Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

24 mars 2018

Morzine immaculée

 

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La rencontre avec la neige procure toujours cette même sensation, celle de mon enfance qui pourtant est déjà classée dans le passé.

La neige, celle qui vous amène le sourire, vous tracte vers l'extérieur alors qu'il fait froid. Elle est bienfaitrice. Toucher la neige donne de l'énergie, alors qu'elle vous donne froid aux mains et qu'elle vous brûle les bouts des doigts. Cette sensation vous lie et vous fait transgresser votre âge. La neige blanche, salvatrice et synonyme d'émerveillement procure du bien-être.

Ferme Morzine

Cette année, je l'admire du haut des pistes, blôtie dans le petit chalet sous son écrin tout blanc. Du blanc à l'infini, devant, derrière qui unit la beauté et mon âme d'enfant. Point de maison qui casse cette ligne et je suis toujours étonnée !  L'isolement, c'est la sérénité procurée par le poêle qui chante, un toit protégé par un manteau de neige et la découverte des flocons qui virevoltent.

Chalet plateau Nion Morzine

Vous l'avez regarder la neige ? Il y a tant de détail dans un flocon que sa beauté pourrait remplir un "Larousse". J'admire les cristaux qui luisent au soleil, l'éclat des stalactites de glace qui descendent avec élégance du toit, chaque jour plus longues jusqu'à ce qu'elles glissent sur le sol, furtivement.

Stalactite

Morzine semble le pays des flocons. Cette station est en Saute-Savoie. Elle fut découverte grâce à la création de la station d'Avoriaz. Elle fait partie du grand domaine skiable Morzine/Avoriaz avec ses 600 km de piste. Cette station est accolée à la frontière Suisse.

Le long des pistes ceinturées par des arbres, des hameaux aux toits d'ardoise. Parfois, les maisons de bois servent comme restaurant.

Dans le prés de Nion où se trouve notre gîte, se trouve une fontaine appelée "Drefenaz". Son nom vient du mot "fée". Sur ce plateau d'alpage, nous sommes près du ciel et des anges, selon les récits anciens.

Bonhomme de Neige - chalet Morzine

Le soir, à la fermeture de la station, seuls les convertis continuent avec leurs ski munis de peaux de phoque. Le silence abyssal des montagnes est un autre genre de découverte. Cette pratique permet de s'aventurer dans des espaces plus sauvages, plus protégés car l'accessibilité se fait par les pentes raides. C'est le prix de vos efforts, de suer pour grimper plus haut.

Certains prennent la direction de "la tête de Bossetan" où sur le chemin se situe le refuge de la Golèse, d'autres partent en raquette.

Cascade de glace à Morzine

Mais Morzine, pour les inconditionnels de la poterie et vaisselle en céramique, est aussi la découverte de Mr Gérard Menu. Avec l'eau et l'argile, il fabrique des bols, des pichets, des plats... Ces modèles sont ornés de motifs traditionnels savoyards. J'adore la naïveté des dessins et la simplicité de l'artisan potier : Gérard Menu, dit Gégé. Je vous invite à aller voir ses créations, uniques et si proche de la nature qu'est Morzine.

Poterie de Morzine
rue du Bourg
74110 Morzine
Tél. : 04 50 74 77 60

Bibliographie

Voyage du 8 février 2018

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : 24 mars 2018
Mise à jour  : 24 mars 2018


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12 janvier 2017

Grau-du-Roi, du passage à la ligne

 

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Le soleil finit par plonger dans la mer, l'eau qui semble parfaite s'éprend de couleur, pour accueillir le soleil sur le chenal du Grau-du-Roi.

 

Coucher du soleil Grau du Roi

 

Il se couche sur la ligne de l'horizon et se décline dans toute sa splendeur.

 

IMG_0443

 

Le ciel s'embrase, la couleur orange se brise tel un jaune d'oeuf, s'étale sur la nappe d'eau, déborde. Le rouge règne et flamboie comme l'amour qui rayonne. Le rouge jette sa lumière sur toutes les formes jusqu'à ce qu'elles disparaissent et deviennent des éclats.

C'est un vrai spectacle que vous captive tous les hivers à la mi-décembre car le soleil s'aligne au centre du chenal dans une intensité rare. Pour y assister, il suffit de se placer sur le pont tournant.

 

IMG_0449

 

Le quai Colbert au bord du canal du Rhône à Sète se situe sur la rive droite. Il fait face au quai du Général de Gaulle où se situe le phare édifié au XIXème siècle. Il est couvert d'un lanternon en cuivre de 1828. Cet édifice est classé Monument Historique. Il est éteint depuis 1869, remplacé par le phare de l'Espiguette. Il est d'une hauteur de 19 mètres.

   Frise

La maison du Dauphin porte son nom par la sculpture qui décore le médaillon de son fronton. Elle est typique de l'architure du XXème siècle. Les dauphins sont représentatifs de la mer. De l'autre coté de la toiture, une tour est érigée.

Grau du Roi La maison du DauphinPhoto de Claude Renous

La Villa Parry doit son nom à l'architecte Ferdinand Parry qui en 1898 acheta ce terrain pour y construire la villa des "Dunes", appelée plus couramment "Parry".

 

   Frise

 

 La villa Rédarès n'est plus que le vestige des souvenirs, aujourd'hui. Elle est morte à 81 ans. Une batisse construite en 1928, de 50 mètres de large sur front de mer pour une surface au sol de 140m2. Elle est hélàs, démolie depuis mai 2011, suite au décès de Madame Rédarès en 2003.

Elle se situait en front de mer au bout du boulevard Maréchal Juin.

Mr Rédarès, important propriétaire foncier installa des vignes dans le sable en bord de mer. Il a le domaine de Terre Neuve, situé à 6 km du centre ville. Par le fait de cette plantation dans des sols sableux, il échappera à l'épidémie du phyloxera. Les vignes plantaient dans le sable résistent au parasite.

Mr Rédarès louera à Philippe et Françoise Marquet 40 ha de vigne, dont le domaine s'appellait "La Janine".

 

Grau du Roi Villa RédérèsGrau du Roi Villa Rédérès plage

Grau du Roi Villa Rédérès bord de mer

   Frise

Le chateau Leenhardt sur la plage rive droite fut construit en 1875 par le négociant Victor-Henry Leenhardt (1822-1904). Cette famille était de Montpellier, descendant d'un André-Chrétien Leenhardt qui au XVIIIème siècle était venu d'Alsace se fixer dans cette ville. Son père natif de Pologne avait émigré en Alsace, plus précisèment à Wesserling. Le dernier fils de André Chrétien Leenhardt était Paul Nicolas Leenhardt, né en 1786 et décédé en 1870. Marié à Eugénie Castelnau (1796 1853), ils eurent sept enfants dont Antonie, Charles, Henry, Abel, Inès, René et André.

En 1904, le pasteur Comte organisa les premières colonies de vacances. Cette maison était tenue par des religieuses. C'est l'une des premières résidences privées construites en béton armé, mais aussi en brique de sable qui lui conférait une tonalité grise. En 1906, la société des Bains de Mer s'y installa. Elle fut démolie en 1970, après avoir abritée une pension familiale protestante aux années 1857.

Le chateau avait des caves.

 Grau du Roi Château Leenhardt façade sud  Grau du Roi Château Leenhardt vue de loin 

Grau du Roi Château Leenhardt Parc Grau du Roi Château-Leenhardt colorée
Grau du Roi Château-Leenhardt Grau du Roi Château Leenhardt Sanatorium

   Frise

Les chalutiers au retour de pêche sont dans un nuage de mouettes et de goelands. Les casiers pleins de poisson, on ne peut plus frais que les pêcheurs vous proposent directement à la vente à leur arrivée sur le quai. Les loups, les sars, les bars, les dorades, les poissons bleus comme la sardine ou le maquereau ainsi que les coquillages tels que les tellines, sont au rendez vous, tous les matins.

Les oeufs de goelands leucophées sont stérilisés début avril. Le plumage est identique pour les males ou femelles, seule la taille des femelles permet de les distinguer. Ils ont les pattes jaunes. Cette espèce s'est installée en Camargue en 1912.

Le pont tournant à péage fut construit en 1901. Il permet de traverser le chenal en attendant l'attraction du jour qui est l'arrivée d'un bateau qui libère le pont afin de le faire tourner sur lui même, pour que l'embarcation puisse tourner.

Le boulevard Maréchéal Juin longe la plage plus à l'Est après la jetée du Quai Colbert. Une rose des vents jonche le sol. En langue d'Oc, les noms des vents sont écrits.

Le Grand Café de Paris est une institution. C'est ici que je m'installe pour regarder les touristes qui se déplacent avec leur glace, beignet et toute gourmandise qui dégouline de sucre.

L'ancien hopital "Boucanet" est abandonné, voué à la destruction.

Le Sanatorium Maritime du Grau du Roi était dirigé par le Docteur Jean Bastide. Sa construction date du 15 mai 1933 par l'architecte Henri Floutier. Sa technique de construction est le béton armé ennebique. Sur un immense terrain, un grande galerie de cure et des pavillons abritaient les tuberculeux. Les batiments ne comportaient pas d'étage pour éviter toute fatigue. La galerie était d'une largeur suffisante pour installer les lits au soleil. En 1942, cette construction est réquisitionnée par la Wehrmarcht.

Les anciennes arènes peuvent contenir 3000 personnes. A l'entrée de l'édifice, trois statues de taureaux en bronze sont l'effigie de la gloire des bovins. L'oeuvre est signée B en K, sculpteur des Saintes Maries de la Mer. Dans les rues du Grau du Roi, lors des fetes, les taureaux à la corde dits aussi "Bourgine" étaient attachés à une corde et les habitants les promenaient à travers les rues du village. Ce jeu taurin est interdit depuis 1970.

L'ancienne caserne des pompiers a une sirène qui sous un chapiteau se trouve un personnage. Cette maison est vouée à destruction, elle se situe dans la rue Rédarès, non loin du quai.

 

IMG_0451

 

Que diriez vous d'une rouille graulenne faite à base de poulpe, une cuisine de la mer, simple et appréciée.

Au XIIIème siècle, Saint Louis, Roi de France entreprit la réalisation d'un port pour les grands navires pour relier les terres d'Aigues Mortes. Le Grau du Roi (il s'agit de Saint Louis, Roi de France) fait partie du Gard et est l'unique commune maritime de ce département, dont la région est le "Languedoc Roussillon". La commune est située au Sud du département de l'Hérault et de la Grande Motte. Cette zone est en Camargue, dans la baie d'Aigues Mortes au milieu des étangs.

Le village vit le jour au XVIème siècle, à la suite de fortes intempéries (1585). Le Grau de Consac de Gagne Petits s'ouvrit naturellement car  le Rhone sortit de son lit et envahit les terres avoisinantes dont l'étang de Repausset. Cela libéra un passage entre Aigues Mortes et la Méditerranée.

Le terme "gradus" désigne le passage qui veut dire "Grau" en occitan. C'est une ouverture naturelle qui se crée à travers le cordon littoral entre les étangs et la mer. Les roselières sont les marais d'eau douce, envahis de roseaux, qui abritent une faune et une flore unique.

Henry IV en 1598 consolida les quais et donna le nom à "Grau Henry".

C'est en 1640 qu'il prit le nom de "Grau du Roi".

1725, le canal du Grau du Roi fut construit pour la prospérité des salins du "Peccaix".

En 1728, la première barque catalane entra dans le port.

 

   Frise

On cultive également la garance, plante tintoriale qui fut introduite en France aux premiers temps de la monarchie française. Cette graine ramenait par Johannès Althonian dit Jean Althen, né à Chaouc en Perse fut semée dans notre région vers 1730. Les racines étaient amenées au moulin, afin de les réduire en poudre. Cette poudre permettait de teindre les tissus en rouge écarlate. Jean Althen développa l'établissement de garancières qui alimentait les fabriques dont les indiennes d'Avignon. La garance faisait prospérer des terres alluviales jusqu'alors sablonneuses et très pauvres. En 1860, Jean Henri Fabre découvre que l'on peut se passer de cette plante pour produire de la garancine artificielle, nommée alizarine. La culture est bientôt abandonnée définitivement. Rouge, orange comme les couleurs du soleil qui se lèvent à l'Est et se couche ce jour là sur la mer.

 

 

 

Jean althen

Jean Althen

 

   Frise

 

1854, le Grau-du-Roi n'est qu'un hameau de pecheurs qui dépend d'Aigues Mortes.

1855, l'Oeuvre fut fondée pour l'usage des bains.

1869, le phare est éteint le 1er janvier à minuit.

1873, une ligne de chemin de fer fut créée.

En 1874, l'éclairage public à pétrole fut installé.

En 1879, le village acquière son indépendance et connaitra un développement touristique grace au chemin de fer.

En 1893, la communauté italienne est en difficulté par les hostilités des villageois.

1911, une conduite d'eau est installée.

1912, un bac remplace le pont tournant.

1914, une ligne décauville est mise en place avec un petit train dit "La Françoise" qui desservait les propriétés agricoles de l'Espiguette.

1928, le nouveau pont tournant est construit.

1937, le tout à l'égout est mis en place.

1939, le village est en partie détruit par les troupes ennemies présentes sur le site. Il reste des ouvrages et installations militaires dans cette zone et sur les plages des pyramides de béton, de blockhauss. Un champ de mines avait remplacé les vignes alentours.

Aout 1944, dernière année et mois de l'occupation.

1952, la vierge Marie apparait deux fois au Père Bonlun, le 2 et 3 novembre. A cet endroit fut construit une statue pour commémorer son apparition. Elle est entourée d'une grille, oeuvre de Mr Georges.

La partie rive gauche est peuplé de calabrais, tandis que la rive droite devient le quartier de villégiature de quelques familles bourgeoises,  les "tonkionois".

Le Grau-du-Roi est un village de pêcheurs qui a plusieurs atouts dont la plage de l'Espiguette dont les dunes dès les premiers beaux jours se peuplent de giroflées de mer et de marguerites de sable.

L'ile de Stel (ile de sel) appartenait aux Chevaliers Templiers dès 1173. Sur ces terres, les chevaux étaient entrainés avant de partir pour les croisades en Orient.

Sur les berges du Vidourle, les gaules attendent le poisson d'argent.

Le blason du Grau-du-Roi représente deux thons dirigés vers une grappe de raisin sur la gauche et un lion d'or sur la droite.

 

Autres lieux à proximité

 

Carnon, Saint Gilles, La Grande Motte, Beauduc, Nîmes, Avignon, Sète,

 

 

Bibliographie

Promenade hivernale décembre 2016

 

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : jeudi 12 janvier 2017
Mise à jour  : 12 janvier 2017


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01 octobre 2016

Le hameau d'Héric et ses gorges

 

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La ballade est charmante, les gorges d'Héric sont un lieu de baignade, rien de tel que de sauter dans l'une des nombreuses conques, ces bassins naturels cernés par des rochers "gneiss" qui gardent la chaleur. Le gneiss est une roche qui contient du quartz et du mica. Une sorte de chaos granitique qui scintille grâce à la présence du mica, d'où son surnom "montagne des lumières".

 

Roc du Caroux

 

 

Conque & baignade

 

Son habitat est typique de la région, constitué de petites maisons aux toits de lauze, soutenus par des charpentes conçues en châtaigniers. Elles sont de type cévenol car le Caroux fait partie de l'arrière pays cévenol. Du haut, on admire les petites ruelles étroites faites en calade et les nombreuses restanques. Elles sont tapissées de figuier.

 

Coulemelle entre fougères et genêts

Cascadette

 

Ce site est classé depuis 1993. La montagne du Caroux fait partie de la montagne noire, classée dans le parc naturel régional du Haut Languedoc. Les gorges sont une grande entaille qui sépare le plateau du Caroux à l'Est, du massif de l'Espinouse à l'Ouest. La rivière débute à près de 1000 mètres d'altitude. Héric, le torrent, creuse des marmites et entraîne des galets, voire des blocs. Il se jette dans l'Orb, 8 km plus bas, au niveau du village de Tarassac.

 

Tumulus

 

 

Petite maison de pierre

 

Le hameau se situe sur la commune de Rosis, alors que l'arrivée dans les gorges se fait par Mons-la-Trivalle. La route d'accès fut installée en 1931. Elle nécessita la construction de quatre ponts. Après le hameau, le chemin continue jusqu'à Douch. Le Mont Caroux culmine à 1091 mètres.

 

Soleil

 

Le hameau est à l'abri des vents, orienté plein sud, face au pittoresque massif d'aiguilles rocheuses déchiquetées qui se dresse au dessus des boisements. Un village bâtit vers le ciel qui s'étalent avec ses murets de pierres sèches communément appelés "restanques". Parfois, on découvre un caprier accroché au sommet et qui décline ces belles fleurs blanches, promesse de câpres. Quand on dresse l'oreille, on entend le chant généreux des cigales. Dans ce hameau, point d'église, le seul panneau à l'entrée nous prévient qu'il est interdit d'allumer un feu.

 

Sécador

 

L'ensemble est un haut lieu d'escalade. Le nom Caroux a pour éthymologie "KAR" qui signifie "dur, rocher". Le paysage est fait de parois, arêtes, blocs ou éboulis.

 

Les sens en éveil, four.

 

Le chemin emprunté passe par le gouffre du Cerisier. Au trois quart du chemin, le cirque de Farrière, puis les châtaigniers remplacent la végétation méditerranéenne. La culture des châtaigniers fait partie de l'économie rurale jusqu'au début du XXème siècle. Son fruit fut jusqu'à la fin du XIXème siècle, la base de l'alimentation car il fournissait la farine d'où son surnom "d'arbre à pain". Le châtaignier est aussi utilisé pour les charpentes et les meubles. Son bois n'est pas attaqué par les insectes. Les fruits récoltés étaient séchés dans un "sécador" (prononcé "sécadou"). Cette construction, sur deux étages était aménagée en restanque afin de permettre l'accès facile au grenier où ils étaient étalés sur un plancher disjoint. Un feu sans flamme au rez de chaussée permettait de les tenir à l'abri de l'humidité. Il était entretenu nuit et jour, pendant 20 jours.

 

Toit de lauzes

 

Le sentier muletier a été aménagé pour les vélos, poussettes. Parfois, d'autres pates sont rencontrées comme celles des mouflons.

 

Hameau d'Héric

 

Le retour, impose le pique-nique le long de la rivière, sur ces plages de sable ou les gros rochers qui réfléchissent la chaleur emmagasinée. "Lo Crousti", le quignon qui croustille annonce les tranches de saucisson et de jambon. Rien de tel, après une belle marche !

 

Bergers Suisse

 

Accès

Latitude 43.573363 Longitude : 2.967243

GPS N 43°34'27.80.40   E 2°58'0.56.28

 Entre chênes et châtaigniers

Parcours

5km2

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Samedi 1er octobre 2016
Mise à jour  : 1er octobre 2016


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06 février 2016

Le silence du Roc de Saint-Jean-de-Buèges

 

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Distance à plat de 8,2 km
Difficulté : aucune. Une petite balade de 3 heures environ
Localisation : Hérault

ITINERAIRE 

Carte de Saint Jean de Buèges

Du roc de Trécastel, vous apercevez la Buèges, cette rivière au pied du rempart. La Buèges est un affluent de l'Hérault. La Buèges donne son nom à trois hameaux : Pégairolles-de-Buèges, Saint-Jean-de-Buèges et Saint-André-de-Buèges. Sa source est située près de Pégairolles-de-Buèges. Elle se jette dans l'Hérault, au niveau du hameau d'Embougette.

La bise roule sur la pierre et nous surprend naïvement. C'est l'hiver.

 

Tour à Saint-Jean-de-Buèges

 

ExpressionUn poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves.
   Seules les traces font rêver
"
   René Char


Ce dimanche 17 janvier, la lune se mousse et vient à la rencontre du soleil. Elle est pleine de cavité et tout autour, du blanc qui contraste avec le ciel bleu. C'est beau, simple et bouleversant.

