Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

16 mars 2013

Les oreilles de Buster - Maria Ernestam

 

 

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             Page traduite en anglais

 

CoeurEdition : Gaïa, Montfort-en-Chalosse (Landes)
Parution : 4/9/2011
Traduit du suédois par Esther Sermage
410 pages /ISBN 978-2-84720-202-1

 

 

 

Difficile de ne pas écouter ce qu'Eva nous murmure à l'oreille et elle nous réserve bien des surprises !

 

 

Elsa Triolet
"Le lecteur peut-être considéré comme le personnage principal du roman, à égalité avec l'auteur, sans lui, rien ne se fait"

Sa relation avec les rosiers de son jardin est beaucoup plus simple qu'avec sa famille dont les épines enfoncées semblent ressortir.

Dans son carnet qu'elle nous dévoile tardivement, la narratrice aligne des confessions sur son enfance solitaire qui nous lient et qu'on gardera secret pour qu'à votre tour, vous les découvriez.

 

Citation:
« [...] mais au lieu d’être extravertie, j’étais grave et silencieuse – un trait de caractère indéfendable, car les enfants de ma mère auraient dû être colorés, gais et vifs comme un sac Kelly, pour constituer un accessoire digne d’elle. » (p. 30)

Chaque nuit, elle s'accroche à l'écriture depuis que sa petite-fille lui a offert un carnet pour ses 56 ans. On partage ses émotions, on traverse ses épreuves pour finalement comprendre pourquoi elle tache l'encre de ses aveux, c'est un acte de foi.

 

Citation:
[La nature] peut se montrer cruelle, certes, mais ses fourberies ne sont jamais conscientes. Personne ne décide des mouvements du vent, aucune main ne gouverne le soleil lorsqu'il se cache derrière les nuages. En ce qui concerne les êtres humains, c'est autre chose. Pour ma part, je n'avais que sept ans lorsque l'odeur fétide de la perfidie est devenue si insupportable que j'en suis venue à projeter le meurtre de ma mère. (p. 28)

Ces révélations nous entretiennent sur l'emprise maternelle, amenées par des hiatus entre sa vie et son enfance car la narratrice ménage des pauses lorsque les souvenirs la remuent trop pour nous ramener au présent dans son jardin où chaque rosier lui ravive le passé. Elle se remémore cette femme séductrice dont les rapports avec sa fille sont destructeurs. Dès l'âge de 7 ans, elle prend conscience que l'anéantissement maternel sera la découverte de son identité et de cet éloignement, elle se retrouvera, s'estimera en découvrant l'amour et s'affranchira en tant qu'individu pour construire sa féminité, sans modèle.

 

Citation:
« mon cheminement vers le but ultime, tuer pour ne pas être tuée. » (p. 111)

Elle nous amène à la réflexion sur l'écriture salvatrice, l'énergie d'écrire son histoire pour se réconcilier, se libérer, renoncer.

Citation:
"En levant les yeux, je vois le jour se lever à travers la vitre. Je vais donc poser mon crayon, enfiler mes sabots et sortir, vêtue d'une simple chemise de nuit. Je veux sentir mes roses. Peut-être m'apporteront-elles la sérénité, le réconfort, la certitude que les choses sont à leur place. Dans le cas contraire, je savourerai cet instant de divine solitude". p. 117

Maria Enerstam a une écriture puissante qui mêle les accords et désaccords pour nous faire sentir cette relation difficile d'une petite fille qui cherche la reconnaissance de sa mère, admirablement restituée par l'auteur. Sa construction est fluide et poétique, soupoudré d'humour et elle partitionne dans le temps pour nous faire découvrir son printemps, sa beauté et son éclosion. Elle nous présente aussi la politique sociale suédoise avec les problématiques des personnes âgées, des étrangers.

Citation:
« Quel est le goût de l’effroi ? L’odeur de la peur ? La sensation d’une chute sans fin ? Qu’advient-il des larmes qui ne quittent pas le corps ? Nappent-elles de givre ses parois internes, de manière à ce que les organes gèlent et finissent par s’arrêter, sombrant lentement dans l’ultime repos ? Où finissent les mots qui traversent l’esprit sans être prononcés ? Existe-t-il un dépôt où s’entassent les souhaits inexprimés ? Peut-on respirer une fois de trop ? » (p. 321)

 Les oreilles de Buster est un roman sur l'amour, la confiance et la tromperie.

