monture lors de ses chevauchées guerrières.

Il fut inhumé en l'an 812 sous le narthex de l'église dans un oratoire dédié à Saint-Michel. Sa date de décès est le 28 mai 812. C'est le point de départ du culte qui lui sera voué durant le Moyen-Age et qu'il fera de ce lieu un passage des pèlerins pour le pèlerinage du Saint Jacques de Compostelle. En l'an 1000, son corps fut déplacé, élevé et déposé dans une confession voûtée aménagée dans la crypte sous le choeur. Il fut canonisé en 1066 sous le nom de Saint Guilhem. Le 23 février 1138, ses reliques sont à nouveau déplacées dans un nouveau sarcophage de marbre blanc paléochrétien posé sur quatre colonnes. Sa fête est le 28 mai.

En 1066, le Pape Alexandre II accorda l'indépendance de Gellone.

Pour ses soeurs Bertrane et Albane qui voulurent se retirer du monde, il fit construire un monastère proche de Gellone. Leurs reliques sont visitables également dans un sarcophage à l'intérieur de l'abbaye de Gellone qui fut déplacé et demeure dans le musée lapidaire de l'abbaye.

Les reliques de la vrai croix, quant à elle, sont disposées dans un sarcophage de marbre blanc posé sur quatre colonnes de marbre blanc, à la demande des pèlerins qui souhaitaient que les malades puissent circuler sous les reliques.

Expression"Tout est curieux à Saint-Guilhem ; il faudrait s'y enfermer avec les moines, pour bien le connaître. C'est un séjour délicieux pour l'historien, le poète et l'artiste..." Baron Taylor

 

Avant 1066, un incendie détruit les bâtiments et les archives. L'abbaye est soumise à l'autorité directe du Saint Siège par Urbain II (1088-1099).

C'est au XIème siècle que l'abbaye prit le nom de Saint Guilhem, après sa restauration. Elle est à son apogée.

Les pèlerins se vouent à Gellone et font des dons. L'abbaye est en pleine expansion et possède des biens au delà des diocèses du Midi jusqu'à s'implanter dans la péninsule ibérique. Sa renommée va de pair avec ses dotations qui la rendent somptueuse au cours des siècles XIII et XIVème par les ornements constitués d'autels, de reliquaires, de vases sacrés... Puis son rayonnement s'éclipse jusqu'au XVième siècle par la par la réforme du roi sur la nomination des abbés (1465, Jean de Gorguilleray, évêque de Lodève).

En 1569, après le passage des protestants, elle fut abandonnée jusqu'au XVIIème siècle où la congrégation de Saint-Maur permet de la restaurer en  1644. Mais la révolution achève les travaux en laissant une ruine, vendue. Elle sera maintenue par différentes entreprises, puis rachetée par les Monuments Historiques en 1840.

1960, un siècle après, elle fut restaurée sur son aspect originel. Son intérieur est de style lombard. L'église est sobre et d'art roman. Elle de conception étroite (6m) et haute (18 m). La clef centrale de l'autel est en tuf percé de fenêtres qui éclairent l'ensemble. Sur le côté droit, on accède au cloître.

1978, le Père Gérard Alzieu sollicite le 8 décembre 1978 la communauté du Carmel-Saint-Joseph viendra s'installer pour marquer de leur présence cette dimension culturelle et spirituelle. Trois fois par jour, matin, midi et soir, ils se rassemblent dans l'abbatiale pour chanter l'office et célébrer l'Eucharistie.

La nef est de type basilical à trois vaisseaux couverts de voûtes en berceau plein cintre qui sont renforcées par des arcs doubleaux qui se poursuivent le long des piliers quadrangulaires et des murs latéraux. Cet ensemble rompt avec la tradition carolingienne représentée par des parois lisses.

L'orgue a été construit avant la Révolution par J.P. Cavaillé, ancêtre de Cavaillé-Coll. Reconstruction du positif de l'orgue en 1984 selon les plans primitifs, par le facteur L. Salch.

L'autel est magnifiquement décoré. Il est taillé dans des marbres noirs et blancs rehaussés d'incrustations de verres colorés.

Le vivier est peu commun dans cette région à la roche poreuse.

La cuve baptismale est d'époque médievale.

La chasse exposée est insérée dans un mur.

L'ensemble est classé par les "Monuments Historiques".

Dans l'aile gauche, on accède au reliquaire de Saint-Guilhem. A droite du choeur, se situe la chapelle où apparaît l'autel dédié à Saint-Guilhem.

