Impasse des Pas Perdus

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13 novembre 2012

La Dame `Chronique d'un temps d'attente dans une salle d'attente'

 

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Assise, la dame ne bougeait pas. Là, dans ce cabinet médical, elle patiente.

Nous sommes dans la salle d'attente et rien ne me permet de dire que son attitude est normale. Ses traits sont arrêtés, elle semble dormir tout en émettant un grondement sourd qui monte de sa gorge et amplifie le vide de la pièce. Son corps inerte posé sur la première chaise dès l'entrée manifeste sa solitude. Elle n'attache pas d'importance à ma personne, elle est seule. Seule dans son esprit, seule dans la vie, seule sans vie. Elle ne respire plus.

Vieille_paysanne

Tableau "Vieille Paysanne"1903 de Paula Modersohn-Becker  (1876-1907)
Musée Kunsthalle de Hambourg

 

Mes yeux se lèvent pour vérifier si sa présence doit m'inquiéter. Elle semble attendre pour meubler le vide ou tricoter l'absence d'horizons. La solitude, cette invitée indésirable l'aliène car elle est séparée mentalement comme physiquement de toute relation. Elle ne cherche pas mon regard, mon regard erre et vagabonde. Je la fixe pour passer en détail ce que je vous rapporte.

Son corps est entouré d'un manteau raide et sans âge. Elle accumule les vêtements dessous et je m'étonne en réfléchissant à la couleur de ses dessous. J'associe l'ensemble à la couleur beige. Là, vous allez me demander si je vais bien ! Je nie que mes pensées puissent atteindre cette inflexion.

Ce n'est que l'ennui qui fait que je porte mon regard sur son allure. Ses cheveux par l'attache à l'arrière forment un bouquet séché par le manque d'attention. J'en viens à sa chevelure et, de la même façon, je scrute et néglige les détails, car narrer le mérite de vieillir correctement, ne peut se porter sur cette dame. Ses cheveux colorés passent du camel au blanc, dans un dégradé réussi qui s'affronte à la ligne qui sépare en deux son cuir chevelu. D'un côté, je me représente la marge de la page et de l'autre, la lumière fait faillir les lignes d'écriture si différentes et dégradées.

Ses mains sont repliées dans un geste d'offrande, son pied emmitouflé de fourrure qui orne sa bottine rythme l'attente, comme un métronome. Sa cadence augmente par ses pulsations et chaque oscillation ressemble à des croches qui partitionnent le mouvement. Le temps dure. Silence. L'ovale de sa bouche s'ouvre sur un grand baillement non estompé par cette main toujours inerte. Elle exprime son désarroi.

Je tends l'oreille pour juxtaposer mon écoute du lieu à la consultation qui se déroule à côté. Il serait bienvenue que le praticien rentre pour faire une pause.

Certains signes mettent parfois la puce à l'oreille et je diagnostique chez la patiente, une schyzophrénie.

Ses journées sont cadencées par deux visites, le matin et le soir, seule sans espoir.

 

Expression"Si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente" Jules Renard

 

 

Bibliographie

Essai.

 

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Essai
Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 

Parution : 13 novembre  2012 

Mise à jour  : 13 novembre 2012 
 

 

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Posté par PASPERDUS à 22:00 - Commentaires [21] - Permalien [#]
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