Impasse des Pas Perdus

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17 février 2017

Cluny où le Moyen Âge se pare

 

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Visiter le Musée de Cluny est un retour dans le temps. Cet ancien hôtel, résidence parisienne des abbés de Cluny fut édifié au XVème siècle. C'est l'une des deux seules résidences médiévales conservées dans la capitale et le premier exemple d'hôtel particulier entre cour et jardin. Le jardin, lieu d'agrément et de promenade est sur l'arrière du batiment.

Cet hôtel particulier est composé de deux ailes, l'aile gauche abrite une galerie ouverte sur la cour, tandis que l'aile droite apparaît avec son puits d'où la présence des cuisines à proximité.

Sa façade remarquable a des éléments relevés. Des fenêtres à meneaux, des bandeaux moulurés qui séparent chaque étage et en bordure de toit, une balustrade ajourée qui laisse entrevoir des lucarnes aux armoiries de la famille d'Amboise.

L'exposition traite de la dynastie mérovingienne tant côté artistique qu'intellectuel.

A l'arrière de ce logis se trouve la chapelle.

Pendant un temps, les légats du Pape s'y installèrent, puis changement de destination, le logis deviendra une imprimerie, jusqu'à la Révolution où le batiment sera mis en vente comme bien national.

Il a été transformé en musée privé en 1832. Les vestiges du Paris médiéval sont dans le square en face. Ces éléments architecturaux furent recueillis par Alexandre du Sommerart, grand collectionneur.

En 1843, à la mort d'Alexandre du Sommerart, l'Etat achète ce musée pour rendre public ces collections. Edmond, le fils d'Alexandre en est le conservateur.

En 1846, cet hôtel est classé Monument Historique.


Il est situé dans le Vème arrondissement, au coeur du quartier Latin. C'est au XIIIème siècle que l'Université de Paris est créée dans ce quartier. L'enseignement prodigué par les membres du Clergé est en latin. C'est pour cette raison qu'il fut nommé "Quartier Latin".

Le lieu abritait les thermes gallo romains de Lutèce, construits à la fin du Ier siècle. D'une superficie de 6000 m2, le frigidarium est impressionnant. Cette salle froide des thermes du Nord (également appelé thermes de Cluny) est le plus ancien monument connu de Lutèce. Il est daté de 14 après Jésus Christ. Cet espace vouté est spectaculaire par sa hauteur de 15 mètres. Les parements et les enduits ont été soigneusement restaurés.

La salle offre tous les aspects du fonctionnement des thermes par son niveau inférieur qui situe l'adduction en eau, le niveau intermédiaire servait au personnel technique et à l'administration des bains et le point supérieur était pour les usagers.

On y retrouve le Pilier des Nautes qui fut découvert sous "Notre Dame de Paris" et qui fut offert par les bateliers à Jupiter, mais aussi dédicacé à Tibère (14/37), mais aussi le Pilier de Saint Landry daté du IIème siècle.

 

 

IMG_0812Vierge et enfant, Paris (1400)

Frise

Gabriel, signifie "messager de Dieu". Dans le nouveau testament, il apporte la bonne nouvelle à Marie en lui annonçant la naissance future de Jésus.

L'archange Gabriel est représenté sous cette sculpture qui fait partie du groupe de l'Annonciation. La Vierge est surprise par l'Ange en pleine méditation. L'Ange pose en génuflexion

IMG_0816Annonciation, Normandie
2ème moitié du XVème siècle

 

Frise

Ariane, statue en ivoire d'éléphant qui fut réalisée à Constantinople, au début du VIème siècle. Cette figure antique fut trouvée dans une sépulture de la Vallée du Rhin, avec les deux tetes de lion en cristal de roche.

Ariane est une figure mythologique qui est associée à Bacchus, en tant que compagne.

Elle est représentée vêtue d'une tunique fluide qui laisse entrevoir un sein. Ses yeux étaient autrefois incrustés de perles de verre. Deux amours la couronnent. Elle est accompagnée de deux figures, un satyre et un ménade jouant des cymbales.

IMG_0839Ariane (Vième siècle) de Constantinople
haut relief en ivoire

 

 Frise

Voici le prêtre de Sérapis, statue gallo-romaine trouvée au XIXème siècle à Paris. Elle fut longtemps nommée Julien l'apostat, du nom de l'empereur du IVème siècle.

Cet empereur apparait barbu et couronné comme sur la statue. Des recherches récentes font apparaitre que cette oeuvre est du règne d'Hadrien (IIème siècle), ce qui conduit à y voir l'image d'un pretre anonyme.

 

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 Frise

 

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Adam provient de Notre Dame de Paris.

Adam

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Dans les ruines des thermes antiques,

IMG_0841Fauteuil du Roi Dagobert

 Le fauteuil de Charlemagne, fils de Pépin le Bref. Aussi appelé, Roi Dagobert. Il provient du Cabinet des Médailles. Le dernier qui l'utilisa fut Napoléon.

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  Frise

 

 

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  Frise

 

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IMG_0845Chaussure de Saint Germain

Saint Germain est une figure importante de la conversion chrétienne dans le Jura. Ces chaussures, aux lacets roses, en soie de Chine, sont d'inspiration Copte.

 

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Les trésors de Guarrazar, Guadamur (Castille).

La croix votive fait partie de l'histoire du trésor Guarrazar. Elle provient de la Fuente de Guarrazar (Castille - La Mancha (Espagne). Elle est de l'époque wisigothique, au milieu du VIIème siècle.

Elle est conçue d'or de saphirs, d'émeraudes, d'améthystes, de perles et de cristaux de roche mais aussi de nacre et de jaspe.

Une partie de l'ensemble fut l'objet d'un échange avec le gouvernement espagnol (loi du 19 juillet 1941).

 

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Cette couronne sertie de gemmes rappelle que chez les grecs, se couronnait de jade, etc. permettait d'enlever les mauvais sorts. Les pierres étaient utilisés dans la mythologie dans les rites de sorcellerie ou magie.

   Frise


 

IMG_0856Christ XII (Auvergne)

 

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Cinq de ces représentations de la Dame à la Licorne forment une allégorie des cinq sens qui représentent le goût, l'ouie, la vue, le toucher et l'odorat.  Elle est composée de six pièces et la 6ème est celle du sixième sens, déduction de son ensemble qui a pour devise "Mon seul désir". Est ce l'amour ?

La licorne est une créature avec un corps de cheval orné de pattes de chèvre, d'une dent de Narval en guise de corne. L'animal mythique est le symbole de la chasteté au Moyen Age.

Dans les récits de Marco Polo, plus particulièrement dans l'oeuvre "Le livre des Merveilles" c'est animal appart.

Le fond de la tapisserie est nommé un "millefleurs", style caractérisé par le fait qu'il est composé d'une multitude de petites plantes et fleurs. Ce motif est populaire dans l'art et l'artisanat du Moyen Age. Il est souvent représenté dans les enluminures des manuscrits.

La couleur bleu sombre contraste avec le rouge vermeil.

Le bestiare quant à lui émeut par les lapins mignons, un chien à tête d'ours, des oiseaux, ... La Dame aux cheveux blonds coiffés de fils de soie est délicate dans son regard.

Ces tapisseries datent de 1500, elles furent commandées par une famille bourgeoise lyonnaise "Le Viste" qui avait pour amoirie les trois croissants d'argent. Le dessin provient d'un peintre dit "Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne" (Jean d'Ypres). Oubliées dans un chateau de la Creuse, elles furent découvertes par Prosper Mérimée.

Chef d'oeuvre d'art en tapisserie.

 

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Dame à la Licorne Le ToucherLe Toucher

 

Dame à la Licorne sens

La Dame à la Licorne 6A mon seul Désir ou Intuition

 

 

 

   Frise

Une salle est dédiée aux vitraux. Ces vitraux sont d'une richesse iconographique.

IMG_0825Paris, Musée de Cluny  Musée national du Moyen Âge

 

IMG_0880Portement de croix (1500), chapelle de l'Hotel Cluney

Ce panneau de vitrail représente un des épisodes de la passion du Christ précédent la Crucifixion. Il appartenait à la Chapelle de Cluny vers 1500. Il semble qu'il fut commandé par Jacques Amboise dans les ateliers les plus réputés de la Capitale qui auraient conçus également les dessins de la Dame à la Licorne.

Le peintre verrier a démontré sa maîtrise de la technique par l'usage de la grisaille et du jaune d'argent. On peut voir des détails dont le pourpoint clouté et l'épaulette du garde en premier plan.

Collection de 1834.

 

 

 

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 Ce vitrail représente la résurrection des morts.

 

IMG_0822Résurrection

 

 

 

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 Vitrail de la Sainte Chapelle de Paris. Date antérieure à 1248.

IMG_0826Job importuné par Satan

 

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L'arbre de Jessée provient des vitraux de l'abbaye de Jarcy.

L'arbre de Jessé représente l'arbre généalogique de Jésus qui illustre son appartenance à l'histoire des hommes. L'arbre est enraciné dans le sol et monte vers le ciel, c'est le symbole du lien entre la Terre et le Ciel.

Jessé avait sept fils.

Dans le livre d'Isaïe, il est écrit : Et sortira une branche de la souche de Jessé, et une branche poussera de ses racines".

 

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   Frise

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Vitrail quatre apotres Cluny ParisVitraux de l'ancien couvent de la rue Morand

Ils datent des environs 1270 et furent créés pour la chapelle du château de Philippe-Auguste. Entre 1687 et 1689, ils apparaissent dans la chapelle construite par les Bénédictines.

Ils représentent les quatre apôtres : Saint Pierre, Saint Paul, Saint Jean et Saint Jacques.

 

IMG_0883Vitrail "Adoration des Mages" Rouen, église de Saint Vivien vers 1410

 

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Oeuvre de Hans Grieff, conçu pour Anna Hofmann, épouse du receveur de la ville d'Ingolstadt en 1472.  Le nom du concepteur est noté sur le dos de la statue, ainsi que le prix.

Cette statue reliquaire  de Saint Anne Trinitaire est en argent repoussé, gravé, partiellement doré et peint.

La Sainte tient sur ses genoux la Vierge et l'Enfant qui porte un petit coffret reliquaire.

Dans les pays germaniques, la dévotion à Saint Anne était très répandue.

IMG_0877Sainte Anne Tinitaire (1472) Ingolstadt argent doré

 

  Frise

 

Les bijoux sont multiples. De nombreux objets religieux dont des bagues qui ont appartenu aux papes. Certies de pierre précieuse, elle ne manque pas d'air.

L'orfévrerie offre un pan de la virtuosité des artisans. Sertis de pierres précieuses, les bijoux sont pièces uniques.

Une des techniques de l'orfèvrerie est le "cloisonnement" des pierres. Elles sont enchâssées dans des compartiments de métal. Entrelacés de fins fils d'or ou d'argent qui sont soudés sur la pièce. A l'inverse de la damasquinure consiste à incruster un métal précieux dans un métail plus grossier, tel que le fer, à l'aide de sillons préalablement creusés.

 

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La Rose d'OrLa Rose d'Or

 

Elle provient de la cathédrale de Bale (Suisse) et fut commandée par le pape Jean XXII (1316 1334). Elle fut créée à Avignon par Minucchio, orfèvre de Sienne (Italie). Chaque année, à l'occasion du Careme, le pape offrait une rose d'or à celui qu'il souhaitait remercier et honorer.

Offerte à Rodolphe de Nidau, comte de Neuchatel, elle fut transformée par l'heureux propriétaire qui y rajouta un noeud filigrané du XIIIème siècle avec ses armoiries.

La rose est le symbole de la Passion du Christ (rose d'or), fleur mariale associée à la Vierge mais aussi une fleur courtoise qui évoque le désir et le plaisir.


  Frise

 Ce pied reliquaire de cuivre date du XIVème siècle. Il abrite les restes du pied du cousin de Charlemagne, l'abbé Saint Adalhard, mort en 826. De taille plus petite que nature, il reste néanmoins très réaliste. Il a été fabriqué en Italie, une inscription en italien orne le haut de la cheville "Ici, à l'intérieur se trouve le pied de Saint Adalhard, abbé".

C'est une oeuvre d'art sacré.

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  Frise

 

Ce coffre a pour motif le "voyage des Mages" et "l'adoration des Mages" sur le coté. Il date de 1200.

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La nature dans l'art du Moyen Age est souvent représenté. La population vit à la campagne, les villes sont des jardins où l'on trouve meme des vignes et des champs. Les animaux comme la végétation peuplent les oeuvres d'art.

 

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   Frise

La chasse de l'adoration des Mages est un coffret destiné à abriter les reliques.

Oeuvre de Limoges qui fut exécutée vers 1220-1225, en émaux à décor profane. Ce coffre de Guala Bicchieri appartenait à un grand collectionneur et diplomate aguerri. Il est présent dans la collection du Musée de Cluny depuis 2004, date de son acquisition.

 

Chasse Cluny

   Frise

Ce disque d'applique au décor d'un cavalier avec son faucon. Il est daté vers 1200-1210. Il est en cuivre champlevé, émaillé, gravé et doré. D'un diamètre de 7,1 cm, il est conservé au Musée de Cluny.

Médaillon décor Disque

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Ce coffre appartenait au Cardinal Gula Bicchieri (1160-1227) de l'abbaye Saint André de Verceil. Il est en bois de noyer et est orné de médaillons d'iconographie profane.

Les décors étaient souvent de motifs végétaux, mais parfois bestiares avec pour particularité la faune fantastique.

Coffre Cardinal Guala Bicchieri

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La vierge ouvrante vient de l'ordre des chevaliers teutoniques qui étaient sous sa protection. Lorsqu'elle est fermée, elle tient l'Enfant. Dès lors qu'elle est ouverte elle nous laisse entrevoir la Trinité sous la forme de Dieu le Père qui soutient le corps de son fils Jésus Christ. Cette représentation se nomme "Trône de Grâce". Elle fut interdit au milieu du XVIème siècle.

Elle fut acquise en 1890.

 

Vierge ouvrante Vierge Trinité

 

 

Frise

 

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   Frise

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IMG_0811Retable  Descente de croix

 

 

   Frise

Cette sculpture est de l'atelier de Daniel Mauch. Elle date de vers 1500 1510. Elle est conçue en tilleul polychromé.

Dans l'ancienne région historique du Sud de l'Allemagne qui était appelé "La Souabe", soit "Schwaben, entre la Foret Noire et la Bavière, de nombreuses cités autonomes développent une production sculptée abondante et de haute qualité, vers 1460 et 1530.

 

Sculpture douze religieuses en prière

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Des couvertures de Bible incrustées de pierres précieuses, etc.

Un retable est à l'entrée. Il représente les scènes de l'enfance et de la Passion du Christ (Pays Bas et Champagne).

 

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    Frise

Ce buste de femme est un porte serviette.

Porte serviette

 

    Frise

La chapelle

Art religieux gothique flamboyant, caractéristique par ces motifs en forme de flamme (également nommés soufflets ou mouchettes). La chapelle a pu etre préservée dans son état d'origine. Seules les 12 statues qui complétaient les niches et qui représentaient la famille de Jacques d'Ambroise, abbé de Cluny (1485  1510) ont été détruites sous la révolution en 1793. Pour la petite histoire, cette représentation pourrait également être les 12 apôtres.

Pilastre de Cluny

 

 

 

D'autres maisons médievales sont à découvrir dans Paris dont l'Hôtel du Sens (Musée Forney).

 

Adresse

6 place Paul Painlevé
http://www.musee-moyenage.fr

Accès payant de 8 euros, gratuit le 1er dimanche du mois

Bibliographie

Visite lundi 16 janvier 2017

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : 18 février 2017
Mise à jour  : 18 février 2017


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22 janvier 2017

Vision étrange de l'anatomie de la sirénomélie

 

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Visite du Musée Fragonard qui est implanté à l'école vétérinaire à Paris. Appellation qui rend hommage au premier Directeur et Professeur d'Anatomie de cet établissement, Honoré Fragonard. L'anatomie est roi.

Honoré Fragonard est né à Grasse en 1732, ce chirurgien fut un pionnier de l'anatomie des animaux dans la première école vétérinaire à Lyon. Il réalisa des pièces anatomiques qui furent installées dans le cabinet d'anatomie de cet établissement.

Le fondateur est Claude Bourgelat, écuyer du roi Louis XV. L'établissement est situé à l'extérieur de Paris, au confluent de la Marne et de la Seine.

Le Roi Louis XV créa une école vétérinaire à Paris et recruta Fragonard en 1765 qui devint Directeur. Certaines pièces furent dispersées en 1795 et se retrouvèrent au Muséum d'Histoire Naturelle. Il mourut le 5 avril 1799.