Citation:
« J'ai répliqué que si Petra avait tellement besoin de parler, c'était peut-être justement parce qu'elle vivait avec un homme pathologiquement taciturne. Sven a protesté :
- Pas du tout. Les femmes ont une réserve de quatre mille mots à épuiser quotidiennement, je veux dire en moyenne, quatre mille mots par jour, et nous les hommes, nous n'en avons que deux mille. A un moment ou à un autre au cours de la journée, nos mots sont tout simplement épuisés, alors que vous, il vous en reste encore la moitié. Et voilà ce qui arrive. Pas étonnant que tant d'hommes soient fatigués.» (p. 122-123)


 Le titre énigmatique obtient son explication à la lecture.

Citation:
« Ainsi notre vie commune se limite à ce que Sven accepte de recracher à la surface, à peu près comme le souffle humide d'une baleine jaillit de ses poumons, à la verticale. Mais notre couple n'est ni meilleur ni pire que bien d'autres. En réalité, nous partageons un quotidien agréable, rempli de vétilles et de banalités. Et nous veillons jalousement sur les secrets que nous sommes seuls à pouvoir connaître »

Couverture

Le coeur aux branches apparemment épineuses matérialise le récit.

Auteur

Maria Ernestam est née le 28 novembre 1959. Le décès de son père Arne, le 31 mai 2006, a affecté sa vie.
Elle a grandi à Uppsala (au Nord de Stockholm) en Suède.

Elle poursuit ses études dans le journalisme, puis la littérature anglo-saxonne et les mathématiques. Elle obtient un Master en Sciences Politiques aux Etats-Unis.

Durant 11 ans, elle travaille en Allmagne en tant que correspondante étrangère pour les journaux "Veckans affärer" et "Dagens medicin".

Sa carrière littéraire débute en 2005 avec le roman "Caipirinha with Death". Elle vit actuellement à Stockholm avec sa famille.

Eclectique, elle multiplie ses performance en exerçant parallèlement à sa carrière, les métiers de chanteuse, mannequin, danseuse,  journaliste et comédienne avec l'interprétation d'une pièce "Jésus Christ Superstar".

Actuellement auteur à temps plein, de quoi étonner ! Ses romans traitent des relations humaines mais mêlent le côté psychologie au suspens et à un humour drastique. Son style en fait une écrivaine reconnue en Suède. Elle dépeind la Suède de l'illusion et de la réalité. Elle a été influencé par ces lectures d'auteur comme "Selma Lagerlöf", "Lagerkvist Pär", "Wilhelm Moberg" et "Majgull Axelsson". 

Son premier roman "Caipirinha med Döden a été conçu après avoir vu un film de Woody Allen sur la mort.

Les romans de Maria Ernestam parus en Suède :

Maria_Ernestam2005 - Caipirinha med Döden ; Caipirinha avec la mort - roman
2006 - Buster öron ; Les oreilles de Buster (traduit en français) - roman
2007 - Klopatras kam ; Le peigne de Cléopâtre - roman
2008 - Alltid hos dig ; Toujours avec toi (1er roman traduit en français par Esther Sermage) - roman
2010 - På andra sidan solen ; D'autre part, le soleil - roman
2010 - Le chat, mes voisins et moi
2012 - Marionetternas döttrar ; Les filles des marionettes (court roman)

 

Maria Ernestam
©Richard Ryan

Ces livres sont publiés dans onze pays : Allemagne, Thaïlance, Danemark, Pays-Bas, Russie, Norvège, France. Ils connaissent un franc succès en France.

Maria vit en Suède avec son mari et ses deux enfants. Elle passe ses étés à Frillesås, sur la côte ouest de la Suède.

Ses envies : boire du thé ! (4 000 tasses par an).

Son site http://www.mariaernestam.com/

Vous pouvez la contacter : m.ackermand @ telia.com

Oscar des "Oreilles de Buster" :

Prix des lecteurs de l'Armitière en 2012
Prix "Page des libraires" en 2011

 

Lire ou télécharger un extrait

Quatrième de couverture

Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu'elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi ta cruauté est-elle plus douce lorsqu'on l'évoque dans l'atmosphère feutrée d'une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l'a jamais aimée. Très tôt, Eva s'était promis de se venger. Et elle l'a fait, avoue-t-elle d'emblée à son journal intime. 

