Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

20 août 2015

A l'ombre de la conscience de Paul Dardé ou l'enterrement d'une oeuvre

 

 

<< Précédente  |AAccueil | Suivante >>

 

Il est si doux ce visage qui symbolise l'innocence. Ces yeux questionnent la vie après la perte d'un père, durant la Première Guerre Mondiale.

Lodève fut touché par ces départs qui frappèrent indifféremment toutes les classes sociales.

 

Monument aux morts de Lodève

« Je sculpterai non pas pour ce monde puant et civilisé,
mais pour les solitudes… Où ? Vous le savez : je travaillerai,
à l'avenir, pour le Larzac. » 1931

 

Le sculpteur, Paul Dardé, témoin de ce désastre, vit à Lodève. Il témoigne par cette oeuvre magistrale les deuils conjoints et la douleur de la perte.

Lors de son service militaire à Montpellier, ses supérieurs l'autorisent à suivre les cours du soir à l'école des Beaux-Arts à Montpellier. En 1912, il est admis à l'école des Beaux Arts de Paris, dans l'atelier de Jean Antoine Injalbert, qu'il abandonne rapidement, car il rejette l'acadmémisme. Boursier d'étude, il part en Italie et découvre Venise, Rôme, Florence et Bologne sur une période de trois mois. A son retour, il rentre sur Paris et intègre cette même année l'atelier d'Auguste Rodin. Son séjour ne dure que trois jours, car il lui est confié que des travaux subalternes.  Proposé à sa succession, il tourne le dos à la vie mondaine, pour revenir à Lodève, libre et indépendant.

Dès 1913, il reçoit commande par l'Eveché de Montpellier, d'un monument à l'effigie de Jeanne d'Arc. Sa réalisation sera interrompue par la guerre.

La guerre est là, il part pour le front et devient brancardier. Il déserte le front, fuit vers le Midi et est arrêté à Riom. Hospitalisé à la clinique Saint Charles à Montpellier, il réalise des croquis grâce au soutien d'un médecin russe Mr Bouzansky qui lui procure de quoi dessiner en lui disant : "Vous seul vous pouvez vous guérir". C'est à cette période qu'il fait l'ébauche du croquis du "démon", sculpture qui prendra forme sous le nom du "Grand Faune". Il est reconnu inapte au service actif en décembre. Réformé, il a pour seul compagnon sa liberté, neutralisée par le souvenir des horreurs de la guerre. Il commence la série des monuments aux morts et oeuvre pour la postérité.

Avec Alice Caubel de Lodève, il découvre la joie et s'installe à Soubès. Alors qu'il est à Paris, il envoie le 15 avril 1919, le dessin du projet pour la commande de ce monument aux morts qui sera conçu pour fin 1921 à Soubès et installé la veille de Noel à Lodève. Le croquis atteste d'une superficie de 3 m sur 2,50 m, soit un volume total de 10 m3. Le 20 aout 1919, il signe la convention avec le Maire de Lodève, Joseph Ruilhac.

Il est accueilli à Paris par Armand Dayot, du journal "L'Art et les artistes". En 1919, il expose seul dans la galerie Devambez à Paris, mais aussi au Grand Palais en 1920 : "La Grande Douleur" et "Le Grand Faune", sculptures qui le propulsent à la gloire. Durant sa carrière, il fera sept expositions parisiennes et obtiendra le Grand Prix National des Arts en 1920.

"Le Grand Faune" ricane et son rire est méprisant pour les hommes... Voilà comment Paul Dardé a réduit sa notoriété. Cette sculpture représente un homme chèvre de l'Antiquité. Elle est monumentale, en pierre de calcaire, 14 tonnes. Cette oeuvre fut acquise par l'état et orna le jardin de l'hôtel Biron. En 1927, elle fut déplacé en Isère, dans le parc du château de Vizille, résidence d'été des Présidents de la République. En 2006, elle fut remise à la commune de Lodève où elle attendit onze ans d'être restaurée, en Arles.

