Impasse des Pas Perdus

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15 mars 2015

La Maison Carrée, l'azur de Nîmes

 

 

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La Maison Carrée est l'oeuvre des romains. Ils sont passés par Nîmes. A chacune de leurs étapes, ils ont bâtis, construits, édifiés des monuments qui sont de nos jours célèbres par leur structure et offrent un riche patrimoine. Elle fait partie des symboles emblématiques de Nîmes, comme les arènes et le crocodile enchaîné au palmier qui représente la victoire d'Octave.

La Maison Carrée

 

Pourquoi "Carrée" ? En effet, chaque édifice est de forme géométrique. Et dans l'ancien français, chaque bâtiment qui portait quatre angles droits était désigné par le mot "carré". Il en va de même pour le rectangle que l'on nommait "carré long" et notre "carré" actuel était appelé "carré parfait" ! Ce nom date du XVIème siècle.

La Maison Carrée peut s'énorguiller d'être le seul monument romain aussi bien conservé !


Tout comme Rome, Nîmes est entouré de sept collines.

 

Ce temple fut édifié par Auguste à la gloire de ses fils et petit-fils Lucius Caesar et Caius Julius Caesar qui étaient les fils de sa fille Julia (Livie), mariée à Marcus Vipsanius Agrippa (né en -63 av. J.C.-) en deuxième mariage en 21. Sa fille a eu cinq enfants avec Agrippa. Son gendre décéda en mars (après 37) et fut enterré dans le Mausolée d'Auguste face au Panthéon. Auguste adopta les enfants pour les faire héritier. Auguste, aussi appelé "Octavia" conquis l'Egypte aux années 30. Il avait pour ami Agrippa, vainqueur de "Actium". Ils étaient partenaires d'une république traditionnelle. Octave devient commandant de la légion romaine et reçoit le titre d'Auguste que l'on peut traduire par "Majestueux" ou "Vénérable" et garde le consulat jusqu'en 23. Auguste était le fils adoptif de son grand oncle "Jules César"qui fut assassiné. Auguste est le 1er Empereur, mais ne veut pas que ce pouvoir soit assimilé à celui de roi, pour cette raison. Il se contenta des insignes magistratures pour acquérir les symboles de son pouvoir personnel. Le pouvoir absolu était sous le titre de républicain. Auguste reçu le titre de "Père de la Patrie" en 2 avant J.C.-.

Nemausus, cette cité fut fondée par l'empereur Auguste sur la Via Domitia qui relie l'Espagne à Rome. Nemausus vient du nom celte "Nem" qui signifie "lieu sacré".  "Nemoz" est le Dieu de l'eau et les Gaulois avait donné ce nom à la source de la ville. Les romains s'inspirèrent de ce nom pour nommer la ville Nemausus. Plus tard, en langue occitane, l'on retrouve "Nimes" ou "Nemze".

Malgré les guerres de religion, les invasions des Vandales, des Wisigoths, des Sarrasins et l'instabilité politique qui donnera la protection de la ville à maintes régions, les monuments ont défié le temps comme le Pont du Gard.

La Maison Carrée est l'expression du pouvoir, de l'autorité publique du nouveau régime politique. Elle fut construite en -16 -12 av. J.C.- par Marcus Vipsanius Agrippa, fils de Lucius qui avait créé le Panthéon à Rome.

 

IMG_9243

 

 

 

Les prêtres gaulois, les Druides prêchaient dans les forêts, tandis que les prêtres romains élevaient des temples.

Son style hellenique est inspiré par les temples d'Apollon et de Mars Ultor à Rome. La grâce athénienne apparaît dans les chapiteaux. D'une longueur de 26 mètres sur 15 de large, il s'élève à 17 mètres de hauteur. La construction s'élève sur un podium et de sa hauteur, elle embrase l'esplanade et domine le forum qui était le centre administratif et le coeur économique de la ville antique.

Un tiers de sa longueur est le vestibule qui est ouvert sur 3 côtés dit "pronaos" et qui laisse place à la chambre de la divinité, dite "Cella" pour le reste du bâti. Le vestibule comporte 10 colonnes dont 6 sur la face. Au milieu du fronton, il n'y a point d'ornement. La frise et l'architrave sont simples. Le plafond du vestibule est décoré de caissons carrés en pierre de taille sculptés de motifs. Aucune statue vient enrichir le vestibule.

La chambre comportait un puits qui fut utilisé jusqu'au XVIIème siècle. Il fut bâti par les romains.

Aucune ouverture ponctuée les murs, la seule lumière qui pénétrait venait du haut et surtout de la porte d'entrée. La porte est d'une hauteur de 7 mètres. Elle était protégée par des volets.

Les pierres des murs proviennent de la carrière de Sernhac, proche de Nîmes.

L'escalier qui mène au vestibule comporte 15 marches, alors qu'à l'origine, il y en avait douze. A l'époque antique, le nombre de marche était toujours impair car il fallait commençait du pied droit et finir la montée sur ce même pied droit. Le pied gauche était un mauvais présage.

Les colonnes sont cannelées et chacune comporte 24 cannelures. Le mot "Ornementa" dans l'antique correspond aux trois parties qui ornent la colonne, soit l'architrave, la frise et la corniche. L'ordre corinthien n'a pas d'ordonnance spécifique. Les colonnes sont d'une hauteur de 8 m. 96. Elles sont au nombre de 30 et à égale distance. Elles sont toutes dans le même style corinthien. Elles sont formées par plusieurs pièces dont les joints sont à peine visibles. Leur base est composé de quelques astragales. Les dix premières font parties du vestibule et sont indépendantes. Les autres sont dites engagées car intégrées dans les murs. Les pierres des colonnes proviennent de la carrière de Lens, proche de Nîmes.

Les chapiteaux sont d'ordre corinthien canonique. Ils sont taillés à feuille d'olive. Ils sont ornés de feuilles d'acanthes et chaque face comporte en son milieu une rose. La feuille d'acanthe représente la puissance vitale. Pour Auguste, elle est le symbole de la renaissance de Rome et de son entrée dans un nouvel âge d'or. Sur les chapiteaux, l'acanthe conserve une souplesse naturelle. Cette végétation luxuriante couronne le temple et donne l'impression d'une richesse et d'une vitalité inépuisables, même si elles sont rigoureusement disciplinées.

La corniche est agrémentée d'une frise sur trois côtés du bâtiment. La frise est le couronnement qui sert de support à divers motifs, aussi appelée le "bandeau royal" (fascia regia). Le mot "frise" vient de "phrigium" (opus) qui désigne en grec un morceau de tissu ou la frange d'un vêtement. Le mot "fregiare" veut dire décorer. Le mot français "frise" vient du mot latin "phrygio" qui signifie un "brodeur" et les brodeurs représentent des animaux, des plantes...

Les modillons qui soutiennent la corniche sont également sculptés de feuille de chêne. Il y en a trente le long de la base du fronton de la façade. Les modillons sont aussi appelés "mutules". Sur la corniche de la Maison Carrée, les modillons sont à contre-sens.

La cymaise qui orne la partie supérieure de la corniche comporte des mufles de lions.

L'acrotère mesurait 17 mètres.

Le toit est recouvert de tuiles couchées qui s'enclavent les unes dans les autres.


La Maison Carrée -colonnes cannelées-

A l'origine, sur le frontispice de La Maison Carrée, en lettres de bronze était mentionné une dédicace qui expliquait le rôle de l'édifice : "A Caius Caesar Consul et Lucius Caesar consul désignés, fils d'Auguste, princes de la jeunesse". Aujourd'hui, seules les marques des tenons de scellement qui garnissaient les trous remplis de plomb sont visibles. L'usage de cette méthode pour les inscriptions murales a été aussi utilisé pour le portique du Panthéon et pour le temple de la Concorde à Rome. Le relevé des marques de fixation a permis en 1758 à l'archéologue nîmois : Jean-François Séguier (1703-1784) de décrypter le texte original. Auparavant, le chevalier "Lorenzi" avait vainement essayé.

Sur le côté Ouest, est noté "Réparée par la munificence du roi et l'argent offert par les itoyens, 1822".

En 1015, le temple abrita la résidence du chanoine Pons, dite "salle du Capdueil" qui deviendra au XVème siècle, l'Eglise St Estienne de Capdueil. Le mot "Capitole" lui était désigné (du mot latin "Caput" et dit "Capitolin" car on y trouva une tête d'homme). Le capitole représentait pour l'archéologue "Auguste Castan, l'insigne de la dignité de sa colonnie, soit le prestige de la majesté romaine. Il n'est pas prouvé que le temple de Nîmes représentait un capitole de ce fait. La résidence était précédée d'une cour et d'un portique.

Au XIVème siècle, la résidence est entre les mains des Imbert de Capduel, puis à Pierre Du Puy et enfin à Jean Vidal, avant de passer à Pierre Boys (Buys).

La Maison Carrée fut transformée en maison consulaire jusqu'en 1540 et portait alors le nom de "Capitole" ou "Cap-duel", c'est-à-dire la maison des consuls propre aux échevins du Midi de la France sous la royauté.

Au XVIème siècle, elle appartenut à Pierre Boys, fils de Louis et de Galbouze Vidal. Il est laboureur et l'échangea aux consuls contre un local plus vaste, situé près de l'actuelle tour de l'Horloge. Ce nouveau propriétaire fit construire une maison sur deux étages attenantes à la façade sud de la bâtisse. L'escalier d'accès entaillait deux ou trois colonnes. Sur la façade nord, il adjoignit un pigeonnier.

La Maison Carrée fut convoitée en l'an 1576 par la Duchesse d'Uzès, Louise de Clermont-Tonnerre, pour en faire le tombeau de son époux, Antoine de Crussol qui décéda le 15 août 1573. L'amiral de Brueys était établi à Uzès à l'époque. Elle fit des propositions aux filles héritières de Pierre Boys, Mesdames de Seynes et de Valeirargues, par l'intermédiaire des consuls de Nîmes qui en avaient le bail. Les propositions n'urent pas de suite. Louise de Valeyrargues hérite de La Maison Carrée.

En 1591, la maison mitoyenne s'écroula.

En 1626, Louise de Valyrargues nomma sa fille Marguerite, légataire universel ; ce testament donna le titre de propriété de La Maison Carrée. Marguerite avait épousé Tristan de Brueys en 1585, Seigneur de Saint-Chaptes. La commune de Saint-Chaptes se trouve entre Nîmes et Uzès. Veuve en 1617 avec dix enfants. En 1630, La Maison Carrée appartient à un des fils, Denis de Brueys. En 1647, Denis de Brueys vint à décéder et son fils Jean-Félix de Brueys en hérita.

En 1650, Gabrielle de Brueys obtint par jugement la jouissance de La Maison Carrée.

Elle appartient toujours au Sieur Jean-Félix de Brueys, Seigneur de Saint-Chaptes. En 1714, elle subit les pires outrages de devenir écurie. Une entaille oblique sur les colonnes de la façade du pérystile fut faite pour aménager un auvent pour les bestiaux.

Puis vint l'époque ou Colbert en 1669, voire Louis XIV eurent l'idée de transporter pierre par pierre, la Maison Carrée dans le parc de Versailles. Une délégation d'architectes se serait rendue sur place pour constater que ce projet ne pouvait se faire car de trop grande ampleur, vu le mauvais état de l'édifice.

Elle fut cédée par Jean-Félix de Brueys et Gabrielle de Brueys (veuve de Benoît de Borne), aux moines augustins le 28 mai 1670 pour tenir d'église. Ils projetaient de construire un couvent à côté. Jean-Félix de Brueys reçoit 5600 livres pour payer ces créances et faire arrêter la saisie de tous ses biens, obtenue par sa tante Gabrielle de Brueys à qui il doit 2000 livres de sa dot, plus les intérêts et frais divers.

La Maison Carrée devint sous la surveillance du Roi et l'on fit démolir les maisons contigües en 1691. L'intendant du Languedoc essaya de récupérer le monument pour le Roi, mais les Augustins obtinrent gain de cause en 1672, en présentant leurs titres de propriété. Ils purent ainsi effectuer leur travaux avec l'autorisation du Conseil privé du Roi. En 1683, ils entâment les travaux pour convertir La Maison Carrée en église. Les frais dépassèrent leur budget et ils obtinrent une aide financière de la province pour terminer les travaux. Les travaux furent donnés à Dardailhon qui refit dans un premier temps le revêtement du podium, l'escalier. Dans un deuxième temps, la base des colonnes fut revue. En 1688, deux maisons qui s'appuyaient sur la façade sud furent détruites. En 1691, l'église prit place dans la cella du temple, les travaux prirent fin. Un choeur, quatre chapelles latérales, des tribunes desservies par deux escaliers, un caveau funéraire pris place en dessous du choeur avec une forme demi-circulaire. Le caveau fut relié à une cave située sous le péristyle. En 1702, le bâtiment fut à nouveau restauré. Les travaux entreprient consistaire à consolider le socle de 7 colonnes par leur remplacement et de refaire la toiture. 1714, 1745, du plomb fut utilisé pour protéger les corniches des frontons. 1764 mit fin aux déprédations des religieux qui recherchaient un trésor dans les soubassements.

De 1778 à 1781, J. Fr. Séguier restaura le mur de la Cella et les colonnes qui y sont engagées, puis des chapiteaux et de la corniche.

1787, le représentant du Roi essaya de conclure avec les Augustins pour que le monument devienne le lieu de réunions de l'Académie de Nîmes. L'échange proposée était la maison de Séguier, léguée après sa mort à l'Académie. Les démarches n'aboutirent à rien et un arrêté royal fut pris pour le transfert du couvent sur un autre site. Les négociations étaient forts engagées au moment de la Révolution. Elle fut vendue comme bien national.

A cette période de révolution, elle ne servit qu'à entreposer des bottes de foin et des sacs de blès.

En 1791, la bâtisse devient jusqu'en 1802 l'administration du Directoire et prend la forme de la première préfecture du Gard. De 1802 à 1805, elle abrita les archives.

En 1806, la chapelle et le couvent furent démollis.

De 1816 à 1822, des travaux de restauration virent le jour afin de consolider le monument. La toiture fut refaite dans des matériaux plus légers et le revêtement du podium repris son origine.

De nos jours, elle est devenue un musée depuis mars 1824. En l'honneur de la visite de la Duchesse d'Angoulême en 1823, le musée fut appelé Marie-Thérèse et fut destiné aux peintures et sculptures.

En 1875, le musée se transforma et servit exclusivement à l'archéologie. Deux doliums prirent place de chaque côté de la porte.

Depuis 1988, le musée sert temporairement pour des expositions.

En 1990, un des doliums fut brisé.

La Maison Carré fut usitée tout au long des époques, ce qui a permis de maintenir sa conservation.

La Maison Carrée fut classée monument historique en 1840.

Maison Carrée -chapiteaux ordre corinthien-

 

La porte actuelle a été réalisée en 1824. Elle est de forme carrée et très élevée. La porte est entourée de pilastres.

La toiture fut restaurée en 1992.

La place actuelle fut réaménagée en 1993 par l'architecte en charge des travaux du nouveau musée d'art contemporain : Lord Norman Foster. A l'origine, sur l'emplacement du nouveau musée se trouvait le théâtre. Les vestiges de le théâtre ont été déplacés sur une aire.

2006-10, la façade a repris de la jeunesse par un entretien qui lui permis de retrouver sa couleur d'origine. Certaines pierres ont été restaurées par les ateliers "Bouvier".

Vous pouvez découvrir toute l'histoire de la Maison Carrée sur son site :

http://www.maisoncarree.eu/

Note

Thomas Jefferson (1743-1826), Président des Etats-Unis, avait étudié le dessin et cherchait une solution architecturale pour la Virginie. Il visita la Maison Carrée en présence de Charles Louis Clérisseau et le monument l'inspira et servi comme modèle à la construction du Capitole de Richmond, siège du gouvernement de l'Etat de Virginie et à de nombreuses réalisations.

Situation

Nîmes, rue du Général Perrier

 

Biblographie

Visite le samedi 14 mars

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution :  Samedi 14 mars 2015
Mise à jour  : 14 mars 2015

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28 février 2015

Courchevel se révèle

 

 

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Courchevel exprime une certaine idée du luxe. Station de prestige, la clientèle apprécie son luxe et les agapes se font en altitude. La clientèle ne vient pas seulement pour dévaler les pistes. Les palaces font vitrine tout au long des pistes. "Les Airelles", palace emmitouflé dans son écrin de sapins, donne des airs autrichiens avec ses fresques sur la façade, ses balcons de bois ornés. Cet hôtel est à l'origine conçu par Madame Raymonde Fenestraz.

Portrait à Courchevel

 

Ah, pour continuer, il faut mieux s'y rendre et s'en imprégner.

Art à Courchevel 1850

Quand on parle d'étoile, il y en a deux. Celles données après des efforts pour améliorer son style lorsqu'on pratique le ski et celles qu'offrent les restaurants étoilés comme le "Chabichou" avec son chef "Rochedy" ou bien au "Cap Horn". Le Chabichou ouvrit en 1963 et depuis, le Guide Michelin lui offrit deux étoiles.

Raymonde Fenestraz qui créa le palace "Les Airelles" était surnommée la "Castafiore" pour le nombre de ses bijoux, alors que dans les année 50, Raymonde Botta venait sur les alpages pour faire paître le troupeau de la ferme paternelle de Moutiers. En guise de dot, elle eut deux vaches qu'elle vendit pour partir s'exprimer d'abord à Paris, puis en Grande-Bretagne et vint l'Italie. C'est en 1962 qu'elle se lance dans l'immobilier près de son village natal. Dix-huit mois plus tard, elle achète sa première agence qui n'est autre que celle où elle travaillait. Nous sommes en 1964 et sa devise est "Vendre bon marché ne m'intéresse pas". Elle veut créer des produits exceptionnels. Elle épouse André Fenestraz qui est ingénieur, spécialisé dans la construction. Ils ont deux enfants André et Raoul. Devenus promoteurs, ils construisirent quasiment Courchevel 1650. Ils débutent par les luxueux chalets des Hauts de Bellecôte. En 1988, elle décide d'entreprendre dans l'hôtellerie. Lors des JO de 1992, les "Airelles" vieil établissement des années 60 est racheté pour le transformer en Palace et accueillir le Comité des Jeux Olympiques d'Albertville. Grande communicante, elle fait passer le message internationnalement pour recevoir une clientèle haut de gamme et surprendre les plus blasés. Courchevel sera le lieu de villégiature de la Princesse Anne d'Angleterre, puis du Prince Albert de Monaco. En 2004, elle est décorée de la légion d'honneur pour avoir fait briller Courchevel de ces milles éclats. Repris en 2007 suite à son rachat par Stéphane Courbit d'Endemol. Il offre dans ce cadre mythique, son aura. L'intérieur est un manège de découverte, une kyrielle de saveurs qui se déclinent par son personnel vêtu de costume autrichien conçus sur mesure à Salzbourg ; des valets qui portent l'uniforme de chasseur alpin vous attendent à l'arrivée des pistes pour vous amener au relais skieur pour prendre votre collation, une calèche dessinée par Hermès, aux sièges en cuir rouge où nichent des plaids Hermès vous promène dans le village ; une vaisselle Hermès, un restaurant gastronomique avec pour chef étoilé "Gagnaire", des pampilles de lustres nommés "Saint Louis", ... et bien sûr, sa piscine, son centre de remise en forme, ses magasins qui vous parent de la tête au pied et offrent le luxe jusqu'aux skis qui portent l'insigne AJ.

