Impasse des Pas Perdus

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16 mars 2007

Baron ou Marquis... Baroncelli ? ami des Fils du vent 11/12

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    Beauduc le paradis existait | |Du sable plein les poches aux Stes-Maries-de-la-mer

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    Croix_de_camargue

     

                                               

    Marquis Folco de Baroncelli

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    Résumer la vie en quelques mots est impossible, tant il a laissé de traces.

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    Défenseur des minorités ethniques

    Sa mémoire est encore très vivante aux Saintes-Maries-de-la-mer pour avoir défendu la Camargue et ses traditions, pour avoir également fondé la "Nacioun Gardiano", mais aussi pour son respect du peuple tsigane parmi lequel, il comptait de nombreux amis.

    Grâce à son intervention, en 1935, auprès de 'lArchevêque d'Aix et Arles, l'Eglise autorise la procession le 25 mai de Sara, bénie par l'évêque de Lourdes en 1958, couronnée par le pape Paul VI en 1965,  dans les rues de la ville. Dès 1965, les premières processions de "Sara la Kali" escortée par les boumians, "la nation gardiane" et les Arlésiennes en costume traditionnel ne sont pas accompagnées par les représentants de l'église. Mais après la seconde guerre mondiale au cours de laquelle des centaines de milliers de gitans furent exterminés dans les camps de concentration,

    Cierge 1945... Plus de 500 000 tsiganes dont 35 000 français sont exterminés.

    l'aumônerie catholique des gitans est créée. En 1953, les prêtres assistent à la procession de Sainte-Sara au milieu de l'ensemble des gens de voyage : boumians,  tsiganes, gitans, manouches, nomades, roms ou yéniches.

    Il ne faut pas oublier ques les Saintes en leur église fortifiée

    Fortifiée... conçue comme une véritable forteresse (avec tour de gardes, chemin de ronde et meurtrières) pour se protéger des envahisseurs Sarrasins ou pirates. On peut admirer sur les chapiteaux du coeur, des sculptures qui retracent les scènes de l'ancien et nouveau testament.

    qui a fait figure de bateau amiral entre les catholiques et les protestants,  dans ce lieu de qui est à la frontière du Languedoc et des Cévennes, mais qui reste avant tout la Provence qui les a unifiait.

    Il est raconté que depuis le XVe siècle, les gitans se mêlaient aux pélerins et prirent l'habitude de revenir chaque année, chaque fois escortés de frères de race rencontrés sur le chemin, par dévotion à Sainte-Sarre ou Sara. Mais a fortiori, il semble que se soit l'imagination du Marquis qui s'inspire de la procession de la barque de Marie-Jacobée & Marie-Salomée

    Marie-Salomé... Elle est la mère de l'apôtre Jean et de Marie-Jacobée, soeur de la vierge. La légende dit que sa barque aurait dérivé depuis la Palestine et aurait accosté sur les rives camarguaise pour fonder la ville. En 1448, les restes des Saintes sont retrouvés suite à des fouilles sous l'église ordonnées par le roi Louis d'Anjou et elles sont déposés dans de riches châsses et une crypte est creusée pour Sara la Khali, la servante des Saintes. Trois fois par an, elles sont descendues de la chapelle haute au moyen d'un palan de marine, le 25 mai, le 22 octobre  et le 1er week-end de décembre.

    pour entraîner au détour de croyance ignorée, le lien avec Sara. Au fur et à mesure des fréquentations, les interprétations rebondirent jusqu'à de nos jours entraîner cet engouement qui expliquerait la présence actuelle dans la crypte de la statue de Sara, patronne légendaire.

    L'image laisse entrevoir malgré la foule des lèvres ardentes qui baisent des chapelets, un flot de tignasses noires et  crépues, au teint cuivré dégoulinant de grosses gouttes à la chaleur des centaines de cierges allumés pour invoquer, accroupis, jambe contre jambe, dans une atmosphère étouffante,  la reine des bohémiens couleur ébène ou par partie se mirent les ombres tant elle est vénérée, caressée, ... d'une patine épaisse qui ressemble à celle revêtit par les roulottes dans leur fuite à travers vent, soleil et chemin empoussiéré des cent voyages. Ah "les voyageurs".  Les reliques restent dans l'église, tandis que les dévots quittent le parvis en emportant comme symbolique les restes des cierges en signe de talisman.

