Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

15 février 2014

Lecture de Narbonne -bleu, blanc, rouge-

 

 

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Cher fidèle, si seulement je n'étais pas confronté à votre lecture, je pense que je serais plus libre, sans doute sur mon écriture qui se consume de page en page.

Parfois, je suis touchée par votre commentaire qui rend votre présence proche et me rappelle que quelque part dans le monde, vous me lisez. Je réponds à mon attente, de sentir les phrases se délier, d'écrire dans l'air de la liberté comme sur un buvard pour prolonger l'atmosphère, le parfum du voyage. Le voyage est une quête unique qui le rend si différent du dernier, voire de celui de l'année passé où dans ce même quartier, j'ai vu et je vois sans moindre mesure d'autres élèments, plus clamants de la beauté de Narbonne. Je me substitue à une revue pour vous faire découvrir ces atmosphères si personnels à l'entrée d'un parvis, dans une rue sans nom, car je l'ai déjà oublié.

Les touristes sont absents. Le mois de février est une léthargie pour les sorties. Les dictons attendent Pâques pour ouvrir le grand bal des promenades le long du quai des Barques. Mais, je n'ai pas la patience d'attendre que les beaux jours soient là pour débuter l'année. Je trouve le renouveau dans les rues, sur chaque pavé ou en levant les yeux sur ces belles façades. Je déchiffre chaque lieu.

 

Les Halles de Narbonne

Balcon au couleur du vin -Narbonne-

 

Nous sommes face au canal de la Robine, sur le Quai des Barques qui a laissé au passé les lavoirs pour donner cette promenade. Les lavoirs se situaient en dessous de l'ancienne passerelle des Barques. Les rives du canal sont le domaine des lavandières (les bugadières). Le linge sèche sur les berges jusqu'en 1930. Les maisons se mirent dans l'eau. "Las Naus" était l'appellation du Moyen Age qui voulait dire les navires ou barques en langue d'Oc.

 

La Florence de Narbonne

 

La Roubine part du Nord de Narbonne et coule dans l'ancien lit de l'Aude jusqu'à l'île Ste Lucie, proche des étangs de Bages. Elle passe entre deux étangs, le long des salins et dans la réserve de Ste Lucie où la nature évolue sans l'intervention de l'homme. L'eau de pluie alimentait cette île en s'infiltrant dans les strates calcaires où repose un lit de grès imperméable. Un monastère fut créé, en 1614, à cet emplacement, conçu sur un socle volcanique. Cette anse servait, dans l'ancien temps, de port pour les grecs, les phocéens, les phénicéens et les romains.

Cette presqu'île est rattachée à Port la Nouvelle. De ces carrières ont été extraites les pierres taillées dans la molasse Miocène pour construire la cathédrale de Narbonne, entre autres.

La rive gauche du canal dessert les anciens quartiers de la Cité, tandis que la rive droite sert de Bourg. D'un côté, les commerçants et artisans et de l'autre les bourgeois et les lettrés. En 1362, une patente de Philippe Le Valois a permis de rapprocher les deux rives.

Sur le bord du canal, la statue du dernier archevêque de Narbonne, Monseigneur Arthur Richard Dillon rappelle qu'il faut être uni.

C'est là que se situait le port fluvial de Narbonne.

Derrière moi, se situe les quais de Lorraine et d'Alsace qui ont perdu toute l'activité des chais et qui se consacrent au tourisme fluvial.

Je suis sur l'ancien pont "Sainte Catherine" face au pont des Marchands et je prends la photo.

Le pont Sainte-Catherine avait été construit en 1525, en même temps que la reconstruction des fortifications, à l'emplacement d'un ouvrage médieval. Il était courant de l'appeler pont de la Naus (barque), de la "Cadena", en raison de la chaîne tendue chaque nuit entre les deux rives pour empêcher la circulation des barques et, enfin Sainte-Catherine. Sur ce pont fut édifié une chapelle votive qui abrita la Vierge et l'enfant. La Vierge miraculeuse, tant vénérée en période de calamités, appelée "Notre-Dame" se situait entre Bourg et Cité. En bois au départ, elle fut remplacée par celle de marbre (Cf. photo ci-dessous). Auparavant, elle se situait dans l'église de Lamourguier. Même à la Révolution, elle siègea jusqu'à la démolition du pont en 1885. Une pétition retarda son échéance jusqu'à ce que l'ordre vienne de Paris. La Madone du Pont fit le choix de se ranger dans le Bourg en la Cathédrale et l'oratoire fut également transféré en 1889. Notre-Dame du Pont était au XXème siècle la patronne des mariniers.

 

Notre-Dame du Pont Sainte-Catherine

  Notre-Dame du Pont - Cathédrale de St Just & St Pasteur

 

Une copie de Notre-Dame du Pont est visible quai du Mirabeau. Elle est placée entre le Pont de la Liberté et la nouvelle passerelle côté rive droite.

Les péniches filent le long du cours d'eau où le vent ne s'engouffre pas. Le vent le Cers est un vent d'ouest. Narbonne est la patrie du vent.

Là, la péniche "Tramontane" qui nous rappelle que Narbonne est à tous les vents ! Parfois, dans les rues étroites, nous ne pouvons lui faire face. Sa force, nous renverse.

 

Tonneau -Narbonne-

 

Le cours Mirabeau s'appelait le cours de la Liberté.

Nous contournons les premières bâtisses par la "rue des marchands" , c'est l'ancienne voie domitienne. Cette route nommée "Via Domitia" a été créée à partir de 118 ans av. J.C. à l'instigation du Général romain Cneus Domitius Ahenobarbus. Cette voie menait d'Italie jusqu'aux Pyrénées. La colonie Narbo Martius, placée sous la protection de "Mars" fut érigée à l'an -118 par Rome qui voulait conduire jusqu'en Espagne ces troupes. A l'An 45, César établit ses soldats Vétérans de la Xème Légion et la nomma "Colonia Julia Narbo Martius" en l'honneur de sa troupe surnommée Martia. Narbonne et ses plages, servaient de débarcadère. Le cours de l'Aude était remonté jusqu'à Narbonne. Les alluvions de l'Aude ensablèrent les zones portuaires et le massif de la Clape (214 m) qui était auparavant une île se rattacha au continent. Des villas romaines s'implantèrent et produisirent du vin. Le phyloxera, au XIXème siècle fera déplacer les vignobes vers des zones sableuses.

Cette rue est construite au dessus du canal et nous amène sur la Place de l'Hôtel de ville où nous nous dirigeons. Elle traverse le canal par le pont des Marchands. A l'origine, ce pont devait avoir 7 arches. L'eau provient de l'Aude (Attax). Le mot "Attax" provient du Celte "Atacos" qui signifie "fougueux, rapide" car l'eau descendait des Pyrénées. Et à ce même titre, l'eau de la rivière l'Orb (Orbis) provient des Pyrénées. Sur l'Orbis, la commune de Baeterrae pris place nommée actuellement Béziers. Cette région avait auparavant pour capitale Narbonne. Ce pont est romain et une partie fut découverte, il y a peu de temps.

Passée la rue des marchands, nous longeons le bord du canal, par la rue Jean Jaurès, nous arrivons à l'endroit nommé l'écluse des 3 ponts. Tout au long, il y avait des moulins qui donnaient de bons revenus aux propriétaires.

Nous pouvons admirer une péniche nommée "Marie Thérèse" qui chargent des barriques.

 

Péniche

 

Le silène Bacchus, est l'emblême de Narbonne, Dieu du vin. Bacchus est le fils de Jupiter et de Sémélé, fille du Roi de Thèbes. Cette statue du 1er siècle a été retrouvée lors des fouilles des travaux menés pour la construction de la gare vers 1856 et se situe au musée de Narbonne.

Pour consommer, il suffit de revenir sur vos pas et vous diriger vers la fontaine qui est qualifiée de "Jouvance" car elle offre du vin pour la fête des vendanges. Elle se situe sur la façade du palais des Archevêques.

Il y avait autrefois à Narbonne, un Capitole, un cirque et un amphithéâtre qui furent démolis et dont les matériaux servirent à bâtir les nouvelles fortifications. On rentrait dans la ville par quatre portes.

