Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

20 septembre 2015

Sur les pas de Gide, aux Concluses de Lussan

 

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Les Gorges de l'Aiguilllon, aussi appelées par les gens du pays "Les Concluses de Lussan" (J. Sallustien 1901, F. Mazauric 1904), sont des gorges dominées par de hautes falaises criblées de cavités. L'Aiguillon prend sa source dans la plaine de Vallérargues, à l'Est du Mont Bouquet. Le nom de "Concluses" provient des mots conques, cluses, cuves qui avec tinos désignent les marmites du lit de l'Aiguillon.  La roche calcaire est creusée par l'Aiguillon, affluent de la Cèze et le Merderis. L'aiguillon est un cours d'eau temporaire.

tinos vient de "Tinno" qui veut dire cuves, marmites de géant en patois languedocien.

André Gide

Ce site est classé comme un des plus pittoresques du Gard. Son histoire file comme l'eau qui l'a creusé au fil du temps, durant des siècles, voire des milliers d'année. Les baumes à flan de falaise témoignent de l'ancienne circulation des eaux en surface, aujourd'hui disparue. L'enfoncement du karst des gorges de Merderis et de l'Aiguillon est en relation avec les sources de Goudargues et de la Bastide. L'eau après les précipitations s'infiltre dans le sol à travers les calcaires marneux pour créer des voies souterraines. Lorsque l'eau s'achemine, elle dissout le calcaire et modèle le relief dit karstique. Il faut donc mentionner l'abondance des lapiès. Elles sont taillées dans le meme massif que les gorges de l'Ardèche.

 

Vue du Belvédère

 

Les pluies sont donc torrentielles, l'humus du sol érode et corrode la roche. Les cours d'eau ont des régimes très irréguliers (Cf. épisodes cévenols, souvent mentionnés par la météo), d'où ce modelé piqué de trous, de grottes & sources. Ce phénomène favorise l'aridité. La falaise est ponctuée de grottes où nichent les oiseaux. Au dessus, le plateau calcaire s'élève à 300 mètres. Le relief est karstique. Ce massif est constitué d'une végétation de garrigue basse dont le chene pubescent est l'essence dominante. Le genévrier, le buis, le thym sont dans la combe. La végétation est odorante. Elle bénéficie d'un climat méditerranéen avec des étés chauds et secs et des hivers doux.

Baumes sur la falaise

Sur la gauche, le lit rejoint la baume du Biou ou grotte du boeuf. Le canyon de Merderis (F. Mazauric, 1904)est moins spectaculaire et vraisemblablement, il doit son nom à la présence d'au stagnante et saumatre.

Un peu plus au Nord se trouve l'aven de Camelié. Les eaux drainées en surface s'engouffrent dans l'aven et rejoignent la source de la Marnade. L'aven a plusieurs salles, puits et galeries dites "Montagnes Russes", "Métro", "Rivière Fossile".

Marmitte de Géant

Ruisseau de l'Aiguillon

Sur la droite, en aval donc, vous passez une passerelle pour atteindre le portail qui est un resserrement des parois du canyon. Cet étranglement est du aux falaises de la rive droite et de la rive gauche qui se touchent presque jusqu'à former une ogive rustique. Elles s'élèvent à plus de 30 mètres.

Passerelle qui longe le

Le lit est creusé de marmites de géant, tandis que des baumes entaillent les falaises à différents niveaux.

Canyon de Lussan

Baumes à différents niveaux

Des gours offrent l'agrément en été de pouvoir se baigner.

6 km, de découverte à faire à pied. Il est fortement conseillé de ne pas s'y promener seul et de veiller que le climat s'y prete. C'est là où commence la pratique du canyoning au printemps et de l'aquarandonnée en été. Il est nécessaire de vérifier les arretés préfectoraux qui l'interdisent à certaines périodes, afin de préserver et sauvegarder le milieu aquatique.

Mes pieds hésitent à entreprendre le canyoning

A sec l'été, le lit du torrent permet de marcher. Au printemps, il est possible de faire du canyoning. A l'automne, il n'est pas rare que les précipitations empechent de s'y hasarder. D'octobre à mars, l'eau est présente. Certains passages sont équipés de main courante en cable ou en fil de fer. Au fur et à mesure de l'avance, on passe des "crans", sorte de cascades.

