Impasse des Pas Perdus

Ecrire, avancer les mots... sur l'Art naïf, les jardins à visiter, mes carnets de voyage, les lectures, ainsi que ma passion des iris...

25 décembre 2013

Le Père Noël si fragile

 

 

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Un peu plus tard dans la soirée, je regardais le sapin et ses boules magiques, uniques par leur destinée. Là le Père Noël, tout de verre vêtu, avec son habit rebondi, d'un rouge si particulier, couleur de houx, s'exposait.

Les lumières prenaient tout leur sens. J'imaginais le Père Noël en train de faire les démarches pour avoir son laissez-passer universel. Rien ne pouvait s'opposer à sa venue, il se devait comme chaque année, malgré les formalités administratives pour traverser ces frontières abolies, de se préparer à ce long voyage. Je l'attendais.

Père Noël Impasse des Pas Perdus

Il y a quelques années, j'avais dû intervenir lorsqu'il était passé de l'autre côté de la sphère car ces vêtements dont je vous cacherai la marque, cousus à la main dans un petit atelier qui confectionne tout au long l'année, sont fabriqués sur un mode ancestral et, il se doit de les porter.

Ce costume qui l'expose à avoir chaud suivant l'endroit où il se situe, est pourtant attendu par tous nos enfants. Or, le Père Noël, cette année-là avait un peu grossi et enfermé dans sa capeline, il ne pouvait plus se contenir.

Sous peine qu'il ne puisse poursuivre son itinéraire, chaque représentant de pays dure s'absenter pour aller à sa rencontre afin d'agrémenter son costume de quelques modifications pour supporter sa peine.

C'est ainsi que cette année, dans notre région, il fit appel aux gens de Montpellier pour que l'on allège sa souffrance. Nous dûmes confectionner son manteau suivant un relevé très préci de ses mensurations. Dans une étoffe d'illusion dont la matière permettait des incrustations, nous mîmes des petites lumières, si faibles qu'elles auréolaient son visage de plein de candeur. Sa robe rouge changeait de couleur suivant le pas. S'il était pressé, c'était un mirage d'étoiles rouges bordées d'un filament blanc, voire argenté. S'il se reposait au bord d'une cheminée, le haut de sa capuche prenait la lumière des étoiles et le pompon devenait doré. Sa ceinture, reluisait comme la crinière du cheval. Derrière sur son traîneau, sa longue cape couvrait les cadeaux. Nul ne savait où ils allaient être distribués.

C'était merveilleux, le lieu s'ouvrait sur une petite cour d'où s'échapper des petits rires, les lutins s'activaient autour des rennes qui tirent le chariot du Père Noël. Les bois des rennes étaient ornées de clochette. La particularité venait de leur trophée car à chaque pointe le lichen formait couronne autour d'une bougie. Leurs yeux s'ourlaient de velour marron qui rendait leur regard si expressif car le froid les teinte d'un bleu profond pour pourfendre la nuit sans fin de l'hiver.  Chacun portait un médaillon avec son nom.

 

Un renne Philip Lee Harvey / Cultura Creative
Un renne Philip Lee Harvey / Cultura Creative

 

 

Le temps avait cessé d'avancer, malgré l'agitation marquée par la cadence de l'horloge, nous étions en communion avec cette fééerie. Chaque heure pleine, nous entendions un de ces merveilleux chants de Noël émis par le carillon.

 

Seuls les correspondants s'afféraient en attendant sa venue. J'étais là, j'ai recueilli ces moments pour vous les offrir.

 

N'est-ce pas merveilleux de découvrir le Père Noël !

 

Joyeuses Fêtes.

 

 

 

Blog déco design Joli Place
Traîneau de Steuart Padwick

 

Bureau du Père Noël (ouvert toute l'année)
Rovaniemi
Laponie - Finlande

 

 

Bibliographie

Conte sur le Père Noël est une énigme. Récit personnel diffusé sur le Net pour la magie de Noël.