Pour les gourmets avertis, Pierre Gagnaire propose des recettes originales comme la fondue d'endives, ananas, mangue jaune pour le midi. En soirée, un graniti au Génépi, poires et citrons verts vous rappelleront que l'Italie est à côté.

J'aimerai bien y passer une nuit hors du temps dans cet hôtel de charme. Un autre hôtel m'attire, c'est "Le Cheval Blanc".

Comme les "Airelles"*****, le "Cheval Blanc" est situé dans le très sélect quartier du "Jardin-Alpin" de Courchevel 1850. Cet établissement était auparavant "La Caravelle" racheté en 2006 par Bernard Arnault, pour l'aménager en Palace de style contemporain et différent de son voisin.

L'Alpen Ruitoir dresse ses 4 étoiles fut le premier chalet créé dans la station, sur le côté Méribel-Mottaret. Son fils Raoul Fenestraz a repris la direction de ce grand chalet. Ils partagent son temps entre les Alpes et l'Argentine avec son épouse et ses trois enfants. Le style de l'Alpen Ruitor est plus grande maison de famille. La tenue est plutôt montagnarde, avec le velours côtelé, la chemise à carreaux et le béret.

Le Kilimandjaro***** est composé de 8 chalets dont les chambres ont toute mon attention. La vue sur la Vanoise est en prime.

Le Lana*****, l'Annapurna*****, le Mélezin***** et le K2***** en 2014, je vous confie la description.

J'aimerai également mangé dans la yourte du Chalet de la Marine.

 

Palace

Façade

Tourelle des Airelles à Courchevel 1850 Dessin sur façade

Palace

 

 

 

 

Chalet sur les pistes à Courchevel 1650

L'église baroque de Saint-Bon est un voyage dans le monde agropastoral de la Tarentaise. Elle a été conçue à l'image de la foi des montagnards.

 

Toiture - Courchevel 1850

 

Courchevel est dans le top des stations classées. La France est la première destination du ski du monde. 30 % du domaine skiable est français. 75 % de la clientèle est française. Les anglais, les pays de l'Est, tous viennent à Courchevel. Gstaad, Saint-Moritz ou Aspen malgré qu'elles soient réputées, sont soumises face au "Number One". Il existe aussi une autre station de marque qui est Megève que j'apprécie beaucoup pour son village où chaque maison rivalise de beauté. A Courchevel, la station est entrain de prendre ses marques côté construction car par le passé, elle n'était que béton avec un style "Le Corbusier", plus elle s'élevait vers 1850. L'unité architecturale n'appartenait pas au côté savoyard qu'elle essaye désormais de reconquérir. Si vous souhaitez voir de l'authentique, c'est au Praz à 1300 mètres qu'il faut se rendre. Là, les maisons ont préservé leur âme et le village vit tout au long de l'année. A l'origine, "Saint Bon" est le premier village qui se situe à 1100 mètres. Il est réputé pour son hôtel "Le lac bleu" qui date de 1925.`

 

Drapeau de Savoie

 

 

 

La station se répartit sur cinq niveaux d'altitude et donc cinq villages qui se dévoilent tout au long d'une route en lacet. La montée commence avec "Saint-Bon" à 1100 où aucune remontée mécanique n'existe. L'habitat y est groupé et disposé en escalier. La pierre, la chaux, le bois, la lauze et l'ardoise sont les matériaux utilisés ; puis le "Praz" à 1300 qui se présente sur une plateau, au milieu de la forêt mais orienté plein nord ; puis le "Village" à 1500 qui bénéficie de trois constructions classées avec le chalet "Joliot-Curie", le chalet "Petit Navire" et le grenier "La Goupille" ; "Moriond" à 1650 est dite "l'ensoleillée" avec son versant sud-ouest ; et enfin, "Courchevel 1850" à l'origine appelé "Tovet" car elle se trouve sur un replat est sur un versant exposé Nord, à peine effleuré par le soleil. "Moriond" est plus familial car il offre des pentes douces avec des pistes vertes et bleues. Le nom de "Courchevel" proviendrait du mot "Ecorchevel" qui signifie : un lieu où l'on écorchait l'animal ! Je crois bien que maintenant "Courchevel" écorche par ses prix, les humains ! La station de Courchevel naît en 1942 sous le gouvernement de Vichy, lorsque le choix d'implanter le domaine skiable des  "Trois Vallées" est décidé. En 1946, la route est créée. C'est le 3 mai 1946, au lendemain de la guerre, que les sites sont aménagés. Courchevel est une pionnière !

Courchevel a été façonnée par trois hommes, un architecte nommé Laurent Chappis et l'autre grand skieur connu sous le nom de Michaud.

 

Bar sur les pistes

 

Sa vocation première était de permettre au plus grand nombre d'en profiter et fut abandonnée dès 1950 pour favoriser la venue de l'élite fortunée. Courchevel devient un haut lieu de la "Jet Set" avant de prendre l'ampleur internationale.

Courchevel en mongolfière c'est possible ! Chaque jour, le ciel prend des couleurs.

Go Pro -sans pub !-

Courchevel est aussi connu depuis 2003 pour son feu d'artifice qui fait appel à des artificiers de quatre pays différents chaque année pour organiser le festival pyrotechique. N'hésitez pas à aller consulter son organisation.

 

Pose à Courchevel 1850

 

Mais, vous découvrirez son domaine de ski ! 600 kilomètres de piste qui sont liés à Méribel, Val Thorens, Orelle, Les Menuires. Courchevel est la première station française qui fut aménagée en 1946. Elle se situe dans le massif de la Vanoise, dans le département de la Savoie. Le point culminant du domaine skiable est le sommet de la Saulire à 2738 mètres, alors que le sommet de l'Aiguille du Fruit est à 3051 mètres pour les randonneurs. C'est en 1924 que le ski nordique est reconnu comme une discipline sportive, mais dès 1922, on commence à parler de la station de "Megève", seule station en france qui rivallise avec celles de Suisse et d'Autriche.

Les pistes sont agréables et pour tous les niveaux. 80 % des pistes se trouve à plus de 1800 mètres d'altitude, ce qui permet un enneigement optimal. 311 pistes permettent de rejoindre les autres vallées.

 

Pause surprise à Courchevel Pose 2015 - Courchevel

 

 

Le parc des remontées mécaniques est très performants avec un débit de 70 000 personnes par heure et 173 remontées mécaniques.

900 moniteurs sont à votre disposition dont 500 sur Courchevel. La renommée internationale fait qu'ils pratiquent vingt langues.

126 pistes bleues, 51 pistes vertes pour les débutants et si vous voyez rouge ou noir, n'hésitez pas.

 

Chalet des pistes - Courchevel

 

Le manteau neigeux est différent des autres stations. A Courchevel, la qualité de la neige est unique. Un double passage de dameuse favorise son état.

2100 enneigeurs font office lorsque le temps est trop clément.

Le ski est l'activité numéro un dans les stations. Ma piste préférée est sur le domaine "Saint Martin".

Une piste de luge part de "Courchevel 1850" et finit à "1550".

Les prévisions météo sont disponible sur ce site et pour l'enneigement, je vous invite à cliquer sur cette page.

Côté pratique, les plans des pistes est à votre disposition sur ce lien et vous pouvez aussi consulter la webcams.

 

 

Art sur les pistes - Courchevel 1850

C'est sur la piste de "Chabichou" que vous pourrez essayer une multitude de bains. Spa, hammam, sauna, bain polaire à 10°, douche froide, fontaine de glace, grotte de sel, mais aussi la douche "4 saisons" qui reproduit la pluie tropicale, une tempête d'été, un froid hivernal... attendent les plus courageux.

Faire du traîneau à Saint-Martin, c'est possible ! L'évasion est au rendez-vous, de magnifiques chiens vous escortent sur les sentiers du moulin de Burdin.

Une piste de luges est accessible aux Menuires, c'est la fameuse Roc'n Bob. Soit, 22 virages sur 450 mètres de dénivelés. La montée se fait par le télécabine des "3 marches".

Une nuit au refuge "Les grands plans" avec départ et retour en ski hors-piste. Malheureusement son propriétaire a été happé par une avalanche malgré son expérience à toute épreuve.

Côté magasin, c'est le paradis du luxe.

 

Voici
Je n'ai pas vu Leonardo DiCaprio qui pourtant vient chaque année et s'installe à la table du "Cap Horn".

Valéry Giscard d'Estaing était un inconditionnel de Courchevel.

En 2010, le Prince William et Kate passent quelques jours de vacances à Courchevel.

Le Roi du Maroc, Mohamed VI affectionne particulièrement cette station.

 

Piste des Indiens - Courchevel

 

 

Renseignements sur la station

Courchevel Tourisme, Tél. 04 79 08 00 29. www.courchevel.com

Bibliographie

Semaine de ski du 14 février 2015

 

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution :  Samedi 28 février 2015
Mise à jour  : 28 février 2015

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07 février 2015

Amaryllis par tous les temps

 

 

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Qu'évoque pour vous le mot "Amaryllis" ?

Amaryllis Royal Red

 

Expression"Il suffit d'un pétale de fleur ou d'une aile de papillon et la couleur éclate comme un coup de feu"
Pierre Lartigue

 

 

 

Un bulbe qui réchauffe notre hiver, par la couleur de sa fleur. Oui, certe il offre fièrement son envolée de fleurs. Mais son nom s'impose dans les "Bucoliques de Virgile" dont l'héroïne "Amaryllis" est une bergère à la beauté éblouissante et qui devint l'archétype de la belle femme.

Le mot "bucolique" tire son nom de  "bouvier".

Virgile ou la poésie pastorale conte l'histoire d'une jeune bergère qu'il emprunte au poète grec "Théocrite" mais associe à sa beauté, son indifférence et son pouvoir de se détacher du monde.

De Homère à Théocrite, commence et se termine la poésie grecque. Théocrite appartient à la grande famille par son originalité. Il définit le charme et le détaille. Il le définit dans un état d'innocence et de naïveté. Son génie inventif saisit l'occasion de nous le soumettre en poésie.

Le mot grec "amaryssein" veut dire : resplendir, briller.

L'inventeur du poème pastoral est "Daphnis".

Le nom "Amaryllis" symbolise la détermination, la fierté et la beauté. Selon la mythologie grecque, Amaryllis était une nymphe timide et réservée, dotée de jeunesse et beauté. Sa silhouette gracile, sa chair blanche comme un lys teintée de rose rajoutent à ses membres délicats une effluve. Elle se rencontrait dans les forêts ou lovée dans une grotte. C'est dans cette antre tel le temple de Vénus, qu'Altéo l'a connue après avoir entendu sa plainte amoureuse. Autrefois, Vénus avait fait victoire sur le Dieu de la guerre et un chant de trompettes orchestré sa gloire et animé la grotte en l'honneur de Vénus. Altéo venait de confier son troupeau de chèvres à son ami "Tityre". Elle apparaît coquette, fôlatre et rebelle. Elle était amoureuse d'Altéo, berger et divinité champêtre. Altéo était passionné par les fleurs et émut par le spectacle de la nature. Son odorat et son ouïe en étaient flattés. Elle saisit l'arc et la vive flèche. De ses mains blanches, elle puisa la puissance de ses membres, pour se surpasser et banda la corde et la relâcha d'un trait. Ce trait vibrant qui pénétra son coeur. Son désir la poussa à percer son coeur d'une flèche d'or. Voilà où la conduisit cette ardente passion. Son amour était desséché par l'attente et la crainte, telle une fleur par l'absence de rayon de soleil. Au trentième jour, les cristaux de son sang se transformèrent en une magnifique fleur rouge à la beauté farouche. La nature avait fait ce don au mal qui l'avait consumé. Altéo remarqua la Muse et fut tellement subjugué qu'il tomba amoureux de la belle "Amaryllis". Guérie de sa fièvre d'amour, par l'amour lui-même, elle retrouva toute sa félicité. Amaryllis est conduite au trône de l'Amour.

Nerine Sarniensis

Bref, la fleur comme la femme, ne se fâne pas et toutes deux sont faites pour briller dans les salons.

 

 

Soulign_

 

 

Elle subtilise aux autres fleurs son pouvoir de séduire et de régner pour éterniser Noël. Elle murmure l'histoire et mime par sa forme une étoile. Peut-être celle du berger car les anges descendirent du ciel avec leur trompette pour annoncer le sauveur et laissèrent en souvenir, cette magnifique trompette, pour que le monde n'oublie pas ce jour glorieux.

L'amaryllis est issue de la famille des amaryllydacées, anciennement "Liliacées". Elle fut importée du Mexique en 1693 et introduit par les hollandais. Elle détrône le lys durant la période de Noël. Elle fait partie des hybrides de Hippeastrum vittata.  Astrum signifie "Etoile" en grec.

3 hampes florales se succèdent et chacune d'entre-elles, comporte entre 3 à 6 fleurs, groupées dos à dos. Les fleurs sont renfermées dans une sparthe avant leur épanouissement. La floraison dure ainsi entre 3 et 4 mois. Les fleurs sont en forme d'entonnoir ouvert, dit trompette. Plus le bulbe a un beau calibre, plus la promesse de fleurs sera tenue. Le bulbe est tuniqué et quelquefois très volumineux. Leur pouvoir germinatif nécessite qu'ils restent très fermes et doivent être planté entre octobre et avril pour une floraison qui débute en novembre. Il arrive que les bulbes forment des bulbilles ou cayeux qui a leur tour fleuriront. Ils doivent être séparés à l'automne de la mère bulbe. Mais attendez surtout qu'ils atteignent la taille d'un abricot. Les feuilles sont étroites et rubannées. La hampe née au milieu de l'assemblage des feuilles.

Après la floraison, il faut continuer à les arroser pour qu'ils reprennent leur vitalité afin de se préparer pour l'année d'après. Placez votre pot dans un endroit sombre, sec et frais.

La plantation du bulbe se fait à 10 cm de profondeur.

Le genre comprend 80 espèces. Les fleurs sont inodores.

Cette plante est toxique par ingestion. Il faut la tenir éloignée des enfants et des animaux.

 

 

Soulign_

 

Anecdote

Sur l'île de Guernesey, cette plante est devenue indigène, suite au naufrage d'un bâteau la transportait et qui échoua sur les côtes sablonneuses. Sauvée par les divinités marines "Galatea" & "Nerine".

Calendrier républicain

Dans le calendrier républicaine, l'amaryllis était le nom attribué au 24ème jour du mois de vendémiaire (15 octobre).

Parfum

"Amaryllis de Floris", parfum de marque anglaise.

Papillon

Il existe un papillon nommé "amaryllis". Il prit ce nom par Etienne-Louis Geoffroy en 1762.

Bâteau

Mais oui, même une pilotine de Concarneau porte le nom "Amaryllis" ! Si vous le voyez, je veux bien une photo.

 

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Succulente__Cephalocereus_senilis_

Morille conique ALVEOLES

Bougainvillée blanche Pierre de Ronsard
ou
la douce vie
Renoncule comique
"Au muguet, joli mois de mai" Une succulente collection Morille, envie de printemps

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution :  Samedi 7 février 2015
Mise à jour  : 8 février 2015

Correction du genre pour le mot pétale.

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Posté par PASPERDUS à 19:15 - Dans mon jardin, il y a... - Commentaires [8] - Permalien [#]
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23 janvier 2015

L'Amour et les forêts d'Eric Reinhardt

 

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Gallimard, L'Amour et les forêts

L'Amour et les forêts
Eric Reinhardt
Collection Blanche, Gallimard
Parution : 21 août 2014
368 p., 21,90 euros
Genre : Romans et récits / Littérature française
ISBN : 9782070143979 - Gencode : 9782070143979 - Code distributeur : A14397

Notation

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

L'amour est une luciole qui s'éteint et se rallume. Nous marchons toute notre vie comme des somnambules. Dispersés, mais pas tout à fait libre, compagnon de personne.

Il suffit que le coeur s'accroche, racle les méandres de l'esprit et la luciole se rallume, pour nous réchauffer.

Notre vie semble à des pages déchirées d'un vieil annuaire téléphonique. Plus d'adresses, que des noms qui s'extirpent de notre mémoire et volent en éclat dans la solitude du moment. On se fait violence pour trouver cette chose qui existe toujours en nous. On quitte la maison pour la forêt de l'inconscience. Elle écoute bruire ses envies et murmure sa vie sous un angle nouveau.

Elle repeint sa vie avec plus de bonheur et s'enfuit pleine de volonté.

Il me reste plus qu'à lire "Soumission" de Houellebecq pour savoir si c'est une réalité ou une fiction.

 

Expression"La foi est indispensable dans la vie religieuse mais elle l’est tout autant dans la vie sociale"
Balzac

 

L'Amour et les forêts d'Eric Reinhardt est le premier roman que je lis de l'auteur. Je ne peux pas dire que je ne l'ai pas aimé mais le sujet abordé est tissé de mots qui sont "sales" et discréditent sa lecture dense. J'ai râté ma cible, une surface plane et pleine d'obstacles car je ne connaissais pas assez l'auteur pour comprendre ses méandres. Le livre se découvre et se dévoile lorsque l'on connaît l'auteur.

Je le conseille à lire car il le mérite pour l'inconscient qu'il dévoile comme une forêt où l'on s'aventure. Cette lecture a trop de sens pour ma part et je m'attachais trop au mal qui me contaminait. Cette perversité, une sorte de folie excessive qui est une véritable tragédie pour l'être humain.

 

Résumé

À l'origine, Bénédicte Ombredanne avait voulu le rencontrer pour lui dire combien son dernier livre avait changé sa vie. Une vie sur laquelle elle fit bientôt des confidences à l'écrivain, l'entraînant dans sa détresse, lui racontant une folle journée de rébellion vécue deux ans plus tôt, en réaction au harcèlement continuel de son mari. La plus belle journée de toute son existence, mais aussi le début de sa perte.
Récit poignant d'une émancipation féminine, L'amour et les forêts est un texte fascinant, où la volonté d'être libre se dresse contre l'avilissement.

 

Eric Reinhardt par Catherine Hélie

Extraits

Bénédicte Ombredanne regarda la jeune femme qui se trouvait devant elle, tu me promets que pour une fois, Bénédicte, tu auras un peu confiance en toi ? Je te le promets, lui répondirent les lèvres dans le miroir, je te promets que nous irons jusqu'au bout, si tu en as envie. Cette solennelle affirmation se traduisit par un regard de connivence, les deux jeunes femmes ne firent plus qu'une, Bénédicte Ombredanne enfin réunifiée s'absorba dans l'examen de son portrait : le maquillage était parfait et elle avait bonne mine, sa peau blanche était éclatante.

 

« C’est qu’aujourd’hui je suis heureuse, indescriptiblement, si vous voulez savoir. Notre rencontre, dans ma vie bien rangée, c’est un peu comme une révolution : ces sourires sont des débordements populaires, c’est la liesse, je ne peux pas les empêcher d’éclater, ils sont comme des clameurs, j’adore cette sensation. Ces sourires ne m’appartiennent pas, la magie de ce moment ne m’appartient pas non plus, je le sais, je le sens. Cette journée est miraculeuse, elle ne reviendra pas, c’est certainement la dernière journée heureuse de toute ma vie. Je suis en train de flamber intégralement : en même temps que cette journée irréelle se déroule, je me consume de bonheur tout entière, mais vraiment tout entière, de l’intérieur, vous comprenez ? Je suis en train de brûler de joie, de l’intérieur, intégralement. Quand je partirai d’ici, il ne restera plus rien qu’un petit tas de cendres. »

 

Le monde se divise entre ceux qui vivent la beauté suffocante d'une folle passion – et ceux qui ne vivent pas l'urgence et la beauté suffocante, étourdissante, obsessionnelle, d'une folle passion.