IMG_6535

Du parking, il faut compter 30 mn pour descendre les 1km 100 du sentier et atteindre le départ du circuit. Sachez que le parking n'est pas surveillé et donc très peu sur, les touristes subissent le désagrément des vols. Ne laissez RIEN dans vos véhicules.

IMG_6540

Cette zone n'est accessible qu'à pied. Un belvédère offre une vue superbe sur le défilé rocheux.

Du portail, vous pouvez continuer la promenade pour aller visiter le menhir surnommé "La pierre plantée" (dit également : Peyrefiche). C'est l'un des menhirs les plus grands de la région, il mesure 5,6 mètres de haut.  Il date de la période chalcolithique qui désigne la période où un outillage de pierre, principalement, a été assemblé avec le cuivre.  Il s'étudie au niveau des mesures d'énergie et se situe au milieu de "paliers" ou "portes énergétiques".  Si vous optez pour ce choix, le chemin est bien tracé, suivre les bandes jaunes.  Il faut compter 2 km de plus pour y arriver. Durant cette randonnée, vous pourrez aussi voir "La table du Turc".

Petite anecdote, durant la Révolution, Théophile Gide(grand-père d'André Gide) se réfugia dans une grotte pour échapper à la guillotine. En effet, il participa à la rédaction du cahier des doléances de Lussan, mais aussi celui du Gard. Réhabilité après la chute de Robespierre, il devient Président du Tribunal d'Uzès. Il se portera acquéreur après la Révolution du chateau "de Fan" à l'entrée du village près de la rivière. Le mot "Fan" vient de "Fanum" gallo romain (temple). Il fut construit sur les ruines d'un ancien temple. Il était consacré aux Nymphes, "Fanum". La petite rivière qui prend sa source au pied, s'appelle donc "Le Fan". Le chateau de Fan restera une résidence d'été de la famille jusqu'en 1920, date de son acquisition par la municipalité.

 

Itinéraire

Si vous souhaitez vous y rendre, c'est à mi chemin entre Alès et Bagnolssur Cèze.

A partir de Montpellier, prendre l'autoroute jusqu'à Nimes, puis empruntez la D 979 en direction d'Uzès. Après Uzès, prendre direction Lussan. A l'entrée de Lussan, prendre la D 406 et tourner à gauche immédiatement sur la D143 vers Verfeuil sur 4 km. Tourner à gauche sur la D643 et vous arrivez sur un premier parking que vous laissez pour accéder au deuxième où vous garez votre voiture.

Départ de Lussan (30 Gard)
Dénivelé : 150 m

A 7 km environ du village de Lussan
Carte Michelin : N° 80, pli 9.
Carte IGN 1/25000 N° 2940 Ouest

A faire dans les environs

Lussan, village de caractère où André Gide vécu durant son enfance. Ce village a prospéré grace à la filature.

Le menhir du chacolithique qui mesure plus de 5,60 mètres, lieu dit "Bois du Vallat de Nerderie".

Un peu plus loin, n'hésitez pas à vous arreter à Goudargues, la Venises provençale pour vous rafraichir tout au long des canaux.

Puis une halte s'impose aux cascades du Sautadet avant d'aller arpenter les rues de la Roque-sur-Cèze.

 

Références

 

 

Bibliographie

Canyoning du 19 septembre 2015

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution :  Dimanche 20 septembre 2015
Mise à jour  : 20 septembre 2015

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Posté par PASPERDUS à 00:20 - Commentaires [11] - Permalien [#]
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23 novembre 2014

Allons, passe passe passe Allons passe donc... Les Moulins de Bertrand

 

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Une petite escapade tout le long du cours de l'Hérault qui nous a amené au Moulin de Bertrand. Ce moulin à eaux se trouve en amont du Pont de l'Hérault en direction du Causse-de-la-Selle.

"C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source."
Jean Jaurès, homme politique français (1859-1914)

Barrage du Moulin de Bertrand

La source de l'Hérault naît au Mont Aigoual à 1288 mètres d'altitude. C'est un fleuve capricieux qui est sujet à des fortes augmentations de débit avec les pluies d'automne. En moins de 10 km, il chute de 1000 mètres d'altitude, au niveau de Valeraugue.