 

Saules à la Buèges

 Saules

 

Mais c'est à travers les champs dont les vestiges ne sont que restanques, oliveraies et muriers que je vous amène. Sur le sentier qui longe la Buèges, la vue s'impose sur cette barrière qu'est la Séranne. Cette roche est vieille de 145 millions d'années et fut formée sur une barrière de corail. Elle s'étend sur 25 km entre Brissac et Arboras. Une sorte de frontière qui sépare Le Larzac de la plaine de l'Hérault et de la Buèges.

Son plus haut sommet est au-dessus de Saint-Jean-de-Buèges et se nomme "Le Roc Blanc". Haut de 942 mètres, cette falaise attire les grimpeurs car elle jouie d'un bon ensoleillement et est abritée du vent. Les voies sont le "Pilier du chateau", le "Pilier W", "Face S", etc. La face W du Roc de Tras Castel  est convoitée. De nombreux itinéraires sont tracés pour maintenir l'escalade à un haut niveau.

Les calavens, mot languedocien, veut dire aven. Ces orifices sont masqués par le maquis.

 

Temps à Saint-Jean-de-Buèges

Le site est apaisant, un havre de paix en hiver et un petit coin de paradis qu'en vient les beaux jours avec ses eaux indolentes, limpides, couleur émeraude. La rivière semble immobile et les frondaisons des arbres s'y reflètent.

Les saules, les aulnes, les peupliers ont envahi les rives et leur ombre protège des ardeurs du soleil, l'été.

 

Globulaire alypon
Globularia alypum

 

La Buèges, cette veine de la terre, abreuve les terres de ses limons fertiles. Elle est domestiquée par l'homme, avant de continuer son voyage et rentrer dans le cycle sans fin de la terre et du ciel.

En 1795, Gabriel Crespin exploite les houillères. La garrigue qui n'était jusque là que le domaine des bergers se clairsème. Les charbonniers italiens élirent cette terre, après la Première guerre mondiale. Des générations de bouscatiers ont façonné la garrigue. Les reliefs deviennent blancs par le calcaire dénudé. A leur départ, le chêne "Kermès" a couvert le sol et les sangliers y sont venus pour manger les glands.

 

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Cet oasis est du à un fond calcaire qui détourne les eaux par des fissures et crevasses. L'eau est capturée et circule alors dans un réseau souterrain. Une eau de source qui surgit au pied d'un monde karstique, du sommet de Peyre Marine. L'eau est pure, fraîche et tout au long du cours se dépose du tuf qui forme des cascatelles, sorte de petits bassins naturels qui s'enchaînent tout le long du cours d'eau et invitent à la baignade.

 

Limpidité de la Buèges

 

Après le pont romain de Vareilles, derrière les saules, elle s'infiltre dans la roche calcaire qui est poreuse. Son lit asséché garde le secret de ce vallon sauvage. Ce petit pont sans âge a été conçu par l'homme et uniquement pour l'homme. Les voitures ne peuvent l'emprunter. Sur le parapet, je m'abandonne à regarder le mouvement des saules. L'hiver leur donne toute leurs splendeurs, le rouge vibre au soleil. Couleur de sang qui s'infiltre sur l'eau, dans l'eau comme des lambeaux sanglants qui flottent. Ils se mirent jusqu'à perdre leur ombre, l'ombre devise avec la lumière. L'eau est restitué au niveau de la résurgence des Cent Fonts.

Le retour s'impose et nous vous conseillons de traverser le pont de Vareilles pour longer l'autre rive, afin de revenir sur vos pas par l'autre chemin. Vous laissez donc le hameau d'Embougette qui est juste avant le pont.

 

Pont de Vareilles

 

A l'arrivée, la visite de ce village médiéval offre le repos tant mérité. Le chateau de Baulx prend des teintes, dans ce pays de soleil. Je profite de la quiétude du soir qui magnifie les lieux. Les éclats de lumière sont moins drus que l'été. La lumière du jour se retire, s'attarde sur ces murs, éteint les feux, peuple d'ombre les feuillages qui donne une présence au coeur de l'hiver. La douceur de ces murs est sur le point de s'éteindre et pourtant la couleur se révèle.

La tour de guet du XIIème siècle permettait de renforcer la surveillance et la protection du village. Le château fut restauré en 1991. Sur le rempart crénelé, on aperçoit un hourd en bois, sorte de machicoulis.

 

Chateau de Baulx à Saint Jean de Buèges

 

Le Garrel, ce petit ruisseau qui serpente dans le village est un affluent de la Buèges.

 

Ruisseau
Le platane de Saint Jean

L'été, l'ombre des platanes est bienfaitrice. Les maisons rappellent l'époque florissante des filatures qui travaillaient pour Ganges.

Un puits le long de la Buèges laissent la trace de ce passé.

Les maisons sont désertes, comme la place et les rues où vivaient les hommes aux siècles derniers. Ici, c'est la solitude, c'est le silence. Aussi aride que les rectangles de champs qui renferment quelques canaux abandonnés en leur état.

Au coeur du village, l'ancien relais de poste fait office de bistrot. Il se nomme le "Bar du chateau". Ces salles sont voutées et préservent l'ambiance, tandis que sur la place, la terrasse est érigée à l'ombre des platanes centenaires.

Un des portails se courbe, comme les maisons qui serpentent autour de la rue qui monte au chateau, aujourd'hui restauré.

Porte à Saint-Jean-de-Buèges

 

Tout proche de l'église, un bassin entre trois murs. A son centre, une colonne surmontée d'un chapeau pyramidal. Il est surnommé "Lo Grifou" peuttre à cause de la gargouille qui rejette son eau ? Mais il sert de lavoir et est classé du XIIème siècle. L'eau est d'une très grande pureté. Va savoir, si c'est parce qu'elle est contre l'église.

 

Bassin

 

L'église est à nef romane à trois travées et une travée de choeur. La pierre est grise, voire bleutée. Deux clochers la surmonte. L'un est orné d'un campanile, tandis que le second érige une flèche et est surnommé le clocher des pénitents.

 

Le terroir à Saint-Jean-de-Buèges

Deux dolmens subsistent à Saint-Jean-de-Buèges. Ils sont désignés sous le nom"Dolmen de Pioch Narras I & II".

Pour y aller

De Montpellier, prendre la D986 en direction de Ganges. Entrez dans Saint-Martin-de-Londres et prendre à gauche, la D4 vers "Causse de la Selle". Après le hameau, le Frouzet, le barrage du Moulin de Bertrand, Au niveau du carrefour, continuez tout droit vers Saint-Jean-de-Buèges.

Carte IGN au 1/25 000ème : 2642ET

 

Autre promenade
Falaise du Cayrelet, piste de la Sauvie et sentier des crêtes pour rejoindre Peyre Martine (782m)
Combe de Natges avec son puits en forme de cavité profond de 20 mètres.
Grotte de Cistéragne

 

Bibliographie

Randonnée en janvier 2016

 

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La Maison Carrée

Monument aux morts de Lodève

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La Maison Carrée
-NIMES-
A l'ombre de la conscience de Paul Dardé... Rue des Teinturiers
ou le passé retrouvé -AVIGNON-
Lamanon ou le pompon du platane Mémoire de Saint-Gilles
(Gard)

 

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : Samedi 6 février 2016
Mise à jour  : 6 février 2016


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20 août 2015

A l'ombre de la conscience de Paul Dardé ou l'enterrement d'une oeuvre

 

 

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Il est si doux ce visage qui symbolise l'innocence. Ces yeux questionnent la vie après la perte d'un père, durant la Première Guerre Mondiale.

Lodève fut touché par ces départs qui frappèrent indifféremment toutes les classes sociales.

 

Monument aux morts de Lodève

« Je sculpterai non pas pour ce monde puant et civilisé,
mais pour les solitudes… Où ? Vous le savez : je travaillerai,
à l'avenir, pour le Larzac. » 1931

 

Le sculpteur, Paul Dardé, témoin de ce désastre, vit à Lodève. Il témoigne par cette oeuvre magistrale les deuils conjoints et la douleur de la perte.

Lors de son service militaire à Montpellier, ses supérieurs l'autorisent à suivre les cours du soir à l'école des Beaux-Arts à Montpellier. En 1912, il est admis à l'école des Beaux Arts de Paris, dans l'atelier de Jean Antoine Injalbert, qu'il abandonne rapidement, car il rejette l'acadmémisme. Boursier d'étude, il part en Italie et découvre Venise, Rome, Florence et Bologne sur une période de trois mois. A son retour, il rentre sur Paris et intègre cette meme année l'atelier d'Auguste Rodin. Son séjour ne dure que trois jours, car il lui est confié que des travaux subalternes.  Proposé à sa succession, il tourne le dos à la vie mondaine, pour revenir à Lodève, libre et indépendant.

Dès 1913, il reçoit commande par l'Eveché de Montpellier, d'un monument à l'effigie de Jeanne d'Arc. Sa réalisation sera interrompue par la guerre.

La guerre est là, il part pour le front et devient brancardier. Il déserte le front, fuit vers le Midi et est arreté à Riom. Hospitalisé à la clinique Saint Charles à Montpellier, il réalise des croquis grace au soutien d'un médecin russe Mr Bouzansky qui lui procure de quoi dessiner en lui disant : "Vous seul vous pouvez vous guérir". Il est reconnu inapte au service actif en décembre. Réformé, il a pour seul compagnon sa liberté neutralisé par le souvenir des horreurs de la guerre. Il commence la série des monuments aux morts et oeuvre pour la postérité.

Avec Alice Caubel de Lodève, il découvre la joie et s'installe à Soubès. Alors qu'il est à Paris, il envoie le 15 avril 1919, le dessin du projet pour la commande de ce monument aux morts qui sera conçu pour fin 1921 à Soubès et installé la veille de Noel à Lodève. Le croquis atteste d'une superficie de 3 m sur 2,50 m, soit un volume total de 10 m3. Le 20 aout 1919, il signe la convention avec le Maire de Lodève, Joseph Ruilhac.

Il est accueilli à Paris par Armand Dayot, du journal "L'Art et les artistes". En 1919, il expose seul dans la galerie Devambez à Paris, mais aussi au Grand Palais en 1920 : "La Grande Douleur" et "Le Grand Faune", sculptures qui le propulsent à la gloire. Durant sa carrière, il fera sept expositions parisiennes et obtint le Grand Prix National des Arts en 1920.

"Le Grand Faune" ricane et son rire est méprisant pour les hommes... Voilà comment Paul Dardé a réduit sa notoriété. Cette sculpture représente un homme chèvre de l'Antiquité.

"Le Christ aux outrages" est le symbole du calvaire de la population soumise. Cette oeuvre fut conçue pour affirmer ses opinions. D'un tempérament bien trempé, il ne se résigna pas devant les difficultés rencontrées.

L'enfant est accompagné de quatre femmes dressées au pied du gisant dont la taille est produite avec un effet de perspective, comme vue des yeux de cet orphelin tant il est grand. Les bottes au premier plan cadrent le décor, les jambes sont écartées, il git à meme la terre. Les femmes symbolisent les saisons, leur posture barre l'avenir et arrete le temps face à l'oubli. Leur costume permet de dater : 1920. Une veuve s'effondre sur la victime. L'enfant est accompagné d'un autre, ils observent la scène d'un regard pacifiste. L'un porte des vetements qui permettent de dire qu'il fait partie de favorisés, le deuxième vetu tout simplement est la représentation de Paul Dardé, enfant. Deux écoliers qui portent les branches de laurier de la Victoire, en mémoire des 150 disparus pour Lodève. Des quatre femmes, un visage n'est pas ordinaire, celui qui ne porte pas de chapeau, le plus sobre qui est à l'effigie de celle qui devint sa femme, Alice Caubel.

Le monument est inauguré le 8 juin 1921 en présence du Ministre du Budget, Louis Germain-Martin, du gouvernement de André Tardieu et Député Radical indépendant de l'Hérault de 1928 à 1936, mais l'artiste était absent.

Il perd un fils Léon à cette meme guerre. Son pacifisme s'exprime dans les monuments aux morts. L'usure du temps de cette sculpture est traitée à l'aide d'acide afin de lui donner cette teinte rouille qui frémit comme le feu de la guerre à la lumière. Lumière qui fait allusion au soleil, père de la pierre suivant Hermès. La pierre est le sujet minéral des philosophes.

En 1925, il présente à l'exposition des Arts Décoratifs, au pavillon de Marseille, la cheminée monumentale. Cinq wagons furent nécessaires pour transporter ce monument à Paris.  Elle est ornée des personnages à la gloire des Contes de Perrault.  On reconnait "Cendrillon" et "Peau d'Ane" et meme "Barbe Bleue". Il ne trouve pas d'acquéreur pour son oeuvre de grande dimension. Cette entreprise fut périlleuse pour son devenir.

A Paris, il fait de nombreux croquis qui représentent l'immédiadeté d'un moment, d'un mouvement. Souvent, il s'imprègne des clowns du cirque Fratinelli et des "Parisiennes".

Solide gaillard d'un 1m82, aux yeux clairs, avec sa longue barbe, il impose. Sa forte corpulence lui laisse l'aisance de ses gestes face à la pierre de Lens, des carrières de Fons (Gard). Les messages quant à eux prennent de l'ampleur par leur engagement et contrarient les pouvoirs publics. La dignité du peuple suit son destin à travers les 8 stèles qui s'égrènent tout au long de son parcours, tel un parcours initiatique pour prendre conscience de notre destin, face au passé. Sa liberté d'expression, ses lettres ouvertes furent corrompues par les notables et politiques qui mirent tout en route pour l'éloigner de son aura. 75 ans d'existence.

Sans ressource, le cinéaste américain Rex Ingram qui a étudié l'Art à Yale, fait appel à lui en 1926 et l'emploie dans le film "Le Magicien" qui est un film d'horreur qui relate l'histoire d'un sculpteur du quartier Latin de Paris et de son énorme créature, le Faune. Alice Terril, épouse de Rex Ingram pose devant la vraie statue de Paul Dardé, à cette occasion. Film pour la Metro Golwyn Meyer.

En 1927, il est hébergé successivement à Nice, Nimes, La Vacquerie, Chaumes-en-Brie. C'est dans cette dernière commune qu'il travaille sur le monument de René Quinton.

Il doit travailler à la Mairie pour des taches sans rapport avec son ancienne activité de sculpteur.

Au Salon de 1930, il présente l'Homme de Neanderthal. Sa tete est de dimension considérable et il n'est pas rare, qu'un visiteur puisse comparer son crane à ce sujet.

Ses succès sont éphémères, sa situation économique devient précaire et ses affaires périclitent.

En 1932, il édite un journal avec ses "Lettres ouvertes aux conseillers municipaux". Il le vend dans la rue.

En 1935, il quitte définitivement Paris couvert de dettes. Il se réfugie dans le Larzac, ses biens sont vendus aux enchères, couverts de dettes ses oeuvres sont saisies en 1936. Il s'installe à Saint Maurice de Navacelle, sa mère était originaire du petit village de Navacelles. Il aménage un atelier à la sortie de Saint Maurice de Navacelle qui comprend un ancien moulin qui capte les eaux. Les travaux durent vingt ans.

En 1940, il s'entreprend dans les caricatures souvent grotesques. Ces dessins laissent percer ses opinions, par des messages sans équivoque aux politiques et décisionnaires.

En 1946, Il apprend sa technique à Gaston-Bernard Arnal qui est son élève.

1956, la maladie lui impose une grande solitude. Il s'installe à Lodève dans la maison d'une de ses soeurs. Il cloture sa vie à l'hopital de Lodève.

Il meurt dans la misère l'année de ma naissance, alors qu'il était né cent avant ma fille, dans un village proche de Lodève, Olmet et Villecun. En 1902, à l'age de 13 ans, il quitte l'école des Frères au moment du certificat d'étude. Il fait une incursion au petit séminaire et le quitte pour aider son père à la ferme. Mais sa passion pour la lecture l'amène à fréquenter la bibliothèque du village. Il dessine à l'encre violette et son inspiration, l'amène maintes fois, à sculpter les rochers. Son père lui installe un atelier dans un ancien cellier de la ferme familiale. Il s'appuyait sur ses lectures pour trouver l'inspiration : Shakespeare, Dante, Tolstoi et bien d'autres. Son travail est remarqué par le Notaire Maitre Martin qui l'invite à rencontrer un professeur de dessin du collège, nommé Max Théron.

En 1967, le conseil municipal de Lodève refuse la requete de son épouse de percevoir une rente pour subvenir à ses besoins.

Quelques temps après, acculée, elle lègue ses oeuvres à la Municipalité contre une rente de 700 francs par mois, soit 110 euros de notre époque.

En 2005, l'ensemble est classé aux monuments historiques. En 2013, le monument fut restauré avant le centenaire de la guerre de 14 18 et le cinquantième anniversaire de la mort de Paul Daudé. Il y a des noms dans la pierre, des noms de soldats qui ont été remis à la peinture rouge.

Pour effectuer la visite, rendez vous au jardin public qui a remplacé les anciens jardins de l'Evéché et au musée de Lodève pour admirer plus de 2000 de ses oeuvres.

N.B. : Horace Diaz, son ami,  a représenté en sculpture Paul Dardé en 2006.

 

Oeuvres

Macbeth
L'homme préhistorique (La Vacquerie)
Thais aux Enfers
Christ aux Outrages (Musée de Lodève) est la statue préférée de Paul Dardé.
La femme damnée
Le Grand Faune
Eternelle douleur (Musée d'Orsay)
La Chanson de Roland
Cheminée monumentale
Homme de Néandertal
Tete aux serpents en gypse (Musée d'Orsay)
Léon Toltoi
Les pleureuses (sépulture privée du Cimetière Saint Lazare à Montpellier)
Vestale (sépulture privée du Cimetière du Père Lachaise à Paris)


Monuments aux morts :
. Bousquet d'Orb,
. Clermont l'Hérault,
. Saint Maurice de Navacelles,
. Soubès,
. Lunel,
. Limoux qui représente "Le Poilu" qui se relève pour écraser l'Aigle, symbole de l'Allemagne.
. Lodève

Stèle à la mémoire des officiers de médecine, à Béziers.

Aquarelles :
. Tete d'homme barbu, 1943

Généalogie

Troisième enfant d'une famille paysanne. Il nait le 5 juillet 1988 à 16 heures à Olmet dans la ferme familiale de Belbézet. Son vrai nom est Paul Adolphe Marie Dardé, enfant de Marie Philomène Jourdan et de Fulcran Dardé. Son grand père maternel était gardois, Palmie Paulin Jourdan (1833), marié à Marie Césarine Metze (1863), originaires tous les deux de Navacelles. Ils se seraient mariés vers 1861.

Alice Caubel a un neveu Michel Caubel.

Elie Dardé est Maire de Lunas en 1912

Ou se restaurer ?

Chateau de Lunas

Maison Baldy à Fondamente

Ou dormir ?

Chateau de Sorgues à Fondamente

 

Bibliographie

Visite de Lodève, le 17 aout 2015

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Le_Christ_bienveillant_de_Tignes

Meg_ve_ALLARD_Illuminations

2_Alpes_07  

Kees Van Dongen, s'EX pose en tant qu'artiste

Eclosion de Juana Romani

Tignes Megève L'Alpe entre
les "2 Alpes"

 

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution :  Jeudi 20 aout 2015
Mise à jour  : Jeudi 20 aout 2015


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15 mars 2015

La Maison Carrée, l'azur de Nîmes

 

 

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La Maison Carrée est l'oeuvre des romains. Ils sont passés par Nîmes. A chacune de leurs étapes, ils ont bâtis, construits, édifiés des monuments qui sont de nos jours célèbres par leur structure et offrent un riche patrimoine. Elle fait partie des symboles emblématiques de Nîmes, comme les arènes et le crocodile enchaîné au palmier qui représente la victoire d'Octave.

