Impasse des Pas Perdus

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02 décembre 2007

Vive Saint Eloi ! les charrettes & la farandole

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Le dépaysement est assuré en ce début de mois de juillet, nous sommes à Graveson pour le week-end de l'anniversaire d'Amaury. Graveson est un village au pied de la montagnette des Alpilles, du Garlaban et avec ces maisons de pierre taillée, au charme provençal.

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Mais la fête se mijote. Elle est partout dans cette région, car chaque village organise à tour de rôle le rituel "les charrettes" ou "Carreto Ramado" de la Saint-Eloi, entre les moissons et les vendanges. Temps de pause.

St Eloi, patron des orfèvres et des métaux, d'où des maréchaux-ferrants et de fil en aiguille, est devenu le protecteur des chevaux de labours.

Etendard

Ces festivités sont organisées par les Confréries comme Saint-Roch à Noves, Sainte-Madeleine à Chateaurenard ou charrette des maraîchers, à Mollègès avec la fête traditionnelle des "Ménagers", Maillane, St Andiol, Barbentane... qui fait défiler une charrette, tirée par plusieurs dizaines de chevaux de labour.

Elles se catégorisent en fonction des affinités. Chaque charrette représente un cercle différent qui varie suivant les couleurs politique, la laïcité ou la religion.

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Charrette bleue de Georges Autran

Si l'envie vous en prend, c'est dans les Bouches-du-Rhône (13) que vous pourrez participer à cette manifestation pour fêter le patron d'une des paroisses.

Et au cas où vous repasserez en Provence, prenez date dans le calendrier des manifestations.

Catalans

Il porte la taillole rouge pour donner l'éclat de la fête

Aujourd'hui, c'est le défilé de la Saint Eloi à Rognonas, le "rognon de la Provence "qui se déroule le deuxième week-end de juillet. Cette tradition remonte au Moyen-Age.

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Le cortège avance, moment religieux. Lors de la procession de la statue, après la messe en provençal, les prieurs de l'an passé portent sur leur épaule le saint, en pleine gloire. Statue dédiée à St Eloi qui traverse le village en passant devant l'église.

Un défilé d'Arlésienne suit et la bénédiction de la charrette par le curé donne le départ du cortège.

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La charrette décorée de végétaux sauvages (peupliers, ormeaux, frênes) est garnie de blé, d'avoine. Elle est couverte de feuilles de buis et de fleurs et est tirée en flèche (à la queue leu leu) par 18 chevaux harnachés à la mode sarrasine, c'est-à-dire avec de grands colliers chamarrés, décorés de pompons, de grelots, de lunes de laiton et rubans incrustés de morceaux de miroirs aux milles reflets ; aux parures les plus riches, brodées et ennoblies de blasons, il est difficile de mesurer la richesse, si ce n'est qu'en comptant le nombre de chevaux.

Deux prieurs maintiennent la cadence. Ils sont nommés pour l'année.

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Quant aux charretiers, habillés d'une chemise blanche et d'un pantalon bleu, d'une taillole et d'un béret rouge, couleurs de la République, ils courent à côté des chevaux avec une dextérité remarquable.

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Tout cela, rytmé par le son du fifre, les galoubets et les tambourins qui ouvrent le pas avec la farandole.

Puis vient les porteurs de drapeaux qui claquent, tournent et sont jetés en l'air et rattrapés prestement par les laboureurs.

S'ensuit des chevaux, deux par deux, montés par des jeunes filles aux costumes provençal d'autrefois.

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>> 3 jupons donnent le volume sous la jupe.

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Puis, vient les enfants qui enfourchent à l'aide de leurs parents le cheval. Ils tiennent le fouet et se tiennent au collier garni d'une tortillade (gâteau en forme de couronne). Ceci en hommage à Mireille

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Des personnages aux bonnets phrigiens sont présents,

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Bientôt,  la course prend de la vitesse et atteint le premier virage à angle droit. Le cortège commence à s'étirer, l'attelage est lancé au galop dans un virage acrobatique, le déport est rattrapé juste à temps, maîtrisé par les charretiers qui déclenche une salve d'applaudissements.