Le cloître bâti le long du mur sud de l'abbaye a été dépecé. Chaque élément fut vendu comme biens nationaux par morceaux au XIXe siècle, voire exporté. Le sarcophage de Guilhem fut brisé par les protestants en 1568. La reconstruction du cloître fut reprise en 1658 par la congrégation de Saint-Maur, en deuxième temps au XXème siècle. Seules deux galeries subsistent sur les huit que comptait le cloître. Chaque colonne surmontées de pyramides renversées sont sculptées. Deux entreprises s'y installèrent par la suite comme une filature de coton, puis une tannerie.  Ces 148 sculptures sont une partie du puzzle dispersée soit au musée des Closters de New York. Dons faits en 1906 au Metropolitan Museum par George Grey Barnard, sculpteur et riche colectionneur qui les avait achetés lors d'une vente à Paris, suite au décès d'un amateur, juge de paix à Aniane.  Certains éléments sont dans le domaine du musée Archéologique de Montpellier, au musée de Saint-Guilhem-le-Désert, ainsi que Pierre-Yvon Vernière. Il fut construit au XIIème siècle. Les galeries supérieures furent construites postérieurement et prirent de longues années pour se terminer au début du XIVème siècle.

A l'intérieur, nous retrouvons la tombe de Guilhem qui était le petit fils de Charles Martel par sa mère Aude, soeur de "Pépin le Bref". Son père Aymeri VI est le Comte Thierry, de souche mérovingienne et est apparenté aux premiers comtes d'Autun -Saône & Loire-. Il est son troisième fils. Il est le petit-fils d'Aymeri V, vicomte de Narbonne appelé Aymaud de Beaulande qui était le fils de Garin de Monglane, son arrière grand-père. Il fut élevé par son grand-père avec ces cousins dont le petit Charles devenu Charlemagne. 

Fidèle à Charlemagne dans les guerres contres les sarrasins dont il sort vainqueur jusqu'à Barcelone, comme conseiller et ami, il prit le nom de Guillaume d'Orange et a inspiré la chanson de geste "Guillaume au court Nez" qui narre la lutte des Francs du Sud de l'empire carolingien contre les sarrasins avec l'épisode de son combat avec le Géant, roi Corsolt qui va découper le bout du nez de Guillaume qui prendra ainsi le surnom de "Guillaume au court Nez" ou encore "Guillaume de Fièrebrace". Sa soeur "Blanchefleur" se maria avec le roi "Louis" le pieux, fils héritier de l'Empereur Charlemagne. Il a également pour soeurs Bertrane et Albane. Il ne verra pas toutes les guerres se succédaient.

L'abbaye est logée dans le creux de la partie supérieure du village où au-delà s'étagent en amphithéâtre, les maisons avec leur petit jardin qui surplombent "Le Verdus". Leurs façades sont agrémentées de fenêtres géminées avec une colonnette centrale. Elles sont conçues sur deux étages aux fonctions distinctes : le bas abrite les écuries, le haut le logement. Elles sont souvent exigües et mitoyennes. L'espace d'habitats autour de l'abbaye est découpée en lanières perpendiculaires aux rues. Les parcelles plus profondes que larges sont occupées par la totalité du bâti. La façade se compose d'un mur goutterot fait de pierres calcaires et/ou de tuf. Le haut surplombe souvent des arcs en plein cintre, d'autres affichent une façade romane appareillaient d'éléments sculptés provenant pour la plupart du démantèlement de l'abbaye. Ne manquez pas d'admirer celles de Hilaire, Villaret, Paulet, Lorimy et Sandonato dans la rue de la Chapelle des Pénitents.

Les portes sont ornées de cardabelle dont les branches se déploient par temps sec et se referment pour nous prévenir de l'humidité.  Son nom est "Carline acaule" de la famille des astéracées. Leur présence est signe pour certains de porte-bonheur car elle symbolise le pouvoir du soleil et donc de la lumière sur les éléments ténébreux qui font la force du mal.

Au fond, le cirque de l'Infernet, tel un fer à cheval ceinture cette beauté pour la protéger des vents.

Dans le village, les ruelles étroites serrées contre l'abbaye nous font découvrir les balcons qui cascadent de géraniums lierres. Le village est riche en plantes tant dans les jardinières, bacs que nous pouvons admirer suivant chaque mois. En janvier, le parfum de la coronille glauca. Au printemps, une avalanche de capucines qui trottinent le long des murs. En juillet, le plumbago rampant au bleu gitane ponctue de touches vives les murets.  Les ipomées suspendues aux murs offrent leurs corolles bleues nuit.