4200 pièces sont inventoriées à la Maisons-Alfort dont les fameux "Ecorchés" qui font le succès aujourd'hui de cette exposition. Ces présentations du règne animal sont en références à l'homme. L'ensemble sur 500 m2 est un patrimoine qui a pour vocation de restituer le témoignage d'une époque. Une sorte de sanctuaire, un musée d'un musée est né.

Cette école détient le titre de deuxième école vétérinaire au monde après celle de Lyon, Musée Testut-Latarjet. Ce Musée est l'un des plus anciens musées de France et est antérieur au Musée du Louvre qui date de la Révolution.

Le cabinet du Roy fut créé en 1766. Ce nom est en hommage à Louis XV. Depuis sa réouverture en 2008, il rassemble les préparations à visée éducative. Certaines pièces ont pour caractère d'impressionner les visiteurs en tant que cabinet de curiosités. Moulages, squelettes et anomalies de la nature (cyclopes, sirènes, veaux à deux têtes), ainsi que les célèbres écorchés de "Fragonard" composent l'ensemble. Le Directeur et conservateur actuel, est Christophe Degueurce, en poste depuis 1993. Le Musée est rattaché au Ministère de l'Agriculture.

Nous avons pu observer suivant un ordonnancement les vitrines. Le Musée est organisé en trois sections thématiques dispersées dans quatre grandes salles.

Pour l'heure, la raison de la visite est la collection de monstruosités dédiées à la tératologie. La mythologie des Grecs et des Romains est riche en monstres, centaures, géants, cyclopes... dont la réalité n'est pas mise en doute. Ce n'est qu'à partir du Xème siècle qu'apparaît les manuscrits qui donnent des illustrations. Un des manuscrits anglo-saxon "Marvels of the East", fut conservé grâce aux moines copistes, dans le scriptoria des monastères. Des êtres fabuleux sont également décrits dans les récits de voyages de Marco Polo (Le livre des merveilles). Les relations avec les monstres des légendes et les observations de la tératologie humaine ont été évoquées par les médecins et les biologistes. C'est en 1891 que l'on admet cette possibilité. Derrière chaque création imaginaire se cache donc une parcelle de réalité, en particulier pour la sirénomélie.

Une momie au Temple de Zuiryuji (Osaka) 1682 démontre l'existence ancienne. Une autre se trouve au Temple de Myouchi (Kashiwazaki, région de Niigata), ainsi qu'au Temple de Karukayado (Hashimoto, région de Wakayama).

La momie du Temple Shintoiste de la ville de Fujinomiya. Cette momie mesure 1.70 m et est âgée de 1400 ans, elle est la plus grande et la plus ancienne existante. Sa tête est grosse et chauve, excepté quelques touffes de cheveux entre son nez et son front. Les yeux et la bouche sont ouverts, les mains palmées sont composées des griffes. Le bas du corps ressemble à celui d'un poisson. Cette momie est hélas en assez mauvais état. C'est le plus ancien témoignage de nouveau né mal formé. Ce foetus humain fut momifié.

Un foetus sur 100 000 serait atteint de cette pathologie dite "sirénomélie" (Mermaid syndrome) ou "syndrome de sirène". Cette malformation est considérée comme sporadique. Il existe des cas de récurrence intrafamiliale.

Sirénomélie
Sirénomélie Musée Fragonard - Paris

Cette malformation congénitale induit que les membres inférieurs de l'embryon sont fusionnés et les pieds écartés, comparable à une queue de poisson. Les membres sont dans un même étui cutané et peuvent comporter un seul fémur ou double. Les pieds fusionnés (sirène sympode), unique (sirène monopode) ou inexistant (sirène electromèle) sont une des particularités.

Les lésions sur les organes abdominaux sont dues à une hypoplasie du bourgeon caudal. Cette anomalie entraîne un dysfonctionnement des vertèbres lombaires et sacrées, l'imperforation anale, des reins atrophiés, ainsi que sur le tractus urinaire.

Cette agénésie (absence de formation) des reins et sphincters clos, imperforation anale, absence d'organes génitaux externes apporte souvent des complications physiologiques. D'autres malformations peuvent se rajouter dont l'association VATER (aplasie radiale, atrésie tracheo-oesophagienne), des cardiopathies, et des spina bifida.

L'origine de cette maladie serait due à un défaut de migration des cellules épiblastiques vers le chordo-mésoblaste au 16ème jour du développement foetal qui induirait un déficit de la partie inférieure du corps.

 

Sirénomélie
Sirénomélie au Musée Testut-Latarjet à Lyon

 

Il n'y a que trois cas de survie dont la petite péruvienne Millagros Cerrón née en 2005. Shiloh Pepin qui est décédée en mai 2009 à l'age de 10 ans, vécue dans le Maine avec ses parents. Tiffany Yorks née en 1988 qui a subi des interventions suite à cette affection. Ses os toutefois sont restés fragiles et elle souffre de problèmes de mobilité. Seulement trois victimes de ce défaut congénital sont recensées.

Le  diagnostic anténal se fait par le biais de l'échographie et permet de détecter le syndrome. Si le pronostic n'est pas favorable, une interruption de grossesse pour motif médical (IMG) est réalisée.

La sirénomélie n'est pas reconnue chez d'autres mammifères que l'homme. La prédominance masculine a pour ratio 3. Une étude permet de dire que ce syndrome est souvent associé à un diabète maternel ou l'administration de vitamine A.

Un spécimen existe au Musée Testut Latarjet de Lyon et un autre au Pavillon Fragonard à Paris.

Sirène : animal fabuleux, à tête et à torse de femme et à queue de poisson, qui passait pour attirer, par la douceur de son chant, les navigateurs sur les écueils (? Inconciliable, cit. 3). Ulysse et les sirènes (l'Odyssée, xii).
Chants des sirènes. Écouter le chant des sirènes : se laisser charmer, séduire.
D'après le Grand Robert de la langue français

 

POISSONS PSAUTIER RUTLAND

 

 

En savoir plus

Musée Fragonard se visite sur le Net

 

Adresse

7 avenue du Général de Gaulle, Paris
Ligne 8

A voir également,

Palais Rohan à Strasbourg
Musée de la guerre au Vietnam (War Remnants Museum)

Musée de Bruxelles
Musée Testut-Latarjet de Lyon

Bibliographie

Visite du 13 janvier 2017

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : dimanche 21 janvier 2017
Mise à jour  : 21 janvier 2017


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13 novembre 2015

Le Père-Lachaise, le monde d'ombres de Paris

 

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De passage à Paris, je n'ai pu résister à me heurter à ces nombreux hôtes dans ce musée de culture qu'est le cimetière du Père-Lachaise. Je suis rentrée dans ce passage où le temps s'est arrêté. J'ai mélangé mes pas à ceux inconnus pour traverser ce siècle et rejoindre chaque tombe jusqu'à la nuit qui pour eux est éternelle. 


Expression"Il n'y a pas de pas perdus»
Citation d'André Breton

 

 

Madame LESOT (1822-26 janvier 1859, à l'âge de 42 ans), dite "Marguerite la cressonnière" est née Marguerite Guérinière Capenneterie. Artiste dramatique qui se présenta sur scène et joua la comédie. Femme libérée, elle écuma les plaisirs de la vie.

Le monument fut érigé par ses amis.

Mme Lesot
Division 12

 

 
Expression"Se souvenir est facile pour ceux qui ont de la mémoire.
  Oublier est difficile pour ceux qui ont un coeur"

de Gabriel Garcia Marquez

 

J'aspire par ce bel après-midi à un peu de solitude pour flâner en toute liberté et lire les épitaphes. Cette mémoire des mots de ces âmes parties rejoindre l'empire des cieux. Ces mots consolateurs qui accompagnent le glas éternel me fait penser que le cimetière semble un enclos où se réunissent ceux dont la mort vint les séparer.

 

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Allégorie de la douleur

Madame Gourlot, femme de peintre Louis-Sébastien Gourlot. Sur la tombe est inscrit que la statue représente la douleur sous les traits de sa femme.

Louis Gourlot est né en 1778. Disparait en 1816.

La statue fut érigée en 1816.

Expression"Par sa veuve désolée dont cette statue représente les traits"
Epitaphe de la tombe de Louis
-Sébastien Gourlot

 

Tombe de Mr Courlot
Division 11

Le cimetière est protégé par tant de verdure que la lumière caresse les stèles. J'en oublie tous les drames qui gisent dans l'éternel sommeil de ces noms connus. Sur cette terre gorgée de douleurs surgit des cathédrales en miniature où dans l'antre, la lumière n'est que vitraux. Les arbres chantent et déposent l'automne tel un tapis de feuille.

 

 

 

Frise

Le serpent Ouroboros est un symbole antique qui représente un serpent qui mange sa queue. Il représente le renouvellement cyclique perpétuel de la vie et de l'infini, d'où la mort et la renaissance conduisant à l'immortalité.

Il est aussi utilisé comme un symbole de totalité, le mercure et la vérité. C'est aussi un des éléments de l'emblême de la Société Théosophique, ordre mystique fondé en 1875, non représenté dans ce cas là.

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 Les circonvolutions d'un serpent qui a des rayons sur l'enseigne d'un médecin représente la douleur.

 

Frise

 

 

 

 

Paul Vaudrey (1873-1951), sculpteur, a conçu ce monument qui restitue d'après photographie ce magnifique portrait en pied de Suzy Latron (1904-1932), née Gazard.

Mariée, morte à 28 ans.

Elle représente par sa toilette une époque que j'aime "Les années folles". A sa main, un livre en guise d'épitaphe.

 

Expression"Et Rose elle a vécu, ce que vivent les roses, l'espace d'un matin"
Epitaphe de la tombe de
Suzy Latron

 

 

 

 

Suzy Latron

 

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Frise

 

 

Le cimetière est constellé de vitraux qui agrémentent les chapelles privées. Les sujets les plus retenus sont religieux. Ils représentent des scènes de la vie du Christ ou Marie, mère de l'humanité. Les caprices du temps rendent nécessaire de les entretenir, car à leur tour, ils disparaissent pour l'éternité alors que certains sont signés des plus grands maîtres verriers de l'époque tels que Billard, Collinet, Champigneulles, Houzé & Reigneron, Jean-Pierre Mauméjean... 

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Frise

 

 

Je vais me recueillir sur 1804 d'entre elles, 1804 comme sa date de création. Chapelles, mausolées, édicules ou simples stèles livrent l'histoire de l'art avec ces différents styles, ces différents matériaux qui donnent des arabesques aux mosaïques, vitraux et autres matériaux. 

 

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A l'origine, l'illustre François d'Aix de La Chaise (1624-1709) dit le Père La Chaise, confesseur du roi Soleil y vint souvent dès 1675 jusqu'à sa mort. Il fut le confesseur du Roi pendant 34 ans. Il résidait dans la maison des Jésuites près de St Paul (aujourd'hui Lycée Charlemagne).Ne le cherchait pas dans ce cimetière, il est inhumé en l'église Saint-Paul  Saint-Louis, située dans le Marais à Paris.

Ce terrain de 17 hectares, perché sur une des sept collines de Paris, appelée "Champs l'Evêque" car elle appartenait dès le Moyen-Age à l'Evêque de Paris. Au XIIème siècle, la colline fut rebaptisée "Mont-aux-Vignes". Régnault de Wandonne, riche commerçant acheta en 1430 ce domaine pour y construire une "Folie" qui donna le nom à la rue "Folie-Régnault" (XIème arrondissement). Deux siècles plus tard, cette résidence fut acquise par les Jésuites qui en firent un lieu de repos et de convalescence. Le Comte de La Chaise, frère du Père La Chaise donna de nombreuses fêtes et contribua à embellir le domaine. Les jésuites durent vendre cette propriété en 1762, suite à une dette du Père Jacy. Divers propriétaires se succédèrent jusqu'à la vente faite par Louis Baron-Desfontaines au Préfet de Paris, afin d'y établir un nouveau cimetière dans le 20ème arrondissement, le cimetière de l'Est. Ceci en vertu de la loi de 1765 qui interdisait les cimetières en ville et afin de palier à l'absence de lieux de sépulture.

 

 

Napoléon Bonaparte qui était alors Consul ordonna que chaque citoyen puisse avoir le droit d'être enterré qu'elle que soit sa race ou sa religion. Ne cherchez pas sa tombe car même s'il émit le souhait d'y reposer, il n'y est pas !

 

Le 21 mai 1804 est ouvert le cimetière de l'Est, appelé "Père Lachaise".

 

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 La tombe la plus haute s'élève à 21 mètres. C'est dit qui dit mieux dans l'art funéraire ?

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J'ai cru enfin trouvé Rousseau. Bien sür, il y en a plusieurs mais la tombe la plus simple est celle de Jean-Jacques Rousseau (1797-1858). Il est décédé le 15 aout 1858, à l'age de 61 ans. Mais je me retrouve dans une impasse, disons face à son homonyme ! Celui-ci, était Membre de la faculté de médecine de Paris. Médecin de la Comédie française.

Il repose avec Louis-Gustave Rousseau Pommière, docteur à la Faculté de Paris.

Jean-Jacques Rousseau, phylosophe a marqué mon avenir, disons maintenant une partie de mon passé ! J'ai adoré lire ses textes et je m'en suis imprégnée.

Jean Jacques Rousseau, médecin
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Frise

 

Je tenais à souligner que les photos me marquent sur les tombes. Une amie "Chantal" décéda à l'âge de 18 ans, après avoir été accrochée par un chauffard. Sa moto fut retrouvée un peu plus loin et sa photo reste son éloge de jeunesse.

En voici une, happée trop tôt par la mort.

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 On s'imagine le avant,
sa vie parmi les siens

 

 

 

 

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Un buste en terre, un buste en pierre.

La famille Scapini, Georges est sur la droite. Il était avocat et parlementaire, impliqué dans la Collaboration. Il fut mobilisé durant la 1ère guerre de 14 18 qui le marquera car il y perdra la vue.

 

Famille Scapini

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Fernand Arbelot né en 1880 est décédé en novembre 1942, à Paris pendant l'occupation. Il fut architecte, musicien et acteur, mais l'on retrouve aussi qu'il fut Directeur de la banque "Westminster Foreing". Adolphe Wansart, belge d'origine, fut le sculpteur qui le représente allongé, en position mortuaire, tenant dans ses bras le masque du visage de son épouse qui sourit. La tombe fut faite en 1946. Ces obsèques ont eu lieu en l'église de Rueil Malmaison.

L'épitaphe attire mon regard car les histoires racontent que le mari organisa sa dernière demeure pour admirer le visage de son épouse jusqu'à la nuit des temps. Malheureusement, il décéda avant la fin des travaux et fut inhumé dans le caveau de sa belle mère décédée juste avant lui en 1941 à Ruel Malmaison. Sa femme poursuivit son idée qui se concrétisa en 1946. Elle décéda en 1947 et fut inhumée avec la diminution du corps de son mari et de sa mère alors exhumés pour la rejoindre au Cimetière du Père Lachaise. La sépulture comprendrait donc trois corps.

 

Expression"Ils furent émerveillés du beau voyage qui les mena jusqu'au bout de la vie"
Epitaphe de la tombe de Fernand Arbelot

 

 

Fernand Arbelot
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Il ouvra ses portes le 24 mai 1804 mais les parisiens étaient réticents sur ce lieu... loin de Paris et résidence des pauvres. Le maire de Paris entâma une propagande et fit déplacer quelques sépultures telle que celle d'Héloise & d'Abélard, celle de Molière, ainsi que celle de Jean de La Fontaine, afin d'inciter les gens à prendre sépulture.

En 1830, 33 000 tombes furent dénombrées. Le cimetière s'agrandit à 44 hectares, 6 000 arbres, une volière et une centaine de chats. Les concessions à perpétuité rendent les monuments pérennes.

 

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A l'emplacement de l'ancienne "Folie" se situe la chapelle.

A son centre, le mausolée de la Princesse Strogonoff-Demidoff (19ème division) est le plus imposant monument.

Elle fut inhumée le 8 avril 1818.

 

Sur chaque coin cardinaux, des têtes de loup sont présentes. Il est orné d'un double écusson avec la représentation des armoiries de la Comtesse.

 

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 39ème division, puis 19ème Division depuis 1852

Sur le bas relief sont sculptés un serpent, une tête de loup, une zibeline, un marteau... Ces symboles permettent de qualifier que c'est une représentation du monde souterrain car chaque élément représente l'obscurité.

Chaque sculpture est une lecture. Ainsi le marteau rappelle les origines de la fortune familiale par le marteau du forgeron. Le loup rappelle qu'ils avaient également fait fortune dans la fourrure.

La date 8 avril 1818 comporte le chiffre 8 par trois fois qui ramène sur l'étude des vampires. Le "666" étant attribué au Diable.

Les dessins seraient de Quaglia. Le mausolée a trois étages et est surmonté d'un sarcophage.