La Maison Carrée

 

Pourquoi "Carrée" ? En effet, chaque édifice est de forme géométrique. Et dans l'ancien français, chaque bâtiment qui portait quatre angles droits était désigné par le mot "carré". Il en va de même pour le rectangle que l'on nommait "carré long" et notre "carré" actuel était appelé "carré parfait" ! Ce nom date du XVIème siècle.

La Maison Carrée peut s'énorguiller d'être le seul monument romain aussi bien conservé !


Tout comme Rome, Nîmes est entouré de sept collines.

 

Ce temple fut édifié par Auguste à la gloire de ses fils et petit-fils Lucius Caesar et Caius Julius Caesar qui étaient les fils de sa fille Julia (Livie), mariée à Marcus Vipsanius Agrippa (né en -63 av. J.C.-) en deuxième mariage en 21. Sa fille a eu cinq enfants avec Agrippa. Son gendre décéda en mars (après 37) et fut enterré dans le Mausolée d'Auguste face au Panthéon. Auguste adopta les enfants pour les faire héritier. Auguste, aussi appelé "Octavia" conquis l'Egypte aux années 30. Il avait pour ami Agrippa, vainqueur de "Actium". Ils étaient partenaires d'une république traditionnelle. Octave devient commandant de la légion romaine et reçoit le titre d'Auguste que l'on peut traduire par "Majestueux" ou "Vénérable" et garde le consulat jusqu'en 23. Auguste était le fils adoptif de son grand oncle "Jules César"qui fut assassiné. Auguste est le 1er Empereur, mais ne veut pas que ce pouvoir soit assimilé à celui de roi, pour cette raison. Il se contenta des insignes magistratures pour acquérir les symboles de son pouvoir personnel. Le pouvoir absolu était sous le titre de républicain. Auguste reçu le titre de "Père de la Patrie" en 2 avant J.C.-.

Nemausus, cette cité fut fondée par l'empereur Auguste sur la Via Domitia qui relie l'Espagne à Rome. Nemausus vient du nom celte "Nem" qui signifie "lieu sacré".  "Nemoz" est le Dieu de l'eau et les Gaulois avait donné ce nom à la source de la ville. Les romains s'inspirèrent de ce nom pour nommer la ville Nemausus. Plus tard, en langue occitane, l'on retrouve "Nimes" ou "Nemze".

Malgré les guerres de religion, les invasions des Vandales, des Wisigoths, des Sarrasins et l'instabilité politique qui donnera la protection de la ville à maintes régions, les monuments ont défié le temps comme le Pont du Gard.

La Maison Carrée est l'expression du pouvoir, de l'autorité publique du nouveau régime politique. Elle fut construite en -16 -12 av. J.C.- par Marcus Vipsanius Agrippa, fils de Lucius qui avait créé le Panthéon à Rome.

 

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Les prêtres gaulois, les Druides prêchaient dans les forêts, tandis que les prêtres romains élevaient des temples.

Son style hellenique est inspiré par les temples d'Apollon et de Mars Ultor à Rome. La grâce athénienne apparaît dans les chapiteaux. D'une longueur de 26 mètres sur 15 de large, il s'élève à 17 mètres de hauteur. La construction s'élève sur un podium et de sa hauteur, elle embrase l'esplanade et domine le forum qui était le centre administratif et le coeur économique de la ville antique.

Un tiers de sa longueur est le vestibule qui est ouvert sur 3 côtés dit "pronaos" et qui laisse place à la chambre de la divinité, dite "Cella" pour le reste du bâti. Le vestibule comporte 10 colonnes dont 6 sur la face. Au milieu du fronton, il n'y a point d'ornement. La frise et l'architrave sont simples. Le plafond du vestibule est décoré de caissons carrés en pierre de taille sculptés de motifs. Aucune statue vient enrichir le vestibule.

La chambre comportait un puits qui fut utilisé jusqu'au XVIIème siècle. Il fut bâti par les romains.

Aucune ouverture ponctuée les murs, la seule lumière qui pénétrait venait du haut et surtout de la porte d'entrée. La porte est d'une hauteur de 7 mètres. Elle était protégée par des volets.

Les pierres des murs proviennent de la carrière de Sernhac, proche de Nîmes.

L'escalier qui mène au vestibule comporte 15 marches, alors qu'à l'origine, il y en avait douze. A l'époque antique, le nombre de marche était toujours impair car il fallait commençait du pied droit et finir la montée sur ce même pied droit. Le pied gauche était un mauvais présage.

Les colonnes sont cannelées et chacune comporte 24 cannelures. Le mot "Ornementa" dans l'antique correspond aux trois parties qui ornent la colonne, soit l'architrave, la frise et la corniche. L'ordre corinthien n'a pas d'ordonnance spécifique. Les colonnes sont d'une hauteur de 8 m. 96. Elles sont au nombre de 30 et à égale distance. Elles sont toutes dans le même style corinthien. Elles sont formées par plusieurs pièces dont les joints sont à peine visibles. Leur base est composé de quelques astragales. Les dix premières font parties du vestibule et sont indépendantes. Les autres sont dites engagées car intégrées dans les murs. Les pierres des colonnes proviennent de la carrière de Lens, proche de Nîmes.

Les chapiteaux sont d'ordre corinthien canonique. Ils sont taillés à feuille d'olive. Ils sont ornés de feuilles d'acanthes et chaque face comporte en son milieu une rose. La feuille d'acanthe représente la puissance vitale. Pour Auguste, elle est le symbole de la renaissance de Rome et de son entrée dans un nouvel âge d'or. Sur les chapiteaux, l'acanthe conserve une souplesse naturelle. Cette végétation luxuriante couronne le temple et donne l'impression d'une richesse et d'une vitalité inépuisables, même si elles sont rigoureusement disciplinées.

La corniche est agrémentée d'une frise sur trois côtés du bâtiment. La frise est le couronnement qui sert de support à divers motifs, aussi appelée le "bandeau royal" (fascia regia). Le mot "frise" vient de "phrigium" (opus) qui désigne en grec un morceau de tissu ou la frange d'un vêtement. Le mot "fregiare" veut dire décorer. Le mot français "frise" vient du mot latin "phrygio" qui signifie un "brodeur" et les brodeurs représentent des animaux, des plantes...

Les modillons qui soutiennent la corniche sont également sculptés de feuille de chêne. Il y en a trente le long de la base du fronton de la façade. Les modillons sont aussi appelés "mutules". Sur la corniche de la Maison Carrée, les modillons sont à contre-sens.

La cymaise qui orne la partie supérieure de la corniche comporte des mufles de lions.

L'acrotère mesurait 17 mètres.

Le toit est recouvert de tuiles couchées qui s'enclavent les unes dans les autres.


La Maison Carrée -colonnes cannelées-

A l'origine, sur le frontispice de La Maison Carrée, en lettres de bronze était mentionné une dédicace qui expliquait le rôle de l'édifice : "A Caius Caesar Consul et Lucius Caesar consul désignés, fils d'Auguste, princes de la jeunesse". Aujourd'hui, seules les marques des tenons de scellement qui garnissaient les trous remplis de plomb sont visibles. L'usage de cette méthode pour les inscriptions murales a été aussi utilisé pour le portique du Panthéon et pour le temple de la Concorde à Rome. Le relevé des marques de fixation a permis en 1758 à l'archéologue nîmois : Jean-François Séguier (1703-1784) de décrypter le texte original. Auparavant, le chevalier "Lorenzi" avait vainement essayé.

Sur le côté Ouest, est noté "Réparée par la munificence du roi et l'argent offert par les itoyens, 1822".

En 1015, le temple abrita la résidence du chanoine Pons, dite "salle du Capdueil" qui deviendra au XVème siècle, l'Eglise St Estienne de Capdueil. Le mot "Capitole" lui était désigné (du mot latin "Caput" et dit "Capitolin" car on y trouva une tête d'homme). Le capitole représentait pour l'archéologue "Auguste Castan, l'insigne de la dignité de sa colonnie, soit le prestige de la majesté romaine. Il n'est pas prouvé que le temple de Nîmes représentait un capitole de ce fait. La résidence était précédée d'une cour et d'un portique.

Au XIVème siècle, la résidence est entre les mains des Imbert de Capduel, puis à Pierre Du Puy et enfin à Jean Vidal, avant de passer à Pierre Boys (Buys).

La Maison Carrée fut transformée en maison consulaire jusqu'en 1540 et portait alors le nom de "Capitole" ou "Cap-duel", c'est-à-dire la maison des consuls propre aux échevins du Midi de la France sous la royauté.

Au XVIème siècle, elle appartenut à Pierre Boys, fils de Louis et de Galbouze Vidal. Il est laboureur et l'échangea aux consuls contre un local plus vaste, situé près de l'actuelle tour de l'Horloge. Ce nouveau propriétaire fit construire une maison sur deux étages attenantes à la façade sud de la bâtisse. L'escalier d'accès entaillait deux ou trois colonnes. Sur la façade nord, il adjoignit un pigeonnier.

La Maison Carrée fut convoitée en l'an 1576 par la Duchesse d'Uzès, Louise de Clermont-Tonnerre, pour en faire le tombeau de son époux, Antoine de Crussol qui décéda le 15 août 1573. L'amiral de Brueys était établi à Uzès à l'époque. Elle fit des propositions aux filles héritières de Pierre Boys, Mesdames de Seynes et de Valeirargues, par l'intermédiaire des consuls de Nîmes qui en avaient le bail. Les propositions n'urent pas de suite. Louise de Valeyrargues hérite de La Maison Carrée.

En 1591, la maison mitoyenne s'écroula.

En 1626, Louise de Valyrargues nomma sa fille Marguerite, légataire universel ; ce testament donna le titre de propriété de La Maison Carrée. Marguerite avait épousé Tristan de Brueys en 1585, Seigneur de Saint-Chaptes. La commune de Saint-Chaptes se trouve entre Nîmes et Uzès. Veuve en 1617 avec dix enfants. En 1630, La Maison Carrée appartient à un des fils, Denis de Brueys. En 1647, Denis de Brueys vint à décéder et son fils Jean-Félix de Brueys en hérita.

En 1650, Gabrielle de Brueys obtint par jugement la jouissance de La Maison Carrée.

Elle appartient toujours au Sieur Jean-Félix de Brueys, Seigneur de Saint-Chaptes. En 1714, elle subit les pires outrages de devenir écurie. Une entaille oblique sur les colonnes de la façade du pérystile fut faite pour aménager un auvent pour les bestiaux.

Puis vint l'époque ou Colbert en 1669, voire Louis XIV eurent l'idée de transporter pierre par pierre, la Maison Carrée dans le parc de Versailles. Une délégation d'architectes se serait rendue sur place pour constater que ce projet ne pouvait se faire car de trop grande ampleur, vu le mauvais état de l'édifice.

Elle fut cédée par Jean-Félix de Brueys et Gabrielle de Brueys (veuve de Benoît de Borne), aux moines augustins le 28 mai 1670 pour tenir d'église. Ils projetaient de construire un couvent à côté. Jean-Félix de Brueys reçoit 5600 livres pour payer ces créances et faire arrêter la saisie de tous ses biens, obtenue par sa tante Gabrielle de Brueys à qui il doit 2000 livres de sa dot, plus les intérêts et frais divers.

La Maison Carrée devint sous la surveillance du Roi et l'on fit démolir les maisons contigües en 1691. L'intendant du Languedoc essaya de récupérer le monument pour le Roi, mais les Augustins obtinrent gain de cause en 1672, en présentant leurs titres de propriété. Ils purent ainsi effectuer leur travaux avec l'autorisation du Conseil privé du Roi. En 1683, ils entâment les travaux pour convertir La Maison Carrée en église. Les frais dépassèrent leur budget et ils obtinrent une aide financière de la province pour terminer les travaux. Les travaux furent donnés à Dardailhon qui refit dans un premier temps le revêtement du podium, l'escalier. Dans un deuxième temps, la base des colonnes fut revue. En 1688, deux maisons qui s'appuyaient sur la façade sud furent détruites. En 1691, l'église prit place dans la cella du temple, les travaux prirent fin. Un choeur, quatre chapelles latérales, des tribunes desservies par deux escaliers, un caveau funéraire pris place en dessous du choeur avec une forme demi-circulaire. Le caveau fut relié à une cave située sous le péristyle. En 1702, le bâtiment fut à nouveau restauré. Les travaux entreprient consistaire à consolider le socle de 7 colonnes par leur remplacement et de refaire la toiture. 1714, 1745, du plomb fut utilisé pour protéger les corniches des frontons. 1764 mit fin aux déprédations des religieux qui recherchaient un trésor dans les soubassements.

De 1778 à 1781, J. Fr. Séguier restaura le mur de la Cella et les colonnes qui y sont engagées, puis des chapiteaux et de la corniche.

1787, le représentant du Roi essaya de conclure avec les Augustins pour que le monument devienne le lieu de réunions de l'Académie de Nîmes. L'échange proposée était la maison de Séguier, léguée après sa mort à l'Académie. Les démarches n'aboutirent à rien et un arrêté royal fut pris pour le transfert du couvent sur un autre site. Les négociations étaient forts engagées au moment de la Révolution. Elle fut vendue comme bien national.

A cette période de révolution, elle ne servit qu'à entreposer des bottes de foin et des sacs de blès.

En 1791, la bâtisse devient jusqu'en 1802 l'administration du Directoire et prend la forme de la première préfecture du Gard. De 1802 à 1805, elle abrita les archives.

En 1806, la chapelle et le couvent furent démollis.

De 1816 à 1822, des travaux de restauration virent le jour afin de consolider le monument. La toiture fut refaite dans des matériaux plus légers et le revêtement du podium repris son origine.

De nos jours, elle est devenue un musée depuis mars 1824. En l'honneur de la visite de la Duchesse d'Angoulême en 1823, le musée fut appelé Marie-Thérèse et fut destiné aux peintures et sculptures.

En 1875, le musée se transforma et servit exclusivement à l'archéologie. Deux doliums prirent place de chaque côté de la porte.

Depuis 1988, le musée sert temporairement pour des expositions.

En 1990, un des doliums fut brisé.

La Maison Carré fut usitée tout au long des époques, ce qui a permis de maintenir sa conservation.

La Maison Carrée fut classée monument historique en 1840.

Maison Carrée -chapiteaux ordre corinthien-

 

La porte actuelle a été réalisée en 1824. Elle est de forme carrée et très élevée. La porte est entourée de pilastres.

La toiture fut restaurée en 1992.

La place actuelle fut réaménagée en 1993 par l'architecte en charge des travaux du nouveau musée d'art contemporain : Lord Norman Foster. A l'origine, sur l'emplacement du nouveau musée se trouvait le théâtre. Les vestiges de le théâtre ont été déplacés sur une aire.

2006-10, la façade a repris de la jeunesse par un entretien qui lui permis de retrouver sa couleur d'origine. Certaines pierres ont été restaurées par les ateliers "Bouvier".

Vous pouvez découvrir toute l'histoire de la Maison Carrée sur son site :

http://www.maisoncarree.eu/

Note

Thomas Jefferson (1743-1826), Président des Etats-Unis, avait étudié le dessin et cherchait une solution architecturale pour la Virginie. Il visita la Maison Carrée en présence de Charles Louis Clérisseau et le monument l'inspira et servi comme modèle à la construction du Capitole de Richmond, siège du gouvernement de l'Etat de Virginie et à de nombreuses réalisations.

Situation

Nîmes, rue du Général Perrier

 

Biblographie

Visite le samedi 14 mars

 

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  Les Halles de Narbonne

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Rue des Teinturiers
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Parution :  Samedi 14 mars 2015
Mise à jour  : 14 mars 2015

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21 avril 2014

La glaise douce et les herbes amères de l'Îsle-sur-la-Sorgue

 

 

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L'Îsle-sur-la-Sorgue - Après Londres et Saint-Ouen, cette foire à la brocante suit son cours.

J'entends les vocalises et sur cet air de fête qui amène les anglais, les italiens, les allemands à l'Isle-sur-la Sorgue, je rentre dans cette foire qui depuis 1966 tourne comme les roues à aubes.

Blanche Neige à la Sorgue

L'Isle-sur-la-Sorgue offre deux fois par an, sa foire à la brocante. Aujourd'hui, c'est le marché du Samedi, mais également la brocante des fêtes de Pâques. Le reste du temps, l'Isle vit au rythme de la Sorgue qui calme ses hardiesses le temps de l'été. Les aubes mousseuses en témoignent. Les algues au mouvement ondulatoire donnent le tempo. L'eau limpide attire les clients qui prennent place aux tables disséminées tout au long de la Sorgue. Les vieux, un coude sur la table, tendent leur bras veiné comme le marbre pour trinquer devant un 51. Ils remettent cette laborieuse prouesse au moins deux fois, à l'ombre des ormeaux.

Sur un air de brocante

Ici, le temps inverse son cours. Le présent reflue dans le passé. Il laisse place aux horloges figées, aux objets qui demandent qu'à reprendre vie. Même le zinc pétrifié attend celles qui veulent l'arracher de cette lente agonie.

Entre les rires et les larmes, le vent emporte la douleur et laisse place à la joie. Aujourd'hui, il est présent et le temps est vivifiant. Nous sommes habillés légers et le Mistral est de la partie. Rire.

 

Roue à aubes à l'Isle-sur-la-Sorgue

Noria à l'Isle-sur-la-Sorgue

Tout au long des canaux, des boutiques invitent les touristes ravis à explorer leur fonds de commerce, tandis que les jeunes filles explorent avec leurs jambes le cours de l'eau et les dames arrosent leurs gorges de cette eau brassée restituées par les pales, en rideau. Les enfants lancent leur goûter aux canards qui remontent le fil de l'eau pour explorer les berges.

Sur un air de brocante, les artistes viennent. C'est ici que j'ai vu Arditi et sa compagne Evelyne Bouix. Nous avons partagé notre table pour se restaurer. Dave a fait escale "Au Chineur" où samedi, nous avons pris table.

 

Au delà, le ciel bleu

 

Renaud Séchan fait ses courses avec sa 2 CV, puis se rend déjeuner au bord de la rivière. Il aime faire la rentrée dans le Vaucluse, lorsque l'Isle-sur-la-Sorgue s'est vidée de son agitation et reprend son intimité.

Patrick Bruel y séjourne.

Arthur Young, physiocrate rentra dans une auberge en 1788 pour souper avec des truites et des écrevisses qu'il citait comme les plus exquises du monde. L'eau de la Sorgue est réputée fraîche et donne du poisson de qualité. Les canaux autour de l'Isle sont bordés d'Ormes.

Décor

Madame de Sévigné venait en diligence et prenait cette route pour aller à Fontaine de Vaucluse.

René Char, poète y est né le 14 juin 1907 dans sa propriété du Névons à l'Îsle sur la Sorgue et y vécut. Son père était Maire de l'Îsle-sur-la-Sorgue à partir de 1905. Il troqua sa plume contre les armes et devint chef de maquis. A l'automne 1946, il accueillit Albert Camus pour lui faire visiter le Vaucluse. Valentine Hugo, Picasso faisaient partie de ce cercle.

Depuis trente ans, l'Îsle est devenue attractive. Chaque année, antiquaires et chineurs s'y retrouvent pour le week-end de Pâques et pour le 15 août.

Entrée antiquaire

C'est à table que je chine le plus, j'appelle la Providence pour être l'unique spectateur de ce spectacle unique. Je suis attirée par cette foule et j'explore tout ce qui prend place autour. La vie est livrée à ma curiosité, je cherche à être surprise par ce monde bigarré.  Les femmes dont la cinquantaine germe prennent de l'élégance, une majesté polychrome. Elles habitent leur corps.

Les plus accomplis sont les italiens. Ils sont merveilleux, ils ont devant eux une carrière d'acteur. On peut les considérer comme les plus beaux car les plus expressifs.

