Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

08 janvier 2009

Un village paisible ou les gens vivent en famille

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Un_village_paisible_o__les_gens_vivent_en_famille

Ecouter les anciens, les anecdotes à pisser de rire, partager avec les curieux les derniers touin touin dès 7 heures du matin. Voilà la vrai vie du village que je vais vous évoquer.

Dès l'entrée sur la place du village, vous verrez. Qui, que, quoi, donc, où ? Chacun à sa porte, entrain d'épier le voisin, tournant le bassin pour mieux savourer le futur potin. C'est comme celà qu'en été, vous vous baignez de toutes ces histoires du passé, assis sur le trottoir par rang hierarchique de l'âge où pour finir avec grand regret, sur le tabouret avec l'âge.

Grâce au soleil du Midi, les soirées sont longues pour se réconforter au gré de la brise. Si vous devez chercher quelqu'un, c'est à cette place que vous le trouverez ou au cimetière.

Meurtri_re

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Liane

Je galope avec Géraldine et Fine, amies d'enfance et de toujours. Fine n'est pas que le diminutif de Joséphine, mais à son grand regret, son pseudo car elle n'était pas fine ! Géraldine, eut le sobriquet de "retardataire" car sa mère ne put cacher sa grossesse après 40 ans. "Cette parenthèse, je vous la raconterai une autrefois, car c'est une histoire à elle seule." Sa mère qui n'avait pas de lessiveuse partait au lavoir qui rapait ses mains, elle nous apportait toute dilettante. Elle en était devenue la "Titulaire" car la machine à laver était arrivée au village.

Le lavoir était au bout du village, là où maintenant les lotissements se sont greffés. Vous l'imaginez avec sa panière posée sur la carriole qui servait également à aller changer la bouteille de gaz. La corvée était dure, car nourrir une famille de cinq, c'est tache facile ; mais, laver au lavoir est tout un savoir. Et j'y allais m'instruire. Je me régalais de l'écouter noircir les gens tout en mettant le linge blanc à l'eau. Cette parenthèse nous prenait l'après-midi.

Ah, je blague... au cas où Géraldine tomberait sur ce post !

Lavoir_Moustiers_Ste_Marie

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Liane

Je m'en allais sur les chemins jusqu'au travers de la voie ferrée, là se tenait Achille. Achille tout vêtu de quenille était un ancien de la guerre, abandonné par sa famille qui n'avait pu résisté à cette putain de guerre. Ces doigts écaillés comme le poisson en avaient pris l'odeur et la consistance. Ses ongles m'arrachaient le regard par leur apparence similaire à la coquille d'une moule. Noirs, luisants et usés par le manque de temps à les récurrer, ils semblaient telle une mollusque pouvoir s'accrocher par leur courbe incarnée.  J'en faisais fi et prenais quand même le bonbon qu'il m'offrait et ceux, malgré les recommandations de ma mère de ne parler à intrus. Et pourtant, avec le temps, j'aurai du comprendre la leçon... fille d'institutrice "Tu ne dois pas parler à n'importe qui" "rappelles-toi, l'histoire du petit poucet", puis le chapelet des contes mettait distribué avec le "Chaperon rouge", "les Trois petits cochons", "Blanche Neige et les sept nains", "Pinocchio", "le Petit bonhomme de pain d'épices"...  Et, je dois en oublier. Oh combien, je les aimais, ma mère les contait si bien car elle avait la vertu d'être patiente et afin de me soustraire à la corvée du repas, pour m'en distraire devant mon assiette non entâmée à la fin du repas, elle m'en contait pour essayer de me faire incurgiter un simple aliment.

FRANCE
Liberté,   Egalité,    Fraternité

Parfois, ma mère ouvrait grand sa bouche, qu'elle me donnait l'image de "Mère grand" dans son lit. Toute cette peur pour me dissuader de continuer à voir Achille. Mais vous l'avez compris ? C'était l'histoire de ma mère et elle m'émerveillait. Encore, encore, je répétais sans cesse à tous les repas.

Vous n'imaginez pas comme être fille d'institutrice, peut vous changer toute une vie. Et, les souvenirs des vacances me submergent. En voici, un.

Toute tentative de réfléchir au moment de la dictée du matin était souvent arrêter par le haut parleur de la Mairie qui annonçait par la musique, l'arrivée des marchands ambulants. Tonitruante et incessante, nous nous arrachions à nos occupations, pour courir sur la place du village et, deux par deux, en changeant de partenaire à chaque coup accentué, qui augmentait la cadence, nous dansions la polka jusqu'à son arrêt. Dès la fermeture du haut parleur, et sans interruption, les cris des marchands ambulants retentissaient pour attirer les ménagères avec leur costume taché non pas de lessive mais de gras. Là, nous découvrions leur installation. Leurs ébats, car tout marchand ambulant déambule des mains. Croyez-moi ! c'est tout un savoir de gesticuler et d'aspirer sa salive, pour éviter de couper la verve incessante qui le rend si achronique à notre époque.

