Impasse des Pas Perdus

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01 juin 2014

Klimt fait carrière

 

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 La Grande audace de Klimt !

Klimt continue à décorer les murs et les plafonds ! C'est dans les carrières des Baux-de-Provence que j'ai pu découvrir son oeuvre, conseillée par une blogueuse du Sud "Anemomili". Cet édifice consacré aux arts transforme le lieu, le détourne de sa fonction première comme Klimt le fit par rapport à l'art officiel. C'est la représentation qui amplifie ce phénomène.

Bref, je fus aspirée par cette présentation. Le bonheur, la souffrance, l'apaisement.

Le début de carrière de Gustave Klimt s'exprime dès 1880 par des décorations qui s'intéressent aux symbolismes. Le cycle "Or" dès 1902, l'accomplit. C'est de l'art byzanthin qu'il retire l'or qui marque sa période dite "du style doré".

Au coeur des Alpilles, les carrières de Lumière accueillent des spectacles uniques au monde. Une autre façon de découvrir l'art pictural avec "Klimt ou Vienne", projeté sur les immenses parois qui s'élèvent à plus de 14 mètres de hauteur. Les parois de calcaire blanc remplacent l'écran blanc d'avant ! Les murs et le sol s'illuminent, inspirés par Klimt et ses contemporains Egon Schiele (1890-1918) et Friedensreich Hundertwasser (1928-2000).

L'attrait qui me paraît intéressant à vous déclarer, c'est l'impression d'être dans l'oeuvre, une immersion qui vous happe, vous enveloppe au même titre que les fonds de tableau de Klimt qui mettent le modèle sur un écrin. Mes pas sont devenus très vite, des pas de danse. Le mouvement me fit corps et j'avais l'impression de me mouvoir au rythme des images qui défilaient.

 

Exposition

 

 

Salle des carrières - Exposition

Carrières de Lumière Exposition

Mur de calcaire blanc Carrières des Lumières Exposition

Sol et mur Exposition

 

Ce décor est réalisé par Gianfranco Iannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi. Il est constitué de milliers d'images d'oeuvres d'art qui sont numérisées et projetées sur l'ensemble des surfaces de ces anciennes carrières. Le mouvement est rythmé par la musique de Wagner avec Tannhäuser.

Peintre autrichien (1862-1918), il répand l'Art Nouveau avec des lignes ondulées sur des fresques murales, puis les courbes légères et légendaires qui fondent le corps gracile des femmes. Il fréquente l'école des arts décoratifs de Vienne (1876-1883) et se caractèrise par l'asymétrie des corps, un style qui s'apparente aux estampes japonaises. Il aboutit à des figures érotiques dont les corps sublimés seront détruits par les nazis en 1945, au même titre que les humains.

 

Emilie Flöge - Klimt 1897 Exposition Klimt ou Vienne

Emilie Flöge 1897


Sa compagne Emilie Louise Flöge (née le 30 août 1874 à Vienne et décédée le 26 mai 1952) qui restera fidèle jusqu'à la fin de ses jours. Son père est Hermann Flöge (1837-1897), industriel juif. Elle est le quatrième enfant de Hermann Flöge. Elle a un frère nommé Hermann et deux soeurs Pauline et Hélène.

Sa soeur cadette, Hélène se marie en 1891 avec Ernst Klimt, frère de Gustav Klimt. Mais son époux Ernst décède en décembre 1892, Gustav Klimt devient tuteur de leur fille. Gustav Klimt vient fréquemment chez les Flögge, Emilie a alors 18 ans. Ils passent les étés ensemble dans la maison familiale Flöge, au lac Attersee.

En 1895, sa soeur Pauline ouvre une école de haute couture.

Elle a une entreprise de haute-couture et dirige 80 employés. En 1904, avec ses soeurs Hélène qui est veuve et âgée de 34 ans et son autre soeur Pauline qui compte 39 ans, elle ouvre un salon de haute couture nommé "Aux soeurs Flöge", en plein centre de Vienne à Mariahilfer Strasse 1b, dans le 6ème arrondissement. Elle a alors 31 ans. Elle est visionnaire et femme d'affaires. La décoration intérieure est conçue par Josef Hoffmann et Koloman Moser. Leur style prime le confort, de fines bretelles sur les épaules tiennent le vêtement, le corps est libéré du corset. C'est une première étape dans l'émancipation des femmes qui plus tard, clâmeront leur liberté sexuelle avant de s'émanciper avec la dépendance financière et la tutelle de l'homme. Ses voyages à Londres l'amènent à aimer les tendances de Coco Chanel ou de Dior.

Alma Schindler est classée la plus belle femme de Vienne. Elle prendra la place d'Emilie Flöge et deviendra sa muse. De tempérament nerveux, elle perd son enthousiasme devant ces frasque et Emilie tentera de se suicider en prenant une douzaine de somnifères. Elle est phase de guérison et prend conseil auprès de Freud qui classa Klimt comme un névrosé à la recherche d'Oedipe. Il classe son état comme un mal culturel qui l'entraîne dans des choix amoureux allant de la mère à la putain comme dans ses tableaux où le style peut être virginal ou audacieux. C'est dans la série "Le Cycle de la Vie" qu'apparaît seulement la mère. Le thème du saphisme (homosexualité de la femme) et de l'onanisme se retrouvent dans ses dessins. Il lui conseille de garder son indépendance.

Klimt télégraphie à Emilie son retour de Venise suite à une dispute avec Alma Schindler qui deviendra par la suite Mme Alma Mahler-Werfel. Il s'en excusera auprès du beau-père d'Alma, nommé Carl Moll. C'est à cette époque que deux de ses modèles vont donnés naissance à sa progéniture.

Ils entretiennent une correspondance journalière, parfois plusieurs fois par jour lors de ses déplacements à l'étranger. Dans ses courriers, il est un homme du quotidien et fait apparaître l'envers du décor. Il se plaint de manger au restaurant, de s'épaissir ce qui est une gêne pour peindre.

Elle était membre du cercle la "Bohème de Vienne".

Emilie acquièrent une voiture de sport jaune. Deux fois par an, elle se rend à Paris pour évaluer les nouveautés et faire ses choix au niveau des tissus.

Emilie et Klimt portent des robes amples de style "réformateur" qui libère le corps. Dans sa conception, l'on retrouve l'influence du foklore slave, des broderies roumaines et les colliers proviennent de la "Wiener Werkstätte". Par Klimt, les robes prenaient la forme tunique, voire de kimono. Les magazines de mode présentaient des photos de Klimt qui avait appris la photo en tant que professionnel.

En 1918 elle perd Klimt mais continue à vivre 34 autres années, jusqu'à ses 77 ans. C'est une femme secrète et elle enterre avec Klimt, leurs secrets.

La "Wiener Werkstätte" fabrique des objets artisanaux avec des dessins artistiques élaborés par les membres de la Guilde. C'est une coopérative d'artistes qui regroupe plusieurs ateliers d'artistes d'Art Nouveau viennois. Cette coopérative vit le jour en 1910 et avait pour membre en tant qu'architecte Josef Hoffman, mais aussi des artistes décoratifs comme Dagobert Pêche et Koloman Moser qui influençairent le domaine de la Haute Couture. Cette production est vendue chez les artiste comme Paul Poiret à Paris qui rend visite à Vienne pour faire ces choix.

Parmi les clientes étaient Sonia Knips et Friedricke Bière, fille du propriétaire du bar célèbre "Kaiser".

Une des employées fidèles est Herta Wanke.

Jusqu'à la fin de la première guerre mondiale, le magasin fut prospère. Puis, la clientèle s'éloigna. Après cette période austère, les habits prennent des couleurs vives. Les artistes sont attirés par le japonisme. Les pochoirs évoluent car l'intérêt dans l'impression est de faire ressortir la clarté comme dans les modèles japonais.

En 1938, les évènements entraînent la fermeture de sa boutique de la Casa Piccola, par manque de fournisseurs. Le salon était un lieu de rassemblement pour la bourgeoisie de Vienne. Elle travaille uniquement chez elle et à la fin de la guerre, un incendie dévaste son appartement et détruit ses cahiers dont les dessins de Gustav Klimt pour les modèles de ses commandes. Cet incendie semble provenir des Nazis.

Leur relation semble plutôt platonique, un lien étroit les unie qui semble être la sensibilité. Klimt est de douze ans son aîné. Ils ne se marièrent pas. Il est rapporté qu'elle était lesbienne, émancipée et designer. Emilie était sa muse.

 

Emilie Flöge - Klimt Exposition

Sur ce portrait d'Emilie, elle est alors âgé de 28 ans.

Son cou est lassé de tissu, comme si c'était un objet érotique qui nous amène à réfléchir si le comportement de l'artiste n'était pas un peu sadique. La coupe de la robe ne permet pas de deviner les lignes de la morphologie comme une armure de tissu. La trame du tissu offre de longue torsade serpentiforme, impression renforcée par les points blancs qui évoquent la peau des reptiles. Seuls les mains et le visage apparaîssent dans cet ensemble ornementé. Est-ce une métaphore pour faire remarquer cet impossible amour ?

Le visage ovale est encadrée d'une masse de boucles, seuls les yeux bleus brillent, les joues font ressortir des pommettes accentuées par la poudre.

Le bleu et le vert rappellent le mystique des couleurs byzantines. L'inspiration semble venir du style de la danseuse Isadora Luncan dont les vêtements lâches permettaient le mouvement libéré

 

La Sécession Viennoise marque la rupture du ban. C'est un groupement d'architectes et de plasticiens dont le mouvement apparaît dès 1892, sous l'instigation de Josef Olbrich, de Josef Hoffmann et de Gustave Klimt qui en est le Président. Ce mouvement s'affiche contre l'ordre moral et bouscule les conventions. Gustave Klimt illustrera cette séduction en peinture, mais le premier terrains d'expression est l'architecture. Les façades des immeubles prennent des formes organiques, composées de fleurs et de motifs végétaux où le vert et l'or prédominent. Des devises s'affichent sur les façades telle que "A chaque temps son art, à l'art sa liberté".

Hans Makart devint le  "Chef Décorateur" de cet art moderne. Son expérience influencera Alfons Mucha. Son oeuvre naîtra de son amour pour les peintres vénitiens dont il reprendra les teintes brunes pour les tons chauds et les teintes bleues pour les tons froids, dans ses natures mortes. Il fut également inspiré par Eugène Lacroix par son sens du mouvement.

Il en est le fondateur avec son frère Ernst. Dans la première exposition en 1898, le tableau "Pallas Athénée" en est l'affiche. C'est la fin d'un siècle et les conservateurs, moralistes refusent cette vision. Ces tableaux sont contestés car ce genre de peinture est contradictoire à l'image du peuple autrichien et sont de ce fait, un délit. Lâchée par les siens, en 1905, il se tourne vers l'Allemagne. Ce mouvement sera repris en Europe.

 

Le baiser - 1905 Klimt Exposition

 

Le baiser 1905
Der Kuss (en allemand)
Musée du Belvédère à Vienne (Autriche)

Cette oeuvre marque son génie et sera reproduite dans le thème "L'accomplissement" de Adolphe Stoclet. Elle fut cependant précédée de deux autres versions de Rodin et de Munch.
C'est un carré parfait qui représente un couple enlacé sur un parterre de fleur dans une prairie. Leur robe est de style "Art Nouveau" et détache l'homme et la femme par la complexité de chaque vêtement. Pour l'homme, les formes sont géométriques polychrome et pour la femme des arabesques et des fleurs colorées. Seules les têtes et les mains se détachent comme dans les vierges pour montrer la divinité de ce moment ou la passion de l'amour. La force du tableau provient de l'unité car les amants sont enlacés qui lui confère ce côté spirituel. L'homme porte la femme. Le visage de l'homme ne se distingue pas. Ses mains enserrent le visage dans un geste de tendresse. Par la pose de sa tête, elle semble se détourner et esquive le baiser pour laisser place à sa joue qu'il embrasse. Par la pose de sa main, elle semble le repousser. L'homme cherche désespérèment l'amour de la femme. Pour certains, elle évoque une forme phallique par ces flots d'ornements qui s'écoulent sur le coin droit et qui semblent la représentation des spermatozoïdes et donnent la dimension de l'extase après l'acte. Produite à l'huile classique, elle est accompagnée d'appliques de feuille d'or.

Ce tableau pourrait être l'aveu de Klimt pour l'amour d'Alma Maria Schindler, alors âgée de 17 ans.

 

Cette période est la symbolique.

Il peint la baronne Sonja Knips (1873-1950), née Freifrau Potier des Echelles. Elle épouse en 1896, un industriel du nom de . Son portrait de 1898 dépeind les femmes de la société viennoise.

Chez elle, chaque mur accueille un tableau. Elle est de nature nerveuse avec des tendances suicidaires car dans ce monde, elle se meurt comme une valse infinie. Elle retrouve goût à la vie en se réfugiant dans l'art.

Ce tableau fait partie des sept oeuvres qu'il présenta à la deuxième exposition de la Sécession.

   

   Frise

 

 

1902-1903 - Le cycle d'or

Les ondines (Sylver fish)

Les ondines filent sous l'eau, elles se déplacent par banc, se frôlent au courant qui emmêlent leur longue chevelure fleurie. Elles aiment frotter leur ventre nu dans la vase. Elles sont aussi appelées "Serpent d'eau" ou "Serpentine".

Les fillettes sont solitaires et rêveuses et sont initiées à leurs jeux.

C'est l'image érotique de la femme, l'homme est caché et la femme apparaît. Ces poissons d'argent représentent les sirènes douées d'un pouvoir de séduction.

Ce sont des muses ambivalentes qui associent la femme et l'eau. Cette image est empreintée de la mythologie féminine ou Aphrodite et les nymphes prennent naissance dans l'écume de la mer.

L'oeuvre "Sang de poisson" fut publiée en 1898 dans une revue autrichienne.

 

 

Les ondines dans les eaux mouvementées Klimt

 "Aspiration au bonheur" par le mouvement berçant des vagues, synonyme de plaisir. L'absence des pieds rend la réalité corporelle fragile. Le rêve se substitut au pouvoir direct de la réalité. La position des personnages rappelle l'envol de Mélusine dans les Manuscrits du Moyen-Age. C'est la métamorphose par l'identification de la femme à la couleuvre d'eau. C'est aussi l'image de la sensualité qui se vit sans les hommes et devient un fantasme pour le spectateur qu'est l'homme.

 

Neuvième symphonie Exposition

Frise Beethowen

En 1902, Klimt a terminé la frise Beethoven qui représente la Neuvième Symphonie, pour la 14ème Exposition Vienne Sécessionniste qui était destinée à célébrer le compositeur. Elle est destinée à illustrer un décor pour l'architecte Josef Hoffmann qui est chargé de réaliser un monument en mémoire du musicien. Gustav Mahler l'encourage dans cette représentation du bonheur de la part de l'humanité qui souffrent et cherchent l'apaisement dans les arts. Elle fait l'objet de critiques violentes au nom de la morale. Elle est appréciée par Auguste Rodin.

La célèbre "Frise Beethoven" fut acquise en 1903 par le collectionneur d'art juif "August Lederer" (-1936). Elle avait été présentée à l'exposition de la Sécession en 1902. Elle est constituée de 7 tableaux qui offrent 35 mètres de frise. Cette collection fut confisquée à sa veuve Serena Lederer, née Pulitzer, par les Nazis en 1940 lorsqu'elle fuit à Budapest où elle décède trois années après, en 1943.

En 1943, le Troisième Reich avait d’ailleurs parrainé une exposition des œuvres de Klimt à Vienne. Si les nazis haïssaient l’art moderne en général qu’ils qualifiaient d’art «dégénéré», il y avait cependant des nuances dans leur position : en Autriche, Gustav Klimt était même célébré comme un symbole national.

Le 8 mai 1945, certaines oeuvres furent détruites. C'est le jour de la capitulation du Troisième Reich. Hitler se suicide une semaine avant et pour les unités SS, c'est la dernière nuit de la guerre. Ils quittent le lendemain le château d'Immendorf situé dans un hameau de la Basse-Autriche, non loin de la frontière tchèque. Après avoir mis le feu aux treize peintures à l'huile, oeuvres d'art entreposées, ils s'enfuirent.

Klimt avait peint Serena en 1899, sa mère "Charlotte Pulitzer" en 1915 et sa fille Elizabeth Bachofen-Echt en 1916. Comme leur origine était juive, lors de l'exposition, il n'avait pas donné de nom à ces oeuvres. Elles furent donc considérées comme moins importantes et ne furent pas mises à l'abri dans le château. Deux de ces oeuvres furent retrouvées après la guerre, celles de Serena et sa fille lors d'une vente aux enchères et furent restituées au fils Erich, de Lederer jusqu'à sa mort en 1985 à Genève. Ces deux portraits sont maintenant au Musée à New-York.

Lorsqu'il peint le tableau de Serena, c'est le début d'une relation affective. Pour éviter la déportation, Elizabeth prétendra être la fille illégitime de Klimt.

Klimt peint les juifs, son art est de laisser la trace de ces personnes disparues.

Klimt avait présenté à son meilleur client "August Lederer", Egon Schiele. Schiele avait peint le portrait du fils de Lederer, Erich et lui donna des cours d'art.

 

Cycle d'or "Les Ondines"

composé des "Serpents d'eau", du portrait d'Adèle Bloch-Bauer et de "Danaé".

Les ondines de Klimt

Frise Beethowen

Les ondines sont des symboles phalliques. Elles baignent dans le mouvement et épousent les courbes du courant.

 

 

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Frise Beethowen

L'homme enlace une femme, sa nudité cache celle de sa compagne. Les hommes sont rares dans les toiles de Klimt. Ils sont toujours de dos, ils n'occupent qu'une place secondaire. Ils sont là qu'en tant que voyeurs ou partenaires physiques dans l'acte sexuel.

 

 

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  Frise

 

Tragédie grecque

 

La mythologie grecque évoque le côté sombre. Il est influencé par Frédérich Nietzsche. Elle est née de la musique, le plus pur des arts car il est puisé dans les parties les plus profondes, les plus primitives de la psyché. Il fait référence à Wagner.

La vision de cette période est un espace vide parsemé d'étoiles et qui exprime une vue pessimiste du monde.

 

  Frise

 

1898-1901 - Culture et mythologie

Les peintres donnent une signification profonde à cette culture antique.

Klimt ou Vienne

 

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Pallas Athéna - 1898 Klimt - Expoisiton

Pallas Athéna - 1898 Klimt
Musée d'histoire à Vienne

L'utilisation de la feuille d'or date de l'époque de "Pallas Athéna" (1898). Klimt voyage à cette époque à Venise et Ravenne. Il détourne la représentation traditionnelle du sujet, sur un mode ironique il dépeind sous le visage d'une déesse, les traits d'une femme fatale, dite gorgone à la langue tirée. Elle fut l'affiche de la première exposition "Sécession" en 1898.

 

Dans les années 1900, il présente sa toile "La Philosophie" qui fait partie d'une trilogie avec "Médecine" et "La Jurisprudence" lors de la septième exposition de "Sécession". Ces peintures lui avaient été commandées en 1896, pour illustrer les voûtes du plafond de l'Aula Magna, hall d'accueil de l'Université de Vienne.

 

"La Philosophie" est représentée sous la forme d'une sphinge dont les contours sont flous, la tête perdue dans les étoiles avec le cycle de la vie autour, de la naissance jusqu'à la vieillesse en passant par la phase de l'amour. Sur sa gauche, "La connaissance" est représentée sous les traits d'une femme fatale, aux yeux sombres et froids qui fixent le spectateur. Cette représentation indigne les autorités universitaires et considèrent cette allégorie comme une provocation au libertinage et de nuire aux bonnes moeurs. Les journaux s'enflamment et portent cet outrage contre l'enseignement par la pervertion de ses peintures trop érotiques. D'artiste, il devient un personnage peu recommandable car de santé mentale peu stable par ses crises de dépression.

 

A la suite, "La Médecine" et "La Jurisprudence" amplifient ce mouvement car "La Médecine" représente une femme qui offre son corps et à ses côtés sont la souffrance et la mort.

 

"La Jurisprudence" est l'image d'un criminel en proie à ses instincts face une justice figée dans une mosaïque d'inspiration byzantine.

L'ensemble de son décor est refusé pour décorer l'Aula Magna. 80 professeurs signent une pétition pour boycotter le peintre.

 

 

 

Expression"Je refus toute aide étatique, je renonce à tout"
Déclaration de Gustave Klimt dans un interview en 1900

 

 

 

 

Sa première toile "La Philosophie" fut couronné de la médaille d'or de l'exposition universelle de Paris en 1900.

Ces trois oeuvres furent détruites par les Nazis en 1945.

 


1903

Il fait un voyage en Italie et admire les mosaïques de Ravenne. Il peint les paysage de Toscane avec les cyprès, par petite touche il module les couleurs

 

Eglise Cassone - 1913 Klimt Exposition Klimt ou Vienne

 

 

Frise

 

1904 - Mosaïque Stoclet

Un riche banquier belge du nom de Adophe Stoclet lui passe commande de mosaïques murales pour la salle à manger de son luxueux palais qu'il construit à Bruxelles sur les plans de l'architecte Hoffmann. Adolphe et Suzanne stoclet

"L'attente" et "L'accomplissement" sont d'une richesse décorative.

 

 

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Frise de Stoclet - Klimt Exposition

 Frise de Stoclet

 

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  Frise

 

 

1905 - La nature

Le jardin aux tournesols 1905-1908 Klimt Exposition

 

Exposition

 

Exposition

 

Eglise de Unterach à Attersee - Klimt Exposition

  Frise

 

1907 - Espoir

La maternité est l'apport de la femme à la société. C'est la seule vertue de la femme.

En 1903, il prend pour modèle "Herma" pour le tableau "Espoir", il fait des nues quand elle est au terme de sa grossesse. Elle n'a rien de maternel si ce n'est son ventre distendu, elle est le fruit de l'acte amoureux, grande et mince avec ses cheveux.

En 1907-1908, il compose "Espoir II", la tête est inclinée. C'est l'image du dernier grand espoir de l'humanité porté par ces autres  femmes.

 

Les trois âges de la femme - 1905 Klimt Exposition

Les Trois Ages de la femme
L'Art Klimtien est le cycle de la vie comme Gustav Vigiland,  dans le Parc Vigiland à Oslo en Norvège. Le style est régressif, entre la vie et la mort qui sont annoncés par des effets chromatiques.

La représentation de la jeune femme à l'enfant semble être une madone accompagnée de son enfant et vue de profil une vieille femme affligée, repliée sur elle-même.

 

Expression"Quiconque désire me connaître comme artiste -et c'est tout ce qui compte vraiement- doit regarder attentivement mes tableaux et tenter d'y glaner ce que je suis et ce que je veux" Gustave Klimt.

 

 

 

 Frise

 

1908 - Fin de la Sécession

Il quitte la "Sécession" avec un groupe d'amis comme Carl Moll, Koloman Moser, Otto Wagner et d'autres car il ne s'y retrouve plus. Depuis 1905, il est en désaccord avec les membres.

Il se consacre à la peinture de paysages aux couleurs vives  qui expriment l'allégorie. Il se rapproche du pointillisme de Seurat, Van Gogh et Bonnard.
 

 

1909 - 1910


Il se retire du style byzantin par l'abandon de l'or et de l'argent appliqué. Il étudie la peinture française et laisse place au volume. Il utilise de nouvelles sources d'inspiration comme Toulouse-Lautrec. C'est l'époque de l'art de l'affiche avec des dessins.

Comme Kees Van Dongen, il se rapproche de la peinture intimiste en effectuant des portraits dans des grandes dimensions pour clamer la beauté des femmes. Par ces compositions aux grandes dimensions, la décoration flatte sa clientèle bourgeoise.

Cette oeuvre n'est pas une commande, il se permet des libertés avec son modèle.

La dame au boa de plumes - 1909 Klimt Exposition

 

Cette oeuvre "La Dame au boa de plumes" avait été extorquée à son propriétaire juif par les nazis, elle fut restituée aux héritiers en 1998.

Les traits sont bien décrits. Un chapeau noir, un boa de plumes, des cheveux roux, des pommettes fardées, des cils et sourcils soulignés, un regard de biais et des lèvres rouges vifs qui ressortent sur ce teint blanc immaculé.

Le chapeau prend des proportions. Jusqu'en 1910, la mode est au chapeau. Puis sous l'influence du couturier, Paul Poiret, la coiffure est mise en avant avec des rubans et le chapeau est délaissé.

Ce tableau est unique en son genre car le peintre n'a pas décoré le fond d'arabesques qui caractérisent son travail. L'arrière-plan est vide comme celui des jeunes peintres contemporains Schielle et Kokaschka.

 

Exposition

 

 

Exposition

 

Portrait d'Amalie Zuckerandl - 1912-1913 Klimt Exposition

Portrait d'Amalie Zuckerandl    de 1912-1913 (inachevé)

 

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Il réalise des nues aux formes érotiques dans des tenues des plus extravagantes. Les couleurs sont chatoyantes et nous envahissent, nous énivrent.

 Frise

 

1910

Son art entre la figuration et l'abstraction figure comme un principe, un nouveau langage qui s'affirme comme l'Art décoratif. Ses traits reprennent une symétrie rigoureuse et c'est dans la couleur qu'il nuance et donne une facture impressionniste.

Portrait d'Adèle Bloch-Bauer - 1907 Klimt Exposition

 

Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer 1907

 

Adèle lui commande un second portrait en 1912. La technique est différente, plus picturale avec des touches brisées. Les couleurs sont plus vives et fraîches, suite à une étude sur la peinture française. L'arrière-plan est oriental, avec toujours l'influence des estampes japonaises. Il utilise souvent les sérigraphies de ces céramiques orientales qu'il a acheté et posées dans son atelier et pour ce tableau, la décoration est inspirée de ces céramiques.

Le tableau d'Adèle fut inspiré des 6 mosaïques du siècle de l'Impératrice Théodora qu'il vit en l'église "San Vitale" de Ravenne. C'est un monument à la gloire de la beauté féminine. La feuille d'or est combinée pour créer l'aura qui définit l'Art Nouveau (Jugendstil) de Vienne. Le visage est détaillé et finement tracé ce qui empêche l'anonymat derrière l'universalité de l'image.