Rue du Fond du Four, nous pouvons admirer un cadran solaire inscrit de la devise " Lou temps passo, passo lou ben " (le temps passe, passe le bien). Chaque lopin de terre, nous offre une profusion de couleurs. La terre grasse est nourrie par la rivière avoisinante. La promenade nous entraîne à admirer les fenêtres à meneaux renaissance, des baies géminées, des linteaux gothiques.

La porte du cimetière, au symbolisme troublant, accroche notre attention.

Lorsque vous rentrez sur la place de la mairie, votre attention est portée sur le vieux pressoir à olives. Une plaque nous informe qu'il est américain, daté de 1903 et de marque "MARMONIER LYON".

Le village surplombent les gorges étroites. Après le pond quand on vient d'Aniane, on aperçoit un cours d'eau "Le Clamouse" qui se jette dans l'Hérault.  Cette gorge étroite "La Gastine" ou "désert des poètes" devient l'été, un lieu de prédilection pour la baignade. Je me dois de rappeler qu'il existe des plages aménagées pour se baigner et que certains endroits escarpés comme le lieu-dit "le gouffre noir" qui rappelle la légende de Guilhem qui aurait précipité Satan dans le fleuve, méritent le coup d'oeil mais ne s'offre pas aux bains par le danger qu'il subsiste. Les anciens rapportent qu'il existe des trous. C.à.d., des failles qui aspirent les baigneurs qui se hasardent dans ces méandres. L'Hérault "desrubant fier" s'est tracé sa voie dans cet escarpement de roches découpées en aiguilles.

Je vous offre dans son intégralité la légende : "Un maléfique Diable ne cesser de détruire la nuit le travail journalier des moines constructeurs. En échange de la première âme qui franchirait le pont, il établit un pacte avec les moines. Chose promise, chose due, les Bénédictins baptisèrent un chien qu'ils engagèrent sur l'ouvrage. A son cou, une casserole infernale !!! Dupé par ce stratagème qui le rendit furieux, le Diable n'avait d'autre issue que celle de se jeter par dessus le Pont qui, depuis, porte son nom !

 

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 Pont du Diable

  Photo du site "Les randonneurs montpellierains"

Le Verdus continue sa course joyeuse en nous faisant admirer la cascade dite "Lo Goutch" qui plonge proche du saule pleureur en dessous de l'abbaye. Le spectacle est saisissant par le drapée qui se mélange aux liaines du saule.

Puis l'église romane pour continuer sa course jusqu'à l'ancienne église "Saint Laurent" qui abrite aujourd'hui l'Office du Tourisme. Parlons en, de cette eau appelée "Verdus" qui niche au pied du cirque de l'Infernet, s'entrelace dans les champs d'oliviers pour s'échapper et parfois revenir avec arrogance au travers du village lors de grandes crues. Elle continue sa course pour s'offrir à l'Hérault, notre fleuve. Pour situer les crues du Verdus (Verdun >> forteresse), il suffit d'aller sur la place où une plaque stipule la date du 26 septembre 1907, mais également celle du 22 septembre 1807 qui dévasta le cloître.

En contrebas du village, se situe le "Pont du Diable", témoin de l'ultime entente de Gellone avec Aniane. Cet ouvrage fut édifié vers 1030 (à l'intérieur de l'une des deux voûtes est inscrit 1001) et fut terminé en 1036. Il est constitué de deux arcades principales en plein cintre et deux ouvertures secondaires afin de servir d'écluse lors des fortes pluies. Sa construction rappelle celle de l'abbaye, avec ses éléments de style roman. Certains écrits du Cartulaire témoignent de l'époque du premier âge roman languedocien.

C'est l'Hérault qui s'y frotte et qui prend sa source au pied du mont Aigoual pour finir son périple à Agde, plus précisément au Grau d'Agde et à la Tamarissière où il se jette dans la Méditerannée.  Nous pouvons admirer la roche érodée, cisaillée par l'érosion qui forme les gorges les plus étroites avec ses eaux capricieuses qui serpentent dans ce calcaire accidenté. Lors des crues, les eaux montent jusqu'à 25 mètres. L'eau saigne cette vasque jusqu'au Pont du Diable.

