Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

03 juillet 2010

Rue des Teinturiers ou le passé retrouvé - AVIGNON

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Quand je te dis le mot "Avignon" à quoi tu penses tout de suite ?

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Plan de 1618 - Archives municipales d'Avignon

Avignon l'emblématique ou cité des Papes expose son pont comme un tableau fluide. Elle est une ville au passé extraordinaire qui a aujourd'hui une résonance internationale avec son Festival de théâtre qui se déroule en juillet depuis 1966 et qui n'a aucun équivalent, ailleurs dans le monde.

C'est dans ces petites rues que je veux vous emmener en passant par la poterne [passage piétons où certains s'égarent à ouvrir leur braguette pour taguer le mur : ça sent pas bon et c'est sale] pour vous faire découvrir une ville différente par son architecture de 1900, ses grands noms comme Chaplin, Joséphine Baker et Churchill qui y ont séjourné, ses façades "Art Déco", ses remparts qui marquent la frontière sociale par son urbanisation extra-muros galopante, l'histoire du textile qui a façonné la ville avec la rue des Teinturiers et ses ateliers ; mais aussi apprendre à lever les yeux sur une niche avec une statue qui attend votre regard, profiter de l'ombre des platanes ou s'octroyer une glace sur la place inondée de soleil.

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La pierre forge l'arbre

[A partir de l'arbre, cela redevient agréable, tout au moins, on oublie les crotes de chiens] Les couleurs du Sud dominent les toits aux tuiles brunes qui rougissent au soleil. D'ailleurs ne dit on pas qu'elle fait rougir ses voisines car elle est le passage obligé pour découvrir la Provence ! Elle est le berceau du mouvement "Félibrige" dont la raison d'être est de promouvoir la langue et la culture provençales, célébrée par Frédéric Mistral, le Marquis de Baroncelli, Théodore Aubanel...

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Ou prend sa source, la Sorgue ?

[Quand vous êtes à l'arbre, la première maison derrière le canal est un ancien moulin qui fut transformé au début du XXème siècle en tannerie] Avignon se dévoile, mais protège derrière ses remparts son côté authentique. La rue des Teinturiers est située intra-muros. Elle est la rue des artistes et du Festival avec ses nombreux théâtres qui offrent le privilège de nombreuses pièces. Dans ce périmètre, galeries, ateliers et artistes sont nombreux.

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1ère roue à aubes - rue des Teinturiers

Si vous descendez par hasard à Avignon ne manquait pas de venir découvrir ce lieu. Les hauts platanes centenaires maintiennent une fraîcheur et surtout une ambiance où sont installés cafés et petites échoppes [elles étalent leurs marchandises au-delà des trottoirs sur les pavés, comme ce mannequin en dessous, vous le voyez ?]. Le long canal, alimenté par la Sorgue, défile dans cette rue tortueuse et étroite qui mène jusqu'à la place du marché. Cette rue pittoresque, moitié pavée avec les galets de la Durance où il fait bon flâner et dont l'autre moitié sert de lit à la Sorgue, part des remparts et suit la Sorgue jusqu'à la rue des Lices. Elle est ponctuée de ponceaux jetés sur la rivière pour donner accès aux demeures.

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Fleurs

Dans cette rue tapissée et colorée [en été, tout est en fleur !] flotte un air de vacances. Les marchands de tissus jouent des couleurs qui papillonnent dans l'ombre des grandes avancées des platanes qui bordent la Sorgue qui suit son cours pour se jeter en son fleuve. Lors du Festival, les estivants font une pause entre deux représentations sur les terrasses des nombreux cafés qui égrènent leurs tables de fer teinté tout au long du cours.

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Mannequin dans la rue des Teinturiers - AVIGNON

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Pavé de galets de la Durance 

[Je suis le pavement, il forme des arabesques qui mènent à un centre. C'est le début de sa construction ! cet endroit est marqué par un écusson, il est unique]

>> Calade vient du provençal "Calada". Elle est faite en galets du Rhône et remplace les pavés romains.

La Sorgue franchit le rempart au niveau de la tour du "Saint Esprit" ou "Tour de la Sorguette". Ces eaux proviennent de Fontaine de Vaucluse. L'eau fut dirigée par le Canal de Vaucluse construit afin de maîtriser l'importance du débit de la Sorgue et de ses différents bras car les eaux des douves endommagées les fortifications et mettaient à l'épreuve la ville. Aux entrées des remparts, des batardeaux étaient placés lors des crues. Cette décision de la ville fut donnée en projet aux chanoines de Notre-Dame des Doms dès le Xème siècle qui creusèrent le Canal de Vaucluse.

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Aube

Sur les façades vous pourrez voir des plaques qui rappellent les dates et les hauteurs des crues. Le 27 octobre 1362, les précipitations sont tellement fortes qu'une partie des remparts entre les portes Limbert et Saint-Michel fut détruite. Des vannes furent installées pour maîtriser sa force. Le 31 mai 1856, la montée des eaux emportent même les vannes.

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Ponceau

En 1229, le débit fut jugé insuffisant et un nouveau canal fut creusé pour dévier les eaux de la Durance au niveau de la Chartreuse de Bonpas. Il est appelé, la "Durançole". Ces eaux se déversaient dans les fossés après avoir parcouru en sens inverse les douves. Tout le long des rives, mouliniers, tanneurs, corroyeurs, garanciers, teinturiers, indienneurs, foulonniers s'installèrent. Ces fossés devaient être curés pour maintenir leur pureté. D'autres styles de commerce s'installèrent tels qu'un chocolatier, une réglisserie, une entreprise de cierges et les fameuses bugadières (laveuses).