Un délicieux mélange de candeur et de perversion.

 

Résumé

Eva, 56 ans, fête son anniversaire et l'une de ses petites filles, lui offre un journal intime, ce cadeau va déclencher en elle le désir d'avouer un secret qu'elle étouffe depuis 40 longues années.

Les erreurs de l'éditeur

"Roi de Pic"  à remplacer par "Roi de Pique"

Mon avis

Découvert chez " La Pyrénéenne" et "le choix des libraires",  ce roman est d'une noirceur raisonnable et grâce à sa construction, le sujet m'a transporté. J'ai été râvie qu'il accompagne mon week-end ! Un roman que j'ai savouré pour son côté décalé, original et j'apprécie de plus en plus la littérature scandinave pour l'atmosphère si différent des romans français !

J'ai hâte d'avoir votre avis ?

 

 

 

Saint Augustin
"Celui qui se perd dans sa passion perd moins que celui qui perd sa passion."

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Liste de mes lectures "Lire et reliure"

Vous aimerez peut-être : 
(clic sur photo pour lien)

 

L'ombre du vent

La_voie_marion_de_Jean_Philippe_MEGNIN

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Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

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L'ombre du vent
Carlos Ruiz Zafon
La voie marion
Jean-Philippe Mégnin
Les chaussures italiennes de Henning Mankell Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
Dai Sijie
L'art du jeu de Chad Harbach La vie rêvée des plantes
Lee Seung-U

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Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 
Parution : 16 mars 2013 
Mise à jour  :  23 mars

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04 décembre 2011

Les chaussures italiennes de Henning Mankell

 

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Titre original : Italienska skor

Les chaussures italiennes Henning MankellQuatrième de couverture

A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l'archipel. Depuis qu'une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s'est isolé des hommes. Pour se prouver qu'il encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s'y immerge chaque matin. Au solstice d'hiver, cette routine est interrompue par l'intrusion d'Harriet, la femme qu'il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer. Le temps de deux solstices d'hiver et d'un superbe solstice d'été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l'amour et la rédemption.


Profil

La lecture permet de suspendre le temps et dans cette particule, j'y trouve des moments essentiels avec la magie des mots. Je remercie chaque écrivain pour m'avoir fait découvrir son style.

"J'aime mieux être lu plusieurs fois par un seul qu'une seule fois par plusieurs" Paul Valery


Avis d'une lectrice

Unique ! à la découverte de Mankell qui signe là un de ses meilleurs romans.

Dissertation sur une vie, un rappel sur le passé pour rentrer dans le présent avec une autre vie. De cette ambiance sombre il porte l'espoir dans un rythme naturel de la vie privée de chaque personnage.

Un cadre de vie si brillamment décrit avec des personnages qui ponctuent son équilibre d'être seul sur son île de la Baltique à l'abri de tout contact humain. L'arrivée au solstice d'hiver d'une femme étrange brise sa solitude choisie et fait remonter à la surface de cette glace : la peur, les regrets, le malaise, la fureur pour céder progressivement à la rédemption et reprendre les rennes de sa vie (Nous sommes en Scandinavie, pour les rennes).

Mankell est inattendu car il se détache de ses romans policiers pour nous révéler un roman sur l'équilibre du personnage principal face à sa solitude et l'errance personnelle. Il émaille son récit de descriptions sur le "climat". Le personnage principal intègre son corps après avoir creusé chaque matin un trou dans les eaux glacées ou il pénètre pour recevoir la vie.

"Je vais faire aujourd’hui ce que je fais tous les jours en hiver. J’enfile un peignoir de bain et des bottes coupées, je prends la hache et je descends jusqu’au ponton. Il me faut peu de temps pour creuser mon trou, vu que la glace n’a jamais le temps de bien se reformer à cet endroit. Puis je me mets nu et je m’immerge. Ça fait mal, mais à peine suis-je ressorti de là que le froid se transforme en chaleur intense. Je descends dans mon trou noir pour sentir que je suis encore en vie. Après le bain, c’est comme si la solitude refluait un peu."