 

Eric Reinhardt est né à Nancy, le 2 avril 1965. Il est le fils d'un commercial en informatique et d'une mère au foyer. Son arrière grand-père était allemand, d'où le nom "Reinhardt. Du côté maternel, il est de Provence, plus exactement de Cavaillon. Sa grand-mère maternelle était communiste, progressiste féministe et disciple de "Simone de Beauvoir". Elle était couturière à Cavaillon et avait une maison de couture réputée où toutes les bourgeoises de Cavaillon, d'Avignon et de Marseille se donnaient rendez-vous. Un de ses enfants, était peintre, c'était son oncle idôlatré. Il a hérité de cette grand-mère d'être de gauche notoire.

1981, il a seize ans. Il est en conflit avec ses parents et surtour avec leurs valeurs.

Au niveau des études, après un BAC C, il fait une prépa HEC au Lycée Jacques-Decour, là où Mallarmé avait enseigné, puis une école de commerce. Il a une soeur qui a fait les mêmes études, puis s'est dirigée vers le contrôle de gestion, tandis que lui fait ses débuts dans l'édition. Il vit son enfance à Clichy-sous-Bois. Romancier, dramaturge et éditeur de livres d'art chez Hazan, il travaille sur Paris.

C'est en 1983 que débute sa seconde vie. Il intègre l'école de commerce -Institut Supérieur de Gestion- Il se construit par opposition à la vie de son père, carrièriste qui subit les revers du patronat. Il déclare qu'il ne veut pas devenir "esclave du patronat". Il fait une stage d'un an et demi, chez l'éditeur "Le Castor astral".

1988, son diplôme en poche. Son CV est intéressant et il débute chez Albin Michel, puis dans l'édition d'art, chez Flohic Editions, à sa création. Il rentre chez Eric Hazan comme Directeur général mais il fait ses preuves plus en éditeur qu'en gestionnaire.

Sa femme Marion est éditrice pour la jeunesse. Ils se sont rencontrés chez Albin Michel. Il avait alors 23 ans. Comme enfant, deux fils de 10 et 17 ans.

Il se met à écrire en 1991, a 26 ans. Ses écrits sont souvent comparés à Emmanuel Carrère. Il était complice de l'éditeur, Jean-Marc Roberts (Stock), aujourd'hui décédé (2005). Jean-Marc Roberts entretenait une relation très personnelle avec ses auteurs.

ER aime la musique. Il a pour ami le chanteur Bertrand Belin qui s'inspire des romans d'Eric Beinhardt.

Son raffinement vestimentaire vient de sa grand-mère. Comme elle, il aime les beaux tissus.

James Joyce (Deladus), Baudelaire (Spleen de Paris), Lautréamont (Chants de Maldoror), Breton et Mallarmé, il a pour prophètes.

Le passage d'éditeur à écrivain est poussif. La peur est à vaincre, celle que sa mère lui a démesurèment donnée. Il est un gosse complexé, avec des obsessions qui contaminent son oeuvre, sa vie faite d'angoisse existentielle. C'est lorsque Flohic Editions dépose son bilan, qu'il s'y entreprend. Il n'a plus d'excuse, il est au chômage. Sponsorisé par les ASSEDIC comme il dit !

 

Expression"En réalité, comme j'avais autant peur de l'écriture que du monde réel, je m'y suis enfermé, j'écrivais de manière obsessionnelle, je sécrétais du texte à la manière d'un vers à soie, sans plan nin angle"
Eric Reinhardt

 

Deux ans et demi après, il rentre aux Edtions Eric Hazan pour une période de cinq ans.

Les indemnités de licenciement finance le deuxième roman.

Eric Hazan vend sa maison d'édition à Hachette, en 1991. A la faveur d'un licenciement économique qui le pousse à écrire, il quitte le monde de l'édition en 1999.

Auteur de cinq romans, il est le scrutateur de notre société libérale avec un style romanesque. Son écriture est singulière, il crée des instants de beauté qui se mélangent à de la tristesse.

Parfois quand l'angoisse culmine, elle l'empêche d'écrire. Ce contraste se ressent par la noirceur ou l'épiphanie. Il doit déployer beaucoup d'énergie, de vigilance pour atteindre la sérénité. 

 

Expression"Ecrire, c'est être "mordu de l'intérieur" par une urgence à raconter, à transformer le monde en oeuvre d'art. "
Eric Reinhardt

Telle Emma Bovary, Bénédicte Ombredanne s'inscrit dans la littérature. Le livre est construit en trois temps, avec autant de narrateurs que de changements de rythme.

A l'origine écrivain, mais il aurait pu être peintre tant il révèle le portrait de la femme. Le récit est bouleversant dans la douleur de l'esprit de Bénédicte qui subit l'emprise d'un mari pervers et continue à survivre dans sa vie intérieure.

Après la parution de "Cendrillon", il entretient une correspondance avec ses lectrices.

Dans le roman "L'Amour et les forêts", Bénédicte se compare au livre "L'Inconnue" de Villiers de L'Isle-Adam.

Les petits potins :
Il ne fume plus depuis 2007

1998 - Demi-sommeiL (Actes Sud)
2001 - Le moral des ménages (Stock)
2004 - Existence (Stock)
2007 - Cendrillon (Stock)
2009 - Leverage de quatre
2011 - Le système Victoria (Gallimard)
2013 - Elisabeth ou l'équité (Stock)
2014 - L'Amour et les forêts (Gallimard) -
           Prix Renaudot des Lycéens en 2014

           Prix Roman France Télévisions en 2014 dont le lauréat 2013 était "Au revoir là-haut" de Pierre Lemaitre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frise

 

Films associés

"L'emprise" de Claude-Michel Rome (2014) qui soulève le problème de la manipulation affective dans un couple. Ce film est basé aussi sur une histoire personnelle.

"Nous ne vieillirons pas ensemble" de Maurice Pialat (1972), film autobographique.

Bibliographie

Lu en janvier 2015.

 

Liste de mes lectures "Lire et reliure"

 

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Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

 

La_voie_marion_de_Jean_Philippe_MEGNIN

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Balzac et la Petite Tailleuse chinoise


L'ombre du vent

La_vie rêvée des plantes de Lee Seung-U

Au revoir là-haut
de Pierre Lemaitre
La voie marion
Jean-Philippe Mégnin
Les chaussures italiennes de Henning Mankell Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
Dai Sijie
L'ombre du vent 
Carlos Ruiz Zafon
La vie rêvée des plantes
Lee Seung-U

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Mardi 13 janvier 2015
Mise à jour  : 13 janvier 2015
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13 janvier 2015

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre

 

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Au revoir là-haut
Pierre Lemaitre
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Parution : 21 août 2013
568 p., 22,50 euros

 

Notation

 

Il aura fallu cent ans pour que je découvre la guerre. Je l'ai refusée cette guerre qui était arrivée avant moi. Au revoir là-haut ? Vous l'avez lu ? un texte incandescent sur les survivants de la Grande Guerre. Un livre absolument unique pour décrire ce qui ne n'a jamais été décrit avec autant d'emphase.

 

La mort et les masques de James Ensor

 

Ce livre s'écrète la gaieté par sa forme, sa manière d'être avec le lecteur. Le contact se fait dès la première page, cette liberté dans le récit est plus une fresque sur la nature humaine, un rien fantaisiste qui amène du plaisir. On a envie de se lier d'amitié avec l'auteur car à travers la relation fusionnelle de ces deux rescapés de la guerre de 14, Albert Maillard et Edouard Pericourt, il nous fait découvrir que la France succombe à glorifier les morts et délaisse les vétérans. Ils sont épargnés, sans raison d'être.

L'histoire offre un transfert d'émotions, une gamme de chagrins plus ou moins profonds comme les trous d'obus qui asphyxient la tête des Poilus qui survivent. Nous sommes spectateurs de cette tragédie qu'est cette guerre sans équivalent.  Une grande boucherie, la Grande Guerre, pour ces nombreux jeunes qui ont servis de chair à canons et qui parfois, sont rendus à la vie civile avec l'horreur dans leurs yeux d'enfants perdus.

Mais le thème central se situe juste après la Pemière Guerre mondiale, c'est le scandale des exhumations militaires, étouffé par le gouvernement en 1922. Les imposteurs triomphent et les puissants s'organisent à amenuiser encore plus la France. Le fil conducteur est l'amité indéfectible décrite avec finesse.

Ce livre aurait pu s'appeler "Eclat de mots" car il nous surprend dans la description de cette guerre infâme où tant de jeunes ont laissé leur peau. Ils furents condamnés au sacrifice. Une vraie guerre de taupes car s'ils sortaient des tranchées, c'était pour sentir sur eux l'odeur de la poudre.

La succession d'épreuves nous amène de la tragédie au comique.

Chaque mise en scène est cocasse et les retournements de situation sont une suite logique, présentés avec des phrases ciselées.

« Il agrippe la tête de cheval, parvient à saisir les grasses babines dont la chair se dérobe sous ses doigts, il attrape les grandes dents jaunes et, dans un effort surhumain, écarte la bouche qui exhale un souffle putride qu’Albert respire à pleins poumons. Il gagne ainsi quelques secondes de survie, son estomac se révulse, il vomit, son corps tout entier est de nouveau secoué de tremblements, mais tente de se retourner sur lui-même à la recherche d’une once d’oxygène, c’est sans espoir.»

"Au revoir là-haut", les derniers mots de la lettre du soldat Jean Blanchard à sa bien-aimée, la veille de son exécution ont fourni à l'auteur le titre de son roman. Fusillé pour traîtrise le 4 décembre 1914 et réhabilité le 29 janvier 1921. Il faisait partie des six fusillés de Vingré. Ils s'appellaient Caporal Henri Foch, Claude Pettelet, Jean Quinault, Jean Blanchard, Fransque Durantet et Pierre Guy.

 

Jean Blanchard

«Il est difficile aujourd'hui de décider ce que les morts ont à nous dire» T.S. Eliot

 

Brève

Blessés dans la tranchée, Edouard sauve la vie à Albert au prix de sa propre défiguration. Les deux jeunes vétérans entâment la deuxième partie de leur vie ensemble et vont réaliser une imposture.

 

Résumé

Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts.

Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir la-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'Etat qui glorifie ses disparus et se débarasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.
Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.

 

 


Lauréat du Prix Goncourt de 2013, pour son livre "Au revoir là-haut", Pierre Lemaître.

Les prix tombent pour cet homme qui se met à écrire à l'âge de cinquante ans. Prix "Sang d'encre", Prix du "Polar fracophone", Prix du "Polar européen", Prix des "Lecteurs de livre de poche"... Il débute dans les polars, pour se lancer dans la littérature populaire par des scènes picaresques dans ce nouveau style. Le bouche-à-oreille fait le reste.

Pierre Lemaitre habite Courbevoie.

Né le 19 avril 1951 à Paris. Il passe son enfance entre Aubervilliers et Drancy. Ses parents sont des employés de bureaux.

Dès 1953, à la sortie des livres de poche, sa mère installe une bibliothèque pour mettre ces petits formats écrits par des grands auteurs.

Une formation de psychologue. Mariages, enfants dont Victor (23 ans) qui est musicien à Londres et Suzanne de son deuxième mariage qui a tout juste trois ans 1/2.

Son auteur fétiche est "Proust".

Ancien pédagogue pour les agents des Collectivités locales, il l'enseigne la littérature auprès des bibliothécaires. Il commence à écrire à l'âge de 55 ans. Auteur de "Travail soigné", "Robe de mariée" (2009), "d'Alex" (2010), "Cadres noirs" (2010), "Sacrifices."

 

Plus de 500 000 ventes pour son roman qui vient de paraître en version audio. Il va être traduit dans une trentaine de langues et dont les projets fluent comme l'adapter à une bande dessinée illustrée par Christian de Metter et publiée aux Editions "Rue de Sèvre". Quant au film, le réalisateur sera Albert Dupontel.

Il est membre de la Société des gens de lettres (SGDL) et administrateur depuis 2011.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frise

 

Bibliographie

 

Lecture de janvier 2015

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02 janvier 2015

Cinquante nuances de Grey de E.L. James

 

 

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EL James, 50 Nuances de Grey, JC Lattès (octobre 2012)

Fifty Shades of Grey de E L James

Dans la critique littéraire, il y a des nuances. Chez moi, le fantasme n'a pas opéré. Le titre "Cinquante nuances de Grey" ne fera pas partie de ma culture. Lu, rendu, historisé car dire l'indicible, c'est-à-dire la jouissance n'a pas ébranlé mon inconscient et l'inconsient est le désir. Pourquoi je ne le "Pinteresterai" pas ? car c'est les médias qui s'en sont servis pour en faire un succès commercial programmé. Un coup médiatique bien mené qui dépasse les frontières outre-atlantiques sur les désirs et qui rapporte un franc succès car plus un livre se vend, plus il fait parler de lui et plus il se vend encore et encore même s'il n'est pas gage de qualité.

 

Notation

culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unisculture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

 

Je n'obérai pas au concept. J'exige plus d'un bouquin que ce phénomène. L'amour de la langue en écriture est plus un délice que ces quelques ébats martelés de fouet, de désir opprimé et de domination.

"Fifty shades of Grey" est plus un phénomène sociétal ou un produit culturel. C'est la démocratisation de la culture, la délivrance des tabous. La part obscure de notre sexualité s'autorise de transgresser les règles. Je doute que cette trilogie sadomasochiste gagnera le Palmarès comme "histoire d'O"  de Dominique Aury qui parle du désir jusqu'à le mettre en éveil. Mais ce roman érotique s'est vendu plus qu'Harry Potter et fut le livre le plus vendu en 2012. Alors vouloir aller à Poudlard (école de Harry Potter) ou faire une partie de SM (avec toutes les nuances) semblent être des fantasmes à lire pour être dans l'air du temps !

Mes lectures érotiques sont frêles pour ne pas dire qu'elles s'arrêtent au Marquis de Sade qui m'a initiée ! Il me reste donc à approfondir ce style pour en débattre. J'ajouterai donc à ma PAL : "Onze mille vierges" d'Appolinaire, Henry Miller, "Histoire de l'oeil" de Georges Bataille,  "L'empire des femmes" de Nancy Friday, Macha Méril en passant par Catherine Millet.

Le côté érotique que j'imagine le mieux est dans les estampes japonaises comme celles d'Hokusaï. Car si la lecture ne vous a pas convaincu, il vous reste l'adaptation cinématographique qui vient de paraître. Vous pourrez assister en grand écran à la pénétration de tous les sens.

Je vous conseille vivement de vous tourner vers "Tess d'Uberville", le chef d'oeuvre de Thomas Hardy plébiscité dans ce livre, plutôt que les séquences de SM qui au delà de l'effet de curiosité n'apporteront en rien le plaisir des yeux.

 

Résumé

Romantique, libérateur et totalement addictif, ce roman vous obsédera, vous possédera et vous marquera à jamais.
Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.
Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.
Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

Traduit de l’anglais par Denyse Beaulieu

 

Ce que j'en pense

Cinquante Nuances de Grey raconte la vie sexuelle d'Anastasia par Grey qui pratique les relations sado-masos. Ces pratiques perverses sont sa face sombre qui se décline jusqu'à exploser tous les tabous, les gênes. Un couple maître-soumise dont le lecteur découvre la jouissance excessive. Ana, la narratrice, utilise les nuances pour décrire les caprices et les fantasmes auxquels elle se soumet.

Un livre basé encore sur le rapport des êtres humaines où la dominance de l'homme sur la femme semble une provocation. Une femme niée par la mal connaissance de son clitoris et une mère de famille dont le statut ne doit pas être autrement que "maternel".

Bon, j'avoue que j'ai débuté le roman, dans le train malgré l'entourage et je n'ai pas pris lecture sur un "ebooks" mais en format papier.

 


Erika Léonard James est britannique. Erika Léonard, née Erika Mitchell, le 17 mars 1963 d'une mère chilienne et d'un père écossais qui vivent à Londres. Son père est un ancien caméraman de la BBC. Elle suit sa scolarité à l'Université de Kent.

Plus connue sous le nom de E.L. JAMES, l'ancienne productrice de télévision, mariée depuis 1987 avec le scénariste et réalisateur Niall Leonard est mère de deux fils. Elle vit à l'Ouest de Londres à Ealing, dans une modeste maison mitoyenne en briques rouges. Elle se consacre d'abord à sa famille et à sa carrière.

En 2008, son mari lui offre la saga des livres "Twillight". Elle se met à publier une fanfiction qui est une parodie sur internet avant de donner ses impressions sur le site "The Writers' Coffee Shop" sous le pseudo " Snowqueen's Icedragon". L'administrateur du site supprime les textes qui sont trop osés. Donc, ses premières pages sont auto-éditées sur la toile et sont issues de "Twilight" de Stephenie Meyer.

Elle fait suite en créant un site "FiftyShades.com" où elle reprend ses écrits précédents en remplaçant les héros Edward et Bella par Anastasia et Grey. Son premier roman qui sort un peu plus tard reprend ces récits. Il est éditer chez "Vintage Books" en 2011 sous le nom de "Master of the Universe".

Une version révisée paraît en 2012 sous le nom de "Cinquante nuances de Grey". Le premier opus paru en même temps aux Etats-Unis et au Royaume-Uni est suivi de "Cinquante nuances sombres" (2012) et "Cinquante nuances claires" (2012).

En 18 mois, plus de 40 millions de livres sont vendus et en 2014, plus de 70 millions dont 1 million en France. Le livre est traduit en 40 langues.

Paru en France le 17 octobre 2012, par l'éditeur "Lattès" qui achète les droits de publication en vue de le vendre à plus de 360 000 exemplaires.

Il rapporte un franc succès chez les adolescents comme manuel d'éducation sexuelle, mais n'est pas une lecture anodine dans le statut de la femme. Il est classé "Mommy Porn" (du porno pour ménagères) dans un autre rang.

Son succès entraîne l'adaptation cinématographique par le producteur Adam Fogelson.

Pour tout renseignement, veuillez contacter son agent : Valérie Hoskins

 

Présentation
Taille : 1m75,   Poids 89 kg  Yeux : marrons, Cheveux : marrons - Non tatouée

Plaisir
Fumer de temps en temps
Boire un verre de Sauvignon blanc.
Happer une cuillère de Nutella

Patrimoine
estimé à 80 millions d'euros

Revenus
95 millions de dollars pour 2013, soit 72 millions d'euros.

Site officiel
http://www.eljamesauthor.com/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Frise

 Si vous ne lisez pas que des chefs-d'oeuvre, les commentaires sont ouverts pour expliquer l'engouement de ce phénomène ou simplement votre réaction.

 

Sigle

SM (Sadomasochisme)
BDSM (Bondage, Discipline, Domination, Soumission, Sado-Masochisme)
PAL (Pile A Lire)

 

Bibliographie

Lecture de décembre 2014

Liste de mes lectures "Lire et reliure"

 

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La_voie_marion_de_Jean_Philippe_MEGNIN

Les_chaussures_italiennes_de_Henning_Mankell

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise


L'ombre du vent

La_vie rêvée des plantes de Lee Seung-U

Les oreilles de Buster
Maria Ernestam
La voie marion
Jean-Philippe Mégnin
Les chaussures italiennes de Henning Mankell Balzac et la Petite Tailleuse chinoise
Dai Sijie
L'ombre du vent 
Carlos Ruiz Zafon
La vie rêvée des plantes
Lee Seung-U

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : vendredi 2 janvier 2015
Mise à jour  : 2 janvier 2015
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23 novembre 2014

Allons, passe passe passe Allons passe donc... Les Moulins de Bertrand

 

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Une petite escapade tout le long du cours de l'Hérault qui nous a amené au Moulin de Bertrand. Ce moulin à eaux se trouve en amont du Pont de l'Hérault en direction du Causse-de-la-Selle.