 

 

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 Le simple cercueil n'est pas souvent représenté.

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Un arbre et le romantisme

Sur la tombe un arbre pousse et le romantisme sort de terre.

 

 

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Vampire ?

Le Cimetière du Père-Lachaise est aussi couru pour le spiritisme.

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La supposée tombe de Vlad, dit Dracula (Leduc) d'après Jacques Sirgent, spécialisé dans le vampirisme.

 

 

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La chauve-souris est présente dans les symboles funéraires. La chauve-souris se déplace la nuit qui est le symbole de la mort.

Sur certaines portes de caveau, une chauve-souris entoure un sablier. Le mammifère achemine l'âme vers son lieu de destination.

La chauve-souris seule est souvent clouée aux portes pour protéger des démons de la nuit et des mauvais sorts.

 

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La tristesse apparaît par certains détails. Ici le mur qui sépare la vie de la mort et l'ange qui surgit.

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Je me dirigeai vers Zola et la "condition humaine" afin de m'imprégner de ses écrits pour cheminer dans ces allées entrelacées.

 

 

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Puis en redescendant, je rencontre la tombe d'Héloïse & d'Abélard. Héloïse est née en 1101, décédée le 16 mai 1164 au Paraclet, tandis qu'Abélard dont le prénom est Pierre, est venu au monde en 1079 au Pallet, près de Nantes et mourut le 21 avril 1142, près de Chalon-sur-Saône.

Il était venu étudier la théologie à Paris, alors que son père le destinait à une carrière dans les armes. Il préféra Minerve à Mars !

Devenu moine, il enseigna la théologie et la logique, vers l'âge de 37 ans. Le chanoine Fulbert lui confie donc l'éducation de sa nièce. Son élève n'a que 17 ans, en 1117, elle se prénomme "La belle Héloïse", fille de Montmorency.

Il loge chez le chanoine. Elle est célèbre pour sa connaissance de l'hébreu, du latin et du grec et se questionne sur l'existence humaine. Leur désir spirituel se métamorphose progressivement et ils ne peuvent résister à l'acte charnel. Ils eurent un fils qui se nomme Pierre Astrolabe et ils se marièrent en secret mais se perdirent car Abéliard fit le choix de poursuivre sa vocation.

Cet abandon engendra la colère de Fulbert, l'oncle d'Héloïse, qui mesure que cette répudiation doit être puni par là où il a péché. Il engagea deux hommes, avec la complicité d'un chirurgien, pour l'émasculer. Le Roi Louis VI fit châtier ces hommes par la loi du Talion, mais il est rapporté qu'ils eurent également les yeux brûlés et l'oncle demeura sans ressources, en le privant des revenus de l'église.

Auparavant, Abéliard fit rentrer Héloïse au couvent d'Agenteuil, afin de la protéger. Les lettres qu'échangèrent Héloïse et Abéliard sont aussi passionnées qu'émouvantes.

Abéliard trouva refuge auprès des Comtes de Champagne après avoir été chassé d'Ile de France. Les comtes lui léguèrent les terres de Paraclet. Abéliard semble errait encore de monastère en monastère... Héloïse trouva sa voie et devin abesse au couvent du Paraclet, près de Nogent-sur-Seine. Le secret de ce dévouement et de cet amour exclusif semble être enterré avec eux.

1129, Abéliard fonde l'Abbaye de Paraclet dans l'Aube, près de Nogent-sur-Seine. Mais le couvent n'a pas survécu aux siècles comme l'histoire tragique de leur idylle.

Abéliard, moine de Cluny, meurt à 63 ans, fatigué et malade. Il fut enterré à Saint-Marcel-lès-Chalon, alors qu'il souhaitait être exhumé au Paraclet. A cette date, Héloïse accepta de prendre pour époux, le Christ.

Héloïse meurt au Paraclet, à l'âge de 63 ans également, soit 22 après. Ces 22 ans qui font leur différence d'âge. A la demande de Joséphine Bonaparte, elle fut enterrée dans le même cercueil qu'Abéliard, quelques temps après afin de les réunir dans la mort. La légende qui traverse les siècles dit qu'il ouvra les bras pour l'accueillir.

Les restes d'Héloïse et d'Abélard furent transférés le 16 juin 1817 au Cimetière du Père-Lachaise. Sur le tombeau, l'on peut remarquer dans le bas relief, des représentations de pots en céramique, percés de trous d'aération qui permettent de brûler de l'encens pendant la cérémonie funèbre.
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Sur le fronton, leur tête se découpe.

 

Héloise et Abélard

 

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Et je repars à la recherche de Balzac qui disait en citant le cimetière : "C'est une infâme comédie ! C'est encore tout Paris avec ses rues, ses enseignes, ses industries, ses hôtels ; mais vu par le verre dégrossissant de la lorgnette, un Paris microscopique, réduit aux petites dimensions des ombres, des larves, des morts, un genre humain qui n'a plus de grand que sa vanité".

Son buste fut exécuté par David d'Angers en 1844. L'original, en marbre, se trouve dans sa dernière maison à Paris, devenue musée (47, rue Raynouard  Paris). La reproduction est en bronze.

Sur sa stèle, un livre plume qui fait référence à son talent d'auteur. Au XIXème siècle, sur les tombes il y a très souvent ce genre d'information sur les monuments funéraires. Livre plume pour les écrivains, palette pinceau pour les peintres, lyre pour les musiciens, l'invention pour les inventeurs.

 

Honoré de Balzac Buste Honoré de Balzac

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Honoré de Balzac, Gérard de Nerval (1808 1855). Son corps fut retrouvé pendu un matin d'hiver à une grille de la rue de la Vieille Lanterne, aujourd'hui disparue. Elle se situait au niveau du square de la Tour Saint Jacques.

 

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Victor Noir (92ème division), m'arrête tant sa tombe semble visitée. Il est là couché, à nu. Il fut assassiné par le neveu de Napoléon, Pierre de Bonaparte, à l'âge de 22 ans, ce qui le fit interrompre sa carrière de journaliste à la "Marseillaise" pour séjourner dans l'au-delà.

Des histoires se colportent qu'il exerce toujours car, il aiderait les femmes peu fertiles, par ses pouvoirs. 

 

Victor Noir

 

Victor Noir, de son vrai nom Yvan Salmon, né le 27 juillet 1848 à Attigny (Vosges) et mort à Paris, le 10 janvier 1870. Sa sépulture fut réalisé par Aimé-Jules Dalou, gisant en bronze où Noir apparaît, comme il fut trouvé suite au coup de feu. Le corps sans vie, les mains qui se détachent, la bouche ouverte sur une dernière parole, son chapeau à ses pieds, il gît le gilet défait, laissant apparaître sa force sur le pantalon lustré. On dit que Victor Noir devait faire noce le lendemain et que ce malheur lui attribue des pouvoirs secrets.

 

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Je redescends vers un attroupement pour découvir "L'hymne à l'amour" des français, la chanteuse la plus populaire connue sous le nom d'Edith Piaf. De son vrai nom Giovanna Gassion, née le 19 décembre 1915 à Paris, elle s'éteint le 10 octobre 1963 à Plascassier dans les Alpes-Maritimes. Artiste française, elle cumule les succès dont "La vie en rose", "Milord", "La foules", "Mon légionnaire"...

Elle repose avec son dernier époux Théo Sarapo.

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Henri Salvador, est non loin, juste devant Edith Piaf.

 

Expression"Je veux quelque chose de sobre, et je ne veux pas lui faire d'ombre"
Dernières volontés d'Henri Salvador


 

 

 

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Pierre Desproges, humoriste français est né le 9 mai 1939 à Pantin et est mort le 18 avril 1988.

Sa tombe se situe en contrebas de celle de Chopin. Entre les deux, une stèle rapporte cette pensée.

 

 

 

 

Expression"Finalement, nous ne regrettons pas d'etre venu..."
Epitaphe d'un couple inconnu

 


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Là, se trouve la sépulture de Jean-Baptiste POQUELIN, connu sous le nom de Molière. Né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry dans l'Aisne, mort le 13 avril 1695 à Paris. Son décès fit suite à la représentation du "Malade imaginaire". Il fut poète, moraliste, dramaturge... Auteur et Acteur, il est connu principalement pour les "Fables de la Fontaine" dont "Le corbeau et le renard", "La cigale et la fourmi", "Le lièvre et la tortue", ...
Sa dépouille est enterrée la nuit au cimetière Saint Joseph.
Sur le sarcophage, il y a les masques de la Comédie pour nous rappeler que l'auteur était un homme de théatre.

Jean Baptiste Poquelin, dit Molière
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La Fontaine est aussi à coté de Molière. La Fontaine vient à décéder le 13 avril 1695. Il est porté au cimetière des Saints Innocents.
Pour nous rappeler que Jean de la Fontaine était un fabuliste, on peut voir sur son sarcophage l'évocation de deux de ses fables. La plus visible est à droite, c'est "Le Loup et la Cigogne"
En 1792, tout deux furent exhumés et inhumés au Père Lachaise. Vous pourrez donc trouvez un cénotaphe  (monument élevé à la mémoire d'une personne) qui illustrera chacun des deux hommes.

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Gaston Vuidet en né en 1854. Compositeur et membre du groupe des Hydropathes. Il décède à l'age de 37 ans, en 1891 à Paris. Le monument représente l'artiste assis sur un fauteuil qui surmonte une allégorie composée d'une lyre et une palme, oeuvre du sculpteur Aubé.

Gaston Vuidet


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Je mélange les genres pour me retrouver sur la sépulture d'Yves Montand et Simone SIGNORET. Je vous rappelle qu'Ivo Livi dit Yves Montand est acteur de cinéma, mais aussi chanteur, danseur du musi-hall français. Il est né le 13 octobre 1921 à Monsummano Alto, en Toscane, Italie et il est décédé le 9 novembre 1991 à Senlis dans l'Oise en France.
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Simone Kaminker, dite Simone Signoret, est également actrice française, née le 25 mars 1921 à Wlesbaden, Allemagne. Elle est morte le 30 septembre 1985 à Autheuil-Authouillet en Normandie, France.
A ses cotés, Yves Montand.
Trois bouleaux blancs y sont replantés pour que les rossignols puissent encore chantés au dessus de leur tete. Ils étaient dans leur jardin auparavant.
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Marie Trintignant et Gilbert Bécaud sont aussi des résidents, logés à proximité.
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Je reste sur les artistes et me dirige donc sur la sépulture de Marie Trintignant. Née à Paris le 21 janvier 1962, elle est décédée le 1er août 2003 à Neuilly-sur-Seine. Tragédie d'un amour tumultueux. Elle est la fille de Nadine et Jean-Louis Trintignant.
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Colette qui accompagnait mes soirées de mon enfance est bien là. Elle écrivit la série des "Claudine" et décrivit tout un bestiaire dont "Le Chat".
Colette n'est pas son prénom, mais le nom de la célèbre écrivaine.

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Le coin des chanteurs m'amène vers le chansonnier qui créa le "Temps des Cerises". C'est Jean-Baptiste Clément, né à Boulogne, le  xxx en 1836, mort à Paris, le 26 février 1903. 
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Gilbert Bécaud est présent par le nombre de fleurs qui couronnent sa tome. Compositeur, pianiste, il est né à Toulon le 24 octobre 1927 et est décédé à Paris, le 18 décembre 2001.
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Frédéric CHOPIN est un compositeur, pianiste d'origine polonaise. Il est né le 1er mars 1810, mort le 17 octobre 1849 après avoir contracté la tuberculoe.

Frédéric Chopin
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Alphonse Daudet est de Nimes, né le 13 mai 1840. Son décès a pour date le 16 décembre 1897, à Paris.
Il débuta sa carrière comme Maitre d'études à Alès, dans le Gard. Ecrivain, il devint avec des romans comme "Tartarin de Tarascon", des contes et des nouvelles "Les Lettes de mon Moulin" où l'on lit "La petite chèvre de Monsieur Seguin" qui a bercé mes interminables repas, histoire de me faire passer bouchée par bouchée les aliments difficiles à ingurgiter durant mon enfance.
En 1879, il découvre qu'il a une maladie grave qui touche sa moelle épinière, complication due à la syphilis. Il décède à l'age de 57 ans.
Emile Zola, écrivain français, clamera son éloge funèbre.

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Oscar Wilde, écrivain irlandais, a une sépulture qui détonne. Une enceinte de verre protège sa tombe des baisers.
Il épouse Constance Lloyd avec qui a deux enfants. En 1886, il découvre son homosexualité. Grand ami de Gide dès son arrivée à Paris où il s'exile avec son compagnon Alfred Bruce Douglas. Il est transféré au Cimetière du Père Lachaise en 1909.
La tombe est appelée "Flying Demon angel" et représente un sphinx taillé dans un bloc de pierre blanche. La tombe fut offerte par Helen Carew, admiratrice. Elle fut l'oeuvre de Epstein.

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Amadeo Modigliani (1884 1920) est avant Edith Piaf en descendant l'allée. C'est un peintre italien qui s'orienta vers le cubisme et l'art nègre. Il demeura à Paris dès 1906.

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Jim Morrison a la part belle dans les visites depuis 1971, année de son décès. Mort à l'age de 27 ans, ses photos posés par ses fans témoignent de sa beauté.
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Dans les bâtisseurs, je vous amène découvrir la tombe de Ferdinand de Lesseps. Vous savez, celui qui a construit le canal de Suez.
Né le 19 novembre 1805 à Versailles, il décéda le 7 décembre 1894 à La Chênaie en Indre. Diplomate, entrepreneur, il créa également le canal de Panama.
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Puis, nous ferons une halte devant Edouard Lockroy, à qui ont doit la tour Eiffel.
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Robert BAIN (1891 1904) est donc décédé à 13 ans. Il est le fils de Auguste bain, inventeur et fabricant de coutellerie, brevetées. Ce notable vit à Bois Colombes.

Robert Bain

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Le croquis de cette tombe fut dessiné par Georges Michel, la porte est en bronze décorée de palmes signés Thiebaut frères fondeurs. De chaque coté de la porte, des cariatides également en bronze.
Ici, git la famille Ponsat.

Famille PonsatDivision 31

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Auguste BLANQUI fut sculpté par Dalou. Ce gisant de taille réelle représente ce jeune théoricien, homme politique français qui décéda en 1881 à Paris. Il naquit en 1805 à Puget Théniers (Alpes Maritimes). Il fit des études de droit, puis de médecine mais s'orienta vers la politique qui le mena par son esprit révolutionnaire en prison. De barricade en barricade, il conspira contre la République en faveur des ouvriers. Il s'évade en 1865, amnistié en 1879. Il rédigea un journal intitulé "Ni Dieu ni maitre" qu'il commença en prison où il séjourna 36 années.

Auguste Blanqui

 

 

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Léon Théry né en 1879 est pilote automobile français. Il remporte par deux fois la coupe automobile Gordon Bennett. Il travailla pour la firme Michelin. Il décède à 30 ans d'une phtisie, en 1909.

Léon Théry

Les inventeurs sont présents comme Christian Friedrich Samuel Hahnemann, médecin qui fut l'inventeur de l'homéopathie. Il est né le 10 avril 1755 à Meissen en Saxe, Allemagne et décéda en 1843 à Paris.
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Mr Zénobé Gramme (1826 1901) déposa un brevet qui contient la théorie des courants continus après avoir confectionné une machine magnéto électrique dite dynamo.
Théophile Zénobe Gramme est officier de la Légion d'Honneur. Il est d'origine belge, de Liège. Il est peu porté sur les études durant sa scolarité brève car il se dirige pour devenir menuisier. A trente ans, il vient en France et après avoir épousé Hortense Nysten, tombe sous le charme de cette nouvelle énergie qu'est l'électricité.
Sa statue est en bronze et est l'oeuvre du sculpteur Mathurin Moreau.

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Antoine Augustin Parmentier qui donna son nom au "hachis parmentier" était agronome, nutritionniste. Né à Montdidier, le 17 aoüt 1737, il décède à Paris, le 17 décembre 1813. Que de 17 dans sa vie ! Il est auteur du célèbre mémoire sur la pomme de terre.
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Au détour d'une allée, j'aperçoie la tombe de Géricault. C'est sa statue en bronze qui fait référence en dessous à l'un de ses tableaux les plus célèbres "Le Radeau de la Méduse".
Le buste de Théodore Géricault (1791 1824) fut façonné par le sculpteur Etex sur la base du masque mortuaire du peintre.

Théodore Géricault

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Sur la grande allée, une tombe m'intrigue et je découvre Georges Rodenbach (1855 1898). L'oeuvre revient à Charlotte Besnard, épouse du peintre Albert Besnard. Elle est la fille de Gabriel Vital Dubray (1813 1892) qui fit les bas reliefs de la chapelle Salvage de Faverolles, division 48.
Sa fille Charlotte fut son élève.