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Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 
Parution : 25 décembre 2013 
Mise à jour  :  25 décembre 2013
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Posté par PASPERDUS à 15:44 - Noël - Commentaires [15] - Permalien [#]
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03 décembre 2013

Les veilleurs de chagrin de Nicole ROLAND

 

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Editeur : Actes Sud, Arles (Bouches-du-Rhône)
Parution : 4 janvier 2012
ISBN : 9782330002336
GENCOD : 9782330002336
N° du produit : 501449
Genre : romans & nouvelles - français.
Collection : un endroit où aller

LES VEILLEURS DE CHAGRIN | livres: NICOLE ROLAND | ISBN: 9782330002336 culture,citation,littérature,livre,roman,etats-unis

Quelle est la part de souvenirs que je peux restituer à cette étendue profonde qu'est le chagrin ?  

C'est dans ce roman profond où la narratrice Esther revisite ses souffrances face au comportement de sa mère atteinte d'Alzheimer, enfermée dans son corps jusqu'à la mort et celles révélées par son métier d'anthropologue, spécialisé sur les stigmates des os, pour identifier les corps que je compte vous entraîner.

"Les disparus ne seront plus condamnés à errer dans le chagrin de leurs proches. Ils reprendront leur place parmi eux, honorés dans leur mort qui pourra enfin être dite, pleurée, dépassée."

La recherche qui l'amène à identifier des corps, à interpréter l'agonie, les blessures des victimes dissimulées sous la terre afin d'aider les familles à en faire le deuil l'amène à dévoiler ses failles familiales et affectives, à exhumer ses propres douleurs.

"creusé avec ma pioche, ma truelle, ma souffrance, ma peur, pour dégager cette forme indéterminée qui m'enferme ; je l'ai déchirée au scalpel. J'ai mal à moi, à eux, j'ai mal, mais ma bouche tremble du désir de vivre." 

Mon avis

L'écriture de Nicole Roland est fluide, proche de la poésie avec le clin d'oeil sur le livre "Mrs Dalloway" de Virginia Wolf qui reintègre la beauté fragile. Et c'est sur ces deux parallèles que l'auteur aborde avec une sensibilité hors du commun notre face cachée, obscure. La douleur et la joie, la dépression et l'amour évoquent les blessures de la vie et le devoir de mémoire. Son travail d'écriture est profond, riche en références qui donnent un réel intérêt à l'histoire sur la nécessité d'une réparation individuelle et collective, psychologique et morale.

"La grâce comble mais elle ne peut entrer que là où il y a un vide pour la recevoir, et c'est elle qui fait ce vide. (...) Accepter un vide en soi-même, cela est surnaturel. Où trouver l'énergie pour un acte sans contrepartie ? L'énergie doit venir d'ailleurs. Mais pourtant, il faut d'abord un arrachement, quelque chose de désespéré, que d'abord un vide se produise. Vide : nuit obscure." Extrait de "La pesanteur et la Grâce" de Simone Weil

La première partie est déroutante, égale à la confusion qui l'enfonce dans la dépression, la deuxième partie décrit le mal nécessaire pour dépouiller ces ombres du charnier, la dernière partie relate sa reconstruction avec un travail sur la perte et sur la présence jusqu'à l'apaisement par l'écriture qui met en forme son chaos.

« Le suicide est une bonne question, mais c’est une mauvaise réponse »

 

Résumé

Avec d’autres, je sonde les profondeurs de la terre, nous exhumons des fragments de corps que nous reconstituons avec soin. Ces êtres échappés du néant me parlent et me réconfortent. En leur compagnie, je m’éloigne de tout, même du chagrin.

"Si vous pouvez sentir la douleur des autres comme si elle était la vôtre, faites tout pour qu'elle s'efface"
"Tout compte fait, c'est cela que nous sommes, des veilleurs de chagrin".

 

Bibliographie

Née à la Louvière. De père ingénieur. 

A l'âge de 18 ans, elle arrive à Namur pour étudier les romanes aux facultés Notre-Dame de la Paix.

Elle s'installe à Namur en 1964.