"C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source."
Jean Jaurès, homme politique français (1859-1914)

Barrage du Moulin de Bertrand

La source de l'Hérault naît au Mont Aigoual à 1288 mètres d'altitude. C'est un fleuve capricieux qui est sujet à des fortes augmentations de débit avec les pluies d'automne. En moins de 10 km, il chute de 1000 mètres d'altitude, au niveau de Valeraugue.

Capricieux avec ses épisodes cévenols, mais aussi impétueux, car des monts calcaires jurassiques jusqu'à nos garrigues du Causse-de-la-Selle, il entraîne des fortes crues qui érodent la roche pour former des gorges. Les gorges sont de plus en plus serrées et deviennent spectaculaire au niveau du Pont du Diable à Saint-Guilhem-le-Désert.

Au niveau du Pont du Diable, les eaux bouillonnent dans des marmites de géant.

Au dessus du pont, vous pouvez voir un béal. C'est un petit muret qui conduit l'eau vers des terres situées en contrebas. L'eau circule le long de ce canal avec un débit calculé afin d'éviter tout entretien.

L'Hérault avec ses 120 km de long, traverse le département du Gard pour pénétrer celui de l'Hérault au niveau de Ganges. Ce fleuve termine sa course au Grau d'Agde et à la Tamarissière où il se jette dans la mer Méditerranée. L'unique plan d'eau est le barrage du Moulin de Bertrand et la retenue du Belbezet.

Tumulte Barrage Moulin de Bertrand

 

C'est dans le site des gorges de l'Hérault que le barrage hydroélectrique se situe. Il fait partie des 3 ouvrages les plus importants qui jalonnent le fleuve dont deux sont dans les gorges : Le Moulin de Bertrand et le barrage de Belbezet, alors que le troisième se trouve à la sortie des gorges : La Meuse de Clauzel qui se situe sur la rive gauche de l'Hérault.

Après l'avoir franchi, par l'intermédiaire d'un pont, vous arrivez au moulin. Le moulin fut construit à l'époque dite "moderne" et plus précisèment au siècle dernier. Il résiste aux dégâts des différents épisodes cèvenols, sa structure est souvent submergée. L'homme utilise le fleuve pour sa force motrice qui entraîne les roues du moulin.

Moulin de Bertrand Gorges de l'Hérault

Les cerclages des meules furent boulonnés et non rivetés. Les meules étaient en meulière (pierre) qui était importée des carrières environnantes, comme celle de Poussan.

Les plaines alentours sont modelées par l'activité humaine. Les champs sont cultivés au gré des saisons. Les ripisylves sont boisées de chênes et peupliers. Le reste est dominé par une végétation garrigueuse où pousse le buis parmi les éboulis.

L'eau de l'Hérault est dérivée par le canal de Gignac, pendant la saison d'irrigation qui s'étend de mars à octobre.

Les moulins avaient une place importante dans l'activité de la région. Surtout, durant la période du Xème et XIème siècle où il y a une forte croissance démographique. Ils permettaient de transformer le blé en farine et donc de produire du pain. Le pain sacralisé dans les milieux rurals où les voies de communication étaient difficiles d'accès. Il semble important de noter que les moulins s'installaient là où il y avait une église. Car chaque communauté en fonction de son dynamisme avait une église et donc un moulin. Les guerres de religion entraînaient la fermeture des églises et des moulins qui étaient sous le pouvoir seigneurial.

De ce fait, les grains de blé devaient être moulus à proximité des foyers. Leur fréquence atteste de l'occupation et de l'activité de chaque commune. Chaque moulin a son originalité dans sa conception. Les matériaux utilisés pour les mécanismes sont en fonction du système de gestion de l'eau. Il fallait donc s'adapter au lieu et à l'activité. Ils étaient donc implantés à proximité des concentrations d'habitation.

Les matériaux étaient récupérés sur les lieux. Souvent le buis servait à fabriquer les systèmes d'engrenage, et le chêne pour les pièces les plus imposantes, telles que le moyeu ou la roue.

C'est à la Révolution que les droits d'eau et de vent furent abolis. Auparavant, chaque Seigneur prenait un droit de moûture.

En 1935, une réglementation mit fin à l'activité car il fut fixé un quota de farine à produire. L'industrialisation sous jassante donna le glas à ce patrimoine.

En juin 2000, le barrage de Bertrand fut aménagé d'un chenal dans la roche sur la rive droite de l'ouvrage, afin de permettre aux espèces migratrices son franchissement tant dans la montaison qu'à la dévalaison. Cet aménagement permet la libre circulation pisicole.

Sur les berges autour du pont, les dernières pluies ont laissé leurs traces.

Le pont fut construit au XIXème siècle car le gué de Figuières ne permettait pas par mauvais temps d'accéder sur l'autre berge.

Barrage du Moulin de Bertrand

Après le pont, la route s'enfonce dans le vallon et serpente jusqu'à Saint Guilhem le Désert.

Nous arrivons au gué des Figuières. Là, un autre moulin privé fortifié. Les moulins depuis l'Antiquité font partie de l'histoire ruraliste du cours de l'Hérault. Cette technique remarquable remplaça le moulin à bras ou à bêtes (ânes et chevaux) qui fut utilisé auparavant. Il permet un rendement supérieur et appartient au Seigneur du coin. Puis, les moulins deviennent des biens en copropriété.

Le bassin industriel s'enfonce jusqu'à Saint-Guilhem-le-Désert et ces réalisations fluviales sont donc nécessaires pour l'exploitation agricole céréalière.

Seules les constructions en pierre ont pu résister et peuvent être datées. Les Moulins de Bertrand sont visibles de part et d'autre du fleuve. Ils semblent apparentés aux installations de Plancameil et de Brunan, par le plan architectural : voûtement, baie, appareil...

Celui de la rive droite fut reconstruit au XVIIIème siècle. Ils furent utilisés jusqu'au milieu du XXème siècle comme le prouve l'électrification partielle du site.

Le moulin est conçu sur un plan barlong muni d'un éperon triangulaire ou étrave qui lui permet de résister aux assauts de l'eau.  Cet éperon alimentait l'eau du moulin par un couloir d'accélération des eaux (entrée large, débouché étroit). L'eau rentrait dans une chambre voûtée en berceau par le bief. Le bief est l'ouverture pratiquée en aval et en amont du moulin.

 

Eperon du Moulin de Bertrand

 

Les roues par paire étaient installées horizontalement et tournaient en sens inverse l'une par rapport à l'autre. Elles fournissaient l'énergie aux deux jeux de meules dites volante et dormante. Les roues étaient disposées au fond d'une cuve circulaire et l'eau qui entrait suivant la tangente du cylindre, gonflait et s'introduisait dans le cylindre en formant un tourbillon. La roue contrainte de tourner entraînée l'arbre moteur et la meule se mettait en rotation. Les roues étaient en dessous de la salle des meules. Les roues à l'époque médievale étaient dans les pays septentrionaux, posées à la verticale.

La salle de meunerie était également voûtée et bâtie en blocage. Elle était recouverte de dalles. La pierre coquillée utilisée est la même que celle utilisée au moulin de Plancameil et à la tour des prisons de Saint-Guilhem-le-Désert. Les meules sont toujours dans le moulin malgré les nombreuses fois où il a été submergé.

Les Gorges de l'Hérault font partie du site "Natura 2000".

Les sources des Cent Fons sont en aval du Moulin de Bertrand et se jettent dans l'Hérault. Mais les gorges de l'Hérault ont également des pertes par des sous écoulements qui sont réutilisés parfois dans la zone des garrigues ou ressuscitent sous forme de source comme celle d'Aniane nommée St-Rome.

Les autres moulins sur l'Hérault

Mas du Moulin à Gignac
Moulin de Saint-Martin-de-Carcarès
Moulin de Jourmac
Moulin-Vieux à Saint-Bauzille-de-Putois
Moulin Neuf à Saint-Bauzille-de-Putois (rive gauche)
Moulin de Bertrand, Saint-Martin-de-Londres
Moulin de Figuières à Argelliers avec roues horizontales
Moulin de Plancameil ou Moulin de la Tour à Saint-Guilhem-le-Désert (XIIème siècle), avec roues horizontales
Moulin de Brunan à Saint-Guilhem-le-Désert
Moulins de Font-Clamouse à Saint-Jean-de-Fos avec roues horizontales
Meuse de Clauzel à Brissac
Moulin Neuf à Brissac
Moulin Aubanel à Brissac (aujourd'hui disparu)
Moulins de Belarga, rive gauche
Moulin Les Laures à Paulhan avec une noria
Meunerie de Roquemengarde à Saint-Pons-de-Mauchiens
Moulin des Près à Pèzenas
Moulin de Conas à Pèzenas, rive droite
Moulin de Saint-Martin-de-Murles à Pèzenas
Moulin de Castelnau-de-Guers
Moulin de St Thibéry au domaine de l'île
Meunerie du Concasseur à St Thibéry
Moulin du Duc d'Uzès à Florensac
Moulins Bladier à Bessan
Meunerie d'Agde

 

Bibliographie

Visite le 16 novembre 2014

N'hésitez pas à parcourir le blog de Dominique Clément "Hérault insolite" pour découvrir d'autres lieux et moulins.

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Tour_de_Saint_Guilhem_le_D_sert

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Au-delà de Saint-Guilhem-le-Désert

Autour de l'étang de l'Or Qui suis-je ? Montferrier-sur-Lez La Grande Motte 
La Chapelle architecturale décortiquée
Beauduc... France

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Dimanche 23 novembre 2014
Mise à jour  : 23 novembre 2014
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07 novembre 2014

Hokusai croque l'âme bleue des japonais - Biographie

 

 

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Voir aussi,    1 / 2 / 3 / 4   / 5   -    Biographie (en cours de création)

 

 

 

 

 

Biographie

1760 - Né sous le nom de Tokitarō, dans le quartier de Warigesui, district d'Honjo qui est une zone rurale connue sous le nom de Kastushika, dans la banlieue d'Edo le 31 octobre 1760. Ce quartier est proche de la rivière Sumida qu'il affectionna. C'est l'ère Hōreki.  Il se retrouve orphelin très jeune et est adopté vers l'âge de trois ou quatre ans par une famille d'artisan. Nakajima Ise devient son père.

Son père adoptif, Nakajima (中島) Ise, est un fabricant de miroirs pour la cour du Shogun, la famille princière de Tokugawa. Hokusai est alors appelé Tokitanō (太郎). Son père peint des dessins sur les miroirs.

Il prit le nom de Tétsoujiro. C'est le marchand japonais Haysahi Tadmasa de le rue de Provence au N° 65 qui le signifia.

 

1765 - Il dessine les formes des objets.

1765 - Invention des polychromes.

1767 - Révolution de cinq millions de paysans qui protestèrent contre les impôts attribués par les Seigneurs. Il est alors âgé de 7 ans.

1768 - Dès 8 ans, il apprend la xylographie qui est une technique primordiale pour les dessins japonais.

           Il travaille comme commis dans une grande librairie d'Edo où il contemple les livres illustrés et il est mis à la porte.

1772 - Il fut le témoin du grand incendie de la ville d'Edo qui fit six mille morts.

1773-74    Il est en apprentissage dans un atelier de xylographie.

1775 - Alors âgé de quinze ans, il commence à graver des planches pour la fabrication d'estampes.

1776 - Sous le nom de Tetsuro, il grave lui-même les six dernières feuilles d'un roman humoristique de Sanchō.

1778 - Il porte le nom de Tetsuzo.
         Il est alors âgé de 18 ans et étudie dans l'atelier de Katsukawa Shunsō (1726-1792) qui est le maître de l'Ukiyo-e, spécialisé dans les portraits de comédien. Ces gravures de cette époque se confonde avec celles de son maître. Ils peignent des acteurs et des scènes de théâtre dans le style de Tsutzumi Torin. Shunshō représente les femmes petites et potelées et lorsqu'il s'affirmera, Hokusai les fera aussi minces et élancées que celles d'Utamaro. Il ne veut plus interpréter le talent d'un autre, il invente ses créations, il compose avec sa note personnelle.

Les couleurs adoptées par Shunshō sont un nuancier de vert, de jaune, de rose et de gris, alors que les couleurs d'Hokusai sont éclatantes comme le vert, les bruns chauds, les rouges francs et le bleu foncé qui sont plus difficiles à accorder. Ces dessins sont délicats par leur filnesse et le détail.

Il produit des dessins sur des feuilles volantes appelées Kyōka Surimono.

Il réalisa ces premières estampes sous le nom de Katsukawa Shunrō, nom en rapport avec son maître Katsukawa Shunsō. Au départ, il fait une production commerciale et de bon marché, puis il épure son style pour s'affirmer et produit ses premiers surimono (petites estampes de luxe aux formats variés dont la gravure est sur une seule feuille, en édition privée ou sur commande).

Il se spécialise dans la gravure pour l'ilustration de livres littéraires dont la représentation de paysage.

          Il fait des portraits de Geishas, d'acteurs de Kabuki (forme épique du théâtre japonais traditionnel) et de lutteurs de Sumo.

          Il quitte l'atelier à la mort du maître car il est en désaccord avec son successeur Shunko.

1782 - La famine enlève deux cent mille personnes en cette période de croissance démographique. Hokusai vit une période de misère et malgré ceux-là continue à étudier les techniques des écoles de Kano Yusen, de Tsutsumi Torin et de Sumiyoshi Naiki.

Hokusai devait illustrer le roman "Rêve du Camphrier du Sud" de l'écrivain Bakin qui obtint un immense succès lors de son premier volume. Le romancier fut si jaloux de l'artiste qu'il refusa les dessins qu'Hokusai lui envoya par la suite pour les autres éditions. Hokusai fut si offusqué qu'il répondit à l'éditeur que c'était le texte qu'il fallait modifié. Les éditeurs avaient faits déjà graver les dessins en vue de les publier, le peintre décida de se passer du texte de Bakin et d'éditer ses dessins tels quels.

Quelques années plus tard, Hokusaï rencontra à Nagoya le peintre Bokoén avec qui il s'entretena sur les techniques du dessin. Il publia sous le titre "Hokusaï Mangwa, dès 1812, ces trois cents dessins dans un volume afin que cette technique permette que ces oeuvres soient ouvertes au grand public. La traduction du titre est Man "au gré de l'idée et Gwa pour dire (le dessin tel qu'il vient spontanément).

1786, il arrête de dessiner sous le nom de Shunrō.

1789, il quitte l'atelier de Katsukawa Shunsō suite à la jalousie d'un camarade d'atelier. Un jour, il avait peint une affiche pour un marchand d'estampes. Ce marchand fut si satisfait qu'il l'a fit encadré et l'accrocha sur sa devanture. Ce camarade d'atelier passa et la déchira car elle faisait ombrage à leur atelier. Ils se disputèrent et Hokusai résolue de prendre son identité sous le nom de "Mugura" qui signifie "buisson" pour expliquer au public que ce nouveau peintre n'appartient à aucun atelier.

A cette époque, il se marie deux fois. Mais, on ne sait pas pour quelle raison il dut les quitter : est-ce du à leur décès ou au divorce. De sa première femme, il eut un fils et deux filles.

Son fils "Tominosuke" prit la succession de la miroiterie Nakajima Isse mais ne fut pas très stable et causa des ennuis à son père.

Ses filles, Omiyo devint la femme de Yanagawa Shighenobu, le peintre. Elle mourut quelques temps après son divorce après avoir mis au monde son petit-fils qui fut source d'inquiétude pour son grand-père Hokusai. Son autre fille, Otetsu était douée d'un vrai talent de peintre, mais elle mourut jeune.

De sa seconde femme, il eut également un garçon et deux filles. Le fils "Akitiro" fut un petit fonctionnaire de la famille princière Tokugawa. Il était un peu poète et se fit adopté par "Kase Sakijiuro". C'est lui qui fit élevé le tombeau de Hokusai dont il prit le nom. Son petit-fils d'Akitiro s'appelait "Kase Tchojiro" et fut le camarade de classe de "Hayashi", grand collectionneur d'oeuvre d'art japonais.

Ses filles sont "Onao" qui mourut dans son enfance et "Oyei" qui se maria avec un peintre nommé "Tomei" mais divorça et revint vivre avec son père jusqu'à sa mort. Tomei son gendre illustra "Onna Chohoki", un livre d'éducation pour les femmes qui traite de la civilité.

Hokusai avait deux frères aînés et une soeur cadette, tous morts dans leur jeunesse.

1790 - Grâce à un artise japonais "Shiba Koban ou Gokan (?)" qui fréquente les néerlandais, seuls autorisés à amarrer à Nagasaki, il découvre la perspective qui influence à cette époque l'art occidental. Il maîtrise la perspective italienne par le biais du zograscope que les marchands néerlandais importèrent au Japon. Au XVII et XVIIIème siècle, la représentation des scènes au Japon avait une perspective parallèle qui reproduit l'espace et une perpective cavalière pour les personnes. De nos jours, la perspective parallèle est surtout utilisée pour les dessins d'architecture.

Il développe son propre sens du dessin, afin de se démarquer de son maître Shunsho.

Après cette étude, il crée une perspective dite "atmosphérique" ou "aérienne" pour marquer la profondeur des plans par les couleurs. Ainsi, avec le bleu de prusse, plus il est clair et se rapproche de la couleur du ciel, plus l'élément est éloigné et crée l'atmosphère. La majeure partie de ces oeuvres dont "La Grande Vague" sont inscrites dans cette logique.

 

Il étudie également le clair obscur.

 

Cinq éventails

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1794 - Il se fait appelé Sōri par son rapprochement à l'école Rinpa. Il illustre des calendriers dits "egoyomi". Ses dessins sont gracieux. Ce sont des oeuvres luxueuses et raffinées qui lui apportent la notoriété, une réputation d'excellence et de qualité.

Il illustre des livres et écrit des poèmes, tout en débutant sur la peinture sur soie.

Hokusai se fâche avec l'écrivain dont il illustre les romans et décide de publier des livres sans texte. Que des dessins dont le fameux Manga.

1795 - Il prend la direction de l'école Tawaray qui renommera par la suite Sori II. Il illustre sous le nom de Sōri, un recueil poétique "Kyōka Edo no Murasaki" qui l'amène au succès.

           Les kyōkas sont des courts poèmes. Un seul est traduit en français et se nomme "Le Char des poèmes kyôka de la rivière Isuzu" illustré par Hokusai.

 

Portrait d'Hokusai peint par sa fille

Portrait d'Hokusai fait par sa fille Oyei, signé Ohi

On y voit un front sillonné de rides profondes, des yeux en pattes d'oie,

Hokusai eut deux femmes qui décèdèrent très jeunes et cinq enfants. Sa plus jeune fille est Oyei et est devenue artiste comme lui.

Hormis sa fille Oyei Hokusai, il n'eut pas vraiment d'élèves mais des disciples Keisai Yeisen, Kiosai et Yosai qui prendront exemple sur son style. Son gendre Shigenobu fut le premier à l'imiter, mais c'est un vendeur de poisson nommé Hokkei qui copia au plus près son style à sa maturité.

Oyei, sa fille avait hérité du talent de son père mais ne fut reconnue par la société qu'après son divorce avec son mari. Elle fait les travaux pour son père et lorsqu'il est victime d'une attaque, son oeuvre fusionne avec celle de son père.