Le Capitole, prestige de la majesté romaine se trouvait sur la Butte des Moulinasses, au nord de la ville. Ce temple était constitué de colonnes en marbre Carrares. Les fouilles du site de Moulinassès ont mis à jour les restes du temple. Un premier chapiteau orné de feuilles d'acanthe fut retrouvé en 1869. Le temple était divisé en trois chambres (cellae) pour les trois divinités capitoline. Huit colonnes sont en façade et neuf sur les côtés. La chambre de Jupiter est au centre et mesure 8 mètres de large, celle de Junon à droite fait 4 mètre, de même pour celle de Minerve à gauche. Les colonnes sont composées de 24 cannelures de 1,80 de diamètre à la base. Ce podium était haut de 34 mètres et mesurait 36 mètres de large, pour une longueur de 48 mètres. Il était entouré d'une galerie. Un incendie, en l'an 145 ruina l'édifice. Certains matériaux furent requis pour construire les églises. Certaines colonnes furent transporter à Cordoue pour agrémenter la Grande Mosquée et d'autres fragments de colonne servirent à combler les berges des débarcadères. Il disparut définitivement en 1451 et sur cette butte tournaient les moulins à vent. Le Capitole était devenu "Les Moulinassès".

Au sud du Capitole se tenait le Forum. Il mesurait 85 mètres de large pour une longueur de 60 mètres.

Les arênes Golvin

Les bains de Chrysanthus

Les moulins était dans la rue actuelle des "Trois moulins".

C'est curieux comme la cathédrale de Narbonne se voit plus de loin que de près ! Elle semble camoufler par le palais de l'archevêque acolé et les immeubles qui la ceinturent. L'entrée se fait par des portes latérales qui donnent l'impression de pénétrer dans un tabernacle.

Arrivée à  la cathédrale St Just, nous levons les yeux sur les gargouilles qui apparaissent sur les corniches supérieures. Leur gosier étiré vomit l'eau du ciel. Ces tiges des voutes sont comme des arbres tendus vers le ciel. La hauteur des voutes s'élèvent à 40 m de haut à l'intérieur, ce qui range cet édifice comme le quatrième le plus haut de France, après Beauvais et ses 48 mètres, Amiens (42 mètres) et Metz (41 mètres).

 

Gargouille de la Cathédrale de Narbonne

 

J'étais incapable de m'arracher à l'attrait de ce bestiaire, de ce peuple de chimères hérissées parfois grotesques. Des stryges semblaient pousser des cris perçants comme les rapaces au-dessus de leur proie, sortis de leur niche. J'avais l'expression de voir une satire du peuple du Moyen-Age. La magie de ces chefs-d'oeuvre muets me laisse sans voix. L'architecture gothique est la gloire du crhistianisme, la foi populaire, mais aussi un enseignement de l'exotérisme pour le laïque.

Le silence du cloître nous pénètre. Je rentre dans la pensée des ancêtres et je mets de côté le culte. Il rappelle la puissance des chanoines. Au passage, j'admire le donjon médieval.

 

Jardin des Archevêques - La tour des Archives à Narbonne

Tour du jardin du Musée

 

Le terme gothique est appliqué à l'art français qui date du moyen-âge entre le XII et XVème siècle. Il est aussi appelé Art Ogival, mais son explication doit être recherchée dans son origine cabalistique et non dans son étymologie. La cathédrale est une oeuvre d'art goth ou d'argot qui est un langage particulier entre plusieurs individus qui veulent communiquer leur pensée sans être compris de ceux qui les entourent. C'est donc une cabale parlée et tous les Initiés s'exprimaient en argot, comme les francs-maçons du moyen-âge. On les appelait "les logeurs du bon Dieu". Ils édifièrent les chefs-d'oeuvre argotiques que nous admirons de nos jours. C'est encore un dialecte maudit, un langage d'une minorité d'individus qui vivent en dehors des conventions, du protocole et à qui ont colle l'étiquette de voyous qui veut dire voyants. Les francs-maçons sont appelés aussi les "Fils ou enfants du soleil". L'art gothique est en effet l'art got ou cot (Xo), nommée l'art de la Lumière ou de l'Esprit. Dans cette société, la langue est l'instrument de l'Esprit et elle m'est révélée par cette découverte.

J'étais sourde et aveugle (ignorante), voire misérable car je ne savais pas parler cette langue. Mon esprit devenait divin par ces mots disséqués, avalés. L'esprit démoniaque m'énivrait.

 

Chapelle en la Cathédrale de Narbonne

Charrette des damnés menés aux enfers

La langue des oiseaux, j'apprenais. J'écoutais, j'entendais. L'argot est une des formes dérivées de la langue des oiseaux qui est la langue des philosophes et des diplomates. Jésus la révéla à ses apôtres en disant "Je vous envoie mon esprit, l'Esprit-Saint". Elle est la clé d'une double science : la sacrée et la profane. Au moyen âge, elle s'appelait le "Gaie science" ou "Gay sçavoir", la langue des dieux. De nos jours, nous la retrouvons que dans le picard, le provençal ou le dialecte des gypsies. Minerve, déesse de la Sagesse l'enseignait.

 

Zoom sur personnage de la charrette en la Cathédrale de Narbonne

 Zoom sur les damnés qui vont en enfer

 

A l'origine, il y eu trois églises successives dont la basilique constantinienne à l'an 313, consacrée en 782 aux deux jeunes martyres espagnols Just et Pasteur ; mais également une basilique latine et une cathédrale carolingienne. La cathédrale se situait contre les remparts. Dès 1268, les travaux furent entrepris sous l'ordre du Pâpe Clément IV, ancien archevèque de Narbonne. La construction en elle-même débuta en 1272 et s'acheva en 1332 ; disons, doucement inachevée, car certaines parties restèrent à l'état de projet car la poursuite des travaux nécessitait la démolition d'un rempart d'origine romaine à l'ouest de la ville ! Cette destruction aurait entraîné l'insécurité et de ce fait, les consuls auraient refusé. Un procès débuta sour le règne de Charles V (1364-1380) et les autorités civiles trouvèrent le compromis d'accorder la construction d'un cloître en échange de l'arrêt du chantier de la cathédrale. Mise en attente aussi car Narbonne subit la peste noire (1348 à 1355), le Prince Noir (Prince de Galles) et en 1340, les consuls de la ville s'y opposèrent, pour une question de buget. Le déclin économique lié à l'ensablement du port fluvial ne permit pas la reprise des travaux. Elle se nomme maintenant Saint Just - Saint Pasteur. Elle comprend que le choeur du projet initial.

Le cloître occupe l'emplacement de l'église carolingienne de Théodard dont le clocher est toujours visible. Il comporte 4 galeries voûtées d'ogives, éclairée chacune par cinq arcades en arc brisé. La galerie de l'est communique avec la salle capitulaire, devenue chapelle de l'annonciade. Il fut construit de 1349 à 1407.

En 1407, les travaux sont repris avec l'édification de la galerie et de la porte sud.

Depuis 1803, elle est devenue une église paroissiale.

Inachevée, avec des empreintes de l'outrage des siècles et vandalisée. Le vandalisme est l'ennemi du beau car il mutile et dégrade. Parfois même les restaurations continuent à accentuer le phénomène de dégradation, mais le pire fut la Renaissance, de concept opposé qui mutila et fut fatale à l'oeuvre médievale.

A l'intérieur, le volume est impressionnant que par sa hauteur car les dimensions restent modestes pour une cathédrale. Le choeur mesure 48 m de large sur 55 m de long. Le vaisseau central est flanqué de deux séries de chapelles pentagonales. Le prolongement du choeur est conçu avec un déambulatoire qui dessert 5 autres chapelles, plus amples que celles des côtés. Treize chapelles sont dénombrées.

L'architecte qui l'a conçu a également fait l'abbaye de Valmagne.

Les chapiteaux des piles sont dépourvus de sculptures. Le triforium est simple. Les balustrades sont remplacées par une double ceinture de créneaux qui réunit les culées des arcs-boutants terminés en tourelles. L'abside est reliée aux fortifications de l'archevêché pour contribuer à la défense du Palais. Ce style de fortification est courant dans le Midi de la France.

La Sacristie et le Trésor sont dans deux des chapelles du choeur, au sud.

Choeur Cathédrale -Narbonne-

Pour écouter les cloches sonnées,
CLIQUER ICI

L'alignement des 131 sièges en bois du chapitre est réparti sur deux rangs. J'admire les stalles lustrées où les chanoines prenaient place. Elles furent sculptées et placées en 1780. Il y avait là, plus de cent surplis : les chanoines, le second ordre, les hebdomadiers, le prêcheur, les sacristains, les dignitaires et les prévôts du chapitre, les diacres et les archidiacres territoriaux. L'imbrication de l'Eglise et du pouvoir qui représentait l'autorité civile amena en certaines circonstances, les consuls et d'autres personnalités à s'installaient également dans le choeur. Les simples fidèles n'avaient pas accès au choeur. Ils prenaient place derrière le maître-autel, dans ce qu'on appelait "la chapelle paroissiale" qui n'est autre que la chapelle axiale.