L'attelage est composé de mulets habitués à travailler ensemble, de diverses tailles et de qualités différentes. Le "limonier" est le plus costaud, puis vient le "cavihié", suivi par les deux "corniers" et le "devant", le plus petit, mais le meneur qui entraîne l'attelage en avant et qui rytme la calvacade par ses coups de colliers dans les raidillons.

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A nouveau, elles apparaissent. On dit que c'est le 1er tour à la main (2ème tour de course). La charrette arrive à l'angle de la rue, lancée à toute allure et les badots s'empressent de s'éloigner du trajectoire. Saluée par des vivas la joyeuse calvacade attire la foule.

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Trop vite, je n'ai pas pu avoir la charrette, dans le tourbillon...

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Je pense qu'elle est comme moi, elle n'a pas eu le temps de comprendre.

Pompon

Au fait, pourquoi des charrettes. Tout simplement, c'était l'outil de travail de nos paysans en cette région. Autrefois, fête païenne (du latin paganus = paysan), elle était notée pour invoquer les dieux pour que la semence soit bonne pour faire face aux aléas du climat. Puis, elles se métamorphosent en fêtes religieuses et défient le cours du temps, pour aujourd'hui donner ce rassemblement aux couleurs folkloriques que l'on doit manifestement rapprocher auparavant à l'appartenance politique. Cocardes blanches, tricolores ou rouge, va savoir à qui elles appartiennent, car ici, c'est la fête !

La farandole exprime le défilé.

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Sur le cours principal, l'apéritif est de mise. Dans des paniers plats, les enfants proposent des biscuits.

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Dames en costume avec leurs mouflets se prêtent au jeu de la photo. Elles sont belles n'est-ce pas ?

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>> Le chato est le tablier que mette certaines arlésiennes. Elles le revêtent pour protéger la jupe. Souvent il est noué derrière les genoux pour resserrer le mouvement de la jupe pour aider la paysanne dans son travail des champs.

Les anciens se mêlent à la jeunesse et donnent cette carte postale. Ils sont "mimi" tous les deux ?

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Les dames sont parer pour la cérémonie de la robe de piqué du trousseau transmise de génération en génération. Nous admirons le soin apporté à la mise en costume, avec la casaque noire, le fichu, les bijoux, la coiffe avec la cravatte, l'ombrelle, les mains gansées, rien ne manque !

>> La cravate est un carré de mousseline brodé ou festonné qui est plié en deux angles, puis plissé. Elle se pose sur le peigne qui couronne la coiffure. Elle est portée quelque soit l'âge, de la jeune fille à la mamée.

>> Le fichu est en mousseline de couleur blanche, souvent ouvragé. Quand il s'affiche en arrondi, c'est pour donner une liberté de mouvement. Il se croise à la taille sur le devant. Il donne le galbe car il laisse deviner le dos, les fesses, par sa ligne verticale, extrêmement gracieuse.

>> La casaque est portée sous le fichu. Souvent de toile noire, elle sert de chemise.

>> L'ombrelle sert l'été à se protéger du soleil.

>> Le ruban est en velour bleu souvent et comporte des banettes. Quant la personne est âgée, elle porte le bonnet blanc et entoure l'avant de la coiffe du ruban pour masquer les frimas de l'âge, tout simplement pour garnir le front et masquer la perte de cheveux.

Prendre le ruban quant on est jeune fille, c'est avoir 15 ans et être femme, comme sa mère. On appelle cette cérémonie, la passation.

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>> La chapelle est l'ensemble des élèments portés sur le buste : du plastron sur la poitrine, puis vient la guimpe devant l'estomac, suivi du fichu et de la gaze autour du coup.

Il a bien fallu une heure à cette dame pour se parer, mettre les épingles pour attacher les rubans et les dentelles. Quel travail et quel enseignement.

La coiffe est de rigueur,

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>> La coiffe se porte assez haute, les bandeaux sont bien marqués et soutenus par des crochets. Cela donne un port altier, remarquable. Le crochet se place à l'horizontale sous le bandeau et donne sa courbure. L'art consiste de le diriger en fonction de la forme du visage, du profil ; c'est un outil de perfection ! L'arrondi donné sur le bandeau est appelé également le guidon, fermé à l'arrière par une épingle. C'est à cet endroit que va se situer la partie du ruban qui flotte à l'arrière.