Crue_1907__Saint_Guilhem_le_D_sert

            Inondation d'octore 1907 >> les maisons s'écroulent
                 Photo du site : http://www.meteopassion.com

Carte_postale_de_Saint_Guilhem_le_D_sert

Carte postale de 1927

Non loin de là, les célèbres grottes de Clamouse aux parures somptueuses finement brodées dont on peut profiter par des visites guidées. Mais aussi la grotte du Sergent à la "Combe du Bouys" (Combe du buis). Son nom lui viendrait de cette légende que les villageois relatent. "Un vieux soudard s'y serait retiré à la fin des campagnes Napoléoniennes pour y vivre et y terminer sa vie". Mais au delà de cette légende,  le mot "SERGENT" proviendrait du mot "SOURGENT" ou "SOURGENE" qui tirerait racine du mot "SOURD" qui serait issu du mot latin "SURGERE" qui se traduit par le "NOIR", "L'OBSCUR" dont cette cavité cachée et secrète serait l'interprétation des ténèbres qui s'allie bien au mot latin "GENOS" d'où vient le mot "GENE" qui traduit ce qui intrigue, impressionne et met mal à l'aise. Cavité colorée de "NOIR" par l'oxyde de manganèse dont les deux exutoires sont situés à plus d'un kilomètre de distance. Ces galeries dont la "Grande Diaclase" (découverte par SEGUI J. & MONTEL R., le 7/09/1947) et la "Grande Branche" se méritent. On y découvre dans la galerie de la "Grande Blanche", la salle du "Grand Pillier". Certains édifices de cette grotte visitée par E.A. Martel (5/07/1889) lui doivent leurs noms de Sept-Colonnes, le Dais, les Draperies, la Forête, le Grand Pilier... Des multiples recherches, surgissent le "Lac des Paresseux", le "Lac du bain", le "Lac des Draperies" et le "Grand Lac Nord" qui permet d'atteindre le réseau parallèle. Ces eaux résultent de la source du Cabrier.

 

La grotte "Charlotte" se situe sur la même corniche que la Baume de l'Olivier. C'est une galerie de 20 mètres qui se termine par deux avens montants (découverte par MONTEL R., en 1948).