 

Boule de cirque

Cette masse ondule avec le même profil, la même spatialité vitale des corps. L'âge, c'est le charme d'Adam et la tragédie d'Eve. La figure de l'homme s'imascie avec l'âge et prend de l'allure ; tandis que la femme perd la grâce du jeune âge. Elles portent la toilette et cherchent à s'égaler à un beau corps de statue. Elles ne renoncent à rien côté vestimentaire. Elle a une façon de s'assoir, de tendre son cou, d'offrir un vrai sourire et de porter attention. Elles vous regardent donc et vous finissez par vous sentir la personne la plus intéressante. Elles arrivent à séduire n'importe quel sexe. C'est çà la virtuosité des femmes !

Statue, place Jean-Jaurès à l'Isles-sur-la-Sorgue

De même, si l'on poursuit leur trajectoire, ils sont en relation l'un avec l'autre. Les mouvements des bras et des mains sont différents suivant les personnages et dans le couple.

Le temps s'écoule, je saisie les regards. Au moins un, puis deux... Qui sont ces femmes aux membres nerveux, aux doigts effilés et à la chair douce. Je suis toujours au même endroit, je m'oublie, mais la présence du serveur qui me propose un café me ramène à la réalité.

Je ne suis plus qu'une spectatrice passive.

 

Poupée dite

Sur le Quai Jean-Jaurès, le Nego-Chin donne l'illusion des tableaux de Monet. Cette barque à fond plat est l'embarcation traditionnelle qui sert pour la pêche ou la chasse dans les marais.  Elle est légère, rapide et extrêmement maniable. Elle est typiquement provençale malgré qu'elle donne un air asiatique.

 

Anne de Toscane, statuaire en papier maché

Je ne cherche pas à vous vendre cette image, mais si vous y allez le premier dimanche d'août, vous pourrez admirer le marché flottant aux fleurs sur un air de "Coupo Santo", pour clôturer la cérémonie. Il offre une farandole de couleurs et sa production locale. Vous appelez et, à l'aide d'une perche, les bateliers accourent pour répondre à votre demande.

 

Caisses empilées

Chaises empilées

Mi-juillet, il y a la pêche d'Antan, spectacle offert par la Confrérie des Pescïares Lilen (pêcheurs lislois) qui ont le droit exclusif de pouvoir pêcher de la source jusqu'au Rhône, privilège accordé depuis le 31 juillet 1237. Il ouvre le droit de pêche de la source à Fontaine, jusqu'à l'embouchure du Rhône. Ces traditions séculaires permettent de s'alimenter en poisson comme truite, ombre commun, anguille, langoustine, écrevisse ou petite friture. Les pêcheurs manient avec dextérité ces embarcations qu'ils propulsent grâce à une longue perche (gaffe ou paterre). Précises mais peu stables malgré leur longueur de 5 mètres, c'est de l'origine de son nom "noie chien", en provençal. Ils crestent la truite ou l'attrapent à la main. Une prière est faîte à "Notre Dame de la Sorguette" afin d'implorer que les récoltes futures soient aussi bonnes que celle de l'année en cours. Les truites sont bénies lors de la messe.

Le 15 août est aussi un moment important pour l'Isle-sur-la-Sorgue. Bien sûr, il y a la brocante, mais également les joutes.

Maison bourgeoise à l'Îsles-sur-la-Sorgue

Canal de l'Îsles-sur-la-Sorgue

 

La Sorgue se divise en de nombreux bras façonnés par la main de l'homme qui font apparaître la ville comme une multitude d'îles, d'où le surnom de Venise Comtadine. Autrefois, c'était des marécages, dans la plaine (les paluds) formée de limon, qui furent asséchés par la construction des canaux. L'eau reste cachée longtemps, elle traverse un vaste réseau souterrain et jaillit subitement au gouffre de la Vallée Close à Fontaine de Vaucluse. De là, l'eau court, constante et rigole.

Elle reste à une température fraîche et ses eaux sont courantes malgré une pente quasi nulle. La végétation (la berle, épiaire des marais, la renoncule aquatique, le potamot) développe un écosystème qui permet de conserver une bonne oxygénation.

Au niveau du partage des eaux, les berges sont un atout pour les pique-niques et grignoter des bouts de bonheur. L'ombre des platanes favorise la sieste.

 

Déambulation de la Sorgue

Entre Velleron et l'Isle-sur-la-Sorgue, jaillit une source d'eau minérale à 15° C. C'est au XVIIIème siècle que les eaux minérales de Velleron trouvent leurs renommées et un établissement thermal connu sous le nom de "Notre-Dame-de-Santé" fut en service jusqu'à la fin du XIXème siècle. Il traitait, entre autres maladies, le diabète, les rhumatismes et les maladies du foie...

 

Tissu d'une malle

A lire, si vous le trouvez à la brocante :

René CHAR "Fureur et Mystère" 1948

 

Bambou chez l'antiquaire Nicolas.

 

Bibliographie

Foire à la brocante, samedi 19 avril 2014

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : lundi 21 avril 2014
Mise à jour  :  21 avril 2014
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15 février 2014

Lecture de Narbonne -bleu, blanc, rouge-

 

 

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Cher fidèle, si seulement je n'étais pas confronté à votre lecture, je pense que je serais plus libre, sans doute sur mon écriture qui se consume de page en page.

Parfois, je suis touchée par votre commentaire qui rend votre présence proche et me rappelle que quelque part dans le monde, vous me lisez. Je réponds à mon attente, de sentir les phrases se délier, d'écrire dans l'air de la liberté comme sur un buvard pour prolonger l'atmosphère, le parfum du voyage. Le voyage est une quête unique qui le rend si différent du dernier, voire de celui de l'année passé où dans ce même quartier, j'ai vu et je vois sans moindre mesure d'autres élèments, plus clamants de la beauté de Narbonne. Je me substitue à une revue pour vous faire découvrir ces atmosphères si personnels à l'entrée d'un parvis, dans une rue sans nom, car je l'ai déjà oublié.

Les touristes sont absents. Le mois de février est une léthargie pour les sorties. Les dictons attendent Pâques pour ouvrir le grand bal des promenades le long du quai des Barques. Mais, je n'ai pas la patience d'attendre que les beaux jours soient là pour débuter l'année. Je trouve le renouveau dans les rues, sur chaque pavé ou en levant les yeux sur ces belles façades. Je déchiffre chaque lieu.

 

Les Halles de Narbonne

Balcon au couleur du vin -Narbonne-

 

Nous sommes face au canal de la Robine, sur le Quai des Barques qui a laissé au passé les lavoirs pour donner cette promenade. Les lavoirs se situaient en dessous de l'ancienne passerelle des Barques. Les rives du canal sont le domaine des lavandières (les bugadières). Le linge sèche sur les berges jusqu'en 1930. Les maisons se mirent dans l'eau. "Las Naus" était l'appellation du Moyen Age qui voulait dire les navires ou barques en langue d'Oc.

 

La Florence de Narbonne

 

La Roubine part du Nord de Narbonne et coule dans l'ancien lit de l'Aude jusqu'à l'île Ste Lucie, proche des étangs de Bages. Elle passe entre deux étangs, le long des salins et dans la réserve de Ste Lucie où la nature évolue sans l'intervention de l'homme. L'eau de pluie alimentait cette île en s'infiltrant dans les strates calcaires où repose un lit de grès imperméable. Un monastère fut créé, en 1614, à cet emplacement, conçu sur un socle volcanique. Cette anse servait, dans l'ancien temps, de port pour les grecs, les phocéens, les phénicéens et les romains.

Cette presqu'île est rattachée à Port la Nouvelle. De ces carrières ont été extraites les pierres taillées dans la molasse Miocène pour construire la cathédrale de Narbonne, entre autres.

La rive gauche du canal dessert les anciens quartiers de la Cité, tandis que la rive droite sert de Bourg. D'un côté, les commerçants et artisans et de l'autre les bourgeois et les lettrés. En 1362, une patente de Philippe Le Valois a permis de rapprocher les deux rives.

Sur le bord du canal, la statue du dernier archevêque de Narbonne, Monseigneur Arthur Richard Dillon rappelle qu'il faut être uni.

C'est là que se situait le port fluvial de Narbonne.

Derrière moi, se situe les quais de Lorraine et d'Alsace qui ont perdu toute l'activité des chais et qui se consacrent au tourisme fluvial.

Je suis sur l'ancien pont "Sainte Catherine" face au pont des Marchands et je prends la photo.

Le pont Sainte-Catherine avait été construit en 1525, en même temps que la reconstruction des fortifications, à l'emplacement d'un ouvrage médieval. Il était courant de l'appeler pont de la Naus (barque), de la "Cadena", en raison de la chaîne tendue chaque nuit entre les deux rives pour empêcher la circulation des barques et, enfin Sainte-Catherine. Sur ce pont fut édifié une chapelle votive qui abrita la Vierge et l'enfant. La Vierge miraculeuse, tant vénérée en période de calamités, appelée "Notre-Dame" se situait entre Bourg et Cité. En bois au départ, elle fut remplacée par celle de marbre (Cf. photo ci-dessous). Auparavant, elle se situait dans l'église de Lamourguier. Même à la Révolution, elle siègea jusqu'à la démolition du pont en 1885. Une pétition retarda son échéance jusqu'à ce que l'ordre vienne de Paris. La Madone du Pont fit le choix de se ranger dans le Bourg en la Cathédrale et l'oratoire fut également transféré en 1889. Notre-Dame du Pont était au XXème siècle la patronne des mariniers.

 

Notre-Dame du Pont Sainte-Catherine

  Notre-Dame du Pont - Cathédrale de St Just & St Pasteur

 

Une copie de Notre-Dame du Pont est visible quai du Mirabeau. Elle est placée entre le Pont de la Liberté et la nouvelle passerelle côté rive droite.

Les péniches filent le long du cours d'eau où le vent ne s'engouffre pas. Le vent le Cers est un vent d'ouest. Narbonne est la patrie du vent.

Là, la péniche "Tramontane" qui nous rappelle que Narbonne est à tous les vents ! Parfois, dans les rues étroites, nous ne pouvons lui faire face. Sa force, nous renverse.

 

Tonneau -Narbonne-

 

Le cours Mirabeau s'appelait le cours de la Liberté.

Nous contournons les premières bâtisses par la "rue des marchands" , c'est l'ancienne voie domitienne. Cette route nommée "Via Domitia" a été créée à partir de 118 ans av. J.C. à l'instigation du Général romain Cneus Domitius Ahenobarbus. Cette voie menait d'Italie jusqu'aux Pyrénées. La colonie Narbo Martius, placée sous la protection de "Mars" fut érigée à l'an -118 par Rome qui voulait conduire jusqu'en Espagne ces troupes. A l'An 45, César établit ses soldats Vétérans de la Xème Légion et la nomma "Colonia Julia Narbo Martius" en l'honneur de sa troupe surnommée Martia. Narbonne et ses plages, servaient de débarcadère. Le cours de l'Aude était remonté jusqu'à Narbonne. Les alluvions de l'Aude ensablèrent les zones portuaires et le massif de la Clape (214 m) qui était auparavant une île se rattacha au continent. Des villas romaines s'implantèrent et produisirent du vin. Le phyloxera, au XIXème siècle fera déplacer les vignobes vers des zones sableuses.

Cette rue est construite au dessus du canal et nous amène sur la Place de l'Hôtel de ville où nous nous dirigeons. Elle traverse le canal par le pont des Marchands. A l'origine, ce pont devait avoir 7 arches. L'eau provient de l'Aude (Attax). Le mot "Attax" provient du Celte "Atacos" qui signifie "fougueux, rapide" car l'eau descendait des Pyrénées. Et à ce même titre, l'eau de la rivière l'Orb (Orbis) provient des Pyrénées. Sur l'Orbis, la commune de Baeterrae pris place nommée actuellement Béziers. Cette région avait auparavant pour capitale Narbonne. Ce pont est romain et une partie fut découverte, il y a peu de temps.

Passée la rue des marchands, nous longeons le bord du canal, par la rue Jean Jaurès, nous arrivons à l'endroit nommé l'écluse des 3 ponts. Tout au long, il y avait des moulins qui donnaient de bons revenus aux propriétaires.

Nous pouvons admirer une péniche nommée "Marie Thérèse" qui chargent des barriques.

 

Péniche

 

Le silène Bacchus, est l'emblême de Narbonne, Dieu du vin. Bacchus est le fils de Jupiter et de Sémélé, fille du Roi de Thèbes. Cette statue du 1er siècle a été retrouvée lors des fouilles des travaux menés pour la construction de la gare vers 1856 et se situe au musée de Narbonne.

Pour consommer, il suffit de revenir sur vos pas et vous diriger vers la fontaine qui est qualifiée de "Jouvance" car elle offre du vin pour la fête des vendanges. Elle se situe sur la façade du palais des Archevêques.

Il y avait autrefois à Narbonne, un Capitole, un cirque et un amphithéâtre qui furent démolis et dont les matériaux servirent à bâtir les nouvelles fortifications. On rentrait dans la ville par quatre portes.

Le Capitole, prestige de la majesté romaine se trouvait sur la Butte des Moulinasses, au nord de la ville. Ce temple était constitué de colonnes en marbre Carrares. Les fouilles du site de Moulinassès ont mis à jour les restes du temple. Un premier chapiteau orné de feuilles d'acanthe fut retrouvé en 1869. Le temple était divisé en trois chambres (cellae) pour les trois divinités capitoline. Huit colonnes sont en façade et neuf sur les côtés. La chambre de Jupiter est au centre et mesure 8 mètres de large, celle de Junon à droite fait 4 mètre, de même pour celle de Minerve à gauche. Les colonnes sont composées de 24 cannelures de 1,80 de diamètre à la base. Ce podium était haut de 34 mètres et mesurait 36 mètres de large, pour une longueur de 48 mètres. Il était entouré d'une galerie. Un incendie, en l'an 145 ruina l'édifice. Certains matériaux furent requis pour construire les églises. Certaines colonnes furent transporter à Cordoue pour agrémenter la Grande Mosquée et d'autres fragments de colonne servirent à combler les berges des débarcadères. Il disparut définitivement en 1451 et sur cette butte tournaient les moulins à vent. Le Capitole était devenu "Les Moulinassès".

Au sud du Capitole se tenait le Forum. Il mesurait 85 mètres de large pour une longueur de 60 mètres.

Les arênes Golvin

Les bains de Chrysanthus

Les moulins était dans la rue actuelle des "Trois moulins".

C'est curieux comme la cathédrale de Narbonne se voit plus de loin que de près ! Elle semble camoufler par le palais de l'archevêque acolé et les immeubles qui la ceinturent. L'entrée se fait par des portes latérales qui donnent l'impression de pénétrer dans un tabernacle.

Arrivée à  la cathédrale St Just, nous levons les yeux sur les gargouilles qui apparaissent sur les corniches supérieures. Leur gosier étiré vomit l'eau du ciel. Ces tiges des voutes sont comme des arbres tendus vers le ciel. La hauteur des voutes s'élèvent à 40 m de haut à l'intérieur, ce qui range cet édifice comme le quatrième le plus haut de France, après Beauvais et ses 48 mètres, Amiens (42 mètres) et Metz (41 mètres).

 

Gargouille de la Cathédrale de Narbonne

 

J'étais incapable de m'arracher à l'attrait de ce bestiaire, de ce peuple de chimères hérissées parfois grotesques. Des stryges semblaient pousser des cris perçants comme les rapaces au-dessus de leur proie, sortis de leur niche. J'avais l'expression de voir une satire du peuple du Moyen-Age. La magie de ces chefs-d'oeuvre muets me laisse sans voix. L'architecture gothique est la gloire du crhistianisme, la foi populaire, mais aussi un enseignement de l'exotérisme pour le laïque.

Le silence du cloître nous pénètre. Je rentre dans la pensée des ancêtres et je mets de côté le culte. Il rappelle la puissance des chanoines. Au passage, j'admire le donjon médieval.

 

Jardin des Archevêques - La tour des Archives à Narbonne

Tour du jardin du Musée

 

Le terme gothique est appliqué à l'art français qui date du moyen-âge entre le XII et XVème siècle. Il est aussi appelé Art Ogival, mais son explication doit être recherchée dans son origine cabalistique et non dans son étymologie. La cathédrale est une oeuvre d'art goth ou d'argot qui est un langage particulier entre plusieurs individus qui veulent communiquer leur pensée sans être compris de ceux qui les entourent. C'est donc une cabale parlée et tous les Initiés s'exprimaient en argot, comme les francs-maçons du moyen-âge. On les appelait "les logeurs du bon Dieu". Ils édifièrent les chefs-d'oeuvre argotiques que nous admirons de nos jours. C'est encore un dialecte maudit, un langage d'une minorité d'individus qui vivent en dehors des conventions, du protocole et à qui ont colle l'étiquette de voyous qui veut dire voyants. Les francs-maçons sont appelés aussi les "Fils ou enfants du soleil". L'art gothique est en effet l'art got ou cot (Xo), nommée l'art de la Lumière ou de l'Esprit. Dans cette société, la langue est l'instrument de l'Esprit et elle m'est révélée par cette découverte.

J'étais sourde et aveugle (ignorante), voire misérable car je ne savais pas parler cette langue. Mon esprit devenait divin par ces mots disséqués, avalés. L'esprit démoniaque m'énivrait.

 

Chapelle en la Cathédrale de Narbonne

Charrette des damnés menés aux enfers

La langue des oiseaux, j'apprenais. J'écoutais, j'entendais. L'argot est une des formes dérivées de la langue des oiseaux qui est la langue des philosophes et des diplomates. Jésus la révéla à ses apôtres en disant "Je vous envoie mon esprit, l'Esprit-Saint". Elle est la clé d'une double science : la sacrée et la profane. Au moyen âge, elle s'appelait le "Gaie science" ou "Gay sçavoir", la langue des dieux. De nos jours, nous la retrouvons que dans le picard, le provençal ou le dialecte des gypsies. Minerve, déesse de la Sagesse l'enseignait.

 

Zoom sur personnage de la charrette en la Cathédrale de Narbonne

 Zoom sur les damnés qui vont en enfer

 

A l'origine, il y eu trois églises successives dont la basilique constantinienne à l'an 313, consacrée en 782 aux deux jeunes martyres espagnols Just et Pasteur ; mais également une basilique latine et une cathédrale carolingienne. La cathédrale se situait contre les remparts. Dès 1268, les travaux furent entrepris sous l'ordre du Pâpe Clément IV, ancien archevèque de Narbonne. La construction en elle-même débuta en 1272 et s'acheva en 1332 ; disons, doucement inachevée, car certaines parties restèrent à l'état de projet car la poursuite des travaux nécessitait la démolition d'un rempart d'origine romaine à l'ouest de la ville ! Cette destruction aurait entraîné l'insécurité et de ce fait, les consuls auraient refusé. Un procès débuta sour le règne de Charles V (1364-1380) et les autorités civiles trouvèrent le compromis d'accorder la construction d'un cloître en échange de l'arrêt du chantier de la cathédrale. Mise en attente aussi car Narbonne subit la peste noire (1348 à 1355), le Prince Noir (Prince de Galles) et en 1340, les consuls de la ville s'y opposèrent, pour une question de buget. Le déclin économique lié à l'ensablement du port fluvial ne permit pas la reprise des travaux. Elle se nomme maintenant Saint Just - Saint Pasteur. Elle comprend que le choeur du projet initial.

Le cloître occupe l'emplacement de l'église carolingienne de Théodard dont le clocher est toujours visible. Il comporte 4 galeries voûtées d'ogives, éclairée chacune par cinq arcades en arc brisé. La galerie de l'est communique avec la salle capitulaire, devenue chapelle de l'annonciade. Il fut construit de 1349 à 1407.

En 1407, les travaux sont repris avec l'édification de la galerie et de la porte sud.