Le portrait d'Adèle Bloch-Bauer fut commandé par Ferdinand Bloch-Bauer. Ferdinand Bloch-Bauer était propriétaire de la plus grande raffinerie de sucre et à ce titre, il devint mécène et grand collectionneur d'art. Adèle était la fille d'un banquier de Vienne

En 1926, Adèle meurt et dans son testament, elle demande à son époux de léguer les deux chefs-d'oeuvre à leur beau pays. La guerre le fait quitter son pays pour la Suisse et les tableaux lui sont retirés et restitués à l'Etat autrichien.

 

 Frise


1912

Klimt remplace par un fond bleu, le fond d'or. C'est l'interprétation à la "Mâtisse".

Klimt ou Vienne

Frise

 

1910 - 1915

Les artistes aiment les thèmes universels. La vie et la mort sont d'usage académique.

 

L'arbre de vie - 1905-1909 Klimt Exposition

Projet pour la frise Stoclet

En 2008, dans le monde de la haute couture, John Galliano reprend ce motif pour sa collection. Jean-Paul Gaultier reprend cette spirale qui orne les robes en aplat sur les corsages féminins. Cet effet visuel est puissant et simule le relief de la poitrine.

 

 

L'impressionnisme s'efface dans sa dernière période pour laisser place à l'expressionnisme. Des pièces magistrales et tragiques.

La jeune fille (1912-1913)

Portrait de Margaret Stonborough-Wittgenstein - 1905 Klimt Expo

Margareth Stonborough-Wittgenstein était la soeur du philosophe Ludwig Wittgenstein et du pianiste Paul Wittgenstein. Elle a épousé le 7 janvier 1905, un riche américain nommé Jérôme Stonborough (1873-juin 1938) qui se suicida. Il avait changé son nom d'origine juive allemande en 1900 car il s'appelait précédemment Jérôme Herman Steinberger. Ils eurent deux fils avant leur divorce. Thomas Stonborough épousa Elizabeth Churchill mais divorça également. Et Major John Jérôme Stonborough, le deuxième fils, est connu comme un officier du renseignement et interprète. Il a épousé la fille Northumberland.

Margareth Stonborough-Wittgenstein a cotoyé Sigmund Freud et s'est faite analyser pendant deux ans. Devenus proches, ils sont restés en contact jusqu'au décès de celui-ci.

Ce tableau réalisé en 1905 est unique et célèbre. Son fils Thomas Stonborough en fut l'héritier et le vendit en 1960 à la Galerie Neue Pinakothek de Munich.

 

Vue de Malcescine - 1913 Klimt Exposition

 

Malcesine est sur le lac de Garde

 

En 1912, il peint Mäda Primavesi, alors âgée de neuf ans. C'est la fille d'Eugénia Primavesi est née Butschek. Elle est l'épouse d'Otto Primavesi, banquier.  Son épouse était dans la fleur de l'âge, 35 ans, ancienne actrice viennoise.

Il est proche de la famille qui vit en Moravie. Cette famille fait partie de l'élite viennoise juive par sa culture et sa richesse.

Ces portraits montrent un regard confiant, réservé et défiant d'une adolescente. C'est l'époque des théories de Freud sur la sexualité des enfants et des adolescents. Il essaye dans cette série de représenter la profondeur psychologique de ses modèles en insérant des symboles ou des élèments symboliques.

Des lignes diagonales convergent vers le sexe de la jeune fille, visibles ou quasiment inexistantes au final.

Mada Primavesi - 1912 Klimt Exposition
Mada Primavesi - 1912

 

 

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Portrait de Der Maria Munk - 1917-1918 Klimt Exposition

Portrait de Der Ria Munk III    1917-1918  (inachevé)
Frauenbildnis

Maria Munk est née le 6 novembre 1887. C'est la fille d'Alexandre et d'Aranka Munk Pulitzer. Alexandre Munk, riche industriel polonais épousa Aranka en 1882. Ils eurent trois filles dont Lili, Maria (Ria) et Lola. Aranka Munk était la nièce de Joseph Pulitzer et la soeur de Serena Lereder.  Maria Munk se suicida le 28 décembre 1911, à l'âge de 24 ans, lorsque son amant, devenu fiancé, Hanns Heinz Ewers la quitta. Elle prit un pistolet et se tira une balle dans le coeur. Il avait pour vocation d'être libertin.

Ce portrait fut fait à titre posthume, il est le support de la mémoire. Il se nomme Ria Munk III car auparavant, il l'avait peint sur son lit de mort (Cf. Ria Munk I). Pour sa mère, il évoquait trop de mauvais souvenir et elle lui commanda un nouveau qui devait intégrer sa beauté et sa joie de vivre (Cf. Ria Munk II, daté de 1916). Il fut rejeté car il était la représentation de sa fille à demi-nue. Klimt reprit ce tableau et lui changea la tête en lui donnant l'apparence d'une danseuse de l'opéra Holofer de Vienne, nommée Johanna Jusl et l'offrit à Aranka Munk. Sur ce tableau, il allie son inspiration orientale avec le kimono.

La troisième commande est celui de "Frauenbildnis" appelé Ria Munk III, il semble le plus complet de ces travaux mais reste inachevé car il meurt en février 1918. Elle a les joues roses et les yeux foncés, elle pose de biais et se tourne vers nous, spectateurs. Elle tient sa robe fermée. La jeune dame est confiante, avec un sourire doucement rêveur. L'arrière plan est très coloré par une multitude de fleurs, roses et tulipes s'entremêlent à des arabesques de style oriental. Le bas de sa robe et le premier plan sont incomplets, l'on remarque des esquisse de dessin faits au charbon de bois.

Le tableau fut remis à Aranka Munk après le décès de August Klimt. Elle avait divorcée en 1913 de son mari et vivait l'été à Bad Aussee où elle installa le tableau. Elle y resta jusqu'en 1941.

Lorsque Aranka Munch fut déportée en octobre 1941 dans les camps de concentration, les nazis récupérérent ce tableau. Elle fut fusillée le 26 novembre 1941, un jour avant son 79ème anniversaire.

Lola, sa troisième fille fut également envoyée dans un camp de concentration en Pologne, à Chelmno où elle mourut en septembre 1942.

 

 

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Expo Klimt et Vienne

 Frise

 

 

Nuda Veritas 1889

 

Nuda Veritas - 1889 Klimt Exposition

 

 L'image de la luxure avec les cheveux dénoués et abandonnés. Cette femme nue tient le miroir de la vérité et l'on peut lire au dessus, la citation de Schiller, dans des lettres stylisées.

Au dessus du tableau, cette citation :

 

 

 

Expression

 "Si tu ne peux plaire à tous par tes actes et ton art, plais à peu. Plaire à beaucoup est mal"
Friedrich Von Schiller.

Citatio
n figurant sur l'oeuvre de Klimt  "Athéna Pallas"

 

 

 

 

 Frise

 

 

 

1916-1918 Les amies

Il aborde le thème de la sexualité féminine.

 

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 Frise 

Jeunes-filles

 

La vierge ou Jeune Fille - 1912-1913 Klimt Exposition

 Galerie Narodni - Prague (République Tchèque)

Frise

 

1918 - Décès

1918, ses oeuvres restent inachevées par son départ subit. Il meurt d'apoplexie. Son départ semble ce même principe qui le rend un génie.

 

Adam et Eve - 1917 1918 Klimt Expo

 

 

Frise

 

Puis, avant d'aller voir le film de Jean Cocteau, nous traversons une partie des carrières à ciel ouvert qui relie l'espace dédié à Jean Cocteau.

 

Carrières de Lumières Exposition

Les carrières de calcaire blanc des "Grands-Fonds" furent utiliser depuis des siècles pour bâtir les maisons, le château et les monuments du village des Baux-de-Provence. Ces blocs rectangulaires aux parois impressionnantes étaient extraits en enfonçant des pieux de bois ou de fer dans les fissures des strates de calcaire, pour en détacher les blocs. Les Baux signifient en provençal : le Baou, soit l'escarpement rocheux.

4000 m2 de salles où se déroulent depuis 1975 des spectacles audio-visuels car les carrières d'extraction sont devenues des carrières de Lumières.

Elles se situent dans le Val d'Enfer, nom donné à ce lieu dont les grottes inspirées la peur. Les formes bizarres des roches alentours sont dues à l'érosion par l'eau car la pierre contient du carbonate de calcium que l'eau chargée en gaz carbonique dissout.

Les carrières sont la propriété de la commune des Baux-de-Provence.

 

 

Carrières de Lumières - Exposition

Carrières de Lumières - Percée dans la pierre Exposition

Carrières de Lumières - Les Baux-de-Provence

 

 

Jean Cocteau

 Hommage à Jean Cocteau avec la projection "Le Testament d'Orphée".

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Exposition

 

Influence de Schiele - Cité

 A la suite de la traversée de 100 ans de peinture, un autre spectacle est joint nommé "Les villes invisibles". Elles sont proches du rêve de l'homme car c'est la recherche de la ville idéale. Concoctées par l'imagination et des fragments de réalité, elles forgent l'avenir par l'utopie du présent.

 

Klimt ou Vienne

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Portrait de Eugenia Primavesi (1913)

 

Judith 
Dans l'ancien testament, Judith est une femme veuve et vertueuse. Elle est séduite par Holopherme qui donne une fête en son honneur. Enivré, il s'endort et elle lui tranche la tête. Elle symbolise l'héroisme.

Elle expose ses seins dans sa robe d'or, elle se pâme d'extase comme si la mort n'était pas un acte vertueux mais un plaisir sensuel. Judith est une héroïne juive.


 

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 à gauche : Judith (1901) et à droite : Judith II (1909)

 

 Idylle

 

Klimt ou Vienne

 

Klimt ou Vienne

 

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"Danae" (1907-1908)
Elle fut aimée par Zeus et aurait pris l'apparence d'une pluie d'or

 

Bibliographie Klimt

Né  le 14 juillet 1862 à Baumgarten à Vienne (Autriche), son père Ernest Klimt est orfèvre ciseleur et sa mère Anna Finster est chanteuse lyrique méconnue. Il est le deuxième enfant d'une famille de sept qui comprend trois garçons et quatre filles. Deux des soeurs se nomment Klara et Hermione.

Dès le début, les trois fils affichaient des talents artistiques. L'enfance se déroule dans la pauvreté. Ils déménagent souvent par la situation instable du travail de son père. Ils habitent dans des baraquements où l'argent manque mais pas la vie, lorsque les affaires de son père sont absentes.

C'est donc tout naturellement qu'il poursuit cette voie et rentre à l'école des arts décoratifs de Vienne, après avoir obtenu une bourse en 1876 où il suit une formation de peintre architecte, jusqu'en 1883. Dans ces dessins, il a une précision photographique.

1877, il réalise des portraits d'après photographie.

En 1880, alors âgé de 15 ans, il crée la compagnie des artistes avec son frère Ernst âgé de 16 ans et Matsch (18 ans) qui s'installe avec lui dans cet atelier.

1885, il exécute avec ses compagnons la décoration de la villa Hermès à Lainz. C'est la retraite favorite de l'impératrice Elizabeth.

En 1886, il décroche le premier contrat pour peindre le plafond du "Burg Théâtre" par un concours de circonstance car Hans Makart décède subitement et l'ensemble de ce corps de métier n'ont plus de possibilité au niveau des commandes. Soit dix plafonds du théâtre à réaliser dont la rétribution est au delà des attendus.

Il peint le musée des Beaux-Arts à Vienne. Son style évolue et s'éloigne de celui de son frère et de Franz Matsch. Avec ces motifs de l'Egypte ancienne et de l'Antiquité Gréco-Romaine, il représente l'Art Nouveau Viennois.

1888, il est décoré de la croix d'or du mérite artistique.

En 1890, il rencontre Emilie Flöge. Elle s'engage entièrement dans cette relation, mais lui est incapable de se consacrer entièrement à elle. En ces débuts des années 1890, il se lie d'amitié avec des écrivains dont Arthur Schniltzer, Hofmaansthal et Hermann Bahr. Il s'intéresse au symbolisme, ainsi qu'à l'impressionnisme français.

1890, il remporte le premier prix de l'Empereur, pour sa gouache "Salle de l'ancien Burgtheather".

1891, il a une commande pour les fresques du grand amphithéâtre de Vienne "Aula Magna".

En 1892, il dessine deux billets pour la banque nationale d'Autriche. Franz Match a la charge d'un autre. Leurs motifs ne sont pas retenus et Gustav Klimt s'en plaint à l'imprimerie.

Son père meurt d'apoplexie et son frère Ernst décèdent cette même année, en 1892 et il doit assumer la responsabilité financière de son frère et de sa mère.

Il dissout l'association.

En 1893, il voyage en Hongrie. Le Duc Esterhazy lui passe commande pour la peinture de l'auditorium du théâtre du château Esterhazy à Totis.

En 1894, il a une commande pour créer trois peintures afin d'orner le plafond de la grande salle de l'Université de Vienne : "La Philosophie, la Médecine et la Jurisprudence" qui furent classées pornographiques, suite aux protestations du public. Ces tableaux furent détruits en 1945.

En 1895, lors d'une exposition à Vienne, il découvre les oeuvres de Liebermann, de Félicien Rops, mais aussi de Klinger, Böcklin et Rodin. C'est le début de la période symbolisme.

Il rentre dans une crise profonde et en 1897, il s'arrache de son expression stylisée pour se surfaire sur le thème de l'amour, puis de l'érostisme. Le corps humain est transcendé dans sa fragilité.


Il est en rupture avec la société, il participe à la fondation le 3 avril 1897 de l'Union des Artistes Figuratifs qui est appelé "Sécession" composée de dix neufs autres artistes de la Küntlerhaus de Vienne. Président, il a pour objectif de réformer la vie artistique de cette époque. Il veut élever l'art "Autrichien" à une reconnaissance internationale en prenant la source sur les arts dits "mineurs", c'est-à-dire de joindre l'utilitaire à l'art afin de transformer la vision de l'art. La conscience prime et met au deuxième rang l'art académique. Cette ère nouvelle sera la réponse au mouvement "Art Nouveau" en France et au "Jugendstil" en Allemagne.

Il crée en 1897, le journal "Ver Sacrum" ou "Le printemps sacré" avec ses amis Moser, Josepht M. Olbrich et Carl Moll. Cette revue se consacrera aux Arts et sera le moyen d'expression de la fondation "Sécession".

Joseph M. Olbrich crée un édifice dédié aux arts pour donner libre cour aux jeunes artistes figuratifs dans un lieu d'exposition permanente de leurs oeuvres.

A partir de 1897, il passe tous ses étés à Attersee, avec la famille Flöge.

De nature timide, il vit malgré sa relation avec Emilie Flöge, avec sa mère et ses deux soeurs jusqu'à sa mort. Un homme effacé derrière son oeuvre. Voilà l'ambivalence car il est donc réservé et précurseur du mouvement qui amène l'Art Nouveau.

De sa vie, il n'achètera un appartement.

1897, il entretient une relation avec sa belle-soeur Hermine Klimt, veuve de son frère Ernst Klimt.

1899, il eut une aventure avec Alma Mahler-Werfel (1879-1964). Il l'a rencontre lorsqu'elle a à peine dix-sept ans et elle avait un pouvoir de séduction extraordinaire. Elle est la fille du renommé paysagiste Emil Jakob Schindler et de la chanteuse Anna Berger. Elle grandit dans un environnement bohème et évolue au milieu des artistes révolutionnaires. Elle a une éducation libre et exprime ses opinions. Elle peut échanger avec les principaux artistes de la gotha de la vie intellectuelle de l'époque. A cette époque, son père décède subitement, alors qu'elle est très jeune. Il devient son image de l'homme. Sa mère se remarie avec Carl Moll, devenu son beau-père. Elle ne lui accorde aucune attention. Malgré son jeune âge, elle est autorisée à participer aux diners qui rassemblent les plus grands esprits créatifs de cette époque. Alma fait tourner la tête par l'insolence de son jeune âge et la passion exaltée qui la caractérisa tout au long de sa vie. Dangereuse séductrice, Alma est attirée par la célébrité de cet homme qu'est Klimt, connu comme un séducteur. Leur premier baiser est à Venise. Elle l'écrit dans son journal intime qu'elle tient comme tant d'autres jeunes filles. Elle a une plume libérée et une insolence impudique. Sa mère y découvre cette passion. Sa mère demande à Carl Moll d'intervenir. Carl Mohl  l'accompagne avec un cercle d'amis à Venise et rentre dans une colère noire car l'artiste et ami est bien plus âgé. Il lui interdit de fréquenter sa belle-fille. Leur liaison n'est que querelle, il s'en exprime dans un courrier adressé à Carl Moll. Cette passion sera inachevée comme nombreux des tableaux de Klimt. Le tableau "Le baiser" de Klimt semble figer cet instant. Alma fait ses premières expériences érotiques avec son professeur de piano, Alexander Von Zemlinsky. Le suivant sera Gustav Mahler, compositeur, qui devint son premier époux. Elle le trompe avec Walter Gropuis, il consulte Freud qui est en vacances en Hollande, à Lieden. Elle se maria trois fois, le second mari fut l'architecte Walter Gropuis, le dernier est le poète praguois Franz Werfel. Avec Oskar Kokoschka, elle eut une folle histoire d'amour, mais elle décrit son amour pour Gustav Klimt comme un grand accord et plein de passion. Elle est appelée "La veuve aux quatre arts" car elle a composé avec 4 artistes dont un compositeur, un peintre, un architecte et un poète.

 

Expression"le seul homme que j’ai et que j’aurai sans doute véritablement aimé "
Journal intime d'Alma Margaretha Maria Schindler, en parlant de Gustave Klimt.

 

 

 

Parallèlement à cette nouvelle relation avec Alma, il a deux mois plus tard un premier fils Gustav Hoshitski et deux mois après un nouveau fils encore appelé Gustav mais Zimmerman. C'est cette situation qui entraîne que sa relation avec Alma devient caduque et s'achève à Venise.

De sa correspondance avec sa compagne Emilie Flöge, il ressort qu'il n'aimait pas les mots. Peu et insignifiant.

Il entreprend des voyages à travers toute l'Europe.

1902, il rencontre à Vienne, le sculpteur Rodin.

Il avait des relations sexuelles avec tous ses modèles. Il croque leur pose. La nudité est couverte de ses ornements et laisse entrevoir que partiellement pour donner la tentation. Malgré les nombreux croquis, il gagne sa vie avec la peinture. Par le biais de la perspective, il attire l'attention sur leur sexe ou leur poitrine. Il est taxé de pornographique, ce qui le met dans une colère noire.

Il refuse que les visiteurs viennent à l'improviste à son atelier. Pour ce faire, il affiche sur l'entrée "Inutile de frapper, on ne vous ouvrira pas". Sa peinture est intime et bouscule les conventions, les valeurs morales, jusqu'à entraîner des polémiques.

Les salons d'exposition sont interdits aux femmes de moins de 18 ans.

Il adorait les chats. Les chats vivaient avec lui dans son atelier et avaient pour jeu de détruire ces croquis qui étaient un processus préliminaire pour sa peinture. Comme les chats croquent ses croquis, lui croque les femmes dans ses croquis. Il est attiré par le sexe et la poitrine. Il a un penchant pour saisir les femmes entrain de se masturber, la visage légèrement détourné, absorbée dans leur propre plaisir, les yeux clos.

Klimt peint en sandale avec une blouse pour unique vêtement.

1909, il voyage à Paris et à Munich.

1910, il participe à la Biennale de Venise.

1916, il expose avec les peintres Schiele et Kokoschka.

Quatorzes enfants naîtront de ses amours. Deux garçons de Marie Zimmerman dont un se nomme Gustav Zimmerman et un de Maria Ucicky furent reconnus, les autres sont des enfants naturels. Le fils de Maria Ucicky prit le prénom de Gustav en l'hommage de son père, il devint réalisateur de films. Deux de ses fils meurent dans la petite enfance. Il fut désespéré à la mort de son fils Otto. Avec Marie Zimmerman surnommée "Mizzi", il eut trois enfants et elle fut sa dernière liaison qui dura dix-huit années. Sa relation fut très différente car ils ne partirent jamais en vacances ensemble et ne se présenta à aucune soirée mondaine avec elle. Ce rôle était dévolu uniquement à Emilie. Il ne pourvut pas à l'éducation de ses enfants. De temps en temps, seulement, il leurs donnait de l'argent de poche.

 

Expression"On ne désire pas ce qu'on aime, on n'aime pas ce que l'on désire."
disait Freud en parlant de Gustave Klimt.

 

 

 

1894, l'Université de Vienne lui commande une série de tableaux avec un thème imposé "La philosophie". Son inspiration fait scandale.

1897, il fonde le mouvement "Sécession".
1898, première exposition qui obtient un succès.

 

 

Expression"Je ne connais moi-même pas vraiment mon caractère et je ne souhaite même pas être au clair là-dessus. La seule chose que je sais avec certitude, c'est que je suis un pauvre fou..."
disait Gustave Klimt à Carl Moll dans sa correspondance en 1899.

 

 

 

 

1904 - Avec d'autres artistes, il contribue à la décoration du Palais Stoclet. Mr Stoclet est un riche industriel belge.


1905 - Prix Romana à Berlin
           Il peint cinq femmes enveloppées de fourrure.


1906 - Membre honoraire de l'Académie royale bavaroise de Munich
1908 - Médaille d'or pour les trois âges de la femme lors de l'expostion d'art à Vienne1911 - Premier prix lors de l'expositon à Rome.

1915 - Sa mère Anna décède.

1918 - Il a une attaque cérébrale qui entraîne une paralysie partielle. Il est mis dans un sanatorium, puis à l'hôpital pour être soignés d'escares. Le 11 janvier 1918, il a une attaque d'apoplexie. Sur son lit de mort, il réclame Emilie Flöge. Décés de Klimt, le 6 février 1918, des suites d'une pneunomie développée avec la grippe espagnole. Il est enterré au cimetière de Hietzing à Vienne.

Il est rasé pour les funérailles, seule une moustache encadre sa tête. Egon Schiele fait son portrait sur son lit de mort.

Son oeuvre comprend 230 tableaux, composés de 54 paysages ; mais aussi 3700 dessins.

           Hitler s'intéresse à la peinture de Klimt, sans connaître l'existence de ces modèles. Lorsqu'il découvre cette alliance avec les juifs, il contribue à ce que ces oeuvres disparaissent.

Emilie Flöge a hérité de la moitié de la succession et l'autre moitié est revenue à la famille du peintre.

 

 

Expression"Le salut de l'homme passe par l'Art"
Gustave Klimt.

 

 

 

 

Bibliographie Egon Schiele

Né le 12 juin 1890 à Tulln an Der Donau, près de Vienne. Dès son plus jeune âge, il maîtrise le dessin et rentre à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1906. En désaccord avec le conservatisme qui y règne, il quitte l'Académie pour fonder avec d'autres dissidents un groupe d'Art Nouveau, appelé "Neukunstgruppe".

A 17 ans, il rencontre Gustave Klimt qui a alors 45 ans qui devient son maître spirituel. Leurs idées fusionnent et il rentre dans le cercle d'amis de Klimt. L'attrait de la Sécession Viennoise ne dure pas malgré qu'il refuse les normes, car ses peintures donnent corps à des portraits de style plutôt dépouillé. C'est dans la physionomie qu'il se fait remarquer car les corps sont décharnés et les portraits torturés.

Il traite les modèles en plongée pour donner de la perspective et les contorsionne. Il utilise la technique de Rodin, c'est-à-dire qu'il dessine en regardant son modèle et non sa feuille.

Il décède à Vienne le 31 octobre 1918, la même année que Klimt.

 

Bibliographie de Freidenreich Hundertwasser

Né en 1928 à Vienne, il est un peintre-architecte qui s'est fait connaître pour ses écrits engagés notamment sur le respect de l'environnement et la paix dans le monde. Ses réalisations sont signées par l'asymétrie, le foisonnement organique des formes et des couleurs. Ecologiste convaincu, il met au centre de ses oeuvres, la Nature. L'eau est une source d'inspiration au même titre que Klimt.

Ces motifs itératifs et hynoptisants comme les spirales sont de véritables obsessions. Il puisent ses connaissances de par ses voyages dans le monde où il arrive à s'acquérir notoriété.

 


Exposition en mouvement "Klimt ou Vienne", un siècle d'or et de couleurs
Carrières des Lumières
Baux-de-Provence

jusqu'en janvier 2015

Carrières de Lumières 
Route de Maillane - Val d'Enfer
13520 Les Baux de Provence 
Tél. : 04 90 54 55 56

Coordonnées GPS :
Latitude 43°44'56.27"N
Longitude 4°47'48.94"E

www.klimt-vienne.com/

Horaires & Tarifs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lecture associée

Livre "Klimt" par Gerbert Frodl
Livre  "Gustav Klimt et Emilie Floge : un artiste et sa muse" de Wolfgang Georg Fischer
Livre "Flöge et Klimt - une affaire de famille" de Paul Simpson
Livre "Klimt et la mode" - édition Assouline

Livre "Alma Mahler" journal intime - édition allemande - 750 pages
         (traduction française de la moitié par Alexis Tautou - Bibliothèque Rivage)

Exposition

"Klimt en personne" Musée Léopold à Vienne en 2012
"Klimt ou Vienne" en 2014 - Les Baux-de-Provence

 

Bibliographie

Visite du 1er juin 2014

 

Klimt sur le lac Attersee - Klimt Exposition

 

Promenade en barque sur le lac Attersee. Klimt est en villégiature à Attersee (région de Salzkammergut) de 1900 à 1916. Il loue la villa Paulick.
En blouse de peintre, il se promène. Ce lac l'inspire par sa couleur bleue turquoise, ces forêtes environnantes et les prairies. Il prend souvent les lunettes d'opéra ou le téléscope pour visualiser les futures mises en scène.
Gertrude, la nièce d'Emilie les accompagne souvent. Richard Teschner, artiste "Art Nouveau" et ami, les accompagne pendant les vacances. En 1916, la première guerre mondiale interromp le choix de cette villégiature. Il semble que de cette période, il s'est consacrée aux femmes énumérées au nombre de 12. De ces nombreuses conquêtes, naîtront quatorze enfants.

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Samedi 1er juin 2014
Mise à jour  :  1er juin 2014
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25 mai 2014

Comédie du livre à Montpellier 29ème édition -Rencontre avec les écrivains illustres du XIXème siècle ou la mémoire taraudée-

 

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Comédie du livre

L'année dernière, "la Comédie du Livre" nous entraînait dans le monde de la littérature contemporaine du magrheb et l'Algérie était le pays invité. Cette année, pour la 29ème édition, les grands auteurs du siècle dernier étaient à l'honneur. Présents dans les livres, je me rendais sur les stands pour savourer cet instant unique de les découvrir.