Voici une petite anecdote, concernant cette grotte. La grotte "Charlotte" a abrité pendant l'occupation, Pierre Joyeux dont le pseudonyme était "Charlotte". Quelques années plus tard, en 1959, le 12 octobre très exactement,  Pierre Joyeux commit un crime dans la Calanque du Jonquet, sur la plage des naturistes non loin de Fabregas. Pierre et Robert étaient de vieilles connaissances qui s'étaient connus dans le camps de naturiste. Après avoir passé la soirée en compagnie du jeune couple, dans une taverne où ils partagèrent un verre, le couple rejoignit sa tente. Au milieu de la nuit, Robert fut interpellé par Pierre Joyeux qui lui demandait de sortir de la tente. Il tua son ami Robert BESSOUDO, étudiant en électronique âgé seulement de 24 ans qui était devenu son rival. Pierre Joyeux était épris de Germaine SCIORELLA, la chère et tendre de Robert BESSOUDO. Armé de son 22 long rifle, il tira à bout portant deux coups de fusil en direction de Robert BESSOUDO, en présence de Germaine. Germaine demanda à Pierre qu'il lui donne le même sort. Elle se jeta à terre, embrassa le visage de son bienheureux désormais passé au trépas. La jalousie semble être l'origine du drame. Pierre Joyeux, alors âgé de 38 ans pris la fuite. A l'aide d'un kayak, il se dirigea vers l'île du Levant, un parcours de 40 km. Il se présente comme un philosophe barbu qui garde les chèvres, écrit de la poésie et vend ses fromages. L'île appartenait à une femme excentrique, Madame Marcel Henry qui autorisait 52 personnes à y vivre. Les voitures n'y sont pas autorisées et la sélection se fait sur des critères personnels de la châtelaine nommée Marceline. En outre, elle est éprise de belles lettres et affectionne les poètes et décide dans les années 50 que cette île sera un lieu de villégiature pour écrivains. La connaissance de Jean Paulhan de la Nouvelle Revue Française -N.R.F.- est décisive. En 1921, Mr Marcel Henry achète Port-Cros. Une belle société lettrée s'y installe. Jean Paulhan loue pour Gallimard, la Vigie de Port-Cros. Elle pose comme condition de pouvoir lire leurs écrits. Marceline avait épousé en 1911 Marcel Henry, notaire d'Avignon. Elle se réfugie pour la première fois sur ce lieu avec son amant, Jean Picard, Sous-Préfet d'Avignon mais aussi poète qui publie sous le nom de Claude Balyne. Jean Picard a la tuberculose et l'air marin lui est salutaire. Le couple illégitime semble être au Paradis et s'installe à Port-Cros dans "La Maison des Galères", à l'entrée du Vallon de la Solitude. Marceline est fascinée par ce lieu et l'écrit à son époux qui les rejoint. Il vend sont étude pour réunir les fonds afin d'acheter les droits de propriété à Mme Crotte, veuve du propriétaire de "La Maison des Galères" et de l'île. Marcelin participe à l'épargne en reprenant le restaurant "L'auberge provençale". Elle se fait appelé Marceline Balyne. Jusqu'à la deuxième guerre, il y règne une merveilleuse liberté. Claude Balyne publie chez Gallimard "L'île Fée" qui est un recueil de proses et de poèmes sur Port-Cros. Claude Balyne meurt le 31 mai 1930 à Port-Cros. Marceline revient avec son époux et redevient Marceline Henry. Ils habitent au "Fort du Moulin", au dessus du port. Marcel meurt le 8 octobre 1953 et Marceline Henry (1884-1966) y demeure jusqu'à sa mort en 1966, à la suite d'une opération. Elle est enterré à Port-Cros à côté de son mari et non loin de son amant. Il était devenu écrivain en lutte contre l'humanité et elle lui accorda de rester deux étés sur l'extrémité de l'île, dans une cabane. Tout nu, libre, il joue du vilolon. Il y séjournait depuis son divorce. Son lit fait d'algue connu ses amours avec Germaine Sciorella, jeune-fille de 24 ans qui venait de Toulon, amie de la propriétaire. Belle, elle avait gagné un concours de beauté. Ses cheveux bruns, sa taille fine, ses yeux éblouirent Pierre Joyeux. Elle se mit en ménage avec lui, mais après les ébats et malgré qu'il eut publié son livre, elle fut désabusée et quitta l'île. Pierre Joyeux partit à sa recherche. Elle travaillait comme commis dans un magasin dont la famille de Robert BESSOUDO était propriétaire. Elle devint sa petite amie, mais un jour Pierre Joyeux les vit. Lorsque Robert BESSOUDO partit au service militaire, il essaya de récupérer son amour en lui promettant de vivre dans l'aisance. Lors d'une perme, elle retrouva Robert BESSOUDO sur la plage, un samedi soir. Après l'accident, elle courut et interpella un pêcheur. Il avait écrit un livre dont le titre "Ce n'est rien, c'est tout", aux éditions "Debrasse" dont la phrase clé est "Le crime est la raison de l'être vivant, car pour que la vie continue, il faut qu'elle tue".  Les recherches menées par l'Inspecteur Maurice Laugier se portèrent sur les falaise de Sicié, dans l'île du Soleil Levant, nommée "Port Cros". Après deux jours de recherche vaines, l'enquête n'aboutit à aucun indice. Certains pensent qu'il aurait pu vivre dans une grotte avec des réserves de vivre car cette île a la réputation d'être le refuge des évadés car son environnement est propice à se cacher car de nombreuses grottes sont cachés par les taillis. Le 20/10/1959 paraît dans le journal "Le Parisien" N° 4699 que le meurtrier est recherché dans l'Hérault, tandis que la maison de Germaine SCIORELLA est gardée. C'est en juin 1961 qu'un matelot qui se promène dans le maquis de Port-Crois aperçoit une corde accrochée à une branche de pin. Il s'approche et trébuche sur un squelette. Un peu plus loin, lors de l'enquête menée à la suite est retrouvé un carnet où est tracé la vie de Pierre Joyeux jusqu'à la date de son suicide par pendaison, le 25 septembre 1960.

Pour les amateurs de grimpe, vous pouvez profiter de la voie "Carmina Burana" (6 B) de 180 m en dévers sur une roche sculptée à trous, lunules et strates.

Au niveau faune, nous y retrouvons le scorpion jaune appelé "Buthus occitanus".

Sur la flore, mon recueil est le genêt balai, le chêne vert ou yeuse, les pins salzman, le chêne blanc, le ciste cotonneux ou celui à feuilles de sauge, l'euphorbe, le fenouil, le spartier à tige de jonc plus connu sous le nom de "Genêt d'Espagne", le genêt des teinturiers, le pistachier, le panicaut, l'épine blanche, le romarin, le thym, la ronce...