Il est presque impossible de différencier son oeuvre de celle de son père car, à l'époque, la femme est asservie à son mari ou à son père. Elle a vécu pour son art, elle était attiré par la nature et souvent partée avec son carnet de croquis.

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1798 - Hokusai devient son nom principal en référence à l’Etoile Polaire, auquel il rajoute le nom de sa ville natale.
           Il quitte l'école Tawaraya et devient artiste indépendant, il est alors âgé de 38 ans.

           Il offre son nom Sōri à l'un de ses élèves et prend le nom d'Hokusai.

           C'est le début de la période Hokusai dont il affichera 3 phases stylistiques différentes. Dans sa première phase, le lien avec le monde de la littérature est plus important et la production de surimono et de livres illustrés est intense.

            Dans la deuxième phase, c'est un travail psychologique et physionomique qui effectue sur ses personnages tant sur les êtres humains que les animaux qui prendront d'ailleurs une apparence humaine. Il s'oriente vers les illustrations de livres classique de la littérature chinoise.

             Dans sa troisième et dernière phase, la peinture prend le relais. Il publie dans cette dernière période les deux premiers volumes de "Cent vues du Mont Fuji", considérées comme des Chefs d'oeuvre.

 

          Sous ce nouveau patronyme, il crée ses premières séries : Sept manies des jeunes femmes sans élégance, Miroir des images de Hollande : huit vues de Edo, les cinquante-trois stations du Tôkaidô...

1800 - Le quartier des théâtres et le quartier des plaisirs (Yoshiwara) se développent pour satisfaire les riches marchands.

           Il signe à cette période quelques tableaux par la formule : Gakyōjin.

1804 - Il peint dans la cour du temps d'Edo avec un balai et un seau d'encre de Chine. La fresque est un "daruma" géant de plus de 240 m2. Afin de permettre à l'assistance de l'admirer, elle fut hisser jusqu'aux toits.

1805 - C'est sous le nom de Katsukawa Hokusai qu'il signe ses dessins à l'encre de Chine noire et la panoplie de nuances de gris. Ce nom est choisi en hommage à l'étoile Polaire qu'il vénère particulièrement. Ses peintures sont sensuelles et ses estampes sont composées avec humour. Il produit des livres (yomihon) qui sont de longues fictions dont les intrigues épiques donnent le sens  à sa capacité d'inventer, mais également de manier l'encre de Chine.

1807 - A nouveau, il peint une grande fresque à Nagoya.

 

Hokusai Nature morte d'objets de cérémonie

 

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1810 - Epoque Taitō. Il est âgé de 59 ans.  Il se consacre à faire des manuels de peinture "Elethon" qui attirent beaucoup d'amateurs.

          Il publie son premier manuel : Le Dictionnaire de peinture insensé du fou qui comprend une collection de dessins assemblés à partir de caractères du syllabaire par Ono le Crétin.

Ce document est à l'usage des apprentis et par ce biais, il attire un large public et son art fait référence. Il va transmettre son style.

Il produit des estampes de vues aériennes des sites les plus célèbres.

1812 - Il parcourt le pays de l'ancienne capitale de Kyoto à Edo. A Nagoya, il rencontre Bokusen, un autre artiste qui le conseille sur la publication de sa Manga qui est l'ébauche alors d'une étude originale et marginale. Ces publications dureront jusqu'en 1834.

1814 - Publication de "Hokusai Manga" sous le pseudonyme "Taïto" qui n'est autre qu'un carnet de croquis qui aide les amateurs de dessin à s'exercer. 3900 dessins font partie de ce registre qui décrit les moeurs sous forme de légende. Ce manuel sera achevé qu'en 1878 avec la parution posthune du carnet 15. C'est une sorte de miscellanées graphiques

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1820 - Litsu, il se fera appelé à l'âge de 60 ans. Dans cette période, il se consacre aux estampes en couleur "nishiki-e" qui sont des métamorphoses du motif choisi.

1869 - Il eut une attaque d'apoplexie. Il se soigna à l'aide d'un remède japonais composé d'une pâtée de citron. Cette ordonnance lui permit de guérir. La composition de la potion fut donnée à son ami Tosaki sous la forme d'un énoncé enrichi de dessin de citrons, de couteau et de marmite.

1830 - Il commence la série de Cascades, des Ponts, des Oiseaux et des Fantômes.

1831 - Le Mont Fuji est dévoilé sous trente-six vues (Fugaku Sanjūrokkei). Ces estampes du monde flottant (Ukiye) fascineront les Occidentaux avec ce bleu de Prusse.
           Il métamorphose les lieux choisis et représente donc des illustrations.

           Il devient célèbre dans le Japon.

 

Le vieil homme

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1834 - Il prend le nom de Gakyō Rōjin Manji. Manji qui veut dire "le vieil homme fou de peinture".

            Il marie sa fille "Omiyo" qu'il avait eu de sa première épouse. Son petit-fils fut un escroc et Hokusai épongea ses dettes qui le mirent dans la misère. Il s'engagea pour lui éviter d'aller en prison, mais il ne put tenir sa promesse et  il dut quitter Edo en cachette pour s'installer une année à Suruga dans la péninsule de Miura où il complèta sa production des "Cent vues du Mont Fuji" (Fugaku Hyakkei). A cette époque, il signe Miruaya Haltiyemon. Il s'exila jusqu'en 1839.

Quand il revint à Edo, après quatre années d'exil à Suruga, il se fit appeler "Prêtre-Peintre" et aménagea dans les bois du temple Mei-O-In. Il illustre de croquis la misère dans laquelle il vit.

          A 79 ans, il se consacre à la peinture et s'éloigne des estampes. C'est le monde animal, végétal ou les sujets religieux. Ces animaux de prédilection sont le tigre, les lions et les dragons.

1836 - La Capitale subit la grande famine, il revient après deux années s'installer à Edo. Il troque ses oeuvres contre la nourriture et arrête sa série "Cent Poètes et Poèmes" après avoir produit la vingt-septième planche.

1839 - Il s'établit à nouveau dans le quartier de Honjô, proche de la campagne qu'il affectionne. Un incendie dévaste son atelier et emporte ses travaux en cours. Il est alors concurrencé par un jeune artiste "Hiroshige Ando". Il produit de moins en moins. Il s'efforce de réaliser un dessin par jour, jusqu'à sa mort.

C'est une période de grande disette qui fait suite à trois années de mauvaises récoltes de riz.

1840 - A cette date, il indiquera sur l'ensemble de ses peintures, la date de réalisation.

1845 - Il fait son dernier voyage pour rencontrer un ami de province de Shinano. Il exécute quelques peintures dans un temple.

1849 - Il tomba malade dans sa maison d'Asakusa qui était la 93ème de ses habitations. Quand il sentit le moment de se retirer de ce monde, il écrivit à son ami Tagashi ses mots : "Le roi Yemma est bien vieux et s'apprête à se retirer des affaires. Il s'est fait construire, dans ce but, une jolie maison à la campagne et il me demande d'aller lui peindre un kakemono. Je suis donc obligé de partir, et quand je partirai, je prendrai mes dessins avec moi. J'irai louer un appartement au coin de la rue d'Enfer, où je serai heureux de vous recevoir. Quand vous aurez l'occasion de passer par là. Hokusai".


Décés à Edo, le  10 mai 1849 à l'âge de 89 ans. Cette date correspond au 18ème jour du quatrième mois de la deuxème année de Kayei. Sur son lit de mort, il aurait dit "encore cinq ans et je serais devenu un grand artise". Hokusai, son étoile est montée au firmament. Ses cendres sont ensevelies au temple Keikiôji, dans le quartier populaire d'Asakusa à Edo où il avait passé la majeure partie de sa vie. Sa petite fille Shiraï Tati lui a fait édifier un tombeau dans le jardin du temple, auprès de la tombe de Kawamura Itiroyemon. D'après sa petite fille, il serait le 3ème fils de ce dernier qui fut un artiste connu sous le nom de Bunsei. Sur sa pierre tombale, vous pouvez lire cette épitaphe "Oh ! La liberté, la belle liberté, quand on va aux champs d'été pour y laisser son corps périssable !".

Sa dernière peinture reprèsente un dragon gravissant le Mont Fuji.

1854 - Le Japon s'ouvre aux Etats-Unis d'Amérique, par l'intervention du commodore Perry qui mit fin à la période de pouvoir de la famille Tokugawa qui rendait cette société fermée au monde de l'extérieur, sauf pour le commerce avec la Chine et le Pays-Bas. Ils étaient sous l'ordre militaire (Bakufu).

1858 - Félix Bracquemond découvre Hokusai Manga et c'est le début de la vogue du japonisme.

           Lors de l'exposition Universelle à Paris, la mode du Japonisme est lancée. C'est le départ d'Hokusaimania.

 

Expression"A l'âge de quatre-vingt six ans, j'aurai fait encore plus de progrès et à quatre-vingt dix ans je pénétrerai le mystère des choses. A cent ans, j'aurai décidément atteint un niveau merveilleux, et à cent dix ans, chaque point, chaque ligne que je tracerai vibrera de vie. que ceux qui vivent assez longtemps voient si je tiens parole"
Katsuhika Hokusai

 

 

Katsushika Hokusai Temple

Memo

Site du grand palais : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/hokusai

HOKUSAI- Galeries Nationales du Grand Palais
1er octobre – 20 novembre 2014
Puis 1er décembre 2014 – 18 janvier 2015. L’exposition se déroule en deux volets en raison de la fragilité de certaines oeuvres qui ne peuvent pas être exposées plus de 7 semaines. 
Commissariat :
Seiji Nagata, grand spécialiste de l’artiste et directeur du musée Katsushika Hokusai de Tsuwano
Laure Dalon, adjointe du directeur scientifique de la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

 

Livre associés

Hokusai de Matthi Forrer

 

Visite

18 Octobre 2014

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Dimanche 2 novembre 2014
Mise à jour  : 2 novembre 2014
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02 novembre 2014

Hokusai croque l'âme bleue des japonais

 

 

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Voir aussi,    1 / 2 / 3 / 4   / 5   -    Biographie

 

 

 

C'est au Grand Palais à Paris que je découvre l'oeuvre d'Hokusai appelé "Le vieux fou de la peinture" dont le nom n'est autre que Katsushika Hokusai (1760-1849). Prononcer "Hokeusaï", si vous voulez en parler !

 La langue japonaise se chante, elle est aussi poétique que l'art poétique ou dramatique. Les mots se disent d'une manière particulière, il ne s'énonce pas ; c'est une vraie partition chaque syllabe et elle rappelle les chants populaires traditionnels. L'instrument est la gorge, chaque corps fait surgir un son différent qui a matière a étonner par ces vides et ces pleins. Il en est de même, pour la peinture de Hokusai, elle me semble poétique.

Hokusai se surnomme lui-même Gakyōjin, autrement dit "Fou de dessin". Hokusai a changé plusieurs fois d'identité au cours de sa longue carrière. De Katuskawa Shunro, il prit le nom de Gakyo Rojin Manji (Le vieil homme fou de peinture). 17 signatures différentes sont recensées dont Sori, Taito ou Itsu que l'on retrouve sur les célèbres "Trente-six vues du Mont Fuji" et chacune correspond au passage d'une école picturale à une autre. Il a aussi utilisé plusieurs noms secondaires comme Toki (1799), Raishin (1811) et Kakō (1811). Autant de pseudo que de facettes pour exprimer sa personnalité créatrice.

La Grande Vague de Kanagawa

 

Dans sa vie, il déménage aussi souvent qu'il change de nom !

Dans l'oeuvre d'Hokusai, j'y découvre poésie, délicatesse et nourriture spirituelle. Les contes et légendes défilent et je succombe devant l'Asie de l'Estau. Il incarne la spiritualité et l'âme de son pays. A travers mythologie et culture japonaise, ce parcours est un grand voyage dans le pays du Soleil levant. L'époque Edo est également marquée par le shintoïsme (神道, shintō), appelée littéralement "La voix des Dieux". C'est la religion la plus ancienne du Japon et elle est particulièrement liée à la mythologie. Au Japon, chaque région avait ses propres Dieux et ses propres rituels.

 

Hokusai Yang Hokusai Yin

Yang (masculin) et Yin (féminin)

 

A cette époque les japonais étaient intimidés par l'avance culturelle chinoise et voulaient rivaliser avec elle. L'anthologie mythologique et l'anthologie poétique servaient le cycle de la naissance et de la renaissance. C'est le mélange des systèmes qui engendra le "Shintoisme".

L'empereur était la représentation des Dieux dans le monde mortel. Ce mandat divin de la famille impériale a forgé la mentalité japonaise. Chaque élément de la terre dans cette religion a le caractère sacré de la Nature. De même, chaque parcelle de la vie a un caractère sacré.

A l'origine, les chasseurs-pêcheurs du Jömon était le seul peuple au monde à pénétrer dans l'ère du néolithique qui resta nomade. Cette ethnie Jômon a pour origine les Inuits par l'arc Alaska-Nunavut-Groenland-Finlande-Sibérie-Japon qui formait la patrie originale des "Hyperboréens", le Svastika polaire de l'homme du Néandertal. Les japonais ne sont donc pas de l'Est mais un peuple d'Extrême Nord. Le Japon constitue donc l'avant-garde eschatologique de l'Eurasie.

Le shintoïsme entraîne le nomadisme par la pratique du "Shikinen Sengû" qui consiste à déplacer tout sanctuaire chaque vingt ans. Tous les édifices de bois sont donc détruits et reconstruits sur un autre site. Ainsi, sur ces mêmes moeurs, la capitale est déplacée à chaque nouveau Empereur (Naniwa, Ôtsu, Nara), jusqu'à l'arrivée du bouddhisme à la fin du VIIIème siècle et plus tard la période "zen".

C'est l'impermanence des choses, liée à l'air et à l'eau qui s'opposent à celui de la stabilité terrestre. Cette culture japonaise fait donc ressortir la légèreté des matériaux d'habitation par les paravants amovibles et le caractère sélénien des arts traiditonnels (Unkiyo-e ou "images du monde flottant", volutes éthérées du Koto et du shakuhachi dédiées à la contemplation musicale des froides lumières de la lune, laques et céramiques aux motifs vibrants d'irréalité translucide), littérature féminine et mortuaire (Kojiki initié par l'impératrice Gemmyô aux Contes de pluie et de la lune de Ueda Akinari jusqu'au Genji monogatari qui est l'unique exemple de roman nation écrit par une femme.

La période Sakoku ferma le Japon pendant 215 ans.

 

Le Fuji bleu

 

Le mont Fuji, dans la tradition shintō, est considéré également comme un élément du paysage naturel sacré.

 

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Le Grand Palais abrite donc la plus grande exposition mondiale de l'artiste Hokusai, c'est la consécration d'Hokusai.

En hommage à ses noms, l'exposition est déclinée en 6 séquences dont :

 

- Katsukawa Shunrô (1778-1794),
- Sôri (1794-1798),
- Katsushika Hokusai (1798-1810),
- Taito (1811-1819),
- Iitsu (1820-1834),
- Gakyô Rojin Manji (1834-1849).

 

Pêcheur

Le tableau de "Pêcheur" laisse le doute d'un autoportrait de Hokusai. Le texte est composé de brefs poèmes figurant au-dessus du personnage. L'un d'entre eux se termine sur le nom de Manji, une des signatures de Hokusai. Sa représentation, serait alors âgé d'une soixantaine d'années. Sa pêche ne semble guère fructueuse, le panier est vide. Sa position porte à croire qu'il n'est pas pressé car sa ligne n'est pas lancée à l'eau.

 

 

C'est le Maître des estampes japonaises qui créa le fameux tableau "la grande vague de Kanagawa" 神奈川沖浪裏 (ukiyo-e ou "image du monde flottant" - 1831) qui fut la première estampe des trente-six vues du Mont Fuji (de 1831-1833). Le thème de la vague est récurrent comme les vagues qui ne cessent de remplacer la précédente.

Ces oeuvres sont conçues selon la tradition japonaise du boudhisme, par le mouvement de la vague qui exprime le pessimisme d'un monde impermanent qui reflète notre nature fragile face à la nature grandiose et souveraine.

Il peint avec beaucoup de vigueur et d'effets visuels. Sa peinture est une énigme pour ma part. Je relève qu'elle puisse être codifiée, malgré des dessins parfois dépouillés.

 

Le poète Teba

 

La couleur bleue est le symbole de la "Révolution bleue". Le bleu de Prusse est sa prédilection, dès 1829. Cette couleur, appelée également "Bleu de Berlin", fut découverte en 1705 à Berlin comme l'indique son surnom, par le fabricant de couleur Johann Jacob Diesbach. Ce bleu est obtenu par une préparation à base de cochenilles, d'alun, de sulfate de fer et du sang de boeuf séché qui remplaça la potasse absente. Dès 1709, les peintres européens emploient ce piment. Lorsque sa composition secrète fut révélée, il prit même le nom de "bleu de Paris" et est défini comme "Bleu intense" ! La couleur bleue était obtenue par des pigments très chers, comme le lapis Lazuli. Elle était donc très peu utilisée par les artistes. Le bleu de Prusse a la particularité de perdre son éclat avec le temps et prend une teinte verdâtre jusqu'en 1850. Cette couleur fut introduite au Japon par les Hollandais en 1820.

Le jaune dans la "Grande Vague" reprèsente le sable".

Le mont Fuji est en arrière plan et se confond à la mer et malgré qu'il soit effacé par la grande vague, il est l'élèment le plus important. Il est calme devant les forces de l'eau, il est le symbole terrestre avec les hommes qui se battent contre le ciel et la mer.

La vague représente la force écrasante de la Nature. Le ciel est calme et la mer déchaînée, en parfaite opposition comme le Yin et le Yang.

 

La grande Vague représentée avec les oiseaux

 

 

Hokusai utilise la technique de l'impression faite à partir de plusieurs planches de bois gravé, soit sur bois polychrome d'environ 25x38 cm. Au départ, il dessine au pinceau sur un papier mince et translucide, fabriqué à base de fibres de mûrier entrelacées. Chaque impression comporte une couleur et notamment ce bleu intense.

 

Hokusai Femmes de retour après la récolte de thé

 

Hokusai Bambou

 

Dans cette série, il exploite le format horizontal qu'il emprunte à l'art occidental. Le Mont Fuji ou Fujisan (volcan sacré) est un endroit symbolique dans l'art boudhiste et un lieu de pèlerinage shintoïste. Il apparaît en fond de paysage, enneigé. dans ses toiles avec en premier plan, une tempête dans la baie de Tokyo, au large de Kanagawa. Dans les creux de la houle, les barges de pêcheurs s'aperçoivent et donnent l'ordre de grandeur de la vague qui est de quatorze à seize mètres de haut. Les barques sont effilées comme des sabres de Samouraï. La vague évoque le mouvement perpétuel. Tel un monstre, elle aspire et rejette en écume. Le principe du Yin et du Yang sont à noter dans la manière dont les formes sont marquées, voire cernées et l'utilisation dissociée des couleurs.

La vague est une métaphore.

 

La Grande VagueEstampe 1 de la série "35 vues" - La grande Vague

Le trajet visuel de la lecture de l'image se fait de gauche à droite. La masse d'eau s'équilibre et s'oppose au reste de l'image, dans un équilibre presque parfait de plein et de vide qui forment une symétrie. La vague représente l'instantané, à l'instant où elle va être en rupture par la perte de l'équilibre et est sur le point d'engloutir les embarcations des pêcheurs. Le Fuji apparaît au loin.

 

Hokusai vue sur la mer 01

Katsushika Hokusai

 

Le tableau ne mesure pas 16 mètres de haut, à mon grand regret.