Depuis 1803, elle est devenue une église paroissiale.

Inachevée, avec des empreintes de l'outrage des siècles et vandalisée. Le vandalisme est l'ennemi du beau car il mutile et dégrade. Parfois même les restaurations continuent à accentuer le phénomène de dégradation, mais le pire fut la Renaissance, de concept opposé qui mutila et fut fatale à l'oeuvre médievale.

A l'intérieur, le volume est impressionnant que par sa hauteur car les dimensions restent modestes pour une cathédrale. Le choeur mesure 48 m de large sur 55 m de long. Le vaisseau central est flanqué de deux séries de chapelles pentagonales. Le prolongement du choeur est conçu avec un déambulatoire qui dessert 5 autres chapelles, plus amples que celles des côtés. Treize chapelles sont dénombrées.

L'architecte qui l'a conçu a également fait l'abbaye de Valmagne.

Les chapiteaux des piles sont dépourvus de sculptures. Le triforium est simple. Les balustrades sont remplacées par une double ceinture de créneaux qui réunit les culées des arcs-boutants terminés en tourelles. L'abside est reliée aux fortifications de l'archevêché pour contribuer à la défense du Palais. Ce style de fortification est courant dans le Midi de la France.

La Sacristie et le Trésor sont dans deux des chapelles du choeur, au sud.

Choeur Cathédrale -Narbonne-

Pour écouter les cloches sonnées,
CLIQUER ICI

L'alignement des 131 sièges en bois du chapitre est réparti sur deux rangs. J'admire les stalles lustrées où les chanoines prenaient place. Elles furent sculptées et placées en 1780. Il y avait là, plus de cent surplis : les chanoines, le second ordre, les hebdomadiers, le prêcheur, les sacristains, les dignitaires et les prévôts du chapitre, les diacres et les archidiacres territoriaux. L'imbrication de l'Eglise et du pouvoir qui représentait l'autorité civile amena en certaines circonstances, les consuls et d'autres personnalités à s'installaient également dans le choeur. Les simples fidèles n'avaient pas accès au choeur. Ils prenaient place derrière le maître-autel, dans ce qu'on appelait "la chapelle paroissiale" qui n'est autre que la chapelle axiale.

Au sol, les pierres sont lustrées, on appelle AME ces dalles usées par le temps et les passages dans les églises et monastères.

Sergius Paulus fut le 1er archevêque de Narbonne. Le Chapitre est composé d'un grand Archidiacre, d'un Précenteur, d'Archidiacres, d'un Succenteur et de Chanoines.

Le Diocèse de  Narbonne comprend quatre abbayes d'hommes (dont Fontfroide) et deux de filles (Quarante).

 

Stalles de la Cathédrale de Narbonne

 

L'écho des chants liturgiques rend le choeur au coeur du débat car la cathédrale n'est constituée que de son choeur. La nef demeure sur les plans et relève de l'attente. Il faut se contenter de la beauté de l'inachevé car même si en 1915, une étude fut reprise par Rockefeller, alors que Napoléon III n'avait pas donné suite à le re-initier, elle resta en l'état.

C'est à Narbonne que fut signé la constitution de l'ordre des Templiers, le 13 décembre 1117. Narbonne devint le coeur de la kabbale Médievale. Ces fondateurs firent étape à Narbonne, créérent la communauté composée de huit chevaliers qui partaient en croisade en Terre sainte, Jérusalem. Ils étaient les "Pauvres Chevaliers du Christ" et souhaitaient récupérer les textes sacrés. Ils menèrent des escavations et découvrirent le texte du Sefer Ha Bahir qui entraîna la révolution culturelle de la kabbale Médievale.

Narbonne était proche des Cathares qui rejetaient le Dieu de la Bible et préféraient le culte de Lucifer. Ils pratiquaient la sorcellerie. Les Cathares influencèrent les Templiers.

Ces moines combattants devinrent à leur retour, les Templiers car les croisades les amenèrent certe à prier, mais aussi à tuer. Cette commanderie bénéficia de nombreux dons des paysans et perçut des redevances sur les chasses, les moulins, etc. qui permirent aux Templiers de construire la cathédrale. Elle prie la forme d'une croix. Or, la croix est aussi le hiéroglyphe du creuset, nommé jadis crucible (crucifix) dont la racine est crux, croix.

La construction fut le résultat d'un compromis entre des modèles du Nord de la France et du Sud car les commanditaires préféraient l'architecture du Midi. La voute sur croisée d'ogive et celle de l'arc brisé reposent sur quatre piliers qui sont similaires aux édifices du nord de la Loire. La hauteur est si imposante que les vitraux semblent petits. L'intérieur est austère, le trifonium est obscur par l'absence de fenêtres alors que les cathédrales se voulaient puits de lumière. L'intérieur marque la tradition du Midi par son style languedocien.

Est-ce que Saint Christophe s'y retrouve ? Son nom primitif est Offerus qui signifie "qui porte le Christ" mais aussi dans les signes cabbale, il ressort phonétiquement sur un autre sens "Chrysophe" : qui porte l'or. Ce symbole représente le soufre solaire (Jésus) ou "l'or naissant", cette énergie propre à Mercure dont les ondes l'élève à l'Elixir. La couleur du mercure est le gris et le violet. La statue de Saint Christophe porte un enduit de ces couleurs. La Renaissance mit une fin à la symbolique médievale. L'oeuvre gothique est soumise à l'Idée, alors que l'oeuvre renaissante, domine et l'efface. La Renaissance est le triomphe de l'esprit. Saint Christophe apparaît en la Cathédrale de Narbonne sur un vitrial de la façade nord. Il est accompagné d'un Evêque et d'un ange blotti dans l'angle droit. Ce vitrial date du XVe et XVIe siècle.

Le Christ porta sa croix. Et chacun d'entre nous à notre tour ? Encore une symbolique qui ramène à l'agneau de Dieu, image du christ sur sa croix qui porte trois clous. Les trois purifications par le feu et le fer. L'agneau est la figure du Christ car l'agneau pour être rôti doit être disposé de façon à figurer une croix. Une des branches, le traverse de part en part, une autre par les épaules et ses pieds antérieurs sont attachées.

Au fil du temps, cette puissance se transforma en véritable hostilité, alimentée pour une part par les autorités religieuses et les légendes sur cette société secrète défilèrent. Les templiers avaient des pratiques étranges dans leur Ordre qui furent dénoncées aux hommes du Roi de France. Les Templiers furent accusés d'outrage en la personne du Christ par leurs rites obscènes. Le Royaume et l'Eglise sont l'emprise du Roi, le Pape est sous son autorité. La pathologie du pouvoir est en marche. Guillaume de Nogaret, légiste (1295), originaire du Languedoc, Garde des sceaux de Philippe le Bel fut maître du Clergé. Il défendit l'Eglise. Le 24 août 1307, fut réuni par Philippe le Bel : Gilles Aycelin, Archevêque de Narbonne, Guillaume de Nogaret pour consituter un dossier afin d'arrêter le Maître du Temple.

En 1307, un "vendredi 13" naîtra la superstition.

Le règne des Templiers cessa en 1291, lorsque Guillaume Nogaret arrêta Jacques de Molay qui fut mis à l'échafaud en mars 1313. La bulle de l'Ordre des Templiers est abolie en 1312. Le pape Clément V, élu le 5 juin 1305, décède le 20 avril 1313, à Roquemaure, dans le Gard. Philippe le Bel (petit fils de Louis IX) fit une chute de cheval et mourut le 29 novembre 1314. Nogaret mourut en avril 1315. Successivement la malédiction des Templiers toucha les Capétiens, jusqu'à la treizième génération, Louis XVI.

Certaines parties sont encore mystérieuses, secrètes comme l'âme de l'êre humain. L'autel de la messe noire fut découvert vers 2005. La cathédrale a ses couloirs cachés, sa crypte...

Ce lieu est unique par son relief d'une puissance unie aux ténèbres. Les bruits de dehors sont absents et je pense à ces dédales de la ville souterraine avec ces galeries que je ne manquerai pas de parcourir. Ces antres obscurs que j'avais vu, il y a longtemps, avec le lycée. Est-ce une volonté de l'église de rendre ce lieu nocturne pour faire ressortir sa force matérielle, pour exercer le secret occulte qui se développe dans l'ombre, dans la profondeur de l'oeuvre. Les murs semblent putréfiés, un voile épaix se pose de couleur noire qui rend indistinct cette corruption, voire cette mortification. Il est à noter que la voute est noircie par l'incendie de 1902. Une odeur de sépulcre semble s'écumer. Les murs fermentent de toutes ces descriptions. L'édifice est noir comme le charbon et représente le chaos. Notre corps semble sorti de son âme pour revenir à la clef, au commencement. Cette putréfaction ramenée au noir est le signe de la séparation du pur et de l'impur et l'odeur n'est autre que son entendement et ne passe pas par l'odorat.

Le jour est représenté par le blanc. Cette couleur image la pureté, la simplicité, l'innocence. Dans ce culte, elle représente l'Initié car l'homme abandonne les Ténèbres pour la Lumière. Le mot hébreux "hur" ou "heur" signifie "être blanc" qui veut dire être pur ou heureux. Les Initiés étaient toujours vêtus de blanc, ainsi que les Cathares.

Le rouge est le symbole du feu, de l'exaltation et la prédominance de l'esprit sur la matière.

 

Tableau Cathédrale -Narbonne-

 

L'église veut iradiquer cette culture celte du sacrifice expiatoire ; elle avait peut-être interdit cette aîle, cette hérésie. Sous le couvert de la religion catholique, le culte de la Goetie se développa à Narbonne. A la fin des croisades, le livre de la magie fut ressorti. La cathédrale comporte plusieurs chapelles. Nous y allons. L'ensemble est sombre et me rappelle que lors des cérémonies, ils s'éclairaient avec des bougies faites avec de la graisse humaine.

A l'intérieur, je me dirige vers l'autel de la chapelle axiale de Notre Dame de Bethléem, dite "de la messe noire" où se situe sur le retable en polychrome un bas-relief qui figure sur deux rangs superposés, une procession satirique. Ce bas relief représente "L'enfer". Il fut retrouvé en 1981 car il était caché derrière un décor, un rideau plus précisèment. Il daterait entre 1351 et 1384. Des sculptures démoniaques qui semblent sortir du testament de Salomon. Nous avons l'illusion de voir des baphomets, représentation du diable. L'on distingue des démons ailés, des griffons qui entourent des marmites où se trouvent les humains entrain de cuire pour être mangés. De drôles de réjouissances enluminées où transparaît un sens hermétique pour le visiteur que je suis. Un banquet endiablé, éclairé vous invite à méditer ou à aller à l'asile. L'apothéose de la pensée, du savoir et de l'Art. Une encyclopédie complète un peu naïve par ces scènes représentaient dans la pierre.

La pierre des francs-maçons médievaux avant d'être taillée pour servir de base à l'ouvrage était pour eux brute et impure. Ce matériel grossier prenait l'image du diable. Elle représentait la matière initiale de l'Oeuvre, humanisée sous l'aspect de Lucifer qui porte la lumière. C'est sur cette première pierre que reposait l'ensemble de la structure du bâtiment. De forme angulaire, elle est souvent ornée d'un joli bas-relief, présenté à l'extérieur de l'édifice. Elle fut posée le 3 avril 1272, sous l'épiscopat de l'archevêque Maurin.

Les ministres du culte étaient se répartissaient en quatre degrés. Le Hiérophante qui était chargé d'instruire le néophyte, le porte Flambeau qui représente le Soleil, l'Hérault qui représente Mercure et le Ministre de l'Autel qui représente la Lune. L'oeuf est le symbole du monde. Isis est la mère des dieux.

Au centre de l'autel, pose la statue de la vierge du pont de Ste-Catherine. A ses pieds, à l'image du viouvre, le liviathan. C'est le monstre du chaos primitif.

Une grande bouche avale les âmes et représente l'enfer. Elle accueille un autre monstre entouré de part et d'autre de chaudron un peu plus petit avec encore et encore des humains, des pendus... Sur la droite, défile une charette où les personnages creusent leur ventre pétrifié et vont livrés leur âme au démon pour l'éternité. Chaque personnage est peint dans des teintes violentes, signe de sacrifice. La couleur fait partie de la symbolique et spécialement des trois majeures de l'Oeuvre. La Vierge est habillée de bleu qui représente le noire, Dieu est en blanc et Jésus en rouge. Les couleurs nationales du drapeau français. Le bleu représente la bourgeoisie, le blanc est réservé au peuple et le rouge à la royauté.

 

Leviathan

 Le Léviathan

 

Le baphomet est pourtant le symbole de la sagesse, son étimologie arabe "bafé" veut dire "immersion" et "métis" signifie sagesse" et c'est pour cette raison que nous le retrouvons dans les autels car il veut dire "baptême de la sagesse". Mais le mot "bafométique" dérive de "Mahomet" en langue d'Oc et veut dire démoniaque ! Le terme "baphomet" amnène également à lien entre "baphé" (baptême) et "Météos" (initiation). Cette représentation symbolique d'une opération ésotérique apprise par les Chevaliers du Temple en Orient est le signe de reconnaissance des "pauvres soldats du Christ". L'idole "Baphomet" par son visage cornu rappelle le bouc, mais aussi Satan. C'est l'ensemble de ces symboles qui déroute l'attention du profane. La tête du bouc ressemble à un triangle dont la pointe est tiré vers le bas et qui représente la puissance de l'esprit créateur. Son nez est structuré en un triangle plus petit et pointe vers le haut et cette symbolique initiatique représente l'étincelle divine. Les cornes sur la base du triangle représentent l'autorité dont de la puissance par la connaissance et la lumière. Les deux triangles forment l'étoile à six branches, symbole de la sagesse. La tête soutenu par les mains identifie que l'esprit doit être soutenu par le physique, le matériel. Il porte la tonsure des moines, symbole du chakra coronal. Les oreilles sont grandes et ouvertes pour écouter le monde. La langue s'impose pour déclarer le verbe. Les ailes sont l'envol du corps subtile et la barbe annonce le courage et la sagesse, à nouveau.

 

Chapelle en la Cathédrale de Narbonne

 

En provençal, le fer est appelé Aran et Iran suivant les différents dialectes. L'Hiram maçonnique est le divin Bélier qui est l'architecte du Temple de Salomon. On rentre dans le Temple par l'Occident, la face vers l'Orient, en souvenir de la Palestine, berceau du Christianisme et de la lumière. La rosace de l'entrée n'est jamais éclairée par le soleil et représente les ténèbres. La rosace de la nef principale est plus grande, mais l'absence de lumière éveille des doutes sur sa capacité à m'éclairer. La rosace était appelée au moyen âge "Rota" qui veut dire roue. La raison est que la lumière diffusait avait besoin d'un temps nécessaire pour philosopher et l'artiste qui créait cette rosace devait jouer avec la lumière diffusait pour créer les divers phénomènes. Elle représente l'action du feu dans la durée. La figure a six pointes et est dite "Etoile des Mages" qui reproduit le "Sceau de Salomon". Les Mages étaient au nombre de douze. Ils devaient retrouver le livre de Seth qui parlait de l'apparition future d'une étoile et des présents que l'on devait apporter à l'Enfant. Cette prédilection était donnée comme transmise de génération en génération par des Sages appelaient Mages. C'est pour cette raison que la lumière de cette rosace doit surpassée toute les autres.

  

Détail 1 de l'autel de la chapelle en la Cathédrale de Narbonne Détail d'une scène Cathédrale de Narbonne  Détail d'une scène en la chapelle de la Cathédrale de Narbonne 

Je me retourne et sur la partie centrale, un bas relief sur un tombeau de marbre. C'est le tombeau (1823) de Guillaume, Cardinal de Briçonnet, archevêque de Narbonne qui fut évêque de Narbonne de 1505 à 1514. Des squelettes ceinturent l'axe, des moines défilent sans visage, sans expression sont unis par ce mystère. Juste après les visages commencent à s'éclairer mais restent taciturne. Leur code secret est l'atbash. Si l'on applique ce code secret au mot "Baphomet" l'on obtient "Sophia" qui signifie "Sagesse".

Ils sont au nombre de six, entourés de chérubins tout aussi atypique posés sur des dragons. Ces créatures étranges sont décrites dans la Goétie.

Si vous apercevez un livre fermé dans les dessins ou sculptures, il est le sceau cabbalistique comme l'Apocalypse.

La Vierge, unique est représentée dans son habit nimbé d'étoile. Sous le vocable "vierge" on peut entendre la terre avant la fécondation. Les semences viendront après que les rayons du soleil viendront animés. Le sens ésotérique des vierges noires figure dans la terre primitive, la substance noire à l'aspect d'une pierre. Il apparaît donc normal qu'elle habite les lieux souterrains, les cryptes. Sa robe forme un triangle, ceinte au col et évasée sans un plis jusqu'au pied. La mère est l'essence même des choses. Elle est souvent nommé le "palmier de la patience" ou le "Siège de la Sagesse". En d'autres termes, c'est le "Sujet de la Science" hermétique. Dans la Bible, Marie était de la tige de Jessé et le mot hébreux "Jes" veut dire le feu, le soleil, la divinité. Jésus a donc ses origines de ce mot.

 

Notre Dame d'Afrique -Cathédrale de Narbonne-

 Vierge noire

Dans les cérémonies des vierges noires, il était brûlé que des cierges de couleur verte.

Le serpent est la représentation du mercure par sa manière incisive quand il absorbe le soufre métallique et lorsqu'il dissolve son venin qui représente la dissolution du soufre, absorbé par le mercure. Cette image représente l'oeuf dont la cuisson transforme en soufre, puis en Elixir et en troisième phase, en Médecine universelle.

L'aigle est la Sublimation philosophique et l'image de "faire voler l'aigle" amène à l'expression "faire sortir la lumière du tombeau et la porter à la surface" qui entraîne une véritable Sublimation. Organiser la lumière dans ces lieux est de l'ordre du génie, car sublimer  donne l'impression d'une énergie.

Le lion, roi des animaux terrestres, a la même puissance que l'aigle mais il traduit la force terrestre fixe, alors que l'aigle représente la force aérienne et volatile. Leur union dépouillée est l'image du Mercure animé. Le lion a pour couleur en général, l'or qui interprète la puissance. Il représente l'énergie jeune donc verte comme la pomme non mûre. Il est le signe d'une nature chaude, ardente et saline. Il va évoluer, se développer pour devenir le lion rouge (mûr).

Ainsi les médaillons du zodiaque sont-ils conçus.

Le griffon est la composante du lion et de l'aigle car ce monstre mythologique a la tête et la poitrine de l'aigle et emprunte au lion le reste de son corps.

Le puits sacré existe t'il ? L'eau avait des vertus curatives. L'eau renferme les vertus du ciel et de la terre. Elle déend de la conjoncture du ciel, de la terre, du soleil et de la lune.  Elle est comparée à l'acier et l'aimant car l'aimant attire les influences du ciel, du soleil, de la lune et des astres pour les communiquer à la terre.  L'eau pontique sert à la putréfaction comme à la purifaction.

Le miroir symbolise le début de l'ouvrage par la Vérité, la Prudence et la Science. L'arbre de vie en marque la fin et la corne d'abondance, le résultat qui est la source intarissable des félicités matérielles de notre monde terrestre, soit la savoir, la fortune et la santé. Ces trois objets sont souvent représentés dans les tapisseries.

Toutes ces analogies me font réfléchir à ce culte, à leur manière d'opérer.

Le chevalier est habillé du haubert de maille qui représente le roi du bestiaie alchimique.

La balance est l'instrument qui apprécie la consistance de l'être. Il faut être limpide comme l'eau et avoir l'aspect de la pierre, pour éviter toute corrosion.

Le culte a sept degrés d'initiation qui font références aux sept planètes : La lune, Mercune, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne. Souvent, le symbol de ces astres planétaires est retrouvé dans les cathédrales, par des cercles ou demi-cercles noirs.