Georges Rosenbach

Georges Rodenbach, poète symboliste belge vécut à Paris de 1887. Il était correspondant du journal de Bruxelles. Il se lie d'amitié avec Alphonse Daudet, Stéphane Mallarmé, Auguste Rodin et Marcel Proust qui lui voue une grande admiration.
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L'épouse du Maréchal Lefebvre repose également au Cimetière du Père Lachaise. Connue sous le surnom "Madame Sans-Gêne", elle porte le nom de Catherine Hubscher, Duchesse de Dantzig, née à Goldbach-Altenbach Haut-Rhin, le 2 février 1753, morte en 1835.
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Les hommes d'état, les ambassadeurs poursuivent leur carrière par les brides de conversation lachées par les visiteurs.
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Au début du cimetière se trouve la tombe de Félix Faure qui fut Président sous la IIIème République (élection de janvier 1895). Il fut le 7ème Président de la République.
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Il vit le jour le 30 janvier 1841 et prit un nouveau départ le 16 février 1899, à l'age de 58 ans. Ses jambes sont recouvertes de drapeaux français et russe pour se remémorer qu'il a oeuvré pour l'alliance des deux nations. Deux couronnes mortuaires, en bronze également, sont à ses pieds. Il porte la croix de la Légion d'Honneur. Sur l'oreiller, un extrait de la Bible est inscrit. C'est l'Evangile de Jean, 11 25 qui est souvent cité lors des messes d'enterrement.
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Expression"Ego sum resurrectio et vita ; qui credit in me, etiam si mortuus fuerit, vivet"
Je suis la résurrection et la vie ; qui croit en moi, fût-il mort, vivra
Tombe de Félix Faure

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Sa femme repose dans le meme tombeau.
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D'autres disent que le drap recouvre un corps allongé tel qu'il fut retrouvé à l'Elysée dans le "Salon bleu" qu'il partagé avec sa maitresse Margueritte Steinheil, née Marguerite Jeanne Japy. Margueritte, dite Meg est aussi au cimetière, mais elle ne git pas ici.
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Meg, est une célèbre salonnière et demi mondaine française. Elle fait ses débuts dans le monde en 1886. Elle éblouie de raffinement, elle a étudié le violon et le piano. Elle monte à cheval. En 1889, elle épouse le peintre Adolphe Steinheil. Toute la bonne société se bouscule dans son salon de l'impasse Ronsin, comme Lesseps, Zola, Loti... Elle est de toutes les fetes.
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Marguerite aurait posé pour le salon de 1893. L'oeuvre en marbre nommée "La muse de la source" la représente nue, elle est du sculpteur Jean Hugues. L'état acquiert la statue polychrome et la dépose palais du Sénat, le 4 janvier 1910.
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Sa tombe fut un modèle de Saint Marceaux (1900).
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Félix Faure était franc maçon.
 

Félix Faure

 

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Henri Chapu (1833 1891)

Il fut élève des Beaux Arts. Il fit de nombreuses sculptures pour le cimetière dont ce monument aux soldats morts lors du siège de Paris en 1870.

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Cette statue représente une femme qui porte un casque.
Inconnue

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Devant le monument de Vivant Denon (1747 1825), je regarde les traits de ce parfait inconnu. Sa tombe est son personnage en costume qui est représenté assis, à la main une plume (aujourd'hui disparue) en mémoire du graveur et dessinateur qui avait vive allure par son esprit et sa culture. Il avait participé à l'expédition en Egypte et  son ouvrage "Voyage dans la Haute et Basse Egypte" est également un souvenir de son vivant. Il a créé le Musée du Louvre dont un des pavillons porte son nom.
Le sculpteur est Pierre Cartellier (1757 1831) est aussi enterré au cimetière au Père Lachaise.

Vivant Denon

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Edmond About (1828 1885). Ecrivain, journaliste et critique d'art, mais aussi poète français. Il est l'auteur "L'homme a l'oreille cassée".
Il est représenté assis sur sa tombe. Sa statue est en bronze, de grandeur nature. Oeuvre de Gustave Crauk (1827 1905), prix Rome de sculpture en 1851.

Edmond About
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Cette jeune fille fut sculptée par Henri Emile Allouard (né à Paris en 1844 1929)
La statue est daté de 1899.

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Je suis impressionnée par cette porte de caveau conçue par Lagarde Gueret. La porte en cuivre est l'oeuvre d'Eugène Bénet (1863 1942).

Trois médaillons se trouvent à l'intérieur du caveau :
Toussaint Gueret 1848 1904
Jeanne Lagarde, née Gueret 1867
Marie Ghislaine de Laubespin 1917.

C'est la sépulture de Jeanne Lagarde née Guéret en 1867.

Elle fit don en 1936 de 5 500 ouvrages, fascicules de journaux et revues à la bibliothèque de l'Arsenal.

Jeanne Lagarde

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Frise

 

Un médaillon sur une plaque funéraire de Leilah Mahi, j'aime me promener dans le souvenir.
Leilah Mahi, avec comme date 12 aout 1932, au columbarium. Une photo qui fascine, avec ces grands yeux sombres, peints à la Kees Van Dongen. Elle est née en septembre 1894 à Beyrouth.
Française, femme de lettres, elle publia en 1929 "En marge du bonheur" et son second livre "La pretresse sans Dieu" fut édité en 1931, un an avant sa mort.
Elle habitait 13, rue Shakespeare à Nice mais est décédée 59 rue Geoffroy Saint Hillaire à Paris.
De ses amours, il est retenu qu'ils furent nombreux mais sans grand intéret. De tempérament mélancolique, elle fume l'opium.
Le destin fauché d'une artiste, son identité qui s'efface.
PARIS Père-Lachaise Division 87 Leilah MahiPhoto de Wikipedia
Un livre met en scène l'auteur qui part à la découverte de Leilah Mahi pour lui donner une identité. "Leilah Mahi" de Didier Blonde.
Frise

 

Les animaux sont présents comme Lick.

IMG_7885Division 89

 

Frise

 


Les cendres de Maria Callas sont déposées au columbarium.
Division 47
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Achille Zavatta  (1915 1993) y séjourne, la prochaine fois, je te rendrai visite. Tu as éclairé notre première télévision.
Division 87
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Parmentier, j'irai cueillir les belles pommes de terre qui semblent pousser sur sa tombe.
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Alain Bashung, inhumé le 20 mars 2009. Je ne sais pourquoi, mais ta voie m'a portée.
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La facétie du destin qui fait jouxter le caveau des "Chambon" avec celui des "Bayonne", à voir également.
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Je ne manquerai pas de venir vous voir toi Guillaume Appolinaire, Marcel Proust, Sarah Bernhardt, d'Allan Kardec (créateur du spiritisme),
.
Les arbres du Père Lachaise fascinent par leur beauté et leur puissance. J'aime la façon dont ils épousent le minéral.
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Frise

 


Cimetière du Père Lachaise,

6, rue du Repos
75020 PARIS

Ouvert tous les jours de 9h à 17h30

 

Lien

Cimetière inter actif.

 

A lire

Les femmes célèbres sont elles des grands hommes comme les autres ? ouvrage de Christel Sniter, Créaphis éditions.

 

Bibliographie

Visite novembre 2012 et 2015

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution :  Vendredi 13 novembre 2015
Mise à jour  : Corrections du 28 avril 2016 (commentaire de Christiane Ranouille)

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07 novembre 2014

Hokusai croque l'âme bleue des japonais - Biographie

 

 

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Voir aussi,    1 / 2 / 3 / 4   / 5   -    Biographie (en cours de création)

 

 

 

 

 

Biographie

1760 - Né sous le nom de Tokitarō, dans le quartier de Warigesui, district d'Honjo qui est une zone rurale connue sous le nom de Kastushika, dans la banlieue d'Edo le 31 octobre 1760. Ce quartier est proche de la rivière Sumida qu'il affectionna. C'est l'ère Hōreki.  Il se retrouve orphelin très jeune et est adopté vers l'âge de trois ou quatre ans par une famille d'artisan. Nakajima Ise devient son père.

Son père adoptif, Nakajima (中島) Ise, est un fabricant de miroirs pour la cour du Shogun, la famille princière de Tokugawa. Hokusai est alors appelé Tokitanō (太郎). Son père peint des dessins sur les miroirs.

Il prit le nom de Tétsoujiro. C'est le marchand japonais Haysahi Tadmasa de le rue de Provence au N° 65 qui le signifia.

 

1765 - Il dessine les formes des objets.

1765 - Invention des polychromes.

1767 - Révolution de cinq millions de paysans qui protestèrent contre les impôts attribués par les Seigneurs. Il est alors âgé de 7 ans.

1768 - Dès 8 ans, il apprend la xylographie qui est une technique primordiale pour les dessins japonais.

           Il travaille comme commis dans une grande librairie d'Edo où il contemple les livres illustrés et il est mis à la porte.

1772 - Il fut le témoin du grand incendie de la ville d'Edo qui fit six mille morts.

1773-74    Il est en apprentissage dans un atelier de xylographie.

1775 - Alors âgé de quinze ans, il commence à graver des planches pour la fabrication d'estampes.

1776 - Sous le nom de Tetsuro, il grave lui-même les six dernières feuilles d'un roman humoristique de Sanchō.

1778 - Il porte le nom de Tetsuzo.
         Il est alors âgé de 18 ans et étudie dans l'atelier de Katsukawa Shunsō (1726-1792) qui est le maître de l'Ukiyo-e, spécialisé dans les portraits de comédien. Ces gravures de cette époque se confonde avec celles de son maître. Ils peignent des acteurs et des scènes de théâtre dans le style de Tsutzumi Torin. Shunshō représente les femmes petites et potelées et lorsqu'il s'affirmera, Hokusai les fera aussi minces et élancées que celles d'Utamaro. Il ne veut plus interpréter le talent d'un autre, il invente ses créations, il compose avec sa note personnelle.

Les couleurs adoptées par Shunshō sont un nuancier de vert, de jaune, de rose et de gris, alors que les couleurs d'Hokusai sont éclatantes comme le vert, les bruns chauds, les rouges francs et le bleu foncé qui sont plus difficiles à accorder. Ces dessins sont délicats par leur filnesse et le détail.

Il produit des dessins sur des feuilles volantes appelées Kyōka Surimono.

Il réalisa ces premières estampes sous le nom de Katsukawa Shunrō, nom en rapport avec son maître Katsukawa Shunsō. Au départ, il fait une production commerciale et de bon marché, puis il épure son style pour s'affirmer et produit ses premiers surimono (petites estampes de luxe aux formats variés dont la gravure est sur une seule feuille, en édition privée ou sur commande).

Il se spécialise dans la gravure pour l'ilustration de livres littéraires dont la représentation de paysage.

          Il fait des portraits de Geishas, d'acteurs de Kabuki (forme épique du théâtre japonais traditionnel) et de lutteurs de Sumo.

          Il quitte l'atelier à la mort du maître car il est en désaccord avec son successeur Shunko.

1782 - La famine enlève deux cent mille personnes en cette période de croissance démographique. Hokusai vit une période de misère et malgré ceux-là continue à étudier les techniques des écoles de Kano Yusen, de Tsutsumi Torin et de Sumiyoshi Naiki.

Hokusai devait illustrer le roman "Rêve du Camphrier du Sud" de l'écrivain Bakin qui obtint un immense succès lors de son premier volume. Le romancier fut si jaloux de l'artiste qu'il refusa les dessins qu'Hokusai lui envoya par la suite pour les autres éditions. Hokusai fut si offusqué qu'il répondit à l'éditeur que c'était le texte qu'il fallait modifié. Les éditeurs avaient faits déjà graver les dessins en vue de les publier, le peintre décida de se passer du texte de Bakin et d'éditer ses dessins tels quels.

Quelques années plus tard, Hokusaï rencontra à Nagoya le peintre Bokoén avec qui il s'entretena sur les techniques du dessin. Il publia sous le titre "Hokusaï Mangwa, dès 1812, ces trois cents dessins dans un volume afin que cette technique permette que ces oeuvres soient ouvertes au grand public. La traduction du titre est Man "au gré de l'idée et Gwa pour dire (le dessin tel qu'il vient spontanément).

1786, il arrête de dessiner sous le nom de Shunrō.

1789, il quitte l'atelier de Katsukawa Shunsō suite à la jalousie d'un camarade d'atelier. Un jour, il avait peint une affiche pour un marchand d'estampes. Ce marchand fut si satisfait qu'il l'a fit encadré et l'accrocha sur sa devanture. Ce camarade d'atelier passa et la déchira car elle faisait ombrage à leur atelier. Ils se disputèrent et Hokusai résolue de prendre son identité sous le nom de "Mugura" qui signifie "buisson" pour expliquer au public que ce nouveau peintre n'appartient à aucun atelier.

A cette époque, il se marie deux fois. Mais, on ne sait pas pour quelle raison il dut les quitter : est-ce du à leur décès ou au divorce. De sa première femme, il eut un fils et deux filles.

Son fils "Tominosuke" prit la succession de la miroiterie Nakajima Isse mais ne fut pas très stable et causa des ennuis à son père.

Ses filles, Omiyo devint la femme de Yanagawa Shighenobu, le peintre. Elle mourut quelques temps après son divorce après avoir mis au monde son petit-fils qui fut source d'inquiétude pour son grand-père Hokusai. Son autre fille, Otetsu était douée d'un vrai talent de peintre, mais elle mourut jeune.

De sa seconde femme, il eut également un garçon et deux filles. Le fils "Akitiro" fut un petit fonctionnaire de la famille princière Tokugawa. Il était un peu poète et se fit adopté par "Kase Sakijiuro". C'est lui qui fit élevé le tombeau de Hokusai dont il prit le nom. Son petit-fils d'Akitiro s'appelait "Kase Tchojiro" et fut le camarade de classe de "Hayashi", grand collectionneur d'oeuvre d'art japonais.

Ses filles sont "Onao" qui mourut dans son enfance et "Oyei" qui se maria avec un peintre nommé "Tomei" mais divorça et revint vivre avec son père jusqu'à sa mort. Tomei son gendre illustra "Onna Chohoki", un livre d'éducation pour les femmes qui traite de la civilité.

Hokusai avait deux frères aînés et une soeur cadette, tous morts dans leur jeunesse.

1790 - Grâce à un artise japonais "Shiba Koban ou Gokan (?)" qui fréquente les néerlandais, seuls autorisés à amarrer à Nagasaki, il découvre la perspective qui influence à cette époque l'art occidental. Il maîtrise la perspective italienne par le biais du zograscope que les marchands néerlandais importèrent au Japon. Au XVII et XVIIIème siècle, la représentation des scènes au Japon avait une perspective parallèle qui reproduit l'espace et une perpective cavalière pour les personnes. De nos jours, la perspective parallèle est surtout utilisée pour les dessins d'architecture.

Il développe son propre sens du dessin, afin de se démarquer de son maître Shunsho.

Après cette étude, il crée une perspective dite "atmosphérique" ou "aérienne" pour marquer la profondeur des plans par les couleurs. Ainsi, avec le bleu de prusse, plus il est clair et se rapproche de la couleur du ciel, plus l'élément est éloigné et crée l'atmosphère. La majeure partie de ces oeuvres dont "La Grande Vague" sont inscrites dans cette logique.

 

Il étudie également le clair obscur.

 

Cinq éventails

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1794 - Il se fait appelé Sōri par son rapprochement à l'école Rinpa. Il illustre des calendriers dits "egoyomi". Ses dessins sont gracieux. Ce sont des oeuvres luxueuses et raffinées qui lui apportent la notoriété, une réputation d'excellence et de qualité.

Il illustre des livres et écrit des poèmes, tout en débutant sur la peinture sur soie.

Hokusai se fâche avec l'écrivain dont il illustre les romans et décide de publier des livres sans texte. Que des dessins dont le fameux Manga.

1795 - Il prend la direction de l'école Tawaray qui renommera par la suite Sori II. Il illustre sous le nom de Sōri, un recueil poétique "Kyōka Edo no Murasaki" qui l'amène au succès.

           Les kyōkas sont des courts poèmes. Un seul est traduit en français et se nomme "Le Char des poèmes kyôka de la rivière Isuzu" illustré par Hokusai.

 

Portrait d'Hokusai peint par sa fille

Portrait d'Hokusai fait par sa fille Oyei, signé Ohi

On y voit un front sillonné de rides profondes, des yeux en pattes d'oie,

Hokusai eut deux femmes qui décèdèrent très jeunes et cinq enfants. Sa plus jeune fille est Oyei et est devenue artiste comme lui.

Hormis sa fille Oyei Hokusai, il n'eut pas vraiment d'élèves mais des disciples Keisai Yeisen, Kiosai et Yosai qui prendront exemple sur son style. Son gendre Shigenobu fut le premier à l'imiter, mais c'est un vendeur de poisson nommé Hokkei qui copia au plus près son style à sa maturité.