Lamartine me salua, mais je me dépêchais d'aller voir Victor Hugo. Je tenais le livre de mon grand-père "Les Misérables" en vue d'un autographe. Les pages, à certains endroits, endommagées par le processus du temps me rappelaient qu'avant moi, ma mère, mon grand-père et quelques invités illustres de la famille avaient dû percer cette histoire au travers de cette édition.

Le marque page m'indiquait de me rendre à ce salon pour l'y rencontrer. 130 ans après, cette "Comédie du Livre" dont le programme ne citait pas Victor Hugo, me faisait rencontrer ces grands noms qui seraient célébrés au même titre que les auteurs nordiques, venus du monde entier.  Après le Sud, le Nord ! Oui, cette année la croisière est nordique si vous y participez. Vous traverserez le Danemark à destination de la Suède, puis vous vous dirigerez vers la Norvège, en vue d'atteindre la Finlande et si vous le souhaitez pourquoi pas : l'Islande. Dans le catalogue qui me fut délivré à l'entrée, les ateliers étaient notés et je cherchais le lieu de ce RDV, en vain.

Seul mon marque page m'informait de cette visite inhabituelle. Cette 29ème édition avait été programmée en 1885, l'année de la mort de Victor Hugo. Elle s'ouvrait le 22 mai, le jour de sa mort. De plus, il était membre de la "Comédie humaine" d'Honoré Balzac. Mon livre faisait partie d'une série qui avait été livrée avec une brochure de ces rencontres.

Je feuilletais les pages pour vérifier si une annotation me permettrait d'avoir plus de renseignement et je m'aperçus que cette Comédie du livre avait été créée en 1985 à Montpellier par quelques librairies indépendantes au moment du centenaire de la mort de Victor Hugo. Que de coïncidences !

J'étais entourée d'amoureux du livre et cette manifestation, unique en son genre, m'octroyait la possibilité de rencontrer l'auteur qui m'avait fait découvrir cette passion.

Le passé et le présent se mélangeaient. Au Pavillon Populaire, face à l'Esplanade, mon regard fut attiré par Herbjørg Wassmo, Romancière et auteur de sagas qui dépeignent la nature norvégienne. Nommée "la plus grande dame des lettres du Nord", je vous la recommande.

Puis, la présence de Jo Nesbo me rappelle que je suis entrain de lire "Le Bonhomme de neige" !

Et c'est à l'espace Rencontre que s'ouvrait mon aventure ! Je ne tenterai pas de répondre à vos questions, je vous décris seulement cette expérience. Victor était debout, sa canne martelait ses pas comme une minuterie qui me fit considérer que le temps était précieux. Son visage était singulièrement flétri par ses pensées et les rides avaient fixé la souffrance. Sa barbe grise cachait son menton et son nez se retroussait pour retenir ses binocles. Son habit noir boutonné, lui donne l'allure d'un orateur prêt à séduire ses admirateurs. J'entrais dans la salle Pétrarque. J'avais l'impression d'entraîner avec moi mes chères et chers blogueurs bibliophiles pour concrétiser ce souhait profond de mon grand-père.

"Ce siècle avait deux ans » quand naissait ce Grand homme prénommé Victor Hugo qui a bouleversé non seulement le monde littéraire et artistique, mais aussi la sphère politique de son époque jusqu’à aujourd’hui. Mon grand-père, né cent ans plus tard à cette même date, m'avez laissé son livre pour mémoire.  1802, 1902 que de date en souvenir. Tous les éléments de mon enfance me faisaient face. Ce n'était pas un voyage intérieur au plus profond de mon âme car je scrutais la salle. Je me retrouvais qu'avec des grands noms qu'il faut dire avaient été absents depuis plusieurs générations.

 

Victor Hugo

Leur silhouette évoluait autour d'un buffet. Le décor m'énivrait. Derrière les tentures de l'entrée, une envolée de plante, dans des vases ventrus, amenait à la discrétion. Au fond de cet office, les tables étaient garnies de petits fours qui produisaient un joli effet. Je devais faire l'apprentissage de la lenteur pour éviter de perdre cette vision. J'improvisais un itinéraire car cette aventure, aussi intense, se devait d'être conservée pour vous la rapporter. Mon esprit vagabondait à la vue. Leur engagement sur les fondements mêmes de la liberté était ancré dans mes pensées. Comme Emile Zola, il avait écrit sur l'intime et le singulier de la nature humaine. C'étaient les Maîtres du livre qui avaient fasciné mon enfance.

Je salue Honoré Balzac qui vient retrouver son ami. Alphonse Lamartine discute avec Alphred de Musset qui est au stand des "Poètes" où j'aperçois "Les Orientales" de Hugo.  En ce lieu, des vitrines sont présentes et la lumière immacule l'objet. Je m'attarde autour des oeuvres de Victor Hugo et je suis interpelée par le titre "L'homme qui rit". Une oeuvre finalement peu connue qui semble retracer sa destinée et qui me rappelle le calembour "Je pense et je panse". Ces oeuvres sont magistrales et donnent à philosopher sur la conscience humaine qui a bouleversé le XIXème siècle.

A côté, Théophile Gautier lit un extrait de "Hernani", sa pièce de théâtre.

Je rejoins le stand "Pièce de Théâtre" pour chercher "Le Roi s'amuse", pièce jouée pour la première fois à la Comédie-Française qui n'est plus censurée à notre époque.

Soudain, j'entends que l'on débat et me retourne pour apercevoir Alexandre Dumas en pleine discussion politique avec Chateaubriand, au sujet de Napoléon Bonaparte. Je m'éloigne car les romans historiques ne m'intéressent pas.

Georges Sand est là, elle a quitté son Berry pour présenter son dernier ouvrage. Je suis contente de la voir, j'ai visité sa maison de Nohant l'année dernière. Mon service de table est à son effigie.

Rien de plus troublant et énigmatique que ce lieu, j'étais fascinée d'être face au Chef du Romantisme qui a connu le succès de son vivant. Ces épigones qui présidaient cette 29ème édition.

Ils exaltaient leur oeuvre, leur fonction universelle, leur valeur était le seuil des nouvelles générations d'écrivains. Je ne voulais pas briser cette harmonie. Leur génie littéraire transcende toute la complexité de leur vie.

Heureux qui comme nous autres viendront voir ces débats nourris comme le café d'une pointe de force, d'arôme et d'acidité. L'on pense déjà au générique du film "La liste de mes envies" dont le livre est un best seller.

Bonne Comédie !

 

Notes

Après le "Salon du livre" de Paris, la "Comédie du livre" est la deuxième manifestation du genre la plus importante en France. C'est une grande fête sur la culture littéraire qui permet les rencontres entre les auteurs et le public. Une idée qui a été mise en place par trois librairies indépendantes de Montpellier en 1985. Plus de 110 000 visiteurs parcourent les stands dans l'Ecusson et la fameuse place de la Comédie.

Trente cinq auteurs du Nord seront rassemblés dans des stands pour clamer la littérature nordique en vogue. 300 écrivains participent à l'évènement.

A quoi pensez-vous quand je nomme "Montpellier" ? A la mer, le soleil... et pourquoi pas à la lecture sur la plage !

2014 - 29ème édition : littérature du Nord
2013 - 28ème édition : littérature du maghreb
2012 - 27ème édition : littérature du Royaume-Uni
2011 - 26ème édition : littérature allemande
2010 - 25ème édition : littérature d' Amérique du Nord
2007 - 22ème édition : littérature italienne

2005 - 20ème édition : littérature brésilienne

 

Info pratique

Comédie du Livre du 22 au 25 mai 2014, Montpellier, Hérault
Ou ? Esplanade Charles-de-Gaulle
Tarif ? Gratuit
Accès ? Tramway Ligne 1 et 2 (arrêt Comédie) - Ligne 3 et 4 (arrêt Gare-Saint Roch)

La Comédie du Livre sur Facebook

Candidature pour être "Ambassadeur du livre" : Accueillir et accompagner les auteurs invités durant toute la manifestation

 

Bibliographie

Essai - Dimanche 25 mai

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 Les_oreilles_de_Buster

La_voie_marion_de_Jean_Philippe_MEGNIN

Les_chaussures_italiennes_de_Henning_Mankell

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise


L'ombre du vent

La_vie rêvée des plantes de Lee Seung-U

Les oreilles de Buster
Maria Ernestam
La voie marion
Jean-Philippe Mégnin
Les chaussures italiennes de Henning Mankell Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
Dai Sijie
L'ombre du vent 
Carlos Ruiz Zafon
La vie rêvée des plantes
Lee Seung-U

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Dimanche 25 mai 2014
Mise à jour  :  25 mai 2014
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10 mai 2014

La ville enchantée autour de Cuenca

 

 

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Qui aurait pu imaginer que Cuenca, la ville réputée pour ses maisons suspendues "casas colgadas", cachait une autre ville "La Cuidad encantada" ? Lorsqu'on atteint la ville, il est difficile d'imaginer que derrière, à une vingtaine de kilomètre au dessus, se trouve "La ville enchantée" qui garde son trésor de dolomites.

 

Le Pont romain

 

Dans ce lieu, un essaim de figurines se donnent en spectacle. Un théâtre en plein vent où les décors sont naturels et fantasmagoriques. Des figures humaines, des animaux, des objets viennent planter le décor de cette ville mystérieuse.

 

Porte en ogive de la cathédrale

 

Ces formations rocheuses de type karstique sont dans le massif de la  "Serrania de Cuenca Alta" à l'Est à 1400 mètres d'altitude. La pierre hétérogène a permis cette usure inégale par les différents éléments tels que le vent, la glace et d'anciennes mers, il y a quelques millions d'années. Le site comprend 230 hectares. Elles prennent un relief par l'érosion qui progresse et crée des galeries internes. Les eaux chargées de dioxyde de carbonne se sont infiltrées dans les fractures et ont donné à cet ensemble des formes tourmentées et ruiniformes car les galeries se sont effondrées au cours des siècles.

 

Le théâtre

 

La végétation est constituée de pins "Maurice" et de genévriers. Vos pieds fouleront du thym et des lavandes et cette note bien agréable, parfumera votre chemin.

 

Plaza Mayor

La première vue est ce monolithe isolé, en forme seta (tormos), qui est le symbole de la ville enchantée. C'est ici que furent déposées les cendres de Viriato, un berger lisuthanien qui lutta contre l'abus des Romains et devint Chef hispanique.

 

La tornade

 

Puis tu découvriras de profil, ce faux-terrier. Oui, n'hésite pas apporte ta propre imagination pour lui donner un nom. Car ici, chaque pierre a un nom. Normalement, lorsque les êtres humains naissent, on s'accorde que tel ou tel nom leur convient, mais pour ces drôles de sculptures, qui se sont formés au fil du temps, les noms furent définis en fonction de leur apparence, pour les plus remarquables.

 

 

 

Le chien

 

Puis, tu pourras rencontrer le visage de l'homme, la mer de pierre, la tortue et bien d'autres.

 

Le visage de l'homme

 

 

Le paquebot

 

 

 

Et maintenant, défile les ours.

 

Les ours

Ici un champignon, là un bestaire ou une cité sont placés là par la nature, aidée par l'érosion.

 

Champignon

 

Avec un peu d'imagination, vous pourrez voir sur un parcours de 3 km d'immenses formes.

La mer de pierre

Le tobogan

Le phoque

J'entends le soupir des amants de Teruel, la pierre vibre et porte leur affection. Ils sont liés par le sol et le temps les rapproche.

 

Les amants de Teruel

 

 

La ville enchantée a été déclarée site naturel, le 11 juin 1929. L'origine de ces formations remonte à 90 millions d'années, période du "Crétacé". Ce phénomène géologique fait partie du fond de la mer Thétis qui recouvrait une grande partie de la péninsule ibérique. Le dépôt de sel, principalement de carbonate de calcium a entraîné avec les changements climatiques, cette érosion.

L'accès n'est pas gratuit. Vous devrez débourser 3 euros par personne.

 

Lutte entre le crocodile et l'éléphant

 

Voir dans les environs

La route des vrilles à Enguinados (rivière Cabriel) avec baignade à la playeta de la Lastra au niveau de la chute d'eau. Continuer après le hameau de la Hoyas

La fenêtre du Diable (Ventano del Diablo) qui donne sur la rivière Jucar

 

 

AzulejosAzulejosAzulejosAzulejosAzulejosAzulejosAzulejos

 

 

TOP  10    CASTILLE

CUENCA     
PARADOR de CUENCA
CALATANAZOR PARADOR de CADORNA
MURIEL DE LA FUENTE                     
ALBARRACIN  
CHINCHON
 

 

 Madrid  
 Gorges de Sto Domingo de Silos  
 Aranjuez  
 Burgos  
 Toledo  

 

 

TOP  10    ARAGON

ALQUEZAR Hôtel Alquezar
HUESCA

 

MONTSERRAT  FORMATION DE MALLOS DE RIGLOS
 MONASTERE DE PIEDRA DE NUEVALOS  
 MONASTERE DE SAN JUAN DE LA PENA  

 

 BESSALU  
 MORELLA  
 LE DESERT DE BARDENAS REALES PARC NATUREL DE ORDESA
 RODELLAR  
 ZARAGOZA  

 

 

Bibliographie

Visite du 8 mai 2014

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : samedi 10 mai 2014
Mise à jour  :  10 mai 2014
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21 avril 2014

La glaise douce et les herbes amères de l'Îsle-sur-la-Sorgue

 

 

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L'Îsle-sur-la-Sorgue - Après Londres et Saint-Ouen, cette foire à la brocante suit son cours.

J'entends les vocalises et sur cet air de fête qui amène les anglais, les italiens, les allemands à l'Isle-sur-la Sorgue, je rentre dans cette foire qui depuis 1966 tourne comme les roues à aubes.

Blanche Neige à la Sorgue

L'Isle-sur-la-Sorgue offre deux fois par an, sa foire à la brocante. Aujourd'hui, c'est le marché du Samedi, mais également la brocante des fêtes de Pâques. Le reste du temps, l'Isle vit au rythme de la Sorgue qui calme ses hardiesses le temps de l'été. Les aubes mousseuses en témoignent. Les algues au mouvement ondulatoire donnent le tempo. L'eau limpide attire les clients qui prennent place aux tables disséminées tout au long de la Sorgue. Les vieux, un coude sur la table, tendent leur bras veiné comme le marbre pour trinquer devant un 51. Ils remettent cette laborieuse prouesse au moins deux fois, à l'ombre des ormeaux.

Sur un air de brocante

Ici, le temps inverse son cours. Le présent reflue dans le passé. Il laisse place aux horloges figées, aux objets qui demandent qu'à reprendre vie. Même le zinc pétrifié attend celles qui veulent l'arracher de cette lente agonie.

Entre les rires et les larmes, le vent emporte la douleur et laisse place à la joie. Aujourd'hui, il est présent et le temps est vivifiant. Nous sommes habillés légers et le Mistral est de la partie. Rire.

 

Roue à aubes à l'Isle-sur-la-Sorgue

Noria à l'Isle-sur-la-Sorgue

Tout au long des canaux, des boutiques invitent les touristes ravis à explorer leur fonds de commerce, tandis que les jeunes filles explorent avec leurs jambes le cours de l'eau et les dames arrosent leurs gorges de cette eau brassée restituées par les pales, en rideau. Les enfants lancent leur goûter aux canards qui remontent le fil de l'eau pour explorer les berges.

Sur un air de brocante, les artistes viennent. C'est ici que j'ai vu Arditi et sa compagne Evelyne Bouix. Nous avons partagé notre table pour se restaurer. Dave a fait escale "Au Chineur" où samedi, nous avons pris table.

 

Au delà, le ciel bleu

 

Renaud Séchan fait ses courses avec sa 2 CV, puis se rend déjeuner au bord de la rivière. Il aime faire la rentrée dans le Vaucluse, lorsque l'Isle-sur-la-Sorgue s'est vidée de son agitation et reprend son intimité.

Patrick Bruel y séjourne.

Arthur Young, physiocrate rentra dans une auberge en 1788 pour souper avec des truites et des écrevisses qu'il citait comme les plus exquises du monde. L'eau de la Sorgue est réputée fraîche et donne du poisson de qualité. Les canaux autour de l'Isle sont bordés d'Ormes.

Décor

Madame de Sévigné venait en diligence et prenait cette route pour aller à Fontaine de Vaucluse.

René Char, poète y est né le 14 juin 1907 dans sa propriété du Névons à l'Îsle sur la Sorgue et y vécut. Son père était Maire de l'Îsle-sur-la-Sorgue à partir de 1905. Il troqua sa plume contre les armes et devint chef de maquis. A l'automne 1946, il accueillit Albert Camus pour lui faire visiter le Vaucluse. Valentine Hugo, Picasso faisaient partie de ce cercle.

Depuis trente ans, l'Îsle est devenue attractive. Chaque année, antiquaires et chineurs s'y retrouvent pour le week-end de Pâques et pour le 15 août.

Entrée antiquaire

C'est à table que je chine le plus, j'appelle la Providence pour être l'unique spectateur de ce spectacle unique. Je suis attirée par cette foule et j'explore tout ce qui prend place autour. La vie est livrée à ma curiosité, je cherche à être surprise par ce monde bigarré.  Les femmes dont la cinquantaine germe prennent de l'élégance, une majesté polychrome. Elles habitent leur corps.

Les plus accomplis sont les italiens. Ils sont merveilleux, ils ont devant eux une carrière d'acteur. On peut les considérer comme les plus beaux car les plus expressifs.

 

Boule de cirque

Cette masse ondule avec le même profil, la même spatialité vitale des corps. L'âge, c'est le charme d'Adam et la tragédie d'Eve. La figure de l'homme s'imascie avec l'âge et prend de l'allure ; tandis que la femme perd la grâce du jeune âge. Elles portent la toilette et cherchent à s'égaler à un beau corps de statue. Elles ne renoncent à rien côté vestimentaire. Elle a une façon de s'assoir, de tendre son cou, d'offrir un vrai sourire et de porter attention. Elles vous regardent donc et vous finissez par vous sentir la personne la plus intéressante. Elles arrivent à séduire n'importe quel sexe. C'est çà la virtuosité des femmes !

Statue, place Jean-Jaurès à l'Isles-sur-la-Sorgue

De même, si l'on poursuit leur trajectoire, ils sont en relation l'un avec l'autre. Les mouvements des bras et des mains sont différents suivant les personnages et dans le couple.

Le temps s'écoule, je saisie les regards. Au moins un, puis deux... Qui sont ces femmes aux membres nerveux, aux doigts effilés et à la chair douce. Je suis toujours au même endroit, je m'oublie, mais la présence du serveur qui me propose un café me ramène à la réalité.

Je ne suis plus qu'une spectatrice passive.

 

Poupée dite

Sur le Quai Jean-Jaurès, le Nego-Chin donne l'illusion des tableaux de Monet. Cette barque à fond plat est l'embarcation traditionnelle qui sert pour la pêche ou la chasse dans les marais.  Elle est légère, rapide et extrêmement maniable. Elle est typiquement provençale malgré qu'elle donne un air asiatique.

 

Anne de Toscane, statuaire en papier maché

Je ne cherche pas à vous vendre cette image, mais si vous y allez le premier dimanche d'août, vous pourrez admirer le marché flottant aux fleurs sur un air de "Coupo Santo", pour clôturer la cérémonie. Il offre une farandole de couleurs et sa production locale. Vous appelez et, à l'aide d'une perche, les bateliers accourent pour répondre à votre demande.

 

Caisses empilées

Chaises empilées

Mi-juillet, il y a la pêche d'Antan, spectacle offert par la Confrérie des Pescïares Lilen (pêcheurs lislois) qui ont le droit exclusif de pouvoir pêcher de la source jusqu'au Rhône, privilège accordé depuis le 31 juillet 1237. Il ouvre le droit de pêche de la source à Fontaine, jusqu'à l'embouchure du Rhône. Ces traditions séculaires permettent de s'alimenter en poisson comme truite, ombre commun, anguille, langoustine, écrevisse ou petite friture. Les pêcheurs manient avec dextérité ces embarcations qu'ils propulsent grâce à une longue perche (gaffe ou paterre). Précises mais peu stables malgré leur longueur de 5 mètres, c'est de l'origine de son nom "noie chien", en provençal. Ils crestent la truite ou l'attrapent à la main. Une prière est faîte à "Notre Dame de la Sorguette" afin d'implorer que les récoltes futures soient aussi bonnes que celle de l'année en cours. Les truites sont bénies lors de la messe.

Le 15 août est aussi un moment important pour l'Isle-sur-la-Sorgue. Bien sûr, il y a la brocante, mais également les joutes.

Maison bourgeoise à l'Îsles-sur-la-Sorgue

Canal de l'Îsles-sur-la-Sorgue

 

La Sorgue se divise en de nombreux bras façonnés par la main de l'homme qui font apparaître la ville comme une multitude d'îles, d'où le surnom de Venise Comtadine. Autrefois, c'était des marécages, dans la plaine (les paluds) formée de limon, qui furent asséchés par la construction des canaux. L'eau reste cachée longtemps, elle traverse un vaste réseau souterrain et jaillit subitement au gouffre de la Vallée Close à Fontaine de Vaucluse. De là, l'eau court, constante et rigole.

Elle reste à une température fraîche et ses eaux sont courantes malgré une pente quasi nulle. La végétation (la berle, épiaire des marais, la renoncule aquatique, le potamot) développe un écosystème qui permet de conserver une bonne oxygénation.

Au niveau du partage des eaux, les berges sont un atout pour les pique-niques et grignoter des bouts de bonheur. L'ombre des platanes favorise la sieste.

 

Déambulation de la Sorgue

Entre Velleron et l'Isle-sur-la-Sorgue, jaillit une source d'eau minérale à 15° C. C'est au XVIIIème siècle que les eaux minérales de Velleron trouvent leurs renommées et un établissement thermal connu sous le nom de "Notre-Dame-de-Santé" fut en service jusqu'à la fin du XIXème siècle. Il traitait, entre autres maladies, le diabète, les rhumatismes et les maladies du foie...

 

Tissu d'une malle

A lire, si vous le trouvez à la brocante :

René CHAR "Fureur et Mystère" 1948

 

Bambou chez l'antiquaire Nicolas.

 

Bibliographie

Foire à la brocante, samedi 19 avril 2014

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : lundi 21 avril 2014
Mise à jour  :  21 avril 2014
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13 avril 2014

La voleuse de livres de Markus Zusak

 

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La Voleuse de livres - MARKUS ZUSAK

LA VOLEUSE DE LIVRES de Markus Zusak

Titre original
The book Thief (anglais)
Traduit par Marie-France Girod
Edition POCKET parue en 2008
Pages : 633
ISBN : 978-2266175968

C'est difficile de vous inviter à partager cette lecture par cette simple phrase "Quand la mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter". Ici, la narratrice n'est autre que "La Mort" qui filtre les pages où défilent le destin tragique d'une petite fille accueillie dans une famille allemande pendant la deuxième guerre mondiale.

La mort collectionne les âmes et nous arrache de notre vie par la puissance qu'est la folie des hommes. Elle donne du poids à ce récit dont l'importance des mots qui ouvrent sur d'autres univers.

 

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Résumé

1939, en Allemagne nazie. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption en dehors de Munich. Leur père a été emporté par le souffle d'un seul et étrange mot, le communisme, et Liesel a vu la peur d'un destin semblable se dessiner dans les yeux de sa mère. En route, la Mort rend visite au frère de Liesel.

 

Markus Zusak est à Sydney, le 1er janvier 1975. Son père Helmut est autrichien et sa mère Lisa est allemande. Ils ont tous les deux connus la seconde guerre mondiale, dans leur pays d'origine. Ils ont immigrés en Australie dans les années 80.

Il est le benjamin d'une famille de quatre enfants. Il a deux soeurs et un frère.

Ses parents s'installent à Sydney (Australie) mais ne connaissent pas la langue anglaise. Très jeune, il affectionne la lecture et matérialise ce besoin, en souhaitant devenir écrivain à l'âge de 16 ans. Il a fréquenté l'école secondaire de l'Engadine.

A l'âge de 18 ans, il termine son premier manuscrit. Pendant sept années, il le publia pendant sept ans, en vain. Il essuya sept refus.

Les doutes sont très forts quand il se concentre sur ces écrits. Il explore sa solitude pour écrire. Le b.a.-ba est : travail, rejet, nouvelle tentative et échec parfois qui font de l'écriture une sorte d'oppression à laquelle il doit lutter. Le travail consiste seulement à s'installer pour écrire. Se poser est la plus grande difficulté.

Il vit actuellement à Sydney avec sa femme et sa fille.

Professeur universitaire, il enseigne l'anglais à l'Université de Sydney. Ecrivain australien, il écrit des romans pour jeunes adultes.

La Voleuse de livres est un bestseller pour enfants, inspiré par les souvenirs de ses parents. Sa mère se remémore les bombardements et lorsque les Juifs défilaient sur les chemins en direction du camps de concentration de Dachau. Elle avait 6 ans. Elle travailla comme femme de ménage.

Le père de Markus était également peintre en bâtiment comme le père de Liesel, Hans Hubermann. C'est après tous ces récits transmis par ces parents que Markus eut envie de devenir écrivain. Après la rédaction de "La voleuse de livres", il est parti en Allemagne pour valider les données.

En 1999, il publie son premier livre à l'âge de 24 ans.

Le livre est publié initialement en septembre 2005 en Australie, puis aux Etats-Unis en 2006 et traduit en quarante langues. Sorti en France, le 20 août 2008, il est adapté au cinéma le 5 février 2014.

L'histoire se passe 33, rue Himmel.  "Himmel" en allemand veut dire "Paradis" !

Il garde dans ses souvenirs de lecture ces romans : "Le vieil homme et la mer" d'Ernest Hemingway,  "Qu'est-ce que Gilbert Grape ? de Peters Hedge et "Catch-22" de Joseph Heller.

Quand il écrie pas, il essaye d'améliorer ses compétences de surf !

Le livre est cité comme les dix livres australiens qu'il faut avoir lus dans sa vie.