"Le Christ aux outrages" est le symbole du calvaire de la population soumise. Cette oeuvre fut conçue pour affirmer ses opinions. D'un tempérament bien trempé, il ne se résigna pas devant les difficultés rencontrées.

L'enfant est accompagné de quatre femmes dressées au pied du gisant dont la taille est produite avec un effet de perspective, comme vue des yeux de cet orphelin tant il est grand. Les bottes au premier plan cadrent le décor, les jambes sont écartées, il gît à meme la terre. Les femmes symbolisent les saisons, leur posture barre l'avenir et arrête le temps face à l'oubli. Leur costume permet de dater : 1920. Une veuve s'effondre sur la victime. L'enfant est accompagné d'un autre, ils observent la scène d'un regard pacifiste. L'un porte des vêtements qui permettent de dire qu'il fait partie des favorisés, le deuxième vêtu tout simplement est la représentation de
Paul Dardé, enfant. Deux écoliers qui portent les branches de laurier de la Victoire, en mémoire des 150 disparus pour Lodève. Des quatre femmes, un visage n'est pas ordinaire, celui qui ne porte pas de chapeau, le plus sobre qui est à l'effigie de celle qui devint sa femme, Alice Caubel.

Le monument est inauguré le 8 juin 1921 en présence du Ministre du Budget, Louis Germain-Martin, du gouvernement de André Tardieu et Député Radical indépendant de l'Hérault de 1928 à 1936, mais l'artiste était absent.

Son pacifisme s'exprime dans les monuments aux morts. L'usure du temps de cette sculpture est traitée à l'aide d'acide afin de lui donner cette teinte rouille qui frémit comme le feu de la guerre à la lumière. Lumière qui fait allusion au soleil, père de la pierre suivant Hermès. La pierre est le sujet minéral des philosophes.

En 1925, il présente à l'exposition des Arts Décoratifs, au pavillon de Marseille, la cheminée monumentale. Cinq wagons furent nécessaires pour transporter ce monument à Paris.  Elle est ornée des personnages à la gloire des Contes de Perrault.  On reconnait "Cendrillon" et "Peau d'Ane" et même "Barbe Bleue". Il ne trouve pas d'acquéreur pour son oeuvre de grande dimension. Cette entreprise fut périlleuse pour son devenir.

A Paris, il fait de nombreux croquis qui représentent l'immédiateté d'un moment, d'un mouvement. Souvent, il s'imprègne des clowns du cirque Fratinelli et des "Parisiennes".

Solide gaillard d'un 1m82, aux yeux clairs, avec sa longue barbe, il impose. Sa forte corpulence lui laisse l'aisance de ses gestes face à la pierre de Lens, des carrières de Fons (Gard). Les messages quant à eux prennent de l'ampleur par leur engagement et contrarient les pouvoirs publics. La dignité du peuple suit son destin à travers les 8 stèles qui s'égrènent tout au long de son parcours, tel un parcours initiatique pour prendre conscience de notre destin, face au passé. Sa liberté d'expression, ses lettres ouvertes furent corrompues par les notables et politiques qui mirent tout en route pour l'éloigner de son aura. 75 ans d'existence.

Sans ressource, le cinéaste américain Rex Ingram qui a étudié l'Art à Yale, fait appel à lui en 1926 et l'emploie dans le film "Le Magicien" qui est un film d'horreur qui relate l'histoire d'un sculpteur du quartier Latin de Paris et de son énorme créature, le Faune. Alice Terril, épouse de Rex Ingram pose devant la vraie statue de Paul Dardé, à cette occasion. Film pour la Metro Golwyn Meyer.

En 1927, il est hébergé successivement à Nice, Nîmes, La Vacquerie, Chaumes-en-Brie. C'est dans cette dernière commune qu'il travaille sur le monument de René Quinton.

Il doit travailler à la Mairie pour des tâches sans rapport avec son ancienne activité de sculpteur.

Au Salon de 1930, il présente l'Homme de Neanderthal. Sa tête est de dimension considérable et il n'est pas rare, qu'un visiteur puisse comparer son crane à ce sujet.