Ce roman a des effluves très nordiques avec le froid, la solitude, la forêt, des personnages atypiques souvent à la dérive, en rupture avec la société, pris dans leur solitude. Des dialogues plein d'humour malgré un thème profond sur la recherche de soi, qui peut paraître sombre mais Mankell par son écriture maîtrisée lui donne une nuance unique sur le temps, sur l'errance et l'acceptation qui font de ce roman une découverte. Il fait ressortir qu'il est plus facile de se perdre dans soi-même que dans une forêt.

"C’est difficile d’avoir pour plus proche ami quelqu’un qu’on n’aime pas."

Des passages rappellent l'approche Bergman, notamment la fête organisée à la demande d'Harriet, scène qui donne le ton au film "l'heure du loup" du film de Bergman. Son style est dépouillé avec une construction traitée comme une intrigue policière.

 "Le feu brûlait encore au crépuscule. J’ajoutais de nouvelles bûches, je remuais les cendres. Louise a apporté un plateau de nourriture. Nous avons bu ce qui restait du cognac et nous avons vite été ivres. Nous pleurions et riions de chagrin, mais aussi de soulagement parce que les tourments d’Harriet étaient enfin terminés. Louise était plus proche de moi maintenant que sa mère n’était plus là entre nous pour me rappeler mon abandon. Nous étions assis dans l’herbe, appuyés l’un contre l’autre à regarder la fumée du bûcher funéraire s’élever et disparaître dans le noir. »

Une scène mémorable est la découverte d'un vieux créateur italien qui confectionne des chaussures sur mesure "haute-couture" qui vit au fin fond de la forêt au milieu de son atelier. Il lui offre une paire pour que l'homme blessé n'offense plus ses pieds.

L'irréel avec la fourmillière qui envahit le salon, grignote l'espace et qui se juxtapose sur la vie qui prend lentement le dessus sur la mort.

On y retrouve des personnages blessés physiquement et psychologiquement décrit avec beaucoup de retenu, sans voyeurisme ou vulgarité. Le manque se décuple en force pour nous livrer des personnages atypiques et attachants.

Un livre rare et magnifique, avec une très bonne traduction de Anna Gibson.


Biographie

 Henning Mankell Portrait

Il existe deux voire trois Henning Mankell. Le premier était compositeur pour piano aux XVIIème siècle (1868-1930), d'origine suédoise, connu sous le nom d'Ivar Henning Mankell (son grand-père) et celui dont je m'attache à vous décrire a deux facettes : l'écrivain à polars et l'écrivain de romans dont j'ai parlé plus particulièrement car je n'ai jamais lu encore de ses polars.

Né à Harjedalen au centre de la Suède, le 3 février 1948, sous le nom de Henning Georg Mankell. Abandonné jeune par sa mère Ingrid Birgitta Bergström (1922-), il est élevé par son père Ivar Henningsson Mankell, juge d'instance à Sveg. Il a une soeur aînée Ingrid Helena Mankell (1945-) et un frère Gustav Ivar Mankell (1949-). Ses parents divorcent en 1950.

Son arrière arrière grand-père est Johan Herman Mankell (1763-1835) est né à Niederasphe en Allemagne. Il fait une carrière musicale au Danemark. Il s'est marié deux fois et fut le père de 13 enfants dont 1 enfant illégitime. Ils s'appelaient Georg Mankell (décédé après sa mère), Louise Amalia Mankell (1806-1806), Friedrich Ferdinand Mankell (1807-1807), de la première épouse Johanna (née Keiser) Mankell (+1839), puis vint Friederica Amalia Mankell (1814-1889)...   Entre 1780 et 1799, il voyage en Hollande. Il fait partie de l'église morave. Il s'est battu contre la France en 1792 à la bataille de Valmy. 

Ses arrières grand-parents sont Emil Theodor Mankell (1834-1899) et Sofia Amalia Häggström.

qui ont eu trois enfants Gustaf (1865-xxx), Emil Gunnar (1866-1932) et Ivar Henning Mankell (son grand-père). Les trois enfants sont pianistes. En deuxième noce, il épouse Sara et ils ont une fille Anna Mankell (1880-1926), professeur de langues.