C'est en 1477 que les teinturiers demandèrent à la ville de remplacer les eaux troubles de la Durance par les eaux limpides de la Sorgue afin d'assurer à leurs étoffes teintes, l'éclat de cette alchimie. Le canal "Durançole" fut dévié pour conserver que les eaux de la Sorgue. Les manufactures maintenèrent leurs activités jusqu'à la fin du XIXème siècle.

En 1792, les eaux de la Sorgue provoquèrent des inondations en amont de la Porte Limbert. Le canal fut donc contrôlé.

La rue des Teinturiers  [je lis le nom de la rue, car j'en avais retenu que le lieu] pris son nom par sa caractéristique en 1843. Elle était nommée au XVème siècle, rue du "Cheval Blanc" du nom de l'ancien relais de poste (auberge). Et au Moyen-Age, elle portait le nom de "rue allant du portail Imbert Vieux" car elle était à l'angle de la rue des Lices (rempart du XIIe) et du portail Imbert Neuf (rempart du XIVème siècle), devenu le portail Limbert. Les voies prenaient alors comme dénomination leurs aboutissants ou un détail de la rue. Elle a également la particularité de prendre le surnom "rue des Roues" car trois roues hydrauliques remontent le temps. Si vous avec un peu d'imagination, vous pouvez pénétrer dans cette atmosphère [je l'aime bien, elle a toujours l'air un peu décalée]. Il en existait 23 roues à aube en 1817 et de nombreux lavoirs. Cette rue s'est retrouvée à l'intérieur des murailles après leurs reconstructions.

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2ème roue - rue des Teinturiers

La force motrice des roues entraînaient les machines des mouliniers à soie qui se trouvaient de part et d'autre du canal. Il est difficile de s'imaginer comment ce système pouvait fonctionner sur le côté droit. Ce mouvement rotatif était tout simplement conduit par un axe composait d'un arbre de transmission souterrain qui traversait la rue. Un cardan le terminait et entraînait une roue d'engrenage conique en fonte.

[J'avance de quelques pas pour vous montrer cette construction] Au numéro 30, subsiste l'axe sans les pales d'un ancien moulinage. Cette roue fut construite en 1770 par les ancêtres de la famille Amic. Son support est surmonté d'une sorte de cylindre qui donnait une protection au graisseur qui avait en charge l'entretien. Ce mécanisme était accessible par un portillon aménagé dans le parapet. C'est la maison Pernod (photo ci-dessous) qui était la 7ème en partant des remparts. Ce sont les établissements Arnous et Keiser qui installèrent cette mécanique. La maison Pernod prit la succession du fabricant garancine, ancien teinturier dont le propriétaire était Monsieur François Xavier Bourdin qui avait créé une association mutuelle nommée "la Providence des Familles" contre les chances de tirage au sort.

La famille Pernod est célèbre pour la marque d'apéritif anisé "Pernod". Jules-François Pernod, l'ancêtre du Pastis y est né. Sa famille s'installe en 1820 à Avignon. Le fils Pernod fit ses études de chimie à Lyon afin de succéder à son père Gaspard. Mais la guerre fragilisa la production de garance et l'entreprise ferma ses portes. Il dut donc à la fin de ses études se reconvertir et il se lança dans la distillation de l'alcool avec l'aide de la fortune de son épouse. Il créa en 1872, "La Société Pernod père et fils". Ses essais commenceront avec la betterave et le maïs, puis il en vint à l'eau-de-vie de fruits et c'est en 1884 qu'il parvint à distiller de l'absinthe. Elle fut interdite en 1914 et laissa donc la place à une boisson anisée, connue actuellement par le Pastis. Son succès l'amena à déménager son usine à Montfavet.

Depuis 2005, l'absinthe est reproduite mais avec un taux de tuyone inférieur à 10 %. L'absinthe est à base d'armoise (artemesia). Cette plante aromatique pousse dans les sols pauvres. La couleur de la boisson est verte d'où son surnom de "Fée verte".

La famille Brunel vécut également au N° 30. Jean-Baptiste Brunel était maître teinturier aux années 1844. Il donna naissance au peintre Jean-Baptiste Cyprien Brunel.

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Au pied des Remparts, peinture de Jean-Baptiste Cyprien BRUNEL

La garancine est le produit tinctorial actif de la racine de la garance. C'est une poudre extraite de cette plante, appelée "alizarine" (Rubia tinctorum L.) qui permettait de teindre en rouge cramoisi les tissus. Cette couleur se retrouve sur les pantalons rouges de l'infanterie française. Elle est de la famille des Rubiacées. Elle fut importée par un sujet du Grand Roi de Perse : Jean Althen, au XVIIIème siècle. Il est rapporté qu'il se rendit à l'hôtel de ville d'Avignon avec cette poudre de Garance et qu'il fut accusé de tricher tant elle paraissait rouge. Après ce désaccord, il eut le privilège de la cultiver pendant dix ans. Elle est cultivée dans le Midi de la France jusqu'en 1854 mais ses origines remontent à l'Antiquité en Asie centrale et en Egypte. La production périclite avec l'élaboration d'un substitut tinctorial chimique qui coûte deux fois moins que sa production naturelle.

 

La_Garance

Les roues appartenaient à chaque entreprises et leur usage fut réglementé, sous Napoléon III. Leur gestion entraîna le paiement d'une cotisation dès 1878.