Il a également écrit :

. Fait à Hollywood (2005) - Série TV
. L'opprimé (The Underdog : 1999) ISBN 978-3-473-35234-0
. La Lutte contre Ruben Wolfe (Combat Ruben Wolfe : 2001) ISBN 978-0-439-24187-8
. Quand les chiens crient  (Quand les chiens cry : 2002) ISBN 978-0-330-36309-9
. Le messager (The Messager : 2002) - Edition Kero - Il obtient le prix "Printz Honor" en 2006. ISBN 978-0-375-83099-0
. La voleuse de livre (2005) ISBN 978-0-375-83100-3

. Pont de Clay (2009)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frise

 

Mon avis

La mort m'a surprise certe, mais elle n'a pas retenue mon attention. Je l'ai lu pour son originalité car les mots sont utilisés comme Hitler a eu la capacité de les utiliser. La mort ne s'attarde pas sur les héros de la guerre, elle nous fait découvrir Liesel la première fois où elle côtoie la mort. Puis, elle la suit dans son quotidien et tourne autour. Liesel déchiffre les mots et se refugie dans la lecture qui l'aide à se construire, avant de s'accomplir dans l'écriture. La mort rode mais n'est pas brutale, elle nous amène à découvrir son phénomène.

L'histoire traite aussi du pouvoir de l'amour qui transcende l'horreur et fait émerger des personnages leur beauté intérieure. L'histoire fait disparaître une autre histoire et montre que les mots peuvent réécrire l'histoire.

La mort est parfois attendue ou alors elle se tient à distance ; alors que souvent, elle est sournoise et arrive quand l'on ne l'attend pas.

 

Le plus

Les incises dans une typographie différente amènent un nouveau chapître
Des illustrations
La "Mort" s'organise, elle annonce les noms à l'avance dans cette période lourde de l'histoire, elle nous rappelle sa présence pour nous ramener à la légèreté de l'être.

 

Extraits

«Aujourd'hui, Max, le ciel est bleu, avec un gros nuage allongé qui ressemble à une corde, et, au bout de cette corde, le soleil fait un trou jaune...»

 

Lectures proches

Seul dans Berlin de Hans Fallada

Pour l'originalité "Le cirque des Rêves" d'Erin Morgenstern

 

Question

L'avez-vous lu ?

 

Bibliographie

 

Lecture d'avril 2014

Liste de mes lectures "Lire et reliure"

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Parution : dimanche 13 avril 2014
Mise à jour  :  13 avril 2014
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16 mars 2014

Source de la conscience - La grotte de Sainte Marie Madeleine-

 

 

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Côte d'Azur > Var > St Baume > Grotte

Le Massif de Sainte Baume (du provençal "Baumo" qui veut dire grotte) doit son nom à la célèbre grotte de Sainte Baume où Marie Madeleine vécut pendant près de trente ans et se situe non loin de Nans les Pins (Var). Il faut se diriger en direction du Plan d'Aups et lorsque vous arrivez sur le plateau, en lisière de la forêt, juste avant l'Hostellerie, un parking vous permet d'y accéder par un premier chemin, au lieu-dit "Les Aumèdes".

 

Grotte de Sainte Baume - VAR

 

Vous êtes au pied d'une haute falaise. La signalisation n'est pas criarde. "Notre Mère des eaux" est l'ancien nom de cette montagne qui mille ans avant J.C. était déjà un haut lieu de pélerinage, voué à "Isis", la Vierge Noire dont le culte, dédié aux déesses de la fécondité.

 

150 marches - Grotte de Sainte Baume

Il a également porté le nom de Gargare et rappelle que "Garganos" était un héros celte dont Rabelais s'inspira librement.

Ce massif comprend deux sommets, le "Joug de l'Aigle" et le "Signal des Béguines" (1148 mètres). Le nom "Béguines" vient des religieuses (dite Béguines) qui furent installées dans le couvent par Cassien. Une légende rapporte que deux de ces religieuses avaient sautées de ces sommets pour se soustraire aux malveillances de deux effrontés. Elles avaient échappées à la mort, sous la protection de Marie Madeleine.

C'est une barre de 12 km de long. Son alignement est d'Est en Ouest et correspond à la course du soleil et le calendrier solaire. Il se rajoute à ce côté mystique que par son relief, elle est souvent frappée par les éclairs.

 

Chemin des Roys - Grotte de Sainte Baume

 

Le "chemin des Roys" (GR9) qui mène à la grotte et au monastère dominicain, mais aussi au Saint Pilon, ne dure que 20 mn pour atteindre le sanctuaire et est balisé par un chemin de croix qui disperse deux oratoires, datés de 1516. Ils sont signés des "compagnons du Devoir" et ont été conçus à la demande de l'Archevêque d'Arles. Je ne les ai pas examiné mais j'ose espérer que l'un est la "Passion du Christ" et l'autre la "Résurrection", mais après m'en être approché je peux noter que le troisième se nomme l'oratoire de Miette et s'intitule "Ste Marie Magdeleine à Béthanie", il représente Marie Madeleine avec sa soeur écoutant Jésus à Béthanie. Pour le premier, il ne subsiste que le pilier et représentait "Marie Magdeleine délivrait des sept démons". Le deuxième est Marie Magdeleine auprès du Sauveur, dans la maison du Pharisien. Le quatrième est au carrefour des "Trois chênes" et s'intitule "Ste Marie Magdeleine au calvaire". Le cinquième, non vu, est nommé "Ste Marie Magdeleine au Saint Sépulcre" et représente deux anges qui apparaissent à Marie Madeleine qui est au sépulcre du Sauveur ; il est au carrefour des chemins de la grotte, du Saint Pilon et de l'Hostellerie. Le sixième est "Marie Magdeleine et la résurrection". Le septième est juste avant le col de Saint Pilon et porte le nom de "Sainte Marie Magdeleine dans le jardin de Saint Sépulcre".

 

Oratoire du Chemin des Roys - Grotte de Sainte Baume

Oratoire Chemin des Roys - Grotte de Sainte Baume

La treizième station est "La Pièta" qui se trouve sur le parvis de la grotte. Elle représente la Pièta, descente de la croix. Elle fut offerte par la basilique "Madeleine" de Paris et fut réalisée en 1932 par Marthe Spitzer, juive convertie, proche des Bénédictines de la rue Monsieur et de Jacques Maritain.  

Oratoire La Pièta - Grotte de Sainte Baume

De ces sept oratoires, six subsistent et sont en partie restaurés...

Sur l'un des oratoires qui va au Saint Pilon est inscrit dans la pierre "BOYER, 1902, Périgord, coeur loyal", marque d'un compagnon.

Auparavant, ce chemin de croix comprenait 33 stations, années du Christ.

Les douze croix sont en chêne, peinte en vert.

Le nom du "chemin des Roys" remonterait à la période des Celtes et Druides qui vénéraient les Chênes Rois, mais Marie-Madeleine aurait développé de nombreux pélerinages et des personnages illustrent tels que Rois, depuis Saint-Louis qui passa par Aix-en-Provence en 1254 et s'y rendit, Philippe de Valois (Roi de France), Alphonse 4 (Roi d'Aragon), Hugues 4 (Roi de Chypre), Jean de Luxembourg (Roi de Bohêmme), Robert (Roi de Sicile), jusqu'à Louis XIV, ainsi qu'un grand nombre de papes depuis le Pape Jean 22 se sont rendus en ce lieu.

L'expérience de soi et de la Nature pousse de nos jours, les marseillais à venir explorer, développer le corps et l'esprit, contempler et saisir la lumière.

 

Arrivée au Calvaire - Grotte de Sainte Baume

 

Il pénètre dans la forêt domaniale et longe des arbres centenaires aux essences variées, jusqu'au sanctuaire. Cette forêt en ubac est atypique en cette région par son écosystème. Elle bénéficie d'un micro-climat car elle est nichée sur le flanc nord d'une falaise calcaire qui la protège du soleil et bénéficie d'une forte pluviométrie due à son relief. La barre rocheuse facilite les condensations atmosphériques et les brouillards s'accrochent et persistent souvent. De plus, le massif de la Sainte Baume est un véritable château d'eau, parcouru de rivières souterraines avec des résurgences. Elle est constituée de 139 hectares. C'est une forêt "relique" car elle remonterait à la fin de l'ère tertiaire. La végétation est composée de hêtres, noisetiers, chênes pubescents, une yeuse, des érables à feuille d'obier et ifs géants qui côtoient des houx majestueux. Une multitude de végétaux non ligneux  tels que le Lys matagon, l'Anémone hépatique, le Belladone, la Grande berce, etc. Le gui appelle à lever les yeux.

La forêt regorge de curiosités par ces arbres et cette végétation hirsutes qui reprend ces droits sur le minéral. Parfois, d'un arbre mort surgit une escroissance qui vit.

C'est une forêt vue comme "vierge" par sa faune et sa flore qu'il faut protéger. La partie basse est composée de chênes en partie, tandis que la partie haute recèle des espèces rarissimes en Provence. Céphalanthères ornent les sentiers.

La vie dans la forêt se compose d'Aigles de Bonelli, Grands-ducs d'Europe, ... Fougères, houx et lichens servent d'abri au blaireau d'Europe et à la couleuvre d'Esculape.

Le fait que les plantations soient serrées, cela a permis de maintenir une relative humidité qui est propice aux mousses et aux lichens. Les feuilles mortes créent de l'humus noir qui permet de garder aux frais les racines des arbres.

Sur un des chemins, l'entrée est entourée d'un chêne Heraklès, puis un peu plus loin le chêne de Merlin.

 

ExpressionPoète Romain Lucain (Ier siecle)

« Il y avait un bois sacré (...) sanctuaire des Dieux aux cultes barbares »

 

Elle est seulement à 30 km de Marseille. La grotte mesure 29 mètres de long pur 24 mètres de large et 4 à 6 mètres de haut.

 

Porte de la Grotte de Sainte Baume

 

Forêt relique mais aussi reliquaire car si vous levez les yeux, vous apercevrez sur la paroi de la falaise, un édifice qui abrite la grotte de Sainte Marie Madeleine et à l'intérieur son reliquaire. La grotte est considérée comme un tombeau car noire. La mort initiatique est représentée sous la forme du noir. La grotte est l'image de la matrice terrestre ou Marie de Béthanie, ayant renoncé au monde matériel, se réfugie.

Les grottes sont des formations géologiques dues à l'hydrologie superficielle ou souterraine des roches. Elles sont la providence des animaux et des humains. Tout d'abord l'ours, le loup et de nombreux oiseaux y prirent place, bien avant que les hommes en fassent usage ou s'y réfugient. L'accès est souvent difficile. Parfois une source s'ajoute à ce confort rustique.

 

Cette grotte a une orientation plein Nord (origine symbolique de l'humanité). Elle est seulement éclarée le 22 juin, jour de solstice d'été.

 

Statuaire du Calvaire de la Grotte de Sainte Baume

Statuaire Grotte de Sainte Baume

 

 

Au trois quart du chemin, la source de Nans offre aux pélerins la fraîcheur de son eau. L'eau est potable. Un frère dominicain y vit. Au dessus de la Grotte, s'élève la chapelle St Pilon.

 

La source de Nans - Grotte de Sainte Baume

 

Vous pouvez également y accéder par le "chemin du canapé" en partant de l'Hostellerie. Le nom "Canapé" fut donné pour rappeler le rocher qui s'y trouve en forme de canapé.

Il y a deux mille ans, chassés de Jérusalem pour fuir les persécutions infligées aux chrétiens par Hérode, ils furent capturés à Joppé et jetés dans une barque, sans rame, ni voile. L'embarcation traversa la Méditerranée et s'échoua en Camargue. Marie Madeleine arriva avec son frère Lazare, sa soeur Marthe et Marie-Jacobé (soeur de la Sainte Vierge), Marie-Salomé (femme de Zébédée et mère des apôtres Jacques et Jean, demie-soeur de Marie de Nazareth et sa belle-soeur, dite Marie de Clopas car mariée avec le frère de Joseph, dit Clopas), Maximin et la servante Sara aux Saintes-Maries de la Mer avec le chef de Jacques le Majeur, fils de Marie-Salomé et les têtes des trois innocents. Marie Madeleine était gravement malade, atteinte de la lèpre et fut délivrée des sept démons par le Christ. Elle porte le nom de Marie de Magdala, Marie de Béthanie et Marie la Pécheresse. C'est elle qui embauma le corps du Christ et elle sera la première à le voir ressusciter le matin de Pâques après que l'ange lui annonça la résurrection de son bien aimé. Elle ira l'annoncer à ses disciples. La quête aimante de Jésus pour Marie fait ressortir qu'ils auraient eu 4 enfants. Mais le désir charnel étant prohibé par la Chrétienneté, l'histoire s'arrête avant.

Ils furent les premiers évangélisateurs en Provence.

Marie Madeleine avait les cheveux roux et les yeux bleus. Elle était à moitié juive et grecque. Elle était la soeur de Philippe, disciple de Jésus. Marie Madeleine était bien rousse, c'est un fait avéré et la couleur rousse dénote qu'elle est coupable du péché originel et représente la tentatrice dénuée d'âme. Ces cheveux longs et dénoués donnent libre cours à la symbolique des prostitués de Palestine.

 

Jésus sur sa croix - Grotte de Sainte Baume

Lazare était mort depuis 4 jours et fut ramené à la vie par Jésus qui arriva à Béthanie (Judée) avant d'aller à Jérusalem, comme relate l'évangile de Jean (chapître 11). Les Juifs apprirent que Jésus était là et se mirent à croire en Dieu. Un des prêtre opposant émis l'idée de tuer Lazare afin d'éviter l'exode. De crainte, Marie-Madeleine garda son frère pour le protéger. La résurrection apporte la délivrance et la fidélité à Dieu. 6 jours avant la Pâque, il fut donné un repas en l'honneur de Jésus. Lors de ce repas, Marie-Madeleine fit un geste d'adoration en versant le nard si précieux sur les pieds du Seigneur, en offrande pour celui qui donne la vie. Jésus monte à Jérusalem et est acclamé. Au repas de Pâque, il donne son testament. Au mont des Oliviers, près de Jérusalem qu'il fut arrêté. C'est au mont Pilate qu'il est condamné à mort, lieu du supplice où il est mis sur la croix. Son sang se répand, comme les larmes de Marie-Madeleine. En silence, elle souffre de cet état. Le premier dimanche vint la résurrection et elle va l'informer à ses disciples.

Marie-Madeleine, Lazare et Marthe partirent vers Marseille.

Marthe s'en alla seule et remonta le Rhône.

Lazare et Marie-Madeleine se cachèrent dans la crypte de St Victor. Un temple Artémis était installé et sur ce lieu, juste au dessus fut construit la Cathédrale "La Major". Dans cette cathédrale, il y a une chapelle "Saint Lazare" du nom du frère de Marie-Madeleine. On y retrouve des reliques de Lazare. L'église de Sainte Madeleine à Paris ressemble à un temple. Cette évocation me fait penser qu'il y a un lien avec Artémis.

Marie-Madeleine choisi de vivre dans la solitude et la contemplation. Tout d'abord, elle partit se recueillir dans le village de Saint-Paul-de-Fenouillet, proche des grottes de Galamus. Le nom de ce village viendrait de Saint Paul de Tarse qui y séjourna. Paul de Tarse est né entre 5 et 15 ans avant Jésus Christ. Il fut le premier époux de Marie-Madeleine et ils eurent un fils nommé "Marcus", connu sous le nom de "Marc le mineur". Paul est mort en 65 ou 68 après Jésus-Christ.

Statue de Marie - Grotte de Sainte Baume

Puis, elle s'établit en ce lieu. Lorsqu'elle parvient à la grotte, elle dut faire face à un dragon chassé par St Michel. Le dragon est la symbolique des forces cachées qui empêche de rentrer dans le ventre de la terre. Puis, elle constata que la caverne était infestée de vipères. La vipère est issue de l'inconscient et symbolise les transformations nécessaires physiques et spirituelles. Grâce à sa mâitrise de soi, elle les fait fuir. Elle se recueille au Saint Pilon (du mot celte "Pyla" qui signifie "Porte Souveraine").

 

ExpressionL'expression "Pleurer comme une Madeleine" 

Son oeil qui pleure est la source qui comble notre soif.

 

L'expression "pleurer comme une Madeleine" nous permet de penser que son oeil qui pleure figure au sol "la source de la Madeleine".

 

Direction la Grotte de Sainte Baume

 

J'associe le mot "jeûne" à l'époque de Pâques. C'est expérience de ne pas prendre d'aliment solide, je ne l'ai jamais faite et pourtant je pense que lorsqu'on casse le rythme par ce cycle,  il en ressort une renaissance par cette purification. D'après de nombreux témoignages que j'ai pu recueillir, cela vaut le coup d'essayer car çà entraîne des sensations purifiantes qui irradient le corps et induisent notre conscience à s'élever vers un niveau spirituel supérieur. Il semble que cette vitalité positive se dégage sur son entourage. Cet aura serait donc salutaire pour tout le monde.

 

De la terre au ciel - Grotte de Sainte Baume

 

Le sentier se temine par un long escalier de 150 marches qui rappelle les 150 Ave du rosaire, 952 mètres en haut. Au dessus de la porte, le blason à fleur de lys témoigne des pélerinages royaux.

Au niveau de la première marche, l'altitude est de 860 mètres.

C'est ici que commencement le chemin de Croix. Le Calvaire est la douzième station du chemin de Croix, inauguré le 8 juillet 1914, en même temps que les 150 marches qui conduisent à la grotte.

 

Intérieur de la cavité - Grotte de Sainte Baume

 

Passez la porte, la grotte se présente en forme d'hémicycle. Vous verrez une première cavité qui est un sanctuaire avec des croix. Lorsque vous rentrez dans le sanctuaire, sur la gauche, derrière l'autel se trouve un petit tertre où la légende dit que Marie Madeleine avait établie sa couche car il était à l'abri de l'humidité dominante de cette cavité. Il prit le nom de la "chambre de Marie Madeleine" et comme chacun voulait ramener chez lui, un morceau désigné si souvent "les plumes du duvet de Marie Madeleine", le rocher de la Pénitence fut protégé par des grilles. Jean Antoine Houdon sculpta dans du marbre de Carrare, une très belle statue que vous pouvez admirer. C'est une représentation de Marie-Madeleine.

 

Autel - Grotte de Sainte Baume

Statue de Marie Madeleine sur la butte

 

A gauche de l'autel, la statue de l'archange Saint Michel qui terrasse le démon car selon la légende Marie-Madeleine aurait invoqué l'archange Saint Michel pour chasser la Tarasque, monstre qui fut le premier occupant de ce lieu. La bête fuya en direction de Tarascon ou Marthe, soeur de Lazare et de Marie-Madeleine l'acheva, grâce à ses prières. Il y eut une bataille dans le ciel et Michel aidé des anges combattirent le dragon

 

Archange Saint Michel - Grotte de Sainte Baume

 

 

A gauche, de l'archange Saint Michel, une statue de la Vierge qui date du XVIIème siècle. C'est l'oeuvre du sculpteur Gênois Orsolino. Elle fut offerte aux Dominicains de la Sainte Baume par Monseigneur de Marinis, archevêque d'Avignon, lui-même Dominicain.

 

Statue de la Bienheureuse Marie - Sculpteur Gênois Orsolino

 

La grotte est située Nord-Ouest, l'eau goutte interminablement et elle reste humide toute l'année ce qui lui valut le nom de "l'antre pleureur". Les gouttes d'eau qui tombent de la roche sont un hommage aux larmes de Marie-Madeleine. Une source jaillit sept années après qu'elle eut émis le voeu d'avoir de l'eau claire, mais elle s'en réjouit si vite que Dieu renouvela sa pénitence pendant 23 années et des sanglots de Marie Madeleine naquirent Le Latay, l'Issole et l'Huveaune.

Comment put-elle se nourrir sans eau ? Certains vont me dire de prâna, cette énergie fertile qui alimente la conscience et l'esprit et qui permet de séparer le corps physique du "Moi" et contrôler son système jusqu'à obtenir la capacité de léviter.

Ces sanglots furent le fruit de la rivière "Huveaune" qui passe par Aubagne et rejoint la mer par la Madrague à Marseille. Le chemin de rivière rappelle le chemin parcouru par Marie Madeleine, en sens inverse. Ces larmes alimentent encore la source d'Huveaune.

Les anges l'avertirent que sa délivrance était proche et la prirent pour l'amener sur la voie "Aurélienne", près de l'ermitage St Maximin qui lui donna la communion et recueillit son dernier soupir.

Elle y vécu les trente dernières années de sa vie et mourrut à cinquante ans.

Par l'escalier opposé, on accède à la source "Saint Sidoine" qui prit ce nom en mémoire de l'aveugle né guérit par Jésus. Vous pouvez admirer une nouvelle statue dite "Marie Madeline en Gloire". L'eau de cette source a la propriété de guérir les maladies des yeux.

Au pied de la source, la statue "Marie Madeleine élevée par les anges", date de 1874 est signé d'Alexandre. Il est indiqué que Marie Madeleine était ravie par les anges qui l'élevaient sept fois par jour dans le ciel. Elle était légère et rayonnante du pardon de Dieu et elle était portée par les anges qui la conduisaient au Paradis pour un concert céleste. Le visage de la Sainte, accoutumé à la vision des anges, était devenu si radieux qu'on aurait pu plus facilement regarder en face les rayons du soleil que ceux de son visage.

C'est pour cette raison qu'il y a une chapelle au dessus (St Pilon).

 

Statue Marie Madeleine élevée par les anges - Grotte de Sainte Baume

 

Derrière vous se trouve le reliquaire dont les ossements appartiennent à un même sujet, une femme de petite stature, de type méditerranéen, d'une cinquantaine d'année. Il est composé d'un fragment de tibia et d'une mèche de cheveux. Sur la partie basse, le motif représente l'embarcation pour la traversée de la Méditerranée. Un détail du dessin montre qu'à l'avant de la barque se trouve un corps entouré de bandelette.

 

Reliquaire ossements de Marie Madeleine

 

Nous descendons dans la basse grotte, appelée crypte pour admirer le sarcophage. Il est dit que c'est à cet endroit que vivaient les moines de Jean Cassien. Une autre statue de Marie Madeleine y siège. Elle fut offerte par Dupanloup en 1867, sculptée peut-être mais sans affirmation par Cabuchet. L'endroit est monocal, austère et près de la statue, une femme vient de déposer un cierge de neuvaine dont la flamme durera neuf jours.  Accroupie, elle se signe et prie une neuvaine, peut-être pour obtenir une grâce... Ces larmes vont rejoindre, le même cours d'eau qui donne la vie dans la plaine.

 

Crypte de la grotte basse - Grotte de Sainte Baume

 

Parmi les illustres pélerins, le Duc de Bonne de Crequy de Lesiguière, Maréchal de France et gouverneur du Dauphiné, Charles de Foucauld (1858-1916), vinrent à la grotte de Sainte Baume et disposa deux plaques avec ces armoiries.

 

Statue de Marie Madeleine - Grotte de Sainte Baume

 

 

Buste Grotte de Sainte Baume

 

Marie-Madeleine devint la Sainte Patronne des Compagnons. Chaque année, le 22 juillet a lieu le pélerinage de cette communauté. C'est le jour de Sirius, l'étoile la plus brillante dans le ciel. Les Egyptiens la nommaient "l'étoile du Nil" ou "Etoile d'Isis".

Les vitraux sont l'oeuvre du compagnon Pierre Petit, connu sous son nom de Compagnon de l'Union, "Tourangeau, disciple de la Lumière". Il fit un vitrail par an, le premier date de 1977, il y en a sept. Les couleurs utilisées sont les symboliques avec le blanc pour les larmes du Christ, le rouge : le sang versé, le bleu représente les coups reçus, le jaune, c'est la persévérance, le vert est pour toujours "L'espérance".

Il faut noter que Marie-Madeleine est la Sainte Patronne du compagnonnage.

 

Vitrail représentant Marie Madeleine et ses longs cheveux - Grotte de Sainte Baume

 

 

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Comme Marie-Madeleine, nous pouvons contempler cette oeuvre qui sublime Dieu, la lumière et l'esprit.

Le pélerinage de Pentecôte a lieu chaque année.

Le pélerinage de mai des Tambourinaires raphaélois, le pélerinage organisé par le diocèse de Marseille et le Tour de France des Compagnons du Devoir sont nombreux.

 

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A l'entrée de la grotte, une terrasse exposée Nord permet d'accèder à l'abris des pélerins. De là, vous pouvez admirer le paysage alentour qui s'étend entre plaines et vallons, ainsi que la montagne "Ste Victoire".

Sur la gauche, trône le garlaban.

 

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 Sur votre gauche en sortant se trouve l'ermitage des dominicains. Au dessus de la porte, une statue en hommage à Henri Dominique Lacordaire.

 

Statue Henri Dominique Lacordaire - Grotte de Sainte Baume

Ancien couvent - Grotte de Sainte Baume

 

La chapelle Saint Pilon se trouve au dessus de la grotte et fait partie de la commune de Riboux. "Pilon" vient du mot "pilier", là ou le regard se porte sur l'infini. L'accès se fait depuis l'oratoire qui marque la bifurcation et au début de la montée, vous pouvez faire une halte à la Chapelle des Parisiens ou Chapelle des Morts. Elle a été construite en 1629 à l'initiative du contrôleur général des décimes Esprit Blanc qui habitait à Aix-en-Provence. Il émit le souhait que 15 messes soient célébrées dans l'année dont une pour la commémoration des morts, en souvenir de ses parents, amis et ennemis. Elle fut édifiée dans le style Louis XIII, mais subit la Révolution comme l'ensemble de ces lieux. Le col offre la vue sur la mer, le ciel et la terre. Le sol est désert, formé de calcaire, fouetté par les vents et le Mistral. Le retour se fait par "Le pas de Villecroze", puis suivre les traces jaunes "sur le pas de l'Aï" jusqu'au chemin "Le Paradis", nom donné à la partie orientale de la Crête de la Sainte Baume. A la fin de la descente, se trouve le carrefour du hêtre (908 m) avec une piste forestière appelée "sentier merveilleux" pour rejoindre l'Hostellerie.

L'hostellerie de Sainte Baume fut fondée par le frère Lacordaire, inaugurée en 1862. Elle est tenue par les frères dominicains.

L'oratoire "Saint Dominique" est une chapelle qui se trouve dans l'Hostellerie. Il fut construit en 1970 par Thomas Glebe (1912-1991), peintre et sculpteur français dont les origines sont polonaises.

La grotte des monnaies un peu plus loin que la grotte Sainte Madeleine a permis de retrouver des vestiges de religions païennes dont un ex-voto aux "Mères nourricières" qui est conservé en l'église du Plan d'Aups..