Capricieux avec ses épisodes cévenols, mais aussi impétueux, car des monts calcaires jurassiques jusqu'à nos garrigues du Causse-de-la-Selle, il entraîne des fortes crues qui érodent la roche pour former des gorges. Les gorges sont de plus en plus serrées et deviennent spectaculaire au niveau du Pont du Diable à Saint-Guilhem-le-Désert.

Au niveau du Pont du Diable, les eaux bouillonnent dans des marmites de géant.

Au dessus du pont, vous pouvez voir un béal. C'est un petit muret qui conduit l'eau vers des terres situées en contrebas. L'eau circule le long de ce canal avec un débit calculé afin d'éviter tout entretien.

L'Hérault avec ses 120 km de long, traverse le département du Gard pour pénétrer celui de l'Hérault au niveau de Ganges. Ce fleuve termine sa course au Grau d'Agde et à la Tamarissière où il se jette dans la mer Méditerranée. L'unique plan d'eau est le barrage du Moulin de Bertrand et la retenue du Belbezet.

Tumulte Barrage Moulin de Bertrand

 

C'est dans le site des gorges de l'Hérault que le barrage hydroélectrique se situe. Il fait partie des 3 ouvrages les plus importants qui jalonnent le fleuve dont deux sont dans les gorges : Le Moulin de Bertrand et le barrage de Belbezet, alors que le troisième se trouve à la sortie des gorges : La Meuse de Clauzel qui se situe sur la rive gauche de l'Hérault.

Après l'avoir franchi, par l'intermédiaire d'un pont, vous arrivez au moulin. Le moulin fut construit à l'époque dite "moderne" et plus précisèment au siècle dernier. Il résiste aux dégâts des différents épisodes cèvenols, sa structure est souvent submergée. L'homme utilise le fleuve pour sa force motrice qui entraîne les roues du moulin.

Moulin de Bertrand Gorges de l'Hérault

Les cerclages des meules furent boulonnés et non rivetés. Les meules étaient en meulière (pierre) qui était importée des carrières environnantes, comme celle de Poussan.

Les plaines alentours sont modelées par l'activité humaine. Les champs sont cultivés au gré des saisons. Les ripisylves sont boisées de chênes et peupliers. Le reste est dominé par une végétation garrigueuse où pousse le buis parmi les éboulis.

L'eau de l'Hérault est dérivée par le canal de Gignac, pendant la saison d'irrigation qui s'étend de mars à octobre.

Les moulins avaient une place importante dans l'activité de la région. Surtout, durant la période du Xème et XIème siècle où il y a une forte croissance démographique. Ils permettaient de transformer le blé en farine et donc de produire du pain. Le pain sacralisé dans les milieux rurals où les voies de communication étaient difficiles d'accès. Il semble important de noter que les moulins s'installaient là où il y avait une église. Car chaque communauté en fonction de son dynamisme avait une église et donc un moulin. Les guerres de religion entraînaient la fermeture des églises et des moulins qui étaient sous le pouvoir seigneurial.

De ce fait, les grains de blé devaient être moulus à proximité des foyers. Leur fréquence atteste de l'occupation et de l'activité de chaque commune. Chaque moulin a son originalité dans sa conception. Les matériaux utilisés pour les mécanismes sont en fonction du système de gestion de l'eau. Il fallait donc s'adapter au lieu et à l'activité. Ils étaient donc implantés à proximité des concentrations d'habitation.

Les matériaux étaient récupérés sur les lieux. Souvent le buis servait à fabriquer les systèmes d'engrenage, et le chêne pour les pièces les plus imposantes, telles que le moyeu ou la roue.

C'est à la Révolution que les droits d'eau et de vent furent abolis. Auparavant, chaque Seigneur prenait un droit de moûture.

En 1935, une réglementation mit fin à l'activité car il fut fixé un quota de farine à produire. L'industrialisation sous jassante donna le glas à ce patrimoine.

En juin 2000, le barrage de Bertrand fut aménagé d'un chenal dans la roche sur la rive droite de l'ouvrage, afin de permettre aux espèces migratrices son franchissement tant dans la montaison qu'à la dévalaison. Cet aménagement permet la libre circulation pisicole.