La chapelle Sainte-Anne comporte des statues de la "Mise en tombeau" du XVIème siècle. Elles sont en terre cuite d'Allemagne du début du 16ème siècle.

 

Le mausolée (1607) en marbre de Jean de Seigneuret, Sieur de la Borde reste à voir.

Le tombeau de Monseigneur Bernard de Farge est encore qu'un nom.

Le sépulcre de Monseigneur Arthur Richard Dillon, dernier archevêque de Narbonne qui se situe dans la Chapelle Saint-Martin reste  encore à découvrir. A côté, dans cette même Chapelle se trouve la statue de Saint-Augustin qui siège d'un côté du tableau qui représente la résurrection de Lazare, par Charles Vanloo et de l'autre côté, la statue de Saint-Ambroise clôture le décor.

Si vous voulez voir la statue de "Notre Dame de Lourdes", il faut vous diriger en la Chapelle Notre Dame de la Salette. Elle est à droite de l'autel.

La Chapelle St Joseph contient un autel avec au dessus un tableau.

Puis nous arrivons devant la Chapelle Saint Vincent de Paul où se situe deux grandes statues de pierre dont l'une représente Jeanne d'Arc avec au milieu son épée.

La Chapelle Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus porte bien son nom car la statue est à gauche de l'autel. Au dessus, Saint Roch veille. Dans une niche, sur la droite, se trouve la statue de Sainte Philomène.

Au niveau de la Chapelle de l'Annonciade se trouve un tableau de Nicolas Tournier "Tobi et l'Ange" du XVIIème siècle.

Les fonds baptismaux portent des inscriptions au dessus.

 

L'orgue a été construite par Christophe Moucherel, originaire de Toul. Comme il n'y avait pas de nef, elle fut accrochée au mur qui clôt le choeur et surplombe les stalles. A l'origine, elle était nommée "Organon hydraulikon". La tribune était composée d'un grand orgue et d'un orgue positif, destiné à la schola. Cette disposition de deux orgues indépendants faisait que l'organiste quittait son ban du grand orgue et se déplaçait au clavier du Positif, dénommé "Petit orgue de la Musique", pour accompagner le choeur de chant. Ce buffet est certainement le plus beau du XVIIIème siècle. Malheureusement le mécanisme n'était pas parfait et dut être refait dans sa quasi-totalité par Jean-François l'Epine, en 1770. L'orgue est l'instrument qui remplace l'orchestre.

La fresque "La Jugie" représente l'âme de Pierre emportée au ciel. Pierre de La Jugie (1319-1376)était Cardinal de Narbonne. Il prit pour surnom "Le Cardinal de Narbonne".

Nous rejoignons l'escalier en hélice pour voir Narbonne d'en haut. Nous traversons les chimères pour aller rejoindre la terrasse de la cathédrale, appelée aussi "Planète", puis la tour Nord. De la terrasse, la vue sur les arcs-boutants et le Palais des Archevêques. Les marches se succèdent pour parvenir au toit de la tour Nord ou l'on peut admirer l'ensemble de la ville.

La salle des Trésors est au dessus de la chapelle de l'Annonciade. Sa pièce maîtresse est une tapisserie flamande de la fin XVème siècle qui représente la Création tissée d'or et de soie. Les vêtements liturgiques avec les chasubles brodées d'or sont nombreux.

Les statues de la façade sont enlacées par des bêtes grotesques qui font penser au servitue de l'homme qui rentre dans le corps d'un animal pour ne pas quitter son maître.

En 1871, Narbonne est assiégée et devient commune (Digeon). Le drapeau rouge prend la place du drapeau tricolore et dénigre Versailles.

Une des portes de la Cathédrale se trouve rue Armand Gauthier.

En revenant sur le parvis de la Mairie, nous pénétrons dans la cour intérieure et ressortons par le passage. Nous prenons la rue en face.

 

Les rues de Narbonne

 

Le Pavillon Baltard est mon favori. C'est les halles de Narbonne, c'est un lieu à découvrir le dimanche matin car il respire la bonne humeur. Prenez rendez-vous car il y a du monde, le dimanche. Certains disent que "les Halles sont à Narbonne, ce que le Colisée est à Rome" ! Elles sont très connues et très prisées des narbonnais qui prennent table chez "Bebelle", une institution. Le portail d'entrée est de 1901.

 

Le palais des Archevêques et la cathédrale malgré qu'elle ne soit jamais achevée forme le deuxième ensemble monumental archiépiscopal de France, derrière Avignon. Le palais des Archevêques est flanqué de plusieurs tours carrées dont la Tour de la Madeleine, la Tour Saint-Martial et le donjon Gilles-Aycelin. A l'intérieur du jardin se trouve un tombeau de marbre blanc. Le donjon Gilles-Aycelin (1295-1306) est établi sur les restes du rempart gallo-romain. Il fut édifié au XIIIème siècle. Il servait avant tout à montrer la puissance épiscopale face sur celle des Vicomtes dont la demeure était sise en face. Cette tour carrée est de 42 mètres de haut avec des murs en bossage. Chaque angle externe est ponctué d'une échauguette. En haut de cette tour, il y a une terrasse avec un chemin de ronde pour surveiller. La pierre qui la conçoit est du calcaire blanc qui vient de l'île St Lucie.

L'hôtel de ville fut construit par Viollet-le-Duc, de style néogothique. Il est dans le Palais Neuf et la mairie y est installé depuis 1842. De part et d'autre du passage de l'Ancre se trouvent le Palais Vieux (XII et XIIIème siècle) et le Palais Neuf (XIVème et modifié au XVIIème et XVIII siècle). Le Palais Neuf abritait les anciens appartements de l'Archevêque.

Le passage de l'Ancre permet d'accéder depuis la Place de la Mairie, anciennement appelé "Place aux Herbes", au cloître ou au Musée archéologique. Son nom est matérialisé par une ancre en fer suspendue à l'entrée du passage. L'ancre représente les droits féodaux octroyés aux Evêques dont la taxe d'entrée au port, la dîme sur la pêche depuis l'embouchure de l'Aude jusqu'au cap de Leucate.

Le musée archéologique est dans le Palais Vieux.

Le musée d'Art et d'Histoire est dans le Palais Neuf.

Le Palais des Vicomtes se situe en face du palais des Archevêques. Actuellement, Monoprix occupe les lieux.

 

Palais des Vicomtes -Narbonne-

 

 

Quand vous arrivez sur la place de la Mairie et que vous la situez sur votre gauche, au milieu, vous avez la rue Droite. Elle est dans le prolongement de la rue des Marchands. Au bout de la rue, La Louve, réplique de la louve de bronze du Capitole fut offert par les édiles de Rome à l'occasion du XXIème centenaire de la fondation de la ville. Elle est sur la porte de la rue "droite". La même qui allaite Romulus et Remus qui rappelle que cette commune s'appelait Narbo Martius.

De retour par la voie Domitienne, nous continuons vers la place des Quatre Fontaine". Une façade tout en hauteur m'attire.

C'est toujours en parcourant les rues que notre regard est attiré par ces boulets de canon dans le Vieux Narbonne.

"La Bohême" est une péniche, trappue, verte qui s'amarre le long des berges.

Partout Trenet traîne. Ces refrains qui entêtent les rues, mais aussi ces façades qui l'épouse pour la vie. Un hommage à ce philosophe du bonheur dont la maison natale devient un musée. Devant, se situe sa statue qui commémore cet illustre personnage, né le 18 mai 1913, sous le nom de Charles Augustin Georges Trenet et décédé en 2001. "Douce France" est un refrain connu de tout le monde en dehors de Narbonne !

 

Charles Trenet -Narbonne-

 

Le Musée lapidaire est installée en 1889 dans l'église "Notre Dame de Lamourguier". Le musée est le plus grand lapidaire après celui de Rome.

Notre Dame de Lamourguier était un ancien prieuré dont seule l'église subsiste. Elle est aussi appelé "Sainte-Marie du Bourg". Elle fut recontruiste au XIIIème siècle. Elle est de style mériodional gothique. La façade est de style baroque, construite au 17ème siècle par le Père Martellange, architecte de la compagnie de Jésus. L'église prit sa retraite en 1869 pour laisser place au Musée lapidaire.

 

Maison des Trois Nourrices

Façade à Narbonne

Nous marchons en quête de trouver l'insolite et je crois bien l'avoir déceler. C'est la Maison des Trois Nourrices, un des ouvrages les plus remarquables de l'architecture privée régionale de la Renaissance. Elle est cité en 1448 dans le Compoix de Narbonne comme propriété de Barthélémy Voyer.

En 1558, les étages et la façade sont modifiés dans le style Renaissance. On rajoute, notamment deux croisées à l'étage. Ornées de cinq cariatides qui forment les montants et les meneaux. Les "Trois Nourrices" encadrent la baie à trumeau de la façade Sud. C'est à cette date qu'elle est désignée les "Trois Nourrices" par analogie avec l'Hôtel des "Trois Rois" situé non loin et disparu depuis.

 

La Maison des Trois Nourrices à Narbonne

 

Façade Sud de la maison des Trois Nourrices

 

Au XVIème siècle elle appartient à une famille bourgeoise de Narbonne, les "Guissane" dont certains membres sont consuls de la ville.

En 1632, la demeure devient une auberge, une"Gloriette".

En 1798, elle fut la propriété de Jean-François Soler, médecin.

Par la suite, elle fut rachetée par Louis Berthomieu, en 1870-1928, pour éviter qu'elle ne soit détruite.

La ville de Narbonne rachète cette maison en 1987. Elle est classée "Monument historique" depuis le 10 février 1913. C'est le seul type d'architecture civile du XVIème siècle que possède encore Narbonne.

Depuis sa restauration en 2007, elle abrite le service prénatal de l'hôpital.

Unique pour Narbonne, unique pour nous. Nous sommes seuls à admirer cette façade qui date de 1558. Son nom vient des cariatides aux formes oppulentes qui encadrent les fenêtres à trumeaux de sa façade sud.

Les parties basses de la façade sont médievales, le 1er étage fut refait en 1558 dans le nouveau style venu d'Italie.

 

Statue de droite, Maison des Trois Nourrices à Narbonne Statue de gauche, Maison des Trois Nourrices à Narbonne

La conspiration du "Cinq-Mars" est du nom de son instigateur qui complotait contre le cardinal Richelieu, premier ministre de Louis XIII. Richelieu est malade, alité à Narbonne.

Henri Coiffier de Ruzé d'Effiat, marquis de "Cinq-Mars" (prononcé sainmar) est le fils d'un ami proche de Richelieu. Richelieu l'introduit en 1639 et devient le favori en titre. Il est nommé "Grand Maitre de la garde robe, Premier Ecuyer, puis Grand Ecuyer de France.

Son arrogance, ses désirs d'épouser la princesse de Mantoue (Marie de Gonzague-Nevers), mademoiselle de Chémérault, les charmes de Marion Delorme courtisane du Roi Louis XIII, l'opposent à Richelieu. Sa mère, Mme d'Effiat refuse ce libertinage. Il est reconnu sous le nom "Le Grand", ce qui l'éloigne de la souveraineté.  "Cinq-Mars" était le favori déchu de Louis XIII.

La conspiration a lieu en pleine guerre de "Trente Ans". Parmi les conjurés se trouve Gaston d'Orléans, frère du roi. La reine et le Duc de Bouillon s'allient à eux. Il s'entend avec François Auguste de Thou, conseiller au Parlement. Il s'était réfugié à Narbonne avec l'aide de son serviteur Belet, dit "Tallemant". Belet est son valet de chambre qui le cacha chez le père de sa belle, Mr Siouzac, dans le grenier. Le lendemain, Mr Siouzac le dénonça pour éviter la peine de mort. Le Comte de Charost, capitaine des gardes fut chargé de l'arrêter le 13 juin 1642. Sa cassette est pleine de lettres qui le compromettent. Richelieu s'en sert comme preuve du complot. Il fut condamné à Lyon et exilé au château de Pierre Scize. Il est décapité le 12 septembre 1642, à peine âgé 22 ans. Il fut inhumé dans l'église du Couvent des Feuillants de Lyon, aujourd'hui disparue, ainsi que les restes de "Cinq-Mars"

Le 4 décembre 1642, Richelieu décède.  

L'édifice est située à l'angle de la rue de l'Hôtel-Dieu et de la rue Edgar Quinet.

SOURCES DOCUMENTAIRES : Corrections de Jane (24 juin 2016)

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Là, cette façade semble vouloir se rapprocher dans son angle avec l'autre côté. Elle fait communion par cette échauguette.

Angle de rue -Narbonne-

 

Des personnages insolites décorent les façades. Rue Gabriel Pelouze, je découvre celui-ci.

Moine Rue Gabriel Pelouze -Narbonne-

Rue Frédéric Mistral, les atlantes sont magiques.

Atlante Narbonne

 

Narbonne était une ville passante, de nombreuses maisons portaient de vieilles enseignes "On loge à pied et à cheval". C'était des logis, ils étaient au nombre de soixante. Depuis trois siècles, l'enseigne "La Dorade" garde les lieux, pas loin des quais où se trouvait le port. Cette propriété appartenait à Arnaud Darem dont la famille fut déssimée par la peste en 1631. Il se situe rue Jean Jaurès, vers l'ancien pont des Carmes.

 

Atlante rue Jean Jaurès -Narbonne-

 

Le clos de la Lombarde est un site archéologique qui est en cours de fouille.

L'horreum romain témoigne du passé antique des lieux. C'est le seul édifice qui subsiste de l'époque romaine. Deux galeries souterraines qui ont servi d'entrepôt gallo-romain à la fin du 1er siècle avant J.-C.   Au nord de celui-ci, s'étendait l'ensemble du forum et du temple capitolin de Narbo Martius2. Ce complexe avait une superficie de 16000m2.

Au musée de Narbonne vous pouvez admirer un tableau des Pénitents bleus qui datent du XVIIIème siècle. Sur le haut, deux lions s'affrontent. Entre eux, un médaillon vide. En bas est inscrit "Les Frères de la R(évérende) L(oge) à l'O(rient). Il a pour titre "L'amitié à l'Epreuve". En bas, sur quatre colonnes, sont notés les noms des membres de la loge. L'image du fond représente la chapelle St Jean à Jérusalem car St Jean est leur Saint Patron. "L'amitié à l'Epreuve" était une des cinq loges narbonnaises et le choix des Pénitents bleus fut fait pour l'Alliance.

La tourelle de la Maison de l'Aumône remonte au Moyen-Age. Elle faisait partie du quartier des Chanoines dans l'île de l'Aumône, nom donné à l'ensemble de l'îlot dont cette maison fait partie. Il était alors distribué le pain aux nécessiteux par le Chapitre Saint-Just. Dans sa cour, un passage permet de passer de la rue Droite à la Rue Rouget-de-l'Isle et qui débouche face à l'Horreum. La tourelle est faite sur plan octogonal sur trois étages, ainsi qu'un sous-sol. L'immeuble fut construit au XVème siècle. La décoration de sa porte figure de chaque côté une tête. Au premier étage, une fenêtre en trompe l'oeil montre un bas-relief de belle facture. Il représente une jeune femme, appuyée à un panneau entre-baillé, un pain posé sur sa tunique. Elle représente le symbole de la Charité, véritable institution du Moyen-Age, imposée par l'Eglise aux riches.

 

 Détail de la façade de la tour de la Maison de l'Aumône

Au XIIème siècle, il y avait des écoles juives à Narbonne. La communauté a disparu sept siècles après suite à l'expulsion ordonnée par Philippe le Bel, en 1306. Cette communauté a retrouvé un lieu de culte en la Maison de l'Aumône.

L'ancienne église des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem  appartenait à l'origine aux Chevaliers de St-Jean de Jérusalem. Elle a un petit détail curieux qui la caractérise, c'est que le choeur initialement à l'est, s'est inversé. En 1592, elle devient la chapelle des Pénitents bleus.

 

La Basilique St-Paul-Serge est l'une des plus anciennes églises gothiques du Sud de la France. Bâtie sur le tombeau de Saint Paul-Serge, premier évêque de Narbonne venue au 3ème siècle pour évangéliser la régione et sur une nécropole paléochrétienne. Une curiositié s'y trouve, c'est le bénéiter dit "à la grenouille". A voir.

 

Basilique Saint-Paul à Narbonne  Intérieur Basilique Saint-Paul à Narbonne

 

A mesure que l'on s'éloigne du centre, les bâtiments sont moins jolis. Les boulevards de ceinture remplacent les murailles.

RESTAURATION

La table Saint-Crescent est une étape gastronomique qui prend pour cadre un ancien oratoire du VIIème siècle (68, avenue Général Leclerc).

Au niveau de la restauration, il est conseillé le restaurant "Le Grand Buffet" qui se situe dans le complexe "Espace de Liberté". La cuisine est ouvert et offre à la vue un grand piano ou fourneau en fonte, de deux tonnes, conçu par Athanor. C'est la pièce centrale de ce restaurant qui offre la possibilité de 600 couverts par repas.

 

Gruissan

Le village se situe sur le massif de la Clape, juste après Narbonne-Plage. Cette commune fut rendue célèbre par le film 37,2° de Jean-Jacques Beineix qui a immortalisé les chalets sur pilotis de ce petit village de pêcheurs bordé d'un étang et surmonté du château, dit la tour Barberousse. Le château fut édifié avec la pierre de l'île Ste Lucie.

Est située dans le massif des Corbières, près d'un torrent. C'est à cette source d'eau fraîche (fons frigida) qu'elle doit son nom.

 

Fontfroide

L'abbaye des bénédictins (1093) est intégrée à l'ordre des cisterciens en 1144 et 1145. Pendant la croisade des Albigeois, elle fut orthodoxe catholique. A la seconde moitié du XIIème siècle, les dons et les terres d'Ermengarde de Narbonne l'enrichissent. Au XIIIème siècle, se rajoutent les dons et les terres d'Olivier de Termes qui lui permettent de s'agrandir. L'abbaye est classée depuis 1862 au titre des monuments historiques.

 

Peyrac-de-Mer

Le village de Peyrac-de-Mer est constitué de deux petits étangs qui furent exploité en tant que salin jusqu'en 1979. L'étang du Doul permettait de pré concentrer les eaux. Une mousse blanche s'échoue par temps de vent qui montre le taux élevé de salinité combiné à la présence de polysccharides. Le site a été acquis par le Conservatoire en 1978 car il est réputé pour son unique lagune hyperhaline qui est permanente. Une source marine est au fond de l'étang.  La salinité y est deux fois supérieure à la mer. Il y a 1000 ans, le niveau de la mer était 100 mètres en dessous du niveau actuel. Les sédiments arrachés au continent s'accumulèrent et formèrent le cordon littoral audois qui donna naissance à la lagune. L'étang du Doul est une dépression circulaire d'aspect cratériforme et est d'origine tectonique. Il constitue une forme spectaculaire du diapirisme du Trias. Sa forme et le léger plongement péri-anticlinal des assises aquitaniennes qui l'entourent confirmeraient l'existence à ce niveau, d'un véritable dôme de sel triasique effondré en profondeur (d'après CPIE des Pays Narbonnais).

 

Autour de Narbonne, s'étend une mer de vigne avec les Corbières, le Minervois et le Fitou. Nous allons à la rencontre des domaines. Le château de Mandirac est dans les rizières.

 

Histoire

La ville de Narbo Martius fut créé pour pacifier la province en 118 avant J.-C. C'est la première colonie romaine qui s'implante hors d'Italie, grâce à sa position idéale sur la route entre l'Italie et l'Espagne. La proximité de la mer avec son port, son climat sont des points attractifs.

A l'an 260, San Sébastien naît à Narbonne. Il est le capitaine de la garde prétorienne de l'Empereur Dioclétien qui aident secrètement les chrétiens martyrisés.