La grotte aux oeufs prend son nom par sa forme et rappelle le culte de la fécondité. L'entrée ogivale, comme celle d'un vagin féminin mesure 60 cm de large pour 6 mètres de haut. Elle donne accès à une première salle, divisée en trois partie. Muni d'une lampe, il est possible d'admirer les "Iou de la Santo Baumo" qui sont la représentation des oeufs de vipère que Marie Madeleine aurait écraser en arrivant en ce lieu. La tradition voulait que les jeunes couples déposent un oeuf évidé muni d'un personnage à l'intérieur, afin d'assurer la fertilité au sein du couple. Ces "coucounets", reliquaires que l'on taillait dans des coquilles d'oeuf étaient fabriqués autrefois. Elle fait partie d'un réseau de rivière. La légende dit que  Marie Madeleine s'est présentée à Rome, après l'ascension de Jésus. Elle rendit visite à l'Empereur Tibère et lui tendit un oeuf rouge en disant : "Jésus est ressuscité". L'oeuf rouge est le symbole de Pâques. Marie Madeleine est l'Icône de la Résurrection, l'Apôtre de la Bonne Nouvelle.

Les anémones hépatiques sont déjà de sortie.

 

Anémone hépatique

 

Les frères dominicains ont la responsabilité de ce lieu depuis 1925. Ils ont succédé aux Bénédictins qui étaient gardiens depuis 1079. Eux-mêmes, avaient remplacé les Cassianites, présents sur le site en 415. Le culte "Junones Augustae" était la première forme, païenne, du culte chrétien du moyen âge. Des cultes de la nature sont décrit par Lucain dans "La Pharsale" qui y voit un lieu de culte voué à des divinités particulièrement redoutables, dans une forête impénétrable aux hommes et au Soleil, à l'an 49 av. J.-C. Des déesses de la fécondité étaient vénérées en ce lieu.

Le Père Henri Dominique Lacordaire s'y installa en 1859. Le Père Vayssière préserve le site entre 1900 et 1932, il restaura entre autres, les 150 marches, le calvaire et le chemin de Croix. Son corps repose dans le petit cimetière de l'Hostellerie. Philippe Devoucoux fut un des gardiens solitaires pendant plus de quinze ans. Paul Bardes accueillie les pélerins pendant plus de quarante ans. David Macaire fut un des gardiens de Sainte Baume. Dalmace Moner fut ermite pendant 3 ans.

Les compagnons sont liés à Marie Madeleine, leur Sainte Patronne. Depuis le 21 juillet 1947, un livre de passe est déposé par l'association ouvrière des Compagnons du Devoir du Tour de France (fondée en 1941), à la grotte de Sainte Baume. Ils portent des rubans de soie aux couleurs qui représentent l'image de Marie Madeleine et marquent leur passage sur les pierres de leur chemin.

 

Chemin de croix - Grotte de Sainte Baume

 

Chaque année, le 22 juillet, date du décès de Marie-Madeleine, les fidèles se joignent au dominicain pour s'appuyer sur la théologie ou certains la réalité historique de cette Sainte. Les ossements de sa dépouille auraient été mis à St Baume que trois siècles après son décès afin d'éviter les sarrazins.

Suite aux lois sur la séparation de l'église et de l'état, en 1910, la grotte devint la propriété de la commune d'Aups.

C'est à Saint-Maximin qui se situe à 15 km de la grotte que vous pourrez voir la tombe de Marie Madeleine.

A Marseille où Marie Madeleine a prêché, un biscuit en forme de barque appelé "Navette", fabriqué dans la plus ancienne boulangerie de la ville, se déguste lors de la Chandeleur.

Plan de situation

 

Carte GR 9 - Grotte de Sainte Baume

 

A voir

Les sources d'Huveaune
L'iero aprofondado (gouffre) entre Jaudard et le Bori : trou de 50 m de circonférence sur 320 m de profondeur
La glacière de Pivaut, conservation de la glace, produit de luxe du XIXème siècle sur commune de Mazaugues
Baume Saint Michel à Mazaugues
Source de Tolon
Parc Saint Pons et son Abbaye, du côté de Gémenos

Les Mées, près de Peyrus. Les rochers sont appelés "Les Pénitents".

Les gorges du Régalon dans le Lubéron (au Logis Neuf, avant Mérindol, pour l'accès)
Le potager d'un curieux à Saignon (84)
La Chapelle Saint Jean, derrière la chapelle de la Roquette vers la Roquette-du-Muy (Var) +  le Saint-Trou, passage étroit
Ferme auberge du Castelas à Sivergues, village du bout du monde où les portables ne passent pas !
Source de Fontchaude, vers Digne et la Clue de Barles (passage étroit), la clue du Péouré
Festival de la craie sur le trottoir à Lacoste au 14 juillet
Moulin St Elzéar au village de Montfuron
Cascade de Sillan, proche de Tourtour
Champs de lavande à Valensole
Château Sauvon
Clue de Barles (rivière Bès) avec ces cairns
Village de Cotignac, ses fontaines, sa ruine sur la falaise, sa source
Prieuré de Ganagobie (pavement, mosaïque médievale).
Le Crestet, joli village vauclusien
Le château des Arques (11)
Grottes de Galamus (Aude)
Ermitage de Saint Antoine de Galamus (Saint Paul de Fenouillet)
Forêt de Nebias avec la clairière des enchanteurs (Aude)
Monastère du Carol à Baudou (Ariège) avec au fond de la crypte la grotte Madeleine.

 

 

Office de tourisme du Plan d’Aups Sainte-Baume
Avenue de la Libération

83640 Plan d’Aups Sainte-Baume
Tél. 04 42 62 57 57
www.saintebaumetourisme.fr

 

 

Bibliographie

 

 Visite de la Grotte de Sainte Baume et de la Source d'Huveaune - 8 mars 2014

 

 

 

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : dimanche 16 mars 2014
Mise à jour  :  16 mars 2014
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15 février 2014

Lecture de Narbonne -bleu, blanc, rouge-

 

 

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Cher fidèle, si seulement je n'étais pas confronté à votre lecture, je pense que je serais plus libre, sans doute sur mon écriture qui se consume de page en page.

Parfois, je suis touchée par votre commentaire qui rend votre présence proche et me rappelle que quelque part dans le monde, vous me lisez. Je réponds à mon attente, de sentir les phrases se délier, d'écrire dans l'air de la liberté comme sur un buvard pour prolonger l'atmosphère, le parfum du voyage. Le voyage est une quête unique qui le rend si différent du dernier, voire de celui de l'année passé où dans ce même quartier, j'ai vu et je vois sans moindre mesure d'autres élèments, plus clamants de la beauté de Narbonne. Je me substitue à une revue pour vous faire découvrir ces atmosphères si personnels à l'entrée d'un parvis, dans une rue sans nom, car je l'ai déjà oublié.

Les touristes sont absents. Le mois de février est une léthargie pour les sorties. Les dictons attendent Pâques pour ouvrir le grand bal des promenades le long du quai des Barques. Mais, je n'ai pas la patience d'attendre que les beaux jours soient là pour débuter l'année. Je trouve le renouveau dans les rues, sur chaque pavé ou en levant les yeux sur ces belles façades. Je déchiffre chaque lieu.

 

Les Halles de Narbonne

Balcon au couleur du vin -Narbonne-

 

Nous sommes face au canal de la Robine, sur le Quai des Barques qui a laissé au passé les lavoirs pour donner cette promenade. Les lavoirs se situaient en dessous de l'ancienne passerelle des Barques. Les rives du canal sont le domaine des lavandières (les bugadières). Le linge sèche sur les berges jusqu'en 1930. Les maisons se mirent dans l'eau. "Las Naus" était l'appellation du Moyen Age qui voulait dire les navires ou barques en langue d'Oc.

 

La Florence de Narbonne

 

La Roubine part du Nord de Narbonne et coule dans l'ancien lit de l'Aude jusqu'à l'île Ste Lucie, proche des étangs de Bages. Elle passe entre deux étangs, le long des salins et dans la réserve de Ste Lucie où la nature évolue sans l'intervention de l'homme. L'eau de pluie alimentait cette île en s'infiltrant dans les strates calcaires où repose un lit de grès imperméable. Un monastère fut créé, en 1614, à cet emplacement, conçu sur un socle volcanique. Cette anse servait, dans l'ancien temps, de port pour les grecs, les phocéens, les phénicéens et les romains.

Cette presqu'île est rattachée à Port la Nouvelle. De ces carrières ont été extraites les pierres taillées dans la molasse Miocène pour construire la cathédrale de Narbonne, entre autres.

La rive gauche du canal dessert les anciens quartiers de la Cité, tandis que la rive droite sert de Bourg. D'un côté, les commerçants et artisans et de l'autre les bourgeois et les lettrés. En 1362, une patente de Philippe Le Valois a permis de rapprocher les deux rives.

Sur le bord du canal, la statue du dernier archevêque de Narbonne, Monseigneur Arthur Richard Dillon rappelle qu'il faut être uni.

C'est là que se situait le port fluvial de Narbonne.

Derrière moi, se situe les quais de Lorraine et d'Alsace qui ont perdu toute l'activité des chais et qui se consacrent au tourisme fluvial.

Je suis sur l'ancien pont "Sainte Catherine" face au pont des Marchands et je prends la photo.

Le pont Sainte-Catherine avait été construit en 1525, en même temps que la reconstruction des fortifications, à l'emplacement d'un ouvrage médieval. Il était courant de l'appeler pont de la Naus (barque), de la "Cadena", en raison de la chaîne tendue chaque nuit entre les deux rives pour empêcher la circulation des barques et, enfin Sainte-Catherine. Sur ce pont fut édifié une chapelle votive qui abrita la Vierge et l'enfant. La Vierge miraculeuse, tant vénérée en période de calamités, appelée "Notre-Dame" se situait entre Bourg et Cité. En bois au départ, elle fut remplacée par celle de marbre (Cf. photo ci-dessous). Auparavant, elle se situait dans l'église de Lamourguier. Même à la Révolution, elle siègea jusqu'à la démolition du pont en 1885. Une pétition retarda son échéance jusqu'à ce que l'ordre vienne de Paris. La Madone du Pont fit le choix de se ranger dans le Bourg en la Cathédrale et l'oratoire fut également transféré en 1889. Notre-Dame du Pont était au XXème siècle la patronne des mariniers.

 

Notre-Dame du Pont Sainte-Catherine

  Notre-Dame du Pont - Cathédrale de St Just & St Pasteur

 

Une copie de Notre-Dame du Pont est visible quai du Mirabeau. Elle est placée entre le Pont de la Liberté et la nouvelle passerelle côté rive droite.

Les péniches filent le long du cours d'eau où le vent ne s'engouffre pas. Le vent le Cers est un vent d'ouest. Narbonne est la patrie du vent.

Là, la péniche "Tramontane" qui nous rappelle que Narbonne est à tous les vents ! Parfois, dans les rues étroites, nous ne pouvons lui faire face. Sa force, nous renverse.

 

Tonneau -Narbonne-

 

Le cours Mirabeau s'appelait le cours de la Liberté.

Nous contournons les premières bâtisses par la "rue des marchands" , c'est l'ancienne voie domitienne. Cette route nommée "Via Domitia" a été créée à partir de 118 ans av. J.C. à l'instigation du Général romain Cneus Domitius Ahenobarbus. Cette voie menait d'Italie jusqu'aux Pyrénées. La colonie Narbo Martius, placée sous la protection de "Mars" fut érigée à l'an -118 par Rome qui voulait conduire jusqu'en Espagne ces troupes. A l'An 45, César établit ses soldats Vétérans de la Xème Légion et la nomma "Colonia Julia Narbo Martius" en l'honneur de sa troupe surnommée Martia. Narbonne et ses plages, servaient de débarcadère. Le cours de l'Aude était remonté jusqu'à Narbonne. Les alluvions de l'Aude ensablèrent les zones portuaires et le massif de la Clape (214 m) qui était auparavant une île se rattacha au continent. Des villas romaines s'implantèrent et produisirent du vin. Le phyloxera, au XIXème siècle fera déplacer les vignobes vers des zones sableuses.

Cette rue est construite au dessus du canal et nous amène sur la Place de l'Hôtel de ville où nous nous dirigeons. Elle traverse le canal par le pont des Marchands. A l'origine, ce pont devait avoir 7 arches. L'eau provient de l'Aude (Attax). Le mot "Attax" provient du Celte "Atacos" qui signifie "fougueux, rapide" car l'eau descendait des Pyrénées. Et à ce même titre, l'eau de la rivière l'Orb (Orbis) provient des Pyrénées. Sur l'Orbis, la commune de Baeterrae pris place nommée actuellement Béziers. Cette région avait auparavant pour capitale Narbonne. Ce pont est romain et une partie fut découverte, il y a peu de temps.

Passée la rue des marchands, nous longeons le bord du canal, par la rue Jean Jaurès, nous arrivons à l'endroit nommé l'écluse des 3 ponts. Tout au long, il y avait des moulins qui donnaient de bons revenus aux propriétaires.

Nous pouvons admirer une péniche nommée "Marie Thérèse" qui chargent des barriques.

 

Péniche

 

Le silène Bacchus, est l'emblême de Narbonne, Dieu du vin. Bacchus est le fils de Jupiter et de Sémélé, fille du Roi de Thèbes. Cette statue du 1er siècle a été retrouvée lors des fouilles des travaux menés pour la construction de la gare vers 1856 et se situe au musée de Narbonne.

Pour consommer, il suffit de revenir sur vos pas et vous diriger vers la fontaine qui est qualifiée de "Jouvance" car elle offre du vin pour la fête des vendanges. Elle se situe sur la façade du palais des Archevêques.

Il y avait autrefois à Narbonne, un Capitole, un cirque et un amphithéâtre qui furent démolis et dont les matériaux servirent à bâtir les nouvelles fortifications. On rentrait dans la ville par quatre portes.

Le Capitole, prestige de la majesté romaine se trouvait sur la Butte des Moulinasses, au nord de la ville. Ce temple était constitué de colonnes en marbre Carrares. Les fouilles du site de Moulinassès ont mis à jour les restes du temple. Un premier chapiteau orné de feuilles d'acanthe fut retrouvé en 1869. Le temple était divisé en trois chambres (cellae) pour les trois divinités capitoline. Huit colonnes sont en façade et neuf sur les côtés. La chambre de Jupiter est au centre et mesure 8 mètres de large, celle de Junon à droite fait 4 mètre, de même pour celle de Minerve à gauche. Les colonnes sont composées de 24 cannelures de 1,80 de diamètre à la base. Ce podium était haut de 34 mètres et mesurait 36 mètres de large, pour une longueur de 48 mètres. Il était entouré d'une galerie. Un incendie, en l'an 145 ruina l'édifice. Certains matériaux furent requis pour construire les églises. Certaines colonnes furent transporter à Cordoue pour agrémenter la Grande Mosquée et d'autres fragments de colonne servirent à combler les berges des débarcadères. Il disparut définitivement en 1451 et sur cette butte tournaient les moulins à vent. Le Capitole était devenu "Les Moulinassès".

Au sud du Capitole se tenait le Forum. Il mesurait 85 mètres de large pour une longueur de 60 mètres.

Les arênes Golvin

Les bains de Chrysanthus

Les moulins était dans la rue actuelle des "Trois moulins".

C'est curieux comme la cathédrale de Narbonne se voit plus de loin que de près ! Elle semble camoufler par le palais de l'archevêque acolé et les immeubles qui la ceinturent. L'entrée se fait par des portes latérales qui donnent l'impression de pénétrer dans un tabernacle.

Arrivée à  la cathédrale St Just, nous levons les yeux sur les gargouilles qui apparaissent sur les corniches supérieures. Leur gosier étiré vomit l'eau du ciel. Ces tiges des voutes sont comme des arbres tendus vers le ciel. La hauteur des voutes s'élèvent à 40 m de haut à l'intérieur, ce qui range cet édifice comme le quatrième le plus haut de France, après Beauvais et ses 48 mètres, Amiens (42 mètres) et Metz (41 mètres).

 

Gargouille de la Cathédrale de Narbonne

 

J'étais incapable de m'arracher à l'attrait de ce bestiaire, de ce peuple de chimères hérissées parfois grotesques. Des stryges semblaient pousser des cris perçants comme les rapaces au-dessus de leur proie, sortis de leur niche. J'avais l'expression de voir une satire du peuple du Moyen-Age. La magie de ces chefs-d'oeuvre muets me laisse sans voix. L'architecture gothique est la gloire du crhistianisme, la foi populaire, mais aussi un enseignement de l'exotérisme pour le laïque.

Le silence du cloître nous pénètre. Je rentre dans la pensée des ancêtres et je mets de côté le culte. Il rappelle la puissance des chanoines. Au passage, j'admire le donjon médieval.

 

Jardin des Archevêques - La tour des Archives à Narbonne

Tour du jardin du Musée

 

Le terme gothique est appliqué à l'art français qui date du moyen-âge entre le XII et XVème siècle. Il est aussi appelé Art Ogival, mais son explication doit être recherchée dans son origine cabalistique et non dans son étymologie. La cathédrale est une oeuvre d'art goth ou d'argot qui est un langage particulier entre plusieurs individus qui veulent communiquer leur pensée sans être compris de ceux qui les entourent. C'est donc une cabale parlée et tous les Initiés s'exprimaient en argot, comme les francs-maçons du moyen-âge. On les appelait "les logeurs du bon Dieu". Ils édifièrent les chefs-d'oeuvre argotiques que nous admirons de nos jours. C'est encore un dialecte maudit, un langage d'une minorité d'individus qui vivent en dehors des conventions, du protocole et à qui ont colle l'étiquette de voyous qui veut dire voyants. Les francs-maçons sont appelés aussi les "Fils ou enfants du soleil". L'art gothique est en effet l'art got ou cot (Xo), nommée l'art de la Lumière ou de l'Esprit. Dans cette société, la langue est l'instrument de l'Esprit et elle m'est révélée par cette découverte.

J'étais sourde et aveugle (ignorante), voire misérable car je ne savais pas parler cette langue. Mon esprit devenait divin par ces mots disséqués, avalés. L'esprit démoniaque m'énivrait.

 

Chapelle en la Cathédrale de Narbonne

Charrette des damnés menés aux enfers

La langue des oiseaux, j'apprenais. J'écoutais, j'entendais. L'argot est une des formes dérivées de la langue des oiseaux qui est la langue des philosophes et des diplomates. Jésus la révéla à ses apôtres en disant "Je vous envoie mon esprit, l'Esprit-Saint". Elle est la clé d'une double science : la sacrée et la profane. Au moyen âge, elle s'appelait le "Gaie science" ou "Gay sçavoir", la langue des dieux. De nos jours, nous la retrouvons que dans le picard, le provençal ou le dialecte des gypsies. Minerve, déesse de la Sagesse l'enseignait.

 

Zoom sur personnage de la charrette en la Cathédrale de Narbonne

 Zoom sur les damnés qui vont en enfer

 

A l'origine, il y eu trois églises successives dont la basilique constantinienne à l'an 313, consacrée en 782 aux deux jeunes martyres espagnols Just et Pasteur ; mais également une basilique latine et une cathédrale carolingienne. La cathédrale se situait contre les remparts. Dès 1268, les travaux furent entrepris sous l'ordre du Pâpe Clément IV, ancien archevèque de Narbonne. La construction en elle-même débuta en 1272 et s'acheva en 1332 ; disons, doucement inachevée, car certaines parties restèrent à l'état de projet car la poursuite des travaux nécessitait la démolition d'un rempart d'origine romaine à l'ouest de la ville ! Cette destruction aurait entraîné l'insécurité et de ce fait, les consuls auraient refusé. Un procès débuta sour le règne de Charles V (1364-1380) et les autorités civiles trouvèrent le compromis d'accorder la construction d'un cloître en échange de l'arrêt du chantier de la cathédrale. Mise en attente aussi car Narbonne subit la peste noire (1348 à 1355), le Prince Noir (Prince de Galles) et en 1340, les consuls de la ville s'y opposèrent, pour une question de buget. Le déclin économique lié à l'ensablement du port fluvial ne permit pas la reprise des travaux. Elle se nomme maintenant Saint Just - Saint Pasteur. Elle comprend que le choeur du projet initial.

Le cloître occupe l'emplacement de l'église carolingienne de Théodard dont le clocher est toujours visible. Il comporte 4 galeries voûtées d'ogives, éclairée chacune par cinq arcades en arc brisé. La galerie de l'est communique avec la salle capitulaire, devenue chapelle de l'annonciade. Il fut construit de 1349 à 1407.

En 1407, les travaux sont repris avec l'édification de la galerie et de la porte sud.

Depuis 1803, elle est devenue une église paroissiale.

Inachevée, avec des empreintes de l'outrage des siècles et vandalisée. Le vandalisme est l'ennemi du beau car il mutile et dégrade. Parfois même les restaurations continuent à accentuer le phénomène de dégradation, mais le pire fut la Renaissance, de concept opposé qui mutila et fut fatale à l'oeuvre médievale.

A l'intérieur, le volume est impressionnant que par sa hauteur car les dimensions restent modestes pour une cathédrale. Le choeur mesure 48 m de large sur 55 m de long. Le vaisseau central est flanqué de deux séries de chapelles pentagonales. Le prolongement du choeur est conçu avec un déambulatoire qui dessert 5 autres chapelles, plus amples que celles des côtés. Treize chapelles sont dénombrées.

L'architecte qui l'a conçu a également fait l'abbaye de Valmagne.

Les chapiteaux des piles sont dépourvus de sculptures. Le triforium est simple. Les balustrades sont remplacées par une double ceinture de créneaux qui réunit les culées des arcs-boutants terminés en tourelles. L'abside est reliée aux fortifications de l'archevêché pour contribuer à la défense du Palais. Ce style de fortification est courant dans le Midi de la France.

La Sacristie et le Trésor sont dans deux des chapelles du choeur, au sud.

Choeur Cathédrale -Narbonne-

Pour écouter les cloches sonnées,
CLIQUER ICI

L'alignement des 131 sièges en bois du chapitre est réparti sur deux rangs. J'admire les stalles lustrées où les chanoines prenaient place. Elles furent sculptées et placées en 1780. Il y avait là, plus de cent surplis : les chanoines, le second ordre, les hebdomadiers, le prêcheur, les sacristains, les dignitaires et les prévôts du chapitre, les diacres et les archidiacres territoriaux. L'imbrication de l'Eglise et du pouvoir qui représentait l'autorité civile amena en certaines circonstances, les consuls et d'autres personnalités à s'installaient également dans le choeur. Les simples fidèles n'avaient pas accès au choeur. Ils prenaient place derrière le maître-autel, dans ce qu'on appelait "la chapelle paroissiale" qui n'est autre que la chapelle axiale.

Au sol, les pierres sont lustrées, on appelle AME ces dalles usées par le temps et les passages dans les églises et monastères.

Sergius Paulus fut le 1er archevêque de Narbonne. Le Chapitre est composé d'un grand Archidiacre, d'un Précenteur, d'Archidiacres, d'un Succenteur et de Chanoines.

Le Diocèse de  Narbonne comprend quatre abbayes d'hommes (dont Fontfroide) et deux de filles (Quarante).

 

Stalles de la Cathédrale de Narbonne

 

L'écho des chants liturgiques rend le choeur au coeur du débat car la cathédrale n'est constituée que de son choeur. La nef demeure sur les plans et relève de l'attente. Il faut se contenter de la beauté de l'inachevé car même si en 1915, une étude fut reprise par Rockefeller, alors que Napoléon III n'avait pas donné suite à le re-initier, elle resta en l'état.

C'est à Narbonne que fut signé la constitution de l'ordre des Templiers, le 13 décembre 1117. Narbonne devint le coeur de la kabbale Médievale. Ces fondateurs firent étape à Narbonne, créérent la communauté composée de huit chevaliers qui partaient en croisade en Terre sainte, Jérusalem. Ils étaient les "Pauvres Chevaliers du Christ" et souhaitaient récupérer les textes sacrés. Ils menèrent des escavations et découvrirent le texte du Sefer Ha Bahir qui entraîna la révolution culturelle de la kabbale Médievale.

Narbonne était proche des Cathares qui rejetaient le Dieu de la Bible et préféraient le culte de Lucifer. Ils pratiquaient la sorcellerie. Les Cathares influencèrent les Templiers.

Ces moines combattants devinrent à leur retour, les Templiers car les croisades les amenèrent certe à prier, mais aussi à tuer. Cette commanderie bénéficia de nombreux dons des paysans et perçut des redevances sur les chasses, les moulins, etc. qui permirent aux Templiers de construire la cathédrale. Elle prie la forme d'une croix. Or, la croix est aussi le hiéroglyphe du creuset, nommé jadis crucible (crucifix) dont la racine est crux, croix.

La construction fut le résultat d'un compromis entre des modèles du Nord de la France et du Sud car les commanditaires préféraient l'architecture du Midi. La voute sur croisée d'ogive et celle de l'arc brisé reposent sur quatre piliers qui sont similaires aux édifices du nord de la Loire. La hauteur est si imposante que les vitraux semblent petits. L'intérieur est austère, le trifonium est obscur par l'absence de fenêtres alors que les cathédrales se voulaient puits de lumière. L'intérieur marque la tradition du Midi par son style languedocien.

Est-ce que Saint Christophe s'y retrouve ? Son nom primitif est Offerus qui signifie "qui porte le Christ" mais aussi dans les signes cabbale, il ressort phonétiquement sur un autre sens "Chrysophe" : qui porte l'or. Ce symbole représente le soufre solaire (Jésus) ou "l'or naissant", cette énergie propre à Mercure dont les ondes l'élève à l'Elixir. La couleur du mercure est le gris et le violet. La statue de Saint Christophe porte un enduit de ces couleurs. La Renaissance mit une fin à la symbolique médievale. L'oeuvre gothique est soumise à l'Idée, alors que l'oeuvre renaissante, domine et l'efface. La Renaissance est le triomphe de l'esprit. Saint Christophe apparaît en la Cathédrale de Narbonne sur un vitrial de la façade nord. Il est accompagné d'un Evêque et d'un ange blotti dans l'angle droit. Ce vitrial date du XVe et XVIe siècle.

Le Christ porta sa croix. Et chacun d'entre nous à notre tour ? Encore une symbolique qui ramène à l'agneau de Dieu, image du christ sur sa croix qui porte trois clous. Les trois purifications par le feu et le fer. L'agneau est la figure du Christ car l'agneau pour être rôti doit être disposé de façon à figurer une croix. Une des branches, le traverse de part en part, une autre par les épaules et ses pieds antérieurs sont attachées.