La vague fait référence à cette vague monstrueuse qui détruisit la ville d'Edo.

 

Le pêcheur de Kajikazawa

 

 

Garçon contemplant le Mont Fuji

La neige est la lumière blanche des anges / Neige de Maxence Fermine

 

 

Vent du sud, ciel clair

Gaifû Kaisei 凱風快晴 qui signifie "Vent du Sud, ciel clair"

Le Fuji est rouge, les rayons du soleil levant illuminent le Fuji. C'est l'été, seules quelques traînées de nuage recouvrent le mont. Ce tableau fut réalisé au début des années 1830. Cette série témoigne d'une rupture dans l'art Hokusai. Il privilégie l'aspect inattendu d'un moment saisi dans les sites touristiques, alors que les autres artistes étaient plus conventionnels.

 

 

Mythique volcan où la montagne sacrée. Il ressemble aux portes du ciel

 

Orage sous le sommet

Hokusai a peint le Mont Fuji après l'avoir gravi à la rencontre du petit peuple dans chaque province sur les pentes du Dieu Blanc. Il peint ces paysages avec ces pinceaux qui associent l'onguent des kami (divinités) qui va jusqu'à l'essence des choses.

 

Le pin coussin à Aoyama

Hokusai dans les années 1830 voue un véritable culte à la montagne sacrée. Après trois années consacrées à méditer sur cette divinité, il peint ce chef d'oeuvre, en trente six vues.

 

Hokusai La baie de Tago

Pour accéder au Mont Fuji, il faut traverser la forêt "Aokigahara Jukai" qui regorge de légende. Fuji, le plus haut volcan du Japon (3776m) est reconnu comme une montagne de perdition. Beaucoup de randonneurs perdent leur chemin ; aussi, chaque année, il est organisé une expédition pour retrouver ces corps disparus.

La foret est si dense qu'il est difficile de se diriger en fonction du soleil.

Le sol crevassé est masqué par des branchages, des feuilles.

Bref, un vrai labyrinthe où il ne fait pas bon y aller seul sous peine d'y laisser la vie.


Les Pins de Fuji ou Tôkaidô HodogayaLe Fuji vu de Hodogaya sur la route du Tôkaidô. La route est bordée de pins et les voyageurs passent, l'un a cheval est gudé par un palefrenier, l'autre est assoupi dans un kago (palanquin). Ils ont croisé un moine mendiant coiffé du grand chapeau de paille. Editeur : Eijudo.  Dessins de la série "Fugaku sanjurokkei" ou "36 vues du Mont Fuji"  Signé : Zen Hokusai aratame iitsu (vers 1830-1835)

 

L'ascension du Mont Fuji"Celui qui gravit le mont Fuji une fois est un sage, celui qui gravit deux fois le mont Fuji est un fou" proverbe japonais.

L'ascension nécessite une bonne condition physique. Il faut traverser une zone de nuages et la température est basse, parfois même négative. Au sommet des vents forts vous soulèvent vers le ciel et l'oxygène est aspiré par l'au-delà.

 

Hokusai Fuji de Kanaya

 

 

Hokusai L'arrière du Fuji depuis la rivière Minobu

Hokusai Le temple d'Asakusa Honganiji dans la capitale d'Eastern

Umegawa dans la province de Sagami oules champs du hameau d'Umezawa dans la province de Sagami

 

Hokusai L'ile Tsukada dans la province de Musashi

Soshu hakome kosui

Le Fuji est vu du lac Hakone, dans la province de Sagami. Sur la rive du lac Hakone, on aperçoit parmi les arbres, à droite, les toits du temple d'Hakone Gongen. Des nuages épais de brume découpent le paysage dominé par une colline. La cime enneigée du mont Fuji est à l'horizon. Dessin de la série "Fugaku Sanju Rokkei" ou "Les trente-six vues du Mont Fuji". Signé : Hokusai aratame iitsu no fude (1826-1833) Editeur : Eijudo

 

 

 

Koshu inumetoge Le mont Fuji dans la passe Inume de la province de Kai. Deux voyageurs sont suivis par deux autres, portant de lourdes charges et gravissent péniblement la colline. Dessins de la série de "Fugaku sanju rokkei" ou "Les 36 vues du mont Fuji". Signé : Hokusai aratame IItsu no Fude  (vers 1826-1833) Editeur : Eijudo

 

 

Hokusai La côte des sept lieux

Hokusai La rivière Tama dans la province de Musashi

Hokusai Reflet du Mont Fuji dans le lac Kawaguchi

Le lac Suwa dans la province de Shinano

 

Hokusai Senu dans la province de Musachi

Plage de Sishiri

 

La scierie à Honjo

Rue Suruga

Le mont Fuji vu de la province d'Owari

La terrasse Zazai du temple des 500 Rakan

La maison de thé d'Hokusagawa le matin après une chute de neige

 

Voici un des contes de Lan Lan Hue sur le Mont Fuji

Le labyrinthe s’enroulait vers l’intérieur. C’est une sorte de jeu de l’oie où chaque pion est escargot de cristal. Sous le chemin, des fleurs carnivores, des puits, des prisons, des ponts parfois mais qui ne sont que la toile de fond. L’essentiel réside dans les cases, toutes habitées par des estampes. Ce sont les trente-six vues du mont Fuji. Il n’y a par ici que des âmes errantes se promenant en toute liberté. Entre deux cases. Entre deux vies. Parfois même à saute-mouton. Elles sont les jokers du jeu. Souffles nouveaux. Courants d’air. Bleus, gris, vibrants. Se glissant dans les oreilles de la nuit. Elles chuchotent des histoires improbables.

Le premier escargot de cristal cheminait ainsi de son pas lent. Il pouvait courir, nager, voler. Magie de gastéropode. Mais il ne se pressait pas. L’escargot numéro un n’est pas primaire, c’est un être réfléchi. Il a d’abord survolé du regard, les espaces qui s’ouvraient à lui. Et bien avant que le dé ne soit jeté, gros dé à points noirs, il observait les chemins, analysait les embûches, imaginait des issues insoupçonnées. Les paysages avaient des contours indécis qui lui faisaient imaginer tous les possibles. Che vuoi ? crut-il entendre. C’était sans doute pour cela que les âmes errantes se sentaient chez elles, se disait l’escargot numéro un. Il sourit et pensa :

-Ah, plus besoin de sépulture ici ! Plus besoin de courir. Seulement s’asseoir, parler ou se taire. Habiter enfin, l’hospitalité de la réponse, celle que chacun a trouvée sur son chemin.

Et le voilà qui lance son dé. Ici, un seul dé est en jeu. Un point noir s’affiche. Et l’escargot numéro un glisse doucement vers la première case. C’est la grande vague de Kanagawa. Tout le monde la connaît, avec ses bords frangés d’écume, son bleu de Prusse soutenu, ses blancs, ses gris aux dilutions contrastées. Et là, surgi au sein de la tempête, le mont Fuji dresse son pic blanc. Mais n’est-ce pas plutôt la pointe d’une autre vague, petite sœur venue du ressac ? L’escargot se prit à rêver et à sourire.

Ah ! C’est un jeu formidable ! Je vais le proposer aux musées, le vendre dans le monde entier! Ah, voyager à travers toute la planète.

L’escargot fut rempli d’aise à cette idée. Il imagine le succès, il se voit riche. Mais voilà qu’il décide de ne pas rester trop longtemps sur la case numéro un, le temps se faisait humide sous les embruns. Jetant un œil au-delà, il rencontra une première âme errante. Elle était assise sur le rebord, entre deux cases, ses jambes pendantes débordaient du chemin et semblaient en barrer la route. Elle n’avait pas peur des fleurs carnivores qui poussaient dans l’arrière-scène. Ce n’était plus son problème d’âme errante car la peur de se faire manger toute crue et de passer dans l’autre monde n’existait plus. La première âme errante était une âme paisible, elle vivait en dehors du temps. Elle regardait passer les escargots sur le chemin. Assise en surplomb, elle observait leur comportement avec tant d’attention que l’escargot l’imagina avec un petit carnet où serait écrit un titre en belles lettres rondes, en gras et en italique : « Notes sur les escargots de cristal », ou encore «  A propos des escargots de cristal » avec en sous-titre «  étude sur un lot de deux, époque d’Edo »

Il l’interpella alors, amusé de son idée :
-Ho ! Que penses-tu, toi qui es là, assise entre deux cases ? Vaut-il mieux sauter la case des désastres naturels dès le départ ? Je crains de me faire renverser par la vague ! Cette barque ne me dit rien de bon ! Elle semble bien trop fragile !

L’âme errante lui répondit tranquillement :
-Oh, ça dépend. J’en ai vu, au coup de dé suivant, qui ont bondi à la case six. Elle est magnifique. Puis, tu vas voir, les choses se répètent ensuite. Tu le découvriras au fur et à mesure du chemin. Je ne te dis pas tout. Pas maintenant. Tu n’arriverais plus à être étonné. Ce serait un peu triste de ne plus être surpris dans son voyage.
-Case six, je retiens. Qu’a-t-elle donc la case six ?
-Je t’ai dit : je ne peux rien te dire !
-Oh, un peu quand même ! Juste un peu !
-Bon, juste un peu, alors ?! On peut se transformer ! C’est tout ce que je peux te dire !!!!
-On peut changer, c’est ce que tu veux dire ?

L’âme errante disparut. Elle avait tourné les talons. L’escargot devenait décidément trop curieux. Certains veulent tout savoir dès le départ alors que le trajet est fait justement pour découvrir. L’essentiel est dans le chemin mais pas dans le but à atteindre. Qui ne le sait ? Sur le chemin, l’âme rencontra une consœur avec qui elle ne put s’empêcher de raconter l’histoire et de lui dire, comme pour se libérer :
-Ah, il faut tout leur dire à ces escargots !
-Oui, c’est curieux comme ils se croient intelligents !
-Drôles de petites bêtes…
-Oui, curieux, quand même, ce manque d’humilité.
-Ils veulent tout voir, tout savoir, tout, tout de suite, dès le départ. Ne pas prévoir les bonheurs, les malheurs, ni les surprises…enfin saisir toute la vie, tout de suite !
-Et oui, alors que l’essentiel ne se voit qu’avec le cœur… Ah le cœur, qui donc en a parlé ?
-Je ne sais plus, ce n’est pas bien grave…

Un autre dé fut jeté. Deux. Il n’arrivera pas à la fameuse case six. Tant pis, il passera dessus de toutes façons. Il aboutit à la case trois : « Orage sous le sommet ». Une si belle case. Les nuages sont brillants, surmontant les éclairs d’orage. Le reste du mont flamboie rouge, sombre, garance, terre d’ombre peut-être. L’escargot de cristal médita, à la case trois. Il imagina sa vie. Au bas du mont Fuji. Avec toute la montagne à gravir. Elle lui parut monumentale pour son petit corps de mollusque. Mais le rouge, le bleu lui furent si fascinants qu’il voulut tenter l’aventure. Il remercia le mont Fuji. La dureté de l’ascension lui semblait atténuée par la beauté de ses lignes. Il s’exclama :

-Magnifique, le « Vieux fou de peinture »! Bravo !

Mais il se disait aussi que peut-être de la case trois, il pourrait hisser ses deux petites antennes devant lui, il verrait alors ce qui se passait à la case six.

- Case six, que me racontes-tu donc?
La case six était à son paroxysme.
-N’était-ce pas celle du pin coussin d’Oayama ?

Velouté, floconneux, il semblait ouvrir ses bras pour accueillir le voyageur sous son ombre. Et entre les feuilles, surgissaient les nuages, le ciel et la pointe du mont Fuji. Pèlerins en cette vallée de larmes, ils essayaient tous, de survivre. En travaillant, en marchant, en voyageant. Sur le chemin des trente-six vues du mont Fuji….

Mais un souvenir revint à l’escargot. Dans son éducation d’invertébré, il lui avait été recommandé de converser avec les âmes errantes. Dialoguer avec l’au-delà permet de se distancier d’avec l’immédiateté de l’existence, lui avait-on dit. Ne pas être par trop primaire. Accéder à une certaine métaphysique, avec néanmoins son pendant, l’obsolescence programmée de toute transcendance… Il avait appris tout cela, très jeune. Les âmes errantes avaient un privilège. Elles étaient entre deux mondes. Un pied dans le monde des vivants qu’elles chatouillaient encore. C’est pourquoi elles savaient si bien les comprendre. Mais un pied déjà ailleurs. Fugacités de l’être. En clair-obscur. Dansant dans les rondes du temps.

L’escargot poursuivit son chemin et se retrouva case dix. On y voyait le mont Fuji vu de la province d’Owari. Un tonnelier travaillait dans le cercle de ses anneaux, tel un petit hamster courant dans sa cage de jeu. Pauvres humains ainsi épinglés sur la toile. L’escargot prit pitié de lui mais il se reprit et se dit :

-Il ne faut pas que je me laisse distraire par ces images des siècles passés. Il faut que je m’occupe de mon destin et que je ne me fasse pas doubler par l’escargot numéro deux !

En effet, l’escargot de cristal numéro deux, avait commencé son parcours juste au second coup de dés. Il n’avait pas perdu de temps, il ne s’arrêtait pas discuter avec les âmes errantes. L’important pour lui était de se concentrer pour arriver le plus rapidement au but. Il avait un tempérament de compétiteur. Rien ne lui résistait. Concentré, performant, efficace, il avait toutes les qualités. Mais pourquoi ? Et puis quelle importance ? De toute façon, ils arrivaient tous au cimetière des escargots, là où les coquilles se désagrègent. L’escargot numéro deux eut un dernier sursaut, une pensée lui traversa l’esprit :

-Ici ou de l’autre côté de la terre, quelle différence, maintenant que j’en ai fait le tour, moi aussi. Ici me semblait si loin, si passionnant quand j’avais la tête en bas, de l’autre côté de l’hémisphère. Le monde me semblait tourné vers des vies extraordinaires. Et maintenant que je suis ici, la vie se retourne comme un gant et voilà venir l’envers des choses.

Il sonda son être de cristal. L’interrogea. S’interrogea. Une dernière fois. Comme pour confirmer ses espoirs et vérifier leurs mirages. Une dernière fois :

- Cristal, oh mon doux cristal, ne vois-tu rien venir ?

Mais le cristal resta sans voix. Et les reflets réverbérés sur sa paroi translucide, ne lui montraient en retour que les miroitements des vues du mont Fuji… et la route qui poudroie. C’était une méditation infinie qui puisait sa véracité dans les replis de ses hésitations. Peut-être valait-il mieux absorber les bleus de son âme, se disait l’escargot numéro un, en observant son frère numéro deux. Oui, plutôt que de se dépêcher vers un but certain et se désintégrer tout aussi sûrement.

Il se souvint du bleu de Prusse, si apprécié des peintres. Facile, profond, délicat, multiple en nuances. Bleu de Berlin aux labiales si douces. Vibrant dans son regard d’escargot. Le monde était devenu bleu… Et son chemin plus délicieux encore. L’escargot numéro un arriva ainsi par la grâce d’un autre coup de dé, à la case quinze. Elle était un véritable havre de fraîcheur. C’était celle du pêcheur de Kajikazawa. Tout le monde le connaît ici, pris dans l’effort quotidien de son travail. Lui et son filet de pêche tendu hors de l’eau. Les vagues, la mer, le ciel, bleu, gris, vibrant, tout était là, il ne se laissait pas distraire. Il faisait corps à l’eau, au ciel, à l’air, au mont Fuji. Et la ligne du filet de pêche semblait doubler la courbure du mont, elle en épousait l’ascension.

A ce moment-là réapparut la première âme errante.
-Oh, ne t’éternise pas !!! Les voyageurs semblent toujours fascinés, ici. Ils s’arrêtent. Et les voilà qui lèvent les yeux, à en oublier et la terre, et le ciel, et la montagne !
-Mais pourquoi donc ?
-Tu vois, ils s’imaginent dans la pointe blanche tout en haut, au-dessus du vide, puis les voilà soudain attirés vers le bas, quand le regard suit la ligne du filet de pêche, ils redescendent alors au fond de la mer, puis la vague les ramène en sa courbe sur le rocher où se tient le pêcheur… Ils se perdent dans tous les coins du tableau, ne savent plus où ils sont, ni quels chemins emprunter.

L’escargot de cristal numéro un n’était pas primaire, il prit le temps de réfléchir. Il s’était arrêté lui aussi. Il observait à présent le paysage. Posément. Tranquillement. Sous les cases, il le savait, il y avait des paysages étranges, des fleurs carnivores. C’était une terre piégée qui s’étendait sous le chemin, minée par des pulsions inavouables. Une vie dangereuse s’épanouissait sous la réalité du monde…, celle du mont Fuji de l’époque d’Edo. Il avait peur de laisser traîner son corps de gastéropode en dehors des marges des cases. Qui sait ce qui aurait pu arriver… Il avait peur de se faire aspirer dans un trou du temps. Sans compter que l’escargot de cristal numéro deux galopait devant lui, loin devant maintenant. Il ne voyait même plus la case où il était. Le jeu lui sembla soudain étrange et toutes ces agitations bien inutiles. Il décida de faire une pause à la case vingt-trois, sur la terrasse Sazai, au temple des 500 Rakan. L’histoire ne le concerna plus. Il avait décidé de s’arrêter là pour toujours, pour suspendre le temps. Il s’est endormi, recroquevillé dans sa coquille transparente de cristal. Son compère numéro deux, pendant ce temps, était arrivé, haletant à la dernière case. Epuisé, essoufflé, il s’est effondré, terrassé. Infarctus du myocarde. La nécrose l’immobilisa pour toujours. Sa coquille d’escargot, soudain, s’est désintégrée, une fois la ligne d’arrivée franchie… Il faisait très chaud ce jour-là. Ni son âme, ni son corps n’ont tenu le coup.

Les âmes errantes étaient au balcon, à cheval sur les cases, elles ont alors soupiré, observant du haut de leur ciel d’âmes errantes, la vie terrestre des escargots voyageurs. Elles se sont alors exclamées :

-Toujours la même chose ! Ils croient toujours qu’il faut se dépêcher, courir, voler, être performant, faire le maximum de choses le plus vite possible…
-Regardez où ça finit !
-Comment ça finit surtout !
-Pas même le temps de voir le soleil, les nuages, la mer bleue, l’écume des vagues.
- Quelle pitié !

L’escargot numéro un s’était assoupi. C’était sur une terrasse où l’on danse, où l’on bavarde, devant le mont Fuji. Face au ciel, à la terre, à l’eau. Plus loin, il y avait une maison de thé. A la case 24. Ce n’était pas un débit de boissons alcoolisées. Seulement une maison de thé. L’escargot de cristal s’était arrêté. Il avait oublié le but du chemin. Il sirotait son thé aux feuilles fraîches. Le breuvage était d’un vert profond et les vagues du jour y miroitaient. L’escargot en humait le parfum, il aimait sentir frissonner l’eau sous le vent, il aimait se rassasier d’herbes sauvages. C’était un festin anisé cueilli le long du sentier de montagne qui s’offrait à lui. C’était une promenade au sein de la nature. Il s’y blottit et, avec son petit corps de mollusque, il venait se frotter à la dureté du monde. Mais la nature avait, elle aussi, trouvé son refuge. Elle se promenait maintenant dans son corps de gastéropode, de façon inversée, en miroir. Ils se promenaient l’un dans l’autre. Ils n’étaient plus qu’un seul corps, qu’une seule matière. Et la nature et ses chemins escarpés s’étiraient en lui, dans ses boyaux d’escargot qui charrient habituellement de la terre. Et la terre est devenue fertile, prospère, rieuse car pleine de promesses. Alors au sein de ses entrailles de cristal, la vie cachée du monde de l’herbe est venue s’épanouir. La neige est tombée sur la maison de thé de Koishikawa. C’est l’hiver, la fin de l’année arrive. Son manteau blanc a fait ployer l’arbre au-dessus du toit de la petite maison de thé. Les visiteurs devisaient. Le thé est chaud. Vert. Blanc. Rempli de ses sommités printanières.