Sa réputation d'être l'un des plus beaux villages de France, lui vaut d'être classé au patrimoine mondial par l'Unesco en 1998, au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

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Mais revenons à ce prêtre spiritain. Après dix années d'études scientifiques, il part travailler en Allemagne. Il rejoint Dieu en se convertissant comme prêtre spiritain, missionnaire en Afrique, puis en Amérique du Sud. Suite à des problèmes de santé, il rejoint "les Apprentis Orphelins d'Auteuil" à Lille. Après une première retraite selon les exercices de Saint Ignace de Loyola, il désire vivre en ermite.

Ermite_de_Saint_Guilhem_le_D_sert_2011

Prêtre spiritain

Il demande l'autorisation à son supérieur et à l'archevêque de Montpellier de prendre mission pour vivre un apostolat basé sur l'accueil, la présence et l'accompagnement des personnes. Se poser, pique-niquer ou se ressourcer dans cet endroit bien franciscain relève du rêve. Cette retraite est blottie dans un creux du rocher à l'abri du vent et du soleil.

On y trouve une petite chapelle et ses annexes qui remontent du temps de Jean d'Albe qui obtint une bulle papale en 1395 pour y établir un lieu de prière. Cette chapelle fut dédiée à la Vierge Marie et placée sous la tutelle de la paroisse "Saint-Barthélémy-du-Désert".

Chapelle_ermitage_de_Saint_Guilhem_le_D_sert

Ce sanctuaire est de forme simple avec un petit clocher qui s'égaye d'une cloche.  Elle fut fondue à Pézenas le 30 juillet 1787.  Je suis entrain de penser, de ce fait, à la cloche de mon horloge qui a été conçue à Hérépian.

En 1860, l'ensemble s'agrandit d'une salle qui aujourd'hui est composée d'une écurie, d'une cave et d'un magasin avec à l'étage 7 pièces.

Derrière la façade principale se trouve l'entrée de la chapelle. Un porche lui fait face et est creusé dans la paroi rocheuse. Une source suinte goutte par goutte de la roche. Elle fournissait l'eau pour le potager et la bâtisse. On peut s'y rafraîchir. Dans le roc, est creusé un caveau pour les défunts frères retirés dans ce lieu pour une vie monacale austère. Cet ermitage connut une fréquentation régulière. Les archives relatent qu'en 1631 seulement deux ermites y vivaient. Les ermites cultivaient les maigres terres alentour, mais accomplissaient d'autres tâches comme soigner les habitants et porter l'extrême onction.

Une quantité de blé fourni par l'abbé, leurs était attribué, en provenance du château de Ferrussac situé sur le Larzac.

Le temps emporta le silence des moines et ce sanctuaire abrita des squatteurs. Afin de protéger ce lieu de toute décadence, un chemin de croix fut conçu en 1844, ponctué de processions. Certains vestiges subsistent.

Cette communauté lui a permis d'installer un insert afin de ne pas avoir froid dans sa cellule après avoir entrepris des gros travaux de réhabilitation. Les Apprentis Orphelins d'Auteuil lui confectionnèrent des volets pour finir d'isoler ce lieu.

C'est avec l'aide des hommes du village, d'un groupe de chasseurs et la jeunesse qu'il s'installe dans ce lieu, blotti au creux d'un rocher et qui abrite le sanctuaire "Notre-Dame-du-Lieu-Plaisant".

Ces journées sont ponctuées de prières. Dès 2 heures du matin, il prie pendant 1h30. Puis, après un repos jusqu'au lever du soleil, il s'offre à la prière jusqu'à 10h30. Là, il s'adonne avec deux personnes du village, à rétablir l'ermitage. Une pause quotidienne d'une demi-heure pour prendre le repas vers les midis. Un nouveau temps de prière de 15h30 à 17h30. Puis reprise jusqu'au coucher du soleil, de la restauration du bâtiment qui fut inhabité pendant 20 ans.

De nos jours, deux processions vouées au culte de Saint-Joseph subsistent. Elles sont également appelées APLEC. Un oratoire est à l'entrée qui accueille le pèlerinage de la "Saucisso", en reconnaissance de la fin de la peste en 1628 et le pèlerinage de "Las Nougas".

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Dans la grotte du Sergent, au lieu dit "La Baume de l'Olivier", jusqu'en 2009, un autre ermite nommé "Frigoule" était installé. Son nom, Michel Doss fait référence, la haut, dans la Baume de l'Olivier car il aimait observé et était incollable sur les noms des plantes de garrigue qu'il pouvait vérifier à tout moment sur sa bible, dictionnaire des plantes. 