Au fil du temps, cette puissance se transforma en véritable hostilité, alimentée pour une part par les autorités religieuses et les légendes sur cette société secrète défilèrent. Les templiers avaient des pratiques étranges dans leur Ordre qui furent dénoncées aux hommes du Roi de France. Les Templiers furent accusés d'outrage en la personne du Christ par leurs rites obscènes. Le Royaume et l'Eglise sont l'emprise du Roi, le Pape est sous son autorité. La pathologie du pouvoir est en marche. Guillaume de Nogaret, légiste (1295), originaire du Languedoc, Garde des sceaux de Philippe le Bel fut maître du Clergé. Il défendit l'Eglise. Le 24 août 1307, fut réuni par Philippe le Bel : Gilles Aycelin, Archevêque de Narbonne, Guillaume de Nogaret pour consituter un dossier afin d'arrêter le Maître du Temple.

En 1307, un "vendredi 13" naîtra la superstition.

Le règne des Templiers cessa en 1291, lorsque Guillaume Nogaret arrêta Jacques de Molay qui fut mis à l'échafaud en mars 1313. La bulle de l'Ordre des Templiers est abolie en 1312. Le pape Clément V, élu le 5 juin 1305, décède le 20 avril 1313, à Roquemaure, dans le Gard. Philippe le Bel (petit fils de Louis IX) fit une chute de cheval et mourut le 29 novembre 1314. Nogaret mourut en avril 1315. Successivement la malédiction des Templiers toucha les Capétiens, jusqu'à la treizième génération, Louis XVI.

Certaines parties sont encore mystérieuses, secrètes comme l'âme de l'êre humain. L'autel de la messe noire fut découvert vers 2005. La cathédrale a ses couloirs cachés, sa crypte...

Ce lieu est unique par son relief d'une puissance unie aux ténèbres. Les bruits de dehors sont absents et je pense à ces dédales de la ville souterraine avec ces galeries que je ne manquerai pas de parcourir. Ces antres obscurs que j'avais vu, il y a longtemps, avec le lycée. Est-ce une volonté de l'église de rendre ce lieu nocturne pour faire ressortir sa force matérielle, pour exercer le secret occulte qui se développe dans l'ombre, dans la profondeur de l'oeuvre. Les murs semblent putréfiés, un voile épaix se pose de couleur noire qui rend indistinct cette corruption, voire cette mortification. Il est à noter que la voute est noircie par l'incendie de 1902. Une odeur de sépulcre semble s'écumer. Les murs fermentent de toutes ces descriptions. L'édifice est noir comme le charbon et représente le chaos. Notre corps semble sorti de son âme pour revenir à la clef, au commencement. Cette putréfaction ramenée au noir est le signe de la séparation du pur et de l'impur et l'odeur n'est autre que son entendement et ne passe pas par l'odorat.

Le jour est représenté par le blanc. Cette couleur image la pureté, la simplicité, l'innocence. Dans ce culte, elle représente l'Initié car l'homme abandonne les Ténèbres pour la Lumière. Le mot hébreux "hur" ou "heur" signifie "être blanc" qui veut dire être pur ou heureux. Les Initiés étaient toujours vêtus de blanc, ainsi que les Cathares.

Le rouge est le symbole du feu, de l'exaltation et la prédominance de l'esprit sur la matière.

 

Tableau Cathédrale -Narbonne-

 

L'église veut iradiquer cette culture celte du sacrifice expiatoire ; elle avait peut-être interdit cette aîle, cette hérésie. Sous le couvert de la religion catholique, le culte de la Goetie se développa à Narbonne. A la fin des croisades, le livre de la magie fut ressorti. La cathédrale comporte plusieurs chapelles. Nous y allons. L'ensemble est sombre et me rappelle que lors des cérémonies, ils s'éclairaient avec des bougies faites avec de la graisse humaine.

A l'intérieur, je me dirige vers l'autel de la chapelle axiale de Notre Dame de Bethléem, dite "de la messe noire" où se situe sur le retable en polychrome un bas-relief qui figure sur deux rangs superposés, une procession satirique. Ce bas relief représente "L'enfer". Il fut retrouvé en 1981 car il était caché derrière un décor, un rideau plus précisèment. Il daterait entre 1351 et 1384. Des sculptures démoniaques qui semblent sortir du testament de Salomon. Nous avons l'illusion de voir des baphomets, représentation du diable. L'on distingue des démons ailés, des griffons qui entourent des marmites où se trouvent les humains entrain de cuire pour être mangés. De drôles de réjouissances enluminées où transparaît un sens hermétique pour le visiteur que je suis. Un banquet endiablé, éclairé vous invite à méditer ou à aller à l'asile. L'apothéose de la pensée, du savoir et de l'Art. Une encyclopédie complète un peu naïve par ces scènes représentaient dans la pierre.

La pierre des francs-maçons médievaux avant d'être taillée pour servir de base à l'ouvrage était pour eux brute et impure. Ce matériel grossier prenait l'image du diable. Elle représentait la matière initiale de l'Oeuvre, humanisée sous l'aspect de Lucifer qui porte la lumière. C'est sur cette première pierre que reposait l'ensemble de la structure du bâtiment. De forme angulaire, elle est souvent ornée d'un joli bas-relief, présenté à l'extérieur de l'édifice. Elle fut posée le 3 avril 1272, sous l'épiscopat de l'archevêque Maurin.

Les ministres du culte étaient se répartissaient en quatre degrés. Le Hiérophante qui était chargé d'instruire le néophyte, le porte Flambeau qui représente le Soleil, l'Hérault qui représente Mercure et le Ministre de l'Autel qui représente la Lune. L'oeuf est le symbole du monde. Isis est la mère des dieux.

Au centre de l'autel, pose la statue de la vierge du pont de Ste-Catherine. A ses pieds, à l'image du viouvre, le liviathan. C'est le monstre du chaos primitif.

Une grande bouche avale les âmes et représente l'enfer. Elle accueille un autre monstre entouré de part et d'autre de chaudron un peu plus petit avec encore et encore des humains, des pendus... Sur la droite, défile une charette où les personnages creusent leur ventre pétrifié et vont livrés leur âme au démon pour l'éternité. Chaque personnage est peint dans des teintes violentes, signe de sacrifice. La couleur fait partie de la symbolique et spécialement des trois majeures de l'Oeuvre. La Vierge est habillée de bleu qui représente le noire, Dieu est en blanc et Jésus en rouge. Les couleurs nationales du drapeau français. Le bleu représente la bourgeoisie, le blanc est réservé au peuple et le rouge à la royauté.

 

Leviathan

 Le Léviathan

 

Le baphomet est pourtant le symbole de la sagesse, son étimologie arabe "bafé" veut dire "immersion" et "métis" signifie sagesse" et c'est pour cette raison que nous le retrouvons dans les autels car il veut dire "baptême de la sagesse". Mais le mot "bafométique" dérive de "Mahomet" en langue d'Oc et veut dire démoniaque ! Le terme "baphomet" amnène également à lien entre "baphé" (baptême) et "Météos" (initiation). Cette représentation symbolique d'une opération ésotérique apprise par les Chevaliers du Temple en Orient est le signe de reconnaissance des "pauvres soldats du Christ". L'idole "Baphomet" par son visage cornu rappelle le bouc, mais aussi Satan. C'est l'ensemble de ces symboles qui déroute l'attention du profane. La tête du bouc ressemble à un triangle dont la pointe est tiré vers le bas et qui représente la puissance de l'esprit créateur. Son nez est structuré en un triangle plus petit et pointe vers le haut et cette symbolique initiatique représente l'étincelle divine. Les cornes sur la base du triangle représentent l'autorité dont de la puissance par la connaissance et la lumière. Les deux triangles forment l'étoile à six branches, symbole de la sagesse. La tête soutenu par les mains identifie que l'esprit doit être soutenu par le physique, le matériel. Il porte la tonsure des moines, symbole du chakra coronal. Les oreilles sont grandes et ouvertes pour écouter le monde. La langue s'impose pour déclarer le verbe. Les ailes sont l'envol du corps subtile et la barbe annonce le courage et la sagesse, à nouveau.

 

Chapelle en la Cathédrale de Narbonne

 

En provençal, le fer est appelé Aran et Iran suivant les différents dialectes. L'Hiram maçonnique est le divin Bélier qui est l'architecte du Temple de Salomon. On rentre dans le Temple par l'Occident, la face vers l'Orient, en souvenir de la Palestine, berceau du Christianisme et de la lumière. La rosace de l'entrée n'est jamais éclairée par le soleil et représente les ténèbres. La rosace de la nef principale est plus grande, mais l'absence de lumière éveille des doutes sur sa capacité à m'éclairer. La rosace était appelée au moyen âge "Rota" qui veut dire roue. La raison est que la lumière diffusait avait besoin d'un temps nécessaire pour philosopher et l'artiste qui créait cette rosace devait jouer avec la lumière diffusait pour créer les divers phénomènes. Elle représente l'action du feu dans la durée. La figure a six pointes et est dite "Etoile des Mages" qui reproduit le "Sceau de Salomon". Les Mages étaient au nombre de douze. Ils devaient retrouver le livre de Seth qui parlait de l'apparition future d'une étoile et des présents que l'on devait apporter à l'Enfant. Cette prédilection était donnée comme transmise de génération en génération par des Sages appelaient Mages. C'est pour cette raison que la lumière de cette rosace doit surpassée toute les autres.

  

Détail 1 de l'autel de la chapelle en la Cathédrale de Narbonne Détail d'une scène Cathédrale de Narbonne  Détail d'une scène en la chapelle de la Cathédrale de Narbonne 

Je me retourne et sur la partie centrale, un bas relief sur un tombeau de marbre. C'est le tombeau (1823) de Guillaume, Cardinal de Briçonnet, archevêque de Narbonne qui fut évêque de Narbonne de 1505 à 1514. Des squelettes ceinturent l'axe, des moines défilent sans visage, sans expression sont unis par ce mystère. Juste après les visages commencent à s'éclairer mais restent taciturne. Leur code secret est l'atbash. Si l'on applique ce code secret au mot "Baphomet" l'on obtient "Sophia" qui signifie "Sagesse".

Ils sont au nombre de six, entourés de chérubins tout aussi atypique posés sur des dragons. Ces créatures étranges sont décrites dans la Goétie.

Si vous apercevez un livre fermé dans les dessins ou sculptures, il est le sceau cabbalistique comme l'Apocalypse.

La Vierge, unique est représentée dans son habit nimbé d'étoile. Sous le vocable "vierge" on peut entendre la terre avant la fécondation. Les semences viendront après que les rayons du soleil viendront animés. Le sens ésotérique des vierges noires figure dans la terre primitive, la substance noire à l'aspect d'une pierre. Il apparaît donc normal qu'elle habite les lieux souterrains, les cryptes. Sa robe forme un triangle, ceinte au col et évasée sans un plis jusqu'au pied. La mère est l'essence même des choses. Elle est souvent nommé le "palmier de la patience" ou le "Siège de la Sagesse". En d'autres termes, c'est le "Sujet de la Science" hermétique. Dans la Bible, Marie était de la tige de Jessé et le mot hébreux "Jes" veut dire le feu, le soleil, la divinité. Jésus a donc ses origines de ce mot.

 

Notre Dame d'Afrique -Cathédrale de Narbonne-

 Vierge noire

Dans les cérémonies des vierges noires, il était brûlé que des cierges de couleur verte.

Le serpent est la représentation du mercure par sa manière incisive quand il absorbe le soufre métallique et lorsqu'il dissolve son venin qui représente la dissolution du soufre, absorbé par le mercure. Cette image représente l'oeuf dont la cuisson transforme en soufre, puis en Elixir et en troisième phase, en Médecine universelle.

L'aigle est la Sublimation philosophique et l'image de "faire voler l'aigle" amène à l'expression "faire sortir la lumière du tombeau et la porter à la surface" qui entraîne une véritable Sublimation. Organiser la lumière dans ces lieux est de l'ordre du génie, car sublimer  donne l'impression d'une énergie.

Le lion, roi des animaux terrestres, a la même puissance que l'aigle mais il traduit la force terrestre fixe, alors que l'aigle représente la force aérienne et volatile. Leur union dépouillée est l'image du Mercure animé. Le lion a pour couleur en général, l'or qui interprète la puissance. Il représente l'énergie jeune donc verte comme la pomme non mûre. Il est le signe d'une nature chaude, ardente et saline. Il va évoluer, se développer pour devenir le lion rouge (mûr).

Ainsi les médaillons du zodiaque sont-ils conçus.

Le griffon est la composante du lion et de l'aigle car ce monstre mythologique a la tête et la poitrine de l'aigle et emprunte au lion le reste de son corps.

Le puits sacré existe t'il ? L'eau avait des vertus curatives. L'eau renferme les vertus du ciel et de la terre. Elle déend de la conjoncture du ciel, de la terre, du soleil et de la lune.  Elle est comparée à l'acier et l'aimant car l'aimant attire les influences du ciel, du soleil, de la lune et des astres pour les communiquer à la terre.  L'eau pontique sert à la putréfaction comme à la purifaction.

Le miroir symbolise le début de l'ouvrage par la Vérité, la Prudence et la Science. L'arbre de vie en marque la fin et la corne d'abondance, le résultat qui est la source intarissable des félicités matérielles de notre monde terrestre, soit la savoir, la fortune et la santé. Ces trois objets sont souvent représentés dans les tapisseries.

Toutes ces analogies me font réfléchir à ce culte, à leur manière d'opérer.

Le chevalier est habillé du haubert de maille qui représente le roi du bestiaie alchimique.

La balance est l'instrument qui apprécie la consistance de l'être. Il faut être limpide comme l'eau et avoir l'aspect de la pierre, pour éviter toute corrosion.

Le culte a sept degrés d'initiation qui font références aux sept planètes : La lune, Mercune, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Souvent, le symbol de ces astres planétaires est retrouvé dans les cathédrales, par des cercles ou demi-cercles noirs.

La chapelle Sainte-Anne comporte des statues de la "Mise en tombeau" du XVIème siècle. Elles sont en terre cuite d'Allemagne du début du 16ème siècle.

 

Le mausolée (1607) en marbre de Jean de Seigneuret, Sieur de la Borde reste à voir.

Le tombeau de Monseigneur Bernard de Farge est encore qu'un nom.

Le sépulcre de Monseigneur Arthur Richard Dillon, dernier archevêque de Narbonne qui se situe dans la Chapelle Saint-Martin reste  encore à découvrir. A côté, dans cette même Chapelle se trouve la statue de Saint-Augustin qui siège d'un côté du tableau qui représente la résurrection de Lazare, par Charles Vanloo et de l'autre côté, la statue de Saint-Ambroise clôture le décor.

Si vous voulez voir la statue de "Notre Dame de Lourdes", il faut vous diriger en la Chapelle Notre Dame de la Salette. Elle est à droite de l'autel.

La Chapelle St Joseph contient un autel avec au dessus un tableau.

Puis nous arrivons devant la Chapelle Saint Vincent de Paul où se situe deux grandes statues de pierre dont l'une représente Jeanne d'Arc avec au milieu son épée.

La Chapelle Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus porte bien son nom car la statue est à gauche de l'autel. Au dessus, Saint Roch veille. Dans une niche, sur la droite, se trouve la statue de Sainte Philomène.

Au niveau de la Chapelle de l'Annonciade se trouve un tableau de Nicolas Tournier "Tobi et l'Ange" du XVIIème siècle.

Les fonds baptismaux portent des inscriptions au dessus.

 

L'orgue a été construite par Christophe Moucherel, originaire de Toul. Comme il n'y avait pas de nef, elle fut accrochée au mur qui clôt le choeur et surplombe les stalles. A l'origine, elle était nommée "Organon hydraulikon". La tribune était composée d'un grand orgue et d'un orgue positif, destiné à la schola. Cette disposition de deux orgues indépendants faisait que l'organiste quittait son ban du grand orgue et se déplaçait au clavier du Positif, dénommé "Petit orgue de la Musique", pour accompagner le choeur de chant. Ce buffet est certainement le plus beau du XVIIIème siècle. Malheureusement le mécanisme n'était pas parfait et dut être refait dans sa quasi-totalité par Jean-François l'Epine, en 1770. L'orgue est l'instrument qui remplace l'orchestre.

La fresque "La Jugie" représente l'âme de Pierre emportée au ciel. Pierre de La Jugie (1319-1376)était Cardinal de Narbonne. Il prit pour surnom "Le Cardinal de Narbonne".

Nous rejoignons l'escalier en hélice pour voir Narbonne d'en haut. Nous traversons les chimères pour aller rejoindre la terrasse de la cathédrale, appelée aussi "Planète", puis la tour Nord. De la terrasse, la vue sur les arcs-boutants et le Palais des Archevêques. Les marches se succèdent pour parvenir au toit de la tour Nord ou l'on peut admirer l'ensemble de la ville.

La salle des Trésors est au dessus de la chapelle de l'Annonciade. Sa pièce maîtresse est une tapisserie flamande de la fin XVème siècle qui représente la Création tissée d'or et de soie. Les vêtements liturgiques avec les chasubles brodées d'or sont nombreux.

Les statues de la façade sont enlacées par des bêtes grotesques qui font penser au servitue de l'homme qui rentre dans le corps d'un animal pour ne pas quitter son maître.

En 1871, Narbonne est assiégée et devient commune (Digeon). Le drapeau rouge prend la place du drapeau tricolore et dénigre Versailles.

Une des portes de la Cathédrale se trouve rue Armand Gauthier.

En revenant sur le parvis de la Mairie, nous pénétrons dans la cour intérieure et ressortons par le passage. Nous prenons la rue en face.

 

Les rues de Narbonne

 

Le Pavillon Baltard est mon favori. C'est les halles de Narbonne, c'est un lieu à découvrir le dimanche matin car il respire la bonne humeur. Prenez rendez-vous car il y a du monde, le dimanche. Certains disent que "les Halles sont à Narbonne, ce que le Colisée est à Rome" ! Elles sont très connues et très prisées des narbonnais qui prennent table chez "Bebelle", une institution. Le portail d'entrée est de 1901.

 

Le palais des Archevêques et la cathédrale malgré qu'elle ne soit jamais achevée forme le deuxième ensemble monumental archiépiscopal de France, derrière Avignon. Le palais des Archevêques est flanqué de plusieurs tours carrées dont la Tour de la Madeleine, la Tour Saint-Martial et le donjon Gilles-Aycelin. A l'intérieur du jardin se trouve un tombeau de marbre blanc. Le donjon Gilles-Aycelin (1295-1306) est établi sur les restes du rempart gallo-romain. Il fut édifié au XIIIème siècle. Il servait avant tout à montrer la puissance épiscopale face sur celle des Vicomtes dont la demeure était sise en face. Cette tour carrée est de 42 mètres de haut avec des murs en bossage. Chaque angle externe est ponctué d'une échauguette. En haut de cette tour, il y a une terrasse avec un chemin de ronde pour surveiller. La pierre qui la conçoit est du calcaire blanc qui vient de l'île St Lucie.

L'hôtel de ville fut construit par Viollet-le-Duc, de style néogothique. Il est dans le Palais Neuf et la mairie y est installé depuis 1842. De part et d'autre du passage de l'Ancre se trouvent le Palais Vieux (XII et XIIIème siècle) et le Palais Neuf (XIVème et modifié au XVIIème et XVIII siècle). Le Palais Neuf abritait les anciens appartements de l'Archevêque.

Le passage de l'Ancre permet d'accéder depuis la Place de la Mairie, anciennement appelé "Place aux Herbes", au cloître ou au Musée archéologique. Son nom est matérialisé par une ancre en fer suspendue à l'entrée du passage. L'ancre représente les droits féodaux octroyés aux Evêques dont la taxe d'entrée au port, la dîme sur la pêche depuis l'embouchure de l'Aude jusqu'au cap de Leucate.

Le musée archéologique est dans le Palais Vieux.

Le musée d'Art et d'Histoire est dans le Palais Neuf.

Le Palais des Vicomtes se situe en face du palais des Archevêques. Actuellement, Monoprix occupe les lieux.

 

Palais des Vicomtes -Narbonne-

 

 

Quand vous arrivez sur la place de la Mairie et que vous la situez sur votre gauche, au milieu, vous avez la rue Droite. Elle est dans le prolongement de la rue des Marchands. Au bout de la rue, La Louve, réplique de la louve de bronze du Capitole fut offert par les édiles de Rome à l'occasion du XXIème centenaire de la fondation de la ville. Elle est sur la porte de la rue "droite". La même qui allaite Romulus et Remus qui rappelle que cette commune s'appelait Narbo Martius.

De retour par la voie Domitienne, nous continuons vers la place des Quatre Fontaine". Une façade tout en hauteur m'attire.

C'est toujours en parcourant les rues que notre regard est attiré par ces boulets de canon dans le Vieux Narbonne.

"La Bohême" est une péniche, trappue, verte qui s'amarre le long des berges.

Partout Trenet traîne. Ces refrains qui entêtent les rues, mais aussi ces façades qui l'épouse pour la vie. Un hommage à ce philosophe du bonheur dont la maison natale devient un musée. Devant, se situe sa statue qui commémore cet illustre personnage, né le 18 mai 1913, sous le nom de Charles Augustin Georges Trenet et décédé en 2001. "Douce France" est un refrain connu de tout le monde en dehors de Narbonne !

 

Charles Trenet -Narbonne-

 

Le Musée lapidaire est installée en 1889 dans l'église "Notre Dame de Lamourguier". Le musée est le plus grand lapidaire après celui de Rome.

Notre Dame de Lamourguier était un ancien prieuré dont seule l'église subsiste. Elle est aussi appelé "Sainte-Marie du Bourg". Elle fut recontruiste au XIIIème siècle. Elle est de style mériodional gothique. La façade est de style baroque, construite au 17ème siècle par le Père Martellange, architecte de la compagnie de Jésus. L'église prit sa retraite en 1869 pour laisser place au Musée lapidaire.

 

Maison des Trois Nourrices

Façade à Narbonne

Nous marchons en quête de trouver l'insolite et je crois bien l'avoir déceler. C'est la Maison des Trois Nourrices, un des ouvrages les plus remarquables de l'architecture privée régionale de la Renaissance. Elle est cité en 1448 dans le Compoix de Narbonne comme propriété de Barthélémy Voyer.

En 1558, les étages et la façade sont modifiés dans le style Renaissance. On rajoute, notamment deux croisées à l'étage. Ornées de cinq cariatides qui forment les montants et les meneaux. Les "Trois Nourrices" encadrent la baie à trumeau de la façade Sud. C'est à cette date qu'elle est désignée les "Trois Nourrices" par analogie avec l'Hôtel des "Trois Rois" situé non loin et disparu depuis.

 

La Maison des Trois Nourrices à Narbonne

 

Façade Sud de la maison des Trois Nourrices

 

Au XVIème siècle elle appartient à une famille bourgeoise de Narbonne, les "Guissane" dont certains membres sont consuls de la ville.

En 1632, la demeure devient une auberge, une"Gloriette".

En 1798, elle fut la propriété de Jean-François Soler, médecin.

Par la suite, elle fut rachetée par Louis Berthomieu, en 1870-1928, pour éviter qu'elle ne soit détruite.

La ville de Narbonne rachète cette maison en 1987. Elle est classée "Monument historique" depuis le 10 février 1913. C'est le seul type d'architecture civile du XVIème siècle que possède encore Narbonne.

Depuis sa restauration en 2007, elle abrite le service prénatal de l'hôpital.

Unique pour Narbonne, unique pour nous. Nous sommes seuls à admirer cette façade qui date de 1558. Son nom vient des cariatides aux formes oppulentes qui encadrent les fenêtres à trumeaux de sa façade sud.

Les parties basses de la façade sont médievales, le 1er étage fut refait en 1558 dans le nouveau style venu d'Italie.

 

Statue de droite, Maison des Trois Nourrices à Narbonne Statue de gauche, Maison des Trois Nourrices à Narbonne

La conspiration du "Cinq-Mars" est du nom de son instigateur qui complotait contre le cardinal Richelieu, premier ministre de Louis XIII. Richelieu est malade, alité à Narbonne.

Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de "Cinq-Mars" (prononcé sainmar) est le fils d'un ami proche de Richelieu. Richelieu l'introduit en 1639 et devient le favori en titre. Il est nommé "Grand Maitre de la garde robe, Premier Ecuyer, puis Grand Ecuyer de France.

Son arrogance, ses désirs d'épouser la princesse de Mantoue (Marie de Gonzague-Nevers), mademoiselle de Chémérault, les charmes de Marion Delorme courtisane du Roi Louis XIII, l'opposent à Richelieu. Sa mère, Mme d'Effiat refuse ce libertinage. Il est reconnu sous le nom "Le Grand", ce qui l'éloigne de la souveraineté.  "Cinq-Mars" était le favori déchu de Louis XIII.

La conspiration a lieu en pleine guerre de "Trente Ans". Parmi les conjurés se trouve Gaston d'Orléans, frère du roi. La reine et le Duc de Bouillon s'allient à eux. Il s'entend avec François Auguste de Thou, conseiller au Parlement. Il s'était réfugié à Narbonne avec l'aide de son serviteur Belet, dit "Tallemant". Belet est son valet de chambre qui le cacha chez le père de sa belle, Mr Siouzac, dans le grenier. Le lendemain, Mr Siouzac le dénonça pour éviter la peine de mort. Le Comte de Charost, capitaine des gardes fut chargé de l'arrêter le 13 juin 1642. Sa cassette est pleine de lettres qui le compromettent. Richelieu s'en sert comme preuve du complot. Il fut condamné à Lyon et exilé au château de Pierre Scize. Il est décapité le 12 septembre 1642, à peine âgé 22 ans. Il fut inhumé dans l'église du Couvent des Feuillants de Lyon, aujourd'hui disparue, ainsi que les restes de "Cinq-Mars"

Le 4 décembre 1642, Richelieu décède.  

L'édifice est située à l'angle de la rue de l'Hôtel-Dieu et de la rue Edgar Quinet.

SOURCES DOCUMENTAIRES : Corrections de Jane (24 juin 2016)

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Là, cette façade semble vouloir se rapprocher dans son angle avec l'autre côté. Elle fait communion par cette échauguette.

Angle de rue -Narbonne-

 

Des personnages insolites décorent les façades. Rue Gabriel Pelouze, je découvre celui-ci.

Moine Rue Gabriel Pelouze -Narbonne-

Rue Frédéric Mistral, les atlantes sont magiques.

