Impasse des Pas Perdus

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13 avril 2007

Corrida & bodéga "Féria du riz où l'on rit"

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    FERIA

    Pâques 2007 - arènes Arles - 6 au 9 avril


    El Juli - Mehdi Savalli -Matias Tejela

    A_voirPremière entrée dans l'arène, premier regard sur une corrida, première impression.

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    La corrida commence. Il y a un quart d'heure, nous nous sommes installés sur les gradins pour participer ce samedi 7 avril à la Corrida de Toros à 17 heures dans les arènes en Arles.

    Le public est installé dans les tendidos (gradins) ou les palcos (loges), où se trouve la presidencia (loge du président). En face se situent la puerta de cuadrillas, par laquelle le matador et son équipe entrent, et le arrastre de toros (sortie des taureaux). Les matadors attendent dans un corridor (callejon), derrière les barreras et burladeros. Les chevaux sont gardés dans le patio de caballos et les taureaux dans le corrales.

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    >> La corrida est un sacrifice rituel au cours duquel on se mesure à un animal élevé à cette fin. Lors de cet "authentique drame religieux", le spectateur vit par procuration la peur et l'exaltation ressenties par le matador. Acte de cruauté très populaire.

    A l'heure prévue débute le défilé de tous les participants, le "Paseo". De loin, on voit le Président qui présente un mouchoir blanc. Le cortège s'ébranle aux accents de Carmen, précédé par les "Alguazil".

    Au premier rang, les trois matadors, classés par ordre d'ancienneté d'alternative : à gauche (dans le sens de la marche) le plus ancien. Aujourd'hui, c'est El Juli.

    EL JULI

    Considéré comme le numéro un incontestable, il doit quotidiennement démontrer qu'il est effectivement.
    Il conjugue ambition, prouesse et se met à l'épreuve non seulement devant les taureaux, mais également en se mesurant aux jeunes toreros aux dents longues.

    Julian Lopez

    est né le 3 octobre 1982 à Madrid.

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    ALTERNATIVE

    A Nîmes le 18 septembre 1998 des mains de Manzanares et Ortega Cano.

    CONFIRMATION

    Le 17 mai 2000.

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    En 2006, il a toréé 63 corridas et coupé 96 oreilles et une queue.

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    A droite, le second, Matias Tejela.

    Matias TEJELA

    Torero élégant, mais catalogué inconstant.

    Il laisse néanmoins des souvenirs d'une Féria où pour sa présentation, il était parvenu a coupé quatre oreilles. Triomphe !

    Sceau d'un toreo très personnel entre classissisme & esthétique.

    Matias
    TEJELA

    est né le 28 octobre 1982 à Madrid.

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    ALTERNATIVE

    A Valence, le 15 mars 2003.

    CONFIRMATION

    Le 14 i 2004

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    En 2006, il a participé à 33 corridas, a son score 29 oreilles et une queue.

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    Au milieu, celui qui a pris l'alternative le plus récemment, c'est Mehdi Savalli.

    Mehdi Savalli

    Novillero exemplaire et maintenant dans la cour des Grands.

    Toro et public sont les seuls témoins à convaincre.

    Challenge est affaire d'équilibre entre impétuosité et le calme d'un matador, il s'impose en triomphe.

    Mehdi Savalli

    est né le 1er novembre 1985.

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    ALTERNATIVE

    8 septembre 2006.

    NOVILLADAS

    Atteignent la somme de 42.

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    En 2006, 43 orielles et une queue, ainsi que 3 corridas pour 5 oreilles.

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    Nous notons que si un torero se présente pour la première fois dans la plaza, il avance tête nue, sinon il est coiffé du chapeau traditionnel la "montera". Il porte une traje de luces (habit de lumière) en soie aux couleurs chatoyantes, brodé de paillettes dorées.

    Derrière suivent leurs "cuadrillas" respectives "banderilleros" et "picadors".

    Viennent ensuite les "areneros" ou "monosabios", employés des arènes.

    Puis, le train "Arrastre", attelage de mules chargé de traîner la dépouille du taureau hors de l'arène.

    Enfin, l'heure du combat a sonnée. Une corrida comprend en principe la "lidia", c'est-à-dire 6 taureaux. Pour chacun d'entre eux, la lidia est décomposée en trois temps, appelés "Tercio".

    >> Durant la première étape, le tercio de varas, le matador est assisté des peones (aides) et des picadores (cavaliers munis de lances). Suit le tercio de banderillas, où les banderilleros plantent des paires de banderilles dans le dos du taureau. Enfin lors du tercio de muleta, le matador réalise une série de passes avant de procéder à la mise à mort, l'estocada.