Ses succès sont éphémères, sa situation économique devient précaire et ses affaires périclitent.

En 1932, il édite un journal avec ses "Lettres ouvertes aux conseillers municipaux". Il le vend dans la rue.

En 1935, il quitte définitivement Paris couvert de dettes. Il se réfugie dans le Larzac, ses biens sont vendus aux enchères, couverts de dettes ses oeuvres sont saisies en 1936. Il s'installe à Saint Maurice de Navacelle, sa mère était originaire du petit village de Navacelles. Il aménage un atelier à la sortie de Saint Maurice de Navacelle qui comprend un ancien moulin qui capte les eaux. Les travaux durent vingt ans.

En 1940, il s'entreprend dans les caricatures souvent grotesques. Ces dessins laissent percer ses opinions, par des messages sans équivoque aux politiques et décisionnaires.

En 1946, Il apprend sa technique à Gaston-Bernard Arnal qui est son élève.

1956, la maladie lui impose une grande solitude. Il s'installe à Lodève dans la maison d'une de ses soeurs. Il clôture sa vie à l'hopital de Lodève.

Il meurt dans la misère l'année de ma naissance, alors qu'il était né cent avant ma fille, dans un village proche de Lodève, Olmet et Villecun. En 1902, à l'age de 13 ans, il quitte l'école des Frères au moment du certificat d'étude. Il fait une incursion au petit séminaire et le quitte pour aider son père à la ferme. Mais sa passion pour la lecture l'amène à fréquenter la bibliothèque du village. Il dessine à l'encre violette et son inspiration, l'amène maintes fois, à sculpter les rochers. Son père lui installe un atelier dans un ancien cellier de la ferme familiale. Il s'appuyait sur ses lectures pour trouver l'inspiration : Shakespeare, Dante, Tolstoi et bien d'autres. Son travail est remarqué par le Notaire Maitre Martin qui l'invite à rencontrer un professeur de dessin du collège, nommé Max Théron.

En 1967, le conseil municipal de Lodève refuse la requête de son épouse de percevoir une rente pour subvenir à ses besoins.

Quelques temps après, acculée, elle lègue ses oeuvres à la Municipalité contre une rente de 700 francs par mois, soit 110 euros de notre époque.

En 2005, l'ensemble est classé aux monuments historiques. En 2013, le monument fut restauré avant le centenaire de la guerre de
14-18 et le cinquantième anniversaire de la mort de Paul Daudé. Il y a des noms dans la pierre, des noms de soldats qui ont été remis à la peinture rouge.

Pour effectuer la visite, rendez-vous au jardin public qui a remplacé les anciens jardins de l'Evéché et au musée de Lodève pour admirer plus de 2000 de ses oeuvres.

N.B. : Horace Diaz, son ami, a représenté en sculpture Paul Dardé en 2006.

 

Oeuvres

Macbeth
L'homme préhistorique (La Vacquerie)
Thais aux Enfers
Christ aux Outrages (Musée de Lodève) est la statue préférée de Paul Dardé.
La femme damnée
Le Grand Faune
Eternelle douleur (Musée d'Orsay)
La Chanson de Roland
Cheminée monumentale
Homme de Néandertal
Tete aux serpents en gypse (Musée d'Orsay)
Léon Toltoi
Les pleureuses (sépulture privée du Cimetière Saint Lazare à Montpellier)
Vestale (sépulture privée du Cimetière du Père Lachaise à Paris)


Monuments aux morts :
. Bousquet d'Orb,
. Clermont l'Hérault,
. Saint Maurice de Navacelles,
. Soubès,
. Lunel,
. Limoux qui représente "Le Poilu" qui se relève pour écraser l'Aigle, symbole de l'Allemagne.
. Lodève

Stèle à la mémoire des officiers de médecine, à Béziers.