Son grand-père, Ivar Henning Mankell (1868-1930) est également violoniste amateur, écrivain et artiste. Il a étudié au conservatoire à Stockolm de 1887 à 1893. Il écrit en 1893 "Une vie" qui raconte les luttes d'un artiste. Il peint sous l'influence de l'impressionisme français. Il est décrit comme solitaire, personnage timide se préférant seul avec son piano ou dans la nature. Il épouse en 1905 Agnès Karolina Lindblom. Ils eurent  trois enfants dont Ivar Henningsson Mankell (son père) (1906-1972), Sigrid Mankell (1908-1980) et Birgit Agnes Helena Mankell (1918-). Il est nommé en 1917 membre de l'Académie Royale de Musique.

Son nom Mankell n'est pas d'origine suédoise. Ses ancêtres ont immigré du Schleswig-Holstein en Suède au XIXème siècle.

Il grandit à Sveg (Härjedalen), puis à Boras (Västergötland).

De par l'éducation de son père athé, il ne fut pas instruit au catholicisme. De sa grand-mère, il prit le goût de l'écriture et dès l'âge de six ans, il veut devenir écrivain. A sept ans, il écrit son premier roman, une parodie de Robinson Crusoë qu'il décline sur deux pages. Ces lectures durant ces vacances à Gryt l'amènent à rêver de voyages en Afrique, décrit comme un continent lointain explorer par tant d'auteurs.

Il ne reverra sa mère qu'à l'âge de quinze ans.

Il est le gendre d'Ingmar Bergman, dont il a épousé en seconde noce, sa fille Eva. De sa vie privée, il ressort qu'il s'est marié quatre fois et donc divorcé 3 fois. De ses enfants, je ne vous conterai rien.

Il partage son temps entre la Suède et le Mozambique.

A seize ans, en 1964, il quitte son lycée et son pays. Il embarque pendant un an comme marin. Il débarque en France en janvier, gare du Nord et s'installe à Paris "la ville où l'on devient écrivain". Il trouve un emploi à Belleville dans un atelier pour réparer des clarinettes, puis dans un champ de courses où il est chargé de l'entretien des chevaux. Ces petits boulots lui permettent de payer son loyer 2 rue Cadix, près de la porte de Versailles. La nuit il confit ses écrits à son journal de bord qu'il ne publiera jamais.

Ses livres de prédilection sont d'auteurs tels qu'Albert Camus, 

A l'âge de 17 ans, il débute sa carrière comme assistant-metteur en scène au Riks Theater de Stockholm. 

1968, présent devant les barricades à Paris. Il en garde un souvenir impérissable, une cicatrice sur la tête suite à un coup de matraque donné par un policier.

A cette même période, il a milité contre la guerre du Vietnam.

En 1970, il s'installe en Norvège et devient le compagnon d'une norvégienne, membre du Parti Communiste maoïste. Il prend part à certaines activités, sans prendre la carte.

Quelques années plus tard, à la mort de son père en 1972, âgé de 24 ans, son rêve d'Afrique le poursuit. Il part dans le Zambie avec pour première destination la colonie portugaise : Guinée-Bissau. Il a l'impression d'y être familier.

Il quitte à moitié la Suède pour cette Afrique où il devient chef département du théâtre de Växjö. De ce continent qui l'isole de ses origines, il recueille avec assez de recul les observations sur son pays natal qu'il égrène dans ses histoires qui font sa célébrité dans le monde entier. Ses romans sont vecteurs de critique de la société comme d'autres auteurs qui le précédent tels que Maj Sjöwall et Per Wahlöö. Ses polars sont considérés comme la continuité de la saga de Martin Beck écrite entre 1965 et 1975 par le couple Maj Sjöwall et Per Wahlöö.  Mankell utilise toujours les mêmes règles pour pointer du doigt son inquiétude sur l'avenir de la Suède et du Monde qu'il répète à chaque nouveau roman, comme un message.

En 1985, il s'installe à Maputo dans le Mozambique.