L’escargot de cristal numéro un avait oublié de bavarder avec les âmes errantes. Il n’en avait plus besoin. Il s’était arrêté, à la maison de thé de Koishikawa, sur cet ilot en dehors du temps. Il avait repris son rythme d’escargot. Sa nature d’escargot. Il prenait tout son temps, s’attardant sur le bord d’un nuage pour admirer un éclair de lumière. Sous lui, prospéraient les légumes inconnus, les fleurs carnivores, les puits insondables. Et malgré tous leurs attributs, ils ne rivalisaient pas avec les traits et les couleurs du « Vieux fou de peinture ». L’escargot numéro un s’était éternisé à la case vingt-quatre de Koishikawa. A l’intérieur des trente-six vues du mont Fuji.

Texte initialement publié sur le blog : http://lescosaquesdesfrontieres.com/2014/04/#_ftn1

 

Sur la plaine de l'océan

 

Peintre, dessinateur, graveur... l'artiste a un trait fin pour décrire les paysages avec des airs de l'occident, il dompte les principes traditionnels de l'art japonais. A cette époque, il est interdit de sortir du Japon. Ces oeuvres sont faites principalement sur du papier ou de la soie. Il sait aussi croquer les traits, la physionomie et est connue également pour son répertoire de grimaces.

 

Le pavillon du turbo cornu

 

Danses masculines, HokusaiPage du recueil Otoko dôka ( « Danses masculines »), 1797-1798, Impression polychrome (nishiki-e),
recueil de kyôka illustré (kyôkabon),
Editeur : Tsutaya Jûzaburô,
Signature : Hokusai Sôri ga,
Don Alexis Rouart, 1894, EO 228

 

J'ai admiré ces dessins de carpe, crevette, souris, singe, coq, renard, cormoran croqués avec tant de réalisme qu'il faut un oeil expert pour connaître la symbolique. La carpe, par exemple, représente la persévérance, tandis que la tortue amène l'attachement au sol par opposition à la grue qui incarne le détachement. La crevette m'inspire par ses couleurs floues. L'hololturie, un nom si étrange pour désigner le concombre de mer.

 

Deux carpesC'est une oeuvre rare car un seul exemplaire existe au monde de ces deux poissons. Il fait partie de la série qui était destinée à orner les éventails (qui comporte également : canards, fleurs, oiseaux). Ces carpes se détachent du fond orné d'algues. Les yeux des poissons sont peints en bleu de Prusse. L'oeuvre est signée "Pinceau d'Iitsu, anciennement Hokusai".

 

Hokusai Coq

 

Hokusai Singe

Grenouille sur la branche

Hokusai Poissons

En Extrême-Orient, un poisson seul représente la richesse ; par paire, ils évoquent l'union, la félicité conjugale et la fertilité.

 

Katushika Hokusai Trois tortues d'eau


Hokusai Oiseaux

Katsushika Hokusai Bullfinch and weeping cherry

Bec croisé sur chardon

Tortues - 1798

Cette estampe fut distribuée par Hokusai à ses amis, afin de les informer qu'il change de nom d'artiste et qu'il signera désormais "Sori". En haut à gauche, le texte rédigé par un de ses proches souhait que la lumière de l'étoile polaire (signe de Hokusai) brille plus fort encore sur lui. Toute sa carrière, Hokusai pris une vingtaine de fois un nouveau nom d'artiste. Celui qu'il garda le plus longtemps est "Pinceau de Manji, le vieil homme fou de peinture, anciennement Hokusai".

 

animal

Hokusai Poulets

Deux grues sur un pin couvert de neige

Hokusai Carpe 02

 

Katsushika Hokusai Gotô kujira tsuki - 1830

Il produit des estampes, des peintures, des gravures, des éventails, des manuels de peinture, des calendriers, des livres imprimés, des manuels scolaires... soit plus de 30 000 oeuvres estimées comme des trésors nationaux au Japon. Il est l'inventeur du terme "Manga" par ses dessins spontanés. Les dessins "Hokusai Manga" sont fait sur quinze volumes durant la période de 1814 à 1878.

 

Katshushika Hokusai Le Mont Fuji avec les cerisiers en fleur

 

Le char impérial Katsushika Hokusai

Le ramasseur de chataîgneLe ramasseur de chataîgne pourrait être Kensan, le serviteur du Daruma. Il est légèrement penché et tient un balai dans sa main droite et dans sa main gauche, une pelle en osier. Dessin signé Hokusai. Le vieillard fou de dessin, âgé de 80 ans.

 

 

Hokusai Moissoneurs au travail

 

Rivière Minobu

Hokusai Gravure 01

Hokusai Gravure 02

Hokusai Campagne avec deux moissonneurs

Ueno

Hukosai Tokaidô

La baie de Noboto

Katsuhika Hokusai Jeune femme faisant o-hyakudo Egoyomi

Katsuhika Hokusai Jeune femme lavant son linge

Katsushika Hokusai Agriculteurs
Signé : Zen Hokusai Manji ô fude


Hokusai s'est installé par seulement dans la ville d'Edo (aujourd'hui, Tokyo) où il s'inspira de la rivière "Sumida" ; non, c'est un peintre qui croquait la vie et qui vécut dans cent endroits différents.

 

La gestuelle des personnages est une sorte de pantomine et leur expression, voire les mimiques des personnages sont caricaturales. Cet art est subtil car il développe une atmosphère et l'interprétation est remarquable. Il s'inspire du folklore japonais et développe ce côté fantastique. Il ne manque plus que la musique pour soutenir cette ambiance.

 

Ono, le crétin

Hokusai Manga 13

 

Manga

Carnet de croquis N° 1

Ce carnet de croquis N°1 fait partie des 15 cahiers "Hokusai Manga" qui furent édités à partir des années 1810. Le premier cahier obtint un tel succès que l'éditeur en publia jusqu'à 10 volumes, puis 15. Le terme "Manga" désignait à l'époque un dessin libre, une esquisse.  C'est seulement au XXème siècle qu'il devint au Japon, synonyme de "bande dessinée". Tous les thèmes sont abordés, y compris celui du reptile que vous voyez sur cette page : batraciens et insectes.

 

Ôiso

 

 

 

Hokusai peint la lune, alors que la lune éclaire son étoile. La lune dessine dans l'eau les traits des ombres qui marchent et accompagnent chaque personnage.

 

Miroir de Chine -1830 HOKUSAI

 

 

 

 

Hokusai Oiso

 

Katsushika Hokusai Futakawa

Katsushika Hokusai Oni no nanatsume

Il peint les militaires très poilus, il semble que cela soit des soldats chinois ! J'avais pourtant pris habitude que les asiatiques sont imberbes.

Le miroir est souvent repris car il reflète sa propre image qui incarne un acte de foi comme l'antique injonction delphique "Connais-toi toi-même". La présence du miroir fait partie des objets légitimés par le pouvoir comme l'épée, le joyau et donc le miroir.

Le saké est un breuvage issu de la fermentation du riz. Hokusai, dans un ouvrage plein d'humour décrit ses arômes de fruits frais ou fleuris. Voici une de ses paraboles :

"S'il y a le moraliste, qui dit qu'à la première coupe, c'est l'homme qui boit le saké, qu'à la seconde coupe, c'est le saké qui boit le saké et qu'à la troisième coupe, c'est le saké qui boit l'homme".

 

 

Nous arrivons à la partie la plus érotique, voire pornographique. Là, les vitrines laissent penser que les visiteurs se sont approchés. Des traces de doigts, de front, de nez s'ajoutent aux dessins. La chair est explorée sous le titre "shunga" qui exprime le sexe et le plaisir.

Les portraits sont autres que des pénis, des organes génitaux exposés, un déballage de marchandises qui se monnayent ou qui s'offrent au plaisir de ces couples et des yeux des visiteurs.

Les oeuvres ne sont pas souvent signées et pour cause, les règles de censure qui étaient en place sont strictes.

Les sept Dieux du bonheur sont représentés chez les japonais par des femmes.

 

La représentation de Hokusai de la femme avec le poulpe reçoit toute l'attention des visiteurs.

 

 

Le rêve de la femme du pêcheurTako to ama 蛸と海女 "La femme de la mer et le poulpe"

Estampe qui représente une femme prise dans les tentacules de deux pieuvres. Une l'embrasse et s'enroule autour de sa poitrine, tandis que la deuxième pieuvre semble faire un cunnilingus à la prisonnière. Ses yeux se noient dans le vague (pas la Grande Vague !), l'extase est le prisme de cette métaphysique. Cette oeuvre érotique est un fantasme zoophile de cette femme. 

 

Hokusai Shunga 03

Urashima Taro

Katsuki Hokusai Shunga 04

 

Katsushika Hokusai Shunga 11

 

Katsushika Hokusai Shunga 16

Katsushika Hokusai Shunga 10

Katsushika Hokusai Shunga 05

Hokusai Shung Les amoureux

Hokusai Shunga Amour devant la fenêtre

Hokusai 06

Hokusai 16

Katsushika Hokusai Les amants qui s'embrassent

Hokusai Katsushika Shunga 21

Katsushika Hokusai Shunga 17

Hokusai 17

Hokusai Shunga 02

Hokusai Shunga 01

Katsushika Hokusai 17

Katsushika Hokusai Shunga 12

Katsushika Hokusai Shunga 15

Hokusai Shunga 20

Katsushika Hokusai Shunga 14

Hokusai Shunga 25

Katsushika Hokusai Shunga 18

Lesbiennes

Hokusai Shunga Orgasme

Hokusai Shunga 1821

Katsushika Hokusai Shunga 19

Hokusai Shunga 34

Katsushika Hokusai livre Jeu de miroirsHomme s'habillant en costume de la danse du lion, homme se relaxant en s'allongeant après l'intensité des amours.... Vers 1816-20

 

Hokusai Shunga 18

Bon, j'en ai pas trouvé "cinquante nuances" comme dans le livre érotique de E L James...

 

 

Les vêtements décrits sont raffinés. Sous la méthode des penseurs de plomb qui n'est autre que la révolte en pensées pour tenter de vivre sous cette chape de plomb qu'est l'isolement d'Edo, Hokusai décrit sa vie, son oeuvre. Son oeuvre rayonne comme une énigme. Ce génie fut canonisé à sa mort, lorsqu'Edo fut libéré et la mode du japonisme lancée.

Le divertissement semble l'oeuvre de l'artiste tant le détail aboutit à notre curiosité.

 

Hokusai n'a cessé de changer d'école, de style ; Et, à chaque période, il a changé de signature. Les détails sont fouillés et parfois, d'un seul coup de pinceau, la forme surgit.

Les grands maîtres de l'art japonais sont bien Hokusai et Hiroshige. Auparavant les japonais utilisaient une tradition chinoise pour leurs dessins car ils peignaient ou écrivaient au pinceau avec de l'encre de Chine. A l'époque d'Edo, les congrégations religieuses chrétiennes avaient prises la décision de couper tout contact avec les pays étrangers durant la période de 1603 à 1868. De cette situation, une culture particulière est apparue.

 

Hokusai Estampe Ono

Jolie femme

Longue vue

Longue vue de la série "Sept manies des jeunes femmes sans élégance" est un portrait de deux femmes dont l'une semble très intéressée par le spectacle qu'elle découvre au bout de sa longue vue.

La nuque des femmes, ainsi que les pieds sont précieux. Les orteils sont mirifiques par leur ciselé. Leurs regards, les tissus qui les ornent sont soyeux.

Les "Maisons Vertes" sentent les effluves des caresses des célèbres courtisanes Ohisa et Okita.

 

 

Jeune paysanneBuste d'une jeune paysage dont le visage est tourné vers la droite. Elle porte sur le dos un panier rempli de pousses d'herbes fraîchement cueillie. Trois poèmes sont inscrits qui sont signés de Chiyoki Hananori, Unryu tei et Hanzai Ogi. Le tableau est signé "Sori" de 1799 (Année du mouton)

 

 

Portrait d'une courtisane qui marche 

 

Hokusai Femme 02  Hokusai Femme 01

Hokusai Femme 07 Un joli reflet contenu dans le miroir

Hokusai Femme 03 Hokusai Femme 04

Hokusai Femme 05 Hokusai Femme 06

Deux beautés Hokusai Geisha 01

Hokusai Beauté

Hokusai Geisha 02

La poétesse Ono No Komachi

Katsushika Hokusai Beauté et tête Katsushika Hokusai Femme 06

Hokusai 19

 

 

 

Jeune homme au kimonoIl est agenouillé, vêtu d'un komono de cérémonie et se prépare à la cérémonie du thé. Deux jeunes femmes l'observent à travers un shoji partiellement ouvert. Le poème inscrit est signé SEntai Narieda. Dessin de la série : Rokuju sohiawase. Cette série d'écrits est due à six femmes. Dessin signé Gakyo jin Hokusai ga (1804-1805)

 

Hokusai Manga est un carnet de croquis en quinze volumes. Il est conçu comme un manuel à l'usage des jeunes artistes. Une sorte d'encyclopédie de la vie quotidienne au Japon sous l'époque Edo. Hokusai fut le témoin de la révolution sociale et mit en théorie, l'image du "Carpe Diem" des préoccupations bourgeoises et pacifiques. Il utilise le "mitate" ce qui revient à dire qu'il transpose ce qu'il voit par le biais d'une opération mentale en une autre vue plus représentative, voire symbolique.

Le mot "Manga" est de sa signatue et signifie : esquisse spontanée.

Si l'on revient aux 36 vues du Mont Fuji, elles sont la représentation du Fuji-Yama et ressemble au mitate des 36 pas.  C'est une pratique spirituelle qui transcende le monde visible pour aller vers l'autre monde. Dans la montagne, il faut voir la rencontre avec l'autre monde, avec les morts, avec des êtres étranges. Cette montagne est donc une montagne matrice qui fait l'objet d'un culte par des confréries "Fuji-ko". Le Fuji symbolise le pilier du pays pour les chōnin (町人, « citadins »). Ce sont des citadins japonais de l'époque d'Edo (1603-1867), cette classe sociale est très prospère par leurs commerces et réside dans les villes (chō). Cette classe fait partie de la 4ème caste : la dernière, après les guerriers et les agriculteurs et les artisans. Dans ce système, l'individu n'existe que par son rôle dans la classe sociale et il a de très rares occasions pour gravir l'échelle sociale. Les commerçants sont classés comme improductifs, tandis que les "samouraïs" ont une culture axée sur la philosophie, d'un apprentissage claissque basé sur des valeurs militaires. Les règles du commerce sont régies par des codes de conduite aussi stricts que ceux appliqués aux samouraïs. Mais la culture des commerçants est formée d'idéal connu sous le nom d'Ukiyo ou "le monde flottant", le monde de l'élégance et du divertissement populaire.

Il n'y a pas que 36 vues, mais 46 planches d'estampe.

 

Hokusai Voyage sous la neige

Un poème c'est une eau qui s'écoule, comme cette rivière  / Neige de Maxence Fermine

 

La représentation est selon la perspective aérienne. Le mont est séparé du ciel bleu par d'abondants nuages qui font contrastes avec le plateau couvert d'une forêt de conifères. Trois couleurs s'opposent le bleu, le marron et le blanc. Les nuages sont utilisés pour décaler le ciel de la terre et permettent de combiner le vide et le plein.

Ces 36 vues inspirèrent le compositeur De Bussy pour sa partition "La Mer".

Cet art de la société urbaine est illustré et publié pour contrecarrer la censure des moralistes de la ville d'Edo. Les personnages sont des chōnin, fins connaisseurs des quartiers de geisha. L'imagerie est d'un grand réalisme avec une dimension critique, voire satirique. C'est une littérature populaire, une nouvelle forme d'art non reconnue comme oeuvre d'art jusqu'à la fin de l'époque Edo.

 

Volubilis

 

 

Fleur de pavot

Sauterelle et iris

Fleurs et rainette

 

Kastushika Hokusai Pavots dans la brise

Hokusai Fleur 02

 

 

Orchidée orange

 

Pivoines et papillon

 

 

Les campanules chinois


Hokusai Couverture manuel N° 1 Chrysanthèmes

Ce manuel illustré est pour les filles. 1 volume complet, couverture de couleur marron, rayee et illustree a motifs de chrysanthemes en couleurs, avec etiquette de titre imprimee en noir sur fond rose.

 

 

Anecdote

Les œuvres du célèbre japonais d'Hokusai étaient très convoitées par les membres de la famille royale nipponne. Un jour, un noble demanda à l'artiste de lui peindre l'image d'un oiseau très précieux. Il confia donc son oiseau à Hokusai qui lui dit de revenir une semaine plus tard. Le bel oiseau manquait à son maître. En plus d'être anxieux de récupérer son animal favori, il l'était aussi pour sa précieuse peinture.
Cependant, lorsqu'il se présenta une semaine plus tard chez Hokusai, ce dernier lui demanda, humblement, un report de deux semaines qui se prolongea à deux mois, puis à six mois...
Un an plus tard, l'aristocrate fit irruption, tel un ouragan, dans le studio du peintre.
Refusant tout retard supplémentaire, il exigea son oiseau et sa peinture. 

À la façon japonaise, Hokusai salua l'aristocrate, puis se tourna vers sa table de travail et y choisit un pinceau et une grande feuille de papier de riz.
En quelques instants, il termina sans effort la reproduction parfaite du bel oiseau.
Le chef-d'œuvre laissa le noble bouche bée qui se mit en colère: «Pourquoi m'as-tu fait attendre pendant un an, alors que tu pouvais terminer ton travail aussi rapidement ? »

«Vous ne comprenez pas», répliqua le peintre. Il escorta alors l'aristocrate dans une pièce dont les murs étaient tapissés de reproductions du même oiseau, mais la dernière version les surpassait toutes en grâce et en beauté.
Texte recueillie sur : http://xavierlavie.blogspot.fr

Hokusai va inspirer Van Gogh, Pissaro, Toulouse-Lautrec, Renoir, Degas, Camille Claudel, Claude Monet notamment dans les "Nymphéas". Pour Claude Monet, je vous conseille de lire : les nymphéas noirs de Busi qui retrace bien cette découverte du monde asiatique par Monet. La vague inspira le compositeur français Claude Debussy, dans "La Mer". Dans un autre domaine, la marque "QuickSilver" utilise dans son logo, l'emblématique vague.

Le semeur au soleil couchant de Vincent Van Gogh

 

 

Utamaro le précède, tandis qu'Hiroshige viendra clôturé cet art.

 

Hiroshige Dans les montagnes enneigées

Hiroshig 53 vues de Tokaido 14 Hara

Deux femmes et un coolie

 

 

Nuit de neige à Kambara

Hakone

Les 63 stations du Kiso Kaido Seba

 

 

Les 53 stations de TokaidoPeinture de Hiroshige

 

5ème station

Les rivières d'Asukasa durant la fête du coq

Barque dans le sable du fleuve Tenryu

 Hiroshige - Carpe -

 

 

 

Expression"Vers l'âge de cinquante, j'ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j'ai produit avant l'âge de soixante-dix ans. C'est à l'âge de soixante-treize ans  que j'ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc.  Par conséquent, à l'âge de quatre-vingts ans, j'aurai fait beaucoup de progrès, j'arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidèment parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l'âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens parole.
Ecrit à l'âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd'hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin."