>> La coiffure comporte une raie médiane. A l'aide d'un fer, il est donné du volume, des vagues appelées frisons, sur l'avant ou sur les oreilles.

>> Le vellet est l'étole portée sur la tête à la sortie de la messe. Elle est faîte en tulle.

La robe est relevée par   ,

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>> Aucun pli sur l'arrière de la jupe, le tissu est rassemblé sur le fessier à l'aide de l'attache. Certaines jupes sont de forme plus longue à l'arrière.

>> Lorsqu'on porte le deuil, le costume est marqué par l'absence de broderie. Et ainsi, lorsqu'on porte le demi deuil, seul le plastron comporte des broderies noires où simplement les éléments de la chapelle.

Chaque détail est typique de la Provence, là vous pouvez remarquer la croix,

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La petite bourse aux mailles d'argent nécessite tout un art pour la maintenir avec l'ombrelle à bout de bras,

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Chaque charretier prend en main d'honneur une dame en costume d'arlésienne qui rivalise d'élégance avec au bras, son ombrelle en dentelles.

Le blé en bouquet, pour invoquer Dieu de ne pas en manquer,

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Une gardianne se faufile parmi les Arlésiennes. Ici la coiffe est maintenue par un filet et le chapeau de feutrine au ruban noir.

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Voilà, c'est elle !

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Si l'écharppe n'est pas de dentelle, les tissus provençaux sont de sortie,

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A qui sont tous ces pieds et ces jambes, apprêtées pour une danse catalanne ?

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Chaque détail compte, ici vous pouvez admirer, sur la chemise blanche, les poches qui sont brodées au nom de la confrérie de St Roch de Palud à Noves.

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Et c'est ainsi, pendant quatre ou cinq tours.

A la fin de la fête, on met le fouet à l'encan. C'est une vente aux enchères des instruments du cheval et sa bride qui permet de désigner pour l'année qui suit le capitaine. C'est le plus offrant a qui échoit la royauté de la fête.

Cette fête fédère tous les habitants du village.

Les prieurs après la calvacade offrent le festin. Mais, c'est également la fête pour les bestiaux, car il leur est offert du pain bénit, parfumé à l'anis et doré avec des oeufs, appelé en Provence "Tortillade".

Remerciements
Aux habitants de Rognonas pour s'être prêter aux photos
A Amaury pour m'avoir fait découvrir ses festivités, pour sa culture & son sens des traditions.

Biographie
Juillet 2006
Photos personnelles prises lors de la manifestation à Rognonas.

Notes
Si une personne surprise par l'oeil de mon appareil photos souhaite que je retire la photo du défilé de photos. Merci de m'en informer.

Carte
Carte

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Ligne  Dernière mise à jour, le 11 décembre 2007

Posté par PASPERDUS à 23:31 - Vive Saint Eloi ! les charrettes & la farandole - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires sur Vive Saint Eloi ! les charrettes & la farandole

    la St Eloi

    En Belgique , surtout dans le Hainaut: St Eloi et Ste Barde (4/12 textile et ..) sont très arrosés!!!

    Grandes traditions de métallos oblige!
    Je sais quelle sera ma destination cet été , merci
    Valla

    Posté par vallatina, 03 décembre 2007 à 13:05 | | Répondre
  • Superbe reportage ! bravo !
    J'aime beaucoup les petits détails : les coiffures, les accessoires, etc.
    Merci beaucoup pour ce voyage

    Posté par laeriss, 07 décembre 2007 à 21:38 | | Répondre
  • bravo

    mais attention ne pas dire st madeleine cette societe est republicaine et la seule a na pas passer par l'Eglise
    salut amical

    Posté par rousset, 31 mars 2008 à 18:23 | | Répondre
  • Remerciements pour avoir traduit cette ancienne tradition mais les commentaires sont très confus avec de nombreuses erreurs, dommage pour le reportage.

    Posté par Michel BOUISSON, 17 décembre 2015 à 17:10 | | Répondre
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