La veillée décomposée
<<Précédente |
Accueil | Suivante >>
|
Devant moi, j'en suis quasiment certaine, la mort est là. Celle qui nous sépare et nous réunit. Mes premiers pas d'adulte se faisaient en damier, comme un jeu de "d'âmes" ou d'échec. J'avais perdu l'homme, le pion indissociable de la famille, le père. Le trouble, le supplice extrême se présentaient comme une guillotine. Sa vie s'était retirée, arrachée en débris sur le bord de la route. Ce grand malheur de ne pouvoir être seul, vient qu'il n'a pas su rester dans sa chambre et de sa sortie, il a fait rentrer la mort, les retrouvailles et les souvenirs effacés. L'ordre des événements est l'héritage anticipé. Je suis parmi ces devinettes, ces histoires de famille dont la trame parfois usée laisse apparaître le jour. Tandis que son âme s'élève, j'attrape froid sur mes lèvres qui tendent à extraire un dernier souvenir par ce baiser sur la tempe. J'écoute sans entendre, sans rien attendre car il est dit qu'il ne reviendra plus. C'est la levée du corps vers le néant dans l'inclémence du ciel qui nous plombe de ses rayons et de douleurs. Le cortège s'étire emmenant au passage les voisins, les amis, les badots, le clergé jusqu'à ce pavé de terre travaillé qui exhume l'odeur "Poussière tu reviendras". Tristes les regards, ces masques cloisonnés le temps de la cérémonie. Sur la tombe d'à côté, j'aperçois Marie et je me retourne, pour voir mon oncle Joseph. Ou est donc passé Jésus, cet homme itinérant qui a laissé sur la route, mon père. |
Le soleil ce jour-là s'étalait comme un ventre Merlin et la vieille Femme, §1, in Alcools. Guillaume Appolinaire |
Suite -La terre & les semailles-
Un accident de la route mortel hier sur la route d'Agde dans l'Hérault. Vers les 5 heures du matin, une voiture a quitté la chaussée et s'est encastrée dans le rail. Le conducteur est décédé sur le coup. L'automobiliste était âgé de 42 ans.
BIOGRAPHIE
Essai
..................................
Traduction : Français, Allemand, Anglais, Arabe, Hollandais
Parution : 3 février 2012
Mise à jour : 3 février 2012
<<Précédente |
Accueil | Suivante >>
Le sommeil fuyait de mes yeux, l'atmosphère s'inondait d'inattentions, la tension baissait au risque de s'étouffer. S'endormir sans y réfléchir. Je le désire.