Aquarelles :
. Tête d'homme barbu, 1943

Généalogie

Troisième enfant d'une famille paysanne. Il nait le 5 juillet 1988 à 16 heures à Olmet dans la ferme familiale de Belbézet. Son vrai nom est Paul Adolphe Marie Dardé, enfant de Marie Philomène Jourdan et de Fulcran Dardé. Son grand-père maternel était gardois, Palmie Paulin Jourdan (1833), marié à Marie Césarine Metze (1863), originaires tous les deux de Navacelles. Ils se seraient mariés vers 1861.

Alice Caubel a un neveu Michel Caubel.

Elie Dardé est Maire de Lunas en 1912

Ou se restaurer ?

Chateau de Lunas

Maison Baldy à Fondamente

Ou dormir ?

Chateau de Sorgues à Fondamente

 

Bibliographie

Visite de Lodève, le 17 aout 2015

......................................................................................................................................................................

 

Ce reportage vous a plu et vous souhaitez être informé des prochaines publications : 
Abonnez-vous à "newsletter" !

Vous aimerez peut-être : 
(clic sur photo pour lien)

 

Le_Christ_bienveillant_de_Tignes

Meg_ve_ALLARD_Illuminations

2_Alpes_07  

Kees Van Dongen, s'EX pose en tant qu'artiste

Eclosion de Juana Romani

Tignes Megève L'Alpe entre
les "2 Alpes"

 

 

 ...................................

Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution :  Jeudi 20 aout 2015
Mise à jour  : jeudi 19 juillet 2018 (correction décés du fils de Paul Dardé)


                 Répondre                        

 

<< Précédente  |AAccueil | Suivante >> 


13 avril 2014

La voleuse de livres de Markus Zusak

 

<< Précédente  |AAccueil | Suivante >>

 

La Voleuse de livres - MARKUS ZUSAK

LA VOLEUSE DE LIVRES de Markus Zusak

Titre original
The book Thief (anglais)
Traduit par Marie-France Girod
Edition POCKET parue en 2008
Pages : 633
ISBN : 978-2266175968

C'est difficile de vous inviter à partager cette lecture par cette simple phrase "Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter". Ici, la narratrice n'est autre que "La Mort" qui filtre les pages où défilent le destin tragique d'une petite fille accueillie dans une famille allemande pendant la deuxième guerre mondiale.

La mort collectionne les âmes et nous arrache de notre vie par la puissance qu'est la folie des hommes. Elle donne du poids à ce récit dont l'importance des mots qui ouvrent sur d'autres univers.

 

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis 

Résumé

1939, en Allemagne nazie. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption en dehors de Munich. Leur père a été emporté par le souffle d'un seul et étrange mot, le communisme, et Liesel a vu la peur d'un destin semblable se dessiner dans les yeux de sa mère. En route, la Mort rend visite au frère de Liesel.

 

Markus Zusak est à Sydney, le 1er janvier 1975. Son père Helmut est autrichien et sa mère Lisa est allemande. Ils ont tous les deux connus la seconde guerre mondiale, dans leur pays d'origine. Ils ont immigrés en Australie dans les années 80.

Il est le benjamin d'une famille de quatre enfants. Il a deux soeurs et un frère.

Ses parents s'installent à Sydney (Australie) mais ne connaissent pas la langue anglaise. Très jeune, il affectionne la lecture et matérialise ce besoin, en souhaitant devenir écrivain à l'âge de 16 ans. Il a fréquenté l'école secondaire de l'Engadine.

A l'âge de 18 ans, il termine son premier manuscrit. Pendant sept années, il le publia pendant sept ans, en vain. Il essuya sept refus.

Les doutes sont très forts quand il se concentre sur ces écrits. Il explore sa solitude pour écrire. Le b.a.-ba est : travail, rejet, nouvelle tentative et échec parfois qui font de l'écriture une sorte d'oppression à laquelle il doit lutter. Le travail consiste seulement à s'installer pour écrire. Se poser est la plus grande difficulté.

Il vit actuellement à Sydney avec sa femme et sa fille.

Professeur universitaire, il enseigne l'anglais à l'Université de Sydney. Ecrivain australien, il écrit des romans pour jeunes adultes.