Achille se présentait à ce moment-là, juste avant midi, avant la fermeture. Le poissonnier le connaissait et lui réservait les restes des moules invendues. Il faisait toujours en sorte qu'il en reste...

Chemins_de_vie
Chemin de vie

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Liane

Vous connaissez le site de "Caniche rôse" ? Pour y faire référence, je ne peux que vous rapportez que j'avais un caniche blanc royal.

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Liane

Le père de Géraldine était mince comme un ceps de vigne, il regardait les filles debout à l'angle de l'entrée du village avec les doyens. Ces yeux criaient son agitation à leur venue. C'est curieux cette machine qui ne se rouille pas. Aujourd'hui, cet endroit est devenu un carrefour, mais pas de rencontre, car il n'y a plus personne.

Goudron
Sève

A ce souvenir, s'accroche celui de la pompiste avec son cul baissé pour attacher la pompe à la carrosserie de l'automobile. Ah, elle a l'habitude de se baisser. C'est son neveu qui le dit car il l'a surprise en train de reluquer le chauffeur de la citerne ambulante. Non, ce n'est pas des blagues, car au village c'est une grande famille. Et on a des repères. Pour vous dire, que si le neveu l'a dit, nous, nous nous sommes assurés de la véracité. Tous les chemins mènent à Rome disent les anciens, mais s'il y a un endroit à ne pas manquer, c'est le bois, derrière la voie ferrée. C'est là où l'histoire continue. Car la tante, vous suivez ? Et Maxime, le neveu de la pompiste... Elle adorait se faire enflammer par le chauffeur. C'était dangereux dans le village, mais le village s'arrêtait à la voie ferrée et derrière la voie était libre. "Promenons-nous dans le bois, tant que le loup n'y est pas. Si le loup y était, il nous mangerait !". Ils n'avaient pas le temps de se déshabiller, mais qu'importe la scène était amusante. Nous n'en avions pas toujours le sens car nous étions très jeune, mais comme leur histoire dura une décade, je fus jeune fille à mon tour et compris le petit tour !

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Liane

Au café de Mathilde après un verre de la fameuse clairette, les gens parlent avec émotion de la famine qui tourne autour de leur couple. Ils n'ont plus besoin de mettre du souffre devant la porte, qu'importe si elle s'enlise à devenir moche, ils trouvent compassation auprès de leur verre.

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Liane

La mère de Géraldine n'avait pas son pareil pour les coins à asperges. Le chemin des Escoubilles était un régal. Ces coins à asperges sauvages, c'est comme ceux des champignons, cela ne se dit pas ! Il nous fallait toute l'après-midi pour profiter de son éloignement. Dans un sac de plastique qui enveloppait une serviette, nous mettions de quoi goûter et lorsque l'heure marquée par la faim arrivait, nous nous arrêtions dans notre recherche pour goûter avec l'odeur du fumé.

Joluis, sa grand-mère apparaissait avec sa longue silhouette fine, il en était son reflet. Ses yeux d'ambre claire n'en disait guère sur sa sagesse et pourtant ils nous apportaient l'hommage de nous regarder comme des filles jeunes.

Echelle

C'est bucolique de vivre au village. Et le temps des cerises ravive ma mémoire. C'est sous un arbre que Vincent cueilla le fruit défendu. Dès cet instant, ils furent liés par la venue neuf mois plus tard, pas un de plus, du petit Nicolas. Sa mère n'avait pas encore mûri, mais belle et guillerette, elle aimait à raconter sa bouffonnerie. Nicolas était l'enfant du village et j'en devins plus tard, sa préférée pour le baby-sitting.

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Liane

J'aurais aimé taire toutes ces brindilles qui animent la vie du village, mais le feu c'est éteint par l'absence de brins. Pour le raviver, j'ai peut-être aiguisé ma mémoire en éveillant en vous des souvenirs similaires, mais ne pensez pas un instant que ces personnages aient pu exister, ils sont purement le fruit de mon imagination.

J'ai quitté mon enfance sans regret. Et ces passages devenus souvenirs coulent et ne se tarissent pas dans ma mémoire.

.......................
Cahier à mémoire

Traduction  : Français,  Allemand,   Anglais,
Arabe,   
Parution : 8 janvier 2009
Mise à jour  : 8 janvier 2009
Crédit photographique : "Pas à Pas"

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Posté par PASPERDUS à 00:07 - Pêle-mêle - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires sur Un village paisible ou les gens vivent en famille

    beaujour pas à pas

    je reviendrai car beaucoup de lecture, et pas assez de temps pour en profiter pleinement
    par contre,
    j'ai survollé tes illustrations les photos sont magnifiques et me parlent au coeur.
    douce journée à toi
    amitié

    Posté par rsylvie, 09 janvier 2009 à 11:55 | | Répondre
  • ce blog ravit l'esprit et l'oeil )) Quelle plume, quel regard, Mademoiselle!!! Je reviendrai...

    Posté par karine, 12 janvier 2009 à 19:13 | | Répondre
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