Au sol, les pierres sont lustrées, on appelle AME ces dalles usées par le temps et les passages dans les églises et monastères.

Sergius Paulus fut le 1er archevêque de Narbonne. Le Chapitre est composé d'un grand Archidiacre, d'un Précenteur, d'Archidiacres, d'un Succenteur et de Chanoines.

Le Diocèse de  Narbonne comprend quatre abbayes d'hommes (dont Fontfroide) et deux de filles (Quarante).

 

Stalles de la Cathédrale de Narbonne

 

L'écho des chants liturgiques rend le choeur au coeur du débat car la cathédrale n'est constituée que de son choeur. La nef demeure sur les plans et relève de l'attente. Il faut se contenter de la beauté de l'inachevé car même si en 1915, une étude fut reprise par Rockefeller, alors que Napoléon III n'avait pas donné suite à le re-initier, elle resta en l'état.

C'est à Narbonne que fut signé la constitution de l'ordre des Templiers, le 13 décembre 1117. Narbonne devint le coeur de la kabbale Médievale. Ces fondateurs firent étape à Narbonne, créérent la communauté composée de huit chevaliers qui partaient en croisade en Terre sainte, Jérusalem. Ils étaient les "Pauvres Chevaliers du Christ" et souhaitaient récupérer les textes sacrés. Ils menèrent des escavations et découvrirent le texte du Sefer Ha Bahir qui entraîna la révolution culturelle de la kabbale Médievale.

Narbonne était proche des Cathares qui rejetaient le Dieu de la Bible et préféraient le culte de Lucifer. Ils pratiquaient la sorcellerie. Les Cathares influencèrent les Templiers.

Ces moines combattants devinrent à leur retour, les Templiers car les croisades les amenèrent certe à prier, mais aussi à tuer. Cette commanderie bénéficia de nombreux dons des paysans et perçut des redevances sur les chasses, les moulins, etc. qui permirent aux Templiers de construire la cathédrale. Elle prie la forme d'une croix. Or, la croix est aussi le hiéroglyphe du creuset, nommé jadis crucible (crucifix) dont la racine est crux, croix.

La construction fut le résultat d'un compromis entre des modèles du Nord de la France et du Sud car les commanditaires préféraient l'architecture du Midi. La voute sur croisée d'ogive et celle de l'arc brisé reposent sur quatre piliers qui sont similaires aux édifices du nord de la Loire. La hauteur est si imposante que les vitraux semblent petits. L'intérieur est austère, le trifonium est obscur par l'absence de fenêtres alors que les cathédrales se voulaient puits de lumière. L'intérieur marque la tradition du Midi par son style languedocien.

Est-ce que Saint Christophe s'y retrouve ? Son nom primitif est Offerus qui signifie "qui porte le Christ" mais aussi dans les signes cabbale, il ressort phonétiquement sur un autre sens "Chrysophe" : qui porte l'or. Ce symbole représente le soufre solaire (Jésus) ou "l'or naissant", cette énergie propre à Mercure dont les ondes l'élève à l'Elixir. La couleur du mercure est le gris et le violet. La statue de Saint Christophe porte un enduit de ces couleurs. La Renaissance mit une fin à la symbolique médievale. L'oeuvre gothique est soumise à l'Idée, alors que l'oeuvre renaissante, domine et l'efface. La Renaissance est le triomphe de l'esprit. Saint Christophe apparaît en la Cathédrale de Narbonne sur un vitrial de la façade nord. Il est accompagné d'un Evêque et d'un ange blotti dans l'angle droit. Ce vitrial date du XVe et XVIe siècle.

Le Christ porta sa croix. Et chacun d'entre nous à notre tour ? Encore une symbolique qui ramène à l'agneau de Dieu, image du christ sur sa croix qui porte trois clous. Les trois purifications par le feu et le fer. L'agneau est la figure du Christ car l'agneau pour être rôti doit être disposé de façon à figurer une croix. Une des branches, le traverse de part en part, une autre par les épaules et ses pieds antérieurs sont attachées.

Au fil du temps, cette puissance se transforma en véritable hostilité, alimentée pour une part par les autorités religieuses et les légendes sur cette société secrète défilèrent. Les templiers avaient des pratiques étranges dans leur Ordre qui furent dénoncées aux hommes du Roi de France. Les Templiers furent accusés d'outrage en la personne du Christ par leurs rites obscènes. Le Royaume et l'Eglise sont l'emprise du Roi, le Pape est sous son autorité. La pathologie du pouvoir est en marche. Guillaume de Nogaret, légiste (1295), originaire du Languedoc, Garde des sceaux de Philippe le Bel fut maître du Clergé. Il défendit l'Eglise. Le 24 août 1307, fut réuni par Philippe le Bel : Gilles Aycelin, Archevêque de Narbonne, Guillaume de Nogaret pour consituter un dossier afin d'arrêter le Maître du Temple.

En 1307, un "vendredi 13" naîtra la superstition.

Le règne des Templiers cessa en 1291, lorsque Guillaume Nogaret arrêta Jacques de Molay qui fut mis à l'échafaud en mars 1313. La bulle de l'Ordre des Templiers est abolie en 1312. Le pape Clément V, élu le 5 juin 1305, décède le 20 avril 1313, à Roquemaure, dans le Gard. Philippe le Bel (petit fils de Louis IX) fit une chute de cheval et mourut le 29 novembre 1314. Nogaret mourut en avril 1315. Successivement la malédiction des Templiers toucha les Capétiens, jusqu'à la treizième génération, Louis XVI.

Certaines parties sont encore mystérieuses, secrètes comme l'âme de l'êre humain. L'autel de la messe noire fut découvert vers 2005. La cathédrale a ses couloirs cachés, sa crypte...

Ce lieu est unique par son relief d'une puissance unie aux ténèbres. Les bruits de dehors sont absents et je pense à ces dédales de la ville souterraine avec ces galeries que je ne manquerai pas de parcourir. Ces antres obscurs que j'avais vu, il y a longtemps, avec le lycée. Est-ce une volonté de l'église de rendre ce lieu nocturne pour faire ressortir sa force matérielle, pour exercer le secret occulte qui se développe dans l'ombre, dans la profondeur de l'oeuvre. Les murs semblent putréfiés, un voile épaix se pose de couleur noire qui rend indistinct cette corruption, voire cette mortification. Il est à noter que la voute est noircie par l'incendie de 1902. Une odeur de sépulcre semble s'écumer. Les murs fermentent de toutes ces descriptions. L'édifice est noir comme le charbon et représente le chaos. Notre corps semble sorti de son âme pour revenir à la clef, au commencement. Cette putréfaction ramenée au noir est le signe de la séparation du pur et de l'impur et l'odeur n'est autre que son entendement et ne passe pas par l'odorat.

Le jour est représenté par le blanc. Cette couleur image la pureté, la simplicité, l'innocence. Dans ce culte, elle représente l'Initié car l'homme abandonne les Ténèbres pour la Lumière. Le mot hébreux "hur" ou "heur" signifie "être blanc" qui veut dire être pur ou heureux. Les Initiés étaient toujours vêtus de blanc, ainsi que les Cathares.

Le rouge est le symbole du feu, de l'exaltation et la prédominance de l'esprit sur la matière.

 

Tableau Cathédrale -Narbonne-

 

L'église veut iradiquer cette culture celte du sacrifice expiatoire ; elle avait peut-être interdit cette aîle, cette hérésie. Sous le couvert de la religion catholique, le culte de la Goetie se développa à Narbonne. A la fin des croisades, le livre de la magie fut ressorti. La cathédrale comporte plusieurs chapelles. Nous y allons. L'ensemble est sombre et me rappelle que lors des cérémonies, ils s'éclairaient avec des bougies faites avec de la graisse humaine.

A l'intérieur, je me dirige vers l'autel de la chapelle axiale de Notre Dame de Bethléem, dite "de la messe noire" où se situe sur le retable en polychrome un bas-relief qui figure sur deux rangs superposés, une procession satirique. Ce bas relief représente "L'enfer". Il fut retrouvé en 1981 car il était caché derrière un décor, un rideau plus précisèment. Il daterait entre 1351 et 1384. Des sculptures démoniaques qui semblent sortir du testament de Salomon. Nous avons l'illusion de voir des baphomets, représentation du diable. L'on distingue des démons ailés, des griffons qui entourent des marmites où se trouvent les humains entrain de cuire pour être mangés. De drôles de réjouissances enluminées où transparaît un sens hermétique pour le visiteur que je suis. Un banquet endiablé, éclairé vous invite à méditer ou à aller à l'asile. L'apothéose de la pensée, du savoir et de l'Art. Une encyclopédie complète un peu naïve par ces scènes représentaient dans la pierre.