Dès 1440, de nombreux ateliers virent le jour et l'activité de la soie prit de l'essor et devint l'activité essentielle d'Avignon. La permission de vendre la matière à l'extérieur était soumise à une créance. Lyon, la rivale sera favorisée par le roi de France au XVIème siècle. A cette manne, vint s'ajouter la fabrication des "indiennes d'Orient" qui développa son industrie à partir de 1677. Le premier indienneur d'Avignon est Louis David. En 1700, la concurrence de Nîmes leur fit ombrage et le Concordat interdit la fabrication. Ils purent se maintenir jusqu'en 1734 où l'on relève que 30 % de la population avignonnaise travaille dans le secteur textile. Les aléas climatiques au moment de la Révolution entraînèrent la pénurie du vers à soie et l'industrie s'effondra. L'industrie séricole est menacée par les épidémies "pébrine" des vers à soie. Une lente agonie dura jusqu'en 1875 qui mit le jour sur le travail des enfants dans ses ateliers domestiques et le rôle social dont les problèmes de santé dans les filatures. De nos jours, les "indiennes d'Orient", tissus aux motifs colorés sont devenues des tissus provençaux.

Les eaux de la Sorgue alimentait cette rue dont les rives étaient plantées de muriers par la confrérie Notre-Dame-du-Salut. [Petit retour, dans le passé] J'image l'animation de cette rue, la pratique du rouissage dans le ruisseau, avec l'effervescence des allées et venues, le bruit du teillage et les relans des fibres broyées qui sortaient par les fenêtres circulaires donnant sur ce côté. Devant les portes, les dames au rouet filaient le temps à confectionner des toiles pour les ateliers. Des négociants qui déambulaient dans la quête de trouver les fibres pour les manufactures. Ces courants d'échange furent entretenus durant des décennies avec les provinces limitrophes et faisaient vivre une bonne partie de la population qui travaillait dans ses ateliers familiaux. La rue des Teinturiers ressemblait à un bourg avec ces grandes bâtisses allongées et sur plusieurs niveaux, construites en pierre du pays et couvertes de tuiles, son église, sa place. Ces établissement ont des ouvertures grandes qui donnent sur une cour intérieure et qui laissent pénétrer largement la lumière. Des caves semi enterrées servaient d'ateliers et s'ouvraient sur la rue par des fenêtres en forme semi-circulaire à la base du niveau d'eau. Ces ouvertures étaient protégées par des volets intérieurs en bois qui s'encastraient dans l'embrasure. L'ouverture était conçue de biais pour laisser filtrer le maximum de lumière afin d'en profiter ! Voici le témoignage d'une activité épuisée par le temps.

L'utilisation des lavoirs était réglementée et devait permettre leur démontage rapide de manière à faciliter le nettoyage de la Sorgue. Ils se constituaient donc de deux traverses appuyées de part et d'autre du cours d'eau. Sur ces dernières étaient appuyés des planches amovibles qui permettaient de laver les indiennes et de rincer les tissus des teinturiers.

La majorité des activités étaient liées à la soie et l'utilisation des roues à aubes.

Au N° 20, vous pouvez admirer ce bas relief qui représente la "tarasque" dont la légende rapporte qu'elle a été vaincue par Sainte Marthe. Cet animal fabuleux se trouvait sur les rives du Rhône. Il prenait la forme d'un dragon, moitié animal, moitié poisson et se cachait dans le fleuve. Cette créature hybride portait des écailles et des dards avec une queue de dragon. Quiconque essayait de naviguer, se heurter à son pouvoir de submerger les navires. Marthe lui jeta de l'eau bénite et lui montra une croix. Impressionné, elle eu le loisir de lui passer son étole autour du cou. Il fut tué par les habitants de Tarascon, d'où le nom de la ville qui autrefois portait le nom de "Nerluc" qui signifie "lieu noir". Marthe devint un saint sauroctone (vainqueur du dragon).

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Tarasque

Au N° 29, se trouvait une tannerie qui appartenait à Gustave Gent, frère d'Alphonse Gent qui fut maire en 1848. Dans le couloir d'entrée,  se trouve visible le mécanisme de transmission qui est le plus important jamais construit pour une roue à aube. Sous la chaussée, passe l'axe d'entrainement qui transmet le mouvement par l'intermédiaire de pignons coniques sur un deuxième axe vertical de deux mètres de haut qui lui aussi est muni de ce même système à son extrémité. Il comprend également un axe très long soutenu à intervalles réguliers qui a l'intermédiare de courroies actionnent les machines. Ces dernières se trouvaient à 250 mètres du départ.

Aux N° 83, 85, 87 : l'entreprise Monier fut racheté par un fabricant de courroies venu d'Espagne, Ramon Capdevilla. Ce rachat lui permit de conserver la roue à aube qui lui permit de prospérer et se spécialiser dans la courroie de transmission de haute qualité.

La quatrième roue à aube se trouve au niveau du Pont Martinet. Elle est ancrée dans la maison qu'habita Jean-Henri Fabre.

Cette rue possède quatre sites remarquables comme la "Maison du IV de Chiffre", la maison de Jean-Henri Fabre, la Chapelle des Pénitents Gris et le clocher du Couvent des Cordeliers. Ce dernier lieu rappelle le souvenir de Laure de Sade à la lignée ancienne. Elle fut la muse littéraire de François Pétrarque qui la remarqua à la sortie du Couvent de Sainte-Claire et décrivit son ravissement. Sa bien-aimée y fut inhumée dans la chapelle des Sade après sa disparition en Avignon, le 27 septembre 1347. Cette belle provençale dont les sonnets se lovent dans le cours d'eau de la Sorgue pour animer sa rue de ses mémoires n'est autre que l'aïeule du Marquis de Sade.