Sa demeure, simple, n'avait pas de point d'eau. Il régulait cette absence en allant au fil des saisons de la grotte de la Baume Charlotte, à l'ermitage Notre Dame du Lieu Plaisant mais il favorisait la Combe de Gellone. A la saison sèche, il descendait proche du village et logeait dans le cirque de l'Infernet. De temps en temps, les randonneurs lui échangeaient contre monnaie un bouquet de plantes aromatiques qu'il confectionnait avec vertu. Lors de la cueillette d'olives, il aidait dans les plaines. Nombreux sont les habitants qui ont partagé leur repas avec "Frigoule" car il avait l'éloge de saisir l'assemblée lors de ces discussions.

Il s'est éteint à Montpellier en début d'été 2009. Dans les registres, on peut voir qu'il est né en 1927, dans le département de l'Eure.

Le village de St Guilhem est marqué par des étapes dans l'histoire. En 1626, le village fut dévasté par la peste.

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Saint-Guilhem, s'est aussi un haut site d'escalade du Thaurac de l'Hortus.

Le saviez-vous ?

C'est Charlemagne qui inventa l'école.

"Guilhem" veut dire "Guillaume", en catalan.

Le fleuve l'Hérault contient de l'or. Son nom Auroris, au 1er siècle avant Jésus-Christ, puis Aréror au Moyen-Age jusqu'en 1790 où il prit sa dernière appellation en découle.

Jean-Joseph CARRIE a été maire Saint-Guilhem-le-Désert de 1804-1808.

Note

Les habitants de Saint-Guilhem s'appellent les Saute-Rocs.

Un incendie dévasta le maquis en 1973.

Autrefois, les moines de l'abbaye de Gellone indiscipliné venaient faire pénitence dans la prison de l'ermitage.

 

Circuit           
> Durée 4 heures
> Accès : De Montpellier, prendre la N 109 jusqu'à Gignac, puis la D32 jusqu'à Aniane.  Continuer sur la D27 et la D4 jusqu'à Saint-Guilhem.

> Parking du Pré-des-Pères dans le haut du village.
> Carte IGN au 1/25000 (N° 2642 ET)
> Info : Office du Tourisme de Saint-Guilhem-le-Désert - vallée de l'Hérault
           2, rue Font-du-Portal - Tél. : 04 67 57 44 33 - www.saintguilhem-valleeherault.fr

Lien

www.chemin-st-guilhem.fr

Refuges

. refuge des Rajas

. Gite de Mr Pelletier - 38, rue du Font du Portal - 04 67 57 34 00

. ou 04 67 88 60 59 (recommandé pour son originalité).

. Abbaye de Gellone
  2, Grand Chemin du Val de Gellone
  34150 St Guilhem-le-Desert
  Tél. : 04 67 57 75 80
  Fax. : 04 67 33 56

A voir

Source de Montpeyroux, avec le Trou du Drac. 

Bibliographie

Randonnée 21 mars 2011

Récit de Pierre Bellemare sur Pierre Joyeux

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....................... 

Reportage
Traduction  : Français,  Allemand,   Anglais,
Arabe,   
Parution de l'article, mercredi 3 juillet 2011
Mise à jour  : 27 février 2014

 

 

 

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Commentaires sur Au-delà de Saint-Guilhem-le-Désert

    J'avais mis le timbre, et tu complètes superbement le sujet. Belle journée.

    Posté par patriarch, 04 juillet 2011 à 09:37 | | Répondre
  • Quel magnifique reportage! J'adore St Guillem! J'y suis allée souvent. La première fois en 1985 j'ai passé un mois à Saint-Jean-de-Fos et ai découvert ce magnifique endroit. Chaque fois que je passe dans la région, je ne manque pas la visite. Merci!

    Posté par christiana, 04 juillet 2011 à 23:10 | | Répondre
  • C'est toujours émouvant de mettre ses pieds (même virtuellement) dans les pas de nos anciens qui eux mêmes ont fait la même chose. Ces chemins du plus célèbre de nos pélerinages sont presqu'une fin en soi, tant ils recèlent de beautés, de traces de foi et d'espoirs. Je fais moi-même de la rando, mais je peux te dire que le seul fait de marcher sur l'un de ces chemins change ton état d'esprit quelque soit ton rapport à la religion. De même qu'une église ou un monastère restent "habités" lorsqu'ils ne sont plus fréquentés, ces chemins gardent une âme. Tu me donnes envie d'aller sur ce bout de chemin que tu montres si bien!