Atlante Narbonne

 

Narbonne était une ville passante, de nombreuses maisons portaient de vieilles enseignes "On loge à pied et à cheval". C'était des logis, ils étaient au nombre de soixante. Depuis trois siècles, l'enseigne "La Dorade" garde les lieux, pas loin des quais où se trouvait le port. Cette propriété appartenait à Arnaud Darem dont la famille fut déssimée par la peste en 1631. Il se situe rue Jean Jaurès, vers l'ancien pont des Carmes.

 

Atlante rue Jean Jaurès -Narbonne-

 

Le clos de la Lombarde est un site archéologique qui est en cours de fouille.

L'horreum romain témoigne du passé antique des lieux. C'est le seul édifice qui subsiste de l'époque romaine. Deux galeries souterraines qui ont servi d'entrepôt gallo-romain à la fin du 1er siècle avant J.-C.   Au nord de celui-ci, s'étendait l'ensemble du forum et du temple capitolin de Narbo Martius2. Ce complexe avait une superficie de 16000m2.

Au musée de Narbonne vous pouvez admirer un tableau des Pénitents bleus qui datent du XVIIIème siècle. Sur le haut, deux lions s'affrontent. Entre eux, un médaillon vide. En bas est inscrit "Les Frères de la R(évérende) L(oge) à l'O(rient). Il a pour titre "L'amitié à l'Epreuve". En bas, sur quatre colonnes, sont notés les noms des membres de la loge. L'image du fond représente la chapelle St Jean à Jérusalem car St Jean est leur Saint Patron. "L'amitié à l'Epreuve" était une des cinq loges narbonnaises et le choix des Pénitents bleus fut fait pour l'Alliance.

La tourelle de la Maison de l'Aumône remonte au Moyen-Age. Elle faisait partie du quartier des Chanoines dans l'île de l'Aumône, nom donné à l'ensemble de l'îlot dont cette maison fait partie. Il était alors distribué le pain aux nécessiteux par le Chapitre Saint-Just. Dans sa cour, un passage permet de passer de la rue Droite à la Rue Rouget-de-l'Isle et qui débouche face à l'Horreum. La tourelle est faite sur plan octogonal sur trois étages, ainsi qu'un sous-sol. L'immeuble fut construit au XVème siècle. La décoration de sa porte figure de chaque côté une tête. Au premier étage, une fenêtre en trompe l'oeil montre un bas-relief de belle facture. Il représente une jeune femme, appuyée à un panneau entre-baillé, un pain posé sur sa tunique. Elle représente le symbole de la Charité, véritable institution du Moyen-Age, imposée par l'Eglise aux riches.

 

 Détail de la façade de la tour de la Maison de l'Aumône

Au XIIème siècle, il y avait des écoles juives à Narbonne. La communauté a disparu sept siècles après suite à l'expulsion ordonnée par Philippe le Bel, en 1306. Cette communauté a retrouvé un lieu de culte en la Maison de l'Aumône.

L'ancienne église des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem  appartenait à l'origine aux Chevaliers de St-Jean de Jérusalem. Elle a un petit détail curieux qui la caractérise, c'est que le choeur initialement à l'est, s'est inversé. En 1592, elle devient la chapelle des Pénitents bleus.

 

La Basilique St-Paul-Serge est l'une des plus anciennes églises gothiques du Sud de la France. Bâtie sur le tombeau de Saint Paul-Serge, premier évêque de Narbonne venue au 3ème siècle pour évangéliser la régione et sur une nécropole paléochrétienne. Une curiositié s'y trouve, c'est le bénéiter dit "à la grenouille". A voir.

 

Basilique Saint-Paul à Narbonne  Intérieur Basilique Saint-Paul à Narbonne

 

A mesure que l'on s'éloigne du centre, les bâtiments sont moins jolis. Les boulevards de ceinture remplacent les murailles.

RESTAURATION

La table Saint-Crescent est une étape gastronomique qui prend pour cadre un ancien oratoire du VIIème siècle (68, avenue Général Leclerc).

Au niveau de la restauration, il est conseillé le restaurant "Le Grand Buffet" qui se situe dans le complexe "Espace de Liberté". La cuisine est ouvert et offre à la vue un grand piano ou fourneau en fonte, de deux tonnes, conçu par Athanor. C'est la pièce centrale de ce restaurant qui offre la possibilité de 600 couverts par repas.

 

Gruissan

Le village se situe sur le massif de la Clape, juste après Narbonne-Plage. Cette commune fut rendue célèbre par le film 37,2° de Jean-Jacques Beineix qui a immortalisé les chalets sur pilotis de ce petit village de pêcheurs bordé d'un étang et surmonté du château, dit la tour Barberousse. Le château fut édifié avec la pierre de l'île Ste Lucie.

Est située dans le massif des Corbières, près d'un torrent. C'est à cette source d'eau fraîche (fons frigida) qu'elle doit son nom.

 

Fontfroide

L'abbaye des bénédictins (1093) est intégrée à l'ordre des cisterciens en 1144 et 1145. Pendant la croisade des Albigeois, elle fut orthodoxe catholique. A la seconde moitié du XIIème siècle, les dons et les terres d'Ermengarde de Narbonne l'enrichissent. Au XIIIème siècle, se rajoutent les dons et les terres d'Olivier de Termes qui lui permettent de s'agrandir. L'abbaye est classée depuis 1862 au titre des monuments historiques.

 

Peyrac-de-Mer

Le village de Peyrac-de-Mer est constitué de deux petits étangs qui furent exploité en tant que salin jusqu'en 1979. L'étang du Doul permettait de pré concentrer les eaux. Une mousse blanche s'échoue par temps de vent qui montre le taux élevé de salinité combiné à la présence de polysccharides. Le site a été acquis par le Conservatoire en 1978 car il est réputé pour son unique lagune hyperhaline qui est permanente. Une source marine est au fond de l'étang.  La salinité y est deux fois supérieure à la mer. Il y a 1000 ans, le niveau de la mer était 100 mètres en dessous du niveau actuel. Les sédiments arrachés au continent s'accumulèrent et formèrent le cordon littoral audois qui donna naissance à la lagune. L'étang du Doul est une dépression circulaire d'aspect cratériforme et est d'origine tectonique. Il constitue une forme spectaculaire du diapirisme du Trias. Sa forme et le léger plongement péri-anticlinal des assises aquitaniennes qui l'entourent confirmeraient l'existence à ce niveau, d'un véritable dôme de sel triasique effondré en profondeur (d'après CPIE des Pays Narbonnais).

 

Autour de Narbonne, s'étend une mer de vigne avec les Corbières, le Minervois et le Fitou. Nous allons à la rencontre des domaines. Le château de Mandirac est dans les rizières.

 

Histoire

La ville de Narbo Martius fut créé pour pacifier la province en 118 avant J.-C. C'est la première colonie romaine qui s'implante hors d'Italie, grâce à sa position idéale sur la route entre l'Italie et l'Espagne. La proximité de la mer avec son port, son climat sont des points attractifs.

A l'an 260, San Sébastien naît à Narbonne. Il est le capitaine de la garde prétorienne de l'Empereur Dioclétien qui aident secrètement les chrétiens martyrisés.

Au début du Vème siècle, les Vandales s'emparent de la province, puis les Wisigoths s'y installent. Narbonne devient la capitale du royaume Wisgoth. La région de Narbonne, comme l'Espagne, reste Wisigoth jusqu'à leur chute devant les Maures en 719.

En 27 avant J.-C., Narbonne était élevé au rang de capitale de la Narbonaise. Les troupes romaines se rendaient de Rome jusqu'aux terres ibériques et choisirent Narbonne comme lieu de villégiature.

En 550, les Visigoths prirent le pouvoir durant le règle de Valentinien III, jusqu'à la mort du dernier Roi Roderie, tué par les sarrazins en Espagne. Les goths de la province de Septimanie se soumire sans résistance aux conquérants.

En l'an 721, les conquérants des Goths établirent leur Colonie de Mahometans à Narbonne.

En 759, les sarrazins furent contraints de rendre la place.

Sous le règne de Charlemagne, Narbonne fut prise à nouveau par les sarrazins. Ils en furent chassés deux ans après par les troupes de Charlemagne.

Charlemagne crée le Duché de Gothie, Narbonne en est la capitale. Elle est divisée en plusieurs seigneuries. L'archevêque a la Cité, la cathédrale et l'archevêché. Le Vicome tient le Bourg avec l'église St -Paul-Serge. La Ville Neuve est laissé aux Juifs. Les consuls administrent.

En l'an 843, le Roi Pépin donna la moitié de la Seigneur à l'Archevéché.

En 990, la vicomtesse Adelaïde de Narbonne, lègue le site de Fitou à Emangaud de Narbonne.

Raymond de St Gilles, Comte de Toulouse, prend le titre de Duc de Narbonne. Narbonne rentre dans le Comté de Rouergue par Raimond VI de St-Gilles (1042-1115), au même titre que Béziers car la Commission du Roi s'affaiblit.

Simon de Montfort vaincra les albigeois et se rendra le maître du pays.

Renaud Amauri, Archevêque de Narbonne reçoit les hommages des Vicomtes. D'ailleurs tous les Vicomtes prennent le nom d'Amaulri ou Amaric, prononcé par les espagnols Manrique.

En 1134, le dernier Vicomte appelé Amauri décède. Sa soeur, Ermengarde est son unique héritière.

Dans l'Archevêché, la Dame Ermengarde (1144-1194) hante les murs. Elle était Vicomtesse de Narbonne et gouvernait la Province portuaire de Narbonne. Elle vécut au XIIème siècle, à l'époque des troubadours et mena des campagnes militaires. Le roi Louis VII dut arbitrait plusieurs de ses intentions. Trahis, elle fut chassée de Narbonne et mourrut sans enfant, sans que l'on porte ces cendres en un lieu, en 1197. Son neveu fut son héritier, il s'appelait Pierre de Lara et était le fils de soeur Hermesende qui avait épousé Manrique de Lara, Seigneur de Castillan, descendant des Vicomtes de Narbonne. Si vous prenez le grand escalier, vous accéderez à la salle des Synodes.

En 1240, Aymeri ou Amauri, le fils de Pierre de Lara fit hommage à St Louis.

Guillaume III, de la lignée des Manriques de Lara fut le dernier Vicomte de Narbonne. Il mourut sans enfant. Son héritier, Pierre de Tanieres, son frère uterin mourut également sans enfant après avoir vendu le Vicomté à Gaston, Comte de Foix qui le céda à son plus jeune fils, Jean de Foix de Grailly avec l'accord du Roi Louis XI d'en jouir durant sa vie qui épousa Marie d'Orléans, soeur de Louis XII. Ils donnèrent naissance à Gaston de Foix qui passa contrat avec son oncle, le Roi, pour le Vicomté de Narbonne. Les officiers de la Chambre contestèrent cette signature car le Vicomté de Narbonne, s'était éteint avec la mort de Guillaume III sous le règne du Roi Charles VI.

Les droits des Comtes de Foix passèrent à la Maison d'Albret, Jeanne d'Albret les eu comme dot lors de son mariage avec Antoine de Bourbon, père de Henri IV qui remit à la couronne ses biens.

Après la chutte des cathares, l'extinction de la dynastie des comtes de Toulouses, la province est rattachée au royaume de France en 1271. Le Languedoc royal voit le jour jusqu'à la Révolution Française.

1285, décès de Philippe le Hardi dont la tombe en marbre blanc est placée au milieu du choeur de la Chapelle St Charles. Pour son enterrement, on fit bouillir son corps dans de l'eau et du vin pour séparer sa chair des os. Ses entrailles et ses chairs furent inhumées en cette église, tandis que son coeur et ses os furent ramenés à Paris. Sur un côté du tombeau est représenté le convoi des chanoines avec leur aumusse, puis sur un autre, des princesses également coiffées de leur aumusse et en continuant l'on voit Philippe le Bel encadré de ses deux gardes, sa cornette est sur ses épaules.

1296, l'architecte désigné pour continuer la construction de la Cathédrale est Jean des Champs.

1332, les chanoines s'installent.

En 1372, Aymeric de Narbonne déclare tenir du roi, le lieu de Fitou où il a un vassal.

1588, les Pénitents blancs (noblesse) résident à Narbonne.

1592, les Pénitents bleus (artisans) prennent possession de la chapelle des Pénitents.

En 1629, la peste sévit à Narbonne jusqu'en 1632.

1660, fondation du mouvement pénitentiel "Les Pélerins", par l'archevêque François Fouquet.

En 1708, les travaux de la Cathédrale furent repris. Le 17 juin 1708, Charles le Goux de la Berchère, archevêque de Narbonne, posa la première pierre de la continuation de cet édifice qui devait élevé la Croisée.

1719, mort de Charles le Goux de la Berchère qui fut enterrée dans la Chapelle St Charles. Ce bâtiment fut construit de son vivant.

Le 19 avril 1780, une variante de la loge des Philaletes est fondée à Narbonne, le Rite des Primitifs.

1789, nouvelle construction de la Chapelle des Pénitents.

En 1790, la famille d'Aragon est délogée de Fitou et se réfugie à Narbonne.

1792, dissolution des Pénitents bleus, le 18 août, ils sont libérés en novembre pour rentrer dans les loges des Franc-maçons. L'église est vendue.

Le 4 août 1807, le Roi de Hollande, Louis de Bonaparte, frère de Napoléon 1er dort avec son épouse la Reine de Hollande au logis "La Dorade".

Le 20 février 1814, le Roi d'Espagne, Ferdinand VII, loge à Narbonne.

En 1823, l'église des Pénitents est rachetée par les Pénitents bleus.

Le 24 février 1854, la Reine d'Espagne, Marie-Christine de Bourbon, loge à Narbonne à la Dorade.

1883, l'organisation des Pénitents disparaît.

1885, le phylloxera ravage le vignoble et oblige les vignerons du Midi à arracher les plants indigènes. Ils sont remplacés par des greffons américains. Il met fin au cinquante années d'age d'or de la croissance économique.

1904, le vin ne se vend plus. Le gouvernement parle de surproduction.

1907, des manifestations de vignerons contre le cabinet Clémenceau entraine une crise vigneronne. Elle est aussi appelée "Révolte des gueux" du Midi. La production de vin ne se vend pas et c'est la chute des prix qui rend instable les marchés. Les petits vignerons sont endettés. Les manifestants réclament l'abolition de la loi 1903 sur la "chaptalisation" et la mise en place de taxe sur le sucre pour décourager les importations. Le 11 mars 1907, 87 vignerons du village d'Argeliers se rendent à Narbonne où se situe le siège de la commission d'enquete parlementaire qui étudie la crise de mévente des vins qui sévit depuis 7 ans. Albert Marcellin, vigneron et et cafetier d'Argeliers, défend les paysans du Languedoc Roussillon. Georges Clémenceau fait fi des revendiquations. Le 8 juin 1907, ils sont 800 000 dans les rues de Montpellier mais le gouvernement refuse d'écouter le peuple. Le 10 juin 1907, Albert Marcellin déclenche la grève de l'impot et la démission des municipalités. Ferroul, maire socialiste de Narbonne, jette son écharpe tricolore et fait hisser le drapeau noir sur l'Hotel de ville. Le 19 juin 1907, la manifestation sur Narbonne se durcit, les soldats tirent sur la foule : six civils sont abattus dont un enfant de quinze ans. Le 23 juin 1907, Albert Marcellin est ridiculisé par Georges Clémenceau. Finalement le 23 juin et le 15 juillet 1907, le gouvernement met en place une surtaxe sur le sucre et règlemente la négoce du vin qui donnent ainsi raison aux manifestants. L'union est efficace et donne lieu à la création de cave coopérative.

En 1929, Léon Blum est élu Député à Narbonne.

1974, l'église des Pénitents devient propriété de la commune.

 

A voir également

Le gouffre de l'oeil doux
Le musée de la Romanité

Lecture

Le mystère des cathédrales de Julien Champagne

 

Bibliographie

 

Visite de Narbonne le 8 février 2014

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : dimanche 15 février 2014
Mise à jour  :  11 février 2017
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26 janvier 2014

La cuisinière d'Himmler de Franz-Olivier Giesbert

 

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La cuisinière d'Himmler

 

Auteur : Franz-Olivier Giesbert
Collection Blanche, Gallimard
Parution le 8/04/2013
Epoque : XXe/XXIème siècle
ISBN : 9782070141609 - Gencode : 9782070141609 - Code distributeur : A14160

384 pages

 

 

 

 

 

 


 

C'est l'histoire de Rose, vénérable centenaire d'origine arménienne qui épouse l'histoire du XXème siècle avec le génocide arménien, les horreurs du nazisme, le sartrisme, le maoisme, le stalinisme mais qui ne perd pas ses valeurs refuges : s'aimer et être aimée.

C'est dans ce petit cahier qu'elle note les épreuves de la vie, ses forces et sa joie de vivre. Toutes ces facettes donnent au personnage, ce côté truculent. Elle nous fait voyager de Turquie en France, d'Allemagne aux Etats-Unis, puis de Chine à Marseille. L'héritage de ses rencontres et de ses lectures se concoctent dans ses mets lorsqu'elle officie dans son restaurant "La petite Provence".

"On ne naît pas femme, on le devient" Simone de Beauvoir.

Ce n'est pas seulement la vie d'une femme qui se refuse à accepter le destin et qui se libère de ses deuils pour vivre dans un monde d'homme ; c'est aussi, une étude sur les personnages illustres tels que Félix Fersten, Sartre et Simone de Beauvoir que nous fait découvrir l'Histoire décrite par Franz Olivier Giesbert, l'auteur.

"La mort ne te rattrapera pas. Il faut mourir vivant et ne rien lui donner avant" mère de Franz-Olivier Giesbert

Mon avis

L'auteur, journaliste, traite le choix de vie qui me semble ressortir dans cette phrase "l'homme est condamné à être libre". Ce choix est illustré par le personnage de Rose, ambigü qui joue sur la confusion "homme-femme". Le rôle de prédateur et non de victime potentielle permet d'éviter de sombrer dans la fatalité.

La raison de l'histoire nous laisse réfléchir sur la dignité et pourquoi par philosopher sur l'avenir de la femme en terme de personne et non de femme ou homme !

Détruire et se recontruire, un autre thème abordé, soit la résilience.

Un livre qui se lit comme une page d'histoire anecdotée. Je l'ai apprécié pour son histoire qui encadre bien les évènements du siècle dernier, alors que d'autres l'ont lynché pour son auteur.

 

Petite anecdote sur la salamandre
Dans la mythologie, ce lézard fabuleux représente le sel central, incombustible et fixe qui garde sa nature jusque dans les cendres des métaux calcinés. Les anciens l'ont nommés "Semence métallique". Dans la violence ignée, les portions adustibles du corps se détruisent, seules les parties pures, inaltérables, résistent. Quoique très fixes, elles peuvent s'extraire par lixiviation.

Ce feu est l'étincelle vitale communiquée par le Créateur à la matière inerte. C'est l'esprit enclos dans les choses, le rayon igné, impérissable, enfermé au fond de l'obscure substance, informe et frigide.

C'est le secret de l'Oeuvre. (Cf. "Le secret livre d'Artephius" 1612 & "Pontanus" 1614)

Note personnelle : la salamandre représente sa mutation interne.

Auteur

Franz-Olivier Giesbert

 

Franz-Olivier Giesbert est auteur, journaliste.

Nationalité : Française

Né à Wilmington dans l'état du Delaware -USA-, le 18 janvier 1949. Journaliste, biographe mais aussi romancier complète sa profession.

Sa famille immigre aux Etats-Unis au moment de la 1ère guerre mondiale. Par ses origines paternelles, il est de culture juive. Auparavant, ses parents vivaient en Allemagne. Son grand-père paternel était peintre.

Du côté maternel, ses souches sont normande et catholique. Son grand-père est Jean-Marie Prosper ALLAIN (1894-1968) qui épouse en 1919, Jeanne Edmée Elisabeth LENOIR (1894-1981). Il fit sa demande en mariage, en lui jouant une fugue de Bach, à la messe du dimanche où elle lui donna sa réponse. De cette union, naquirent quatre enfants dont sa mère Marie Berthe Allain. Elbeuf, l'imprimerie familiale nommée "Allain" a son siège dans la région. Ses grands-parents vivent au dessus de l'imprimerie. Vingt-sept petits enfants qui se côtoient pendant les vacances lors de séjour en Normandie ou en Bretagne, suivant la volonté du grand-père. Franz-Olivier est attaché à son grand-Père. Il se disait chrétien mais pas croyant, il demanda à être enterré en secret, la nuit comme cela il passerait de la maison au cimetière. Son choix ne fut pas retenu.

Sa mère (+1989) est professeur de philosophie au lycée d'Elbeuf. Son père est dessinateur commercial, suite à des études menées à l'Institut de l'Art de Chicago. Tout au long de sa vie, il s'exercera à essayer de devenir peintre comme son père mais il travaillera dans l'imprimerie de ses beaux-parents. Le temps a rendu difficile le rapport gendre / beau-père. Les liens sont plus proches avec la belle-mère, par leur point commun, ils adoraient la musique.  Elle avait eu le premier prix du conservatoire à Paris. Elle jouait de l'orgue à l'église d'Elbeuf, son père était accordeur de piano. Elle transforma sa tristesse en maladie. Son époux prit une maîtresse à Paris. Il fuyait le foyer familial en partant en vacances au Lac de Côme en Italie, avec sa maîtresse.

Du côté paternel, sa grand-mère est écossaise et se nomme Frances Amalie Proudfoot (18-09-1894), nom de jeune-fille. Elle était arrivée aux Etats-Unis sur le Mayflower. De famille aristocrate, elle détenait des armoiries. Elle avait deux frères Malcom (1902) et Alexander Proudfoot (1907 à Chicago, resté célibataire), ainsi que trois soeurs : Helena Marie (1893), Andrea Hofer (1898), Béatrice (1900). Stephen (1835) son père et sa mère Ellen Augusta Granger (1845), se marièrent en 1866 aux USA. Leur famille était d'origine écossaise depuis 1777. Sa grand-mère épouse Edmund W. Geisbert ou Geis-Bert (1894-1971), né dans le Niewed en Allemagne. Il est illustrateur en Allemagne vers 1930 puis, peintre et professeur à l'Université de Chicago (1946-48). L'arrière grand-père est John Geisbert (1875) et son épouse : Bernice Geisbert (1884).  Les ascendants de John Geisbert sont George Geisbert (1844) qui épouse Jane (1852).

Frances et Edmund Geisbert vivent à Chicago en 1935. Ils eurent 3 enfants :

Frédérick Julius Giesbert (19 novembre 1920-juillet 1979), le père de Franz-Olivier, Richard (1921),
Edmund (1932)
Fabienne Giesbert.

Son père Frédérick Julius Giesbert est issu d'une famille allemande, écossaisse, de pratique juive qui a immigrée aux Etats-Unis. Auparavant, ils vivaient à Chicago.

Son père débarque en Normandie, le 6 juin 1944 pour bouter les nazis hors de France. Il est alors âgé de 23 ans et n'a aucune expérience de la guerre. Il est un des rares de sa section (29ème division) a en être sorti vivant. Affecté au déminage, il se souviendra chaque jour de l'enfer d'Omaha beach (nom de code) et luttera toute sa vie contre ces cauchemars qui noirciront ces jours comme ces nuits. De cette période, il gardera une perte d'audition suite au vacarme infernal de la cononnade (voir le film "Le Jour le plus long" de Darryl F. Zanuck).

Sa mère était résistante et accueillait les alliés à Rouen. C'est lors d'un bal donné à Rouen par la Résistance, en l'honneur des troupes américaines qu'elle rencontre son futur époux.

Lorsqu'il rejoint les Etats-Unis, elle part à Chicago pour le retrouver et se marier. De cette union, née Franz, leur premier fils aux Etats-Unis, puis deux soeurs et un peu plus tard deux frères.

Mais revenons sur son enfance, vous me suivez ?

Il a trois ans à Caudelec-les-Elbeuf. Ses frères sont :

Jean-Christophe Geisbert, né le 21 mars 1956,
Laurent Geisbert (1959) qui vit en Normandie et fait de la politique, côté centre gauche (il tient un blog sur Canalblog !). Laurent a racheté la maison de famille de Bosc-Roger.

En 1960, ces parents reviennent vivre en Normandie à Bosc-Roger-en-Roumois dans l'Eure.

Sa mère Marie-Berthe ALLAIN est agrégée de philosophie, fille d'imprimeur de la résistance et l'une des trente-trois actionnaires de "Paris Normandie", Judith Therpauve. Ils vivent dans une ferme d'Elbeuf.

Son père finit par détester sa belle famille et reporte cette haîne en battant sa femme. Lors des disputes, sa mère les envoie chez ses parents pour éviter de les heurter et là, Franz découvre la quiétude d'un bon foyer. Un jour, son père le menace de ne plus y retourner et devant son air, lui file un raclais. De cet épisode brutal, il en garde une cicatrice au coin de l'arcade sourcilière.

Il passa son enfance au quai d'Orival à Saint-Aubin-Lès-Elbeuf à contempler Marie-Berthe, dite Mabé, sainte et martyre mais aussi sa mère.

Sa mère lutte pour empêcher Hersant d'avoir le monopole sur le quotidien "Paris Normandie". Elle est de confession chrétienne. Côté politique, elle est de conviction de gauche et bien plus tard, dans les années soixante-dix, elle deviendra adjointe au maire d'Elbeuf (Lisieux), au PS.

C'est sur le sol de Normandie qu'il est élevé dans un milieu intellectuel, devenu exigüe par la violence d'un père éprouvé par la guerre. Il fut GI américain. Il est l'aîné d'une fratrie de cinq enfants et porte le poids de la violence infligée par son père sous l'emprise de l'alcool, tant à lui qu'à sa mère battue. Son père garde l'équilibre du sommeil en mettant sous son oreiller un poignard.

Des frasques de son père, il garde en souvenir que petit, il mettait un canif sous son oreiller.

Les vacances se passent en Italie, son père adore ce pays. Ils partaient chaque année faire du camping avec la 4 CV familiale, ses parents et ses soeurs. Ses frères n'étaient pas nés encore.

Il est chrétien, croyant.  Il est élevé par sa mère dans la foi catholique, l'absence d'apparence et la haine de l'argent. Il élève de la volaille. Les ventes de celle-ci amènent des recettes pour sa famille plutôt désargentée.

Il est victime d'un viol par un proche voisin de la ferme, alors qu'il est jeune adolescent. Son père en l'apprenant donna une correction à ce jeune voisin qui vivait dans un campement proche de la Seine et le fit mettre en prison.