La Maison du IV de Chiffre est une maison gothique, édifiée en 1493. Elle est située à l'angle de la rue Guillaume-Puy. Elle portait sur sa façade un IV de Chiffre sculpté entre les trois fenêtres du premier étage. Ce sigle mystérieux est stylisé par un coeur empalé par le haut d'un dard orné d'une croix de Saint-André, puis d'une croix de Lorraine. Le coeur est barré à l'intérieur par un segment qui se termine de chaque côté par un petit piton. Cette maison est crénelée et est flanquée de deux échauguettes dont les gargouilles représentent des animaux fabuleux. Une cartouche aupravant indiquait la date de construction de l'édifice : 1493.

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Quatre de Chiffre

Cette marque, dite de "Quatre de Chiffre" est un symbole en forme du chiffre 4. Il était fréquemment utilisé pour indiquer le métier, dont la corporation comme l'imprimerie. Elle s'inspire de la géométrie "secrète" des compagnons tailleurs de pierres du Moyen-Age, tout en développant une iconographie symbolique, spécifique à l'oeuvre, parfois ésotérique. Il prend la forme souvent d'une croix qui est a pour qualité de symboler le quaternaire qui a une ressemblance graphique avec le chiffre 4. Chez les imprimeurs, le quatre de chiffre surmonte  souvent un coeur. Ce blason est souvent placé au des sus de la porte d'entrée pour identifier sa fonction.  Il peut comporter des initiales, signature de l'apprenti qui a taillé la pierre, désigné sous l'appellation de "lapin".  [Si vous voulez en voir d'autres, voici une liste : chapiteau du rétable de l'église "Notre-Dame" au Pas-de-Calais"] Cette représentation pose un problème pour certains historiens qui considère ce symbole comme un prisme uniquement qui aurait pu servir comme un signe de reconnaissance de membres de société initiatique.

 

 

La Chapelle des Pénitents Gris est située 8, rue des Teinturiers. [J'ai envie d'y rentrer mais nous sommes Samedi et c'est ouvert que le Dimanche, dommage. La verdure du jardin d'à côté me hante comme cette ruine qui s'efface sous la vigne vierge. Ah, il n'y a pas que la sainte Vierge !] Elle appartient à la Royale et Dévote Confrérie des Pénitents Gris fondée le 14 septembre 1226. Elle fut édifiée sur ce lieu mémorable en souvenir du passage de Louis VIII, roi de France, père de Saint Louis, qui serait venu faire ses dévotions au vieil oratoire de Sainte-Croix.  Il était vêtu d'un sac de couleur cendre lors de cette procession. Elle est connue actuellement par les "Pénitents Noirs" qui fondèrent cette nouvelle confrérie en 1488 avec un groupe de nobles florentins et qui donnèrent naissance au "Pénitants Blancs", puis aux "Pénitents Bleus" pour revenir aux "Pénitents Noirs de la Méséricorde" à la fin du XVIème siècle. La Chapelle fut agrandie en 1590, la nef fut reconstruite en 1818 suite son éboulement au moment de la Révolution. A partir de 1854, il y fut octroyé le catéchisme, deux fois par semaine, aux enfants indienneurs. Cette confrérie est la seule encore en activité et la plus ancienne d'Avignon. Une anecdote est retracée qu'en 1433, les eaux de la Sorgue sortirent de leur lit et le Rhône ayant débordé, la ville fut inondée. Les eaux sont cependant restées suspendues à droite et à gauche le long des parois de la nef, formant comme une muraille de part et d'autre de l'allée centrale, afin de laisser le passage libre pour accéder à l'autel à pied sec, aux confrères venus en barque sauver le Saint Sacrement. Chaque année, le dimanche le plus proche du 30 novembre, les confrères commémorent le miracle de la Séparation des eaux, ce même jour de 1433. Cette confrérie d'hommes porte à cette occasion, la cagoule. Le 14 septembre, c'est la fête annuelle de l'Excaltation de la Croix. Chaque dimanche une messe aux chants grégoriens y est tenue.

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Deux pénitents gris sont agenouillés autour du Saint Sacrement
sur le fronton de la chapelle des Pénitents Gris

La maison de Jean-Henri Fabre emménagea en 1855, au N° 14 de la rue des Teinturiers. Il y vécut jusqu'en 1871 qu'il quitta à regret pour Orange. A son installation, il fit des recherches sur la garancine. En 1866, il fut nommé conservateur du musée d'Histoire naturelle d'Avignon (Musée Requien).

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Maison de Jean-Henri FABRE                                      Photo de Jean-Marc Rosier

Les bains douches Pommer avec leur façade font partie de cet enchantement. Ils furent construit fin du XIXème siècle, en 1890 par Auguste POMMER. L'entreprise est Daruty. Ils sont fermés depuis 1972 mais bien conservés avec des baignoires 1930 (propriété privée). Classés aux Monuments Historiques depuis 1992. Les carrelages proviennent de deux artisans Louis xxx d'Avignon et de la société Amand & xxx. Cet ensemble vaste comprend un hall central et une cousive sur les deux étages . On y accède par une volée d'escalier de chaque côté. Il a un toit vitré.

Le clocher de l'église des cordeliers perdit sa cloche le 16 octobre 1791 car elle fut confisquée au nom de la "nouvelle patrie". Le mystère de la Vierge ressurgit dans ce lieu et il courut le bruit qu'elle avait fait plusieurs apparitions et que son effigie aux cordeliers avait rougi et délivré des larmes de sang suite au vol. (Cf. Massacre de la Glacière) Cette querelle entraîna que le clocher fut amputé de sa flèche et de son tambour. Sa construction débuta 1233 et se termina en 1350.