Au début du Vème siècle, les Vandales s'emparent de la province, puis les Wisigoths s'y installent. Narbonne devient la capitale du royaume Wisgoth. La région de Narbonne, comme l'Espagne, reste Wisigoth jusqu'à leur chute devant les Maures en 719.

En 27 avant J.-C., Narbonne était élevé au rang de capitale de la Narbonaise. Les troupes romaines se rendaient de Rome jusqu'aux terres ibériques et choisirent Narbonne comme lieu de villégiature.

En 550, les Visigoths prirent le pouvoir durant le règle de Valentinien III, jusqu'à la mort du dernier Roi Roderie, tué par les sarrazins en Espagne. Les goths de la province de Septimanie se soumire sans résistance aux conquérants.

En l'an 721, les conquérants des Goths établirent leur Colonie de Mahometans à Narbonne.

En 759, les sarrazins furent contraints de rendre la place.

Sous le règne de Charlemagne, Narbonne fut prise à nouveau par les sarrazins. Ils en furent chassés deux ans après par les troupes de Charlemagne.

Charlemagne crée le Duché de Gothie, Narbonne en est la capitale. Elle est divisée en plusieurs seigneuries. L'archevêque a la Cité, la cathédrale et l'archevêché. Le Vicome tient le Bourg avec l'église St -Paul-Serge. La Ville Neuve est laissé aux Juifs. Les consuls administrent.

En l'an 843, le Roi Pépin donna la moitié de la Seigneur à l'Archevéché.

En 990, la vicomtesse Adelaïde de Narbonne, lègue le site de Fitou à Emangaud de Narbonne.

Raymond de St Gilles, Comte de Toulouse, prend le titre de Duc de Narbonne. Narbonne rentre dans le Comté de Rouergue par Raimond VI de St-Gilles (1042-1115), au même titre que Béziers car la Commission du Roi s'affaiblit.

Simon de Montfort vaincra les albigeois et se rendra le maître du pays.

Renaud Amauri, Archevêque de Narbonne reçoit les hommages des Vicomtes. D'ailleurs tous les Vicomtes prennent le nom d'Amaulri ou Amaric, prononcé par les espagnols Manrique.

En 1134, le dernier Vicomte appelé Amauri décède. Sa soeur, Ermengarde est son unique héritière.

Dans l'Archevêché, la Dame Ermengarde (1144-1194) hante les murs. Elle était Vicomtesse de Narbonne et gouvernait la Province portuaire de Narbonne. Elle vécut au XIIème siècle, à l'époque des troubadours et mena des campagnes militaires. Le roi Louis VII dut arbitrait plusieurs de ses intentions. Trahis, elle fut chassée de Narbonne et mourrut sans enfant, sans que l'on porte ces cendres en un lieu, en 1197. Son neveu fut son héritier, il s'appelait Pierre de Lara et était le fils de soeur Hermesende qui avait épousé Manrique de Lara, Seigneur de Castillan, descendant des Vicomtes de Narbonne. Si vous prenez le grand escalier, vous accéderez à la salle des Synodes.

En 1240, Aymeri ou Amauri, le fils de Pierre de Lara fit hommage à St Louis.

Guillaume III, de la lignée des Manriques de Lara fut le dernier Vicomte de Narbonne. Il mourut sans enfant. Son héritier, Pierre de Tanieres, son frère uterin mourut également sans enfant après avoir vendu le Vicomté à Gaston, Comte de Foix qui le céda à son plus jeune fils, Jean de Foix de Grailly avec l'accord du Roi Louis XI d'en jouir durant sa vie qui épousa Marie d'Orléans, soeur de Louis XII. Ils donnèrent naissance à Gaston de Foix qui passa contrat avec son oncle, le Roi, pour le Vicomté de Narbonne. Les officiers de la Chambre contestèrent cette signature car le Vicomté de Narbonne, s'était éteint avec la mort de Guillaume III sous le règne du Roi Charles VI.

Les droits des Comtes de Foix passèrent à la Maison d'Albret, Jeanne d'Albret les eu comme dot lors de son mariage avec Antoine de Bourbon, père de Henri IV qui remit à la couronne ses biens.

Après la chutte des cathares, l'extinction de la dynastie des comtes de Toulouses, la province est rattachée au royaume de France en 1271. Le Languedoc royal voit le jour jusqu'à la Révolution Française.

1285, décès de Philippe le Hardi dont la tombe en marbre blanc est placée au milieu du choeur de la Chapelle St Charles. Pour son enterrement, on fit bouillir son corps dans de l'eau et du vin pour séparer sa chair des os. Ses entrailles et ses chairs furent inhumées en cette église, tandis que son coeur et ses os furent ramenés à Paris. Sur un côté du tombeau est représenté le convoi des chanoines avec leur aumusse, puis sur un autre, des princesses également coiffées de leur aumusse et en continuant l'on voit Philippe le Bel encadré de ses deux gardes, sa cornette est sur ses épaules.

1296, l'architecte désigné pour continuer la construction de la Cathédrale est Jean des Champs.

1332, les chanoines s'installent.

En 1372, Aymeric de Narbonne déclare tenir du roi, le lieu de Fitou où il a un vassal.

1588, les Pénitents blancs (noblesse) résident à Narbonne.

1592, les Pénitents bleus (artisans) prennent possession de la chapelle des Pénitents.

En 1629, la peste sévit à Narbonne jusqu'en 1632.

1660, fondation du mouvement pénitentiel "Les Pélerins", par l'archevêque François Fouquet.

En 1708, les travaux de la Cathédrale furent repris. Le 17 juin 1708, Charles le Goux de la Berchère, archevêque de Narbonne, posa la première pierre de la continuation de cet édifice qui devait élevé la Croisée.

1719, mort de Charles le Goux de la Berchère qui fut enterrée dans la Chapelle St Charles. Ce bâtiment fut construit de son vivant.

Le 19 avril 1780, une variante de la loge des Philaletes est fondée à Narbonne, le Rite des Primitifs.

1789, nouvelle construction de la Chapelle des Pénitents.

En 1790, la famille d'Aragon est délogée de Fitou et se réfugie à Narbonne.

1792, dissolution des Pénitents bleus, le 18 août, ils sont libérés en novembre pour rentrer dans les loges des Franc-maçons. L'église est vendue.

Le 4 août 1807, le Roi de Hollande, Louis de Bonaparte, frère de Napoléon 1er dort avec son épouse la Reine de Hollande au logis "La Dorade".

Le 20 février 1814, le Roi d'Espagne, Ferdinand VII, loge à Narbonne.

En 1823, l'église des Pénitents est rachetée par les Pénitents bleus.

Le 24 février 1854, la Reine d'Espagne, Marie-Christine de Bourbon, loge à Narbonne à la Dorade.

1883, l'organisation des Pénitents disparaît.

1885, le phylloxera ravage le vignoble et oblige les vignerons du Midi à arracher les plants indigènes. Ils sont remplacés par des greffons américains. Il met fin au cinquante années d'age d'or de la croissance économique.

1904, le vin ne se vend plus. Le gouvernement parle de surproduction.

1907, des manifestations de vignerons contre le cabinet Clémenceau entraine une crise vigneronne. Elle est aussi appelée "Révolte des gueux" du Midi. La production de vin ne se vend pas et c'est la chute des prix qui rend instable les marchés. Les petits vignerons sont endettés. Les manifestants réclament l'abolition de la loi 1903 sur la "chaptalisation" et la mise en place de taxe sur le sucre pour décourager les importations. Le 11 mars 1907, 87 vignerons du village d'Argeliers se rendent à Narbonne où se situe le siège de la commission d'enquete parlementaire qui étudie la crise de mévente des vins qui sévit depuis 7 ans. Albert Marcellin, vigneron et et cafetier d'Argeliers, défend les paysans du Languedoc Roussillon. Georges Clémenceau fait fi des revendiquations. Le 8 juin 1907, ils sont 800 000 dans les rues de Montpellier mais le gouvernement refuse d'écouter le peuple. Le 10 juin 1907, Albert Marcellin déclenche la grève de l'impot et la démission des municipalités. Ferroul, maire socialiste de Narbonne, jette son écharpe tricolore et fait hisser le drapeau noir sur l'Hotel de ville. Le 19 juin 1907, la manifestation sur Narbonne se durcit, les soldats tirent sur la foule : six civils sont abattus dont un enfant de quinze ans. Le 23 juin 1907, Albert Marcellin est ridiculisé par Georges Clémenceau. Finalement le 23 juin et le 15 juillet 1907, le gouvernement met en place une surtaxe sur le sucre et règlemente la négoce du vin qui donnent ainsi raison aux manifestants. L'union est efficace et donne lieu à la création de cave coopérative.

En 1929, Léon Blum est élu Député à Narbonne.

1974, l'église des Pénitents devient propriété de la commune.

 

A voir également

Le gouffre de l'oeil doux
Le musée de la Romanité

Lecture

Le mystère des cathédrales de Julien Champagne

 

Bibliographie

 

Visite de Narbonne le 8 février 2014

 

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Traduction  : Français,  Allemand, AnglaisArabe, Hollandais 
Parution : dimanche 15 février 2014
Mise à jour  :  11 février 2017
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21 septembre 2011

Vaisseaux fantômes du cimetière des bateaux à Bono

 

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Ce fut une mémorable journée pour moi de découvrir la rivière du Bono. Arrêtez-vous un instant, lecteur de cette page, et songez devant ces carcasses grandes ouvertes dans l'estran, à ces lointaines traversées qui jonglent dans le palmarès de chacun de ces gréements.

Cimetière de bateaux Vaisseau fantôme de Pluneret BONO

Le cimetière de bateaux de Pluneret, vers Bono, est une trace physique de l'activité humaine. Il fait partie du patrimoine marin et nous ramène à la période ostréicole de l'huître plate des années 1970, décimée durant la deuxième Guerre Mondiale par les épidémies. Devant cette scène, ma respiration souleva mes côtes et j'imaginais mon corps au plus profond démuni telles ces entrailles sur la rive du Bono. 

Cimetière de bateaux Epave Pluneret BONO

 

Auparavant, nous avions enjambés le vieux pont suspendu tout articulé et si souvent sollicité par les photographes pour sa construction demeurée et classée. 

Cimetière de bateaux Bono Carcasse bateau

Mais la rencontre n'était pas là et je fus saisie de doutes quant au sentier côtier à prendre. Les rives ne s'identifiaient pas pour autant, je devais donc faire un choix pour retrouver ce paysage partagé. Nous nous mîmes en quête de longer la rive bordée d'arbres majestueux dont le reflet m'invitait à rêver aux cales tant attendues des chalutiers.

Cimetière de bateaux Chaloupe chavirée

Nous traversions des cabanons dispersés et démunis. Chaque habitation était entourée de tuiles chaulées, souvenir de cette période ostréicole où chaque pêcheur attaché à son cabanon, attaché les larves d'huîtres aux tuiles, pour les voir croître tout au long de la saison.

Les rives me semblent toujours le partage entre l'eau et la terre comme ces carcasses éventrées dont le processus d'altération par l'eau les rend sédiment. Je découvrais l'anse.

Cimetière de bateaux Le Bono Pluneret

 

Parmi les débris de bois flottés le long du littoral, nous aperçûmes au loin des formes squelettiques bercées par un clapot qui nettoyaient les sédiments déposés dans la vase. Cette lente agonie vibre encore dans mes tempes. Je voudrais conserver ce spectacle inoubliable et le fait de le capter dans mon objectif par cette multitude de clichés me rappelle cet instant.

Cimetière de bateaux Le Bono à Pluneret

Ce lieu profond et silencieux, tamisé par l'ombre des grands arbres, l'abritait. Nous étions dans la limite "terrestre" et je contemplais l'effort du temps qui donnait ce tableau. J'avais conscience que cette palette de couleurs unique disparaissait avec le temps par les formes englouties. Je m'aclimatais à cette impression du bout du monde à la vue des épaves. Les carcasses aux teintes sourdes déployaient leur ossature teintée de rouille. Au fond de l'eau, le métal déposé par son poids s'identifiait. De ci, de là, j'apercevais un moteur dont le nom de l'inventeur rutilé sur une plaque avec son matricule, les pales, une ferrure de gouvernail... Même la végétation s'abandonnait à cette érosion et un arbre couché en guise de cénotaphe semblait imiter son confrère sculpté par la main de l'homme pour concevoir l'arête de la chaloupe vrillée.

Les coques m'interpellaient tant la couleur révélée s'identifiait dans le patrimoine marin. Je m'approchais et me hasardais accrochée à quelques broussailles à investir le lieu au milieu de la vase pour découvrir cet univers riche en couleurs, mais également en forme. Elles décelaient leur rudesse du temps par la matière, mais s'imposaient comme cétacés échoués qui agissait sur l'oeil acéré par l'imposante ossature. Chaque membrure devenait membre, chaque coque s'apparentait à une silhouette élancée par le bois du mât. Les côtes saillantes se prolongeaient sur l'arête dorsale posée à même la vase. Je découvrais cette nature, irrationnelle avec sa part d'oeuvres morte et vive. Je négligeais le temps, confondue dans le présent, devant ces vieux compagnons de marins qui parfois avaient poursuivi leur vie durant, ces animaux marins.

Derrière cette flottille d'anciens bateaux de pêches, plates, canots qui encombrait le fond marécageux dit vasière, la façade du vieux manoir de Montigny dans son bocage fait face à ce bras de rivière qui ressemble à un lac. 

Je baissais mon regard et remarquais mes sandales aspirées par la vase, à jamais imprégnées de cette substance qu'est le cimetière marin où mon rêve a pris consistance. Je n'y ai pas vu de stèle, ni de pierre... Alors je dédicace celle inscrite dans mon imaginaire.

 

Naît de la nature terrestre,
 J'ai passé ma vie sur l'océan,
 Mon âme est partagé avec celle du marin qui y habite,

Balloté par les flots,
J'attends d'être rongé petit à petit,

en rêvant à ma gloire passée... 

 

Les cimetières à bateaux

1991 fut une année charnière pour les vieux bateaux. Le plan Mellick offrait la possibilité de mettre à la casse son bateau en échange d'une prime.

Au niveau environnemental, ces épaves occupent illicitement le domaine public et face au tourisme écologique, il est mis en avant que le promeneur est menacé d'un danger.

Je ne fais pas partie de cette opinion et j'accorde au temps qui passe, tout le mérite d'avoir existait et de permettre une lecture directe du passé maritime de cette belle région avec les métiers transverses comme ceux des charpentiers, les grandes heures de la pêche et du cabotage.

Le village

Le village le Bono est l'ancienne propriété des moines de Sainte-Gildas-de Rhuys qui est devenu une commune en 1947. Son nom breton "er benew" aurait pour signification "limite", mais on le retrouve également dans le mot gallo "Bono" qui veut dire "marécage". Ce village de pêcheurs est constitué d'un port au confluent de la rivière d'Auray et de la rivière du Bono qui se jettent dans le Golfe du Morbihan. La jetée fut construite en 1882 et le port fut creusé en 1902, année de naissance de mon grand-père qui aimait se rappelait "ce siècle avec deux ans lorsque je suis né" de Victor Hugo (1802).

Village Le Bono Site Impasse des Pas Perdus

Village Le Bono Site Impasse des Pas Perdus

Le vieux manoir de Montigny

Appelé également château de Kérisper, il appartenait à la famille Jean de LESTRELIN, en 1426, qui avait les terres de Kerlois et possédait la seigneurie de Kerisper en Pluneret. Il mourrut en 1529 ; Son fils, Louis en fut l'héritier. Il possédait la seigneurie de Kerlois, de Kerisper (Pluneret) et de  Liscoët (Pluvigner).  De son mariage avec Marie de Botderu, il eut un fils Gilles Guillaume de LESTRELIN qui vécut jusqu'en 1583. Guillaume se maria en deuxième noce avec Perrinne DROUILLART. Ils eurent deux enfants Gillette et Louis de MONTIGNY qui de son mariage avec Anne LE PENNEC eurent Guillaume et Jean de MONTIGNY qui épousa Anne de CADORET*. Puis la propriété appartenut à la famille Louis CADORET (fin du XVe siècle) qui épousa Françoise de LOUENAN. De cette union, une fille naquit "Anne de Cadoret*" qui épousa Jean de Montigny. Elle y vécut de 1601 jusqu'à la révolution. à la dame Renée de Montigny, veuve de Louis, Comte de Sarrant (1811), héritière des LESTRELIN. Puis se succédèrent les MONTAIGU (XIXème siècle),  SAINT-PERN (1876), GRAND (1897), DOUAULT (1900), POMMOIS (en 1979). Autrefois, il possédait une chapelle privée, maintenant, il est le théâtre de l' "Ecume".

Le vieux pont

Il clôture sa trajectoire, le long du bois de Kerisper et surplombe le port depuis 1840. Il mesure 97 mètres et est classé Monument Historique depuis 1997 ; c'est facile à retenir 97 et 97 ! Sa construction a débuté le 25 août 1935, terminé en 1840 ; il fut remanié en 1870 et ne cesse depuis d'être restauré. Il fait partie des deux derniers ouvrages en service qui existent en France de ce type. Il est fait de bois et ne convient plus au trafic routier et il est donc devenu à usage piétonnier depuis 2006.

Pont suspendu de Bono

L'église

A quelques emcablures, se situe l'église Nôtre Dame de Béquerel, conçue en granit gris. Elle fut construite au dessus d'une source dite miraculeuse.

A savoir,

Il existe en Bretagne une douzaine de cimetières de bateaux, situés principalement sur les côtes du Finistère et du Morbihan.

. Le cimetière des vieux bateaux "Tanet" sur la Rance, à la Passagère dans la commune de Quelmer
. Le Dahouet à Locquémeau à Paimpol (Côtes d'Armor),
. Le cimetière marine de Sillon à Camaret (Finistère),
. Epaves de Douarnenez de Port-Rhu (Finistère),
. Epaves et cimetière marin du Magouër en Plouhinec (Morbihan),
. Epaves Arradon - Auray (Morbihan),
. Cimetière de bateaux de Landévennec, anse de Penforn (dans la rade de Brest), 
. Cimetière marin de Kerhervy à Lanester (Morbihan),
. Cimetière de bateaux de Pluneret,
. Cimetière de bateaux d'Audierne
. (Calvados).

et un peu plus loin,

. de Ciboure à Saint-Jean-de-Luz,
. du Petit Port à Boulogne-sur-Mer.
 

A voir également,

. Tombelles, sépultures paléolithiques proche d'un tumulus qui couvre une allée empierrée
. Le cimetière marin de Bono avec la tombe de la Comtesse de Ségur et de son fils 
. Calvaire percée de Yves Nicolazic,
. Tombe de Bernard Moitessier,
. Le sentier du littoral sur plus de 8 km,
. La Chapelle Notre-Dame de Bequerel construite sur une source miraculeuse. 
. Le jardin de Mémoire où voisinent entre arbres des urnes funéraires.

Bateaux

Cakou, Chaland, Forban, chaluttier, sardinier, sinagot, langoustier, sablier...

Accès

Bono est situé à côté de la commune d'Auray dans le golfe du Morbihan.

Depuis le port de Bono, traverser le pont suspendu et prendre la rive droite qui longe le sentier côtier qui rentre dans la forêt de Kerisper.

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Bibliographie

Voyage août 2011

....................... 
Voyage
Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,   
Parution de l'article, mercredi 21 septembre 2011
Mise à jour  : 21 septembre 2011 

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09 mai 2011

Les dunes de Merzouga ~Sablier du temps~

 

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Nous discutions du temps qui passe et mes doigts tournèrent le sablier qui ornait le cuir de son bureau. Le sable me fit rêver à ces dunes imaginaires, si lointaines et hors du temps que l'on rencontre parfois dans les déserts.

Je lui demandais s'il avait visité Merzouga. Connais-tu ces dunes de sables ?