La Voleuse de livres est un bestseller pour enfants, inspiré par les souvenirs de ses parents. Sa mère se remémore les bombardements et lorsque les Juifs défilaient sur les chemins en direction du camps de concentration de Dachau. Elle avait 6 ans. Elle travailla comme femme de ménage.

Le père de Markus était également peintre en bâtiment comme le père de Liesel, Hans Hubermann. C'est après tous ces récits transmis par ces parents que Markus eut envie de devenir écrivain. Après la rédaction de "La voleuse de livres", il est parti en Allemagne pour valider les données.

En 1999, il publie son premier livre à l'âge de 24 ans.

Le livre est publié initialement en septembre 2005 en Australie, puis aux Etats-Unis en 2006 et traduit en quarante langues. Sorti en France, le 20 août 2008, il est adapté au cinéma le 5 février 2014.

L'histoire se passe 33, rue Himmel.  "Himmel" en allemand veut dire "Paradis" !

Il garde dans ses souvenirs de lecture ces romans : "Le vieil homme et la mer" d'Ernest Hemingway,  "Qu'est-ce que Gilbert Grape ? de Peters Hedge et "Catch-22" de Joseph Heller.

Quand il écrie pas, il essaye d'améliorer ses compétences de surf !

Le livre est cité comme les dix livres australiens qu'il faut avoir lus dans sa vie.

Il a également écrit :

. Fait à Hollywood (2005) - Série TV
. L'opprimé (The Underdog : 1999) ISBN 978-3-473-35234-0
. La Lutte contre Ruben Wolfe (Combat Ruben Wolfe : 2001) ISBN 978-0-439-24187-8
. Quand les chiens crient  (Quand les chiens cry : 2002) ISBN 978-0-330-36309-9
. Le messager (The Messager : 2002) - Edition Kero - Il obtient le prix "Printz Honor" en 2006. ISBN 978-0-375-83099-0
. La voleuse de livre (2005) ISBN 978-0-375-83100-3

. Pont de Clay (2009)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frise

 

Mon avis

La mort m'a surprise certe, mais elle n'a pas retenue mon attention. Je l'ai lu pour son originalité car les mots sont utilisés comme Hitler a eu la capacité de les utiliser. La mort ne s'attarde pas sur les héros de la guerre, elle nous fait découvrir Liesel la première fois où elle côtoie la mort. Puis, elle la suit dans son quotidien et tourne autour. Liesel déchiffre les mots et se refugie dans la lecture qui l'aide à se construire, avant de s'accomplir dans l'écriture. La mort rode mais n'est pas brutale, elle nous amène à découvrir son phénomène.

L'histoire traite aussi du pouvoir de l'amour qui transcende l'horreur et fait émerger des personnages leur beauté intérieure. L'histoire fait disparaître une autre histoire et montre que les mots peuvent réécrire l'histoire.

La mort est parfois attendue ou alors elle se tient à distance ; alors que souvent, elle est sournoise et arrive quand l'on ne l'attend pas.

 

Le plus

Les incises dans une typographie différente amènent un nouveau chapître
Des illustrations
La "Mort" s'organise, elle annonce les noms à l'avance dans cette période lourde de l'histoire, elle nous rappelle sa présence pour nous ramener à la légèreté de l'être.

 

Extraits

«Aujourd'hui, Max, le ciel est bleu, avec un gros nuage allongé qui ressemble à une corde, et, au bout de cette corde, le soleil fait un trou jaune...»

 

Lectures proches

Seul dans Berlin de Hans Fallada

Pour l'originalité "Le cirque des Rêves" d'Erin Morgenstern

 

Question

L'avez-vous lu ?

 

Bibliographie

 

Lecture d'avril 2014

Liste de mes lectures "Lire et reliure"

.......................

Ce reportage vous a plu et vous souhaitez être informé des prochaines publications : Abonnez-vous à "newsletter" !