Sur les berges autour du pont, les dernières pluies ont laissé leurs traces.

Le pont fut construit au XIXème siècle car le gué de Figuières ne permettait pas par mauvais temps d'accéder sur l'autre berge.

Barrage du Moulin de Bertrand

Après le pont, la route s'enfonce dans le vallon et serpente jusqu'à Saint Guilhem le Désert.

Nous arrivons au gué des Figuières. Là, un autre moulin privé fortifié. Les moulins depuis l'Antiquité font partie de l'histoire ruraliste du cours de l'Hérault. Cette technique remarquable remplaça le moulin à bras ou à bêtes (ânes et chevaux) qui fut utilisé auparavant. Il permet un rendement supérieur et appartient au Seigneur du coin. Puis, les moulins deviennent des biens en copropriété.

Le bassin industriel s'enfonce jusqu'à Saint-Guilhem-le-Désert et ces réalisations fluviales sont donc nécessaires pour l'exploitation agricole céréalière.

Seules les constructions en pierre ont pu résister et peuvent être datées. Les Moulins de Bertrand sont visibles de part et d'autre du fleuve. Ils semblent apparentés aux installations de Plancameil et de Brunan, par le plan architectural : voûtement, baie, appareil...

Celui de la rive droite fut reconstruit au XVIIIème siècle. Ils furent utilisés jusqu'au milieu du XXème siècle comme le prouve l'électrification partielle du site.

Le moulin est conçu sur un plan barlong muni d'un éperon triangulaire ou étrave qui lui permet de résister aux assauts de l'eau.  Cet éperon alimentait l'eau du moulin par un couloir d'accélération des eaux (entrée large, débouché étroit). L'eau rentrait dans une chambre voûtée en berceau par le bief. Le bief est l'ouverture pratiquée en aval et en amont du moulin.

 

Eperon du Moulin de Bertrand

 

Les roues par paire étaient installées horizontalement et tournaient en sens inverse l'une par rapport à l'autre. Elles fournissaient l'énergie aux deux jeux de meules dites volante et dormante. Les roues étaient disposées au fond d'une cuve circulaire et l'eau qui entrait suivant la tangente du cylindre, gonflait et s'introduisait dans le cylindre en formant un tourbillon. La roue contrainte de tourner entraînée l'arbre moteur et la meule se mettait en rotation. Les roues étaient en dessous de la salle des meules. Les roues à l'époque médievale étaient dans les pays septentrionaux, posées à la verticale.

La salle de meunerie était également voûtée et bâtie en blocage. Elle était recouverte de dalles. La pierre coquillée utilisée est la même que celle utilisée au moulin de Plancameil et à la tour des prisons de Saint-Guilhem-le-Désert. Les meules sont toujours dans le moulin malgré les nombreuses fois où il a été submergé.

Les Gorges de l'Hérault font partie du site "Natura 2000".

Les sources des Cent Fons sont en aval du Moulin de Bertrand et se jettent dans l'Hérault. Mais les gorges de l'Hérault ont également des pertes par des sous écoulements qui sont réutilisés parfois dans la zone des garrigues ou ressuscitent sous forme de source comme celle d'Aniane nommée St-Rome.

Les autres moulins sur l'Hérault

Mas du Moulin à Gignac
Moulin de Saint-Martin-de-Carcarès
Moulin de Jourmac
Moulin-Vieux à Saint-Bauzille-de-Putois
Moulin Neuf à Saint-Bauzille-de-Putois (rive gauche)
Moulin de Bertrand, Saint-Martin-de-Londres
Moulin de Figuières à Argelliers avec roues horizontales
Moulin de Plancameil ou Moulin de la Tour à Saint-Guilhem-le-Désert (XIIème siècle), avec roues horizontales
Moulin de Brunan à Saint-Guilhem-le-Désert
Moulins de Font-Clamouse à Saint-Jean-de-Fos avec roues horizontales
Meuse de Clauzel à Brissac
Moulin Neuf à Brissac
Moulin Aubanel à Brissac (aujourd'hui disparu)
Moulins de Belarga, rive gauche
Moulin Les Laures à Paulhan avec une noria
Meunerie de Roquemengarde à Saint-Pons-de-Mauchiens
Moulin des Près à Pèzenas
Moulin de Conas à Pèzenas, rive droite
Moulin de Saint-Martin-de-Murles à Pèzenas
Moulin de Castelnau-de-Guers
Moulin de St Thibéry au domaine de l'île
Meunerie du Concasseur à St Thibéry
Moulin du Duc d'Uzès à Florensac
Moulins Bladier à Bessan
Meunerie d'Agde