    Avant l'arrivée du taureau, il nous est signalé par une pancarte mobile sur la plaza, le poids du taureau, sa provenance et qui va le contrer.

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    1ère

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    3ème

    Le "Tercio de piques" commence à la sortie du taureau du "toril" qui se trouve en dessous de l'orchestre.

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    1er taureau

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    2ème taureau

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    3ème taureau

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    5ème taureau

    Le matador, et ses "péons" effectuent des passes de "Capote", pièce de toile généralement de couleur rose à l'extérieur et jaune à l'intérieur. Ces premières passes de cape permettent au matador d'évaluer le comportement du taureau. La passe essentielle est la "véronique" mais il existe de nombreuses autres passes de cape dont la demi-véronique, chicuelina, gaonera...

    >> Le matador se sert de la capa (cape rouge) pour jauger l'intelligence et la vivacité du taureau. Puis les peones orientent la bête vers les picadores.

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    1ère El Juli

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    2ème Matias Tejela

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    3ème Mehdi Savalli

    Au son des clarines entrent enfin deux picadors. Ils se placent à la prériphérie de la piste et ne doivent pas dépasser la ligne tracée au sol. Leur tâche est de mettre à l'épreuve la bravoure du taureau et de réduire son instinct à charger la tête haute. En principe, il est appliqué deux piques minimum (il n'y a pas de maximum). Le taureau est "brave" s'il retourne plusieurs fois à la pique, sinon on dit qu'il est "manso". Les picadors sont les mals aimés du public néophyte mais il ne saurait y avoir de corrida avec des toros dignes de ce nom sans eux.

    >> Les picadors piquent l'animal avec des lances, testant sa bravoure. Les coups de lance affaiblissent les muscles de son épaule.

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    1ère

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    2ème

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    3ème

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    5ème

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    après les picadors, les banderillers attirent le taureau

    Le "tercio de banderille" est destiné à réveiller le toro alourdi par l'épreuve des piques. Le règlement prévoit la pose de trois paires de banderilles mais la présidence peut demander d'arrêter au bout de deux paires. Les banderilles peuvent être posées soit par un aide (le banderiller) soit par le torero lui-même. Dans les deux cas, il doit être mené rapidement. Léger et alerte, ce tercio est très apprécié du public lorsqu'il est effectué par le maestro.

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    3ème, Tercio de banderille

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    5ème,  "banderilleros" 

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    6ème, Mehdi Savalli -Banderillos-

    >> Les Banderillas, dards acérés, se trouvent se plantent dans les muscles du dos du taureau affaibli.
         Les Banderillos viennent provoquer le taureau blessé, estimant sa réaction à la douleur
         en plantant des paires de banderilles dans son dos.

    Avant que débute le "tercio de muerte", il est obligatoire que pour son premier toro, le maestro vient saluer la présidence et demander l'autorisation de tuer son adversaire. Il peut alors s'il le désire offrir la mort de son toro soit au public tout entier, soit à une personne de son choix : c'est le "brindis". La "faena" consiste en une série de passes exécutées avec la muleta, drap de flanelle rouge qui a été substituée à la cape. C'est le point culminant de la corrida. Le travail à la muleta est très varié en raison de la diversité des passes mais il existe trois passes fondamentales : la naturelle (de la main gauche), le derechazo (de la main droite) et la passe de poitrine, petcho (ou la sortie est donnée vers le haut). Il ne suffit pas de donner un nombre important de passes, mais il faut qu'elles soient liées, qu'elles aient une influence sur le comportement du toro.

    >> Le matador effectue des passes avec la cape puis l'abaisse pour pousser le taureau à ployer la tête et lui planter l'épée dans l'encolure.

    >> La muleta est une cape écarlate qui sert à faire les passes.

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    Passe la "Naturelle"

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    3ème

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    3ème "Moment de vérité"

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    4ème, El Juli " le derechazo"


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    5ème, 1ère paire de banderillas

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    5ème,  Matias Tejela sur le "moment de vérité"

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    6ème, Mehdi Savalli au moment de "l'estocade"

    Arrive enfin le "moment de vérité", le toro est cadré, le matador lève l'épée et se prépare à frapper. Le torero doit s'élancer vers le toro droit dans le berceau des cornes. C'est au dernier moment qu'il dévie la tête du toro avec sa muleta qu'il tient de la main gauche. Parfois, après l'estocade, le taureau tarde à s'écrouler. Le matador a alors recours au descabello. Le puntillero achèvera le toro tombé au sol.

    >> L'estocada recibiendo est une mise à mort difficile et très rare : le matador attend la charge du taureau au lieu de s'avancer vers lui.