 

Vous aimerez peut-être : 
(clic sur photo pour lien)

 

 Les_oreilles_de_Buster

La_voie_marion_de_Jean_Philippe_MEGNIN

Les_chaussures_italiennes_de_Henning_Mankell

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise


L'ombre du vent

La_vie rêvée des plantes de Lee Seung-U

Les oreilles de Buster
Maria Ernestam
La voie marion
Jean-Philippe Mégnin
Les chaussures italiennes de Henning Mankell Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
Dai Sijie
L'ombre du vent 
Carlos Ruiz Zafon
La vie rêvée des plantes
Lee Seung-U

...................................

Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : dimanche 13 avril 2014
Mise à jour  :  13 avril 2014
                 Répondre                        

 

 

 

<< Précédente |AAccueil | Suivante >>

 

 

Posté par PASPERDUS à 23:26 - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

03 décembre 2013

Les veilleurs de chagrin de Nicole ROLAND

 

<< Précédente |AAccueil | Suivante >> 


Editeur : Actes Sud, Arles (Bouches-du-Rhône)
Parution : 4 janvier 2012
ISBN : 9782330002336
GENCOD : 9782330002336
N° du produit : 501449
Genre : romans & nouvelles - français.
Collection : un endroit où aller

LES VEILLEURS DE CHAGRIN | livres: NICOLE ROLAND | ISBN: 9782330002336 culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Quelle est la part de souvenirs que je peux restituer à cette étendue profonde qu'est le chagrin ?  

C'est dans ce roman profond où la narratrice Esther revisite ses souffrances face au comportement de sa mère atteinte d'Alzheimer, enfermée dans son corps jusqu'à la mort et celles révélées par son métier d'anthropologue, spécialisé sur les stigmates des os, pour identifier les corps que je compte vous entraîner.

"Les disparus ne seront plus condamnés à errer dans le chagrin de leurs proches. Ils reprendront leur place parmi eux, honorés dans leur mort qui pourra enfin être dite, pleurée, dépassée."

La recherche qui l'amène à identifier des corps, à interpréter l'agonie, les blessures des victimes dissimulées sous la terre afin d'aider les familles à en faire le deuil l'amène à dévoiler ses failles familiales et affectives, à exhumer ses propres douleurs.

"creusé avec ma pioche, ma truelle, ma souffrance, ma peur, pour dégager cette forme indéterminée qui m'enferme ; je l'ai déchirée au scalpel. J'ai mal à moi, à eux, j'ai mal, mais ma bouche tremble du désir de vivre." 

Mon avis

L'écriture de Nicole Roland est fluide, proche de la poésie avec le clin d'oeil sur le livre "Mrs Dalloway" de Virginia Wolf qui reintègre la beauté fragile. Et c'est sur ces deux parallèles que l'auteur aborde avec une sensibilité hors du commun notre face cachée, obscure. La douleur et la joie, la dépression et l'amour évoquent les blessures de la vie et le devoir de mémoire. Son travail d'écriture est profond, riche en références qui donnent un réel intérêt à l'histoire sur la nécessité d'une réparation individuelle et collective, psychologique et morale.

"La grâce comble mais elle ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir, et c'est elle qui fait ce vide. (...) Accepter un vide en soi-même, cela est surnaturel. Où trouver l'énergie pour un acte sans contrepartie ? L'énergie doit venir d'ailleurs. Mais pourtant, il faut d'abord un arrachement, quelque chose de désespéré, que d'abord un vide se produise. Vide : nuit obscure." Extrait de "La pesanteur et la Grâce" de Simone Weil

La première partie est déroutante, égale à la confusion qui l'enfonce dans la dépression, la deuxième partie décrit le mal nécessaire pour dépouiller ces ombres du charnier, la dernière partie relate sa reconstruction avec un travail sur la perte et sur la présence jusqu'à l'apaisement par l'écriture qui met en forme son chaos.

« Le suicide est une bonne question, mais c’est une mauvaise réponse »

 

Résumé

Avec d’autres, je sonde les profondeurs de la terre, nous exhumons des fragments de corps que nous reconstituons avec soin. Ces êtres échappés du néant me parlent et me réconfortent. En leur compagnie, je m’éloigne de tout, même du chagrin.