 

Bibliographie

Visite le 16 novembre 2014

N'hésitez pas à parcourir le blog de Dominique Clément "Hérault insolite" pour découvrir d'autres lieux et moulins.

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Dimanche 23 novembre 2014
Mise à jour  : 23 novembre 2014
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Posté par PASPERDUS à 18:30 - Commentaires [7] - Permalien [#]
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13 avril 2013

Le parfum et le vin

 

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Hier, j'étais à la conférence sur le vin, donnée par Jean Natoli à Castelnau-le-lez et je me suis laissée aller à réfléchir si le parfum partagait le même registre émotionnel que le vin ?

Je voyageais dans le monde des odeurs et je m'aprêtais à y réfléchir quand Fédérica me demanda le nom de mon parfum ? "Eau de Narcisso Rodriguez for Her" que je gardais discrètement sur ma peau. 

Je m'arrêtais à ce premier mot : "Eau" et la confusion fut forte devant le nom : vin. Le terme "minéral" était le mariage parfait entre ces deux matières. Les nuances olfatives de chacun m'amenait à penser aux senteurs de fruits, aux essences de pétales pressées, à l'éternel Iris et son rhizome qui poudre au même titre que les épices comme l'ambre, la cannelle et le musc, le parfum.

Je pris ce verre présenté, pour mesurer sa courbe galbé, sa teinte charnue et son côté sensoriel pour sa rondeur et sa robe grenat. Tenu par son pied, le verre faisait rouler le liquide qui distribuait en séquence rythmée,  ses arômes épicées et de terre charriée qui évoque en moi la senteur du cuir poivrée. Je m'énivrais de ses effluves, en mettant de côté, pour un instant le côté gustatif. 

Le vin et sa complexité m'amenait à penser que l'oenologue était au même titre que le nez chez un parfumeur, en quête de nouvelles alchimies pour élaborer des fragances inédites dont les formules ne sont pas divulguées.

"On ne déguste pas dans le palais des autres" est le reflet philosophique de notre besoin socio-culturel. Le vin est aussi musical, au même titre que le parfum, ces notes se déroulent avec le temps. Il a des "notes" de tête, de coeur et de fond qui constituent la partition de sa création.

Les comparaisons se mélangeaient tout au long de la conférence. Le nom et l'étiquette, la couleur et la texture, le prix et l'emballage et la symbolique qu'est la France à l'étranger pour ses parfums et son vin.

Bien sûr, il y avait de l'eau mise à disposition pour déguster les vins.

Mais est-ce un mariage que l'eau et le vin ? Je fus confuse de découvrir le nom de mon parfum : eau. N'est'il pas plus naturel que l'eau, est-ce la quintescence d'afficher ce nom "eau" pour un parfum dont les effluves font penser à la rosée sur les pétales. J'abordais ce sujet dans la contemplation car chaque mot décliné m'amenait son lot de souvenirs et de bonheur.

 

Je l'avais donc choisi, comme le vin, pour son étiquette et son nom ? Quoi de plus féminin ! Et à chaque questionnement, je pouvais donner une réponse au parfum comme au vin. Cette part de rêve, de luxe et de séduction quand vous vous aspergez avant d'aller à la rencontre du vin.

Dans l'univers du parfum, une des différences est le prix de ce nectar appelé vin.  Par la spéculation, il peut atteindre des sommes jamais vu au niveau des grandes marques de parfum et devenir ambroisie.

 

Ouvrir une bouteille, c'est aussi un message que vous envoyez à vos amis. Trouver la bouteille qui correspond au moment et à l'importance que vous y donnez, se pèse. Mettre une bouteille en évidence sur la table donne le ton à la soirée ! Le vin c'est une affaire de convivialité.