Dans les rues transversales comme la rue du Bourg-Neuf, les femmes s'adonnaient à la prostitution. Ces petites maisons étaient ornées au-dessus des portes d'ornements et devises assez explicites pour qualifier leur fonction.

La rue de la Tarasque prit son nom en 1843. En 1736, des terrassiers qui creusaient un puits exhumèrent deux fresques aux inscriptions latines dont l'une comportait l'inscription "proxumus Tertulla".

Je vous présente la rue de la Masse. Son nom proviendrait d'une hôtellerie voisine de Saint-Didier, mentionnée en 1412. Elle est l'une des rues les plus riches en hôtels particuliers du XVII et XVIIIe siècles. Les plus connus sont les hôtels de Crillon, Fortia et de Salvador (devenu hôtel de Lauris). L'hôtel de Crillon se trouve au N° 7, il est le modèle de l'art italien. Sur sa façade, il est possible d'admirer son fronton et des médaillons aux diviers attributs comme des mascarons, cornes d'abondance. Sa cour d'honneur est du même style. L'hôtel Fortia fut construit en 1637, soit onze ans avant l'hôtel Le Crillon. Il possède également une façade aux lignes italiennes plus épurées. L'hôtel Salvador a un escalier majestueux avec une rampe en ferronnerie conçue en 1711 par Charles Giraud d'Avignon. Une partie de cette rue est devenue la rue du Roi René où se situe l'ancienne chapelle Sainte Claire qui fut détruite en partie. Seul subsiste un pan de mur latéral qui donne accès à un jardin public. C'est dans cette chapelle que Pétrarque a découvert Laure de Noves pour la première fois.

La rue Brouette est si étroite qu'une brouette n'y passe pas !

La rue du "Vieux Sextier" au N° 22 projète la façade de l'ancienne boucherie. Son ornementation présente des têtes de bovidés et ovidés en médaillon.

Boucherie___Rue_du_Vieux_Sextier___AVIGNON

Tête de mouton

La rue xxx. [Une maison m'attire, je regarde par la fenêtre pour admirer la grande porte qui donne sur la cour intérieure, elle est belle. Un des propriétaires arrive en vélo, il me propose de rentrer. Je regarde son aménagement. Il est gentil et dispose d'un jardin, c'est merveilleux. J'ai l'impression d'avoir traverser le miroir, comme Alice* (*clin d'oeil à Fédérica)]

Demeure__AVIGNON

Indiscrétion

Le prisme de la prostitution à Avignon était un phénomène social qui avait entreprise. La rue des Balances était jusqu'au début du XXème siècle, le carrefour des maisons closes. Eh oui, on forniquait en Avignon mais pas sous les arches du Pont Bénezet mais dans les maisons closes. Le clergé mettra sous contrôle les "filles bordelières", baptisées sous ce nom, pour ne pas dire péjorativement "putains". Des zones limitées permettront d'exercer ces fonctions. Cette réglementation permettra de renflouer les recettes du clergé. Elles sont exclues de la société et doivent portées un signe distinctif au bras droit. Une étoffe qui symbolise leur infamie aux yeux de tous. Leurs clients sont les étudiants et les soldats des garnisons. Les femmes de mauvaises vies allaient se faire soigner à l'hôpital Sainte Marthe. Un phénomène de charité protège les prostitués du misérable état de péché. Une assistance est mise en place sous certaines conditions. Pour les aider, les dons affluent des particuliers et la relation devient collective. Elles sont donc soutenues !

La rue des Teinturiers fut classée zone piètonne en 2000. Ouverture en 2010 aux automobiles qui nous désoriente tout autant que les calades. Cette rue est comme un théâtre à ciel ouvert qui nous fait voir des fragments du quotidien, le hasard heureux d'une découverte, il faut la préserver car on en ressort ébloui. Le nez en l'air, vous découvrirez sa différence qui la fit classer en 1932 parmi les "monuments naturels, sites de caractère artistique, historique, scientifique légendaire ou pittoresque".

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Maison bourgeoise dans la rue des Teinturiers

Promenade

Si vous avez le loisir de profiter d'un peu de temps, vous avez la possibilité de prendre le Vélo -Cité qui propose le service de vous promener à travers les dédales des rues d'Avignon avec un vélo aux allures de pousse-pousse.

Y ont laissé leur trace,

Mallarmé, Frédérice Mistral, Marquis de Baroncelli, Henri Bosco, Jean-Henri Fabre, Pierre Boulle, Michel Nostradamus

Les lieux de culture

Les caves des Pas Sages, Cabaret décadance, Théâtre "l'Albatros", Théâtre du "chien qui fume",

A voir

Le jardin public avec le rocher de Doms [Les Doms désignent la bute où il y avait un oppidum], les bains douches Pommer (68, rue Philonarde), le grenier à sel du XVIIIème siècle, classé monument historique (propriété privée : 2, rue du Rempart Saint-Lazare), le pont Saint Bénézet, la visite du Palais des Pâpes [je l'ai abordé dans une version spéciale, je l'ai faite à l'envers en rentrant discrètement par la porte de sortie de la visite, lors de l'apéritif d'Alterosa donné pour son inauguration. J'ai bien aimé cette fuite en sens inverse des visites , cela donné du piquant à cette journée de la rose ! et puis sans l'audioguide, les yeux se fixent sur l'inatendu...].

Le Saviez-vous

La rue des Teinturiers a servi de lieu de tournage pour le film "Hussard sur le toit" qui se déroule à Aix-en-Provence dans le fim. Film d'après le livre de Jean Giono.