La pierre des francs-maçons médievaux avant d'être taillée pour servir de base à l'ouvrage était pour eux brute et impure. Ce matériel grossier prenait l'image du diable. Elle représentait la matière initiale de l'Oeuvre, humanisée sous l'aspect de Lucifer qui porte la lumière. C'est sur cette première pierre que reposait l'ensemble de la structure du bâtiment. De forme angulaire, elle est souvent ornée d'un joli bas-relief, présenté à l'extérieur de l'édifice. Elle fut posée le 3 avril 1272, sous l'épiscopat de l'archevêque Maurin.

Les ministres du culte étaient se répartissaient en quatre degrés. Le Hiérophante qui était chargé d'instruire le néophyte, le porte Flambeau qui représente le Soleil, l'Hérault qui représente Mercure et le Ministre de l'Autel qui représente la Lune. L'oeuf est le symbole du monde. Isis est la mère des dieux.

Au centre de l'autel, pose la statue de la vierge du pont de Ste-Catherine. A ses pieds, à l'image du viouvre, le liviathan. C'est le monstre du chaos primitif.

Une grande bouche avale les âmes et représente l'enfer. Elle accueille un autre monstre entouré de part et d'autre de chaudron un peu plus petit avec encore et encore des humains, des pendus... Sur la droite, défile une charette où les personnages creusent leur ventre pétrifié et vont livrés leur âme au démon pour l'éternité. Chaque personnage est peint dans des teintes violentes, signe de sacrifice. La couleur fait partie de la symbolique et spécialement des trois majeures de l'Oeuvre. La Vierge est habillée de bleu qui représente le noire, Dieu est en blanc et Jésus en rouge. Les couleurs nationales du drapeau français. Le bleu représente la bourgeoisie, le blanc est réservé au peuple et le rouge à la royauté.

 

Leviathan

 Le Léviathan

 

Le baphomet est pourtant le symbole de la sagesse, son étimologie arabe "bafé" veut dire "immersion" et "métis" signifie sagesse" et c'est pour cette raison que nous le retrouvons dans les autels car il veut dire "baptême de la sagesse". Mais le mot "bafométique" dérive de "Mahomet" en langue d'Oc et veut dire démoniaque ! Le terme "baphomet" amnène également à lien entre "baphé" (baptême) et "Météos" (initiation). Cette représentation symbolique d'une opération ésotérique apprise par les Chevaliers du Temple en Orient est le signe de reconnaissance des "pauvres soldats du Christ". L'idole "Baphomet" par son visage cornu rappelle le bouc, mais aussi Satan. C'est l'ensemble de ces symboles qui déroute l'attention du profane. La tête du bouc ressemble à un triangle dont la pointe est tiré vers le bas et qui représente la puissance de l'esprit créateur. Son nez est structuré en un triangle plus petit et pointe vers le haut et cette symbolique initiatique représente l'étincelle divine. Les cornes sur la base du triangle représentent l'autorité dont de la puissance par la connaissance et la lumière. Les deux triangles forment l'étoile à six branches, symbole de la sagesse. La tête soutenu par les mains identifie que l'esprit doit être soutenu par le physique, le matériel. Il porte la tonsure des moines, symbole du chakra coronal. Les oreilles sont grandes et ouvertes pour écouter le monde. La langue s'impose pour déclarer le verbe. Les ailes sont l'envol du corps subtile et la barbe annonce le courage et la sagesse, à nouveau.

 

Chapelle en la Cathédrale de Narbonne

 

En provençal, le fer est appelé Aran et Iran suivant les différents dialectes. L'Hiram maçonnique est le divin Bélier qui est l'architecte du Temple de Salomon. On rentre dans le Temple par l'Occident, la face vers l'Orient, en souvenir de la Palestine, berceau du Christianisme et de la lumière. La rosace de l'entrée n'est jamais éclairée par le soleil et représente les ténèbres. La rosace de la nef principale est plus grande, mais l'absence de lumière éveille des doutes sur sa capacité à m'éclairer. La rosace était appelée au moyen âge "Rota" qui veut dire roue. La raison est que la lumière diffusait avait besoin d'un temps nécessaire pour philosopher et l'artiste qui créait cette rosace devait jouer avec la lumière diffusait pour créer les divers phénomènes. Elle représente l'action du feu dans la durée. La figure a six pointes et est dite "Etoile des Mages" qui reproduit le "Sceau de Salomon". Les Mages étaient au nombre de douze. Ils devaient retrouver le livre de Seth qui parlait de l'apparition future d'une étoile et des présents que l'on devait apporter à l'Enfant. Cette prédilection était donnée comme transmise de génération en génération par des Sages appelaient Mages. C'est pour cette raison que la lumière de cette rosace doit surpassée toute les autres.

  

Détail 1 de l'autel de la chapelle en la Cathédrale de Narbonne Détail d'une scène Cathédrale de Narbonne  Détail d'une scène en la chapelle de la Cathédrale de Narbonne 

Je me retourne et sur la partie centrale, un bas relief sur un tombeau de marbre. C'est le tombeau (1823) de Guillaume, Cardinal de Briçonnet, archevêque de Narbonne qui fut évêque de Narbonne de 1505 à 1514. Des squelettes ceinturent l'axe, des moines défilent sans visage, sans expression sont unis par ce mystère. Juste après les visages commencent à s'éclairer mais restent taciturne. Leur code secret est l'atbash. Si l'on applique ce code secret au mot "Baphomet" l'on obtient "Sophia" qui signifie "Sagesse".

Ils sont au nombre de six, entourés de chérubins tout aussi atypique posés sur des dragons. Ces créatures étranges sont décrites dans la Goétie.

Si vous apercevez un livre fermé dans les dessins ou sculptures, il est le sceau cabbalistique comme l'Apocalypse.

La Vierge, unique est représentée dans son habit nimbé d'étoile. Sous le vocable "vierge" on peut entendre la terre avant la fécondation. Les semences viendront après que les rayons du soleil viendront animés. Le sens ésotérique des vierges noires figure dans la terre primitive, la substance noire à l'aspect d'une pierre. Il apparaît donc normal qu'elle habite les lieux souterrains, les cryptes. Sa robe forme un triangle, ceinte au col et évasée sans un plis jusqu'au pied. La mère est l'essence même des choses. Elle est souvent nommé le "palmier de la patience" ou le "Siège de la Sagesse". En d'autres termes, c'est le "Sujet de la Science" hermétique. Dans la Bible, Marie était de la tige de Jessé et le mot hébreux "Jes" veut dire le feu, le soleil, la divinité. Jésus a donc ses origines de ce mot.

 

Notre Dame d'Afrique -Cathédrale de Narbonne-

 Vierge noire

Dans les cérémonies des vierges noires, il était brûlé que des cierges de couleur verte.

Le serpent est la représentation du mercure par sa manière incisive quand il absorbe le soufre métallique et lorsqu'il dissolve son venin qui représente la dissolution du soufre, absorbé par le mercure. Cette image représente l'oeuf dont la cuisson transforme en soufre, puis en Elixir et en troisième phase, en Médecine universelle.

L'aigle est la Sublimation philosophique et l'image de "faire voler l'aigle" amène à l'expression "faire sortir la lumière du tombeau et la porter à la surface" qui entraîne une véritable Sublimation. Organiser la lumière dans ces lieux est de l'ordre du génie, car sublimer  donne l'impression d'une énergie.

Le lion, roi des animaux terrestres, a la même puissance que l'aigle mais il traduit la force terrestre fixe, alors que l'aigle représente la force aérienne et volatile. Leur union dépouillée est l'image du Mercure animé. Le lion a pour couleur en général, l'or qui interprète la puissance. Il représente l'énergie jeune donc verte comme la pomme non mûre. Il est le signe d'une nature chaude, ardente et saline. Il va évoluer, se développer pour devenir le lion rouge (mûr).

Ainsi les médaillons du zodiaque sont-ils conçus.

Le griffon est la composante du lion et de l'aigle car ce monstre mythologique a la tête et la poitrine de l'aigle et emprunte au lion le reste de son corps.

Le puits sacré existe t'il ? L'eau avait des vertus curatives. L'eau renferme les vertus du ciel et de la terre. Elle déend de la conjoncture du ciel, de la terre, du soleil et de la lune.  Elle est comparée à l'acier et l'aimant car l'aimant attire les influences du ciel, du soleil, de la lune et des astres pour les communiquer à la terre.  L'eau pontique sert à la putréfaction comme à la purifaction.