Que dire de ces deux univers réunis. Ce fut une soirée réussie, le vin ne fut que plaisir, l'ambiance enrichie par des connaissances retrouvées et une conférence appuyée sur des grands noms et des grands vins !

Cette conférence a permis de verbaliser le vocabulaire utilisé par les professionnels, de connaître la cartographie des vins et les différents cépages autorisés. Présentation de la diversité de l'offre avec des visuels sur le marché du vin : pyramide des prix en comparaison avec celle du Languedoc Roussillon qui donne une atrophie vers le sommet en comparaison de l'offre française, pyramide des nouvelles appellations en comparaison avec les anciennes au regard de la législation européenne et française.  J'ai beaucoup apprécié son regard sur le respect de l'environnement, sa présentation des données socio-démographiques, l'analyse sur les comportements d'achat en fonction des pays, du niveau de vie et des concepts de mode.

Je remercie particulièrement Jean Natoli, agronome, oenologue conseil et vigneron, pour son discours ambiant et pour nous avoir communiqué son savoir-faire, sa sensibilité et sa passion.  Il nous a invité à déguster, ressentir, voir et savoir les vins de sa cave personnelle, sous la directon d'un sommelier qui dirigea la dégustation afin de reconnaître les odeurs, d'améliorer notre perçu en bouche lié à la minéralité.

Cette soirée agrémentée d'amateurs éclairés, de vin d'un choix particulier dont j'ai retenu une étiquette "Gens et Pierre", intéressante pour sa double image dont je retiendrai le sens de celle qui m'accroche "caillou" !

 

 

Alors amateur de vin, quel parfum portez-vous ? et est-ce que cela dérange vos narines ?
 

Lexique  

Intrants : produits de levures ou tanins
AOP : dénomination d'un produit dont la production, la transformation et l'élaboration doivent avoir lieu dans
         une aire géographique déterminée avec un savoir-faire reconnu et constaté.
IGP : signe officiel européen d'origine et de qualité qui permet de défendre les noms géographiques et offre une possibilité
        de déterminer l'origine d'un produit quand il tire une partie de sa spécificité de cette origine.
VSIG : Vin Sans Indication Géographique
AOC
Minarilité : La minéralité évoque un "goût", un "arôme", la "bouche", et "l'acidité. Elle fait partie de la 
famille des aromatiques
                 qui regroupe la craie, le fer, le pétrole, le naphte, l'iode, la terre et la pierre à fusil.
Arôme : il décrit soit un cépage, soit une technique de vinification, soit encore un stade d'évolution. 
Notes parfumées : violette, fleur de sureau, bourgeon de cassis, myrrhe, vanille, framboise, fruits secs, fleurs blanches...

Sécrétions animales utilisées dans le parfum : musc, ambre, civette, castoréum
Synthèse des molécules : courmarine (1868), vanilline (1874), musc (1891), ambrarone absolu (1926), ...

 

Encépagement du Languedoc Roussillon 

Rouge 
Le Cabernet Sauvignon : très coloré et tannique qui développe avec l'âge des bouquets complexes avec une dominante de sous-bois
Le Carignan : puissant, bien coloré, avec des tanins durs et parfois une amertume finale
Le Cinsault : note de poivre, délicatesse des tanins
Le Grenache : puissance alcoolique et grain de tanins particuliers
Le Mourvèdre : apport de fraîcheur et arôme balsamique
La Syrah : arôme cassis, graphite et encre

Blanc

Le Grenache, Le Picpoul, La Clairette, Muscat

Rosé

Le Cinsault

 

 

Conférence sur "Les idées reçues sur le vin"
à l'initiative de "Connaissance et partage"
Vendredi 12 avril à 19h30

Evènement ouvert au grand public
Palais des sports "Jacques Chaban Delmas" de Castelnau-le-Lez 
Salon VIP

Jean Natoli : Agronome, oenologue conseil, vigneron bio, 
                   Exploitant du Mas des Quernes à Saint-Jean-de-Fos
                   Exploitant du Mas Cascal dans le Vaucluse.

Philippe Combes : géologue

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Crédit photo : natoliandco.com/trinquefougasse.com 

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Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 
Parution : 13 avril 2013 
Mise à jour  :  13 avril 2013
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