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Le_Hussard_sur_les_toits__Sc_ne_de_film____Rue_des_Teinturiers___Avignon

Restauration

Offset est le nom d'un restaurant qui se situe à la place de la société Méridionale d'impression. [Si je vous l'indique, c'est tout simplement que j'y ai passé un bon moment à sa terrasse bien ombragée]. Cet établissement fut repris par Georges qui créa dans cet atmosphère un restaurant nommé le "Woolloomooloo".

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Plaque - Décoration intérieure du restaurant "Offset"

La reprise est sous le nom "Offset" dès 25 juin 2009. Ses propriétaires Philippe Sanchez et son épouse, Alexandra osent le défit de ce cadre insolite pour planter le décor ! Ils ont à leur actif "La compagnie des comptoirs" à Avignon, "Le Sens" à Paris avec la contribution des frères Pourcel et "La plage rouge" à Marrakech.

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Clavier de l'imprimante "Linotype 34" - Décoration intérieure restaurant "Offset" à Avignon

Dans ce cadre atypique, il reprend le thème de l'imprimerie et offre une place de choix à son imprimante "Linotype 34".Cette machine perfectionnée, imagninée aux Etats-Unis en 1885 subsiste dans son jus et évoque l'introduction de la mécanisation et la lithographie. Il sert également de galerie de peinture aux tableaux de Alain Feret.

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Lecture

"Les Rouges du Midi" de Félix Gras
"Avignon, vingtième siècle" de Vincent Flauraud
"Inondations" de Sylvain Gagnières

"Légende dorée" volume II de Jacques de Voragine => Tarasque
"Traité des Fardements et Confiture" - 1552 de Michel Nostradamus => Teinture

A voir également le site

"Impressions d'Avignon : Etat et lieux"
"Avignon"
"Webiane et les rues d'Avignon"
"Avignon in photos"

Situation

Au Sud-Est de la ville.

Bibliographie

Promenade du samedi 25 juin 2010

Vous aimerez peut-etre,

Les dentelles de Montmirail, Le lubéron, Arles

 

 

 

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Actualités

Traduction  : Français,  Allemand,   Anglais,
Arabe,   
Parution de l'article,  samedi 3 juillet 2010
Mise à jour  : 28 octobre 2015 (tarasque)

 

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Posté par PASPERDUS à 18:40 - Commentaires [40] - Permalien [#]
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Commentaires sur Rue des Teinturiers ou le passé retrouvé - AVIGNON

    Magique ...

    ... cette jolie balade dans le sud. Tiens, ça me donne envie de relire Bosco.

    Posté par Nat et Pouchkine, 03 juillet 2010 à 22:24 | | Répondre
  • Très très jolies photos de cette magnifique cité des Papes... J'adore ces arbres qui résistent à la pierre et façonnent leur chemin et ces grandes roues splendides...
    Bon dimanche,
    Patricia - La Table de Pénélope

    Posté par Diane-plop, 04 juillet 2010 à 00:10 | | Répondre
  • Coucou

    Non non,je ne suis PAS PERDUE.Je suis arrivée chez toi par bâteau et je trouve ça très beau!Alors je visite!
    Bonne fin de semaine.
    Salutations du Québec.

    Posté par claire fo, 04 juillet 2010 à 03:37 | | Répondre
  • ...On y danse, on y danse !

    Très joli reportage...
    Je me souviens avoir fait danser mes enfants sur le pont d'Avignon quand ils étaient petits, ils ne m'avaient pas crûe, c'était trop ancré dans leur imaginaire ! La réalité leur convenait beaucoup moins !
    Merci de ta visite
    Kti

    Posté par Kti, 04 juillet 2010 à 08:44 | | Répondre
  • merci pour tous ces détails historiques, bien qu'à 40 km de chez moi, je ne connais pas bien Avignon, à part les remparts, le pont et le festival, je ne m'y suis jamais attardée assez! je suis sidérée par le nombre de roues à aube, 23 roues à aube en 1817 !!! incroyable!

    Posté par maevina, 04 juillet 2010 à 10:27 | | Répondre
  • Un grand merci pour cette nouvelle balade comme à l'accoutumée riche de détails fort intéressants. Je ne connais pas Avignon mais tu me donnes vraiment envie de la visiter.J'adore me perdre dans le dédale des vieilles rues étroites et les villes bâties au bord d'un cours d'eau ont tant de charme!
    Bon dimanche!

    Posté par Monik, 04 juillet 2010 à 13:47 | | Répondre
  • J'ai visité Avignon il y a au moins 30 ans et j'en ai gardé un merveilleux souvenir. Ton article est comme toujours très complet et instructif.
    Les caractères offset me parlent beaucoup car j'ai travaillé plusieurs années dans une imprimerie et j'ai réalisé chez moi tout un mur avec d'anciens caractères en bois magnifiques...Mais ces lettres en bois ne servaient pas pour l'offset, ce sont des lettres de typographie, procédé bien plus ancien que l'offset et inventé par Guttenberg (vers 1450) qui était un imprimeur allemand dont l'invention a été déterminante dans la diffusion des textes et du savoir.Son invention est considérée comme un événement majeur de la Renaissance.
    PS: Pas à pas, je connais ton étude sur Impruneta et je ne manquerai pas de mentionner ton site à la fin de ces articles.

    Posté par christiana, 04 juillet 2010 à 13:54 | | Répondre
  • @ christiana,

    Mon beau-père était lintotypiste, il avait du caractère et magnifié les caractères qui faisaient les colonnes des journaux.

    C'est amusant de découvrir que tu as exercé dans ce métier.