Le miroir symbolise le début de l'ouvrage par la Vérité, la Prudence et la Science. L'arbre de vie en marque la fin et la corne d'abondance, le résultat qui est la source intarissable des félicités matérielles de notre monde terrestre, soit la savoir, la fortune et la santé. Ces trois objets sont souvent représentés dans les tapisseries.

Toutes ces analogies me font réfléchir à ce culte, à leur manière d'opérer.

Le chevalier est habillé du haubert de maille qui représente le roi du bestiaie alchimique.

La balance est l'instrument qui apprécie la consistance de l'être. Il faut être limpide comme l'eau et avoir l'aspect de la pierre, pour éviter toute corrosion.

Le culte a sept degrés d'initiation qui font références aux sept planètes : La lune, Mercune, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Souvent, le symbol de ces astres planétaires est retrouvé dans les cathédrales, par des cercles ou demi-cercles noirs.

La chapelle Sainte-Anne comporte des statues de la "Mise en tombeau" du XVIème siècle. Elles sont en terre cuite d'Allemagne du début du 16ème siècle.

 

Le mausolée (1607) en marbre de Jean de Seigneuret, Sieur de la Borde reste à voir.

Le tombeau de Monseigneur Bernard de Farge est encore qu'un nom.

Le sépulcre de Monseigneur Arthur Richard Dillon, dernier archevêque de Narbonne qui se situe dans la Chapelle Saint-Martin reste  encore à découvrir. A côté, dans cette même Chapelle se trouve la statue de Saint-Augustin qui siège d'un côté du tableau qui représente la résurrection de Lazare, par Charles Vanloo et de l'autre côté, la statue de Saint-Ambroise clôture le décor.

Si vous voulez voir la statue de "Notre Dame de Lourdes", il faut vous diriger en la Chapelle Notre Dame de la Salette. Elle est à droite de l'autel.

La Chapelle St Joseph contient un autel avec au dessus un tableau.

Puis nous arrivons devant la Chapelle Saint Vincent de Paul où se situe deux grandes statues de pierre dont l'une représente Jeanne d'Arc avec au milieu son épée.

La Chapelle Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus porte bien son nom car la statue est à gauche de l'autel. Au dessus, Saint Roch veille. Dans une niche, sur la droite, se trouve la statue de Sainte Philomène.

Au niveau de la Chapelle de l'Annonciade se trouve un tableau de Nicolas Tournier "Tobi et l'Ange" du XVIIème siècle.

Les fonds baptismaux portent des inscriptions au dessus.

 

L'orgue a été construite par Christophe Moucherel, originaire de Toul. Comme il n'y avait pas de nef, elle fut accrochée au mur qui clôt le choeur et surplombe les stalles. A l'origine, elle était nommée "Organon hydraulikon". La tribune était composée d'un grand orgue et d'un orgue positif, destiné à la schola. Cette disposition de deux orgues indépendants faisait que l'organiste quittait son ban du grand orgue et se déplaçait au clavier du Positif, dénommé "Petit orgue de la Musique", pour accompagner le choeur de chant. Ce buffet est certainement le plus beau du XVIIIème siècle. Malheureusement le mécanisme n'était pas parfait et dut être refait dans sa quasi-totalité par Jean-François l'Epine, en 1770. L'orgue est l'instrument qui remplace l'orchestre.

La fresque "La Jugie" représente l'âme de Pierre emportée au ciel. Pierre de La Jugie (1319-1376)était Cardinal de Narbonne. Il prit pour surnom "Le Cardinal de Narbonne".

Nous rejoignons l'escalier en hélice pour voir Narbonne d'en haut. Nous traversons les chimères pour aller rejoindre la terrasse de la cathédrale, appelée aussi "Planète", puis la tour Nord. De la terrasse, la vue sur les arcs-boutants et le Palais des Archevêques. Les marches se succèdent pour parvenir au toit de la tour Nord ou l'on peut admirer l'ensemble de la ville.

La salle des Trésors est au dessus de la chapelle de l'Annonciade. Sa pièce maîtresse est une tapisserie flamande de la fin XVème siècle qui représente la Création tissée d'or et de soie. Les vêtements liturgiques avec les chasubles brodées d'or sont nombreux.

Les statues de la façade sont enlacées par des bêtes grotesques qui font penser au servitue de l'homme qui rentre dans le corps d'un animal pour ne pas quitter son maître.

En 1871, Narbonne est assiégée et devient commune (Digeon). Le drapeau rouge prend la place du drapeau tricolore et dénigre Versailles.

Une des portes de la Cathédrale se trouve rue Armand Gauthier.

En revenant sur le parvis de la Mairie, nous pénétrons dans la cour intérieure et ressortons par le passage. Nous prenons la rue en face.

 

Les rues de Narbonne

 

Le Pavillon Baltard est mon favori. C'est les halles de Narbonne, c'est un lieu à découvrir le dimanche matin car il respire la bonne humeur. Prenez rendez-vous car il y a du monde, le dimanche. Certains disent que "les Halles sont à Narbonne, ce que le Colisée est à Rome" ! Elles sont très connues et très prisées des narbonnais qui prennent table chez "Bebelle", une institution. Le portail d'entrée est de 1901.

 

Le palais des Archevêques et la cathédrale malgré qu'elle ne soit jamais achevée forme le deuxième ensemble monumental archiépiscopal de France, derrière Avignon. Le palais des Archevêques est flanqué de plusieurs tours carrées dont la Tour de la Madeleine, la Tour Saint-Martial et le donjon Gilles-Aycelin. A l'intérieur du jardin se trouve un tombeau de marbre blanc. Le donjon Gilles-Aycelin (1295-1306) est établi sur les restes du rempart gallo-romain. Il fut édifié au XIIIème siècle. Il servait avant tout à montrer la puissance épiscopale face sur celle des Vicomtes dont la demeure était sise en face. Cette tour carrée est de 42 mètres de haut avec des murs en bossage. Chaque angle externe est ponctué d'une échauguette. En haut de cette tour, il y a une terrasse avec un chemin de ronde pour surveiller. La pierre qui la conçoit est du calcaire blanc qui vient de l'île St Lucie.

L'hôtel de ville fut construit par Viollet-le-Duc, de style néogothique. Il est dans le Palais Neuf et la mairie y est installé depuis 1842. De part et d'autre du passage de l'Ancre se trouvent le Palais Vieux (XII et XIIIème siècle) et le Palais Neuf (XIVème et modifié au XVIIème et XVIII siècle). Le Palais Neuf abritait les anciens appartements de l'Archevêque.

Le passage de l'Ancre permet d'accéder depuis la Place de la Mairie, anciennement appelé "Place aux Herbes", au cloître ou au Musée archéologique. Son nom est matérialisé par une ancre en fer suspendue à l'entrée du passage. L'ancre représente les droits féodaux octroyés aux Evêques dont la taxe d'entrée au port, la dîme sur la pêche depuis l'embouchure de l'Aude jusqu'au cap de Leucate.

Le musée archéologique est dans le Palais Vieux.

Le musée d'Art et d'Histoire est dans le Palais Neuf.

Le Palais des Vicomtes se situe en face du palais des Archevêques. Actuellement, Monoprix occupe les lieux.

 

Palais des Vicomtes -Narbonne-

 

 

Quand vous arrivez sur la place de la Mairie et que vous la situez sur votre gauche, au milieu, vous avez la rue Droite. Elle est dans le prolongement de la rue des Marchands. Au bout de la rue, La Louve, réplique de la louve de bronze du Capitole fut offert par les édiles de Rome à l'occasion du XXIème centenaire de la fondation de la ville. Elle est sur la porte de la rue "droite". La même qui allaite Romulus et Remus qui rappelle que cette commune s'appelait Narbo Martius.

De retour par la voie Domitienne, nous continuons vers la place des Quatre Fontaine". Une façade tout en hauteur m'attire.

C'est toujours en parcourant les rues que notre regard est attiré par ces boulets de canon dans le Vieux Narbonne.

"La Bohême" est une péniche, trappue, verte qui s'amarre le long des berges.

Partout Trenet traîne. Ces refrains qui entêtent les rues, mais aussi ces façades qui l'épouse pour la vie. Un hommage à ce philosophe du bonheur dont la maison natale devient un musée. Devant, se situe sa statue qui commémore cet illustre personnage, né le 18 mai 1913, sous le nom de Charles Augustin Georges Trenet et décédé en 2001. "Douce France" est un refrain connu de tout le monde en dehors de Narbonne !