Oyei, sa fille avait hérité du talent de son père mais ne fut reconnue par la société qu'après son divorce avec son mari. Elle fait les travaux pour son père et lorsqu'il est victime d'une attaque, son oeuvre fusionne avec celle de son père.

Il est presque impossible de différencier son oeuvre de celle de son père car, à l'époque, la femme est asservie à son mari ou à son père. Elle a vécu pour son art, elle était attiré par la nature et souvent partée avec son carnet de croquis.

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1798 - Hokusai devient son nom principal en référence à l’Etoile Polaire, auquel il rajoute le nom de sa ville natale.
           Il quitte l'école Tawaraya et devient artiste indépendant, il est alors âgé de 38 ans.

           Il offre son nom Sōri à l'un de ses élèves et prend le nom d'Hokusai.

           C'est le début de la période Hokusai dont il affichera 3 phases stylistiques différentes. Dans sa première phase, le lien avec le monde de la littérature est plus important et la production de surimono et de livres illustrés est intense.

            Dans la deuxième phase, c'est un travail psychologique et physionomique qui effectue sur ses personnages tant sur les êtres humains que les animaux qui prendront d'ailleurs une apparence humaine. Il s'oriente vers les illustrations de livres classique de la littérature chinoise.

             Dans sa troisième et dernière phase, la peinture prend le relais. Il publie dans cette dernière période les deux premiers volumes de "Cent vues du Mont Fuji", considérées comme des Chefs d'oeuvre.

 

          Sous ce nouveau patronyme, il crée ses premières séries : Sept manies des jeunes femmes sans élégance, Miroir des images de Hollande : huit vues de Edo, les cinquante-trois stations du Tôkaidô...

1800 - Le quartier des théâtres et le quartier des plaisirs (Yoshiwara) se développent pour satisfaire les riches marchands.

           Il signe à cette période quelques tableaux par la formule : Gakyōjin.

1804 - Il peint dans la cour du temps d'Edo avec un balai et un seau d'encre de Chine. La fresque est un "daruma" géant de plus de 240 m2. Afin de permettre à l'assistance de l'admirer, elle fut hisser jusqu'aux toits.

1805 - C'est sous le nom de Katsukawa Hokusai qu'il signe ses dessins à l'encre de Chine noire et la panoplie de nuances de gris. Ce nom est choisi en hommage à l'étoile Polaire qu'il vénère particulièrement. Ses peintures sont sensuelles et ses estampes sont composées avec humour. Il produit des livres (yomihon) qui sont de longues fictions dont les intrigues épiques donnent le sens  à sa capacité d'inventer, mais également de manier l'encre de Chine.

1807 - A nouveau, il peint une grande fresque à Nagoya.

 

Hokusai Nature morte d'objets de cérémonie

 

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1810 - Epoque Taitō. Il est âgé de 59 ans.  Il se consacre à faire des manuels de peinture "Elethon" qui attirent beaucoup d'amateurs.

          Il publie son premier manuel : Le Dictionnaire de peinture insensé du fou qui comprend une collection de dessins assemblés à partir de caractères du syllabaire par Ono le Crétin.

Ce document est à l'usage des apprentis et par ce biais, il attire un large public et son art fait référence. Il va transmettre son style.

Il produit des estampes de vues aériennes des sites les plus célèbres.

1812 - Il parcourt le pays de l'ancienne capitale de Kyoto à Edo. A Nagoya, il rencontre Bokusen, un autre artiste qui le conseille sur la publication de sa Manga qui est l'ébauche alors d'une étude originale et marginale. Ces publications dureront jusqu'en 1834.

1814 - Publication de "Hokusai Manga" sous le pseudonyme "Taïto" qui n'est autre qu'un carnet de croquis qui aide les amateurs de dessin à s'exercer. 3900 dessins font partie de ce registre qui décrit les moeurs sous forme de légende. Ce manuel sera achevé qu'en 1878 avec la parution posthune du carnet 15. C'est une sorte de miscellanées graphiques

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1820 - Litsu, il se fera appelé à l'âge de 60 ans. Dans cette période, il se consacre aux estampes en couleur "nishiki-e" qui sont des métamorphoses du motif choisi.

1869 - Il eut une attaque d'apoplexie. Il se soigna à l'aide d'un remède japonais composé d'une pâtée de citron. Cette ordonnance lui permit de guérir. La composition de la potion fut donnée à son ami Tosaki sous la forme d'un énoncé enrichi de dessin de citrons, de couteau et de marmite.

1830 - Il commence la série de Cascades, des Ponts, des Oiseaux et des Fantômes.

1831 - Le Mont Fuji est dévoilé sous trente-six vues (Fugaku Sanjūrokkei). Ces estampes du monde flottant (Ukiye) fascineront les Occidentaux avec ce bleu de Prusse.
           Il métamorphose les lieux choisis et représente donc des illustrations.

           Il devient célèbre dans le Japon.

 

Le vieil homme

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1834 - Il prend le nom de Gakyō Rōjin Manji. Manji qui veut dire "le vieil homme fou de peinture".

            Il marie sa fille "Omiyo" qu'il avait eu de sa première épouse. Son petit-fils fut un escroc et Hokusai épongea ses dettes qui le mirent dans la misère. Il s'engagea pour lui éviter d'aller en prison, mais il ne put tenir sa promesse et  il dut quitter Edo en cachette pour s'installer une année à Suruga dans la péninsule de Miura où il complèta sa production des "Cent vues du Mont Fuji" (Fugaku Hyakkei). A cette époque, il signe Miruaya Haltiyemon. Il s'exila jusqu'en 1839.

Quand il revint à Edo, après quatre années d'exil à Suruga, il se fit appeler "Prêtre-Peintre" et aménagea dans les bois du temple Mei-O-In. Il illustre de croquis la misère dans laquelle il vit.

          A 79 ans, il se consacre à la peinture et s'éloigne des estampes. C'est le monde animal, végétal ou les sujets religieux. Ces animaux de prédilection sont le tigre, les lions et les dragons.

1836 - La Capitale subit la grande famine, il revient après deux années s'installer à Edo. Il troque ses oeuvres contre la nourriture et arrête sa série "Cent Poètes et Poèmes" après avoir produit la vingt-septième planche.

1839 - Il s'établit à nouveau dans le quartier de Honjô, proche de la campagne qu'il affectionne. Un incendie dévaste son atelier et emporte ses travaux en cours. Il est alors concurrencé par un jeune artiste "Hiroshige Ando". Il produit de moins en moins. Il s'efforce de réaliser un dessin par jour, jusqu'à sa mort.

C'est une période de grande disette qui fait suite à trois années de mauvaises récoltes de riz.

1840 - A cette date, il indiquera sur l'ensemble de ses peintures, la date de réalisation.

1845 - Il fait son dernier voyage pour rencontrer un ami de province de Shinano. Il exécute quelques peintures dans un temple.

1849 - Il tomba malade dans sa maison d'Asakusa qui était la 93ème de ses habitations. Quand il sentit le moment de se retirer de ce monde, il écrivit à son ami Tagashi ses mots : "Le roi Yemma est bien vieux et s'apprête à se retirer des affaires. Il s'est fait construire, dans ce but, une jolie maison à la campagne et il me demande d'aller lui peindre un kakemono. Je suis donc obligé de partir, et quand je partirai, je prendrai mes dessins avec moi. J'irai louer un appartement au coin de la rue d'Enfer, où je serai heureux de vous recevoir. Quand vous aurez l'occasion de passer par là. Hokusai".


Décés à Edo, le  10 mai 1849 à l'âge de 89 ans. Cette date correspond au 18ème jour du quatrième mois de la deuxème année de Kayei. Sur son lit de mort, il aurait dit "encore cinq ans et je serais devenu un grand artise". Hokusai, son étoile est montée au firmament. Ses cendres sont ensevelies au temple Keikiôji, dans le quartier populaire d'Asakusa à Edo où il avait passé la majeure partie de sa vie. Sa petite fille Shiraï Tati lui a fait édifier un tombeau dans le jardin du temple, auprès de la tombe de Kawamura Itiroyemon. D'après sa petite fille, il serait le 3ème fils de ce dernier qui fut un artiste connu sous le nom de Bunsei. Sur sa pierre tombale, vous pouvez lire cette épitaphe "Oh ! La liberté, la belle liberté, quand on va aux champs d'été pour y laisser son corps périssable !".

Sa dernière peinture reprèsente un dragon gravissant le Mont Fuji.

1854 - Le Japon s'ouvre aux Etats-Unis d'Amérique, par l'intervention du commodore Perry qui mit fin à la période de pouvoir de la famille Tokugawa qui rendait cette société fermée au monde de l'extérieur, sauf pour le commerce avec la Chine et le Pays-Bas. Ils étaient sous l'ordre militaire (Bakufu).

1858 - Félix Bracquemond découvre Hokusai Manga et c'est le début de la vogue du japonisme.

           Lors de l'exposition Universelle à Paris, la mode du Japonisme est lancée. C'est le départ d'Hokusaimania.

 

Expression"A l'âge de quatre-vingt six ans, j'aurai fait encore plus de progrès et à quatre-vingt dix ans je pénétrerai le mystère des choses. A cent ans, j'aurai décidément atteint un niveau merveilleux, et à cent dix ans, chaque point, chaque ligne que je tracerai vibrera de vie. que ceux qui vivent assez longtemps voient si je tiens parole"
Katsuhika Hokusai

 

 

Katsushika Hokusai Temple

Memo

Site du grand palais : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/hokusai

HOKUSAI- Galeries Nationales du Grand Palais
1er octobre – 20 novembre 2014
Puis 1er décembre 2014 – 18 janvier 2015. L’exposition se déroule en deux volets en raison de la fragilité de certaines oeuvres qui ne peuvent pas être exposées plus de 7 semaines. 
Commissariat :
Seiji Nagata, grand spécialiste de l’artiste et directeur du musée Katsushika Hokusai de Tsuwano
Laure Dalon, adjointe du directeur scientifique de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

 

Livre associés

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Visite

18 Octobre 2014

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Dimanche 2 novembre 2014
Mise à jour  : 2 novembre 2014
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02 novembre 2014

Hokusai croque l'âme bleue des japonais

 

 

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Voir aussi,    1 / 2 / 3 / 4   / 5   -    Biographie

 

 

 

C'est au Grand Palais à Paris que je découvre l'oeuvre d'Hokusai appelé "Le vieux fou de la peinture" dont le nom n'est autre que Katsushika Hokusai (1760-1849). Prononcer "Hokeusaï", si vous voulez en parler !

 La langue japonaise se chante, elle est aussi poétique que l'art poétique ou dramatique. Les mots se disent d'une manière particulière, il ne s'énonce pas ; c'est une vraie partition chaque syllabe et elle rappelle les chants populaires traditionnels. L'instrument est la gorge, chaque corps fait surgir un son différent qui a matière a étonner par ces vides et ces pleins. Il en est de même, pour la peinture de Hokusai, elle me semble poétique.

Hokusai se surnomme lui-même Gakyōjin, autrement dit "Fou de dessin". Hokusai a changé plusieurs fois d'identité au cours de sa longue carrière. De Katuskawa Shunro, il prit le nom de Gakyo Rojin Manji (Le vieil homme fou de peinture). 17 signatures différentes sont recensées dont Sori, Taito ou Itsu que l'on retrouve sur les célèbres "Trente-six vues du Mont Fuji" et chacune correspond au passage d'une école picturale à une autre. Il a aussi utilisé plusieurs noms secondaires comme Toki (1799), Raishin (1811) et Kakō (1811). Autant de pseudo que de facettes pour exprimer sa personnalité créatrice.

La Grande Vague de Kanagawa

 

Dans sa vie, il déménage aussi souvent qu'il change de nom !

Dans l'oeuvre d'Hokusai, j'y découvre poésie, délicatesse et nourriture spirituelle. Les contes et légendes défilent et je succombe devant l'Asie de l'Estau. Il incarne la spiritualité et l'âme de son pays. A travers mythologie et culture japonaise, ce parcours est un grand voyage dans le pays du Soleil levant. L'époque Edo est également marquée par le shintoïsme (神道, shintō), appelée littéralement "La voix des Dieux". C'est la religion la plus ancienne du Japon et elle est particulièrement liée à la mythologie. Au Japon, chaque région avait ses propres Dieux et ses propres rituels.

 

Hokusai Yang Hokusai Yin

Yang (masculin) et Yin (féminin)

 

A cette époque les japonais étaient intimidés par l'avance culturelle chinoise et voulaient rivaliser avec elle. L'anthologie mythologique et l'anthologie poétique servaient le cycle de la naissance et de la renaissance. C'est le mélange des systèmes qui engendra le "Shintoisme".

L'empereur était la représentation des Dieux dans le monde mortel. Ce mandat divin de la famille impériale a forgé la mentalité japonaise. Chaque élément de la terre dans cette religion a le caractère sacré de la Nature. De même, chaque parcelle de la vie a un caractère sacré.

A l'origine, les chasseurs-pêcheurs du Jömon était le seul peuple au monde à pénétrer dans l'ère du néolithique qui resta nomade. Cette ethnie Jômon a pour origine les Inuits par l'arc Alaska-Nunavut-Groenland-Finlande-Sibérie-Japon qui formait la patrie originale des "Hyperboréens", le Svastika polaire de l'homme du Néandertal. Les japonais ne sont donc pas de l'Est mais un peuple d'Extrême Nord. Le Japon constitue donc l'avant-garde eschatologique de l'Eurasie.

Le shintoïsme entraîne le nomadisme par la pratique du "Shikinen Sengû" qui consiste à déplacer tout sanctuaire chaque vingt ans. Tous les édifices de bois sont donc détruits et reconstruits sur un autre site. Ainsi, sur ces mêmes moeurs, la capitale est déplacée à chaque nouveau Empereur (Naniwa, Ôtsu, Nara), jusqu'à l'arrivée du bouddhisme à la fin du VIIIème siècle et plus tard la période "zen".

C'est l'impermanence des choses, liée à l'air et à l'eau qui s'opposent à celui de la stabilité terrestre. Cette culture japonaise fait donc ressortir la légèreté des matériaux d'habitation par les paravants amovibles et le caractère sélénien des arts traiditonnels (Unkiyo-e ou "images du monde flottant", volutes éthérées du Koto et du shakuhachi dédiées à la contemplation musicale des froides lumières de la lune, laques et céramiques aux motifs vibrants d'irréalité translucide), littérature féminine et mortuaire (Kojiki initié par l'impératrice Gemmyô aux Contes de pluie et de la lune de Ueda Akinari jusqu'au Genji monogatari qui est l'unique exemple de roman nation écrit par une femme.

La période Sakoku ferma le Japon pendant 215 ans.

 

Le Fuji bleu

 

Le mont Fuji, dans la tradition shintō, est considéré également comme un élément du paysage naturel sacré.

 

IMG_6505

 

Le Grand Palais abrite donc la plus grande exposition mondiale de l'artiste Hokusai, c'est la consécration d'Hokusai.

En hommage à ses noms, l'exposition est déclinée en 6 séquences dont :

 

- Katsukawa Shunrô (1778-1794),
- Sôri (1794-1798),
- Katsushika Hokusai (1798-1810),
- Taito (1811-1819),
- Iitsu (1820-1834),
- Gakyô Rojin Manji (1834-1849).

 

Pêcheur

Le tableau de "Pêcheur" laisse le doute d'un autoportrait de Hokusai. Le texte est composé de brefs poèmes figurant au-dessus du personnage. L'un d'entre eux se termine sur le nom de Manji, une des signatures de Hokusai. Sa représentation, serait alors âgé d'une soixantaine d'années. Sa pêche ne semble guère fructueuse, le panier est vide. Sa position porte à croire qu'il n'est pas pressé car sa ligne n'est pas lancée à l'eau.

 

 

C'est le Maître des estampes japonaises qui créa le fameux tableau "la grande vague de Kanagawa" 神奈川沖浪裏 (ukiyo-e ou "image du monde flottant" - 1831) qui fut la première estampe des trente-six vues du Mont Fuji (de 1831-1833). Le thème de la vague est récurrent comme les vagues qui ne cessent de remplacer la précédente.

Ces oeuvres sont conçues selon la tradition japonaise du boudhisme, par le mouvement de la vague qui exprime le pessimisme d'un monde impermanent qui reflète notre nature fragile face à la nature grandiose et souveraine.

Il peint avec beaucoup de vigueur et d'effets visuels. Sa peinture est une énigme pour ma part. Je relève qu'elle puisse être codifiée, malgré des dessins parfois dépouillés.