Katsuhika Hokusai

 

 

 

1ère partie - Hokusai fou du dessin

 

Hokusai Dessin 12

 

Hokusai Pêche

 

 

Hokusai Surimono 01

Hokusai Surimono 005

 

Hokusai urimono 06

Hokusai Surimono 07

Hokusai Surimono 08

Hokusai Dessin 03

Hokusai Surimono 10

Femme dans son intérieur
Femme dans son intérieur 1799

 

Hokusai 54

Hokusai 57

Hokusai scène de vie 01

Hokusai Scène de vie 02

Hokusai Peinture 8

2ème partie - Hokusai manga

3ème partie - Hokusai au cent histoires de fantômes

Voir photos "Spectre d'Oiwa-san"

Ce sont des créatures intangibles sorties d'Hokusai ou du moins du folklore de la culture populaire. Ces créatures imaginaires sont des "Yokaï", monstre bizarre. Ces histoires étaient auparavant des récits oraux, transmis de génération en génération, comme une mise en garde ou un avertissement. C'est à l'époque "Edo" que les peintres ont mis un visage sur ces farfadets.

 

Manoir aux assiettesCent contes de fantômes Hyaku Monogatari Sarayashiki

 

 

Spectre d'Oïwa-San

Le "Spectre d'Oiwa-San est un fantôme qui appartient à une série qui illustrait l'ouvrage "Cent contes de fantômes". Au Japon, le qui portait ce nom consistait à raconter des histoires de spectres, lors des réunions. L'histoire dit qu'au bout du centième conte, un évènement surnaturel devait se produire. Oiwa est représenté par Hokusai, c'est l'héroïne d'une fameuse pièce de Kabuki "Les fantômes de Yotsuya" qui sort d'une lanterne. Cinq estampes seulement de cette série sont connues, le doute subsiste si cette série fut achevée.

 

Le conte du fantôme de Kohada KoheijiL'assassinat de Koheiji par sa femme et son amant. Son fantôme serait venu hanter les deux assassins dans leur lit entouré d'une moustiquaire. Cette histoire fut rendu populaire par l'écrivain Santô Kyôden, connu sous le pseudonyme d'artiste d'Ukiyo-e Kitao Masanobu dans le livre "Belle histoire de vengeance à l'étang d'Asaka". Cette histoire fut adaptée dans une scène de Kabuki et connue un très grand succès. (Archives Musée Guimet)

 

Rokurokubi

 

 Le Rokurokub est un yokaï humanoïde le jour et dont le cou s'allonge la nuit. Il ou elle boit de l'huile de lampe et fait peur aux gens, voire les dévore dans leur sommeil.

 

 

Cou coupéA plusieurs reprises, Hokusai représente des têtes coupées. Dans l'histoire du Japon, les amouraïs tranchaient la tête de leurs ennemis. Ces trophées étaient appelés "Nantakubi". Ces dessins sont réalisés à l'encre de Chine, rehaussé de quelques traits de couleurs avec des influences occidentales comme en témoigne l'utilisation du clair-obscur, technique empruntée aux peintres européens.

 

 

Hokusai Dragon 03

Hokusai Le dragon 02

Cette oeuvre démontre l'humour d'Hokusai car elle représente sa fille "Oi" qui verse du sake dans une coupe. C'est un jeu de mots pour comparer le sobriquet artistique de sa fille : "Oi Sakae".

La représentation de l'homme en costume de samouraï traditionnel qui regarde l'amour se déverser dans son bol.

 

 

Minamoto no Tamatomo

Hokusai dessin 03

 

Crâne

4ème partie - Hokusai, voyage au fil des cascades des différentes provinces

 

Hokusai Cascade


 

 

 

CascadeTour des chutes d’eau des différentes provinces (shokoku taki meguri),
La cascade de Kirifuri sur le Mont Kurokami dans la province de Shimotsuke  (Shimotsuke Kurokamiyama Kirifuri no taki), 1833,

Impression polychrome (nishiki-e),
Format ôban,
Editeur: Eijudô, Signature: zen Hokusai Iitsu hitsu,
Donation Norbert Lagane, 2001, MA 12179

 

Cascade

Voyageurs sur un pont

Hokusai 15

Les premiers plans sont à l'image d'Hokusai. Conçus par le jeu de triangles, comme le toit de la maison qui répond à celui du ponton. La scène est alors adoucie par l'utilisation de lignes horizontales comme celles du plan d'eau et du paysage. Les lignes verticales amènent le regard vers le haut et donne le côté spirituel d'Hokusai. L'exemple de l'arbre au premier plan, ainsi que les sommets des montagnes démontrent cette technique.

 

Hokusai, Kyôka no Fuji

Katsushika-Hokusai 1805-1805 Mont Fuji sous le pont

Le pont Nihonbashi sur l'Edo

 

Le marché aux poissons sur la rivière Edo près du pont Nihonbashi

Hokusai Dessin 04

 

5ème partie - Hokusai, mille images de la mer ou le monde flottant

6ème partie - Hokusai, au fil du pinceau
Avec la peinture, il se consacrera au kakemonos qui sont des grandes estampes polychromes sur soie dans le registre animalier.

Autoportrait d'un vieil homme -1939-

L'humilité -1939-

L'humilité est une caractéristique qui n'est pas donné à tout leader créatif. C'est surtout un comportement qui devrait se cultiver. L'absence d'humilité cause la chute de nombreux artiste. Ils commencent à croire que ce que disent leurs admirateur et s'en imprégnent. Avec le vocabulaire de l'enfance, il pourrait être dit : "Ils deviennent trop grand pour leur culotte" et ils commencent à croire à leur propre presse.

Apprenez à cultiver le trait de l'humilité. Aucun d'entre nous n'est parfait et nous faisons tous des erreurs, tant dans notre vie personnelle que dans nos créations artistique. Il faut toute une vie pour devenir un Maître et, même alors, nous pourrions ne pas l'atteindre avec cette désignation. Soyez reconnaissants pour ce que vous avez reçu et chercher à rester humble.

Nous sommes souvent pris par nos activités journalières que nous oublions que la vie est courte. Aujourd'hui ici et demain disparu. Si l'on ramène notre vie aux éons du temps, nous vivons qu'une seconde. Cette image devrait nous permettre de rester humble. Ainsi, si vous regardez notre place dans l'univers, ce phénomène s'emplifie.

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18 Octobre 2014

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Dimanche 2 novembre 2014
Mise à jour  : 2 novembre 2014
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Katsushika Hokusai (1760-1849) est aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre à travers le monde. Son oeuvre peint, dessiné et gravé incarne la spiritualité et l’âme de son pays, particulièrement ses estampes de paysages, synthèse remarquable entre les principes traditionnels de l’art japonais et les influences occidentales.
Conçue en deux volets, l’exposition présente 500 oeuvres exceptionnelles, dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture du musée Hokusai, à Tokyo en 2016. 
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais. - See more at: http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/hokusai#sthash.4UYs4z3v.dpuf
Katsushika Hokusai (1760-1849) est aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre à travers le monde. Son oeuvre peint, dessiné et gravé incarne la spiritualité et l’âme de son pays, particulièrement ses estampes de paysages, synthèse remarquable entre les principes traditionnels de l’art japonais et les influences occidentales.
Conçue en deux volets, l’exposition présente 500 oeuvres exceptionnelles, dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture du musée Hokusai, à Tokyo en 2016. 
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais. - See more at: http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/hokusai#sthash.4UYs4z3v.dpuf
Katsushika Hokusai (1760-1849) est aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre à travers le monde. Son oeuvre peint, dessiné et gravé incarne la spiritualité et l’âme de son pays, particulièrement ses estampes de paysages, synthèse remarquable entre les principes traditionnels de l’art japonais et les influences occidentales.
Conçue en deux volets, l’exposition présente 500 oeuvres exceptionnelles, dont une grande partie ne quittera plus le Japon à compter de l’ouverture du musée Hokusai, à Tokyo en 2016. 
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais. - See more at: http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/hokusai#sthash.4UYs4z3v.dpuf

04 octobre 2014

Carnon, se souvenir ? Mot de passe oublié

 

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Carnon n'est pas singulièrement jolie comme station balnéaire. Cette station est le produit de la civilisation urbaine. Je la préfère après les orages, quand les intempéries ont lessivé la plage, la rendant plus sauvage, soit dit avec plus de cachet.

Après le drapeau rouge et les alertes climatiques de la même couleur, aujourd'hui le temps est clément et propice à la baignade. L'eau est à 21° en ce 3 octobre 2014. Les vagues s'approchent puis s'étalent sur le sable.

Bulle de coquillage Carnon

La mer est sans routes, la mer est sans explications. (Sic Alessandro Barrico dans Océan Mer)

Carnon, c'est une vie pour certains montpelliérains car c'est le port de plaisance des montpelliérains. Ils y retrouvent leur passé et les souvenirs des premières vacances avec le camping, les bicoques en front de mer et la liberté. Les étangs, l'odeur des algues, les pontons où les barques attachées entrechoquent leurs voiles latines, c'est de cela que je vous parle.

Autrefois, Carnon était appelé Carnonville-la-Mer. Et si l'on remonte le temps, l'histoire nous rappelle la Baronnie de Carnon. Le Grau dit port de Carnon est cité dès 1303. Il est la propriété des Chevaliers de Malte qui le garderont jusqu'à la Révolution. Les anciens textes attestent que l'endroit était invivable par les moustiques, mais également par la présence de corsaires, d'odeurs pestilentielles, d'ensablement et la mauvaise qualité de l'eau. Les zones humides étaient peu peuplées car soumises au paludisme et razzias.

Cascail à Carnon

Les bons souvenirs sont des bijoux perdus, citation de Paul Valéry

A l'origine, cela se passsait dans ces petites maisons avec courette à l'arrière. Les bicoques de l'avenue Grassion-Cibrand s'entouraient de marmots. En scrutant le passé, les plus grands étaient assignés à la corvée des pains de glace qu'ils devaient aller chercher à la voiture journalière. Cela permettait de conserver les poissons du jour et les crabes pêchés dans les rochers du canal.

A l'époque, il n'y avait pas de commodités, ni d'eau courante. Le ravitaillement en eau potable se faisait à Palavas, à l'aide de bidon. L'eau usée se déversait dans le ruisseau caché par les taillis de roseaux avant de rejoindre les zones humides de cette vaste étendue.  Derrière, ce n'était que étang promis un jour à la création du nouveau port. L'étang communique avec la mer par le "Grau de Carnon". Le tout-à-l'égoût viendra qu'aux années 1980.

Sur la plage, les marchands de chouchou poussent leur inconditonnelle carriole pour tenter petits et grands. Mais, il est rapporté que déjà en 1858, Jean Jovenel de Pérols vendait des rafraîchissements sur les rives droites et gauches de Carnon.

A l'heure du pastis, point de commodité et  chacun devait ramener son siège pliant. Autour des bijus, des sardines grillées et de quelques moules, la discussion s'enmêlait.

Le soir, les dancings écumaient la jetée au même titre que les moustiques. C'était l'insouciance voire le bonheur.

Les pêcheurs se retrouvent les soirs de tempête sur la digue pour pêcher la daurade, l'unique, celle qui ne tient pas dans une main. A cette époque l'argentique ne permettait pas de ramener une photo pour donner du sens à la réalité, alors chacun racontait sa pêche et prenait des airs de Marseille ! Les noms restent ancrés comme Emile & Lucie Bruel.

Si l'on fait une plongée dans le passé, l'on découvre que jusqu'en 1288, la pêche se faisait en nacelle, c'est-à-dire la petite barque sans mât ni voile, sur l'étang. Il faisait "le globe", variante qui utilise un filet carré. Puis par la suite, ils utilisèrent un filet linéaire appelait "trémaille" long de 100 mètres tenu par deux piquets à chaque extrémité et dans lequel le poisson s'attrapait par les ouïes. L'étang s'est détérioré lors de la construction de la Grande Motte, dans les années 72 et a entraîné le changement au niveau de la vase devenue noire alors qu'elle était grise. Les maniguières et les bordigues ne sont plus entretenues. Voici les stigmates de la pollution urbaine, côté étang. Dans les années 50, 200 familles vivaient de la pêche.

Dès 1905, l'installation de meublés entraîne la présence de la bourgeoisie de Montpellier.

Le cordon dunaire appartient côté sud-est à la station de Carnon. Dans l'étang, l'on peut pêcher des jols, des dorades, des loups et lorsque arrive l'automne des petites soles. L'étang d'une profondeur de 80 cm n'était pas autrefois rattaché à la mer. C'est à travers les eaux d'un autre étang dit "étang d'Avranches" qu'il fut mis en communication avec la mer, alors qu'il en était séparé par le canal des étangs. Cet étang alimenté par 4 rivières dont le Vidourle, est peuplé d'oiseaux aquatiques tels que macreuses et canards. Il est même recensé qu'il y avait des macareux !

Le nouveau centre ville vit le jour aux années 70. Il recula de deux rangées d'habitation pour s'installer sur le nouveau port avec ses barres d'immeubles où le vent ne peut s'engouffrer. Sa situation géographique lui donna sa réputation.

Les petites boutiques regorgent de souvenirs en tout genre et il n'est pas rare de retrouver les mêmes horreurs de décor en coquillage sur chaque buffet de cuisine, au même titre que le thermomètre en forme de dauphin.

Le coin politique se trouve à la séance de billard, sur le quai qui longe bien plus tard le nouveau port. C'est là où l'on débat si Carnon doit rester rattachée à Mauguio ou enfin, être reconnue comme une ville à part entière.

Une des maisons les plus anciennes qui se situe au bord de l'eau se remarque par sa tour ronde qui dépasse le premier étage. Elle s'appelle "La fourmilière" et se trouve au bout de la rive gauche en allant vers la Grande-Motte. Pourquoi "Fourmilière", vous dirai-je ?

Les noms des villas de Carnon a un sens, ils évoquent l'architecture, le propriétaire. Ainsi l'on trouve "Villa Germaine", "Villa Mon Rêve", "Fourmilière"...

Pince retenue - Carnon

 

L'érosion de la côte est une dynamique naturelle et malgré les efforts humains, elle ne peut être empêchée. L'urbanisation exacerbe les processus naturels. Carnon est peu exposée aux tempêtes. La fréquence est une tous les trois ans et de ce fait, la mer gagne du terrain !

Connaissez-vous, la "saladelle", cette plante ancrée dans la tradition ? Elle est aussi appelée "lavande de mer". Si vous longez les roubines, le chemin est bordé de saladelle. Les roubines sont des sortes de rigoles creusées par l'homme pour draîner l'eau. Sur la rive droite des étangs, côté mer, la terre est limoneuse et la végétation est composée de salicorne. La salicorne quand elle est jeune est comestible. Elle se déguste crue ou en vinaigrette. Au milieu des roselières, vous pénétrez dans la "sansouïre", cet espace entre terre et eau. Lorsque les étangs sont écrasés par le poids du ciel, le sol se craquèle et forme une croûte qui donne à l'infini, l'aspect du désert. Le tamaris est l'arbre le plus typique car il résiste au sel et au climat méditerranéen.

Les pluviers vivent dans les vasières. Ils font partie de la famille des "charadrius" qui comprend 67 espèces. C'est un oiseau de rivage, là où la végétation est courte et parsemée. Il se reproduit au printemps et forme un nid à même le sol recouvert de débris de coquillage.

Pour les curiosités, à part la passerelle qui reliait les deux rives auparavant et la maison perdue dans l'étang de l'Or, je n'en trouve point d'autres. Les immeubles remplacent les habitations balnéaires historiques et l'aménagement du territoire n'a retenu que le mot "touriste". Pour protéger les départs en masse vers l'Espagne, la construction fut d'envergure mais sans architecture comme à la Grande-Motte.

Quand le mot "beauté" sur les moteurs de recherche n'amène que la vision de l'institut de beauté situé sur l'avenue, je ne trouve pas d'autres points de repère pour vous signifier son absence.

Abri sur la plage - Carnon

Ses plages sont en épis, le port est accueillant pour les bateaux et la grand-roue cerne les alentours, sans grand risque.

Dans la station, il existe une ancienne colonie de vacances "Enfance ouvrière au grand-air".

Carnon fait partie aussi des chemins de Compostelle. Entre l'étang, le canal et l'étang se trouve un chemin qui longe le canal du Rhône.

Etendue, non debout - Carnon

La station balnéaire de Carnon se trouve sur la commune de Mauguio (Hérault), à environ 10 km de Montpellier. Elle est séparée de sa commune voisine par l'étang de l'Or.

Les cabanes se situent à l'entrée de Carnon autour des quatres canaux surplombés par le grand pont qui enjambe le canal du Midi. Dans les années 1930, les maisons de pêcheur étaient en sagne, puis elles furent remplacées par des cabanes en roseau et plus récemment en bois. Certaines sont en pierre avec un étage qui permettait de ranger le matériel de pêche au rez-de-chaussé et de s'installer à l'étage. Les hommes disposent des matériaux sur place. Elles ont disparu avec l'urbanisation. L'aménagement du canal du Grau à Pérols a entraîné un nouveau pont.

La barque appelée "négafol" est toujours là. C'est une barque à fond plat, étroite qui permet de se diriger avec une perche, nommée "partègue", dans les étangs. Au fond de la barque, la "trabaque" attend d'être lancée. C'est un filet adapté à la pêche à l'anguille.

De l'autre côté, en direction de la Grande-Motte, la commune se termine par son château d'eau.

A la sortie de Carnon, les flamants roses nidifient dans les étangs. Ils sont les prédateurs des artémias, ces petites crevettes des marais salants. Les flamants roses, cette espèce grégaire vit au Sud de la France dans ces étendues d'eau. Les flamants roses sont libres,  par le fait qu'ils changent de partenaire, chaque année. Ils sont pourtant farouches à notre rencontre.

Il y a un vif contraste entre les flamants roses et les taureaux noirs. Pourtant les taureaux ne distinguent pas les couleurs, mais en plus, ils voient floux. Le rouge les existe, c'est leur spectre ; mais je ne sais pas si c'est l'animal en nous qui voit tout en rouge et est fasciné par cette couleur sanguine.

Recette de la tapenade

. 200 g d'olives noires dénoyautées
. 100 g de parmesan râpé
. 10 filets d'anchois
. 100 g de câpres égouttées (environ 2 cuillères à soupe)
. 15 cl d'huile d'olive
. poivre noir
. 1 gousse d'ail

Ecraser les olives, les filets d'anchois, les câpres dans un mortier tout en ajoutant un filet d'huile d'olive. Malaxer jusqu'à obtention d'une crème plus ou moins fine suivant votre convenance. Rajouter le parmesan.
Assaisonner de poivre, d'ail.
Mettre au frais 1 heure.

 

Où manger ?

"Anisette & brochettes"
37 avenue Grassion-Cibrand
34280 Mauguio

 

Les orages à Carnon ?

4 septembre 2008

 

 

Bibliographie

Plage de Carnon, le 3 octobre.

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LOULOU

  Gallician Tag des Arènes du village

La Grande Motte
La chapelle architecturale décortiquée

Beauduc...
FRANCE
Autour de l'étang de l'Or,
Les cabanes du salaison
MAUGUIO
L'été sans "chouchou" à
PALAVAS
  Taureaux, les pieds dans l'eau à Tour Carbonnière
GRAU du ROI

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Samedi 4 octobre 2014
Mise à jour  : 4 octobre 2014
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Posté par PASPERDUS à 16:38 - Commentaires [17] - Permalien [#]
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