Son enfance est parsemée de projet pour broyer son père. De ce mal d'être, son comportement s'en ressent. Il se dévalorise et cette ambigüité lui fait peur, à tel point qu'il ne veut pas ressembler à son père.

Dès 9 ans, il rêve de devenir écrivain et non journaliste. Il est souvent malade afin de profiter de ce temps pour s'adonner à la lecture. Il lit "Quatre-vingt treize", sans tout comprendre. Il rêve de devenir médecin, mais abandonne vite cette idée car la tâche lui semble trop ardue au niveau de l'implication dans les études. Il conçoit des nouvelles dont l'Américain, édition Gallimard. Il écrit dans le journal d'école qui se nomme "Crotale".

A quatorze ans, il se sent adulte et fier de l'être, il prend des plaisirs solitaires. Malgré des amourettes, sa quête du Graal dure jusqu'au vingt ans.

A l'âge de l'adolescence, ses convictions sont proches du communisme. Il lutte avec sa mère contre Hersant pour ne pas perdre "Paris Normandie". Elle échoue et il refuse cette défaîte. Quelques années plus tard, il déclarera "Un jour Hersant viendra me manger dans ma main !".

Vers la cinquantaine, son père fut licencié de l'imprimerie et devient chômeur.

Son fils pendant ce temps, trouve sa voie, celle de devenir écrivain, une perspective qui déplaisait à son père et qui dans son fort intérieur, le rendait plus convaincu de ce choix. Un jour dans l'année, il se réconciliait : le jour de Noël.

Ces grands-parents paternels traversaient une fois par an l'atlantique pour venir les voir.

En 1968, son baccalauréat obtenu, il se lance dans sa vie professionnelle par un premier stage d'été dans le quotidien local où sa mère a des actions.

Il réalise une chronique pour le magazine français "Panorama". Sur les conseils de sa mère, il poursuit ses études en droit, dans l'optique de rentrer à l'ENA ou d'obtenir le diplôme d'avocat.

A 18 ans, il décide de se lancer dans le journalisme pour gagner sa vie et son indépendance.

1960, il commence sa carrière de pigiste au quotidien "Paris Normandie" par un article sur Alberto Giacometti. Il est fasciné par cet artiste, sculpteur.

Il interviewe Louis Aragon, Henry de Montherlant, Jules Romains, Maurice Genevoix, Alain Robbe-Grillet, etc.

En 1969, il étudie le journalisme au CFJ (Centre de Formation  des journalistes) et rencontre Patrick Poivre d'Arvor (PPDA) qui devient son ami. Un peu plus tard, il se lie à François Mitterand, dans les années 70, ainsi qu'avec Pierre Mauroy qui est alors numéro deux du PS, seul ami de la classe politique.

En 1971, il fait un stage au service "Notre Epoque".

A la rentrée 1971, il débute au journal "Nouvel Observateur" avec l'appui de son professeur de CFJ, Jacques Ozouf. Il y rencontre Jean-Paul Sartre et Michel Foucault.

En 1974, il s'inscrit au PS mais qu'il quitte pour raison professionnelle.

Il collabore avec Pierre Mauroy, aidé par Lucien Rioux, pour rédiger le livre "Les Héritiers de l'Avenir" (1977). Il écrit également la biographie de François Mitterrand ou "La tentation de l'histoire" (Seuil - mars 1977), ainsi que de Monsieur Adrien. Il interview Michel Rocard. Il couvre durant ces deux années toute sa médiatisation, jusqu'en 1979.

Il est décoré de l'ordre du Chevallier du melon de Cavaillon par le maire de la ville ! mais refuse la légion d'honneur dans les années 90. Plus tard, il confesse qu'il est venu au végétarisme.

Il refuse de rentrer en politique pour s'adonner pleinement au journalisme. Ces fondements sont l'incompatibilité générale entre le journalisme et la politique.

En juillet 1979, il perd son père Frédérick Geisbert, à l'âge de 58 ans.

Son frère Jean-Christophe Geisbert est journaliste, écrivain et directeur d'une entreprise de communication. Il écrit sous un pseudo "Norman Ginzberg", "Norman" pour Normandie, "Ginzberg" patronyme original de sa famille allemagne avant qu'elle émigre aux Etats-Unis. Il a également écrit "Les Héros du 6 juin".

1979, il devient grand reporteur, puis Jean Daniel le nomme correspondant aux Etats-Unis en janvier 1980. En 1981, il revient en France pour prendre la tête du service "politique", à la suite du départ de Thierry Pfister pour le cabinet de Pierre Mauroy (mai 1981).

En 1980, il rencontre Julian Green, écrivain qui lui permet de se libérer et d'envisager d'être romancier. Avec Green, Norman Mailer sont ces maîtres. Il adore discuter de Jean Giono.

Il embrase la carrière d'écrivain avec une discipline stricte où il s'impose d'écrire cinq pages tous les jours. Il aime écouter de la musique en même temps et Bach, Beethoven, Mendelssohn, Johny Cash et le rappeur 2Pac sont présents.

A 36 ans, il est nommé nouveau Directeur de la rédaction du "Nouvel Observateur" par Jean Daniel afin de redresser le journal en pleine crise. Il est alors considéré de droite (politique). Il ne supporte pas le pouvoir de Jean Daniel et souhaite l'écraser. Il excelle dans les gros titres qui déplaisent à Jean Daniel. Encouragé par Françoise Giroud, il décide de quitter le journal. François Mitterand vient d'être réélu.

Le 8 septembre 1988, il quitte le "Nouvel Observateur" de gauche pour "Le Figaro" grand quotidien attitré de la droite dont le patron n'est autre que Robert Hersant, ancien "collabo", grand ennemi de sa mère. Robert Hersant est alors accusé d'avoir tabasser un écrivain juif pendant la guerre. Il y restera jusqu'en 2000. Il redresse les ventes du Figaro Magazine.

En 1989, sa mère décède d'un cancer.

Il rappelle qu'il a deux hémisphères et qu'il porte les valeurs de droite pour l'économie du marché et de gauche, pour la redistribution des biens. Il achète un coupé Mercédès gris. Il quitte la mère de ses trois enfants, pour une rousse volcanique, riche, drôle et millardaire. C'est en 1995, il a pour compagne Nahed Ojjeh, veuve du marchand d'armes saoudien Akram Ojjeh et fille du ministre syrien de la Défense Moustafa Tlas. Homme fort, en guerre ouverte contre la France pour sa présence au Liban où un de ses ambassadeurs a été assassiné.

A cette époque, il loge dans l'Hôtel des Noailles, place des Etats-Unis à Paris, chez sa compagne. Il côtoie Valérie-Anne Giscard d'Estaing. Il prend table chez Edgar, rue Marbeuf. Il cristallise les conflits au sein du "Figaro". Il supporte mal l'autorité.

Il fréquente le club "Le Siècle". Il présente une émission "Le Gai Savoir" qui est récompensé par le Prix "Richelieu" en mars 1999.

A partir de 2001, il travaille pour le service public. Il présente l'émission "Culture et Dépendances" sur France 3, jusqu'en 2006.

Il rejoint l'hebdomadaire "Le Point" en septembre 2000, en tant que Directeur sous l'influence de son fondateur Claude Imbert et en 2003 devient le PDG et Directeur de la publication. Sous sa houlette, les ventes augmentent et passent de 300 000 à 450 000 en l'espace d'un an (2010).

Janvier 2003, il assiste à l'enterrement de François Giroud.

En 2006, il publie "La tragédie du Président" où Dominique de Villepin ne reste pas indemne.

Dès 2006, il enchaîne sur "France 5" avec une émission politique appelée "Chef FOG" qui rappelle ces initiales. En mars 2006, il fait un essai avec "La Tragédie du Président" où il révèle certains aspects de la vie de Jacques Chirac. Ils se fâchent.

En 2007, il est entendu par la police pour avoir dévoilé dans un article du journal "Le Point", en 2005 des données concernant l'affaire d'Iskandar Safa, recherché par la justice et blanchi par la suite. C'est une année où il essuit les accusations car il est attaqué par ailleurs pour avoir "manipulé" le Jury du prix Renaudot afin que Daniel Pennac en tire profit.

Il a pour compagne Valérie Toranian, directrice d'Elle. Elle est petite fille d'arméniens rescapés du génocide qui débarquent à Marseille dans les années 20.

Il attaque Cécilia Attias, ex. femme de Nicolas Sarkozy.

Il vote Sarkozy en 2007 parce qu'il était immigré et en 2012 le plaque dans un article. Il est dit qu'il est de la race de ces grands voyous qui traînent à Marseille et il a de ce fait des obsessions : le racisme, les animaux, le déficit public, les 35 heures, le libre-échange... Il irronise sur le "hollandisme" !

En 2008, dans l'ouvrage "Monsieur le Président" il met l'accent sur Carla Bruni qui met en équilibre la vie privé de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy s'insurge contre lui et demande à François Pinault de le retirer.

En 2009, sur "France 2", il présente "Vous aurez le dernier mot", le vendredi à 23 heures ; puis en 2010, il anime "Semaine Critique". En 2011, sur France 5, il apparaît dans "Les Grandes Questions" et sur la chaîne parlementaire LCP dans "Parlez-mois d'Ailleurs", puis "Le monde d'après en 2012 sur France 3. En octobre 2012, il repart sur l'émission nommée "2012" qui sera reconduite en 2013, sous le titre "Les Grandes Questions".

Il aime séjourné à Granville avec sa compagne. Son fils Alexandre (1985) tient un restaurant nommé "Green Pizz, 8 rue Cadet à Paris où il fait des pizzas.

Il est grand ami d'Alain Minc, auteur de "Spinoza".

Pour ce qui est de sa vanité, il reste sensible à sa notoriété qu'en l'édition d'un livre passe les frontières et font que le journaliste reste en berne pour laisser place à l'auteur.

Il obtint le prix "Renaudot".

Lorsqu'il écrit "Le vieil homme et la mort", il rend homme à François Miterrand.

Dominique Villepin s'est brûlé les ailes à l'essayer comme copain.

Dans le livre "L'Américain", il rend hommage à son père par son côté testamentaire. Ce récit violent et charnel raconte la vie de ces parents et de son enfance ravagée. C'est à cette époque qu'il découvre qu'il a un cancer et il veut faire part à ses proches, ses enfants qu'il faut se réconcilier avec ses parents, chose qu'il n'avait point fait avec son père.

Une vie, cinq femmes et sept enfants, Cindy est sa première femme avec qui il aura ces deux premiers enfants Frédéric et Sylvie ; mais c'est avec Isabella sa cinquième femme qu'il vit les six ans d'amour et aura deux filles. Sa maladie interromp cette vie et fait fuir sa jeune épouse.

2010, il découvre la maladie, celle qui porte un nom de plus en plus connue : le cancer. Il est soigné pour le cancer de la prostate et il décrit les conséquences intimes au travers de son personnage dans le roman "Un très grand amour". Il choisit la curiethérapie pour se soigner.

Dans "Un amour vrai", il rencontre celle qui lui fera oublié Isabella, c'est Angèle.

Il adore Cécile de France.

En 2012, il enflamme "Twitter" par des tirades sur la présidentielle.

"La cuisinière d'Himmler" est un clin d'oeil à sa mère au travers du personnage de Rose qui porte la vie avant tout. Rose semble épouser son siècle, tandis que l'auteur dit "baiser avec le pouvoir". Quant au nom de Rose, il a emprunté à une cuisinière de Marseille, d'origine sicilienne qui est devenue une copine. C'est son visage qui a donné naissance au roman. Au fait, il est végétarien et il est intéressant de connaître les recettes qu'il décline en fin de roman.

Il aime prendre table au restaurant "Don Corleone" (128, rue Sainte - 13007 Marseille), il partage souvent la table du patron Alfredo Mauro. C'est un restaurant connu à Marseille pour ses dîners littéraires mensuels, pour d'autres c'est un petit coin de Sicile à Marseille. FOG est le témoin du mariage de ce restaurateur. Souvent le week-end, il va dans son appartement de Marseille ou sa maison de famille de Merindol dans le Vaucluse qu'il a hérité de ces parents, achetée en 1968. Il aime aller à la table des restaurants "L'Ane sur le toit" et "La Bastide du grand tilleul", dans son village de Mérindol. De ces origines terriennes, il garde la passion du jardinage et consacre du temps à ces oliviers. Il aime le micocoulier, les rosiers... et son potager qui le nourrit. L'homme double aime parlé à ces oliviers, il est terrien et parisien, fidèle et voyou. Je ne dirai pas tout, il faut le lire pour être convaincu.

A Gordes, dans le Lubéron, François Miterrand avait acquis une propriété. Ils étaient proches, proches voisins mais les médias disent qu'aucun journaliste ne passa la porte.

Il lit dans l'ordre Hugo, Balzac, Flaubert, Albert Camus, Céline, Dostoievski, Steinbeck, Norman Mailer, Giono, Maupassant, Zola, Dickens, Zweig, Jean de la Croix, Spinoza, Pascal et Thérèze de Lisieux qu'il découvre grâce à François Miterrand dont le roman "Histoire d'une âme". Albert Camus fut de ses lectures vers l'âge de 13 ans.

Dans cette biographie, il est décortiqué et il en ressort également ces goûts. Au niveau des plats, c'est les pâtes au pistou, la boisson se résume au vin, quant à la couleur, elle nous apparaît par la présentation de la tomate pour le rouge et il nous fait part qu'il est saisi qand il rentre dans l'eau de mer. Au niveau art, son film préféré est Barry Lindon.

En janvier 2014, le 18 janvier, le jour de son soixante cinquième anniversaire, en désaccord avec "Le Point" sur le devenir de la société, propriété d'Artémis, holding de la famille "Pinault", il quitte son poste de patron, pour devenir Conseiller. La raison est son désaccord sur les transformations du journal, via le média numérique pour faire face à la concurrence.

Il a écrit 11 ouvrages dont,


Carnets de campagne -Flammarion-
Les souffrances du jeune Werther
Un très grand amour
Dieu, ma mère et moi
1987 - Jacques Chirac (document politique)
1991 - Le Président (document politique)
1992 - L'affreux
1993 - La fin d'une époque (document politique)
1995 - La souille
1996 - François Miterrand, une vie (document politique)
1996 - Le Vieil Homme et la Mort (document politique)
1998 - Le sieur Dieu
2002 - Mort d'un berger
2003 - L'abbateur
2004 - L'américain
2006 - La tragédie du Président (document politique)

2007 - L'Immortel
           Le lessiveur
2008 - Monsieur le Président (document politique)
2008 - Le huitième prophète ou Les aventures extraordinaires d'Amros le Celte
2012 - Dernier carnet, scènes de la vie politique en 2012 (et avant)

2013 - Dictionnaire anti-citations "pour vivre très con et très heureux" (Le Cherche Midi).

 

Bibliographie

Lecture, semaine 3,  janvier 2014.
Merci à Marie-Laure pour ce prêt.

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Liste de mes lectures "Lire et reliure" 

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 Les_oreilles_de_Buster

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Balzac et la Petite Tailleuse chinoise


L'ombre du vent

La_vie rêvée des plantes de Lee Seung-U

Les oreilles de Buster
Maria Ernestam
La voie marion
Jean-Philippe Mégnin
Les chaussures italiennes de Henning Mankell Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
Dai Sijie
L'ombre du vent 
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La vie rêvée des plantes
Lee Seung-U

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : dimanche 26 janvier 2014
Mise à jour  :  15 février 2014
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25 décembre 2013

Le Père Noël si fragile

 

 

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Un peu plus tard dans la soirée, je regardais le sapin et ses boules magiques, uniques par leur destinée. Là le Père Noël, tout de verre vêtu, avec son habit rebondi, d'un rouge si particulier, couleur de houx, s'exposait.

Les lumières prenaient tout leur sens. J'imaginais le Père Noël en train de faire les démarches pour avoir son laissez-passer universel. Rien ne pouvait s'opposer à sa venue, il se devait comme chaque année, malgré les formalités administratives pour traverser ces frontières abolies, de se préparer à ce long voyage. Je l'attendais.

Père Noël Impasse des Pas Perdus

Il y a quelques années, j'avais dû intervenir lorsqu'il était passé de l'autre côté de la sphère car ces vêtements dont je vous cacherai la marque, cousus à la main dans un petit atelier qui confectionne tout au long l'année, sont fabriqués sur un mode ancestral et, il se doit de les porter.

Ce costume qui l'expose à avoir chaud suivant l'endroit où il se situe, est pourtant attendu par tous nos enfants. Or, le Père Noël, cette année-là avait un peu grossi et enfermé dans sa capeline, il ne pouvait plus se contenir.

Sous peine qu'il ne puisse poursuivre son itinéraire, chaque représentant de pays dure s'absenter pour aller à sa rencontre afin d'agrémenter son costume de quelques modifications pour supporter sa peine.

C'est ainsi que cette année, dans notre région, il fit appel aux gens de Montpellier pour que l'on allège sa souffrance. Nous dûmes confectionner son manteau suivant un relevé très préci de ses mensurations. Dans une étoffe d'illusion dont la matière permettait des incrustations, nous mîmes des petites lumières, si faibles qu'elles auréolaient son visage de plein de candeur. Sa robe rouge changeait de couleur suivant le pas. S'il était pressé, c'était un mirage d'étoiles rouges bordées d'un filament blanc, voire argenté. S'il se reposait au bord d'une cheminée, le haut de sa capuche prenait la lumière des étoiles et le pompon devenait doré. Sa ceinture, reluisait comme la crinière du cheval. Derrière sur son traîneau, sa longue cape couvrait les cadeaux. Nul ne savait où ils allaient être distribués.

C'était merveilleux, le lieu s'ouvrait sur une petite cour d'où s'échapper des petits rires, les lutins s'activaient autour des rennes qui tirent le chariot du Père Noël. Les bois des rennes étaient ornées de clochette. La particularité venait de leur trophée car à chaque pointe le lichen formait couronne autour d'une bougie. Leurs yeux s'ourlaient de velour marron qui rendait leur regard si expressif car le froid les teinte d'un bleu profond pour pourfendre la nuit sans fin de l'hiver.  Chacun portait un médaillon avec son nom.

 

Un renne Philip Lee Harvey / Cultura Creative
Un renne Philip Lee Harvey / Cultura Creative

 

 

Le temps avait cessé d'avancer, malgré l'agitation marquée par la cadence de l'horloge, nous étions en communion avec cette fééerie. Chaque heure pleine, nous entendions un de ces merveilleux chants de Noël émis par le carillon.

 

Seuls les correspondants s'afféraient en attendant sa venue. J'étais là, j'ai recueilli ces moments pour vous les offrir.

 

N'est-ce pas merveilleux de découvrir le Père Noël !

 

Joyeuses Fêtes.

 

 

 

Blog déco design Joli Place
Traîneau de Steuart Padwick

 

Bureau du Père Noël (ouvert toute l'année)
Rovaniemi
Laponie - Finlande

 

 

Bibliographie

Conte sur le Père Noël est une énigme. Récit personnel diffusé sur le Net pour la magie de Noël.

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Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 
Parution : 25 décembre 2013 
Mise à jour  :  25 décembre 2013
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03 décembre 2013

Les veilleurs de chagrin de Nicole ROLAND

 

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Editeur : Actes Sud, Arles (Bouches-du-Rhône)
Parution : 4 janvier 2012
ISBN : 9782330002336
GENCOD : 9782330002336
N° du produit : 501449
Genre : romans & nouvelles - français.
Collection : un endroit où aller

LES VEILLEURS DE CHAGRIN | livres: NICOLE ROLAND | ISBN: 9782330002336 culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Quelle est la part de souvenirs que je peux restituer à cette étendue profonde qu'est le chagrin ?  

C'est dans ce roman profond où la narratrice Esther revisite ses souffrances face au comportement de sa mère atteinte d'Alzheimer, enfermée dans son corps jusqu'à la mort et celles révélées par son métier d'anthropologue, spécialisé sur les stigmates des os, pour identifier les corps que je compte vous entraîner.

"Les disparus ne seront plus condamnés à errer dans le chagrin de leurs proches. Ils reprendront leur place parmi eux, honorés dans leur mort qui pourra enfin être dite, pleurée, dépassée."

La recherche qui l'amène à identifier des corps, à interpréter l'agonie, les blessures des victimes dissimulées sous la terre afin d'aider les familles à en faire le deuil l'amène à dévoiler ses failles familiales et affectives, à exhumer ses propres douleurs.

"creusé avec ma pioche, ma truelle, ma souffrance, ma peur, pour dégager cette forme indéterminée qui m'enferme ; je l'ai déchirée au scalpel. J'ai mal à moi, à eux, j'ai mal, mais ma bouche tremble du désir de vivre." 

Mon avis

L'écriture de Nicole Roland est fluide, proche de la poésie avec le clin d'oeil sur le livre "Mrs Dalloway" de Virginia Wolf qui reintègre la beauté fragile. Et c'est sur ces deux parallèles que l'auteur aborde avec une sensibilité hors du commun notre face cachée, obscure. La douleur et la joie, la dépression et l'amour évoquent les blessures de la vie et le devoir de mémoire. Son travail d'écriture est profond, riche en références qui donnent un réel intérêt à l'histoire sur la nécessité d'une réparation individuelle et collective, psychologique et morale.

"La grâce comble mais elle ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir, et c'est elle qui fait ce vide. (...) Accepter un vide en soi-même, cela est surnaturel. Où trouver l'énergie pour un acte sans contrepartie ? L'énergie doit venir d'ailleurs. Mais pourtant, il faut d'abord un arrachement, quelque chose de désespéré, que d'abord un vide se produise. Vide : nuit obscure." Extrait de "La pesanteur et la Grâce" de Simone Weil

La première partie est déroutante, égale à la confusion qui l'enfonce dans la dépression, la deuxième partie décrit le mal nécessaire pour dépouiller ces ombres du charnier, la dernière partie relate sa reconstruction avec un travail sur la perte et sur la présence jusqu'à l'apaisement par l'écriture qui met en forme son chaos.

« Le suicide est une bonne question, mais c’est une mauvaise réponse »

 

Résumé

Avec d’autres, je sonde les profondeurs de la terre, nous exhumons des fragments de corps que nous reconstituons avec soin. Ces êtres échappés du néant me parlent et me réconfortent. En leur compagnie, je m’éloigne de tout, même du chagrin.

"Si vous pouvez sentir la douleur des autres comme si elle était la vôtre, faites tout pour qu'elle s'efface"
"Tout compte fait, c'est cela que nous sommes, des veilleurs de chagrin".

 

Bibliographie

Née à la Louvière. De père ingénieur. 

A l'âge de 18 ans, elle arrive à Namur pour étudier les romanes aux facultés Notre-Dame de la Paix.

Elle s'installe à Namur en 1964.

Son nom d'épouse est Nicole Noël. Elle interrompt ses études pour élever ses enfants et permettre à son mari d'effectuer sa thèse de doctorat. Il est historien. C'est à cette période qu'elle fonde le théâtre universataire qu'elle animera pendant vingt ans.

Elle achèvera sa licence à Leuven, puis Louvain.

Nicole Rolland était professeur de lettres au collège d'Erpent, elle enseignait aux classes de terminale (Namur, Belgique). 

Jamboise, par sa demeure remplie de livres. Elle emprunte les mots de Paul Eluard pour le titre de son livre "Les veilleurs de chagrin". Elle écrit depuis l'âge de treize ans suite à un accident qu'elle a vu. Elle tient un journal de billets d'humeur depuis l'âge de 16 ans. Au total, douze cahiers et elle partage avec nous ses deux livres.

Colin, voici le nom de son chien, de race carlin.

Mère de trois enfants. Elle perd brutalement sa fille aînée, Hélène, à l'âge de 25 ans suite à une rupture d'anévrisme, en 2007. Hélène était passionnée par le Japon et dans son premier livre, elle rend hommage à l'Asie en mémoire de sa fille, en faisant revivre le lien qui les unit suite à la lecture de toute la biblothèque de sa fille. Au travers de la littérature asiatique, elle découvre un message d'amour et de beauté qui l'aide à faire face à cette situation afin de protéger sa famille. Elle a aussi lu le "Coque des Samouraïs" qui explique les préceptes pour devenir courageux.

Le livre "Les veilleurs de chagrin" a été écrit avant "Kosaburo 1945" malgré qu'il fut publié en deuxième. Son écriture fut interrompue par le besoin d'écrire "Kosaburo 1945", suite à l'évènement traumatique qu'est le deuil. Après six mois d'errance, elle écrit ce nouveau manuscrit sur une durée de douze à quatorze mois, achevé en juin 2008. Son origine fut le besoin d'aider son fils Arnaud à faire le deuil de sa soeur. Mais pour l'auteure, une façon de survivre par l'écriture car lors de ces séances, le chagrin était mis à distance. La souffrance était supportable dans cet état pacif, mais également par le fait que l'écriture est le moyen de lutter contre l'oubli. L'oeuvre est faite au départ sous forme de mail journalier qu'elle adresse à son fils. Son fils l'invite à envoyer aux éditeurs son premier roman afin de conserver ces mots en héritage et de partager. Après diverses relances de la maison d'édition "Actes sud", elle se décide un an plus tard à l'éditer. Jusque là, l'écriture faisait partie de son intime. Enfin, l'écriture l'a révélée et relevée.

Sa mère souffrait d'Alzheimer.

Nicole écrit de 22 heures à 1 heure du matin. Malgré sa retraite, elle continue à donner un cours, une fois par semaine, bénévolement.

Ses auteurs préférées sont Marguerite Duras, Virginia Woolf, Faulkner, Proust, Beckett, Paul Auster, Don De Lillo...

Le 12 décembre 2013, elle participera à la sixième rencontre du cycle littéraire de Ham-sur-Heure-Nalinnes.

2011 : Kosaburo 1945 (actes sud, 2011) -
Prix Première des auditeurs de la RTBF 2011
Prix des lecteurs du pays du Gois
Prix de la première œuvre de la Fédération Wallonie-Bruxelles

2012 : Les veilleurs de chagrin (janvier 2012) 
Prix Littéraire des bibliothèques de la Ville de Bruxelles 2013

2012 : Chère, très chère Marguerite Duras - Les carnets et les instants (avril/mai 2012)

 

Lecture

Novembre 2013

Liste de mes lectures "Lire et reliure"

 

Note du lecteur

Nicole ROLAND s'érige en veilleur car elle exprime nos ressentis à travers les mots qu'elle nous offre.

 

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Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 
Parution : 3 décembre 2013 
Mise à jour  :  3 décembre 2013
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Posté par PASPERDUS à 20:18 - Lire et reliure - Commentaires [6] - Permalien [#]
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