 

Le poète Teba

 

La couleur bleue est le symbole de la "Révolution bleue". Le bleu de Prusse est sa prédilection, dès 1829. Cette couleur, appelée également "Bleu de Berlin", fut découverte en 1705 à Berlin comme l'indique son surnom, par le fabricant de couleur Johann Jacob Diesbach. Ce bleu est obtenu par une préparation à base de cochenilles, d'alun, de sulfate de fer et du sang de boeuf séché qui remplaça la potasse absente. Dès 1709, les peintres européens emploient ce piment. Lorsque sa composition secrète fut révélée, il prit même le nom de "bleu de Paris" et est défini comme "Bleu intense" ! La couleur bleue était obtenue par des pigments très chers, comme le lapis Lazuli. Elle était donc très peu utilisée par les artistes. Le bleu de Prusse a la particularité de perdre son éclat avec le temps et prend une teinte verdâtre jusqu'en 1850. Cette couleur fut introduite au Japon par les Hollandais en 1820.

Le jaune dans la "Grande Vague" reprèsente le sable".

Le mont Fuji est en arrière plan et se confond à la mer et malgré qu'il soit effacé par la grande vague, il est l'élèment le plus important. Il est calme devant les forces de l'eau, il est le symbole terrestre avec les hommes qui se battent contre le ciel et la mer.

La vague représente la force écrasante de la Nature. Le ciel est calme et la mer déchaînée, en parfaite opposition comme le Yin et le Yang.

 

La grande Vague représentée avec les oiseaux

 

 

Hokusai utilise la technique de l'impression faite à partir de plusieurs planches de bois gravé, soit sur bois polychrome d'environ 25x38 cm. Au départ, il dessine au pinceau sur un papier mince et translucide, fabriqué à base de fibres de mûrier entrelacées. Chaque impression comporte une couleur et notamment ce bleu intense.

 

Hokusai Femmes de retour après la récolte de thé

 

Hokusai Bambou

 

Dans cette série, il exploite le format horizontal qu'il emprunte à l'art occidental. Le Mont Fuji ou Fujisan (volcan sacré) est un endroit symbolique dans l'art boudhiste et un lieu de pèlerinage shintoïste. Il apparaît en fond de paysage, enneigé. dans ses toiles avec en premier plan, une tempête dans la baie de Tokyo, au large de Kanagawa. Dans les creux de la houle, les barges de pêcheurs s'aperçoivent et donnent l'ordre de grandeur de la vague qui est de quatorze à seize mètres de haut. Les barques sont effilées comme des sabres de Samouraï. La vague évoque le mouvement perpétuel. Tel un monstre, elle aspire et rejette en écume. Le principe du Yin et du Yang sont à noter dans la manière dont les formes sont marquées, voire cernées et l'utilisation dissociée des couleurs.

La vague est une métaphore.

 

La Grande VagueEstampe 1 de la série "35 vues" - La grande Vague

Le trajet visuel de la lecture de l'image se fait de gauche à droite. La masse d'eau s'équilibre et s'oppose au reste de l'image, dans un équilibre presque parfait de plein et de vide qui forment une symétrie. La vague représente l'instantané, à l'instant où elle va être en rupture par la perte de l'équilibre et est sur le point d'engloutir les embarcations des pêcheurs. Le Fuji apparaît au loin.

 

Hokusai vue sur la mer 01

Katsushika Hokusai

 

Le tableau ne mesure pas 16 mètres de haut, à mon grand regret.

La vague fait référence à cette vague monstrueuse qui détruisit la ville d'Edo.

 

Le pêcheur de Kajikazawa

 

 

Garçon contemplant le Mont Fuji

La neige est la lumière blanche des anges / Neige de Maxence Fermine

 

 

Vent du sud, ciel clair

Gaifû Kaisei 凱風快晴 qui signifie "Vent du Sud, ciel clair"

Le Fuji est rouge, les rayons du soleil levant illuminent le Fuji. C'est l'été, seules quelques traînées de nuage recouvrent le mont. Ce tableau fut réalisé au début des années 1830. Cette série témoigne d'une rupture dans l'art Hokusai. Il privilégie l'aspect inattendu d'un moment saisi dans les sites touristiques, alors que les autres artistes étaient plus conventionnels.

 

 

Mythique volcan où la montagne sacrée. Il ressemble aux portes du ciel

 

Orage sous le sommet

Hokusai a peint le Mont Fuji après l'avoir gravi à la rencontre du petit peuple dans chaque province sur les pentes du Dieu Blanc. Il peint ces paysages avec ces pinceaux qui associent l'onguent des kami (divinités) qui va jusqu'à l'essence des choses.

 

Le pin coussin à Aoyama

Hokusai dans les années 1830 voue un véritable culte à la montagne sacrée. Après trois années consacrées à méditer sur cette divinité, il peint ce chef d'oeuvre, en trente six vues.

 

Hokusai La baie de Tago

Pour accéder au Mont Fuji, il faut traverser la forêt "Aokigahara Jukai" qui regorge de légende. Fuji, le plus haut volcan du Japon (3776m) est reconnu comme une montagne de perdition. Beaucoup de randonneurs perdent leur chemin ; aussi, chaque année, il est organisé une expédition pour retrouver ces corps disparus.

La foret est si dense qu'il est difficile de se diriger en fonction du soleil.

Le sol crevassé est masqué par des branchages, des feuilles.

Bref, un vrai labyrinthe où il ne fait pas bon y aller seul sous peine d'y laisser la vie.


Les Pins de Fuji ou Tôkaidô HodogayaLe Fuji vu de Hodogaya sur la route du Tôkaidô. La route est bordée de pins et les voyageurs passent, l'un a cheval est gudé par un palefrenier, l'autre est assoupi dans un kago (palanquin). Ils ont croisé un moine mendiant coiffé du grand chapeau de paille. Editeur : Eijudo.  Dessins de la série "Fugaku sanjurokkei" ou "36 vues du Mont Fuji"  Signé : Zen Hokusai aratame iitsu (vers 1830-1835)

 

L'ascension du Mont Fuji"Celui qui gravit le mont Fuji une fois est un sage, celui qui gravit deux fois le mont Fuji est un fou" proverbe japonais.

L'ascension nécessite une bonne condition physique. Il faut traverser une zone de nuages et la température est basse, parfois même négative. Au sommet des vents forts vous soulèvent vers le ciel et l'oxygène est aspiré par l'au-delà.

 

Hokusai Fuji de Kanaya

 

 

Hokusai L'arrière du Fuji depuis la rivière Minobu

Hokusai Le temple d'Asakusa Honganiji dans la capitale d'Eastern

Umegawa dans la province de Sagami oules champs du hameau d'Umezawa dans la province de Sagami

 

Hokusai L'ile Tsukada dans la province de Musashi

Soshu hakome kosui

Le Fuji est vu du lac Hakone, dans la province de Sagami. Sur la rive du lac Hakone, on aperçoit parmi les arbres, à droite, les toits du temple d'Hakone Gongen. Des nuages épais de brume découpent le paysage dominé par une colline. La cime enneigée du mont Fuji est à l'horizon. Dessin de la série "Fugaku Sanju Rokkei" ou "Les trente-six vues du Mont Fuji". Signé : Hokusai aratame iitsu no fude (1826-1833) Editeur : Eijudo

 

 

 

Koshu inumetoge Le mont Fuji dans la passe Inume de la province de Kai. Deux voyageurs sont suivis par deux autres, portant de lourdes charges et gravissent péniblement la colline. Dessins de la série de "Fugaku sanju rokkei" ou "Les 36 vues du mont Fuji". Signé : Hokusai aratame IItsu no Fude  (vers 1826-1833) Editeur : Eijudo

 

 

Hokusai La côte des sept lieux

Hokusai La rivière Tama dans la province de Musashi

Hokusai Reflet du Mont Fuji dans le lac Kawaguchi

Le lac Suwa dans la province de Shinano

 

Hokusai Senu dans la province de Musachi

Plage de Sishiri

 

La scierie à Honjo

Rue Suruga

Le mont Fuji vu de la province d'Owari

La terrasse Zazai du temple des 500 Rakan

La maison de thé d'Hokusagawa le matin après une chute de neige

 

Voici un des contes de Lan Lan Hue sur le Mont Fuji

Le labyrinthe s’enroulait vers l’intérieur. C’est une sorte de jeu de l’oie où chaque pion est escargot de cristal. Sous le chemin, des fleurs carnivores, des puits, des prisons, des ponts parfois mais qui ne sont que la toile de fond. L’essentiel réside dans les cases, toutes habitées par des estampes. Ce sont les trente-six vues du mont Fuji. Il n’y a par ici que des âmes errantes se promenant en toute liberté. Entre deux cases. Entre deux vies. Parfois même à saute-mouton. Elles sont les jokers du jeu. Souffles nouveaux. Courants d’air. Bleus, gris, vibrants. Se glissant dans les oreilles de la nuit. Elles chuchotent des histoires improbables.

Le premier escargot de cristal cheminait ainsi de son pas lent. Il pouvait courir, nager, voler. Magie de gastéropode. Mais il ne se pressait pas. L’escargot numéro un n’est pas primaire, c’est un être réfléchi. Il a d’abord survolé du regard, les espaces qui s’ouvraient à lui. Et bien avant que le dé ne soit jeté, gros dé à points noirs, il observait les chemins, analysait les embûches, imaginait des issues insoupçonnées. Les paysages avaient des contours indécis qui lui faisaient imaginer tous les possibles. Che vuoi ? crut-il entendre. C’était sans doute pour cela que les âmes errantes se sentaient chez elles, se disait l’escargot numéro un. Il sourit et pensa :

-Ah, plus besoin de sépulture ici ! Plus besoin de courir. Seulement s’asseoir, parler ou se taire. Habiter enfin, l’hospitalité de la réponse, celle que chacun a trouvée sur son chemin.

Et le voilà qui lance son dé. Ici, un seul dé est en jeu. Un point noir s’affiche. Et l’escargot numéro un glisse doucement vers la première case. C’est la grande vague de Kanagawa. Tout le monde la connaît, avec ses bords frangés d’écume, son bleu de Prusse soutenu, ses blancs, ses gris aux dilutions contrastées. Et là, surgi au sein de la tempête, le mont Fuji dresse son pic blanc. Mais n’est-ce pas plutôt la pointe d’une autre vague, petite sœur venue du ressac ? L’escargot se prit à rêver et à sourire.

Ah ! C’est un jeu formidable ! Je vais le proposer aux musées, le vendre dans le monde entier! Ah, voyager à travers toute la planète.

L’escargot fut rempli d’aise à cette idée. Il imagine le succès, il se voit riche. Mais voilà qu’il décide de ne pas rester trop longtemps sur la case numéro un, le temps se faisait humide sous les embruns. Jetant un œil au-delà, il rencontra une première âme errante. Elle était assise sur le rebord, entre deux cases, ses jambes pendantes débordaient du chemin et semblaient en barrer la route. Elle n’avait pas peur des fleurs carnivores qui poussaient dans l’arrière-scène. Ce n’était plus son problème d’âme errante car la peur de se faire manger toute crue et de passer dans l’autre monde n’existait plus. La première âme errante était une âme paisible, elle vivait en dehors du temps. Elle regardait passer les escargots sur le chemin. Assise en surplomb, elle observait leur comportement avec tant d’attention que l’escargot l’imagina avec un petit carnet où serait écrit un titre en belles lettres rondes, en gras et en italique : « Notes sur les escargots de cristal », ou encore «  A propos des escargots de cristal » avec en sous-titre «  étude sur un lot de deux, époque d’Edo »

Il l’interpella alors, amusé de son idée :
-Ho ! Que penses-tu, toi qui es là, assise entre deux cases ? Vaut-il mieux sauter la case des désastres naturels dès le départ ? Je crains de me faire renverser par la vague ! Cette barque ne me dit rien de bon ! Elle semble bien trop fragile !

L’âme errante lui répondit tranquillement :
-Oh, ça dépend. J’en ai vu, au coup de dé suivant, qui ont bondi à la case six. Elle est magnifique. Puis, tu vas voir, les choses se répètent ensuite. Tu le découvriras au fur et à mesure du chemin. Je ne te dis pas tout. Pas maintenant. Tu n’arriverais plus à être étonné. Ce serait un peu triste de ne plus être surpris dans son voyage.
-Case six, je retiens. Qu’a-t-elle donc la case six ?
-Je t’ai dit : je ne peux rien te dire !
-Oh, un peu quand même ! Juste un peu !
-Bon, juste un peu, alors ?! On peut se transformer ! C’est tout ce que je peux te dire !!!!
-On peut changer, c’est ce que tu veux dire ?

L’âme errante disparut. Elle avait tourné les talons. L’escargot devenait décidément trop curieux. Certains veulent tout savoir dès le départ alors que le trajet est fait justement pour découvrir. L’essentiel est dans le chemin mais pas dans le but à atteindre. Qui ne le sait ? Sur le chemin, l’âme rencontra une consœur avec qui elle ne put s’empêcher de raconter l’histoire et de lui dire, comme pour se libérer :
-Ah, il faut tout leur dire à ces escargots !
-Oui, c’est curieux comme ils se croient intelligents !
-Drôles de petites bêtes…
-Oui, curieux, quand même, ce manque d’humilité.
-Ils veulent tout voir, tout savoir, tout, tout de suite, dès le départ. Ne pas prévoir les bonheurs, les malheurs, ni les surprises…enfin saisir toute la vie, tout de suite !
-Et oui, alors que l’essentiel ne se voit qu’avec le cœur… Ah le cœur, qui donc en a parlé ?
-Je ne sais plus, ce n’est pas bien grave…

Un autre dé fut jeté. Deux. Il n’arrivera pas à la fameuse case six. Tant pis, il passera dessus de toutes façons. Il aboutit à la case trois : « Orage sous le sommet ». Une si belle case. Les nuages sont brillants, surmontant les éclairs d’orage. Le reste du mont flamboie rouge, sombre, garance, terre d’ombre peut-être. L’escargot de cristal médita, à la case trois. Il imagina sa vie. Au bas du mont Fuji. Avec toute la montagne à gravir. Elle lui parut monumentale pour son petit corps de mollusque. Mais le rouge, le bleu lui furent si fascinants qu’il voulut tenter l’aventure. Il remercia le mont Fuji. La dureté de l’ascension lui semblait atténuée par la beauté de ses lignes. Il s’exclama :

-Magnifique, le « Vieux fou de peinture »! Bravo !

Mais il se disait aussi que peut-être de la case trois, il pourrait hisser ses deux petites antennes devant lui, il verrait alors ce qui se passait à la case six.

- Case six, que me racontes-tu donc?
La case six était à son paroxysme.
-N’était-ce pas celle du pin coussin d’Oayama ?

Velouté, floconneux, il semblait ouvrir ses bras pour accueillir le voyageur sous son ombre. Et entre les feuilles, surgissaient les nuages, le ciel et la pointe du mont Fuji. Pèlerins en cette vallée de larmes, ils essayaient tous, de survivre. En travaillant, en marchant, en voyageant. Sur le chemin des trente-six vues du mont Fuji….

Mais un souvenir revint à l’escargot. Dans son éducation d’invertébré, il lui avait été recommandé de converser avec les âmes errantes. Dialoguer avec l’au-delà permet de se distancier d’avec l’immédiateté de l’existence, lui avait-on dit. Ne pas être par trop primaire. Accéder à une certaine métaphysique, avec néanmoins son pendant, l’obsolescence programmée de toute transcendance… Il avait appris tout cela, très jeune. Les âmes errantes avaient un privilège. Elles étaient entre deux mondes. Un pied dans le monde des vivants qu’elles chatouillaient encore. C’est pourquoi elles savaient si bien les comprendre. Mais un pied déjà ailleurs. Fugacités de l’être. En clair-obscur. Dansant dans les rondes du temps.

L’escargot poursuivit son chemin et se retrouva case dix. On y voyait le mont Fuji vu de la province d’Owari. Un tonnelier travaillait dans le cercle de ses anneaux, tel un petit hamster courant dans sa cage de jeu. Pauvres humains ainsi épinglés sur la toile. L’escargot prit pitié de lui mais il se reprit et se dit :

-Il ne faut pas que je me laisse distraire par ces images des siècles passés. Il faut que je m’occupe de mon destin et que je ne me fasse pas doubler par l’escargot numéro deux !

En effet, l’escargot de cristal numéro deux, avait commencé son parcours juste au second coup de dés. Il n’avait pas perdu de temps, il ne s’arrêtait pas discuter avec les âmes errantes. L’important pour lui était de se concentrer pour arriver le plus rapidement au but. Il avait un tempérament de compétiteur. Rien ne lui résistait. Concentré, performant, efficace, il avait toutes les qualités. Mais pourquoi ? Et puis quelle importance ? De toute façon, ils arrivaient tous au cimetière des escargots, là où les coquilles se désagrègent. L’escargot numéro deux eut un dernier sursaut, une pensée lui traversa l’esprit :

-Ici ou de l’autre côté de la terre, quelle différence, maintenant que j’en ai fait le tour, moi aussi. Ici me semblait si loin, si passionnant quand j’avais la tête en bas, de l’autre côté de l’hémisphère. Le monde me semblait tourné vers des vies extraordinaires. Et maintenant que je suis ici, la vie se retourne comme un gant et voilà venir l’envers des choses.