 

Charles Trenet -Narbonne-

 

Le Musée lapidaire est installée en 1889 dans l'église "Notre Dame de Lamourguier". Le musée est le plus grand lapidaire après celui de Rome.

Notre Dame de Lamourguier était un ancien prieuré dont seule l'église subsiste. Elle est aussi appelé "Sainte-Marie du Bourg". Elle fut recontruiste au XIIIème siècle. Elle est de style mériodional gothique. La façade est de style baroque, construite au 17ème siècle par le Père Martellange, architecte de la compagnie de Jésus. L'église prit sa retraite en 1869 pour laisser place au Musée lapidaire.

 

Maison des Trois Nourrices

Façade à Narbonne

Nous marchons en quête de trouver l'insolite et je crois bien l'avoir déceler. C'est la Maison des Trois Nourrices, un des ouvrages les plus remarquables de l'architecture privée régionale de la Renaissance. Elle est cité en 1448 dans le Compoix de Narbonne comme propriété de Barthélémy Voyer.

En 1558, les étages et la façade sont modifiés dans le style Renaissance. On rajoute, notamment deux croisées à l'étage. Ornées de cinq cariatides qui forment les montants et les meneaux. Les "Trois Nourrices" encadrent la baie à trumeau de la façade Sud. C'est à cette date qu'elle est désignée les "Trois Nourrices" par analogie avec l'Hôtel des "Trois Rois" situé non loin et disparu depuis.

 

La Maison des Trois Nourrices à Narbonne

 

Façade Sud de la maison des Trois Nourrices

 

Au XVIème siècle elle appartient à une famille bourgeoise de Narbonne, les "Guissane" dont certains membres sont consuls de la ville.

En 1632, la demeure devient une auberge, une"Gloriette".

En 1798, elle fut la propriété de Jean-François Soler, médecin.

Par la suite, elle fut rachetée par Louis Berthomieu, en 1870-1928, pour éviter qu'elle ne soit détruite.

La ville de Narbonne rachète cette maison en 1987. Elle est classée "Monument historique" depuis le 10 février 1913. C'est le seul type d'architecture civile du XVIème siècle que possède encore Narbonne.

Depuis sa restauration en 2007, elle abrite le service prénatal de l'hôpital.

Unique pour Narbonne, unique pour nous. Nous sommes seuls à admirer cette façade qui date de 1558. Son nom vient des cariatides aux formes oppulentes qui encadrent les fenêtres à trumeaux de sa façade sud.

Les parties basses de la façade sont médievales, le 1er étage fut refait en 1558 dans le nouveau style venu d'Italie.

 

Statue de droite, Maison des Trois Nourrices à Narbonne Statue de gauche, Maison des Trois Nourrices à Narbonne

La conspiration du "Cinq-Mars" est du nom de son instigateur qui complotait contre le cardinal Richelieu, premier ministre de Louis XIII. Richelieu est malade, alité à Narbonne.

Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de "Cinq-Mars" (prononcé sainmar) est le fils d'un ami proche de Richelieu. Richelieu l'introduit en 1639 et devient le favori en titre. Il est nommé "Grand Maitre de la garde robe, Premier Ecuyer, puis Grand Ecuyer de France.

Son arrogance, ses désirs d'épouser la princesse de Mantoue (Marie de Gonzague-Nevers), mademoiselle de Chémérault, les charmes de Marion Delorme courtisane du Roi Louis XIII, l'opposent à Richelieu. Sa mère, Mme d'Effiat refuse ce libertinage. Il est reconnu sous le nom "Le Grand", ce qui l'éloigne de la souveraineté.  "Cinq-Mars" était le favori déchu de Louis XIII.

La conspiration a lieu en pleine guerre de "Trente Ans". Parmi les conjurés se trouve Gaston d'Orléans, frère du roi. La reine et le Duc de Bouillon s'allient à eux. Il s'entend avec François Auguste de Thou, conseiller au Parlement. Il s'était réfugié à Narbonne avec l'aide de son serviteur Belet, dit "Tallemant". Belet est son valet de chambre qui le cacha chez le père de sa belle, Mr Siouzac, dans le grenier. Le lendemain, Mr Siouzac le dénonça pour éviter la peine de mort. Le Comte de Charost, capitaine des gardes fut chargé de l'arrêter le 13 juin 1642. Sa cassette est pleine de lettres qui le compromettent. Richelieu s'en sert comme preuve du complot. Il fut condamné à Lyon et exilé au château de Pierre Scize. Il est décapité le 12 septembre 1642, à peine âgé 22 ans. Il fut inhumé dans l'église du Couvent des Feuillants de Lyon, aujourd'hui disparue, ainsi que les restes de "Cinq-Mars"

Le 4 décembre 1642, Richelieu décède.  

L'édifice est située à l'angle de la rue de l'Hôtel-Dieu et de la rue Edgar Quinet.

SOURCES DOCUMENTAIRES : Corrections de Jane (24 juin 2016)

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Là, cette façade semble vouloir se rapprocher dans son angle avec l'autre côté. Elle fait communion par cette échauguette.

Angle de rue -Narbonne-

 

Des personnages insolites décorent les façades. Rue Gabriel Pelouze, je découvre celui-ci.

Moine Rue Gabriel Pelouze -Narbonne-

Rue Frédéric Mistral, les atlantes sont magiques.

Atlante Narbonne

 

Narbonne était une ville passante, de nombreuses maisons portaient de vieilles enseignes "On loge à pied et à cheval". C'était des logis, ils étaient au nombre de soixante. Depuis trois siècles, l'enseigne "La Dorade" garde les lieux, pas loin des quais où se trouvait le port. Cette propriété appartenait à Arnaud Darem dont la famille fut déssimée par la peste en 1631. Il se situe rue Jean Jaurès, vers l'ancien pont des Carmes.

 

Atlante rue Jean Jaurès -Narbonne-

 

Le clos de la Lombarde est un site archéologique qui est en cours de fouille.

L'horreum romain témoigne du passé antique des lieux. C'est le seul édifice qui subsiste de l'époque romaine. Deux galeries souterraines qui ont servi d'entrepôt gallo-romain à la fin du 1er siècle avant J.-C.   Au nord de celui-ci, s'étendait l'ensemble du forum et du temple capitolin de Narbo Martius2. Ce complexe avait une superficie de 16000m2.

Au musée de Narbonne vous pouvez admirer un tableau des Pénitents bleus qui datent du XVIIIème siècle. Sur le haut, deux lions s'affrontent. Entre eux, un médaillon vide. En bas est inscrit "Les Frères de la R(évérende) L(oge) à l'O(rient). Il a pour titre "L'amitié à l'Epreuve". En bas, sur quatre colonnes, sont notés les noms des membres de la loge. L'image du fond représente la chapelle St Jean à Jérusalem car St Jean est leur Saint Patron. "L'amitié à l'Epreuve" était une des cinq loges narbonnaises et le choix des Pénitents bleus fut fait pour l'Alliance.

La tourelle de la Maison de l'Aumône remonte au Moyen-Age. Elle faisait partie du quartier des Chanoines dans l'île de l'Aumône, nom donné à l'ensemble de l'îlot dont cette maison fait partie. Il était alors distribué le pain aux nécessiteux par le Chapitre Saint-Just. Dans sa cour, un passage permet de passer de la rue Droite à la Rue Rouget-de-l'Isle et qui débouche face à l'Horreum. La tourelle est faite sur plan octogonal sur trois étages, ainsi qu'un sous-sol. L'immeuble fut construit au XVème siècle. La décoration de sa porte figure de chaque côté une tête. Au premier étage, une fenêtre en trompe l'oeil montre un bas-relief de belle facture. Il représente une jeune femme, appuyée à un panneau entre-baillé, un pain posé sur sa tunique. Elle représente le symbole de la Charité, véritable institution du Moyen-Age, imposée par l'Eglise aux riches.

 

 Détail de la façade de la tour de la Maison de l'Aumône

Au XIIème siècle, il y avait des écoles juives à Narbonne. La communauté a disparu sept siècles après suite à l'expulsion ordonnée par Philippe le Bel, en 1306. Cette communauté a retrouvé un lieu de culte en la Maison de l'Aumône.

L'ancienne église des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem  appartenait à l'origine aux Chevaliers de St-Jean de Jérusalem. Elle a un petit détail curieux qui la caractérise, c'est que le choeur initialement à l'est, s'est inversé. En 1592, elle devient la chapelle des Pénitents bleus.

 

La Basilique St-Paul-Serge est l'une des plus anciennes églises gothiques du Sud de la France. Bâtie sur le tombeau de Saint Paul-Serge, premier évêque de Narbonne venue au 3ème siècle pour évangéliser la régione et sur une nécropole paléochrétienne. Une curiositié s'y trouve, c'est le bénéiter dit "à la grenouille". A voir.