Son nom d'épouse est Nicole Noël. Elle interrompt ses études pour élever ses enfants et permettre à son mari d'effectuer sa thèse de doctorat. Il est historien. C'est à cette période qu'elle fonde le théâtre universataire qu'elle animera pendant vingt ans.

Elle achèvera sa licence à Leuven, puis Louvain.

Nicole Rolland était professeur de lettres au collège d'Erpent, elle enseignait aux classes de terminale (Namur, Belgique). 

Jamboise, par sa demeure remplie de livres. Elle emprunte les mots de Paul Eluard pour le titre de son livre "Les veilleurs de chagrin". Elle écrit depuis l'âge de treize ans suite à un accident qu'elle a vu. Elle tient un journal de billets d'humeur depuis l'âge de 16 ans. Au total, douze cahiers et elle partage avec nous ses deux livres.

Colin, voici le nom de son chien, de race carlin.

Mère de trois enfants. Elle perd brutalement sa fille aînée, Hélène, à l'âge de 25 ans suite à une rupture d'anévrisme, en 2007. Hélène était passionnée par le Japon et dans son premier livre, elle rend hommage à l'Asie en mémoire de sa fille, en faisant revivre le lien qui les unit suite à la lecture de toute la biblothèque de sa fille. Au travers de la littérature asiatique, elle découvre un message d'amour et de beauté qui l'aide à faire face à cette situation afin de protéger sa famille. Elle a aussi lu le "Coque des Samouraïs" qui explique les préceptes pour devenir courageux.

Le livre "Les veilleurs de chagrin" a été écrit avant "Kosaburo 1945" malgré qu'il fut publié en deuxième. Son écriture fut interrompue par le besoin d'écrire "Kosaburo 1945", suite à l'évènement traumatique qu'est le deuil. Après six mois d'errance, elle écrit ce nouveau manuscrit sur une durée de douze à quatorze mois, achevé en juin 2008. Son origine fut le besoin d'aider son fils Arnaud à faire le deuil de sa soeur. Mais pour l'auteure, une façon de survivre par l'écriture car lors de ces séances, le chagrin était mis à distance. La souffrance était supportable dans cet état pacif, mais également par le fait que l'écriture est le moyen de lutter contre l'oubli. L'oeuvre est faite au départ sous forme de mail journalier qu'elle adresse à son fils. Son fils l'invite à envoyer aux éditeurs son premier roman afin de conserver ces mots en héritage et de partager. Après diverses relances de la maison d'édition "Actes sud", elle se décide un an plus tard à l'éditer. Jusque là, l'écriture faisait partie de son intime. Enfin, l'écriture l'a révélée et relevée.

Sa mère souffrait d'Alzheimer.

Nicole écrit de 22 heures à 1 heure du matin. Malgré sa retraite, elle continue à donner un cours, une fois par semaine, bénévolement.

Ses auteurs préférées sont Marguerite Duras, Virginia Woolf, Faulkner, Proust, Beckett, Paul Auster, Don De Lillo...

Le 12 décembre 2013, elle participera à la sixième rencontre du cycle littéraire de Ham-sur-Heure-Nalinnes.

2011 : Kosaburo 1945 (actes sud, 2011) -
Prix Première des auditeurs de la RTBF 2011
Prix des lecteurs du pays du Gois
Prix de la première œuvre de la Fédération Wallonie-Bruxelles

2012 : Les veilleurs de chagrin (janvier 2012) 
Prix Littéraire des bibliothèques de la Ville de Bruxelles 2013

2012 : Chère, très chère Marguerite Duras - Les carnets et les instants (avril/mai 2012)

 

Lecture

Novembre 2013

Liste de mes lectures "Lire et reliure"

 

Note du lecteur

Nicole ROLAND s'érige en veilleur car elle exprime nos ressentis à travers les mots qu'elle nous offre.

 

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Traduction  : Français,  Allemand,   AnglaisArabe,  Hollandais 
Parution : 3 décembre 2013 
Mise à jour  :  3 décembre 2013
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Posté par PASPERDUS à 20:18 - Lire et reliure - Commentaires [6] - Permalien [#]
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