Je fus interpellé quand il me dit : "Les heures sahariennes".

Dunes_de_Merzouga_MAROC_06

Photo "Temps de pause, tant de poses", site de ma fille 

Il me fit un bref descriptif géographique car j'ignorais sa situation.

Merzouga est réputé pour ses dunes car il est le plus grand erg du Maroc qui se trouve à 50 km d'Erfoud. Ils sont au nombre de deux avec Chigagan, pas nombreux ! Elles sont appelées aussi dunes d'Erg Chebbi et d'Erg Chigaga.

Puis, la conversation s'enrichit de son vécu avec ses souvenirs. Il avait la faculté de reconstituer sa promenade en la complétant de ses découvertes. Il reprit :

Ce sont donc les premières qui abritèrent notre bivouac dans le sahara marocain sur l'itinéraire des caravanes pour Tombouctou.

J'avais l'impression de passer une dune après l'autre, tant son visage se perlait de souvenirs qui remontaient pour ébaucher cet épisode.

 

 Dunes_de_Merzouga_MAROC_08

       Chèche

Le cordon se prolonge sur 22 km du nord au sud et sur 5 kilomètres d'ouest en est. Le sable a le pouvoir de changer de couleur au gré de l'intensité de la luminosité. Mais magie pour magie, il a également des vertus thérapeutiques. Il est dit qu'il a la vertu de soulager des rhumatismes, lorsqu'il est chaud.

 

Expression"les sables qui chantent parfois remplissent l'air avec les sons de toutes sortes d'instruments de musique, et aussi le bruit des tambours et du choc des armes" Marco Polo

Dunes_de_Merzouga_MAROC_07

Un thé au Sahara

Dunes_de_Merzouga_MAROC_09

Bivouac

Les dunes sont les portes du Sahara et sont seulement à 40 km de la frontière algérienne accessible seulement par le vent. Le lac IRIKI fait frontière avec l'Algérie.

Au fait, connais-tu le chant des dunes ?

Ce phénomène m'avait été rapporté comme une légende écoutée par certains, refusée par d'autres. J'imaginais le sable chantait lorsque le vent le pénétrait. Or, il m'a été donné une autre explication car ce son émis est déclenché lorsque l'on marche sur le côté le plus pentu de la dune qui entraîne la vibration des couches de grains de sable qui se chevauchent et dévalent la pente (congère) en émettant par leur frottement une mélodie dont la fréquence peut aller de 60 à 105 Hz, selon la taille des grains et produire un son sur la surface de la dune appelé "chant".

Cette mélopée venue des cordes vocales de la Callas du sable confère un climat envoûtant. Des notes vocales se distinguent par leur puissance lorsque le sol mugit et vibre comme un tremblement de terre. Dualité du solide et du fluide qui se synchronisent pour offrir cette résonance acoustique. Quelle métamorphose !

Seulement 31 dunes qui mugissent sont répertoriés sur terre.

Expression"Un corps est liquide lorsqu'il est divisé en plusieurs petites parties qui se meuvent séparément et il est dur lorsque tous les parties s'entretouchent" René Descartes

Dunes_de_Merzouga_MAROC_03

Mugissement

La conversation s'engageait sous une autre forme et me faisait penser à ses esprits qui rôdent dans le désert dont Guy de Maupassant décrivait dans sa nouvelle "La Peur". Mon esprit s'évadait, s'éloignait de la réalité, mais le son de sa voix me ramena à la discussion.

Dunes_de_Merzouga_MAROC_04

          Réalité ou fiction

 

Dunes_de_Merzouga_MAROC_05

       Dromadaire

Elles mesurent en moyenne 150 m, mais peuvent atteindre jusqu'à 884 mètres pour la plus haute. Elles sont alors appelées "Ghoust" car elles surplombent l'erg et permettent de voir les grands espaces plats, désolés car arides, souvent rocailleux (grès) appelés "reg". Il faut dire qu'à cet endroit, il n'y a pas âmes qui y vivent.

On dirait des collines d'où leur nom qui provient du mot néerlandais "duin".

A ce moment là, il évoqua les travaux d'un britannique Ralph Bagnold qui au début des années 1940 entreprit d'étudier les mécanismes de la formation des dunes de sable. Je n'ai retenu de ce phénomène qu'il était similaire à celui des dunes de neige ou celles présentes sur Mars car il était régi par la relation de proportionnalité. Universelle malgré des milieux si opposés.

Je ne connaîtrai pas les dunes qui chantent car rien ne semble bouger dans ce décor de sable. Je ne connaîtrai pas les tempêtes de sable qui empêchent la monotonie de figer le décor. Les vents réputés violents n'étaient pas du voyage.

Ce désert de sable est constitué de dunes transportées, toilettées par le vent et ressourcées par la pluie qui permet de créer des zones de patûrage. La végétation fixe les dunes dites mortes. Ces courbes au zone d'ombre sont comme un visage qui se gomme et estompe son maquillage pour reflèter ses nuances. Ces dunes dites vives ont l'allure de croissants et sont appelées "barkhanes". Elles se déplacent dans le sens du vent et suivant un certain seuil. La vitesse du vent diminue en fonction de l'altitude. L'érosion de la base de la dune dit socle permet le dépôt du sable, sur l'autre versant. Ce nouveau monticule est la naissance d'une future dune dont les paramètres de sa grandeur sont définis par "la loi d'échelle" qui est le rapport entre la densité des grains et l'interaction du vent sur le sable.

Le vent dit "Chergui" est redouté.  C'est un vent chaud qui vient du Sahara qui ressemble au Sirocco.

Dunes_de_Merzouga_MAROC_01

Au loin                            Photo "Temps de pause, tant de poses", site de ma fille

Autour de moi, les pieds se dénudaient pour plus de sensations. Mes pas mouvaient dans cet équilibre car le sable chaud s'efface sur la touche de nos pas. Mes talons s'enfonçaient.

Puis, il ramena le fil de la discussion à son aventure qui avait commençait en fin d'après-midi.

 

Expression"Le désert est beau, ne ment pas, il est propre" Théodore Monod

 

Le spectacle est pour bientôt. Il se déroulera en deux temps avec la promenade à dos de dromadaires pour aller admirer le coucher et le lever du soleil sur les dunes.

Auparavant, nous avons rejoins notre groupe pour préparer la traversée. Les dromadaires attelés étaient prêts. Beaucoup d'hésitation se mêlaient à l'envie du voyage car après être monté sur le dos du dromadaire, la bête semble énorme et nous positionne au coeur du problème lorsqu'on prend assise. Comment va t'on s'ériger vers le haut ? D'un coup, un sabot se projète vers l'avant et se démultiplie en deux temps pour s'élever sur ses longues échasses. Impressionnant, mais la sensation la plus forte est pour plus tard ! (vous vous doutez bien que nous venons pour les sensations).

Le départ est prévu une heure et demie avant le coucher du soleil pour profiter de la tombée de la nuit. Nous commençons donc à nous acheminer et le balancement rythmé cadence notre marche de dune en dune. Nous montons, puis descendons les dunes successives avec de temps en temps un petit crochet tout le long de la crête.

Notre guide marqua un temps d'arrêt à un point précis. Il posa ses chaussures car ces pieds élastiques s'adaptent au sable. C'est mécanique. Il est dit que le sable chaud soulage les membres. Je regardais ses pieds abîmés affronter la surface ridée par de grandes ondulations parallèles.

 

 

Expression"Parler du désert, ne serait-ce pas, d'abord, se taire, comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages mais de notre silence" Théodore Monod

 

Sa force d'en l'observation m'entraînait à penser au temps qui s'écoule et qui marque notre âme mais pas ce lieu, dont la régulation s'accroche à un autre système.

La chaleur était toujours présente. Il faisait 45° au mois de septembre ! A l'horizon, se profile des mirages. L'étendue laisse percevoir des lignes de crêtes en arc de cercle. La mer de sable se profile sur plusieurs kilomètres, parfois du manteau de sable, des roches affleurent, comme un squelette accroché digne d'un crétacé. Quelle architecture !

Grâce à son image, nombreux sont les photographes qui essayent de surprendre son épiderme qui se nuance par son grain fin qui fréquemment passe du blond à l'ocre orangé.

Notre caravane s'enfonçait doucement dans cet état. Débarassé de mes pensées, de tous sentiments, j'allais à la rencontre du silence. Mes yeux vagabondés sur ce sable mouvant. Le jeu des ombres sur la jolie teinte rouge orangé des dunes dessinait harmonieusement le paysage.

Au loin, nous apercevons d'autres caravanes qui s'éloignent. Après avoir atteint le sommet de l'une d'entre elles, notre guide nous fait descendre sur le versant le plus abrupt. Impressionnant de dégringoler cette montagne de sable. La pente est raide vu de notre assise. Les pas du dromadaire s'enfoncent dans le sable et donnent une cadence soumise aux aléas de la stabilité.

Chaque dune a un nom.

A l'arrivée, à notre campement (jaima), le cérémnial du thé nous accueille avec des chants traditionnels accompagnés du tambourin.  Trois thés pour rester dans la tradition berbère avec leur représentation, "Le premier est amer comme la vie, le deuxième est fort comme l'amour et le dernier est doux comme la mort", notre guide nous annonce.

Notre bivouac est posé dans un creux à l'abri des vents de sable. Il est composé de tentes berbères ornés de tapis multicolores posés à même le sable.

Puis vient le repas traditionnel servi par les touaregs devenus restaurateurs le soir pour nous servir les mets représentatifs de ce lieu : chorba, tajim et salade d'orange.

Sous ces vêtements ombrent nos guides Muhammad, amicals et disponibles. Ils parlent bien le français et l'anglais.

 

Expression"On va au désert pour étancher sa soif de Liberté" "Son charme, le désert l'emprunte à l'éternité"  extrait de "Aphorismes du désert de Ibrahim al-Koni

Son épopée me fait penser à ce peuple, les Garamantes, Berbères à peau noire, nomades qui traversaient le désert et faisaient le trafic d'ivoire, de métaux précieux et d'esclaves. Ces cavaliers d'où vient une partie de mes origines effacées par ce mélange entre l'Orient et l'Occident.

Nous nous installons pour admirer la voie lactée et nous fûmes surpris de voir des étoiles filantes.

Expression"Vise toujours la lune, même si tu la rates, tu atterriras parmi les étoiles" (proverbe arabe)

Les rayons de soleil qui s'accroissent le matin, ouvre la vue sur ce paysage dunaire. L'immensité du désert à perte de vue est un panorama à savourer sans modération. Des traces de fennecs sont les seules marques de vie. Tout semble figeait. De temps en temps un scarabé s'entête à s'éloigner, vers où ?

Nous n'irons pas voir le lac asséché, car il est trop loin. J'aurai aimé voir cette étendue qui évoque un  paysage lunaire car au vu des commentaires lus, cela semble saisissant. Le sol est craquelé et fait ressortir des formes découpées qui rendent ce payage comme à nul autre pareil.

Notre bivouac prend fin pour nous ramener.

Notre marche nous amène vers la plus grande dune afin de surfer. Elle est anormalement grande, en forme d'étoile. Cette pyramide de sable est dure à gravir à en croire notre compagnon qui essaye d'atteindre le sommet avec son surf. La pénibilité semble égaler la neige, lorsqu'on veut faire de la luge. D'un moment à l'autre, il va atteindre le sommet et savourer cet instant avant de nous donner le spectacle de sa descente.

 

Malheureusement, il ne choisit pas le côté le plus ecarpé et peine à s'élancer pour nous démontrer les arabesques de son jeu. Il écume sa défaite, mais au grand dam, nos accompagnateurs prirent la situation en main et montèrent à tour de rôle dessus.

C'était irréel de voir l'homme bleu, avec sa djelaba, sur le surf. Le tissu flottait au gré du vent, la photo fut prise.

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Guide au vent

Le chemin m'amène à penser à ces anciennes pistes du commerce caravanier qui ont fait l'histoire du désert. Je me sens cavalière, commerçante...

Que le mot désert est impropre à ce lieu qui a vu tant de caravanes s'élançaient. Les chameaux suivent la trace qui se perd à l'infini. La vie s'éveille au lever du jour dans le désert. Le camp est démonté, les dromadaires sont chargés, la caravane se met en route pour Tombouctou... Escale, chacun s'atèle à sa tache, le pain est mis à cuire dans le sable.   La méharée reprend la route.

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Dune

Le désert et le "Ramadan"

Quand je pense au désert et si je cumule avec le mot "Ramadan", je me rappelle l'absence unique des repas, l'abstinence. Nous avons beaucoup appris, en cette période de jeûne. Le pays semble s'épuiser des dernières forces, les gens ont un rythme ralenti jusqu'à la tombée de la nuit (rupture du jeûne >> 19h10 en 2010) et là s'opère le changement, l'échange, le partage et la convivialité.

Bien sûr, il faut éviter de se présenter au regard en mangeant, en buvant, mais qu'importe cette absence devant l'immensité du vide à Merzouga. Fumer, boire de l'alcool sont des plaisirs (vices ou péchés) qui sont moins tolérer que s'alimenter en cette période la plus spirituelle de l'année. Il est recommandé de rester discret et de suivre les codes de "Bonne Pratique" afin de respecter les valeurs de ce mois sacré. La politesse est donc également de mise.

Il faut savoir que le jeûne n'est pas obligatoire pour les femmes enceintes, les personnes âgées, les malades.

Il peut également se rajouter le facteur chaleur suivant les périodes.

Vous pouvez vous faire servir un repas dans quelques endroits épargnés de la fermeture, du moment que vous n'êtes pas musulman. Il faut savoir que les marocains sont plus assidus à la prière et se rendent à la mosquée durant cette période, ce qui réduit l'activité par la fermeture des rideaux de fer des commerces à l'appel des hauts parleurs des minarets lors des offices religieux. Le tourisme est quelque peu perturber par le temps gagné par les siestes et les horaires d'ouverture sont adaptés à ce nouveau planning. Il advient donc, pour certains, de prioriser leur quotidien au détriment du tourisme qui n'est plus prioritaire. Là, il faut s'attendre, à cette étape, que le service ne soit pas fait de bonne grâce car cette pratique religieuse exacerbée a tendance à se faire ressentir dans leur comportement. Le respect est de mise.

Mais il ne faut pas oublier que le tourisme est source de revenus au Maroc et que l'échange va au-delà de la simple transaction. Le Maroc s'est enraciné de coutumes du temps du protectorat français et des communautés juives. C'est donc un pays tolérant même si l'hospitalité légendaire tend à s'évaporer dans les villes.

J'espère que ma réflexion n'est pas réductrice de cette période.

 

Expression"Trab mounek !   (Ah, le beau pays !)" Théodore Monod

 

Les tentes de bivouac sont des abris pour les nomades. Leur toit est confectionné en poils de chèvres ou de dromadaires et surélevé par deux piliers à la verticale. Lorsque le climat est torride, des pans peuvent être remontés pour créer des courants d'air. Notre campement est monté en cercle afin de bénéficier d'un centre qui abrite notre repas du soir.

La vie du désert passe par la présence d'animaux. Les animaux qui cohabitent dans le désert sont les fennecs ou renards des sables, les scorpions blancs et bien sûr les caravanes de dromadaires.

Côté flore, les palmiers sont à l'honneur. Ne manquez pas de faire une pose autour d'une palmeraie.

Le sol peut être Erg (sable) comme Reg (cailloux).

Je remonte le temps. Voici la préhistoire.

Cette vie préhistorique, ensevelie par le désert qui à l'époque était formée de savane. Que sont devenues ces coulées de verdure balayées par l'harmattan, transformées en plateaux désertiques, riches en grottes et peintures rupestres.

Je rentre dans l'austérité, le dépouillement de l'extérieur, comme de l'intérieur face à cette vue unique qui ne peut laisser insensible le voyageur à la beauté du désert. On obtient la sérénité devant cette mer de sable qui semble pour moi, simple amateur, les prémices de la méditation.

Le désert méprise les frontières si chèrement acquises. L'horizon s'offre à vous sans obstacles. Les dunes sont modelées par le bon plaisir du vent. L'imaginaire est au aguet à regarder le ciel étoilé. Telle une comète, je me sens de passage. Si l'esprit "Touareg" pouvait me diriger par le simple fait de regarder les étoiles qui défilent comme Amanar (Orion) qui signifie "guide". 

Les touaregs s'orientent la nuit en regardant deux étoiles "Tenâfelit et Tôzzert, dites "constellations du Navire" et  qui permettent de se positionner par rapport au Sud. Ils connaissent chaque parcelle du ciel.

 

Expression"Grain de sable,
grain de beauté ou de folie,
soit l'exception qui ne confirme aucun reg"

 Thami du sitePhotoeil

 

Le soir est là, nous nous retrouvons dans le bivouac. Les kaimas (tentes berbères) sont prêtes à nous recevoir. Les émotions sont fortes après cette traversée qui nous confronte à ce paysage qui nous délivre de notre quotidien et face à notre dénuement, nous nous sentons purs devant la force du lieu.

Matin, sans lendemain. Le soleil s'élève lentement. Une lueur carminée injecte notre vision. Nous sommes là, rivés sur nos lits au milieu des dunes à redresser nos corps devant l'appel de cette clarté céruléenne pour profiter de l'éphémère levé du soleil. La vue chaloupe face à la force, chaque regard, puise dans son enfance pour libérer son sourire. Tel un Fauve, le soleil surgit, nous inonde de son or aux rayons safranés qui capte notre attention. Le sable se roussit, se brode de nuances pour nourrir notre attente et réchauffer l'aurore qui s'esquive. Le pari est jeté, c'est de le saisir dans son objectif. Mille clics déclenchent pour le garder en souvenir.

C'est ici que s'achève mon anecdote. Contente de vous faire partager mon ressenti par les odeurs, les saveurs, les rituels et de prolonger ses souvenirs sur ce forum par les échanges, les avis...

Je vous avez déjà présenté "La Mamounia" à Marrakech, Oualidia, El Jadida, bientôt vous pourrez parcourir le souk de Fès, cette ville culturelle à l'accent spirituel, la Médina d'Essaouira...

 

Expression"L'homme voyage toujours en avant de lui-même" proverbe Touareg

 

Littérature

Darwin, Marco Polo, Guy de Maupassant, John Cage / Le dernier vol de Lancaster (de Sylvain Estibal chez Actes Sud, publication 2003)

Film 

"Le dernier vol" de Karim Dridi

A voir également,

Dune de Tarfaya au Maroc, Dune du Namibie, Dune de chine,

Autres lieux

Cascades d'Atiq Tissint, Désert de M'Hamid, Dunes de Chagaga, Lac asséché d'Iriqui

Accès

50 km au sud d'Erfoud. 35 km de Rissani.

2 heures de pistes de goudron de Cheggaga

Ou loger

Au pied du désert à l'hôtel, la "Kasbah Mohayut". Accueil généreux, belle chambre climatisée avec salle de bains européenne. Décoration berbère épurée. Jardin intérieur avec piscine, entouré d'un patio en circulade ou s'égrène les chambres. Calme assuré. Le personnel parle français.

Prix : 40 € qui comprend chambre, repas du soir, petit-déjeuner (nuit au choix dans le désert ou à l'hôtel) + excursion à dos de dromadaire pour arriver au campement.

Possibilité de paiement par carte bleue.

Le + >>  à notre demande, il nous a préparé pour le midi, une omelette berbère (tomates, fromage blanc... et le coup de main !)

Remerciements :

Les guides du 9 septembre 2010 ont contribué pour que cette randonnée soit marquée de souvenirs. Merci.

 

Liens

http://www.daniele-boone.com/page/23/

Bibliographie

Voyage septembre 2010

Photographies personnelles.

 

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Carnet de voyages
Traduction  : Français,  Allemand,   Anglais,
Arabe,   
Parution de l'article,  9 mai 2011
Mise à jour  : 22 mai 2011

 

 

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