Il sonda son être de cristal. L’interrogea. S’interrogea. Une dernière fois. Comme pour confirmer ses espoirs et vérifier leurs mirages. Une dernière fois :

- Cristal, oh mon doux cristal, ne vois-tu rien venir ?

Mais le cristal resta sans voix. Et les reflets réverbérés sur sa paroi translucide, ne lui montraient en retour que les miroitements des vues du mont Fuji… et la route qui poudroie. C’était une méditation infinie qui puisait sa véracité dans les replis de ses hésitations. Peut-être valait-il mieux absorber les bleus de son âme, se disait l’escargot numéro un, en observant son frère numéro deux. Oui, plutôt que de se dépêcher vers un but certain et se désintégrer tout aussi sûrement.

Il se souvint du bleu de Prusse, si apprécié des peintres. Facile, profond, délicat, multiple en nuances. Bleu de Berlin aux labiales si douces. Vibrant dans son regard d’escargot. Le monde était devenu bleu… Et son chemin plus délicieux encore. L’escargot numéro un arriva ainsi par la grâce d’un autre coup de dé, à la case quinze. Elle était un véritable havre de fraîcheur. C’était celle du pêcheur de Kajikazawa. Tout le monde le connaît ici, pris dans l’effort quotidien de son travail. Lui et son filet de pêche tendu hors de l’eau. Les vagues, la mer, le ciel, bleu, gris, vibrant, tout était là, il ne se laissait pas distraire. Il faisait corps à l’eau, au ciel, à l’air, au mont Fuji. Et la ligne du filet de pêche semblait doubler la courbure du mont, elle en épousait l’ascension.

A ce moment-là réapparut la première âme errante.
-Oh, ne t’éternise pas !!! Les voyageurs semblent toujours fascinés, ici. Ils s’arrêtent. Et les voilà qui lèvent les yeux, à en oublier et la terre, et le ciel, et la montagne !
-Mais pourquoi donc ?
-Tu vois, ils s’imaginent dans la pointe blanche tout en haut, au-dessus du vide, puis les voilà soudain attirés vers le bas, quand le regard suit la ligne du filet de pêche, ils redescendent alors au fond de la mer, puis la vague les ramène en sa courbe sur le rocher où se tient le pêcheur… Ils se perdent dans tous les coins du tableau, ne savent plus où ils sont, ni quels chemins emprunter.

L’escargot de cristal numéro un n’était pas primaire, il prit le temps de réfléchir. Il s’était arrêté lui aussi. Il observait à présent le paysage. Posément. Tranquillement. Sous les cases, il le savait, il y avait des paysages étranges, des fleurs carnivores. C’était une terre piégée qui s’étendait sous le chemin, minée par des pulsions inavouables. Une vie dangereuse s’épanouissait sous la réalité du monde…, celle du mont Fuji de l’époque d’Edo. Il avait peur de laisser traîner son corps de gastéropode en dehors des marges des cases. Qui sait ce qui aurait pu arriver… Il avait peur de se faire aspirer dans un trou du temps. Sans compter que l’escargot de cristal numéro deux galopait devant lui, loin devant maintenant. Il ne voyait même plus la case où il était. Le jeu lui sembla soudain étrange et toutes ces agitations bien inutiles. Il décida de faire une pause à la case vingt-trois, sur la terrasse Sazai, au temple des 500 Rakan. L’histoire ne le concerna plus. Il avait décidé de s’arrêter là pour toujours, pour suspendre le temps. Il s’est endormi, recroquevillé dans sa coquille transparente de cristal. Son compère numéro deux, pendant ce temps, était arrivé, haletant à la dernière case. Epuisé, essoufflé, il s’est effondré, terrassé. Infarctus du myocarde. La nécrose l’immobilisa pour toujours. Sa coquille d’escargot, soudain, s’est désintégrée, une fois la ligne d’arrivée franchie… Il faisait très chaud ce jour-là. Ni son âme, ni son corps n’ont tenu le coup.

Les âmes errantes étaient au balcon, à cheval sur les cases, elles ont alors soupiré, observant du haut de leur ciel d’âmes errantes, la vie terrestre des escargots voyageurs. Elles se sont alors exclamées :

-Toujours la même chose ! Ils croient toujours qu’il faut se dépêcher, courir, voler, être performant, faire le maximum de choses le plus vite possible…
-Regardez où ça finit !
-Comment ça finit surtout !
-Pas même le temps de voir le soleil, les nuages, la mer bleue, l’écume des vagues.
- Quelle pitié !

L’escargot numéro un s’était assoupi. C’était sur une terrasse où l’on danse, où l’on bavarde, devant le mont Fuji. Face au ciel, à la terre, à l’eau. Plus loin, il y avait une maison de thé. A la case 24. Ce n’était pas un débit de boissons alcoolisées. Seulement une maison de thé. L’escargot de cristal s’était arrêté. Il avait oublié le but du chemin. Il sirotait son thé aux feuilles fraîches. Le breuvage était d’un vert profond et les vagues du jour y miroitaient. L’escargot en humait le parfum, il aimait sentir frissonner l’eau sous le vent, il aimait se rassasier d’herbes sauvages. C’était un festin anisé cueilli le long du sentier de montagne qui s’offrait à lui. C’était une promenade au sein de la nature. Il s’y blottit et, avec son petit corps de mollusque, il venait se frotter à la dureté du monde. Mais la nature avait, elle aussi, trouvé son refuge. Elle se promenait maintenant dans son corps de gastéropode, de façon inversée, en miroir. Ils se promenaient l’un dans l’autre. Ils n’étaient plus qu’un seul corps, qu’une seule matière. Et la nature et ses chemins escarpés s’étiraient en lui, dans ses boyaux d’escargot qui charrient habituellement de la terre. Et la terre est devenue fertile, prospère, rieuse car pleine de promesses. Alors au sein de ses entrailles de cristal, la vie cachée du monde de l’herbe est venue s’épanouir. La neige est tombée sur la maison de thé de Koishikawa. C’est l’hiver, la fin de l’année arrive. Son manteau blanc a fait ployer l’arbre au-dessus du toit de la petite maison de thé. Les visiteurs devisaient. Le thé est chaud. Vert. Blanc. Rempli de ses sommités printanières.

L’escargot de cristal numéro un avait oublié de bavarder avec les âmes errantes. Il n’en avait plus besoin. Il s’était arrêté, à la maison de thé de Koishikawa, sur cet ilot en dehors du temps. Il avait repris son rythme d’escargot. Sa nature d’escargot. Il prenait tout son temps, s’attardant sur le bord d’un nuage pour admirer un éclair de lumière. Sous lui, prospéraient les légumes inconnus, les fleurs carnivores, les puits insondables. Et malgré tous leurs attributs, ils ne rivalisaient pas avec les traits et les couleurs du « Vieux fou de peinture ». L’escargot numéro un s’était éternisé à la case vingt-quatre de Koishikawa. A l’intérieur des trente-six vues du mont Fuji.

Texte initialement publié sur le blog : http://lescosaquesdesfrontieres.com/2014/04/#_ftn1

 

Sur la plaine de l'océan

 

Peintre, dessinateur, graveur... l'artiste a un trait fin pour décrire les paysages avec des airs de l'occident, il dompte les principes traditionnels de l'art japonais. A cette époque, il est interdit de sortir du Japon. Ces oeuvres sont faites principalement sur du papier ou de la soie. Il sait aussi croquer les traits, la physionomie et est connue également pour son répertoire de grimaces.

 

Le pavillon du turbo cornu

 

Danses masculines, HokusaiPage du recueil Otoko dôka ( « Danses masculines »), 1797-1798, Impression polychrome (nishiki-e),
recueil de kyôka illustré (kyôkabon),
Editeur : Tsutaya Jûzaburô,
Signature : Hokusai Sôri ga,
Don Alexis Rouart, 1894, EO 228

 

J'ai admiré ces dessins de carpe, crevette, souris, singe, coq, renard, cormoran croqués avec tant de réalisme qu'il faut un oeil expert pour connaître la symbolique. La carpe, par exemple, représente la persévérance, tandis que la tortue amène l'attachement au sol par opposition à la grue qui incarne le détachement. La crevette m'inspire par ses couleurs floues. L'hololturie, un nom si étrange pour désigner le concombre de mer.

 

Deux carpesC'est une oeuvre rare car un seul exemplaire existe au monde de ces deux poissons. Il fait partie de la série qui était destinée à orner les éventails (qui comporte également : canards, fleurs, oiseaux). Ces carpes se détachent du fond orné d'algues. Les yeux des poissons sont peints en bleu de Prusse. L'oeuvre est signée "Pinceau d'Iitsu, anciennement Hokusai".

 

Hokusai Coq

 

Hokusai Singe

Grenouille sur la branche

Hokusai Poissons

En Extrême-Orient, un poisson seul représente la richesse ; par paire, ils évoquent l'union, la félicité conjugale et la fertilité.

 

Katushika Hokusai Trois tortues d'eau


Hokusai Oiseaux

Katsushika Hokusai Bullfinch and weeping cherry

Bec croisé sur chardon

Tortues - 1798

Cette estampe fut distribuée par Hokusai à ses amis, afin de les informer qu'il change de nom d'artiste et qu'il signera désormais "Sori". En haut à gauche, le texte rédigé par un de ses proches souhait que la lumière de l'étoile polaire (signe de Hokusai) brille plus fort encore sur lui. Toute sa carrière, Hokusai pris une vingtaine de fois un nouveau nom d'artiste. Celui qu'il garda le plus longtemps est "Pinceau de Manji, le vieil homme fou de peinture, anciennement Hokusai".

 

animal

Hokusai Poulets

Deux grues sur un pin couvert de neige

Hokusai Carpe 02

 

Katsushika Hokusai Gotô kujira tsuki - 1830

Il produit des estampes, des peintures, des gravures, des éventails, des manuels de peinture, des calendriers, des livres imprimés, des manuels scolaires... soit plus de 30 000 oeuvres estimées comme des trésors nationaux au Japon. Il est l'inventeur du terme "Manga" par ses dessins spontanés. Les dessins "Hokusai Manga" sont fait sur quinze volumes durant la période de 1814 à 1878.

 

Katshushika Hokusai Le Mont Fuji avec les cerisiers en fleur

 

Le char impérial Katsushika Hokusai

Le ramasseur de chataîgneLe ramasseur de chataîgne pourrait être Kensan, le serviteur du Daruma. Il est légèrement penché et tient un balai dans sa main droite et dans sa main gauche, une pelle en osier. Dessin signé Hokusai. Le vieillard fou de dessin, âgé de 80 ans.

 

 

Hokusai Moissoneurs au travail

 

Rivière Minobu

Hokusai Gravure 01

Hokusai Gravure 02

Hokusai Campagne avec deux moissonneurs

Ueno

Hukosai Tokaidô

La baie de Noboto

Katsuhika Hokusai Jeune femme faisant o-hyakudo Egoyomi

Katsuhika Hokusai Jeune femme lavant son linge

Katsushika Hokusai Agriculteurs
Signé : Zen Hokusai Manji ô fude


Hokusai s'est installé par seulement dans la ville d'Edo (aujourd'hui, Tokyo) où il s'inspira de la rivière "Sumida" ; non, c'est un peintre qui croquait la vie et qui vécut dans cent endroits différents.

 

La gestuelle des personnages est une sorte de pantomine et leur expression, voire les mimiques des personnages sont caricaturales. Cet art est subtil car il développe une atmosphère et l'interprétation est remarquable. Il s'inspire du folklore japonais et développe ce côté fantastique. Il ne manque plus que la musique pour soutenir cette ambiance.

 

Ono, le crétin

Hokusai Manga 13

 

Manga

Carnet de croquis N° 1

Ce carnet de croquis N°1 fait partie des 15 cahiers "Hokusai Manga" qui furent édités à partir des années 1810. Le premier cahier obtint un tel succès que l'éditeur en publia jusqu'à 10 volumes, puis 15. Le terme "Manga" désignait à l'époque un dessin libre, une esquisse.  C'est seulement au XXème siècle qu'il devint au Japon, synonyme de "bande dessinée". Tous les thèmes sont abordés, y compris celui du reptile que vous voyez sur cette page : batraciens et insectes.

 

Ôiso

 

 

 

Hokusai peint la lune, alors que la lune éclaire son étoile. La lune dessine dans l'eau les traits des ombres qui marchent et accompagnent chaque personnage.

 

Miroir de Chine -1830 HOKUSAI

 

 

 

 

Hokusai Oiso

 

Katsushika Hokusai Futakawa

Katsushika Hokusai Oni no nanatsume

Il peint les militaires très poilus, il semble que cela soit des soldats chinois ! J'avais pourtant pris habitude que les asiatiques sont imberbes.

Le miroir est souvent repris car il reflète sa propre image qui incarne un acte de foi comme l'antique injonction delphique "Connais-toi toi-même". La présence du miroir fait partie des objets légitimés par le pouvoir comme l'épée, le joyau et donc le miroir.

Le saké est un breuvage issu de la fermentation du riz. Hokusai, dans un ouvrage plein d'humour décrit ses arômes de fruits frais ou fleuris. Voici une de ses paraboles :

"S'il y a le moraliste, qui dit qu'à la première coupe, c'est l'homme qui boit le saké, qu'à la seconde coupe, c'est le saké qui boit le saké et qu'à la troisième coupe, c'est le saké qui boit l'homme".

 

 

Nous arrivons à la partie la plus érotique, voire pornographique. Là, les vitrines laissent penser que les visiteurs se sont approchés. Des traces de doigts, de front, de nez s'ajoutent aux dessins. La chair est explorée sous le titre "shunga" qui exprime le sexe et le plaisir.

Les portraits sont autres que des pénis, des organes génitaux exposés, un déballage de marchandises qui se monnayent ou qui s'offrent au plaisir de ces couples et des yeux des visiteurs.

Les oeuvres ne sont pas souvent signées et pour cause, les règles de censure qui étaient en place sont strictes.

Les sept Dieux du bonheur sont représentés chez les japonais par des femmes.

 

La représentation de Hokusai de la femme avec le poulpe reçoit toute l'attention des visiteurs.

 

 

Le rêve de la femme du pêcheurTako to ama 蛸と海女 "La femme de la mer et le poulpe"

Estampe qui représente une femme prise dans les tentacules de deux pieuvres. Une l'embrasse et s'enroule autour de sa poitrine, tandis que la deuxième pieuvre semble faire un cunnilingus à la prisonnière. Ses yeux se noient dans le vague (pas la Grande Vague !), l'extase est le prisme de cette métaphysique. Cette oeuvre érotique est un fantasme zoophile de cette femme. 

 

Hokusai Shunga 03

Urashima Taro

Katsuki Hokusai Shunga 04

 

Katsushika Hokusai Shunga 11

 

Katsushika Hokusai Shunga 16

Katsushika Hokusai Shunga 10

Katsushika Hokusai Shunga 05

Hokusai Shung Les amoureux

Hokusai Shunga Amour devant la fenêtre

Hokusai 06

Hokusai 16

Katsushika Hokusai Les amants qui s'embrassent

Hokusai Katsushika Shunga 21

Katsushika Hokusai Shunga 17

Hokusai 17

Hokusai Shunga 02

Hokusai Shunga 01

Katsushika Hokusai 17

Katsushika Hokusai Shunga 12

Katsushika Hokusai Shunga 15

Hokusai Shunga 20

Katsushika Hokusai Shunga 14

Hokusai Shunga 25

Katsushika Hokusai Shunga 18

Lesbiennes

Hokusai Shunga Orgasme

Hokusai Shunga 1821

Katsushika Hokusai Shunga 19

Hokusai Shunga 34

Katsushika Hokusai livre Jeu de miroirsHomme s'habillant en costume de la danse du lion, homme se relaxant en s'allongeant après l'intensité des amours.... Vers 1816-20

 

Hokusai Shunga 18

Bon, j'en ai pas trouvé "cinquante nuances" comme dans le livre érotique de E L James...

 

 

Les vêtements décrits sont raffinés. Sous la méthode des penseurs de plomb qui n'est autre que la révolte en pensées pour tenter de vivre sous cette chape de plomb qu'est l'isolement d'Edo, Hokusai décrit sa vie, son oeuvre. Son oeuvre rayonne comme une énigme. Ce génie fut canonisé à sa mort, lorsqu'Edo fut libéré et la mode du japonisme lancée.