 

Basilique Saint-Paul à Narbonne  Intérieur Basilique Saint-Paul à Narbonne

 

A mesure que l'on s'éloigne du centre, les bâtiments sont moins jolis. Les boulevards de ceinture remplacent les murailles.

RESTAURATION

La table Saint-Crescent est une étape gastronomique qui prend pour cadre un ancien oratoire du VIIème siècle (68, avenue Général Leclerc).

Au niveau de la restauration, il est conseillé le restaurant "Le Grand Buffet" qui se situe dans le complexe "Espace de Liberté". La cuisine est ouvert et offre à la vue un grand piano ou fourneau en fonte, de deux tonnes, conçu par Athanor. C'est la pièce centrale de ce restaurant qui offre la possibilité de 600 couverts par repas.

 

Gruissan

Le village se situe sur le massif de la Clape, juste après Narbonne-Plage. Cette commune fut rendue célèbre par le film 37,2° de Jean-Jacques Beineix qui a immortalisé les chalets sur pilotis de ce petit village de pêcheurs bordé d'un étang et surmonté du château, dit la tour Barberousse. Le château fut édifié avec la pierre de l'île Ste Lucie.

Est située dans le massif des Corbières, près d'un torrent. C'est à cette source d'eau fraîche (fons frigida) qu'elle doit son nom.

 

Fontfroide

L'abbaye des bénédictins (1093) est intégrée à l'ordre des cisterciens en 1144 et 1145. Pendant la croisade des Albigeois, elle fut orthodoxe catholique. A la seconde moitié du XIIème siècle, les dons et les terres d'Ermengarde de Narbonne l'enrichissent. Au XIIIème siècle, se rajoutent les dons et les terres d'Olivier de Termes qui lui permettent de s'agrandir. L'abbaye est classée depuis 1862 au titre des monuments historiques.

 

Peyrac-de-Mer

Le village de Peyrac-de-Mer est constitué de deux petits étangs qui furent exploité en tant que salin jusqu'en 1979. L'étang du Doul permettait de pré concentrer les eaux. Une mousse blanche s'échoue par temps de vent qui montre le taux élevé de salinité combiné à la présence de polysccharides. Le site a été acquis par le Conservatoire en 1978 car il est réputé pour son unique lagune hyperhaline qui est permanente. Une source marine est au fond de l'étang.  La salinité y est deux fois supérieure à la mer. Il y a 1000 ans, le niveau de la mer était 100 mètres en dessous du niveau actuel. Les sédiments arrachés au continent s'accumulèrent et formèrent le cordon littoral audois qui donna naissance à la lagune. L'étang du Doul est une dépression circulaire d'aspect cratériforme et est d'origine tectonique. Il constitue une forme spectaculaire du diapirisme du Trias. Sa forme et le léger plongement péri-anticlinal des assises aquitaniennes qui l'entourent confirmeraient l'existence à ce niveau, d'un véritable dôme de sel triasique effondré en profondeur (d'après CPIE des Pays Narbonnais).

 

Autour de Narbonne, s'étend une mer de vigne avec les Corbières, le Minervois et le Fitou. Nous allons à la rencontre des domaines. Le château de Mandirac est dans les rizières.

 

Histoire

La ville de Narbo Martius fut créé pour pacifier la province en 118 avant J.-C. C'est la première colonie romaine qui s'implante hors d'Italie, grâce à sa position idéale sur la route entre l'Italie et l'Espagne. La proximité de la mer avec son port, son climat sont des points attractifs.

A l'an 260, San Sébastien naît à Narbonne. Il est le capitaine de la garde prétorienne de l'Empereur Dioclétien qui aident secrètement les chrétiens martyrisés.

Au début du Vème siècle, les Vandales s'emparent de la province, puis les Wisigoths s'y installent. Narbonne devient la capitale du royaume Wisgoth. La région de Narbonne, comme l'Espagne, reste Wisigoth jusqu'à leur chute devant les Maures en 719.

En 27 avant J.-C., Narbonne était élevé au rang de capitale de la Narbonaise. Les troupes romaines se rendaient de Rome jusqu'aux terres ibériques et choisirent Narbonne comme lieu de villégiature.

En 550, les Visigoths prirent le pouvoir durant le règle de Valentinien III, jusqu'à la mort du dernier Roi Roderie, tué par les sarrazins en Espagne. Les goths de la province de Septimanie se soumire sans résistance aux conquérants.

En l'an 721, les conquérants des Goths établirent leur Colonie de Mahometans à Narbonne.

En 759, les sarrazins furent contraints de rendre la place.

Sous le règne de Charlemagne, Narbonne fut prise à nouveau par les sarrazins. Ils en furent chassés deux ans après par les troupes de Charlemagne.

Charlemagne crée le Duché de Gothie, Narbonne en est la capitale. Elle est divisée en plusieurs seigneuries. L'archevêque a la Cité, la cathédrale et l'archevêché. Le Vicome tient le Bourg avec l'église St -Paul-Serge. La Ville Neuve est laissé aux Juifs. Les consuls administrent.

En l'an 843, le Roi Pépin donna la moitié de la Seigneur à l'Archevéché.

En 990, la vicomtesse Adelaïde de Narbonne, lègue le site de Fitou à Emangaud de Narbonne.

Raymond de St Gilles, Comte de Toulouse, prend le titre de Duc de Narbonne. Narbonne rentre dans le Comté de Rouergue par Raimond VI de St-Gilles (1042-1115), au même titre que Béziers car la Commission du Roi s'affaiblit.

Simon de Montfort vaincra les albigeois et se rendra le maître du pays.

Renaud Amauri, Archevêque de Narbonne reçoit les hommages des Vicomtes. D'ailleurs tous les Vicomtes prennent le nom d'Amaulri ou Amaric, prononcé par les espagnols Manrique.

En 1134, le dernier Vicomte appelé Amauri décède. Sa soeur, Ermengarde est son unique héritière.

Dans l'Archevêché, la Dame Ermengarde (1144-1194) hante les murs. Elle était Vicomtesse de Narbonne et gouvernait la Province portuaire de Narbonne. Elle vécut au XIIème siècle, à l'époque des troubadours et mena des campagnes militaires. Le roi Louis VII dut arbitrait plusieurs de ses intentions. Trahis, elle fut chassée de Narbonne et mourrut sans enfant, sans que l'on porte ces cendres en un lieu, en 1197. Son neveu fut son héritier, il s'appelait Pierre de Lara et était le fils de soeur Hermesende qui avait épousé Manrique de Lara, Seigneur de Castillan, descendant des Vicomtes de Narbonne. Si vous prenez le grand escalier, vous accéderez à la salle des Synodes.

En 1240, Aymeri ou Amauri, le fils de Pierre de Lara fit hommage à St Louis.

Guillaume III, de la lignée des Manriques de Lara fut le dernier Vicomte de Narbonne. Il mourut sans enfant. Son héritier, Pierre de Tanieres, son frère uterin mourut également sans enfant après avoir vendu le Vicomté à Gaston, Comte de Foix qui le céda à son plus jeune fils, Jean de Foix de Grailly avec l'accord du Roi Louis XI d'en jouir durant sa vie qui épousa Marie d'Orléans, soeur de Louis XII. Ils donnèrent naissance à Gaston de Foix qui passa contrat avec son oncle, le Roi, pour le Vicomté de Narbonne. Les officiers de la Chambre contestèrent cette signature car le Vicomté de Narbonne, s'était éteint avec la mort de Guillaume III sous le règne du Roi Charles VI.

Les droits des Comtes de Foix passèrent à la Maison d'Albret, Jeanne d'Albret les eu comme dot lors de son mariage avec Antoine de Bourbon, père de Henri IV qui remit à la couronne ses biens.

Après la chutte des cathares, l'extinction de la dynastie des comtes de Toulouses, la province est rattachée au royaume de France en 1271. Le Languedoc royal voit le jour jusqu'à la Révolution Française.

1285, décès de Philippe le Hardi dont la tombe en marbre blanc est placée au milieu du choeur de la Chapelle St Charles. Pour son enterrement, on fit bouillir son corps dans de l'eau et du vin pour séparer sa chair des os. Ses entrailles et ses chairs furent inhumées en cette église, tandis que son coeur et ses os furent ramenés à Paris. Sur un côté du tombeau est représenté le convoi des chanoines avec leur aumusse, puis sur un autre, des princesses également coiffées de leur aumusse et en continuant l'on voit Philippe le Bel encadré de ses deux gardes, sa cornette est sur ses épaules.