    Posté par Paloma-minette, 09 juillet 2011 à 16:33 | | Répondre
  • Quel magnifique reportage que je vais relire plus attentivement dans le calme du soir...Tes photos sont splendides...J' ai sorti la carte pour voir l' endroit exacte...J' irai c' est sur , ce n' est pas si loin de mon Aubrac natal...! ...)
    Merci pour cette belle page de notre histoire...

    Posté par Mathilde, 12 juillet 2011 à 11:09 | | Répondre
  • Superbe reportage que je relirai attentivement en prenant des notes...Une magnifique randonnée à faire!

    Posté par grain, 15 juillet 2011 à 16:41 | | Répondre
  • C'est un très beau lieu de paix et de sérénité !
    Amitiés
    Domi

    Posté par asiemutée, 25 juillet 2011 à 17:37 | | Répondre
  • c'est superbe!

    Posté par lilousine, 29 juillet 2011 à 20:09 | | Répondre
  • Reportage fort intéressant sur une région magnifique que tes belles photos illustrent bien et où je rêve d'aller (ce que je ferai sans aucun doute l'an prochain au printemps !). Merci donc pour tous ces renseignements précieux et recherchés +++

    Gros bisous et douce journée.

    Posté par JO TOURTIT, 10 août 2011 à 09:15 | | Répondre
  • Moi aussi j'ai le coup de foudre et j'ai les sabots qui me démangent.....
    Bisous du dimanche
    A bientôt
    Maman mule

    Posté par mère de la mule, 14 août 2011 à 13:49 | | Répondre
  • Les Ponts du Diable et l'approche de Dieu...

    "Un maléfique Diable ne cesser de détruire la nuit le travail journalier des moines constructeurs. En échange de la première âme qui franchirait le pont, il établit un pacte avec les moines. Chose promise, chose due, les Bénédictins baptisèrent un chien qu'ils engagèrent sur l'ouvrage. A son cou, une casserole infernale !!! Dupé par ce stratagème qui le rendit furieux, le Diable n'avait d'autre issue que celle de se jeter par dessus le Pont qui, depuis, porte son nom ! "

    On erre en silence - presque pieds nus pour ne pas éveiller d'échos parmi les murailles - dans ton espace, le coeur cloué par la beauté du site, le mystère des reflets de ce Pont du Diable (il en est un chez nous à Mercus-Garrabet, près Tarascon... et tant d'autres en notre pays légendaire, construits par le Diable ou les Fées, "en une nuit"... L'âme du premier vivant traversant le pont peut être celle d'un chat... et le Diable peste après une si pauvre moisson : celle d'une âme qui lui appartiendrait déjà ! Cf. le magique ourage de BD N & B. de Jean-Claude Pertuzé : "Les Chants de Pyrène"...)

    Te remercier pour la beauté de ce que tu nous laisses ici en partage... On vient, on moissonne un paragraphe, on revient admirer une photo (Ah, celle du jardin du Cloître en contrebas... ou celle des déambulations dans la Galerie, aux lumières obliques jaunes...)

    PS : euh, attention à "inondation d'octore 1907"...

    Bises & admiration pour ton travail !!! Te dire aussi simplement : "Grand merci à toi", chère Pas à Pas...

    Posté par dourvac'h, 15 août 2011 à 08:25 | | Répondre
  • coucou !!!
    surtout ne fermes JAMAIS ton blog!!, je vais en avoir besoin encore plus que d'habitude !!!.
    Après la soeurette à Montpellier, le fiston à Aix en Provence, voilà que ma fille et sa p'tite famille s'exile à Montpeul dès le mois de novembre. Et moi ????, je le prévoie d'ici 2 à 3 ans. Alors, je t'embrasse et à très bientôt.

    Posté par Anik, 15 août 2011 à 18:46 | | Répondre
  • Hello!

    j'aime beaucoup!
    merci du partage!

    Posté par Joelaindien, 21 août 2011 à 23:04 | | Répondre
  • Bonjour

    un plaisir que ce reportage photographique !!connais bien le lieu pour y aller de temps à autres ...meme suis monter au Geant en tongues LOL
    tous mes voeux pour 2012
    @micalement Ghis

    Posté par Ghis, 05 janvier 2012 à 12:38 | | Répondre
  • Bravo pour les thèmes abordés dans ce blog.
    Votre travail est magnifique, les recherches précises, les photos superbes.
    Remarquable, et acceptez toutes mes félicitations.
    Martine

    Posté par martine, 19 juillet 2015 à 11:28 | | Répondre
    • Merci Martine pour ces éloges.

      Posté par PASPERDUS, 20 juillet 2015 à 02:01 | | Répondre
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