    @+

    Posté par Pas à Pas, 04 juillet 2010 à 14:18 | | Répondre
  • Une note incroyablement belle et riche!!!!!!
    Photos et textes plus qu'intéressants, admirables!!!!!!!
    Une ville qu'il me faudra redécouvrir...
    Bises

    Posté par karine, 04 juillet 2010 à 16:18 | | Répondre
  • Merci ! Grâce à toi j'ai découvert des tas de choses que je ne connaissais pas sur Avignon... j'y suis allée plusieurs années de suite pendant le festival , mais les promenades étaient souvent limitées par les heures de spectacle !

    Posté par catherine, 04 juillet 2010 à 18:35 | | Répondre
  • La féérie ocre jaune de cette ville solaire, aux visages inattendus... Chacun de tes articles est une telle encyclopédie vivante... que tu devrais bien l'éditer un jour... l'esprit de Diderot avec des photographies d'une poésie incroyable... Je reviendrai tout lire de tes derniers articles durant mes vacances (d'ici deux semaines)... le temps me manque toujours aussi cruellement, hélàs ! Merci aussi à toi, Pas à Pas, de ton long mot gentil...

    Posté par dourvac'h, 04 juillet 2010 à 21:15 | | Répondre
  • merci...

    pour cette magnifique visite commentée dans Avignon...comme c'est beau...j'y ai déjà été...il y avait un festival...beaucoup d'animations dans les rues....ça m'avait surpris de voir une petite chapelle sur le Pont...d'Avignon...

    ly xxx

    Posté par lady, 05 juillet 2010 à 04:09 | | Répondre
  • Sympa ton reportage.

    Posté par chacha, 05 juillet 2010 à 18:37 | | Répondre
  • Quand on me dit Avignon, je pense festival et cité des Papes et pont sur lequel on danse en rond et vieilles rues et vieux métiers... C'est l'une des plus belles cités qui soient, dont l'atmosphère n'est pas trop "polluée" par le très grand nombre de visiteurs. Des touristes totalement envoûtés par la cohabitation d'un passé prestigieux et d'un présent remarquable!

    Posté par Paloma, 05 juillet 2010 à 19:38 | | Répondre
  • Je suis allee en Avignon il y a tres longtemps et je viens de redecouvrir cette cite pas a pas grace a toi ! Une fois de plus ton pseudo te va a ravir )

    Posté par asiemutee, 06 juillet 2010 à 04:02 | | Répondre
  • Superbe

    reportage bonne journée
    je te réponds chez moi

    Posté par mamita, 06 juillet 2010 à 08:14 | | Répondre
  • Très belle note. Et une superbe planche de la garance des teinturiers.Non pas une "simple" mais une "tinctoriale"!
    Merci de la balade. Une antholgie très complète.

    Posté par jeandler, 06 juillet 2010 à 09:04 | | Répondre
  • Voilà une présentation

    des lieux qui tourne bien rond!
    Bonne semaine lumineuse!

    Posté par thami, 06 juillet 2010 à 09:07 | | Répondre
  • j'aime la photo des pavés et du pot de fleur. Ma niéce va à Avignon cet té et je vais lui indiquer ton blog super documenté.
    B.

    Posté par passantepensante, 06 juillet 2010 à 09:15 | | Répondre
  • Coucou Pas à pas, merci pour cette très jolie balade.
    TRous ces petits détails méritent qu'on s'y attarde en effet !
    Gros bisous et très bonne fin de soirée,

    Posté par Muad' Dib, 06 juillet 2010 à 22:09 | | Répondre
  • Bonjour,

    Ville magnifique que j'ai visité en 1992. Je compte y emmener mon mari en avril prochain. Il ne connaît pas du tout. J'ai hâte de revoir cette belle ville et ses alentours.
    Les photos sont superbes, merci pour cette superbe balade.
    Nathalie.

    Posté par LeNasticot, 07 juillet 2010 à 15:31 | | Répondre
  • tres belle article, bonnes photos, bien documenté, instructif , j'aimerai avoir ton talent

    bonne journée à toi

    Posté par chris, 08 juillet 2010 à 01:10 | | Répondre
  • Un sacré article que je reviendrai lire attentivement car il nous "raconte" la source de la Sorgue, les teinturiers et cette belle ville d'Avignon. Source de la Sorgue que nous avons vu début juin à Fontaine de Vaucluse.
    A tout bientôt donc et merci pour ce gros boulot dont je vais me délecter.
    Bisous

    Posté par JO TOURTIT, 08 juillet 2010 à 11:24 | | Répondre
  • Voilà un Avignon tel que ne le montrent guère les docus de la TV, merci pour cette promenade enrichie de ton regard personnel et poétique.

    Posté par Ciorane, 08 juillet 2010 à 17:18 | | Répondre
  • Ton reportage est très interessant, quoiqu'un peu trop long, mais bon...je repasserai le lire plus avant plus tard..bisou et bonne journée pasapas...

    Posté par le Pierrot, 09 juillet 2010 à 05:14 | | Répondre
  • Une agréable promenade en avignon grâce à ton excellent reportage, sachant cela, la prochaine fois j'y resterai plus longtemps.

    Posté par piou piou, 09 juillet 2010 à 09:45 | | Répondre
  • Génie des Lieux...

    Ce "textile qui a façonné la ville avec la rue des Teinturiers et ses ateliers ; mais aussi apprendre à lever les yeux sur une niche avec une statue qui attend votre regard, profiter de l'ombre des platanes ou s'octroyer une glace sur la place inondée de soleil. "

    Une Encyclopédie de nos rêves et autres Pas si perdus que ça... un océan d'histoires passionnantes à chaque article de lumière...