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    El Juli et Descabello

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    Péon

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    Puntillero

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    "Arrastre"

    Si le travail du torero a été brillant, le président lui accorde une récompense : le salut de la barrière, la "vuelta", une oreille si le public la demande généralement en agitant un mouchoir, deux oreilles toujours à la demande du publi mais selon le jugement propre de la présidence, et même la queue dans le cas exceptionnels d'un triomphe majeur.

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    4ème, El Juli salué par le public

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    4ème, El Juli "vuelta al Ruedo"

    Les trophées sont coupés sous la surveillance de l'alguazil qui les remettra au matador après que la dépouille du taureau ait été tirée hors de la piste. Il ne reste plus au matador qu'à faire une vuelta al "Ruedo" : il fait le tour de la piste en longeant la barrière et salue le public ; les spectateurs les plus enthousiastes lui envoient des bouquets de fleurs, leur chapeau, etc. Si la prestation du matador a été fort peu appréciée, elle peut entraîner une "Bronca" : les spectateurs mécontents crient, sifflent. Parfois, la réaction est pire pour le matador que la plus forte des broncas : le silence.

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    L'alguazil vient de remettre les trophées à El Juli

    Si le taureau a été exceptionnellement bon, le président pourra lui accorder à lui aussi une vuelta al ruedo en présentant un mouchoir bleu. Et s'il a été plus qu'exceptionnellement bon, le président pourra, avant "l'estocade", ordonner sa grâce en présentant un mouchoir orange. En fin de corrida, les matadors quittent l'arène l'un après l'autre, par ordre d'ancienneté. Si l'un d'entre-eux a été particulièrement brillant, il sortira a hombros, sur les épaules de ses admirateurs.

    >> Le toro bravo (taureau de combat) est élevé pour son agressivité et son courage, il bénéficie de soins attentifs.

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    Sortie de El Juli, a hombros

    Parmi les éléments qui ont permis d'évaluer le spectacle on trouve traditionnellement :

    • le courage de l'homme : le matador prend des risques significatifs.

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    • la bravoure de l'animal : le taureau de combat appartient à une espèce spécialement sélectionnée pour son agressivité et pour sa bravoure : sa charge et sa volonté de combattre tout adversaire sont appréciées.

    • l'autorité de l'homme sur l'animal : les afficionados apprécient la capacité du matador à dicter sa volonté au taureau en lui imposant ses charges et en l'amenant à suivre aveuglément le leurre
      HYPERLINK
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Aficonados \\o"Afficionados"

    • l'élégance : les passes de capote et de muleta sont des mouvements très codifiés.

    6ème, Mehdi Savalli (photo 342 à mettre)

    • l'efficacité : une mise à mort "approximative" peut facilement dégrader un spectacle par ailleurs bien mené. Il faut toutefois préciser que, comme dans bien d'autres domaines, la manière compte plus que le résultat. Une tentative d'estocade sincère, faite en respectant les canons, mais ratée car la pointe de l'épée a buté sur l'omoplate, sera applaudie : une épée pénétrant jusqu'à la garde à la suite d'une estocade faite en violation de tous les principes sera condamnée.

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      après les passes de capote, le jeu des balais

    Du début à la fin, la lidia a donc consisté à mesurer, vérifier et au besoin corriger, la force et la bravoure du toro, le but étant de canaliser sa charge pour le rendre toréable jusqu'à la mort.

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    Le mistral ne soufflait pas en ces jours de Féria Pascale 2007, tandis que nous nous hâtions vers la sortie, la reine d'Arles "Nathalie Chay" se prêta aimablement à la pose.

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    Elle a été intronisée 19ème reine, le 1er mai 2005, le jour de la fête du costume, parmi les sept qui concourrent pour les Félibriges. Elle est âgée de 20 ans et porte le costume depuis l'âge de 2 ans ! Elle représente durant les 3 années le Pays d'Arles. Cette tradition se perpétue depuis 1930 pour fêter le centenaire de la naissance de Frédéric Mistral.

    Elle fait partie à jamais de la mémoire des arlésiens et conjugue avec brio l'alchimie de la Féria par la douceur de ses traits, l'opale de ses yeux et l'esprit qui l'anime.

    Merci encore de vous être prêtée à la pose, sic le rédacteur.

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    Traduction  : Français,  Allemand,   Anglais, Arabe,   
    Parution : 13 avril 2007
    Mise à jour  : 9 avril 2009

             

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    Posté par PASPERDUS à 21:03 - Corrida & bodéga "Féria du riz ou l'on rit" - Commentaires [0] - Permalien [#]