1989, il revient en Suède après un séjour de deux ans en Afrique. Il avait pris l'habitude de vivre 6 mois dans un pays, puis 6 mois dans l'autre. Or, il découvre après deux années consécutives en Afrique, le changement opéré dans la société suédoise qu'il s'inspire pour écrire Wallander et inviter le lecteur à s'associer à son étonnement sur le changement de modèle suédois qui rejette les traditions et donc, les bannis de la société.

Passionné de théâtre, il a ensuite dirigé une scène de la province de Scanie. Cette occupation fait qu'il ne publie aucun livre entre 1984 et 1990.

Il se fait connaître pour ses polars avec la série Kurt Wallander qui met en scène un inspecteur du même nom et ses enquêtes qui débutent en 1991, série d'une douzaine de polars.

 

Il a reçu le prix "Nils Holgersson" en 1991, mais également l'Académie suédoise lui a décerné le Grand prix de la Littérature Policière - Le prix "Mystère de la Critique".

Il poursuit ses écrits avec des livres de jeunesse, des romans sur l'Afrique, sur les problèmes de société et plus tardivement des pièces de théâtre. 

Il dirige depuis 1996 une troupe professionnelle "Teatro Avenida" à Maputo (Mozambique où il vit une partie de l'année) qu'il finance par ses droits d'auteur. 

Il est fan de romans noirs latino-américains.

Il a créé sa propre maison d'édition "Léopard Förlag" en Suède et réinvestit les revenus de ses romans policiers dans la publication des talents émergents d'auteurs du tiers-monde : africains, asiatiques.

Création d'un atelier d'écriture "Memory Books" qui permet aux malades du Sida de laisser à leurs enfants un témoignage de leur existence, seulement des mots en héritage.

Il est également connu en tant qu'auteur engagé et ses opinions sur "l'Aparthied israelien" qu'il dénonce et qui le pousse à la lancer le challenge du boycott culturel et universitaire d'Israël en réfléchissant d'interdire la traduction de ses livres en hébreu pour censurer l'Etat au travers de ses lecteurs qu'il prendra de ce fait en otage. Il n'a de cesse de rappeler que les gens se réfugie dans la religion pour se protéger, de cette peur de l'avenir. Trouver refuge dans la religion c'est vivre dans l'illusion du paradis pour éviter la peur de l'autre, l'étranger, ce bouc émissaire. La haine interdit de réfléchir que l'Islam baigne notre culture européenne. Le conservatisme comme le fascisme naît de la peur.

Il sauve un journal de gauche norvégien de la faillite en achetant pour 50 000 SEK d'actions de Klassekampen.

Il a été retenu en le 31 mai 2010 sur un des six navires de la flotille humanitaire internationale en faveur de Gaza, attaquée par des soldats israéliens et qui provoqua une dizaine de victimes. Mankell avait embarqué en mai 2010 sur le HMS Sofia, avec 480 autres militants en direction de Gaza, pour transporter 10 000 tonnes de produits à destination des territoires occupés. Il publie le 5 juin 2010, un récit de cette expérience dans les plus grands journaux dont Libération (France), El Pais (Espagne), La Republica (Italie), The Toronto Star (Canada), The Guardian (Royaume Unis) et Dagbladet (Suède). Voir document

Mankelle est un ancien Maoïste.

Mankell "Top des meilleures ventes" : soit 5% des ventes annuelles de polars sur le marché, juste après Fred Vargas.

Son livre sera adapté en film en 2012 par le réalisateur Kenneth Branagh qui a jeté son dévolu sur deux comédiens de renom Judi Dench et Anthony Hopkins. Le tournage est programmé pour fin 2012.

Voir son .

 