    A toi MERCI pour chaque aventure nouvelle ainsi partagée !!! Tu es la Génie des Lieux minutieusement explorés... Et comme tes photos ressemblent à des enluminures, dorées et sans âge...

    ... mais comment fées-tu ?

    Posté par dourvac'h, 10 juillet 2010 à 11:45 | | Répondre
  • beaujour mon amie

    comme toujours trés enrichissant, et complet dans l'information
    moi qui ne connait pas du tout celle ville, j'ai maintenant le sentiment d'en savoir un peu plus sur elle, et j'avoue qu'il me serait agréable de faire plus ample connaissance. mais bon,,,,, peut -etre un jour
    les photos de la roue nous emportent vers la réverie d'une époque loitaine.

    douce journée à toi
    (pst,,, dans l'61 un peu moins chaud aujourd'hui, mais quécalor,,, on s'croirait dans le 16 !!)

    Posté par rsylvie, 12 juillet 2010 à 11:02 | | Répondre
  • Un reportage remarquable,Je connais cette ville et je l'aime......
    Bisous du soir et à bientôt
    Maman Mule

    Posté par mère de la mule, 12 juillet 2010 à 22:36 | | Répondre
  • une raison de plus d'aller à Avignon
    car visiblement même sans l'éléphant exposé actuellement cela vaut le détours

    Posté par Elephant Gris, 13 juillet 2010 à 20:27 | | Répondre
  • Très intéressant !

    Ton article est superbement fait, beaucoup de références qui donnent envie de passer ou repasser par là (pays de mes aïeuls). Un beau travail que j'admire, merci pour la balade.
    Amicalement
    Chantal

    Posté par Aziyadé, 14 juillet 2010 à 19:29 | | Répondre
  • Quand j'y pense à Avignon c'est le pont que je revois et la cité des papes. Très beau reportage qui donne envie de connaître cette rue pleine d'histoire. Et la Sorgue me fait penser à un poème de René Char. le post donne vraiment envie de flâner dans cette rue et surtout de bien regarder ces platanes centenaires, et une rue tout en fleurs j'aime.

    Posté par ranjiva, 16 juillet 2010 à 21:53 | | Répondre
  • Quel oeil !

    Remarquable, bravo !

    (deux précisions:les calades sont en galets -quartzite- du Rhône, la Durançole avait à l'origine pour but de déposer des limons fertiles)
    On pourrait presque en oublier la saleté et l'inconfort de la ville (ma ville en fait, celle où je suis né et où j'ai grandi quand c'était encore une ville riche, active et attachante).

    Revenez vite nous faire une autre "reportage" !

    Posté par Roberto, 21 juillet 2010 à 04:28 | | Répondre
  • redécouverte d’Avignon

    lever les yeux vers une statue, profiter de l'ombre des platanes ,déguster une boisson rafraichissante … voir les comédiens nous montrer un peu de leur spectacle , déambuler sans but dans les rues et découvrir ces merveilles
    MERCI pour cette redécouverte d’Avignon toujours enrichissante, t avec de nouveaux échos
    Bisous

    Posté par valla - Monique, 21 juillet 2010 à 19:50 | | Répondre
  • magnifique ballade hors des sentiers battus et qui redonne envie d'aller faire un tour dans cette belle ville. Merci !!
    kristine

    Posté par kristine, 23 juillet 2010 à 12:05 | | Répondre
  • Ta photographie à la double porte vitrée cloisonnée de grenat est vraiment magique, pleine de mystères... et celle des platanes et de cette belle maison de la rue des Teinturiers est extraordinaire - comme chargée de rêves... et cette étrange tête de mouton... Ton site est une oeuvre d'art mouvante... et le petit article sur la prostitution à Avignon fort instructif (la stigmatisation par le Clergé, le port d'un brassard rouge, les soins à l'hôpital...)... un monde pas si éloigné de nous !! Bravo encore...

    Posté par dourvac'h, 06 août 2010 à 23:49 | | Répondre
  • Surprise

    J'arrive par hasard sur cette page en me demandant comment j'ai pu passer à côté d'un article aussi réjouissant !
    Et je m'y retrouve en plus...
    Félicitations et amitiés

    Posté par Michel Benoit, 14 août 2011 à 17:37 | | Répondre
  • J'habite dans la région d'Avignon, et cette rue est l'une de mes préférées, bravo très joli reportage Bernick

    Posté par bernick, 01 octobre 2011 à 08:42 | | Répondre
  • Comme Michel, j'étais passée à côté de ce blog et de cet article très intéressant et qui montre Avignon, ville où j'ai résidé pendant plusieurs années, sous des aspects aussi variés que pertinents. D'ailleurs vous citez mon blog sur Avignon, Avignon états et lieux, et je vous en remercie. Avoir déménagé ne veut pas dire que je l'abandonne, mais je laisse les Avignonnais parler de leur ville, j'y reviens de temps à autre, car cela reste une belle ville, passionnante.
    Je voulais juste préciser que la tarasque de la rue des Teinturiers n'est pas celle de Noves, qui est au musée lapidaire. C'est parce que je réécris sur la tarasque que je suis arrivée sur votre blog.
    A bientôt, car je m'intéresse aussi aux fleurs.

    Posté par Fardoise, 28 octobre 2015 à 09:03 | | Répondre
    • Bonsoir Fardoise, merci pour ce retour. Peux tu me dire quelle est donc cette tarasque ?

      Posté par PASPERDUS, 28 octobre 2015 à 19:29 | | Répondre
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