    Ce sont les bohémiens de Béziers qui se sont cotisés pour offrir à Sara, la châsse.

    Malgré les distorsions de taille : le corps, le bras et la tête ne s'équilibrent pas, elle est régulièrement honorée et toujours le premier dimanche après le 25 mai. L'église ne désemplit pas et l'on y raconte un grand nombre de guérisons miraculeuses dont les ex-votos sont à leur ferveur.

    Ou se loger pendant ses jours de cérémonie. On raconte qu'ils étaient nomades et profitaient des abris précaires aux alentours. Alors l'usage de Beauduc viendrait-il de là ? et aurait-il dégénéré en servitudes glanaient par l'usure du temps, par la pose de tibaneaux (abri d'une nuit) ? dans cette île, bande de terre entre deux bras du Rhône. L'église ne suffisait pas pour le nombre de plus en plus important de "voyageurs" venant de plus en plus loin, la nuit était parfois longue, vu les corps entremêlés, abandonnés dans la crypte. Et comme toute histoire donne lieu à toutes sortes d'élucubrations, il est dit qu'on y faisait des messes noires, des rituels secrets, voire des sacrifices. Tout cela est à l'écart de la réalité.

    Brouhaha, à la descente des châsses. Le choeur est envahit par les gitans au milieu des pélerins, les femmes viennent boire au puits au milieu de l'église. La foule est bigarrée par l'assemblage de bigotes, arlésiennes avec leur châle de cachemire, gardians et roumanichels. Certains lisent les cantiques, d'autres s'éventent avec les livrets et donnent des airs espagnols.

    Je note que la guerre a fait cesser de parquer les gitans dans la crypte qui suinte une eau malsaine, à l'écart des autres pélerins et des chrétiens bien habillés, sans droit à la messe et l'eucharistie et derrière des grilles fermés à clef, d'où l'on sortait par les côtés, par une petite porte donnant directement sur la place Lamartine. Cet écart a permis à certains de conforter leur jugement de mépris. Traités comme des chiens au pied du maître.

    Le Marquis de Baroncelli, mort pendant la guerre, c'est éteint en Camargue et les gitans lui font des funérailles grandioses. On dit que les flamants roses "se sont abattus à droite et à gauche sur les étangs" et que plus de trois cent taureaux ont emboîté le pas au cortège funéraire. Le flambeau fut repris par son gendre Aubanel

    Le Marquis de Javon repose, suivant sa volonté ("Lorsque je serai mort, quand e temps sera venu, amener mon corps dans la terre de Simbeu, ma tête posée au foyer de ma vie, mon corps tourné vers l'église des Saintes, c'est ici que je veux dormir"), sur les terres de son dernier mas, "Lou Simbeu". Son tombeau, d'une grande sobriété, mérite une petite visite.

    Depuis 1958, Sara revêtit un diadème qui la rétablit dans son rang de princier, image que souhaitait donner le Marquis à sa reine ! et depuis 1966, le chemin de croix s'agrandit.

    J'ai résumé l'histoire des tsiganes par "le pélerinage des Gitans" qui unit tsiganes, gadjés, chrétiens, catholiques ou évangélistes par l'émergence d'une manifestation publique.

    Mémoire en photos
    ou
    "Les couleurs de l'invisible"

    Tombe_Baroncelli
    Tombe à "Lou Simbeu"

    Folco (1)
    mes descendants,
    .
    Denis Colomb de Donnant "Crin blanc"
    .
    Pierre Aubanel, manadier, petit-fils.

    Mus_e_Baroncelli
    Musée Baroncelli

    Mus_e_Baroncelli_salle

    Salle du musée

    Chapelle_Baroncelli
    Chapellle Baroncelli à Florence (5)

    Baroncelli_Christophe
    Ascendant,
    Christophe de Baroncelli-Javon
    Grand prieur de Saint-Gilles de 1699 à 1714

    Eglise
    En dessous, se trouve la crypte

    Ste_Marie
    Fortification de l'église

    (2)Indiens_d_Am_rique

    Il soutient les indiens d'Amérique

    Quand le "Wild Show" de Buffalo Bill se produit à Paris en 1905, il cherche à rencontrer les Sioux en participant à ce spectacle.