"Si vous pouvez sentir la douleur des autres comme si elle était la vôtre, faites tout pour qu'elle s'efface"
"Tout compte fait, c'est cela que nous sommes, des veilleurs de chagrin".

 

Bibliographie

Née à la Louvière. De père ingénieur. 

A l'âge de 18 ans, elle arrive à Namur pour étudier les romanes aux facultés Notre-Dame de la Paix.

Elle s'installe à Namur en 1964.

Son nom d'épouse est Nicole Noël. Elle interrompt ses études pour élever ses enfants et permettre à son mari d'effectuer sa thèse de doctorat. Il est historien. C'est à cette période qu'elle fonde le théâtre universataire qu'elle animera pendant vingt ans.

Elle achèvera sa licence à Leuven, puis Louvain.

Nicole Rolland était professeur de lettres au collège d'Erpent, elle enseignait aux classes de terminale (Namur, Belgique). 

Jamboise, par sa demeure remplie de livres. Elle emprunte les mots de Paul Eluard pour le titre de son livre "Les veilleurs de chagrin". Elle écrit depuis l'âge de treize ans suite à un accident qu'elle a vu. Elle tient un journal de billets d'humeur depuis l'âge de 16 ans. Au total, douze cahiers et elle partage avec nous ses deux livres.

Colin, voici le nom de son chien, de race carlin.

Mère de trois enfants. Elle perd brutalement sa fille aînée, Hélène, à l'âge de 25 ans suite à une rupture d'anévrisme, en 2007. Hélène était passionnée par le Japon et dans son premier livre, elle rend hommage à l'Asie en mémoire de sa fille, en faisant revivre le lien qui les unit suite à la lecture de toute la biblothèque de sa fille. Au travers de la littérature asiatique, elle découvre un message d'amour et de beauté qui l'aide à faire face à cette situation afin de protéger sa famille. Elle a aussi lu le "Coque des Samouraïs" qui explique les préceptes pour devenir courageux.

Le livre "Les veilleurs de chagrin" a été écrit avant "Kosaburo 1945" malgré qu'il fut publié en deuxième. Son écriture fut interrompue par le besoin d'écrire "Kosaburo 1945", suite à l'évènement traumatique qu'est le deuil. Après six mois d'errance, elle écrit ce nouveau manuscrit sur une durée de douze à quatorze mois, achevé en juin 2008. Son origine fut le besoin d'aider son fils Arnaud à faire le deuil de sa soeur. Mais pour l'auteure, une façon de survivre par l'écriture car lors de ces séances, le chagrin était mis à distance. La souffrance était supportable dans cet état pacif, mais également par le fait que l'écriture est le moyen de lutter contre l'oubli. L'oeuvre est faite au départ sous forme de mail journalier qu'elle adresse à son fils. Son fils l'invite à envoyer aux éditeurs son premier roman afin de conserver ces mots en héritage et de partager. Après diverses relances de la maison d'édition "Actes sud", elle se décide un an plus tard à l'éditer. Jusque là, l'écriture faisait partie de son intime. Enfin, l'écriture l'a révélée et relevée.

Sa mère souffrait d'Alzheimer.

Nicole écrit de 22 heures à 1 heure du matin. Malgré sa retraite, elle continue à donner un cours, une fois par semaine, bénévolement.

Ses auteurs préférées sont Marguerite Duras, Virginia Woolf, Faulkner, Proust, Beckett, Paul Auster, Don De Lillo...

Le 12 décembre 2013, elle participera à la sixième rencontre du cycle littéraire de Ham-sur-Heure-Nalinnes.

2011 : Kosaburo 1945 (actes sud, 2011) -
Prix Première des auditeurs de la RTBF 2011
Prix des lecteurs du pays du Gois
Prix de la première œuvre de la Fédération Wallonie-Bruxelles

2012 : Les veilleurs de chagrin (janvier 2012) 
Prix Littéraire des bibliothèques de la Ville de Bruxelles 2013

2012 : Chère, très chère Marguerite Duras - Les carnets et les instants (avril/mai 2012)

 

Lecture

Novembre 2013

Liste de mes lectures "Lire et reliure"

 

Note du lecteur

Nicole ROLAND s'érige en veilleur car elle exprime nos ressentis à travers les mots qu'elle nous offre.