Le divertissement semble l'oeuvre de l'artiste tant le détail aboutit à notre curiosité.

 

Hokusai n'a cessé de changer d'école, de style ; Et, à chaque période, il a changé de signature. Les détails sont fouillés et parfois, d'un seul coup de pinceau, la forme surgit.

Les grands maîtres de l'art japonais sont bien Hokusai et Hiroshige. Auparavant les japonais utilisaient une tradition chinoise pour leurs dessins car ils peignaient ou écrivaient au pinceau avec de l'encre de Chine. A l'époque d'Edo, les congrégations religieuses chrétiennes avaient prises la décision de couper tout contact avec les pays étrangers durant la période de 1603 à 1868. De cette situation, une culture particulière est apparue.

 

Hokusai Estampe Ono

Jolie femme

Longue vue

Longue vue de la série "Sept manies des jeunes femmes sans élégance" est un portrait de deux femmes dont l'une semble très intéressée par le spectacle qu'elle découvre au bout de sa longue vue.

La nuque des femmes, ainsi que les pieds sont précieux. Les orteils sont mirifiques par leur ciselé. Leurs regards, les tissus qui les ornent sont soyeux.

Les "Maisons Vertes" sentent les effluves des caresses des célèbres courtisanes Ohisa et Okita.

 

 

Jeune paysanneBuste d'une jeune paysage dont le visage est tourné vers la droite. Elle porte sur le dos un panier rempli de pousses d'herbes fraîchement cueillie. Trois poèmes sont inscrits qui sont signés de Chiyoki Hananori, Unryu tei et Hanzai Ogi. Le tableau est signé "Sori" de 1799 (Année du mouton)

 

 

Portrait d'une courtisane qui marche 

 

Hokusai Femme 02  Hokusai Femme 01

Hokusai Femme 07 Un joli reflet contenu dans le miroir

Hokusai Femme 03 Hokusai Femme 04

Hokusai Femme 05 Hokusai Femme 06

Deux beautés Hokusai Geisha 01

Hokusai Beauté

Hokusai Geisha 02

La poétesse Ono No Komachi

Katsushika Hokusai Beauté et tête Katsushika Hokusai Femme 06

Hokusai 19

 

 

 

Jeune homme au kimonoIl est agenouillé, vêtu d'un komono de cérémonie et se prépare à la cérémonie du thé. Deux jeunes femmes l'observent à travers un shoji partiellement ouvert. Le poème inscrit est signé SEntai Narieda. Dessin de la série : Rokuju sohiawase. Cette série d'écrits est due à six femmes. Dessin signé Gakyo jin Hokusai ga (1804-1805)

 

Hokusai Manga est un carnet de croquis en quinze volumes. Il est conçu comme un manuel à l'usage des jeunes artistes. Une sorte d'encyclopédie de la vie quotidienne au Japon sous l'époque Edo. Hokusai fut le témoin de la révolution sociale et mit en théorie, l'image du "Carpe Diem" des préoccupations bourgeoises et pacifiques. Il utilise le "mitate" ce qui revient à dire qu'il transpose ce qu'il voit par le biais d'une opération mentale en une autre vue plus représentative, voire symbolique.

Le mot "Manga" est de sa signatue et signifie : esquisse spontanée.

Si l'on revient aux 36 vues du Mont Fuji, elles sont la représentation du Fuji-Yama et ressemble au mitate des 36 pas.  C'est une pratique spirituelle qui transcende le monde visible pour aller vers l'autre monde. Dans la montagne, il faut voir la rencontre avec l'autre monde, avec les morts, avec des êtres étranges. Cette montagne est donc une montagne matrice qui fait l'objet d'un culte par des confréries "Fuji-ko". Le Fuji symbolise le pilier du pays pour les chōnin (町人, « citadins »). Ce sont des citadins japonais de l'époque d'Edo (1603-1867), cette classe sociale est très prospère par leurs commerces et réside dans les villes (chō). Cette classe fait partie de la 4ème caste : la dernière, après les guerriers et les agriculteurs et les artisans. Dans ce système, l'individu n'existe que par son rôle dans la classe sociale et il a de très rares occasions pour gravir l'échelle sociale. Les commerçants sont classés comme improductifs, tandis que les "samouraïs" ont une culture axée sur la philosophie, d'un apprentissage claissque basé sur des valeurs militaires. Les règles du commerce sont régies par des codes de conduite aussi stricts que ceux appliqués aux samouraïs. Mais la culture des commerçants est formée d'idéal connu sous le nom d'Ukiyo ou "le monde flottant", le monde de l'élégance et du divertissement populaire.

Il n'y a pas que 36 vues, mais 46 planches d'estampe.

 

Hokusai Voyage sous la neige

Un poème c'est une eau qui s'écoule, comme cette rivière  / Neige de Maxence Fermine

 

La représentation est selon la perspective aérienne. Le mont est séparé du ciel bleu par d'abondants nuages qui font contrastes avec le plateau couvert d'une forêt de conifères. Trois couleurs s'opposent le bleu, le marron et le blanc. Les nuages sont utilisés pour décaler le ciel de la terre et permettent de combiner le vide et le plein.

Ces 36 vues inspirèrent le compositeur De Bussy pour sa partition "La Mer".

Cet art de la société urbaine est illustré et publié pour contrecarrer la censure des moralistes de la ville d'Edo. Les personnages sont des chōnin, fins connaisseurs des quartiers de geisha. L'imagerie est d'un grand réalisme avec une dimension critique, voire satirique. C'est une littérature populaire, une nouvelle forme d'art non reconnue comme oeuvre d'art jusqu'à la fin de l'époque Edo.

 

Volubilis

 

 

Fleur de pavot

Sauterelle et iris

Fleurs et rainette

 

Kastushika Hokusai Pavots dans la brise

Hokusai Fleur 02

 

 

Orchidée orange

 

Pivoines et papillon

 

 

Les campanules chinois


Hokusai Couverture manuel N° 1 Chrysanthèmes

Ce manuel illustré est pour les filles. 1 volume complet, couverture de couleur marron, rayee et illustree a motifs de chrysanthemes en couleurs, avec etiquette de titre imprimee en noir sur fond rose.

 

 

Anecdote

Les œuvres du célèbre japonais d'Hokusai étaient très convoitées par les membres de la famille royale nipponne. Un jour, un noble demanda à l'artiste de lui peindre l'image d'un oiseau très précieux. Il confia donc son oiseau à Hokusai qui lui dit de revenir une semaine plus tard. Le bel oiseau manquait à son maître. En plus d'être anxieux de récupérer son animal favori, il l'était aussi pour sa précieuse peinture.
Cependant, lorsqu'il se présenta une semaine plus tard chez Hokusai, ce dernier lui demanda, humblement, un report de deux semaines qui se prolongea à deux mois, puis à six mois...
Un an plus tard, l'aristocrate fit irruption, tel un ouragan, dans le studio du peintre.
Refusant tout retard supplémentaire, il exigea son oiseau et sa peinture. 

À la façon japonaise, Hokusai salua l'aristocrate, puis se tourna vers sa table de travail et y choisit un pinceau et une grande feuille de papier de riz.
En quelques instants, il termina sans effort la reproduction parfaite du bel oiseau.
Le chef-d'œuvre laissa le noble bouche bée qui se mit en colère: «Pourquoi m'as-tu fait attendre pendant un an, alors que tu pouvais terminer ton travail aussi rapidement ? »

«Vous ne comprenez pas», répliqua le peintre. Il escorta alors l'aristocrate dans une pièce dont les murs étaient tapissés de reproductions du même oiseau, mais la dernière version les surpassait toutes en grâce et en beauté.
Texte recueillie sur : http://xavierlavie.blogspot.fr

Hokusai va inspirer Van Gogh, Pissaro, Toulouse-Lautrec, Renoir, Degas, Camille Claudel, Claude Monet notamment dans les "Nymphéas". Pour Claude Monet, je vous conseille de lire : les nymphéas noirs de Busi qui retrace bien cette découverte du monde asiatique par Monet. La vague inspira le compositeur français Claude Debussy, dans "La Mer". Dans un autre domaine, la marque "QuickSilver" utilise dans son logo, l'emblématique vague.

Le semeur au soleil couchant de Vincent Van Gogh

 

 

Utamaro le précède, tandis qu'Hiroshige viendra clôturé cet art.

 

Hiroshige Dans les montagnes enneigées

Hiroshig 53 vues de Tokaido 14 Hara

Deux femmes et un coolie

 

 

Nuit de neige à Kambara

Hakone

Les 63 stations du Kiso Kaido Seba

 

 

Les 53 stations de TokaidoPeinture de Hiroshige

 

5ème station

Les rivières d'Asukasa durant la fête du coq

Barque dans le sable du fleuve Tenryu

 Hiroshige - Carpe -

 

 

 

Expression"Vers l'âge de cinquante, j'ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j'ai produit avant l'âge de soixante-dix ans. C'est à l'âge de soixante-treize ans  que j'ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc.  Par conséquent, à l'âge de quatre-vingts ans, j'aurai fait beaucoup de progrès, j'arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidèment parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l'âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole.
Ecrit à l'âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd'hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin."

Katsuhika Hokusai

 

 

 

1ère partie - Hokusai fou du dessin

 

Hokusai Dessin 12

 

Hokusai Pêche

 

 

Hokusai Surimono 01

Hokusai Surimono 005

 

Hokusai urimono 06

Hokusai Surimono 07

Hokusai Surimono 08

Hokusai Dessin 03

Hokusai Surimono 10

Femme dans son intérieur
Femme dans son intérieur 1799

 

Hokusai 54

Hokusai 57

Hokusai scène de vie 01

Hokusai Scène de vie 02

Hokusai Peinture 8

2ème partie - Hokusai manga

3ème partie - Hokusai au cent histoires de fantômes

Voir photos "Spectre d'Oiwa-san"

Ce sont des créatures intangibles sorties d'Hokusai ou du moins du folklore de la culture populaire. Ces créatures imaginaires sont des "Yokaï", monstre bizarre. Ces histoires étaient auparavant des récits oraux, transmis de génération en génération, comme une mise en garde ou un avertissement. C'est à l'époque "Edo" que les peintres ont mis un visage sur ces farfadets.

 

Manoir aux assiettesCent contes de fantômes Hyaku Monogatari Sarayashiki

 

 

Spectre d'Oïwa-San

Le "Spectre d'Oiwa-San est un fantôme qui appartient à une série qui illustrait l'ouvrage "Cent contes de fantômes". Au Japon, le qui portait ce nom consistait à raconter des histoires de spectres, lors des réunions. L'histoire dit qu'au bout du centième conte, un évènement surnaturel devait se produire. Oiwa est représenté par Hokusai, c'est l'héroïne d'une fameuse pièce de Kabuki "Les fantômes de Yotsuya" qui sort d'une lanterne. Cinq estampes seulement de cette série sont connues, le doute subsiste si cette série fut achevée.

 

Le conte du fantôme de Kohada KoheijiL'assassinat de Koheiji par sa femme et son amant. Son fantôme serait venu hanter les deux assassins dans leur lit entouré d'une moustiquaire. Cette histoire fut rendu populaire par l'écrivain Santô Kyôden, connu sous le pseudonyme d'artiste d'Ukiyo-e Kitao Masanobu dans le livre "Belle histoire de vengeance à l'étang d'Asaka". Cette histoire fut adaptée dans une scène de Kabuki et connue un très grand succès. (Archives Musée Guimet)

 

Rokurokubi

 

 Le Rokurokub est un yokaï humanoïde le jour et dont le cou s'allonge la nuit. Il ou elle boit de l'huile de lampe et fait peur aux gens, voire les dévore dans leur sommeil.

 

 

Cou coupéA plusieurs reprises, Hokusai représente des têtes coupées. Dans l'histoire du Japon, les amouraïs tranchaient la tête de leurs ennemis. Ces trophées étaient appelés "Nantakubi". Ces dessins sont réalisés à l'encre de Chine, rehaussé de quelques traits de couleurs avec des influences occidentales comme en témoigne l'utilisation du clair-obscur, technique empruntée aux peintres européens.

 

 

Hokusai Dragon 03

Hokusai Le dragon 02

Cette oeuvre démontre l'humour d'Hokusai car elle représente sa fille "Oi" qui verse du sake dans une coupe. C'est un jeu de mots pour comparer le sobriquet artistique de sa fille : "Oi Sakae".

La représentation de l'homme en costume de samouraï traditionnel qui regarde l'amour se déverser dans son bol.

 

 

Minamoto no Tamatomo

Hokusai dessin 03

 

Crâne

4ème partie - Hokusai, voyage au fil des cascades des différentes provinces

 

Hokusai Cascade


 

 

 

CascadeTour des chutes d’eau des différentes provinces (shokoku taki meguri),
La cascade de Kirifuri sur le Mont Kurokami dans la province de Shimotsuke  (Shimotsuke Kurokamiyama Kirifuri no taki), 1833,

Impression polychrome (nishiki-e),
Format ôban,
Editeur: Eijudô, Signature: zen Hokusai Iitsu hitsu,
Donation Norbert Lagane, 2001, MA 12179

 

Cascade

Voyageurs sur un pont

Hokusai 15

Les premiers plans sont à l'image d'Hokusai. Conçus par le jeu de triangles, comme le toit de la maison qui répond à celui du ponton. La scène est alors adoucie par l'utilisation de lignes horizontales comme celles du plan d'eau et du paysage. Les lignes verticales amènent le regard vers le haut et donne le côté spirituel d'Hokusai. L'exemple de l'arbre au premier plan, ainsi que les sommets des montagnes démontrent cette technique.

 

Hokusai, Kyôka no Fuji

Katsushika-Hokusai 1805-1805 Mont Fuji sous le pont

Le pont Nihonbashi sur l'Edo

 

Le marché aux poissons sur la rivière Edo près du pont Nihonbashi

Hokusai Dessin 04

 

5ème partie - Hokusai, mille images de la mer ou le monde flottant

6ème partie - Hokusai, au fil du pinceau
Avec la peinture, il se consacrera au kakemonos qui sont des grandes estampes polychromes sur soie dans le registre animalier.

Autoportrait d'un vieil homme -1939-

L'humilité -1939-

L'humilité est une caractéristique qui n'est pas donné à tout leader créatif. C'est surtout un comportement qui devrait se cultiver. L'absence d'humilité cause la chute de nombreux artiste. Ils commencent à croire que ce que disent leurs admirateur et s'en imprégnent. Avec le vocabulaire de l'enfance, il pourrait être dit : "Ils deviennent trop grand pour leur culotte" et ils commencent à croire à leur propre presse.

Apprenez à cultiver le trait de l'humilité. Aucun d'entre nous n'est parfait et nous faisons tous des erreurs, tant dans notre vie personnelle que dans nos créations artistique. Il faut toute une vie pour devenir un Maître et, même alors, nous pourrions ne pas l'atteindre avec cette désignation. Soyez reconnaissants pour ce que vous avez reçu et chercher à rester humble.

Nous sommes souvent pris par nos activités journalières que nous oublions que la vie est courte. Aujourd'hui ici et demain disparu. Si l'on ramène notre vie aux éons du temps, nous vivons qu'une seconde. Cette image devrait nous permettre de rester humble. Ainsi, si vous regardez notre place dans l'univers, ce phénomène s'emplifie.

Continuez le reportage en lisant la BIOGRAPHIE


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18 Octobre 2014

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Dimanche 2 novembre 2014
Mise à jour  : 2 novembre 2014
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Katsushika Hokusai (1760-1849) est aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre à travers le monde. Son oeuvre peint, dessiné et gravé incarne la spiritualité et l’âme de son pays, particulièrement ses estampes de paysages, synthèse remarquable entre les principes traditionnels de l’art japonais et les influences occidentales.
Conçue en deux volets, l’exposition présente 500 oeuvres exceptionnelles, dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture du musée Hokusai, à Tokyo en 2016. 
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais. - See more at: http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/hokusai#sthash.4UYs4z3v.dpuf
Katsushika Hokusai (1760-1849) est aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre à travers le monde. Son oeuvre peint, dessiné et gravé incarne la spiritualité et l’âme de son pays, particulièrement ses estampes de paysages, synthèse remarquable entre les principes traditionnels de l’art japonais et les influences occidentales.
Conçue en deux volets, l’exposition présente 500 oeuvres exceptionnelles, dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture du musée Hokusai, à Tokyo en 2016. 
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Katsushika Hokusai (1760-1849) est aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre à travers le monde. Son oeuvre peint, dessiné et gravé incarne la spiritualité et l’âme de son pays, particulièrement ses estampes de paysages, synthèse remarquable entre les principes traditionnels de l’art japonais et les influences occidentales.
Conçue en deux volets, l’exposition présente 500 oeuvres exceptionnelles, dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture du musée Hokusai, à Tokyo en 2016. 
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