Du même auteur

  • Le mineur de pierre (1972)
  • Bersprängaren (1973), son premier roman où il véhicule une critique de mode de vie suédois à travers l'acteur principal Oskar Johansson
  • Meurtrier sans visage (1994) ou Mördare utan ansikte (1991, son premier roman traduit par Philippe Bouquet)
  • 1. Les chiens de Riga (2003) ou Hundarna i Riga (1992)
  • 2. La lionne blanche (2004) ou Den vita lejoninnan (1993)
  • 3. L'homme qui souriait (2005) ou Mannen som log (1994)
  • 4. Le guerrier solitaire (1999) ou Villospår (1995)
  • 5. La cinquième femme (mars 2000) ou Den femte kvinnan (1996)
  • La muraille invisible (2002) ou Brandvägg (1998)
  • La Pyramide (pas encore traduit) ou Pyramiden (1999) qui comprend cinq nouvelles
  • Avant le gel (paru le 6 septembre 2005) ou Innan frosten (2002)
  • Les morts de la Saint-Jean (2001) ou Steget efter (1997)
  • Labyrinten (2000, non traduit en français)
  • Le retour du professeur de danse (2006) ou Danslärarens återkommst (2000)
  • Profondeurs (2008) ou Djup (2004) ouvrage dans lequel l'auteur médite sur le mensonge en entremêlant divers genres et passe ainsi du théâtre au roman policier,
  • Le fils du vent (2004 ) ou Vindens son (Titre original)
  • Tea bag (2007) (2001 titre original)
  • Le cerveau de Kennedy (2005) ou Kennedys hjärna (Titre original)
  • L'homme inquiet (xxxx) où le lecteur retrouve Wallander, retraité mais toujours prêt à s'investir dans une nouvelle affaire,
  • Le chinois (2008)
  • les enquêtes policières de l'inspecteur Kurt Wallander et ses collègues de la police d'Ystad
  • Le retour du professeur de danse (2000) (traduction en 2010)
  • Daniel (1er septembre 2011)
  • Le roman de Sofia (traduction d'Agnès Segol & Marianne Segol-Samoy, compilation de trois ouvrages : le Secret du feu, le Mystère du feu,  la Colère du feu qui ont été édités en France en 1998, 2003 et mai 2011) 

 Détective Wallander par_Kennet_Branagh

Kenneth Branagh dans la peau du détective Wallander

Lecture pour enfants 

  • Le secret du feu (1995),
  • La Société secrète (1998),
  • Le chat qui aime la pluie (2000),
  • Le Mystère du feu (2003).

Pièces de théâtre :

  • Apelsinträdet (1983)
  • Alskade sister (1984)

 

Vu à la télé

La grande librairie : entretien avec François Brusnel

Festival de littérature palestinienne du 23 au 28 mai 2009

Invité au Salon du livre à Paris en 2011, du 18 au 21 mars 2011, rencontre avec le public le samedi 19 mars à 15 heures.


Les éditions

Livre Les chaussures italiennes Henning Mankell

 Les chaussures italiennes traduit du suédois par Anna Gibson
 de
Mankell, Henning    Gibson, Anna (traducteur)
 Editions seuil - 2009
 
ISBN : 9782020944656
 Parution : 8 octobre 2009
 Genre : roman étranger
 Pages : 341
 Prix éditeur : 21,50 euros

 

Extraits

"Il y a une beauté spéciale qui n'appartient qu'aux femmes trés âgées. Dans leurs rides sont inscrits toutes les marques, tous les souvenirs de la vie écoulée. Je parle des femmes trés agées,celles dont la terre réclame déja le corps."

 

"Je suis sorti sur la jetée. Le vent était frais. J’ai perçu l’odeur salée de la mer malgré la glace épaisse. Des lampes disséminées éclairaient le port, où quelques bateaux de pêche solitaires flottaient contre les pneus de protection.

J’attendais la lumière du jour pour entreprendre la traversée. Comment j’allais me débrouiller avec ma vie, après tout ce qui s’était passé, je n’en avais aucune idée.

Là, tout à coup, sur la jetée, j’ai fondu en larmes. Chacune de mes portes intérieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il, ne cessait de gagner en puissance. »



Autres auteurs nordiques

Jorn Riel, Herborg Wassmo, Lars Gustafsson (la mort d'un apiculteur)

 

Notes personnelles

  • Comment ai-je choisi ce livre ? le net est une belle approche pour trouver des genres différents et c'est sur le blog "Rose & Gris, au gré de mes envies" que j'ai découvert l'envie. Il fait partie d'une série assez noire avec Sukkwan Island de David Vann, Julius Winsome de Gérard Donovan d'auteurs différents mais qui après l'étonnement de l'histoire, m'ont fait découvrir d'autres horizons.
  • Lecture de novembre 2011
     
  • Recherche de Mankell sur le moteur de recherche Google

 

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Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais
Parution : 4 décembre  2011
Mise à jour  : 4 janvier 2012

 

 

 

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