 

.......................

Ce reportage vous a plu et vous souhaitez être informé des prochaines publications : Abonnez-vous à "newsletter" !

.......................

 

Vous aimerez peut-être : 
(clic sur photo pour lien)

 

 Les_oreilles_de_Buster

La_voie_marion_de_Jean_Philippe_MEGNIN

Les_chaussures_italiennes_de_Henning_Mankell

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise


L'ombre du vent

La_vie rêvée des plantes de Lee Seung-U

Les oreilles de Buster
Maria Ernestam
La voie marion
Jean-Philippe Mégnin
Les chaussures italiennes de Henning Mankell Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
Dai Sijie
L'ombre du vent 
Carlos Ruiz Zafon
La vie rêvée des plantes
Lee Seung-U

...................................

Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 
Parution : 3 décembre 2013 
Mise à jour  :  3 décembre 2013
                 Répondre                        

 

 

 

<< Précédente |AAccueil | Suivante >> 

 

 

 

 

Posté par PASPERDUS à 20:18 - Lire et reliure - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

03 février 2012

La veillée décomposée

 

<<Précédente | AAccueil | Suivante >>

 

Enluminure_Chastet____LuxureLe sommeil fuyait de mes yeux, l'atmosphère s'inondait d'inattentions, la tension baissait au risque de s'étouffer. S'endormir sans y réfléchir. Je le désire.

Devant moi, j'en suis quasiment certaine, la mort est là. Celle qui nous sépare et nous réunit.

Mes premiers pas d'adulte se faisaient en damier, comme un jeu de "d'âmes" ou d'échec. J'avais perdu l'homme, le pion indissociable de la famille, le père.

Le trouble, le supplice extrême se présentaient comme une guillotine. Sa vie s'était retirée, arrachée en débris sur le bord de la route.

Ce grand malheur de ne pouvoir être seul, vient qu'il n'a pas su rester dans sa chambre et de sa sortie, il a fait rentrer la mort, les retrouvailles et les souvenirs effacés. L'ordre des événements est l'héritage anticipé.

Je suis parmi ces devinettes, ces histoires de famille dont la trame parfois usée laisse apparaître le jour. Tandis que son âme s'élève, j'attrape froid sur mes lèvres qui tendent à extraire un dernier souvenir par ce baiser sur la tempe.

J'écoute sans entendre, sans rien attendre car il est dit qu'il ne reviendra plus. C'est la levée du corps vers le néant dans l'inclémence du ciel qui nous plombe de ses rayons et de douleurs. Le cortège s'étire emmenant au passage les voisins, les amis, les badots, le clergé jusqu'à ce pavé de terre travaillé qui exhume l'odeur "Poussière tu reviendras". 

Tristes les regards, ces masques cloisonnés le temps de la cérémonie.

Sur la tombe d'à côté, j'aperçois Marie et je me retourne, pour voir mon oncle Joseph. Ou est donc passé Jésus, cet homme itinérant qui a laissé sur la route, mon père.

 

Le soleil ce jour-là s'étalait comme un ventre
Qui saignait lentement sur le ciel
La lumière est ma mère ô lumière sanglante
Les nuages coulaient comme un flux menstruel

(...)

Merlin et la vieille Femme, §1,  in Alcools.

Guillaume Appolinaire

 

Suite -La terre & les semailles-

 

Un accident de la route mortel hier sur la route d'Agde dans l'Hérault. Vers les 5 heures du matin, une voiture a quitté la chaussée et s'est encastrée dans le rail. Le conducteur est décédé sur le coup. L'automobiliste était âgé de 42 ans.

BIOGRAPHIE

Essai 

..................................

Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais
Parution : 3 février 2012
Mise à jour  : 3 février 2012 

 

                 Répondre                           

 

 <<Précédente | AAccueil | Suivante  >>

Posté par PASPERDUS à 20:26 - Commentaires [20] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,