1296, l'architecte désigné pour continuer la construction de la Cathédrale est Jean des Champs.

1332, les chanoines s'installent.

En 1372, Aymeric de Narbonne déclare tenir du roi, le lieu de Fitou où il a un vassal.

1588, les Pénitents blancs (noblesse) résident à Narbonne.

1592, les Pénitents bleus (artisans) prennent possession de la chapelle des Pénitents.

En 1629, la peste sévit à Narbonne jusqu'en 1632.

1660, fondation du mouvement pénitentiel "Les Pélerins", par l'archevêque François Fouquet.

En 1708, les travaux de la Cathédrale furent repris. Le 17 juin 1708, Charles le Goux de la Berchère, archevêque de Narbonne, posa la première pierre de la continuation de cet édifice qui devait élevé la Croisée.

1719, mort de Charles le Goux de la Berchère qui fut enterrée dans la Chapelle St Charles. Ce bâtiment fut construit de son vivant.

Le 19 avril 1780, une variante de la loge des Philaletes est fondée à Narbonne, le Rite des Primitifs.

1789, nouvelle construction de la Chapelle des Pénitents.

En 1790, la famille d'Aragon est délogée de Fitou et se réfugie à Narbonne.

1792, dissolution des Pénitents bleus, le 18 août, ils sont libérés en novembre pour rentrer dans les loges des Franc-maçons. L'église est vendue.

Le 4 août 1807, le Roi de Hollande, Louis de Bonaparte, frère de Napoléon 1er dort avec son épouse la Reine de Hollande au logis "La Dorade".

Le 20 février 1814, le Roi d'Espagne, Ferdinand VII, loge à Narbonne.

En 1823, l'église des Pénitents est rachetée par les Pénitents bleus.

Le 24 février 1854, la Reine d'Espagne, Marie-Christine de Bourbon, loge à Narbonne à la Dorade.

1883, l'organisation des Pénitents disparaît.

1885, le phylloxera ravage le vignoble et oblige les vignerons du Midi à arracher les plants indigènes. Ils sont remplacés par des greffons américains. Il met fin au cinquante années d'age d'or de la croissance économique.

1904, le vin ne se vend plus. Le gouvernement parle de surproduction.

1907, des manifestations de vignerons contre le cabinet Clémenceau entraine une crise vigneronne. Elle est aussi appelée "Révolte des gueux" du Midi. La production de vin ne se vend pas et c'est la chute des prix qui rend instable les marchés. Les petits vignerons sont endettés. Les manifestants réclament l'abolition de la loi 1903 sur la "chaptalisation" et la mise en place de taxe sur le sucre pour décourager les importations. Le 11 mars 1907, 87 vignerons du village d'Argeliers se rendent à Narbonne où se situe le siège de la commission d'enquete parlementaire qui étudie la crise de mévente des vins qui sévit depuis 7 ans. Albert Marcellin, vigneron et et cafetier d'Argeliers, défend les paysans du Languedoc Roussillon. Georges Clémenceau fait fi des revendiquations. Le 8 juin 1907, ils sont 800 000 dans les rues de Montpellier mais le gouvernement refuse d'écouter le peuple. Le 10 juin 1907, Albert Marcellin déclenche la grève de l'impot et la démission des municipalités. Ferroul, maire socialiste de Narbonne, jette son écharpe tricolore et fait hisser le drapeau noir sur l'Hotel de ville. Le 19 juin 1907, la manifestation sur Narbonne se durcit, les soldats tirent sur la foule : six civils sont abattus dont un enfant de quinze ans. Le 23 juin 1907, Albert Marcellin est ridiculisé par Georges Clémenceau. Finalement le 23 juin et le 15 juillet 1907, le gouvernement met en place une surtaxe sur le sucre et règlemente la négoce du vin qui donnent ainsi raison aux manifestants. L'union est efficace et donne lieu à la création de cave coopérative.

En 1929, Léon Blum est élu Député à Narbonne.

1974, l'église des Pénitents devient propriété de la commune.

 

A voir également

Le gouffre de l'oeil doux
Le musée de la Romanité

Lecture

Le mystère des cathédrales de Julien Champagne

 

Bibliographie

 

Visite de Narbonne le 8 février 2014

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : dimanche 15 février 2014
Mise à jour  :  11 février 2017
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Commentaires sur Lecture de Narbonne -bleu, blanc, rouge-

    Un article très intéressant. Je suis étonné de l'étymologie que tu donnes du mot "argot". Je pensais qu'il venait de "gueux". Je me suis promené à Narbonne Jeudi dernier et j'ai regretté la fermeture de la librairie Chapitre.

    Posté par Alain, 17 février 2014 à 09:16 | | Répondre
    • Le mot "argot" est usité comme le jargon des voyoux. Mais les Franc-maçons font usage de mots, d'expressions spécifiques pour leur pratique rituelle et ce jargon est apparenté à l'argot car il permettait qu'ils se comprennent entre eux et de se protéger de l'environnement.

      Posté par PASPERDUS, 17 février 2014 à 18:21 | | Répondre
  • Fort beau reportage qui nous plonge loin dans l'histoire, dans ces époques qui façonnèrent nos villes, nos traditions, bref notre civilisation. Cet héritage est encore bien présent et j'en admire bien des aspects. Tes photos de statuaire et de bas-reliefs en sont un exemple. Quel talent, quel sens aigu de l'expression, de la communication, de la beauté! Narbonne est une de ces cités magnifiques dont la France regorge. Je me demande d'ailleurs si notre nostalgie ambiante ne prend pas ses racines dans le constat qu'autrefois on créait moult œuvres durables, pour la communauté, qui structurent encore nos villes et nos campagnes alors qu'aujourd'hui on ne créé plus pour les autres mais uniquement pour soi...

    Posté par Paloma, 17 février 2014 à 12:24 | | Répondre
    • Oui, cela me fait penser à l'histoire des "3 petits cochons", nous construisons en coup de vent et le vent l'emportera.

      Posté par PASPERDUS, 17 février 2014 à 18:24 | | Répondre
  • Beau reportage très complet sur une ville que je ne connais pas... Ah! L'ombre de Trenet et la nostalgie de ses airs intemporels!
    La photo avec le pont qui se reflète dans le canal a un petit air de Venise... (dans mes carnets de voyage pour le carnaval dès la semaine prochaine)
    Je suis passionnée de gargouilles. Je ne manque jamais de leur rendre visite quand je vais à Bruxelles, à l'hôtel de ville gothique, côté Grand-Place orné d'innombrables gargouilles très expressives figurant des êtres humains, des animaux ou des créatures fantastiques.

    Posté par christiana, 19 février 2014 à 10:29 | | Répondre
  • Bonjour
    Je peux enfin avoir accès à ton blog. Il devait y avoir un bug hier.
    Honte à moi, je n'ai pas lu le billet en entier, mais tes photos sont superbes. Je reviendrais dès que j'aurais plus de temps car c'est très intéressant.
    merci pour tous les commentaires sur mon blog.
    bises

    Posté par Marielle, 20 février 2014 à 08:57 | | Répondre
  • Quelle jolie promenade! Et quel beau billet!
    Merci de ce partage riche en documentation et de ces magnifiques photos!
    Très touchée que les bijoux berbères évoquent de beaux souvenirs pour toi...
    Je te souhaite un excellent week-end

    Posté par Kenza, 22 février 2014 à 08:21 | | Répondre
  • Super, je voyage toujours en "pinceau" et aujourd'hui pasperdus me fait voyager en photo ; et quelles photos ! Je découvre Narbonne sous cet angle très artistique . Bon week end. Chinou

    Posté par chinou, 22 février 2014 à 15:29 | | Répondre
  • Des envies de balades culturelles au coeur d'une ville que je ne connais que de nom mais avec un billet aussi riche d'anecdotes et de détails, ce doit étre un régal que de suivre tes pas ...

    Posté par louflo, 07 mars 2014 à 22:34 | | Répondre
  • Quel article ! Vraiment très intéressant pour les passionnés, les étudiants et ceux et celles qui ont envie de connaître mieux cette ville et l'art gothique. On ne comprend pas les significations des différentes sculptures et c'est bien dommage mais même si on l'apprenait on ne retiendrait pas tout. Bravo pour cette belle page.

    Posté par Evelyne, 13 mars 2014 à 18:54 | | Répondre
  • Une visite très intéressante et instructive, (de plus tes photos sont belles) je crois bien que je te choisirai comme guide lors de ma prochaine balade en ces lieux chargés d'histoire Un grand merci!

    Posté par plongee, 16 mars 2015 à 22:03 | | Répondre
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