    Il compose en porvençal le poème "Souomi Rouge" (Ballade Rouge", sous l'air indien de la Danse des Esprits, qui sera ensuite repris (traduit) en anglais pour les indiens.

    N'est-ce pas étonnant ?


    Saintes-Maries-de-la-mer

    Musée Baroncelli
    Bâtisse édifiée en 1876 par l'architecte arlésien Véran, pour servir d'hôtel de ville et de prétoire de justice de paix, abrite actuellement les collections et documents du Marquis Folco de Baroncelli. On peut y découvrir des tableaux, du mobilier, des outils de la vie quotidienne en Camargue et des documents sur la faune et la flore de la région.

    Les deux médaillons sculptés qui ornent la façade datent du XVIIe siècle, seuls vestiges de l'ancien hôtel de ville (1655).

    Il est également intéressant d'escalader, avec prudence, le petit escalier à vis, afin d'accéder à la terrasse pour embrasser d'un seul regard l'église au coeur de la cité.


    Croix_camarguaise
    Croix de Camargue

    Lors du passage à Nîmes, dans le Gard, du spectacle de Buffalo Bill, Folco de Baroncelli propose au colonel Cody d'utiliser ses gardians dans son show.

    Ceux-ci participent à la représentation avec deux indiens du spectacle. Ces derniers viennent même assister à un lâcher de taureaux en Camargue.

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    Folco gardian

    (4)Folco_d_guis_
    Tournage

    Quelques années plus tard, sa rencontre avec Joe Hamman donne lieu au tournage de westerns en Camargue, aux abords des Saintes-Maries-de-la-Mer.

    Folco de Baroncelli, éleveur, réputé et respecté, fait office de véritable régisseur, recrutant les figurants et rassemblant les chevaux et taureaux nécessaires aux tournages.

    Son aide sera précieuse pour Joe Hamman.

    Lors de tournages de fims en Camargue, la collection d'objets indiens de Folco est mise à contribution.

    En novembre 1911, Joe Hamman lui écrit :
    "Pourriez-vous également laisser sous ma protection, la tente indienne et, si possible, votre coiffure et gilet de perles".

    (6)Tsigane

    Carte_postale_1940__LOU_MARQUES
    Le Marquis

    Carte_postale

    Par la suite, Folco continue de prêter ses chevaux et ses taureaux pour d'autres fims d'aventures, notamment grâce à son frère, le cinéaste Jacques de Baroncelli.

    Le Marquis de Baroncelli meurt en 1943, à l'âge de 74 ans, après avoir été blessé par un cheval et voit son mas réquisitionné par les allemands, ce qui l'affectera beaucoup.

    Livre

    de Jean DES VALLIERES
    "Le Chevalier de la Camargue" -
    Folco de Baroncelli, Marquis de Javon.
    Editions André Bonne, collection "par 4 Chemins", 1960, 255 pages, in-8 broché sous jaquette illustrée.

    Les_racleurs_de_vent
    auteur : Walter Starkie
    autre auteur : Jan Yoors

    Croix

    Croix languedocienne


    Crin_Blanc
    "Crin Blanc" film fait en Camargue

       

    0Sioux0Bibliographie

       . visites personnelles

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    Liens & sources à consulter :

       . photographe Rus Collins
       . La route des Fresques, blog (photo 5)
       . Un indien au phare ouest blog de Hervé CIRET (Photos
    1 à 4)
       . Tsigane site sur les manifestations tsiganes (photo 6)
       . Fils du vent sans pays
       . Blogidentitaires, le carnet de bord des identitaires
       . Site généalogique GENOBCO
       . La fabrication des mythes
       . Questionnaire sur l'origine des tsiganes

       . Les tsiganes


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    Ligne  Dernière mise à jour, le 22 mars 2007

    Posté par PASPERDUS à 22:08 - Baron ou Marquis... Baroncelli ? ami des Fils du vent - Commentaires [1] - Permalien [#]